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Les avis de - Yovo

Visualiser les 288 avis postés dans la bedetheque
    Yovo Le 19/01/2020 à 19:47:42
    Moby Dick (Chabouté) - Tome 2 - Livre second

    Chabouté est un artiste du clair-obscur et cette 2ème partie de Moby Dick en est une belle démonstration. Les ambiances de nuits d’orage, de cales éclairées aux lampes-tempêtes ou de lueur de forge sont saisissantes. Elles font écho à la folie du capitaine Achab, enragé, possédé par sa traque du cachalot blanc, qui rapproche à chaque page le "Pequod" et son équipage d’une fin tragique. Ce rythme funeste étant créé par les courts chapitres qui conservent et présentent l’essentiel du récit.

    L’ensemble manque sans doute de force à cause des personnages trop passifs et mornes, qui semblent être spectateurs de leur propre aventure. Mais cette réserve mise à part, cela reste une solide adaptation et une prouesse graphique.

    Yovo Le 19/01/2020 à 19:47:02
    Moby Dick (Chabouté) - Tome 1 - Livre premier

    Belle adaptation d’Herman Melville, fidèle et parfaitement respectueuse, dans l’esprit comme dans les mots.

    Ayant lu le roman à l’adolescence, j’en avais gardé un souvenir vibrant que Chabouté a su raviver par un travail graphique admirable. On y retrouve la rudesse, l’exaltation et la folie qui caractérise « Moby Dick ».
    Le noir et blanc très contrasté convient idéalement aux multiples vues du Pequod, le navire du capitaine Achab, sur lequel se déroule le récit. Voiles, cordages, chaloupes… Chaque élément, précis et détaillé, est sublimé par l’intensité des aplats noirs.

    Achab lui-même est la grande réussite de l’album : yeux névrotiques, visage élimé, balafré, fermé par un rictus glaçant. Il est le charisme et l’effroi personnifiés.

    Après – et c’est une constante, hélas, chez Chabouté – les autres personnages n’ont la plupart du temps, qu’une sempiternelle expression de tristesse. Du coup, l’ensemble est un peu morose et manque de dynamisme et de profondeur. Forcément, ça limite aussi l’immersion dans l’histoire et l’empathie que l’on pourrait avoir pour eux. A la longue, même si on peut le voir comme une signature de l’artiste, je trouve ça lassant.

    Yovo Le 16/01/2020 à 21:53:40

    Avant l’achat, je m’attendais à un livre épicurien, hédoniste, louant l’amitié et la convivialité comme la couverture a l’air de le suggérer… Mais non.

    En fait, il ne s’agit que du portrait d’un restaurateur de la Loire, vu par les 8 auteurs aux crayons. Le bonhomme parait sympathique et sa carte excellente mais je ne vois pas l’intérêt d’un tel album. Quel en est le but à part lui faire une énorme pub ? A ce compte-là, chaque petit chef, chaque gargote étoilée pourrait aussi avoir sa BD !

    Au demeurant, c’est bien que Delcourt prenne des risques avec ce genre de publication, je ne dis pas le contraire, mais y a-t-il vraiment un public ..? Moi en tout cas, je ne suis pas client. Les auteurs eux-mêmes semblent un peu engoncés par l’exercice et n’ont pas grand-chose à dire. Il n’y a guère que Tanquerelle et Jourdy qui s’en sortent bien. Les autres n’ont que peu d’inspiration, et je les comprends. Ils ont sans doute mieux à faire que de s’investir dans des ouvrages promotionnels à la gloire d’untel, à grands renforts de dithyrambe et de superlatifs laudateurs.

    Ce n’est pas totalement inintéressant d’ailleurs (ne serait-ce que pour les chouettes recettes proposées), mais c’est juste qu’en tant que lecteur, j’aurais aimé qu’il y ait plus de truculence, de poésie, d’anecdotes, de sens, tout simplement ! Et moins de flagornerie à l’endroit d'un cuisinier qui bénéficie déjà, on ne sait comment, des honneurs d’une BD. J’ai du mal à adhérer à ça. Dans le même style, « Les ignorants » avait su trouver un bien meilleur équilibre.

