Cher lecteur de BDGest

Vous utilisez « Adblock » ou un autre logiciel qui bloque les zones publicitaires. Ces emplacements publicitaires sont une source de revenus indispensable à l'activité de notre site.

Depuis la création des site bdgest.com et bedetheque.com, nous nous sommes fait une règle de refuser tous les formats publicitaires dits "intrusifs". Notre conviction est qu'une publicité de qualité et bien intégrée dans le design du site sera beaucoup mieux perçue par nos visiteurs.

Pour continuer à apprécier notre contenu tout en gardant une bonne expérience de lecture, nous vous proposons soit :


  • de validez dans votre logiciel Adblock votre acceptation de la visibilité des publicités sur nos sites.
    Depuis la barre des modules vous pouvez désactiver AdBlock pour les domaine "bdgest.com" et "bedetheque.com".

  • d'acquérir une licence BDGest.
    En plus de vous permettre l'accès au logiciel BDGest Online pour gérer votre collection de bande dessinées, cette licence vous permet de naviguer sur le site sans aucune publicité.


Merci pour votre compréhension et soutien,
L'équipe BDGest
Titre Fenetre
Contenu Fenetre
Connexion
  • Se souvenir de moi
J'ai oublié mon mot de passe
Toute la bande dessinée

Les avis de - Yovo

Visualiser les 138 avis postés dans la bedetheque
    Yovo Le 02/07/2018 à 17:18:56
    Kililana song - Tome 2 - Seconde partie

    Je profite d’une relecture pour (enfin) commenter cette si belle œuvre qu’est "Kililana Song". Le travail d’auteur de Benjamin Flao y est époustouflant. Des aquarelles qui enluminent les cases; un dessin libre, précis et nerveux croqué sur le vif, des personnages à la psychologie complexe et réaliste, des décors superbes…Tout nous immerge dans les dernières heures de paradis de l’archipel de Lamu au Kenya. Car la beauté des planches est telle qu’elle en ferait oublier l’histoire : le triste destin de cet authentique site naturel condamné par un infâme projet pétrolier.
    Pourtant, au terme d’une épopée rocambolesque, effrayante et poétique, le jeune Naïm - inoubliable titi africain - finira malgré lui par contrarier ces plans, aidé par sa bande de gamins des rues, un capitaine de navire atrabilaire et nihiliste, et… l’esprit d’un très puissant Ancêtre !
    Un conte magnifique, humaniste et profond. A lire absolument.

    Yovo Le 16/06/2018 à 15:30:04
    Il faut flinguer Ramirez - Tome 1 - Acte 1

    Les quelques commentaires précédents suffisent à bien décrire cette BD : Pêchue, loufoque, burlesque, survitaminée… Et surtout visuellement magnifique ! Autre qualité, l’excellente lisibilité des images comme du texte ; malgré le foisonnement de certaines planches, le lecteur n’est jamais perdu.
    Après, cet album est clairement un tome d’introduction. En un mot le potentiel est énorme – peut-être s’agit-il même d’une nouvelle série culte à la Tyler Cross – mais c’est encore trop tôt pour le dire. Ce déchainement de virtuosité graphique et ces dialogues bien sentis tournent hélas un peu à vide et n’accouchent de pas grand-chose au final.

    Bref, un bon moment de lecture mais je suis resté largement sur ma faim… Ça ne m’empêchera pas de me ruer quand même sur le 2° tome dès sa sortie pour confirmer (ou non) l’entrée fracassante de N. Pétrimaux dans la short list des auteurs qui pèsent.

    Yovo Le 16/06/2018 à 15:22:31

    L’histoire est simplissime et le cadre familier : les confessions d’un vieux mafieux repenti ; les horreurs commises, les lâchetés, les trahisons… puis au milieu du chaos, une rencontre incongrue et l’amour, fatidique, qui fera inévitablement tout basculer.

    Je crois que c’est le 1er scenario de Zidrou que j’ai lu et l’un de ceux qui m’a le plus frappé. Une relecture m’a confirmé que l’écriture de cet album était extrêmement subtile. Bien servie par un découpage pertinent, la narration en flash-backs est un modèle d’efficacité et le dessin d’Oriol, qui depuis a confirmé avec "Natures mortes", retranscrit parfaitement derrière ses couleurs bariolées la tension, la peur et l’ambiguïté. A lire absolument.

    Yovo Le 20/05/2018 à 11:01:23
    Urban - Tome 4 - Enquête immobile

    En mettant en scène un univers qui rappelle forcément celui de Blade Runner ou d’autres dystopies célèbres, les auteurs d’ "Urban" prenaient le risque de banaliser leur histoire et de la truffer de clichés réchauffés. Il n’en est rien ! Ces 4 premiers tomes constituent une série magistrale et préfigurent une suite et fin d’anthologie. Au fil de la lecture on sent poindre le chef d’œuvre dans tous les compartiments : Graphiquement, le dessin, les couleurs, les cadrages, le découpage de Ricci sont fabuleux et justifient la lecture à eux seuls ; mais le récit, jusque dans sa structure où abondent les flash-backs révélateurs est lui aussi d’une richesse assez rare. Dense et précis, il respire bien grâce à un rythme efficace, foisonne de personnages à la psychologie complexe, de rebondissements inattendus et de cliffhangers diaboliques !

    Le seul reproche objectif que l’on pourrait faire à "Urban" est sa profonde et désespérante noirceur, de laquelle aucun sentiment positif ne semble (pour l’instant) capable d’émerger…
    Quoi qu'il en soit, "Urban" est à mon avis une série d’ores et déjà incontournable.

    Yovo Le 18/05/2018 à 10:22:09
    No Body - Tome 2 - Épisode 2/4 Rouler avec le diable

    Un petit air de déjà vu certes, mais c’est vraiment bien ! L’intrigue relativement classique entre gang de bikers, flics infiltrés, complots des services secrets et confessions en prison est ordonnancée avec une telle maestria que le récit est haletant, immersif et totalement addictif.
    Le dessin délaisse un peu les décors pour coller aux personnages mais cela renforce la tension omniprésente et permet à chacun d’avoir une psychologie bien définie. L’ambiance est bien là et le contexte trouble à souhait… Je vais me précipiter sur la suite !
    Bravo à Christian de Metter pour son impressionnante maîtrise et son efficacité.
    A lire absolument !

    Yovo Le 06/05/2018 à 13:18:49

    Il y a quelque chose d’irrésistible et de fascinant dans cet album. Et cela tient d’abord aux magnifiques dessins et couleurs "carnet de voyage" de J.D. Pendanx ; voyez la couverture ! Ensuite, l’irruption du fantastique à la fin est plutôt inattendue et très bien amenée. Loin de faire basculer l’histoire dans le surnaturel, il en renforce au contraire la dimension humaine en la nappant d’une étrange poésie et fait surgir l’émotion où l’on ne l’attend pas.
    En revanche l’ensemble du récit, trop court, demeure un peu déséquilibré. Les personnages manquent de fond, les situations paraissent parfois artificielles et quelques ellipses viennent hacher le rythme…
    Ce n’est donc pas parfait mais j’en conseille vivement la lecture pour se faire son idée.

    Yovo Le 05/05/2018 à 22:07:18

    L’écriture de "Juliette" est d’une qualité rare. Des dialogues savoureux, un scénario précis, une narration fluide où les scènes s’enchainent naturellement et oscillent entre situations cocasses et mélancolie profonde. Bref, un récit maitrisé de bout en bout.
    Alors oui, c’est une tranche de vie, donc par définition il n’y a ni intrigue ni action. L’héroïne est ordinaire, plate, angoissée et sa seule aventure est son quotidien familial.
    Mais comme dans les films de Bacri-Jaoui, tout l’intérêt est dans le positionnement des personnages les uns par rapport aux autres et les conséquences complexes et nuancées qui en découlent. Et l’observation qu’en fait Camille Jourdy est des plus fines.

    Le dessin est toujours aussi particulier, naïveté du trait et couleurs saturées, associées à un lettrage manuscrit tout tordu. Personnellement je ne suis pas fan mais cela contribue à façonner un univers singulier et très cohérent dans la lignée de "Rosalie Blum". Bravo !

    Yovo Le 01/05/2018 à 17:22:23

    Une BD simple jusqu’au dépouillement. L’histoire est poignante, poétique, intelligente et subtile. Les personnages vieillissent et avec eux leurs rêves, leurs bonheurs, leurs vérités désenchantées. Un auteur brillant, un album mélancolique et magnifique. A lire absolument.

    Yovo Le 29/04/2018 à 17:13:06

    "Fondu au noir" se caractérise d’abord par un dessin réaliste très efficace malgré quelques disproportions ici ou là chez certains personnages. Le lecteur n’a aucun mal à ressentir ce pouvait être la Côte Ouest en 1948, l’âge d’or des studios de cinéma et la Chasse aux Sorcières... Paillettes, belles bagnoles, impers et chapeaux… rien ne manque !

    Le scenario – une enquête brumeuse – est classique et sans réelle surprise. Malgré les 330 pages, la lecture est plutôt fluide car l’intrigue s’enrichit progressivement détail par détail, sans se perdre dans trop de ramifications. L’originalité vient de la description du côté obscur du rêve hollywoodien, hanté de cauchemars, d’alcools et de petits arrangements véreux…Ce ton désenchanté apporte une dimension vénéneuse à l’ensemble et peut en effet rapprocher cet album de James Ellroy ou "Mulholland Drive". Seule la voix off omniprésente d’un narrateur m’a semblé un brin terne et inutile (surtout en comparaison de l’usage fabuleux qu’en fait Nury sur Tyler Cross!) mais passons ; sans être exceptionnelle, c’est clairement une bonne BD.

    Yovo Le 24/04/2018 à 09:32:38

    Le futur. Une femme et un homme aux caractères antagonistes sont les premiers cobayes d’une expérience de réalité virtuelle permanente et irréversible. En attendant que le reste de l’humanité les y rejoignent, ils explorent un monde vierge où tous leurs rêves (mais surtout leurs fantasmes !) deviennent possibles...

    Le sujet est très contemporain, le pitch alléchant et les bonnes idées foisonnent. Thomas Cadène au scenario a le mérite de poser d’excellentes questions sur notre rapport à la réalité mais ne cherche pas à en approfondir les réponses. Le propos est traité de façon légère et presque surannée. Le contexte est juste esquissé, l’histoire ne se focalisant que sur les coucheries des deux protagonistes. En le refermant j’ai eu l’impression qu’ "Alt-Life" n’était qu’une sympathique mais très démonstrative histoire de cul.

    Yovo Le 18/04/2018 à 17:42:11

    La lecture de cet album m’a laissé une impression mitigée… Visuellement le style de Gipi est époustouflant. Les planches, faussement gribouillées, se révèlent foisonnantes de textures, de détails, de lumières et d’expressivité. Il en émane une poésie étrange pleine de silence et d’inquiétude.
    Cette atmosphère post-apocalyptique assez onirique s’enlise hélas dans un récit malhabile. Sous couvert de dénoncer (lourdement !) notre soumission aux réseaux sociaux, l’utilisation d’un langage appauvri, les références aux sms et autres "likes" m’ont semblé complétement artificielles. La 1ère partie, intimiste et cohérente est pourtant réussie mais la 2nde est plombées par des scènes d’action clichées, trop prévisibles et inutilement violentes qui la vident de sens. C’est d’autant plus dommage que les thèmes de l’absence, du passage à l’âge adulte, de la filiation et de l’amour tout simplement, a fortiori dans un monde aussi barbare, étaient intelligemment amorcés.

    Yovo Le 10/04/2018 à 22:35:22

    "Ailefroide" est une lecture passionnante même sans y connaitre quoi que ce soit à l’alpinisme – c’est mon cas.
    Cet album autobiographique est construit sur l’enchainement de scènes courtes, souvent d’escalade, ce qui permet d’avaler les presque 300 pages sans temps mort car l'ensemble cultive un sens aigu de la dramaturgie et du suspense. Cette écriture particulièrement efficace fait écho aux décors : aride, sans emphase dans les descriptions, sans pathos dans les sentiments; les mots sont justes, secs et frappants. L’osmose est ainsi parfaite avec le dessin réaliste et buriné de Jean-Marc Rochette, sans fioriture tape à l’œil mais réalisé avec une science du cadrage et de l’impact, à l’image de la couverture.