    En un mot, c'est raté.

    Yovo Le 16/01/2020 à 11:11:54

    Je me suis offert « Les vermeilles » avec plaisir mais à ma grande surprise, je n’ai pas accroché.

    Pourtant je raffole habituellement du travail très créatif de Camille Jourdy. Hélas, je n’ai pas du tout retrouvé l’impertinence, la malice ou la finesse qui faisaient le sel de "Rosalie Blum" et de "Juliette". Évidemment, le registre n’est pas le même puisqu’il s’agit d’un album jeunesse, mais n’empêche, j’ai trouvé ça moyen.

    Je résume : une fillette découvre un monde enchanté lors d’une escapade en forêt et va vivre une aventure rocambolesque avec des compagnons pour le moins bizarres…
    Du déjà-vu 100 fois, quoi. A chaque page, les références sautent aux yeux ; des meilleures (Miyazaki et Lewis Caroll) aux pires (SamSam et Mon petit poney..!). A tel point qu’on se demande si l’autrice a réellement créé quelque chose ou si elle s’est contentée de compiler l’innombrable littérature sur le même sujet.

    Donc, soit je n’ai rien compris (c’est une option !), soit cet album n’a pas grand sens. Il a des qualités bien sûr, c’est frais, c’est tendre, c’est amusant, c’est coloré. D’accord mais à quoi bon ? J’ai eu l’impression que C. Jourdy, en roue libre totale, a improvisé au fur et à mesure son histoire, façon "Lapinot et les carottes de Patagonie"… Ça manque de construction, c’est extrêmement enfantin, peu fluide et parfois peu lisible. Gagné par l’ennui dès le milieu de l’album, je pensais au moins que la chute serait émouvante, philosophique ou burlesque, mais même pas.

    J’ai beaucoup de respect pour Camille Jourdy mais franchement, je n’ai pas saisi l’intelligence du propos et je ne comprends absolument pas l’engouement des critiques. Étant passé à côté, c’est malheureusement une déception pour moi.

    Cela dit je vous encourage quand-même à le lire pour vous faire votre avis.

    Yovo Le 15/01/2020 à 11:52:44

    Très sympa cet album, bucolique, poétique. Ça détend en douceur, c’est tendre, ça fait du bien. Catherine Meurisse cultive la nostalgie avec fraîcheur… En plus, on apprend plein de choses et la couverture est superbe, ce qui ne gâche rien.
    A lire et à relire à volonté.

    Yovo Le 14/01/2020 à 18:07:37
    Aâma - Tome 4 - Tu seras merveilleuse, ma fille

    Quel auteur ce Peeters !
    Par contre, si je considère Aâma comme un chef d’œuvre, il faut quand même savoir que ce n’est pas du tout de la SF meanstream ! On est plutôt dans une vision cérébrale, onirique et très personnelle du space-opéra, comme « Solaris » ou « 2001 » l’étaient à l’époque pour le cinéma. Un lecteur cartésien pourrait donc prendre ce 4ème et dernier tome comme un trip halluciné, cafouilleux et mystique… Pour moi, c’est un final en apothéose qui m’a poussé au bord du vertige, m’a questionné longtemps après la lecture et qui a même réussi à m’émouvoir, notamment par sa dimension humaniste, aussi touchante que désespérée.

    C’est audacieux, intelligent et superbe à la fois. J’en suis à ma 3ème lecture et je trouve ça de mieux en mieux. Bravo !

    Yovo Le 14/01/2020 à 18:07:16
    Aâma - Tome 3 - Le désert des miroirs

    Avec « Le désert des miroirs », Peeters nous fait pénétrer toujours plus loin dans le mystère Aâma : un organisme artificiel révolutionnaire et incontrôlé, dont l’impact, à portée planétaire, est aussi spectaculaire qu’imprévisible.

    Les personnages comme le lecteur suivent exactement la même voie, éprouvent en même temps la même expérience, la même perplexité. Aucun n’est sûr de ce qu’il vit vraiment…

    Il faut se laisser porter et ne pas forcément chercher de sens concret à chaque case, au risque de s’y buter l’esprit. Au fil des pages, imperceptiblement, les idées se révèleront et prendront leur place en toute logique. Frederik Peeters a soigneusement élaboré un scenario complexe mais très cohérent, même si ses rouages semblent échapper momentanément à la raison. Inclassable et brillant !!