    Du sinistre internat grenoblois des années 70 au "Transperceneige", l’itinéraire austère d’un surdoué qui a gravi sa propre montagne pour atteindre son sommet. Un récit d’apprentissage puissant, à la fois atypique et universel. Un grand roman graphique.

    Yovo Le 06/04/2018 à 12:50:33

    C’est à coup sûr un très bel album. La technique que Rossi utilise confère à l’ensemble un cachet certain. Les effets de lumières notamment enveloppent les Amazones d’une envoûtante beauté, même si, (les lavis estompant les contours) certains visages manquent parfois de précisions et si plusieurs ont bizarrement le même morphotype : nez busqués et menton proéminent.
    Coté déceptions, dommage qu’Achille soit affublé de ces bouclettes ridicules, ça casse le mythe ! Dommage aussi qu’il n’y ait pas ou peu de grandes scènes de siège ou de bataille, pourtant offertes avec la guerre de Troie se déroulant à proximité du village amazone.

    Pour le récit, de bonnes intentions mais le déséquilibre l’emporte : d’une part trop de ruptures de rythme et de flottements, d’autre part, pas assez de profondeur des personnages dont on ne sait quasiment rien, et aucune description des enjeux et des origines de leur tribu. Bref, de la qualité, oui, mais un album sans doute un peu en deçà de son ambition.

    Yovo Le 02/04/2018 à 11:34:53
    Tyler Cross - Tome 3 - Miami

    Peut-être un peu moins cynique que dans les tomes précédents, mais toujours aussi redoutable, Tyler Cross retourne au casse-pipe sous le soleil de Floride. Et c’est assez jubilatoire !
    S'il est vrai que les codes des scenarii retors de Fabien Nury sont maintenant connus et que l’effet de surprise se dissipe un peu, la vraie révélation de ce 3° opus vient du dessin de Brüno. Jamais son trait n’a été aussi sophistiqué. Chaque plan est composé pour être le plus efficace possible, expurgé de tout détail parasite. Et la mise en couleur exceptionnelle de Laurence Croix y est pour beaucoup. Entre aplats, épure et géométrie, "Miami" est une leçon de graphisme, à l'image de sa couverture. Bref, Tyler Cross n’a jamais été aussi beau !
    Indispensable, cela va sans dire…

    Yovo Le 01/04/2018 à 11:48:32

    Fabrice, modeste auteur de BD, oublie un jour sa carte de fidélité au Super U. Considéré pour cela comme un criminel, il entame alors une cavale burlesque avec toute la force publique à ses trousses…

    Comique de situation, running gags, punchlines féroces… Fabcaro fait un usage convaincant de la dérision et démontre par l’absurde les ravages de la pensée unique, de nos discours plaqués et jugements à l’emporte-pièce, avec cette idée simplissime mais géniale de la carte de fidélité, symbole de la société de consommation.
    Habituellement je ne suis pas client de l’humour en BD, et là où d’autres ne m’ont jamais fait rire, Fabcaro y parvient grâce aussi à son superbe graphisme, incisif et réaliste, qui du coup est complètement décalé par rapport au contenu. Car ce n’est pas que drôle… C’est beau et plus intelligent qu’il n’y parait. Son Fabrice évoque le "Plume" d’Henri Michaux. A travers cet avatar, c’est la condition précaire de l’ensemble des auteurs de BD qu’il dénonce avec force. Marrant, malin, pas prétentieux, ce petit bouquin est une pépite !

    Yovo Le 31/03/2018 à 17:03:26

    Cet album vaut seulement pour son travail graphique, notamment sur les couleurs. Sinon, les tribulations autobiographiques du dessinateur au Vietnam, ses amours et ses coucheries égocentrées sont sans intérêt ; Frédéric Boilet l’a (mieux) fait avant lui.
    La recherche d’un oncle inconnu, point de départ pourtant intéressant n’est en fait qu’un prétexte. Aucune réflexion non plus sur la transition entre l’étudiant ordinaire qu'il était et l’auteur de BD qu'il deviendra. Bref, pas de scenario, juste les atermoiements un peu vains d’un post-ado immature.
    La lecture est plutôt agréable mais au final, ce récit superficiel n’apporte rien, pas même les planches "carnet de voyage". Beaucoup de potentiel inexploité, dommage.

    Yovo Le 27/03/2018 à 09:41:32
    Wollodrïn - Tome 8 - Les flammes de Wffnïr 2/2

    Jusque-là cette série, certes basique, était plutôt divertissante et bien dessinée mais ce 4° cycle bâclé, incohérent, copié-collé de Tolkien, tire piteusement l’ensemble vers le bas.

    Exemples [SPOILERS]: Comment Wïnhbor, hanté par un projet de vengeance obsessionnel, peut-il renoncer à tuer l’incarnation humaine du dragon (alors qu’il y a évidemment d’autres moyens qu’une lame pour la tuer) et partir bras-dessus bras-dessous avec elle ??

    Et pages 40 à 48 du 2/2 : Eekhlör (sortie d’on ne sait où ni comment) "apparait" aux membres du groupe pour leur faire une révélation capitale, mais discute d’abord tranquillement pendant 8 pages avant de disparaitre… faute d’avoir eu le temps de révéler en entier son fameux secret !!

    Pire encore, dans le 1/1 : le chef de groupe Orc, au visage défiguré par une énorme balafre qui l’a éborgné côté droit, se retrouve en mourant page 28 avec sa balafre et son œil blanc côté GAUCHE !!! Une erreur aussi grossière est juste inexcusable ! N’importe quoi.

    Yovo Le 11/03/2018 à 22:34:01

    "Frenchman" et "Pawnee" sont un véritable poème visuel. La nature omniprésente est sublimée par les aquarelles parfaites de Patrick Prugne et ses ambiances dont lui seul a le secret. Il dépeint si bien les grands espaces d’avant la conquête de l’Ouest que le Nouveau Monde devient un personnage à part entière. En cela, ces deux albums sont avant tout un hymne majestueux aux Indiens, hôtes indissociables de ces terres vierges.
    L’histoire est forcément (trop ?) romanesque mais ses ressorts, même classiques, sont assez solides. Comme chez Lepage ou Gibrat, le contraste est marqué entre les héros, idéalistes et portant beau, et la galerie de soudards aux sales gueules. Mais pas de bons sentiments pour autant : les désillusions, les compromissions et la mélancolie feront partie du chemin… L’ensemble est bien documenté et superbement mis en pages.
    Cerise sur le gâteau, les cahiers graphiques sont un régal. Du grand art !

    Yovo Le 06/03/2018 à 13:58:14
    La religion - Tome 2 - Orlandu

    Contrairement à l’ensemble des avis plutôt mitigés, je trouve cette série remarquable. Écriture et graphisme sont de grande qualité et sont mis au service d’une bonne histoire.
    Cela dit je concède que les visages notamment ont assez mal évolué, d’où ma note.

    Dans "Orlandu" il n’y a qu’une seule unité d’action, de temps et de lieu – la prise de Malte par les Turcs – mais cela renforce la dimension suffocante de ce siège, son caractère absurde, le jusqu’au-boutisme des belligérants et la boucherie des batailles.
    Au milieu de ce chaos, Tannhauser, qui n’appartient à aucun des deux camps, profite de la confusion ambiante pour louvoyer entre ses intérêts propres et ceux des siens, usant de sa force et de sa ruse pour tenter de s’extirper de ce guêpier…
    Des planches superbes, un récit épique et fracassant ; bref un bon 2° tome.

    Yovo Le 05/03/2018 à 10:17:25

    Je partage en grande partie l'analyse de Blue Boy ci-dessous. "L’homme gribouillé" est une BD qui déjoue tous les clichés, surprend, saisit ou horrifie grâce à son scenario hyper maîtrisé. L’écriture très dense peut donner l’impression de partir en tous sens mais le fil n’est jamais perdu ; au contraire il ne fait que se préciser au cours de la lecture. Sa grande force est de mélanger les genres avec audace, talent et conviction.
    Lehman développe son intrigue autour de mythologies ancestrales assez classiques. Mais ici, l’originalité tient au caractère très contemporain qu’il insuffle à son histoire malgré ces ingrédients séculaires. De fait le récit peut paraitre par moment un peu compliqué à suivre mais il reste extrêmement efficace.
    Il faut dire que le dessin de Peeters est à son apogée. Étant fan de l’artiste je ne suis pas des plus objectifs mais l’évolution de son style vers un trait plus réaliste est une merveille graphique.

    Je comprends tout à fait qu’on puisse ne pas aimer, mais il me semble dommage de passer à côté de cette œuvre forte et solide, ne ressemblant à nulle autre.

    Yovo Le 04/03/2018 à 10:39:40

    A la base l’idée est plutôt bonne mais très mince : un homme impassible traverse les siècles en recherchant le secret de son immortalité.
    Ce récit à consonance mystique, bancal et maladroit, n’est pas aidé par un dessin bien colorisé mais très banal. Je suis resté 100% indifférent à ce personnage inexpressif et sans charisme, et plus encore à cette histoire qui délivre une vision sinistre de l’humanité.

    Cet album m’avait tenté à sa sortie mais je ne l’avais finalement pas acheté, lui préférant "La saga de Grimr" et "Ces jours qui disparaissent"… Ouf, bonne intuition !

    Yovo Le 26/02/2018 à 10:46:31

    Voilà un album qui porte très bien son titre : "L’aimant" a quelque chose de magnétique, énigmatique et captivant.
    Certains choix de l’auteur sont osés, comme la typo difficile à déchiffrer ou la couleur à dominante rouge et bleu, mais ils servent parfaitement l’intrigue et l’ambiance. Cela confère à l’ensemble une fascinante étrangeté, bien relayée par des décors naturels ou architecturaux vertigineux et l’ambiguïté de certains personnages. Enfin, la mise en abîme très habile de la narration couronne le tout.
    Grâce à cette complémentarité idéale du fond et de la forme, chaque case est hantée par une menace latente, floue, et l’ombre d’un mystère sans nom plane dangereusement de page en page jusqu’à pousser le récit au bord du fantastique.

    Une première BD incontestablement réussie, à découvrir absolument !

    Yovo Le 25/02/2018 à 14:36:38
    Revoir Paris - Tome 2 - La nuit des constellations

    "Revoir Paris" est une espèce de rêverie ouatée. Un récit de science-fiction dont tous les éléments restent hors-champ. Le retour sur Terre d’une jeune fille née dans une station spatiale devient ici la visite surréaliste d’un Paris entre fantasme et carton-pâte, teintée de nostalgie et d’illusion. Adepte des "immersions" provoquées par quelque psychotrope futuriste, l'héroïne, Kârinh est un personnage engourdi en quête d’identité, en quête de sens, à qui tout échappe y compris sa propre réalité. D’où l’impression d’une narration flottante...
    L’ensemble est intemporel et onirique comme souvent chez Peeters et Schuiten, très élégant, tout en sobriété et distinction, et bénéficie d’une valorisante qualité d’impression sur du papier 150g.
    Deux beaux albums mais qui semblent ne pas avoir vraiment commencé et hésitent à se finir. Étrange…

    Yovo Le 21/02/2018 à 16:52:29

    Je n’aime pas les comics ; ils ne correspondent en rien à mes goûts. Mais ma passion pour la BD au sens large m’incite à en posséder quand même quelques-uns, dont l’énorme édition 5° anniversaire de "Watchmen". Ma note n’a donc rien à voir avec une quelconque appétence pour les super-héros, encore moins pour la pop culture qui les a portés aux nues. C’est objectivement que je considère "Watchmen" comme un inclassable chef d’œuvre.
    Peu importe que le dessin et les couleurs soient perfectibles, datés, ou la pagination assommante… "Watchmen" transcende à mon avis les genres, les critiques et les petites chapelles. C’est une œuvre complexe, assez indescriptible, qui s’adresse avant tout à l’intelligence du lecteur et qui – ne serait-ce que pour ça – m’inspire le plus grand respect.
    Un bouquin hors norme, impressionnant, réellement monumental.

    Yovo Le 09/02/2018 à 22:29:47
    Giant - Tome 2 - Giant 2/2

    Je mets mon grain de sel dans les avis car ne critiquer que le tome 2 n’a guère de sens. "Giant" est un diptyque, par définition indissociable, et parfaitement cohérent. Un récit humble, pudique, humaniste sur l’apparente petitesse des hommes face aux buildings qu’ils construisent au péril de leur vie, pour des magnats qui les déconsidèrent et les ignorent. Mikaël y fait preuve d’une grande sensibilité et la symbolique de son œuvre inverse ces destins : au final les géants, ce sont bien eux les ouvriers et non les puissants, incarnés par leurs tours pharaoniques.

    Ici, pas de manichéisme, pas de happy end, pas de romance à l’eau de rose ; rien que la vie qui passe, la vie qui meurtrit… et guérit parfois.

    "Giant" est une BD d’ambiance, pas un polar. Ce rythme lent est donc à mes yeux absolument parfait pour évoquer la prétendue insignifiance de ces quelques humains et leurs efforts silencieux pour élever jours après jours, étages après étages, ces monstres qui finiront par les dévorer. Avec au bout, comme seule récompense, l’espoir d’une rédemption.

    Ces deux albums superbes rendent avec la manière un hommage mérité à ces héros de l’ombre, les bâtisseurs oubliés du rêve américain. Bravo !

    Yovo Le 08/02/2018 à 18:13:40

    Brian K. Vaughan, nous offre avec "The private eye" un excellent polar futuriste, plutôt réaliste, dans lequel on retrouve toute l’énergie – et un peu de la folie – de "Saga".

    Planches à l’italienne, découpage dynamique, rythme effréné… L’ensemble se lit avec un plaisir vorace. Les décors sont assez sommaires mais l’essentiel y est pour garantir l’immersion dans le Los Angeles de 2076. Et les personnages au design impec avec leurs flopées d’accessoires donnent vraiment du corps au récit. Seule l’acidité des couleurs est éventuellement discutable… Mais de mon point de vue elles participent pleinement à la construction de cet univers survitaminé. Un monde où après que l’Internet a "explosé" en rendant publiques toutes les données personnelles, chacun se masque avec les plus improbables costumes pour dissimuler son identité.
    Le scenario fourmille d’autres idées et astuces du genre, suffisamment crédibles pour rendre cet album totalement original, divertissant et captivant, sans pour autant qu’il se prenne complètement au sérieux. L’équilibre parfait quoi ! A lire absolument.

    Yovo Le 04/02/2018 à 12:11:11

    Quand était sorti cet ovni, j’avais fait l’impasse dessus car je détestais à l’époque cette idée d’un palimpseste trash destiné à salir le conte immortalisé par Disney…
    Évidemment j’avais tort!
    Ce "Pinocchio" est une œuvre à part entière, qui n’est en rien une caricature ou une parodie ; une œuvre sombre et rare, magnifique. Qu’on y soit sensible ou pas, le travail de Winshluss est objectivement remarquable. Il invente à chaque page son propre langage graphique pour conjuguer ironie, horreur, émotion et réflexion.
    Plus que la réécriture d’un conte, c’est une réécriture de notre monde que l’auteur nous livre ici. Un album trop clivant pour être indispensable mais qui reste exceptionnel.

    Yovo Le 21/01/2018 à 22:10:20
    Mattéo - Tome 4 - Quatrième époque (août-septembre 1936)

    Je suis moi aussi un grand admirateur de Gibrat et heureux possesseur de belles EO de ses œuvres phares. Je ne vais donc pas le critiquer gratuitement mais je reste mesuré s’agissant de ce 4° "Matteo". Autant le premier cycle m’avait emballé, autant là, je l’ai lu en baillant...
    L’intrigue est assez maigre, certains passages sont très bavards, et le fil du récit contient de curieuses ellipses, à l’image de l’assaut décisif où les protagonistes, en mode ninja furtif, se retrouvent comme par magie sur les toits au cœur du village ennemi...
    Sans compter que des scènes de fusillade sans aucune onomatopée, ça laissent comme une impression de vide…

    Je commence peut-être tout simplement à me lasser de ce style si brillant mais très illustratif et parfois statique... Ceci étant dit, c’est du Gibrat, ça reste donc un bon album.

    Yovo Le 19/01/2018 à 20:56:05

    Emma G. Wildford est d’abord un très bel objet éditorial. L’album s’ouvre avec de classieux rabats aimantés et 3 "surprises" sont glissées dans les pages... Belle entrée en matière !
    Cette présentation valorisante sert à merveille l’ambiance années 20 qui baigne ce récit : l'aventureuse quête amoureuse d’une héroïne charismatique, à la fois romantique, féministe, subversive et intrépide. Sacré caractère la miss Emma !
    Le propos est plutôt léger, mélancolique, et l’écriture sait se faire aussi poétique que féroce. Le dessin d’Édith, d’une grande élégance, est agrémenté de couleurs particulièrement raffinées.
    Un bien bel album donc qui m’a rappelé, en plus esthétique, les "Aventures de Jeanne Picquigny"... Vraiment sympa tout ça !

    Yovo Le 16/01/2018 à 14:01:43

    Shaddam4 l’a bien décrit dans son avis et j’en fais la même analyse. A première vue cet album est très beau, copieux, intrigant, et surtout alléchant car réalisé par Romain Baudy, co-auteur du génialissime "Pacifique".
    Pourtant à l’arrivée, j’en sors un peu mitigé. Sans doute parce que "Souterrains" a le potentiel d’un très grand récit fantastique, une de ces œuvres marquantes qui foisonnent de superbes idées et posent de nouvelles bases ; mais là, R. Baudy "se contente" de raconter son histoire... Une histoire tellement incroyable qu’il fallait d’autres moyens pour nous y faire croire. Pour que ça fonctionne pleinement il était par exemple indispensable d’en savoir plus sur le robot, sa conception et son fonctionnement. En tant que lecteur on ne peut pas gober ça sans se poser de questions ni avoir de réponse…
    Idem pour les créatures et les Nains : il aurait été passionnant de creuser cet univers que l’on devine complexe et exaltant… Mais rien n’est développé. Malgré le rythme, la narration est linéaire. Exploration, baston, puis hop, lumière, fin de l’histoire ! Seule la peinture sociale des mineurs est parfaitement réussie.
    C’est plus un schéma de BD jeunesse que la superbe aventure humaniste dont on ressent les contours sans jamais y pénétrer. Pourquoi ne pas avoir assumé son ambition cher M. Baudy ? Allez, ma note est généreuse, c’est un encouragement !

    Yovo Le 14/01/2018 à 12:53:52

    Un scenario sombre et implacable à la trame relativement simple mais que le grand Alan Moore a étoffé par une multitude d’intrigues secondaires et de personnages interlopes. Ce récit, riche et solide, est un modèle de dystopie et sa portée politique, morale et culturelle est incontestable.

    Plus difficile en revanche d’adhérer à la partie graphique. La faute au trait épais, empoissé de couleurs improbables, voire carrément atroces par moment quand ça vire au mauve…
    Mais même si ça pique un peu les yeux, c’est aussi le style si particulier de Lloyd qui donne à l’ensemble sa singularité et son intemporalité, contribuant à faire de « V pour Vendetta » un classique.

    Yovo Le 30/12/2017 à 21:19:53
    LastMan - Tome 3 - Tome 3

    J’avais emprunté 7 tomes en médiathèque, heureux et impatient de découvrir LE fameux "manga à la française"… Mais dès le n°3, ma curiosité, ma patience et mon ouverture d’esprit ont sombré, vaincues par l’ineptie de la chose.
    J'avoue être passé totalement à côté, mais je me demande quand-même comment un lecteur de plus de 15 ans peut y trouver un intérêt...

    Yovo Le 30/12/2017 à 15:42:24

    Quel album ! Yves Sente a trouvé un sujet en or massif et l’a exploité à la perfection.
    L’intensité narrative, le rythme, la densité des personnages, la précision du contexte historique en font un récit aussi haletant qu’intelligent.
    L’impeccable dessin de Cuzor, très réaliste et cinématographique évoque le meilleur de Spielberg, façon "Soldat Ryan".

    L’intrigue nous emmène des bureaux vernis d’une université américaine aux plaines de Belgique, enneigées et dévastées par les Panzers nazis, dans les pas d’un improbable commando recherchant la plus symbolique relique des États-Unis…
    Cette quête reflète à elle seule la violence et l’iniquité de la condition des Noirs, et devient le miroir qui ferait vaciller l’Histoire américaine si elle s’y regardait.
    Pourtant aucune moralisation ne se fait jour, aucune leçon n’est dispensée. Ici le romanesque est roi ; mais la réflexion s’invite habilement de toute part et parvient – qualité rarissime – à élever le lecteur.

    Le 29 décembre je me demandais encore quelle BD figurerait à la 1° place de mon classement personnel 2017... Avec "Cinq branches de coton noir", je crois l’avoir trouvée.

    Yovo Le 28/12/2017 à 17:30:08
    Le sentier des reines - Tome 2 - La Vallée du diable

    Le dessin finement travaillé et bien documenté rehaussé de superbes couleurs crée une atmosphère naturaliste qui retranscrit idéalement la Nouvelle-Calédonie de 1925.

    En revanche, l’ayant lu comme un one-shot, j’ai vraiment eu du mal à m’immerger dans l’histoire qui, semble-t-il, s’est mise en place précédemment dans "Le sentier des reines". Je n’ai pas davantage accroché aux personnages principaux ni compris les enjeux qui les opposent. Tout se déroule sur un temps très bref et les différents contextes (tribaux, colonialistes, géographiques, sociaux etc…) ne sont jamais décrits.
    Les personnages secondaires, pourtant intéressants, ne sont pas non plus approfondis et sortent de l’histoire sans que l’on sache ce qu’il advient d’eux…

    C’est un bel album, mais ce style d’écriture ne se focalisant que sur une courte intrigue en faisant abstraction de tout le reste est quand même assez frustrant. Dommage.

    Yovo Le 28/12/2017 à 15:53:28

    Je commets une injustice : commenter un album en ne parlant que du dessinateur… Car s’agissant des "Yeux de plombs", le récit par ailleurs génial, m’apparait presque insignifiant en comparaison du dessin…
    Comment imaginer d’abord que ces planches puissent dater de 1962 ??? Cela parait inconcevable tant le trait de Breccia, ses textures, ses cadrages semblent parfaitement contemporains. J’ai rarement vu des tronches aux expressions si complexes (avachies, dubitatives, goguenardes et j’en passe …). Sa maîtrise est absolument sidérante.
    Et que dire de ce noir et blanc !?! Ces lumières crues, ces contrastes expressionnistes qui étreignent les personnages et empoignent le lecteur…
    Il n’y a aucun déchet dans ce dessin. Tout semble sorti d’un jet avec une inventivité sans limite : paysages en négatif, contreplongées, clair-obscur… tout y semble naturel et évident. L’œuvre d’un maître doublé d’un visionnaire !

    J’ai refermé "Les yeux de plomb" en songeant à tout ce que la BD actuelle devait à Breccia...

    Yovo Le 16/12/2017 à 14:43:41

    Les éditions Casterman nous offrent un joyau avec cette première intégrale sur quatre prévues. Elle est certes chère mais superbe ! Attention, la maquette semble toutefois fragile. Gare aux couvertures non vernies exposant leur carton au moindre frottement…

    En dehors de ça, le contenu est à la hauteur du contenant. Le génie de Schuiten et Peeters s’y déploie et traverse confortablement les décennies. Quels auteurs d’ailleurs ont poursuivi aussi longtemps l’édification d’un univers à part entière ? Peu en tout cas ont atteint ce degré de cohérence et de complexité. L’écriture de Peeters est une œuvre littéraire en soi et dépasse largement le cadre de la seule Bande Dessinée. Quant au trait de Schuiten, les yeux s’ébahiront de (re)découvrir cette richesse graphique, cette précision architecturale, ces perspectives vertigineuses…

    Évidemment, l’ensemble privilégie, notamment par le jeu de références parfois pointues, la réflexion à l’action, la contemplation au mouvement, la surréalité à la logique. En bref, la poétique des auteurs n’a que faire des onomatopées.
    Par conséquent, une majorité de lecteurs ne pourra pas rentrer dedans et les portes des Cités Obscures leur demeureront closes... Mais grâce à l’obstination, le talent et l’intelligence de ces deux inlassables bâtisseurs, "Les Cités" existent ; et faisant partie des lecteurs aptes à visiter ces troublants mondes parallèles, je les remercie de m'y avoir fait pénétrer.
    Un impérissable chef d’œuvre.

    Yovo Le 09/12/2017 à 22:00:52

    Les critiques à l’encontre de "From Hell" me semblent légitimes.
    C’est effectivement un gigantesque pavé dont la lecture, ardue, réclame de nombreuses heures. Ensuite le dessin n’est ni précis, ni très expressif, ni lisible. Enfin, la narration est diluée, digressive, atone, et il faut une bonne centaine de pages (!) pour s’immerger dedans.