    Yovo Le 14/01/2020 à 18:06:47
    Aâma - Tome 2 - La multitude invisible

    Ce 2ème tome, consacré à l’expédition Woland sur la planète Ona(ji), va vite et part loin. Le rythme soutenu alterne flash-back, action pure et séquences intimistes. Les personnages, rapidement confrontés à une situation de plus en plus anxiogène qu’ils ne peuvent ni comprendre ni maitriser, pressentent l’inévitable faillite de la mission...

    Encore un album incroyable, tant par l’étrangeté sidérante du scénario que par la qualité du dessin et des couleurs. Mais il demande un peu de lâcher-prise. A ce stade, il est probable que certains lecteurs trop rationnels se seront déjà perdus en cours de route…
    Les autres, accrochez-vous, le voyage est loin d’être fini !

    Yovo Le 14/01/2020 à 18:06:21
    Aâma - Tome 1 - L'odeur de la poussière chaude

    En la relisant, je me rends compte que je n’ai jamais publié de commentaires sur « Aâma », une de mes séries préférées.

    Alors juste un avis vite fait : pour moi, c’est LA BD qui fait de Frederik Peeters un maître de la SF contemporaine. Toute la trame du scenario est sous-tendue par des thèmes très forts (transhumanisme, nanotechnologies, marchandisation du corps, exobiologie…), mais il priorise toujours les rapports humains ; l’environnement futuriste ne sert qu’à mettre en relief ce qu’il reste de nous en tant qu’Hommes, avec nos ressentis, nos faiblesses, nos jugements, nos choix. Le récit déplace le curseur sur notre conscience. Ce qui donne des scènes intimistes et introspectives qui sonnent souvent très justes. Le tout dans un background à la fois réaliste et super high-tech, rendu par un dessin précis et charnel. Le robot Churchill, par exemple, avec sa dégaine et son cigare, est inoubliable !

    Formidable 1er tome d’une BD majeure mais complexe, aux multiples ramifications.

    Yovo Le 12/01/2020 à 13:21:05
    Blacksad - Tome 5 - Amarillo

    C’est le seul des cinq que je n’avais encore jamais relu, n’en n'ayant pas gardé un souvenir impérissable…
    Comme à l’accoutumée, Canales plonge son héros (et son lecteur) dans un milieu bien particulier ; ici, le cirque. Mais cette fois-ci la sauce ne prend pas vraiment. L’intrigue est moins crédible, les enjeux sont mineurs et plus flous, le rythme cahote un peu, les personnages sont moins charismatiques…Les premiers signes d’essoufflement, déjà, d’une si fabuleuse série ? Peut-être.
    En revanche la fin, aussi elliptique et mélancolique que d’habitude, est à mon avis très réussie. Reste bien sûr aussi un dessin extraordinaire, qui, s’il n’atteint pas non plus ses sommets passés, demeure un régal pour les yeux ! Guarnido est surdoué.

    Yovo Le 12/01/2020 à 13:20:34
    Blacksad - Tome 4 - L'Enfer, le silence

    Blacksad s’aventure du côté de la Nouvelle-Orléans pour une enquête poisseuse dans le milieu du Jazz et va se retrouver mêlé à un sordide secret ressurgi du passé, au milieu de personnages plus interlopes les uns que les autres…

    Le scenario, sans doute moins exaltant que les précédents, ne hisse pas tout à fait ce 4ème tome à leur niveau, mais le dessin de Guarnido est toujours aussi génial, notamment le personnage de "Little hand", à la caractérisation exceptionnelle.