    Ceci étant dit, c’est aussi et surtout un ouvrage monumental, un décorticage exhaustif et millimétré de l’hypothèse la plus sensationnelle quant aux mobiles et l’identité de Jack l’éventreur, affaire elle-même la plus mystérieuse de l’histoire criminelle…
    En bref, une somme érudite, glaçante et passionnante.

    Une BD tout simplement unique, indispensable, gravée dans les annales du 9° art.

    Yovo Le 02/12/2017 à 14:38:05
    Undertaker - Tome 4 - L'Ombre d'Hippocrate

    Je ne peux que souscrire aux avis précédents considérant "Undertaker" comme un futur classique ; cela me semble une évidence tant l’ensemble des personnages, le rythme, le ton, l’énergie narrative, l’ampleur du dessin, enfin le plaisir de lecture tout simplement, ont su s’imposer instantanément comme une nouvelle référence.
    Des quatre albums, il n’y a rien à jeter.

    Pourtant, je n’en éprouve pas forcément un enthousiasme frénétique. Alors oui "L’ombre d’Hippocrate" est un excellent album…mais, comme je l’avais ressenti pour le tome 3, je trouve qu’il lui manque quand même un indéfinissable petit quelque chose pour me joindre pleinement au concert des louanges.

    Yovo Le 28/11/2017 à 20:42:57
    Katanga - Tome 2 - Diplomatie

    Une suite magistrale.
    Une série d’ores et déjà incontournable à lire absolument.
    En revanche un avertissement s’impose : c’est très violent et les protagonistes sont tous plus roués, manipulateurs et pervers les uns que les autres… Amateurs de bons sentiments, passez votre chemin!

    Yovo Le 27/11/2017 à 22:43:08
    Servitude - Tome 5 - Livre V - Shalin (Première partie)

    Des années d’attente enfin récompensées !
    Pourtant, surprise, "Shalin" n’est pas le dernier tome comme c’était annoncé – ce n’en est du moins que la 1° partie – et il faudra encore patienter (longtemps ?..) pour vivre l’ultime épisode de cette série hors norme.

    Cet opus met conjointement en scène et pour la première fois Drekkars, Fils de la terre, Iccrins et Riddracks dans la déroute qui les mène en plein désert. Les multiples arcs narratifs amorcés depuis le début commencent donc à converger, le dénouement se précise et les indices laissés ici ou là au fil des albums prennent tout leur sens, preuve s’il en fallait que le scenario était méticuleusement construit et intelligemment maitrisé.

    Quant au fabuleux dessin que Bourgier réalise sur l’ensemble de la série, il s’affine encore et élève "Servitude" à un degré proche du chef d’œuvre.

    Yovo Le 21/11/2017 à 09:18:17

    Avec "Amorostasia" Cyril Bonin prouve qu’une seule bonne idée scénaristique, pour peu qu’elle soit explorée jusqu’au bout et intelligemment, peut accoucher d’un récit fort et prenant. Son histoire est donc géniale mais casse-gueule : une nouvelle épidémie apparue à Paris, l’Amorostasie, fige sur place telles des statues les amoureux (et seulement eux) qui en sont victimes. Pétrifiées mais bien vivantes, les personnes atteintes plongent d’abord la capitale, puis le monde entier dans la stupeur et la conjecture…

    C. Bonin s’empare de son sujet avec vivacité et élégance en échappant à toute caricature.
    De cette touche surréaliste germent ainsi une foule de questions inattendues dont la plus complexe est "qu’est-ce que l’amour ?"… Si le corps médical et l’ensemble de la société sont amenés à en débattre au fil des pages, l’auteur, malicieux, se garde d’y répondre.
    Et face à l’enchainement de crises que la maladie provoque, les personnages tentent simplement de vivre, peut-être mieux qu’ils ne l’avaient fait jusqu’alors, puisqu’il leur est devenu impossible de (se) mentir sur les sentiments qu’ils éprouvent… ou non !

    Coté dessin, l’option du noir et blanc est pertinente et confère une grande douceur à l’ensemble grâce aux nuances de gris mais surtout à la gestion magistrale de la lumière.
    Une très belle réalisation, originale, mature et poétique. A lire sans modération.

    Yovo Le 19/11/2017 à 10:48:53
    Shi (Zidrou/Homs) - Tome 2 - Le Roi Démon

    "Le Roi Démon" confirme que cette série est promise à un avenir glorieux !
    Zidrou a dû tremper sa plume dans quelque élixir toxique pour élaborer un scenario aussi retors et ténébreux… mais sans le génie de Homs, il n’aurait peut-être pas eu le même impact; sa science du dessin, du découpage et du cadrage est miraculeuse de la première à la dernière planche et permet à "Shi" d’être une BD de qualité exceptionnelle. A ne pas mettre entre toutes les mains certes, mais ici au moins la violence est justifiée par l’histoire et contribue pleinement à donner corps à cet univers vénéneux et captivant. A lire d’urgence !

    Yovo Le 18/11/2017 à 19:43:56
    Retour sur Belzagor - Tome 2 - Épisode 2/2

    Je trouve ce 2° tome quand même un cran en dessous du précédent mais je n’ai aucune critique majeure à formuler. Voici un excellent diptyque, très agréable à lire même si concernant le scenario, les amourettes "à la Léo" m’ont semblé vraiment surfaites dans ce contexte… Mais passons.

    L’ensemble est solide, exotique et splendide. Plongez dedans sans hésiter !

    Yovo Le 18/11/2017 à 11:18:02
    Ter - Tome 2 - Le guide

    [::: ATTENTION SPOILERS :::]

    Graphiquement c’est toujours aussi beau mais ce tome 2 m’a laissé assez perplexe...

    D’une part, ça va trop vite, le changement de lieu et d’ambiance étant radical et brutal.

    D’autre part, la dimension humaine qui donnait son épaisseur au récit est ici réduite à la portion congrue. Mandor, sans charisme aucun, soudainement halluciné par des visions fait un piètre "guide" et la plupart des autres ne font que de la figuration. Je ne comprends pas l’intérêt d’avoir créé cette abondance de personnages dans le 1° tome pour les faire disparaitre là en un claquement de doigts. Des milliers d’humains sortent ainsi de l’histoire par la petite porte, sans enjeu particulier. Étrange…

    Enfin, les raccourcis opportunément pris par le scénariste me laissent dubitatif… Toute la civilisation de TER, ces constructions pharaoniques, ce développement matériel et spirituel complexe, cet écosystème complet… seraient donc nés ex nihilo en quelques générations ? Et pas une réponse sur l’origine d’une atmosphère terrestre à l’extérieur d’un vaisseau dérivant dans l’espace : "Une atmosphère fut créée" (p. 46) ; 4 mots ! hum… C’est un peu léger, non ?

    Je préfère le prendre comme un tome de transition et attends mieux du 3° car cette série est magnifique et son potentiel reste énorme.

    Yovo Le 17/11/2017 à 13:03:25
    Voltaire amoureux - Tome 1 - Tome 1

    Les tribulations poético-libertaires de François-Marie Arouet avant qu’il ne devienne Voltaire... Et c’est un régal de suivre le trublion de Bastille en salons et de tavernes en boudoirs… Un Voltaire attachant, bel esprit, anticlérical, volage et séducteur, souffrant d’immodestie chronique !

    Au scenario, Clément Oubrerie démontre son implication et sa capacité à faire d’une biographie potentiellement austère un récit astucieux et passionnant, plein de punchlines percutantes, de drôlerie, et de réflexions philosophiques. Le rythme est soutenu, les personnages nombreux et l’irrévérence salutaire. Le ton enlevé, à la fois grave et impertinent, est élégant et les répliques cinglent, fusent et touchent (au risque de rendre certains passages un peu trop bavards…).

    Quant au dessin, il est parfaitement adapté à l’histoire. Les tronches sont habilement croquées en quelques traits incisifs et les décors fouillés, documentés et texturés; cela confère une belle cohérence à l’ensemble et crée de superbes ambiances.
    « Voltaire amoureux » est un hymne à la liberté d’expression et un rappel du prix qu’il a fallu payer pour la faire valoir…

    Une grande réussite à suivre !

    Yovo Le 12/11/2017 à 10:50:36

    Un scenario d’une grande richesse, diablement efficace, extrêmement bien orchestré, intelligent et cohérent, dont la chute est une merveille.

    En revanche cette intensité narrative n’est guère servie par le dessin ; bien que très correct, le trait est d’un style plutôt insipide qui m’a laissé un goût de platitude un peu décevant. Loin de moi l’idée d’accabler un auteur aussi talentueux que T. Le Boucher mais des décors plus aboutis, un peu de profondeur, des expressions moins figées auraient pu apporter à cet album la dimension du chef d’œuvre !..

    Yovo Le 12/11/2017 à 10:45:07

    J’imaginais du lyrisme, un affrontement dantesque entre forces humaines ou (sur)naturelles… Mais rien d’autre que du vent et des cailloux ne vous attend ici.

    Apparemment Jérémie Moreau n’aime pas le spectacle. Refusant tout panache et compartimentant soigneusement l’émotion, il a conçu la plus aride des épopées, glaciale et dépouillée.

    Son héros, Grimr, titan né de l’Islande est à l’image de son île natale : solitaire, minéral, taciturne, froid. Cette terre cernée par l’océan, faite de roc, de glace et de feu n’offre aucune alternative et chaque homme à chaque instant peut y passer de chair à néant. Les seules choses qui semblent y germer sont les mythes... Avec l’avènement de Grimr, une nouvelle saga semblait promise à la population rugueuse et friande d’exploits qui y survit misérablement. Mais bientôt rabaissé au rang de bête, traqué, Grimr se forgera sa légende d’une manière inattendue…

    D’autres auraient fait de cette matière féconde du grandiloquent. Mais le récit de J. Moreau reste puissamment brut et son trait fin aux couleurs terreuses puise sa force dans l’âpreté.

    Du vent et des cailloux qui n’ont pas fini de me hanter… Magnifique !

    Yovo Le 06/11/2017 à 09:37:37
    Muchacho - Tome 2 - Tome 2

    Superbe à tous points de vue !
    Le lecteur est happé dès la première page en 1976 dans la touffeur d’un Nicaragua en pleine insurrection, aux côtés d’un jeune séminariste candide qui ne le restera pas longtemps… Idéaux révolutionnaires, traque mortelle en pleine jungle et sensualité fiévreuse s’entremêlent ensuite pour former un scenario exotique et romanesque.
    Les planches de Lepage, d’une beauté envoûtante et immersive valent à elles seules la lecture de ces deux albums magnifiques qui vieillissent décidément très bien!

    Yovo Le 05/11/2017 à 18:35:02

    "Pacifique" est une éclatante leçon de BD !

    La 1° démonstration est esthétique : des couleurs sublimes; un dessin chirurgicalement précis pour les décors et pleinement expressif pour les visages; des ambiances tantôt réalistes et claustrophobiques au fond des coursives, tantôt oniriques et décoiffantes sur fond d’alizées; des pleines pages magnifiques; le format italien…Bref, c’est vraiment très beau.

    La 2° est narrative. Les auteurs inventent un récit totalement original, étrange, parfaitement maitrisé, dont toute analyse briserait le charme. Il faut se laisser porter sous les flots, à bord d’un U-boat de la 2° guerre mondiale pour vivre ce voyage surréaliste, aussi désespéré que libérateur !
    La narration fluide et tendue sait aussi bien tirer parti des moindres recoins d’un sous-marin que des méandres de l’âme humaine. Tout est suggéré, rien n’est asséné. Aucune réponse n’est apportée au lecteur et c’est tant mieux, il ne ressortira de cette lecture que plus troublé, voire comme ce fut mon cas, durablement ébloui.
    5/5 pour le "risque" artistique pris et assumé par les auteurs!

    Yovo Le 31/10/2017 à 10:00:49

    "Weegee" ou l’histoire vraie d’un photographe de quartier branché sur la fréquence de la police qui, arrivé le premier sur les scènes de crimes, shootait à grands flashs les cadavres pour revendre aussitôt les photos à la presse. L’ascension de cet ambitieux cynique, calculateur et sans vergogne, deviendra imparable... En tant que lecteur, difficile tout de même d’adhérer à ce profil de sale type roublard et déplaisant.