    Yovo Le 12/01/2020 à 13:20:08
    Blacksad - Tome 3 - Âme Rouge

    Une incursion dans les milieux intellectuels de gauche particulièrement réussie. Canales continue d’autopsier avec acuité les maux de l’Amérique des 50’s. Cette fois-ci, la grande chasse aux sorcières et la psychose de la guerre nucléaire. Un sujet géopolitique traité à hauteur d’homme (de bête devrais-je dire !) avec d’excellents personnages, des rebondissements et une certaine finesse. L’usage de la voix off est très efficace et alimente le récit d’un puissant flux de mélancolie. Encore une fois, le scenario nous épargne un manichéisme facile et questionne les rapports entre idéologie et humanisme.
    Quant au dessin de Guarnido il suffirait, seul, à faire d’ « Âme rouge » un chef d’œuvre.

    Yovo Le 12/01/2020 à 13:19:34
    Blacksad - Tome 2 - Arctic-Nation

    Cette fois-ci, le scenario de Díaz Canales prend d’emblée une autre dimension. En imposant comme décor l’Amérique ségrégationniste et ses acteurs (bourgeoisie suprématiste Blanche d’un côté ; gangs Noirs de l’autre), la teneur de cet album est plus sombre, plus amère. Mais aussi beaucoup plus nuancée et complexe qu’au premier abord. Un récit profond, violent, intelligent, et dessiné de main de maître par Guarnido.

    Yovo Le 12/01/2020 à 13:19:07
    Blacksad - Tome 1 - Quelque part entre les ombres

    En relisant Blacksad, j’ai compris pourquoi les personnages des « 5 terres » m’ont paru si moyens. Le trait de Guarnido est tellement riche, varié, expressif, incarné, dynamique que la comparaison est cruelle pour Lereculey, qui pourtant ne démérite pas…

    C’est vrai que le scenario de ce 1er tome est plus que banal, mais il permet surtout de poser l’univers corrompu de la série, qui décline toute la mythologie du polar crapoteux des 50’s. Des tripots enfumés aux persiennes du privé en imper, tout ce qui pourrait paraitre cliché figure au tableau des références. Mais loin des stéréotypes réchauffés, Blacksad s’approprie et réinvente complètement cette ambiance grâce au génie de Guarnido.
    Cette série n’est pas devenue culte pour rien !

    Yovo Le 10/01/2020 à 18:01:15
    Les 5 Terres - Tome 2 - « Quelqu'un de vivant »

    C’est mieux ! Ça monte doucement et ça prend bien. C’est donc de bon augure pour la suite. J’ai même réussi à me faire aux personnages, que je n’aimais pas car ils sont beaucoup trop "animaux" à mon goût et que je les aurais largement préféré un peu plus humain. Passons.

    En tout cas, ce 2ème tome est beaucoup plus politique. Et certains n’aimeront peut-être pas. Pour ma part j’ai apprécié ces complots, ces combines, ces tactiques ces stratagèmes, ces rivalités… j’en passe, car il n’y a que ça en fait. Très peu d’action à se mettre sous la dent, donc, mais pas grave, je trouve tout ça bien vu. Du coup, les protagonistes sont bien plus approfondis et leurs personnalités se dévoilent et se complexifient.
    D’autant que le découpage est toujours très efficace et entretient un rythme haletant. On retrouve aussi avec plaisir Kirill, l’implacable mercenaire qui avait offert la meilleure séquence du 1er tome, même s’il ne fait ici qu’une trop courte apparition.

    Point de vue dessin, c’est très bien. Mention spéciale aux visages, expressifs et personnalisés.

    Alors, alors, pourquoi pas 4 étoiles ?? Parce que je suis tatillon sur la qualité de réalisation et que les petites erreurs de dessin m’agacent au plus haut point, surtout que Lereculey est coutumier du fait (voir mon avis très énervé sur Wollodrïn ;-)

    Quel est le problème ? Et bien p. 4 on compte quatre marches sur l’esplanade, case 1, et il n’y en a plus que trois, case 7. Rebelote p.50 : il y a quatre barreaux à la fenêtre, case 2, et il n’y en a plus que trois, case 4, sur la même fenêtre ! Je chipote mais ça m’énerve !!
    Après, avec un album tous les 4 mois, ce n’est pas bien étonnant… Mais pour moi, une série aussi bonne soit-elle, ne sera jamais un chef d’œuvre si elle comporte ce genre de négligences, surtout celle-ci, qui a clamé haut et fort ses ambitions pharaoniennes…
    Vigilance, messieurs les auteurs ; respectez votre travail, ne le bâclez pas.

    Mais allez, en dehors de ça, continuez sur cette lancée, c’est plutôt bien parti !

    Yovo Le 05/01/2020 à 11:46:49

    Aucun avis sur l’homme bonsaï ?? Pourtant, en adaptant le conte qu’il avait écrit avec F. Roca, Fred Bernard signe un album très réussi sur un petit potier français du 18° s. devenu par le hasard du destin un demi-dieu vénéré en mer de Chine, le puissant Homme-Bonsaï !

    Narré par un vieux capitaine à la table d’une taverne, le récit bénéficie d’un ton léger sans faire l’impasse sur la violence ou la sensualité. Une aventure exotique au souffle épique ébouriffant, pleine de fureur, d’imaginaire et de poésie… si l’on se laisse embarquer.

    Cette BD se lit vite mais laisse des images plein la tête malgré un dessin peu élaboré. Je l’ai lu maintes fois avec le même plaisir ! Recommandable et recommandé !

    Yovo Le 03/01/2020 à 18:01:57
    Hiram Lowatt & Placido - Tome 2 - Les Ogres

    Pour « Les ogres », David B. et Christophe Blain précipitent Hiram et Placido dans un cauchemar terrifiant : prisonniers d’une communauté aux rites horribles et déviants, cernés par une nature hostile et de mystérieux indiens, ils ne pourront trouver refuge que dans leur propre sauvagerie pour survivre.

    Un album à la fois plus rationnel qu’Hop-Frog et beaucoup plus sombre, presque malsain. Mais mis en image par un grand Blain !

    Yovo Le 03/01/2020 à 18:00:27
    Hiram Lowatt & Placido - Tome 1 - La Révolte d'Hop-Frog

    C’est nul, mais je crois que n’aime plus Christophe Blain... Je suis en tout cas complètement indifférent à ses derniers albums (Gus m’a profondément ennuyé et je n’ai même pas envie de feuilleter son Blueberry), alors que ses premiers restent pour moi des références inaltérables.

    Et parmi ceux-là, les « Hiram Lowatt et Placido » tiennent une place à part. Ils ont quelque chose d’incomparable dans l’élégance du dessin, qui devient au fil des pages une poésie graphique surréaliste, pleine d’aventure, d’ésotérisme, de violence et d’humanisme.
    J’admire vraiment cette façon d’être juste à côté de la réalité sans la dénaturer. Comme quelqu’un qui marcherait l’air de rien à 1 ou 2 centimètres du sol. Beau et troublant.

    Yovo Le 31/12/2019 à 18:22:33
    Le serpent et la Lance - Tome 1 - Acte 1 - Ombre-montagne

    Difficile de reprocher quoi que ce soit à un tel album. Le travail graphique, scénaristique et documentaire de Hub est titanesque et cela se ressent dans chaque planche. L’univers foisonnant, la multitude de personnages, et le soin apporté aux décors et costumes du monde aztèque happent le lecteur et le plongent dans un vertigineux voyage.

    Cela dit, je suis obligé de dire que je suis resté un peu sur ma faim. Comme si ce volumineux 1er tome ne restait qu’une longue introduction malgré ses 177 pages ! Une fois tous les protagonistes et le contexte présentés (à grand renforts de flash-backs), il ne se passe pas grand-chose en fait… C’est un peu confus parfois, ça manque aussi un poil de punch, de surprise. Certaines scènes semblent durer sans qu’on comprenne vraiment pourquoi. Ce n’est désagréable en soi mais ça crée un faux-rythme assez trainant. Heureusement le ton, très thriller antique, est suffisamment efficace pour tenir en haleine.
    Au final, l’ensemble de la trilogie devrait être passionnant.

    Dans tous les cas, l’attente était forcément énorme après Okko et je trouve que Hub s’en sort carrément bien. Il a fait ce qu’il sait faire (personnages forts, background détaillé, références historiques, sens de l'aventure) mais l’avoir délocalisé en Amérique Centrale était la meilleure option. Bravo ! Très impatient de découvrir la suite. La sortie de "Maison-vide", le tome 2, sera forcément un évènement marquant.