    Le dessin n’est pas transcendant non plus. Le trait est bien rehaussé par un gris assez doux mais son style est parfois imprécis. En revanche les décors – composante essentielle de l’œuvre de Weegee – sont soignés et les nombreuses vues des rues du New York des années 40 régaleront les amateurs de cartes postales vintages.

    Au final, le plus intéressant est sans doute la question jalonnant tout son parcours : quelle est la valeur artistique de son travail ? Guidé par une inextinguible soif de reconnaissance, lui s’est toujours vu comme un créateur quand le reste du monde le percevait comme un charognard opportuniste. La postérité lui a finalement donné raison…

    Yovo Le 29/10/2017 à 11:26:55

    Album atypique et assez inclassable, l’improbable chainon manquant entre chronique sociale et science-fiction…
    Ce scenario déroutant est pourtant l’un des atouts de cette BD si singulière.
    Il y est autant question d’apparitions extra-terrestres et de télépathie que de crise conjugale ou de fossé générationnel entre les tenants de l’ancien monde et les partisans d’une nouvelle société…Il est certes difficile à suivre, voire décousu, mais il est plein de belles trouvailles, teinté d’ironie douce-amère et de mélancolie.
    Mais l’attrait premier de "L’entrevue" est évidemment le talent de Manuele Fior au dessin. Il sait allier justesse et précision pour dépeindre ses personnages hyper expressifs, et fait preuve d’une grande maitrise du noir et blanc pour construire des décors sobres et des ambiances subtiles et veloutées. A lire absolument pour se faire une idée.

    Yovo Le 27/10/2017 à 23:01:42

    Quel énorme et magnifique travail de Tardi sur cet album de 1992 !
    Quand on aime la touche inimitable de ce vénérable sachem de la BD, on ne peut que se délecter de ces 230 planches qui suintent le terrain vague, la gouaille, la vinasse et la Gauloise… Nul n’a son pareil pour décrire avec cet art consommé du détail les prolos, les petites frappes et les flics alcoolos d’une banlieue crasse en 1950. C’est du grand art !
    En revanche, bien que le scenario adapté de G.C. Véran soit des plus aboutis, il est d’une noirceur abyssale… et sachez, lecteurs vaillants et enjoués, que, comme l’indique le titre, une déprime poisseuse vous attend immanquablement quand sifflera la fin de ces "Jeux pour mourir"…

    Yovo Le 24/10/2017 à 14:00:16
    La horde du Contrevent - Tome 1 - Le Cosmos est mon campement

    Je le confesse, je ne connaissais pas le roman…Ce qui a fait de "La horde du contrevent" une découverte totale pour moi et non des moindres ! Je n’avais encore jamais mis 5 étoiles à un premier tome de série ; c’est fait, car cet album m’a subjugué.

    Le travail d’Éric Henninot est formidable à tous points de vue. Un chef d’œuvre d’âpreté, d’abnégation, d’absurde et de courage : Sur des terres ravagées une poignée d’hommes dont les tempéraments divergent, survivent, confinés au sein de la "horde" qu’ils constituent, agrégat de corps formant une entité propre - presque un exosquelette - vouée à la désolation. Qu’un seul s'en écarte et la horde se disloque, pulvérisée par le souffle de vents démentiels. Cette si fragile carapace humaine, conçue pour laisser le moins de prise possible aux vents comme au temps qu’elle traverse années après années, s’enfonce chaque jour un peu plus vers un hypothétique Ailleurs, au prix d’efforts surhumains. Elle n’a d’autre but que d’être, avancer et mourir.

    Malgré les décors et l’action uniques, le rythme est haletant, la poésie puissante et le dessin est absolument remarquable. Immanquable !

    Yovo Le 23/10/2017 à 10:53:40
    Arthus Trivium - Tome 3 - La jeune captive

    Une ambiance très (trop ?) ésotérique qui comblera les amateurs mais pourrait laisser pas mal de lecteurs décontenancés…
    En revanche ce qui mettra tout le monde d’accord, c’est la maitrise de l’univers graphique : décors, perspectives, couleurs, lumières, cadrages… Tout est ciselé de façon magistrale, et la qualité générale s’améliore encore avec ce troisième tome et ses pleines pages à couper le souffle.
    Bref une très belle série qui, au moins visuellement, fera date.

    Yovo Le 22/10/2017 à 09:31:53

    Après avoir été conquis par "Retour sur Belzagor", je me suis précipité sur "Les épées de verre", que je n’avais jamais lu, pour replonger dans le splendide univers pictural de Laura Zuccheri. Et bien m’en a pris ! Les couvertures sursaturées de couleurs sont un peu effrayantes, mais elle est bel et bien une dessinatrice de haut vol ! Son trait est idéal pour donner vie à l’Heroic Fantasy sans fioriture mitonnée par S. Corgiat : pas (trop) de sang, pas d’érotisme, pas de Trolls puants ni champs de bataille incandescents…
    Ici les héros sont humains, relativement vulnérables et les créatures, nombreuses mais discrètes, évoluent dans un background assez naturel, réaliste et d’une grande beauté.

    Le scenario est plutôt classique mais bien mené, solide, et reste suffisamment original pour se démarquer du lot.
    Ce n’est pas parfait mais c’est une série de grande qualité et un bon moment de lecture.

    Yovo Le 09/10/2017 à 22:21:32

    "La maison" est tout à fait recommandable pour qui aime les histoires toute simples, universelles et sans prétentions. Celle-ci (les retrouvailles d’une fratrie dans la maison familiale après la mort du père) est agrémentée d’un graphisme modeste mais agréable et parfaitement adapté au scenario.
    Tout sonne juste et la pointe d’émotion qui teinte les pages au fil de la lecture est sincère.
    Une BD honnête, nuancée et sensible.

    Yovo Le 07/10/2017 à 19:31:17
    Ut (Barbato/Roi) - Tome 3 - Histeria

    Rien à dire de mieux ni de plus que S. Salin n’a écrit dans son excellente chronique.

    "Histeria" conclut un triptyque aussi original que magistral en y apportant enfin la cohérence attendue.
    Certes, il manque encore beaucoup de réponses pour comprendre ce scenario abstrus, mais comme dans un bon David Lynch, la narration instille juste ce qu’il faut d’informations pour que l’imagination complète les espaces laissés volontairement vacants…

    Je confirme que les dessins de C. Roi sont proches de la perfection et font de chaque planche un chef-d’œuvre. Un telle maîtrise du noir et blanc est rarissime et tient du génie !
    Cela ne suffira pas à faire de "Ut" une BD grand public, c’est trop sombre et trop bizarre pour cela ; elle sera donc probablement condamnée à demeurer une œuvre confidentielle mais, à mes yeux, définitivement culte !

    Yovo Le 07/10/2017 à 16:52:23

    Son titre l’annonce, "Martin bonheur" est d’une mièvrerie plombante...
    Rien n’est crédible dans cette bluette dont le dessin insipide ne permet pas de relever le niveau. Le mélange du guide touristique pour une Normandie fantasmée et d’un sentimentalisme propret est indigeste.

    Yovo Le 26/09/2017 à 22:21:58

    Cet album se distingue par l’originalité de son dessin. David Prudhomme y expérimente une mise en page et un découpage audacieux, les cases n’étant séparées que par un simple trait. Il s’autorise ainsi des jeux graphiques d’une case à l’autre, révélant une construction des planches parfois complexe et des dessins "filigranés".
    Autre singularité : la caractérisation du héros, réduit à une spectrale silhouette noire…
    C’est bien vu mais l’ensemble reste néanmoins brouillon et la lecture est parfois difficile.

    Pour le reste, le récit qui débute comme une chronique sociale et se poursuit en mode "bad trip" fantasque et onirique est très bien mené. L’action se déroule en une nuit - blanche et vaporeuse - au bout de laquelle, bien sûr, plus rien ne sera comme avant…
    A découvrir.

    Yovo Le 26/09/2017 à 11:21:30

    D. Clowes est censément à l’opposé de tout ce que j’aime en BD ; SF, Fantastique, Aventures, Polar, Western ou Fantasy composant le gros de ma bédéthèque.

    A contrario, Clowes le cérébral, l’intello, plante ses histoires minimalistes d’ados loosers, de frustré(e)s sexuel(le)s et de geeks rebutants dans les banlieues minables de l’Amérique contemporaine avec un dessin ligne claire assez statique aux couleurs kitch. Et pourtant...

    Ces 9 histoires, assez inégales, partagent toutes à leur manière une certaine détestation de l’"american way of life"… Leur ton cynique et amer peut agacer mais elles apportent un éclairage sans concession sur une société qui marginalise et isole les opposants à la pensée unique. Bref, j’adore !

    Yovo Le 12/09/2017 à 11:53:31

    Avis pour l'intégrale.
    Devenu fan de Mathieu Bablet, je considère que le triptyque "Adrastée", "Shangri La" et "La belle mort" constitue d’ores et déjà un fleuron du 9° art…

    Ses œuvres sont loin d’être parfaites c’est sûr, mais savoir que "La belle mort" a été entièrement conçu par un auteur d’à peine 25 ans à l’époque a quelque chose de sidérant au regard de sa qualité, son originalité et son épaisseur… Quelle maîtrise !

    Graphiquement, c’est unique. Allier ces ambiances subtilement colorées à la minutie des décors permet une identification visuelle immédiate. Les immeubles bétonnés, obsessionnellement détaillés et démultipliés à l’infini, tissent un labyrinthe aussi désespérant que mortel pour les 5 protagonistes ; c’est "horriblement" beau !
    Quant au récit, la trame post-apocalyptique sert de fond à des langueurs contemplatives, des questionnements existentiels et une forme de mysticisme. Le fil narratif est donc bancal, chaotique, elliptique, et…très bizarre !..

    Mais peu importe. La dimension métaphorique étant évidente, je n’en ai pas cherché la cohérence ; j’y ai plutôt vu une parabole de nos vies, rendues de plus en plus futiles par notre incapacité à penser collectivement et notre individualisme forcené. En ce sens c’est puissant. Puissant mais clivant. Il est certain que nombre de lecteurs n’y comprendront rien…Moi, j’applaudis des deux mains !!

    Yovo Le 08/09/2017 à 10:49:44

    Magnifique travail graphique d’Édouard Cour, l’auteur du génial "Herakles". Il nous livre ici sa version très personnelle de la naissance de l’Aïkido, à travers le Maître qui l’a théorisé et mis en pratique. Un hommage quasi philosophique qu’il prend à bras le corps avec humilité, déférence et sincérité, ne cherchant ni le spectacle ni l’emphase.
    Je ne connais rien à cette histoire mais pour le texte, la biographie semble parfaitement documentée et respectée. Pour l’image, Cour y déploie un éventail de techniques différentes et assez bluffantes rendant l’ensemble tout à fait original.
    Mais malgré ses qualités, soyons clair, le public susceptible d’être touché par cet album s’apparente à une niche… Il faut être bédéphile, cultivé, amateur d’œuvres indépendantes ET pratiquant d’arts martiaux ! Pas gagné…

    Yovo Le 04/09/2017 à 10:21:54

    Avec précision et maitrise narrative, J.L. Fromental prend son temps pour embarquer ses lecteurs à Vienne en 1948, guidés par le célèbre écrivain Graham Greene, travaillant au scenario du film "Le troisième homme". On connaissait ce dernier auteur, on le découvre aussi espion. Et d’espions, Vienne en fourmillait à cette époque, planquant entre hôtels ouatés et pavés glacés des ruelles. Pour autant, rien de jamesbondien ici. Il y a des coups de feu et des poursuites bien sûr, mais cela passe au second plan, car à mon avis l’intérêt est ailleurs : dans le point de vue d’Elizabeth, la narratrice, observant tout cela avec sa part de subjectivité, ses regards et sa classe aristocratique...

    Et l’élégance du trait de Miles Hyman est parfaite pour rendre cette atmosphère palpable.

    Un bel album raffiné, dense et bien documenté sur les racines de la guerre froide et la naissance des 2 blocs. A lire.

    Yovo Le 03/09/2017 à 17:13:40

    Pour être honnête, je n’aime pas le dessin. Si les cadrages, découpage et couleurs sont clairement maîtrisés, un trait parfois malhabile enlaidit grossièrement certaines cases ; ce qui m’a gâché le plaisir de la lecture car le récit, lui, est assez palpitant.
    L’histoire, détaillée et bien huilée, capture le lecteur pour l’emmener de cavales en incarcérations aux côtés de "Pépé", le narrateur de cette autofiction. Et c’est justement ce dernier aspect qui me laisse le plus mitigé : avoir ainsi laissé un "vrai" truand scénariser sa vie crée un malaise car il ne peut s’empêcher de s’héroïser. On sent à chaque instant sa fierté ostensible d’avoir été ce gros dur dès l’enfance, et son fantasme du braqueur à l’ancienne accomplissant son destin, "cerveau" d’opérations crapuleuses...
    Or, s’ils sont vus comme des héros en taule, ce n’est sûrement pas le cas dans la vraie vie…

    Bref, trois étoiles car c’est une BD efficace mais qui m’a déplu à plusieurs égards.

    Yovo Le 27/08/2017 à 04:12:39

    Sur le fond, "Hate" est assez proche du «Grand pouvoir du Chninkel» sauf qu’au lieu de la Bible que Van Hamme avait choisi de revisiter, ici, c’est l’Enfer que l’on visite avec A. Smith. Tout n’y est qu’effroi, guerre et chaos. C’est ce background apocalyptique qu’un misérable gnome, difforme et souffreteux arpente de ses trois jambes, en échappant - toujours plus miraculeusement - à la meute de guerriers démoniaques lancée à ses trousses pour, peut-être, changer la face du monde...
    Cette fresque ténébreuse ne semble en fait qu’un prétexte pour mettre en scène une phénoménale galerie de monstres.
    Rien de neuf, toutes ces créatures sont déjà vues et revues mais sont ici sublimées par un graphisme d’une force inouïe. Les planches de Smith ont une ampleur et une puissance que je n’avais encore jamais vues en BD. Et c’est, paradoxalement, le seul et énorme défaut de cet album hors norme. Pour l’apprécier il faut en accepter le concept : Des illustrations extraordinaires au service d’un récit quasi muet, d’une banalité si navrante qu’il en devient une espèce de farce macabre, presque parodique.
    A réserver aux amateurs de Dark Fantasy pour qui "Hate" sera un chef d’œuvre absolu !

    Yovo Le 21/08/2017 à 22:40:23
    Giant - Tome 1 - Giant 1/2

    Début des années 30 à New York : une ville en construction, quelques hommes humbles et rudes, puis... un concours de circonstance dont profite l’un d’eux… Voici l’histoire simple de "Giant", magnifiée par un dessin impeccable. Les couleurs, les ambiances, les lumières sont simplement superbes.
    Quant aux décors, qu’il s’agisse des rues, bagnoles, malfrats ou du chantier pharaonique du Rockefeller Center, ils sont détaillés, documentés et bien mis en page.
    Bref, une bien belle BD dont je recommande la lecture.

    Yovo Le 13/08/2017 à 20:18:23

    Didier Tronchet est l’un de nos grands auteurs et je le respecte à juste titre ; mais sa "Sortie de route" n’en finit plus de faire des tonneaux…
    Hormis de belles couleurs, le dessin est simpliste et moche, surtout en comparaison de chefs d’œuvres passés comme « Le peuple des endormis ».
    L’histoire, même agrémentée d’une pointe de poésie surréaliste, est complétement anecdotique et se lit en ¼ h. Le thème de la deuxième chance, sur un air de « je fous tout en l’air et je recommence à zéro » est éculé et cette version n’apporte rien de nouveau. Oubliable.

    Yovo Le 13/08/2017 à 20:12:55

    J.D. Pendanx nous offre encore un superbe album avec "Au bout du fleuve", narrant la quête d’un jeune béninois devenu orphelin pour retrouver son frère jumeau, parti chercher la fortune sous d’autres cieux beaucoup plus dangereux…

    Visuellement, chaque planche est magnifique et rappelle le sublime « Kililana song » de B. Flao. Quiconque a connu l’Afrique en reconnaitra immédiatement les couleurs, les décors, les habitants, les ambiances… Tout ce qui la rend si attachante et tragique à la fois ; car le personnage de Kémi, au fil de son voyage devient le témoin et le symbole de cette Afrique meurtrie, livrée aux trafiquants, aux corrupteurs et aux multinationales, où comme le pétrole, l’humain est devenu une ressource exploitable. Pour autant J.D. Pendanx maîtrise son sujet et ne sombre jamais dans le voyeurisme ni le misérabilisme.
    Une histoire poignante et une très belle BD, mais dont le thème difficile éloignera probablement bon nombre de lecteurs ; hélas.

    Yovo Le 03/08/2017 à 13:07:21

    A mon grand désarroi, je suis passé à côté de cet appétissant "Strange fruit".

    Le dessin est superbe mais il ne m’a pas touché ; orienté "illustration", il est trop froid et figé pour de la BD. A trop vouloir en faire, JG Jones se perd dans de la démonstration inutile. La surabondance de détails dans les visages, par exemple, rend souvent méconnaissable un même personnage d’une case à l’autre.

    L’histoire, elle, m’a paru complètement décousue. Même si l’on peut deviner les intentions de l’auteur, je n’ai jamais su où il voulait vraiment aller tant son scenario tourne à vide. De nombreux thèmes émergent, à commencer par le racisme et la ségrégation, mais ils sont inexploités ou avortés, à l’image du Colosse Noir qui avait pourtant de quoi fonder une nouvelle mythologie, mais qui semble ici ne passer que par hasard…
    Au final rien n’en sort, à part un manichéisme facile.

    En résumé, c’est peut-être génial, mais je n’en ai pas compris grand-chose ni saisi l’intérêt.

    Yovo Le 03/07/2017 à 22:53:44
    Ut (Barbato/Roi) - Tome 2 - Les hommes s'en vont, les enragés restent

    Dans le premier tome, la découverte de cet univers si singulier avait de quoi sidérer.
    Mais là, l’effet de surprise ne jouant plus, la splendeur des planches ne suffit pas pour pallier un scenario des plus hermétiques.
    Et l’ennui peut vite gagner face aux motivations obscures des personnages et leurs quêtes, dont les enjeux sont en grande partie insaisissables. De plus, l’atmosphère morbide, l’écriture et les décors très théâtraux peuvent clairement rebuter…
    Pour ma part je reste fasciné par la maestria du dessinateur Corrado Roi mais je m’avoue désarçonné par ce récit abscons à la traduction parfois approximative…
    Exemples : "Il faut savoir QUE pour nous QUE le problème ontologique est limité dans le temps" (??) p.49 ; ou : "Quelqu’un était intervenu dans le passer (sic !) pour nous soutenir" p.110…

    Mais la fascination l’emportant, j’attends malgré tout ma plongée dans le 3° et dernier tome !

    Yovo Le 01/07/2017 à 19:22:22
    Gung Ho - Tome 3 - Sexy Beast

    Bonne surprise ! L’histoire s’emballe enfin et remonte au-dessus de la ceinture… Les héros, eux, murissent et se complexifient.
    En revanche avec ce 3° tome sur 5, on bascule déjà dans la deuxième partie, et à moins d’une accélération radicale, je vois mal comment pourront être apportées avant la fin toutes les réponses aux (très) nombreuses questions posées par l’intrigue...
    Mais comme la somptuosité du graphisme est toujours au rendez-vous, "Gung Ho" reste à mon avis une série de premier plan.

    Yovo Le 01/07/2017 à 11:06:27
    Orbital - Tome 7 - Implosion

    "Orbital" trace petit à petit et sans fanfare un sillon à part parmi les autres grandes séries du genre.
    Techniquement très affutés, les auteurs sont parvenus à se créer un univers propre, cohérent et foisonnant dont chaque planche est immédiatement identifiable.

    Au-delà des excellents dessins et scenarii, une des qualités principales vient de l’ambiance générale, teinté d’un pessimisme diffus.
    La magnifique palette de couleurs déclinant toutes les gammes du gris souligne et corrode encore plus l’atmosphère, reflétant ainsi la fragilité d’une poignée d’hommes face à l’hostilité d’un monde infiniment plus grand qu’eux. Cet humanisme batailleur est incarné par Caleb au fil des missions ; plus le péril augmente pour l’ensemble des autres peuples, plus il semble immunisé, même à bout portant du danger.

    Personnellement, j’ai jugé l’évolution des dessins de ce tome 7 parfaitement maîtrisée et je tire mon chapeau à Pellé pour ce remarquable travail !

    Yovo Le 30/06/2017 à 21:42:23
    L'homme qui n'aimait pas les armes à feu - Tome 4 - La Loi du plus fort

    Je partage l’avis de Rody Sansei, ce dernier opus est beaucoup moins fun, voire presque sérieux, assez loin des tomes précédents dont l’amoralité, l’ironie et l’explosivité étaient jubilatoires.
    "La loi du plus fort" est très bien écrit et reste un must en termes de dessin, mais difficile de ne pas ressentir une pointe de déception en le refermant.
    Le pamphlet anti-arme s’avère plus tiède que le brûlot auquel je m’attendais, mais peut-être en attendais-je trop…
    Lupano emploie un mode plus ou moins similaire que pour l’épilogue de "L’assassin qu’elle mérite" (qui m’avait déçu bien davantage) : conclure ses aventures purement fictionnelles en les incrustant dans un contexte proche du réel, ce qui forcément, affadit toute la frénésie décalée qui précède par effet de contraste…

    Bravo tout même aux auteurs pour l’ensemble de cette épopée sacrément bien troussée !

    Yovo Le 25/06/2017 à 11:30:25
    RG

    Je l’avais déjà lu et apprécié il y a quelques années ; une relecture me confirme que c’est encore mieux que dans mon souvenir et je me félicite de l'avoir intégré à ma bédéthèque!
    Un récit dense, intelligent, réaliste et sobre. Tout sonne juste, y compris l’amertume, les rivalités, les renoncements, les coups de force et la solitude de ces flics de terrains dopés à l’adrénaline face à l’ingratitude du métier.
    Ces deux enquêtes presque banales, sans coup de feu ni baston servent avant tout à dévoiler les mécanismes et les ramifications des réseaux et les interminables heures de planques dans des fourgonnettes banalisées nécessaires pour les démanteler.
    La précision du scenario (avec dates, lieux et heures de chaque scène) conjugué au dessin très humain de Peeters fait de "RG" une grande petite BD !
    A lire, que l’on soit adepte ou non du genre policier.

    Yovo Le 19/06/2017 à 14:01:12

    "Une sœur" est une délicate variation autour d’Éros et Thanatos.
    Le récit, aussi banal qu’universel tient sur des riens mais réussit à devenir, planche après planche, un véritable conte initiatique.
    Que ce soit par les yeux d’Antoine ou ceux d’Hélène, chacun pourra s'y reconnaitre. Ne garde-t-on pas tous la mémoire de ces premiers émois ?.. Avoir été électrisé(e) par un frôlement de peau, envoûté(e) par un regard furtif, hypnotisé(e) par l’échancrure d’un T-shirt ou la transparence d’un maillot de bain..? Bastien Vivès imbrique à la perfection tous ces éléments pour construire une fiction qui prend des faux airs d’autobiographie, émouvante parce que juste, à défaut d’être crédible.
    J’ai noté une belle cohésion entre le fond et la forme, le minimalisme du trait répondant à la fragilité des sentiments. Il fallait cette économie de moyens pour rendre la pureté des émotions propre à l’adolescence. Dire autant avec si peu est un sacré tour de force !

    Yovo Le 12/06/2017 à 10:24:51

    Le titre l’annonce, Thomas Vieille nous invite à suivre les derniers jours d’Ellis Cutting, un redoutable lonesome cowboy dont on ne saura rien, en cavale au milieu de nulle part.

    Graphiquement c’est assez sommaire mais très efficace, surtout quand les silhouettes sont happées une à une par le brouillard omniprésent.
    La maîtrise est avant tout narrative : le récit est sec, le rythme rapide. Ici pas de psychologie, pas de digression. Juste une poignée de personnages dans une ambiance proche de « Dead Man » de Jarmush ; tueurs à gages en costard, chercheur d’or poissard et passeur mystique menant sa barge d’une rive à l’autre d’un fleuve qui a tout du Styx…

    Qui est Ellis Cutting et qu’a-t-il fait pour en arriver là ? Thomas Vieille si tu m’entends, raconte-nous ça !!

    Yovo Le 01/06/2017 à 11:32:00
    Ter - Tome 1 - L'étranger

    Très très belle ambiance ! Paysages, costumes, couleurs, cadrages, trait finement hachuré… tout concourt à façonner une atmosphère vaporeuse et hors du temps qui rend la lecture de "Ter" particulièrement agréable.