    PS. Certains passages sont très très sombres et nécessitent d'être lus en pleine lumière (oubliez la lampe de chevet !)
    Un défaut qui ne se retrouve pas dans la version N&B, beaucoup plus lumineuse.

    Yovo Le 29/12/2019 à 13:04:10

    Ça claque comme une balle de Winchester dans un canyon…
    Et quelle générosité dans le dessin ! Par un effet de contraste hallucinant, le trait parfait de Gastine contribue à accentuer plus encore l’aridité stupéfiante du scénario.
    Tant mieux, un western n’est jamais aussi bon que quand il est âpre et sauvage.

    Je suis vraiment heureux de l’avoir en version grand format.
    Une suite, par pitié !

    Yovo Le 28/12/2019 à 18:35:01

    J’adore les gros one-shot de SF très typés comme l’étaient "Shangri-La", "Negalyod" ou le fascinant "Dans un rayon de soleil". Je me suis donc régalé tout au long des 212 planches de "Soon". D’abord en découvrant le trait de Benjamin Adam que je ne connaissais pas, puis en savourant le scenario très abouti de Thomas Cadène, construit en deux parties parallèles. L’une au présent (en l'an 2151), l’autre en flash-back, avec des planches sur fond noir et un vert flashy comme unique couleur. Ces parties noires détaillent de façon didactique l’histoire de l’humanité et de la conquête spatiale. Mais elles sont parfois longues et trop copieuses à ingurgiter à cause d’un découpage peu adapté. Il s’en dégage un manque de fluidité qui est pour moi le seul défaut notable de l’album.

    Le pitch est rapide : une femme, commandant de bord d’une mission spatiale, a choisi de quitter définitivement la Terre en y abandonnant son fils unique âgé d’une vingtaine d’année... Cette histoire plutôt banale en apparence est traitée avec une grande intelligence et une justesse peu commune. Les auteurs ne s’intéressent qu’aux évènements qui précèdent la mission, aux enjeux et aux fractures qu’elle provoque sur les individus, comme à l’échelle de la société entière. Les personnages, tiraillés entre engagements, sacrifices, égoïsme, renoncements et non-dits, sont poignants. C’est parfaitement écrit et parfaitement servi par le dessin, faussement simple et vraiment efficace. Le character design, notamment, est d’une force incroyable. En quelques traits, les différents protagonistes prennent vie, émeuvent et suscitent de l’empathie, preuve du grand talent de B. Adam. Je reconnais qu’il m’a fallu quelques pages pour bien rentrer dedans, mais visuellement, l’ensemble est tout de même impressionnant.

    Rien à voir donc avec "Alt life", le précédent opus de Cadène, beaucoup plus léger. Ici, il est toujours question de prospective, mais elle s’attache à être la plus cohérente et détaillée possible, faisant ainsi écho aux thèses collapsologiques d’actualité en ce moment.

    En conclusion, "Soon" est une BD magnifique et passionnante mais très exigeante. Elle réclame du temps et beaucoup d’attention. Je ne la conseillerais donc pas à tout le monde ; mais si vous pensez être un lecteur assez pointu, alors aucune hésitation, c’est une grande œuvre qui captive et pose d’excellentes questions. 4,5/5

    Yovo Le 22/12/2019 à 22:15:57
    Conquêtes - Tome 4 - Uranie

    [** ATTENTION SPOILERS **]

    Alors… pour rebondir sur les avis précédents, oui, c’est incontestablement le moins bon des quatre tomes parus. Et oui, il est d’une grossièreté insupportable…Mais je pense qu’il s’en est fallu de peu pour que ce soit le meilleur ! Car sur le papier, le scenario est franchement alléchant. L’idée d’arriver sur une planète inconnue et d’y combattre une Intelligence Artificielle insaisissable et destructrice, seule survivante d’une civilisation alien est quand même excellente ! Ça aurait pu être vraiment cool… Mais non.