    Cela dit, j’endosse pour quelques lignes le rôle du rabat-joie car pour donner nûment mon avis, les personnages m’ont semblé vraiment "gentillets" ; dans la société décrite ici, la densité de jeunes gens beaux, bons et vigoureux, vivant en parfaite harmonie frôle les 100%! Même les "méchants" n’ont l’air que de petits comploteurs de récré…

    Allez, gageons que la suite nous mettra un petit coup de fouet dans ce doucereux décor et apportera les indispensables réponses aux nombreuses questions égrenées par l’intrigue, car ce 1° tome est réellement enthousiasmant et tout est en place pour enflammer notre imaginaire !

    Yovo Le 30/05/2017 à 12:09:20

    Portrait d’un truculent gastronome qui se voue corps et âme à l’art d’assaisonner les mets, sans admettre à sa table ni écart de goût, ni convive aux papilles émoussées...

    Totalement rétif à la mode de la cuisine omniprésente depuis des années, y compris dans la BD, je n’aurais même pas ouvert cet album si j’avais su de quoi il parlait…
    Et pourtant ce petit roman graphique est assez savoureux !
    Le dessin, qui rend un hommage revendiqué à Honoré Daumier, est enlevé, virevoltant et bien colorisé.
    Le scenario (adapté du livre éponyme) ne s’arrête heureusement pas à une histoire de gamelles, car derrière les festins rabelaisiens se noue en fait une jolie romance où les sentiments se mitonnent aussi savamment que le fameux "Pot-au-feu à la Dodin-Bouffant".
    A découvrir.

    Yovo Le 25/05/2017 à 14:12:32
    Au nom du fils (Ciudad perdida) - Tome 2 - Seconde partie

    Une belle histoire sur l’absence, à travers le lien qu’un père à l’affection rustaude et son fils, disparu lors d’un voyage en Amérique du sud, n’ont jamais eu, et que le premier découvrira au terme d’un périple révélateur.
    Ces deux tomes sont vraiment plaisants et constituent un récit solide, intelligent et bien illustré. Le dessin manque sans doute d’un peu de finesse mais Belin ensemence ses cases de nombreux détails bien observés en usant d’une palette agréable de couleurs très sobres qui donnent une épaisseur réaliste à l’ensemble.
    Des personnages attachants, un environnement documenté et dépaysant, un rythme en pointillé, de l’émotion… « Au nom du fils » m’a offert un excellent moment de lecture !

    Yovo Le 18/05/2017 à 22:30:36

    La première chose qui frappe dans cet album atypique est le contraste tranchant entre la forme désuète, vintage, saturée de couleurs chère à Clowes et la brutalité du scenario, sec et anxiogène.
    Il met en scène un homme ordinaire prêt à tout, y compris tenter un voyage dans le temps et occire les gêneurs, pour sauver d’une mort certaine celle qu’il aime plus que lui-même.
    L’aspect purement SF est évacué assez finement, notre héros profitant pour ses sauts temporels d’une formule à laquelle il ne comprend rien... (et nous non plus, donc, puisque l’histoire est racontée de son point de vue).
    Reste une quête éperdue, celle d’un homme en proie à l’incompréhension, l’impuissance et le chagrin, surmontant petit à petit ses propres faiblesses pour finir par toucher du doigt une rédemption rendue soudainement possible par cet impensable biais du destin.

    Un BD brillante mais trop singulière pour que je me risque à la recommander à tout venant.

    Yovo Le 13/05/2017 à 13:53:45

    « Deux frères » ne manque pas de qualité, à commencer par le dessin typé de Moon et Ba, brillamment développé sur plus de 220 planches.
    Mais c’est précisément sur l’épaisseur de cet album que le bât blesse. L’ensemble m’a paru long et trop narratif. L’histoire en elle-même – l’inéluctable désagrégation d’une riche famille dans le Brésil du début du 20° s. – est poignante, les personnages complexes, et les décors troubles et majestueux de Manaus bien fournis. Mais hélas, son rythme est souvent inégal, certaines situations se diluant sur 10 pages tandis que d’autres sont expédiées en quelques cases; la fluidité en est brouillée.

    De plus, mais ce n’est là que mon avis, le noir et blanc n’est ni convaincant ni pertinent ; d’une part car il renforce le récit déjà pesant en reléguant l’image au second plan, d’autre part car les paysages de la jungle fluviale comme cette si pittoresque Manaus seraient sublimés par la couleur et ne sont ici qu’un embrouillamini visuel duquel il est parfois difficile de discerner quoi que ce soit.

    Yovo Le 07/05/2017 à 23:36:04
    Chiisakobé - Tome 3 - Le Serment de Shigeji - Volume 3

    On pense aisément à Taniguchi en lisant "Chiisakobé", un récit ancré dans le quotidien, au rythme indolent et contemplatif ; mais cette série se distingue par la finesse du graphisme : un trait clair et subtil qui se plait à dépeindre avec une précision millimétrique des détails domestiques insignifiants (bretelle de soutien-gorge, pince à linge, usure des baskets…).
    Sans un mot, le lecteur comprendra ainsi page après page la prépondérance des choses sur les sentiments...
    Les visages bénéficient aussi de cette excellente lisibilité ; étonnamment bien caractérisés malgré leur froideur, ils rendent impossible la confusion entre deux personnages.
    Cette élégance intraitable confinerait à l’ennui si elle n’était parfois bousculée par des cadrages renversants au sens propre du terme, inversés ou zénithaux, qui confère à l’ensemble une petite énergie pop assez indéfinissable.
    Enfin, les innombrables gros plans sur les pieds nus des protagonistes qui font écho à leurs poings crispés, semblent inventer un langage de vibrations muettes, seule communication possible entre des êtres subissant la pudeur imposée par leur société.
    Sensible et beau. A lire.

    Yovo Le 30/04/2017 à 11:09:48
    Ut (Barbato/Roi) - Tome 1 - Les Venelles de la faim

    Ma note reflète mon avis de collectionneur, « Ut » étant un objet bédéphilique éminemment désirable ! Ces 190 planches de Corrado Roi sont un véritable chef d’œuvre graphique. Un regard à la couverture peut vous en convaincre !

    Après, je minorerais mon enthousiasme si je donnais un avis en tant que simple lecteur car le récit m’a donné l’impression d’avoir loupé le début… Aucune introduction, aucune présentation des personnages, de l’environnement ou de l’intrigue ne vient nous aiguiller sur ce qui se passe. Bon... Il reste donc à essayer d’attraper le fil en cours de route.
    Sauf que de fil, il n’y en a pas ; « Ut » se présente comme un long cauchemar labyrinthique et indistinct.
    On y retrouve une certaine iconographie du côté obscure (héros masqué, commanditaire trouble, rues désertes, no man’s land, anthropophages…) mais dotée d’une inclassable poésie qui emprunte aux contes de Grimm autant qu’aux univers picturaux de Böcklin, Munch ou de Chirico.

    Un premier tome insolite à l’esthétique raffinée donc, un peu cryptique, et peut-être un peu vain… A suivre.

    Yovo Le 22/04/2017 à 23:06:25
    Retour sur Belzagor - Tome 1 - Épisode 1/2

    Visuellement magnifique, « Retour sur Belzagor » est d’abord un plaisir pour les yeux.
    La précision du dessin, rehaussé d’une mise en couleur chatoyante et lumineuse crée une ambiance immersive qui plonge immédiatement le lecteur au cœur de l’étrange planète Belzagor et de ses non moins étranges habitants…Les cadrages de Laura Zuccheri, souvent au ras du sol, savent offrir de spectaculaires perspectives qui complètent efficacement le récit.

    Dans ce 1er tome l’intrigue se résume à la lente exploration de la planète par un petit groupe d’humains. Parmi eux, l’ambigu Gundersen, ex-colon, retrouvera en suivant les traces de son passé ses vieux et ténébreux démons...
    Les allers-retours narratifs entre deux époques, celle révolue de la colonisation, puis celle du retour à l’état naturel dans laquelle évoluent les protagonistes, confère à cet album une dimension humaine, équivoque et complexe où les enjeux sont multiples.

    Il est presque dommage que le prochain tome soit le dernier tant j’en imaginerais bien une série; de cette qualité s’entend.

    Yovo Le 13/04/2017 à 22:18:24

    Quelles couleurs !! Rien que pour cela, il faut lire « Natures mortes ».
    Le travail graphique d’Oriol est superbe !.. Non seulement par ses qualités intrinsèques mais aussi parce qu’il sert à merveille cette histoire en particulier. Histoire où la peinture elle-même tient la première place. L'’artiste maudit auréolé de mystère, la muse à la beauté ensorcelante ou les noceurs de la bohème barcelonaise viennent ensuite compléter le tableau de ce récit fantastico-poétique, que les pinceaux d’Oriol enchantent avec leur palette aux reflets de Matisse, Derain ou Picasso période bleue…

    L’écriture, à la fois légère et grave, réserve quelques beaux moments, surtout lorsque Zidrou joue les faussaires en inventant une vraie biographie à son (faux) personnage.
    Pour autant, ne vous attendez pas forcément à un chef d’œuvre. Car si le scénario en forme de songe se base sur une idée géniale – l’artiste fait-il disparaitre de la réalité ce qu’il peint ? – il comporte sans doute trop d’ellipses pour mériter ce qualificatif…

    Yovo Le 02/04/2017 à 11:01:21

    Ces deux tomes sont en fait l’adaptation du livre qu’écrivit la domestique d’Alexandra David-Néel après avoir passé auprès d’elle les 10 dernières années de sa vie.
    Et c’est à mon avis un choix discutable dans la mesure où cette dame, Mme Peyronnet, devenue ici narratrice idolâtre, ne décrit la grande exploratrice qu’en termes laudateurs.

    F. Campoy a choisi de scénariser exclusivement la confrontation de ces deux personnalités, l’une oppressive, l’autre soumise ; j’en ai ressenti une sorte de malaise car cette dévotion dans laquelle se complait Marie-Madeleine Peyronnet est difficile à concevoir, au regard surtout du despotisme de la vieille femme.
    Le lecteur passe ainsi les 2/3 du livre enfermé dans la maison où elles se sont recluses alors qu’il y avait 50 ans d’exploration à décrire…
    Par ailleurs l’auteur abuse des récitatifs écris à la 1ère personne (jusqu’à 13 par planche !) ; le point de vue de la narratrice est certes intéressant mais contient trop de digressions inutiles ou anecdotiques.
    Le titre est donc trompeur car le peu que l’on apprend sur cette pionnière du féminisme et du bouddhisme à la vie hors du commun manque hélas du souffle des grands espaces.

    Mais malgré ces réserves, cela reste une BD de qualité aux très beaux dessins.

    Yovo Le 28/03/2017 à 09:05:58

    "Le divin" n’a d’intérêt que pour son graphisme très original.
    En dehors de ça, le scénario est plus que bancal.
    A la rigueur, on sent poindre une forme de sincérité s’agissant de dénoncer l’horreur des enfants soldats, mais ces velléités réalistes sont vite dynamitées par du grand n’importe quoi. Ces mêmes enfants se mettent à voler et à combattre façon Akira aux côtés de démons de 30 mètres... J’imagine que les scénaristes se sont voulus oniriques ou métaphoriques mais ils sont surtout partis dans leur trip en abandonnant le lecteur en cours de route.

    Yovo Le 27/03/2017 à 22:28:03

    Une chronique censée explorer les travers de l’Amérique contemporaine ; mais c’est tellement "subtil" qu’à moins d’être passionné de sociologie comportementale on pourrait facilement penser qu’il ne s’y passe absolument rien !
    Adrian Tomine décrit à travers un loser ordinaire les difficultés d’assumer ou de fuir ses origines asiatiques…Il nous dresse le terne portrait de son couple, de ses errements puis de sa rupture.

    Grâce à la finesse du trait, la lecture en est agréable mais la banalité du propos rend cet album assez morne.
    La question de l’intégration n’est montrée qu’à travers le regard de Tanaka en dehors duquel rien ne reflète jamais le prétendu problème d’être asiatique aux États-Unis. Ce regard est de surcroit désincarné car ce personnage est antipathique, asocial et nombriliste.

    Yovo Le 26/03/2017 à 12:52:24

    La 1ère BD à m’avoir touché à ce point.
    L’effet produit est d’autant plus grand que les moyens mis en œuvre sont modestes. L’émotion qui s’en dégage nait de la sincérité palpable du propos. Aucun effet, aucune sophistication ne vient corrompre cette justesse.
    Evidemment, si on cherchait des défauts, on en trouverait par dizaines mais derrière ces petites maladresses se cache un besoin tel de dire les choses qu’il fut sans doute impossible pour l'auteure de l’exprimer sans avoir la main qui tremble et la gorge qui se noue…Ce qui incite tout lecteur à la bienveillance.
    Julie Maroh semble faire corps avec son œuvre ; l’écriture et le dessin ne font qu’un. C’est simple, poignant, pudique, fin, doux, féminin, intelligent, sensible et beau.
    Très supérieur au film "La vie d’Adèle".

    Yovo Le 25/03/2017 à 21:28:13
    Katanga - Tome 1 - Diamants

    Le moins que l’on puisse dire c’est que cette nouvelle série démarre très fort.
    Fabien Nury offre avec «Katanga » une véritable démonstration de scenario. Un récit copieux au rythme haletant, à la narration habile et accrocheuse dans un contexte historique bien restitué…Bref, une redoutable mécanique parfaitement ordonnée qui augure d’une suite d’anthologie !
    En revanche - et c’est le seul bémol - c’est très violent et nombre de gros plans sanguinolents m’ont semblé gratuits voire superflus ; cela contribue à renforcer l’ambiance déjà un peu caricaturale créée par les visages de certains personnages.

    Yovo Le 23/03/2017 à 21:52:24
    L'assassin qu'elle mérite - Tome 4 - Les amants effroyables

    J’espérais que la conclusion de cette série prometteuse renouerait avec l’allant des deux premiers tomes - après la baisse de régime du troisième... Mais la déception se confirme.
    Le dessin n’est pas en cause, il est très bien. C’est le récit qui n’est pas à la hauteur de ses enjeux. Pourtant, au départ, rien ne manquait : l’intrigue en forme de pari dont on brûle de connaître l’issue, les personnages, le contexte historique et social… jusqu’au titre, érigeant la volonté de toute puissance d’Alec en acte démiurgique... Lupano affichait une sacrée ambition scénaristique !
    Hélas au final, j’ai l’impression qu’il n’en reste plus grand-chose. Ce quatrième tome est correct mais n’a rien d’étincelant. Je l’ai lu sans gourmandise et dès le lendemain, c’est à peine si je m’en souvenais…

    Yovo Le 19/03/2017 à 12:56:44

    L’hyper-productif et éclectique scénariste Zidrou est souvent bien inspiré, parfois moins.
    Là, c’est franchement moins… « Les promeneurs sous la Lune » est vraiment l’une de ses œuvres mineures ; gentillette mais si légère que j’en cherche encore l’intérêt…
    Graphiquement, les décors à la Voutch façonnés par Mai Egurza créent des ambiances vides et léchées plutôt agréables.
    En revanche, le scenario qui ne repose que sur une belle mais unique idée – une contagion de somnambulisme – s’avère d’une maigreur famélique. Même les meilleurs passages (le langage des ronfleurs par exemple) sont survolés ou restent allusifs.
    Rien ne fait exister les personnages qui ne font que de la figuration, sans finalité aucune. C’est juste une aimable fantaisie. Du coup l’ensemble est étonnamment superficiel alors que tous les éléments préexistaient pour un récit onirique et beaucoup plus profond…car mieux élaborée, cette historiette aurait tout d’une grande !

    Yovo Le 16/03/2017 à 10:47:36
    Shi (Zidrou/Homs) - Tome 1 - Au commencement était la colère...

    Objectivement ce premier tome est une réussite. Le rythme est rapide, les bases du récit paraissent solides et les personnages promettent de bien sombres intrigues à venir…
    Le dessin de Homs est impressionnant de maîtrise et la galerie de tronches qu’il a réalisées est assez incroyable. Les décors, superbes, sont à l’avenant.

    Malgré cela ce n’est pas un franc coup de cœur car il s’en dégage une ambiance morbide à laquelle j’ai du mal à adhérer. Par ailleurs, je pressens que les personnages féminins risquent d’évoluer vers une forme de caricature de superhéroïnes vengeresses… Mais j’espère me tromper, car c’est incontestablement un bon album.

    Yovo Le 09/03/2017 à 15:15:29
    Metropolis (Lehman/De Caneva) - Tome 4 - Tome 4

    Comme son titre l’indique, cette remarquable série doit tout à « Metropolis », le film culte de Fritz Lang, dont elle est une espèce de spin off.

    C’est à la fois une uchronie élégante qui voit s’entrecroiser quelques figures mythiques des années 30, et un polar dans lequel enquête le commissaire Lohmann, vu dans «M le maudit» (de Fritz Lang toujours…)

    En marge de l’intrigue, on voit donc Sigmund Freud sonder l’inconscient de ses patients, et de spectaculaires technologies mécaniques se développer ; les deux se lient au fil de l’histoire en un idéal scientifique où tous les rêves deviendraient réalisables.
    Cela pousse le récit au bord de la fracture mentale. Le réel et l’imaginaire se confondent en un inquiétant jeu de miroir où tout est inversé, dédoublé, mis en abîme. Les personnages se confrontent à la schizophrénie, à d’étranges illustrations ou à des automates qui sont autant de substituts à leur réalité. Comme si le monde nouveau promis par la science était encore superposé à l’ancien.
    En cela j’ai trouvé ce scenario particulièrement élaboré et son épilogue extraordinairement audacieux !

    Si vous êtes farouchement rationnel, passez votre chemin…
    Mais si vous ne craignez pas que votre raison s’égare quelque part entre «Shutter Island» et «Matrix», régalez-vous !

    Yovo Le 25/02/2017 à 11:27:40

    Nicolas Debon s’empare dans « L’essai » d’un fait réel étonnant – la naissance d’une communauté libertaire en 1903 – avec beaucoup de sincérité.
    Son style graphique très coloré, bien adapté aux grands espaces, dépeint à merveille la forêt ardennaise. Ce qui donne un album superbe, intéressant et bien documenté.

    Le problème vient de la narration à la première personne. C’est monocorde, neutre, descriptif, factuel et chargé parfois d’obscurs aphorismes anarchistes. Personnellement cela m’a laissé hors de cette histoire pourtant féconde, en ayant l’impression de lire un reportage illustré. Aucune émotion ni psychologie n’affleure jamais pour impliquer le lecteur et faire vivre tous ces protagonistes dont on ne saura finalement rien, alors que c’était un paramètre essentiel pour comprendre et s’approprier cette histoire.
    Ayant ressenti exactement la même froideur scénaristique pour « L’invention du vide », je ne suis pas sûr que ce talentueux dessinateur sache raconter une histoire. Frustrant.

    Yovo Le 24/02/2017 à 14:04:02
    Les ogres-Dieux - Tome 1 - Petit

    Etrange ouvrage que « Les ogres-dieux »…
    Le travail graphique de Gatignol y est saisissant : la gestion de la lumière, la qualité du noir et blanc, la précision des décors et des perspectives etc… C’est très beau.
    Les personnages, eux, sont déjà beaucoup plus banals. Il n’y a qu’Émione qui dénote, son visage et ses expressions étant particulièrement réussis.

    Mais pour le scenario, je suis encore plus circonspect. Outre l’idée maîtresse - à savoir la cohabitation d’humains asservis et d’ogres gigantesques - il n’y a quasiment rien… ou alors je suis passé à côté !
    Pour être franc, j’ai été parfaitement insensible à ces ogres. « Petit », héros sans caractère défini, m’a semblé inconsistant, et toute cette clique décadente, orgiaque et malveillante ne peut susciter aucune empathie chez le lecteur. Par conséquent, l’enjeu de sauver l’espèce, principal ressort narratif, n’a plus aucun intérêt. Je n’ai pas trouvé où que ce soit dans l’écriture un début de réflexion ou d’émotion.

    Yovo Le 22/02/2017 à 21:24:12

    Je faisais partie des détracteurs de Léo, de ses Aldébaran et autres étoiles...
    Je trouvais cela ringard, niais, bavard et médiocrement dessiné. Et bien sûr le succès de ces séries et leurs cortèges d’adeptes me semblaient excessifs…

    Mais venant de relire par hasard et par ennui "Aldébaran", mon opinion a légèrement évolué : pour moi c’est toujours confondant de naïveté, mais bon, bien que je déteste définitivement ce dessin (ces visages, quelle horreur !), objectivement ce n’est pas si mal fait que ça et je comprends un peu mieux l’engouement que cela a pu susciter.
    Je reconnais que quelque chose d’assez attrayant, de l’ordre de l’imaginaire, se manifeste au fil de la lecture…
    L’univers est construit, même dénué de toute plausibilité (ex: des dizaines de superbes goélettes en bois naviguent ici ou là; ben voyons! Apportées en kit dans les soutes??), le scenario est manichéen et moralisateur - le « Bien » triomphera, n’en doutez pas ! - mais se suit sans déplaisir et les personnages tiennent la route malgré leurs compulsions sexuelles franchement limite...
    Bref, je me repens ; je continue de penser que cela est très surestimé mais allez, au fond, ce n’est pas trop mal !

    Yovo Le 19/02/2017 à 18:39:26
    Détectives (Delcourt) - Tome 5 - Frédérick Abstraight - A cat in the barrel

    Cette série, sans faire d’étincelles, est vraiment sympathique. Malgré le changement de dessinateur à chaque tome, l’ensemble reste quand-même bien cohérent. Les ambiances 1920 sont soignées et les stéréotypes à la Sherlock ou Miss Marple sont habilement exploités. Chaque scénario rend d’ailleurs bellement hommage à ces illustres références.
    Ces détectives ont tous des personnalités bien campées et leurs enquêtes truffées de chausse-trappes égrènent ce qu’il faut d’indices pour faire jouer le lecteur à trouver l’assassin.

    A ce jeu-là, « A cat in a barrel » s’en sort très bien. Frederick Abstraight, ex flic de choc tombé en disgrâce et dans l’alcool, entourloupe son monde pour s’extirper d’une position fâcheuse et démasque finalement le coupable avec le flegme d’usage. Tout l’intérêt de la situation étant créé par le huis clos d’un train arrêté en pleine voie…
    Si l’on rajoute le dessin franchement efficace et l’ironie savoureuse de certains dialogues, on obtient un des meilleurs chapitres de la série et un bon moment de détente.

    Yovo Le 18/02/2017 à 19:44:21

    Je suis navré de poster un avis négatif sur un album de Duchazeau qui est l’un de mes dessinateurs préférés mais hélas, « La main heureuse » est pour moi un énorme plantage !
    Le pitch ? Années 90, deux jeunes décident de faire 100 km en mob pour aller à un concert de la Mano Negra...
    Au lieu de faire de ce périple le passionnant rite de passage à l’âge adulte qu’il aurait pu être, Duchazeau opte pour une hagiographie assommante du groupe, quasiment divinisé, à laquelle il est impossible d’adhérer. Tous les vrais sujets (sociaux, familiaux, générationnels) sont évacués en trois cases et le récit perd tout sens.
    Même le dessin subit une cure drastique : pas de contraste, pas de nuance, pas de texture...

    Moi aussi j’ai adoré la Mano à l’époque, mais je ne me reconnais absolument pas dans cette vénération surjouée qui hypnotise ces ados, et leurs visions mystiques me semblent un peu ridicules.
    Bref, très déçu de ce rendez-vous manqué avec cet admirable auteur, et plus que sceptique sur l’intérêt d’une telle BD.

    Yovo Le 16/02/2017 à 19:58:12

    « Asterios Polyp » concentre tout ce qu’un roman graphique peut offrir : un héros hors norme, de solides personnages secondaires, une écriture pointue, une construction complexe, un contenu graphique exceptionnel.
    Tout a été pensé pour tirer l’ouvrage vers le haut et lui faire atteindre des sommets.

    Pourtant, au-delà de ces qualités incontestables, quelque chose d’irritant subsiste. Très démonstratif, cérébral, érudit, Mazzucchelli en fait un peu trop à mon goût. Et tous les personnages (sauf Hana) étant ridicules dans leurs genres, difficile de savoir si c’est de la misanthropie pure ou si l’élitisme d’Asterios ne serait pas en fait celui de l’auteur lui-même…

    Le récit est néanmoins passionnant sur le fond : la maîtrise de soi, de sa pensée et de ses actes sont illusoires face aux lois de l’univers et nulle rédemption n’est possible sans humilité... Dit comme ça c’est simple mais « Asterios Polyp » en fait une démonstration remarquable.