    La mise en œuvre de ce scenario est bien trop médiocre ; la voix off est archi envahissante et parfaitement inutile, surtout au présent (elle décrit ce qui en train de se passer, ça n’a aucun sens !) et elle est d’une vulgarité pitoyable ; à moins que l’auteur ait voulu, par ce biais, montrer que les femmes peuvent être aussi débiles que les mecs bas du front qui accompagne cette héroïne ultra beauf…

    Après, la crédibilité ne semble pas avoir été la préoccupation de JL Istin : une adolescente qui pirate des plans ultra secrets de l’armée, ah bon ? Puis qu’on voit concevoir, seule, un androïde dans son immense labo sophistiqué alors qu’elle est décrite comme orpheline et sans argent ?? Puis, sur la planète Uranie, elle localise et remplace en quelques minutes (et en pleine action !!) le système entier d’un robot alien de technologie inconnue par sa propre I A, conçue sur Terre donc, et ô miracle, c’est compatible !! Ça tombe bien, non ?? Enfin, l’antre de l’ennemi est protégé par un puissant champ de force, mais pas grave, elle passe tranquillement à travers avec son robot… Bah oui, tant qu’à faire ! Bref, à ce niveau ce n’est plus un scenario mais une vaste plaisanterie… Désolé M. Istin mais je le dis comme je le pense.

    Cela dit, comme pour lire ce genre d’albums je laisse mon cerveau en veille, j’ai pu aller au bout sans trop forcer et même me régaler de certaines cases superbes.

    Et je reste malgré tout tolérant vis-à-vis de cette série qui m’est sympathique, car je savais pertinemment à quoi m’attendre en la commençant. Dans l’ensemble on a de la SF de base, qui offre le minimum d’immersion pour permettre une évasion rapide et efficace.

    Yovo Le 15/12/2019 à 11:33:10
    Jeanne Picquigny (Une aventure de) - Tome 3 - La patience du tigre

    J’ai mis 4 jours pour relire bien tranquillement les 500 pages de « La patience du tigre ».

    J’adore les aventures de Jeanne Picquigny, héroïne raffinée, narquoise et féministe, mais il faut savoir prendre son temps pour les savourer. On perd parfois le fil, on s’égare un peu, on peut éventuellement sauter quelques pages d’ailleurs, puisqu’on y erre dans un état second en voyageant entre exotisme, danger et sensualité torride ; on se laisse envoûter sans être sûr de ce que l’on voit vraiment. Exactement le sentiment que j’ai pu ressentir moi-même en voyageant dans des coins perdus du monde…

    Le scenario est fantasque, romanesque et passionnant : 1924. Jeanne, Eugène et Victoire partent aux Indes à la recherche d’un trésor, dévoilé par des indices renfermés dans un meuble italien du XVème siècle… Ils y retrouveront Pamela Baladine Riverside, guide-aventurière troublante et redoutable, au savoir encyclopédique.

    Érudit, truffé de références littéraires, le récit fourmille d’anecdotes, d’histoire, de géographie, de sciences, de mysticisme… En un mot, il est très cortomaltesien. Ça rappelle aussi « Île Bourbon 1730 » d’Apollo et Trondheim, notamment pour l’aspect crayonné et le style graphique chargé, au noir et blanc presque brouillon mais très expressif..

    Fred Bernard, en auteur complet et cultivé, sait partager son goût pour l’aventure et les civilisations sans être intellectuel. Pour peu qu’on soit curieux, « La patience du tigre » est très accessible. Ça reste un peu ardu à lire, c’est sûr, mais c’est génial. Dépaysement garanti ! Et bravo à l’auteur pour ce travail colossal ! Un must de la collection « écritures ».

    Yovo Le 08/12/2019 à 22:13:33

    Une "feel good story" tendre et déjantée, magnifiquement illustrée par un Panaccione inspiré. Le scenario de Lupano, bien que muet, sait parler joliment d’amour et dénoncer au passage la bêtise humaine avec une drôlerie féroce.
    Une BD touchante et poétique, qui laisse au cœur comme un brin de mélancolie.

    Yovo Le 05/12/2019 à 22:56:07
    Marshal Bass - Tome 5 - L'ange de Lombard street

    Voici une série qui trace discrètement sa route, sans têtes d’affiche ni promo, hissant son niveau à chaque parution. Si elle continue ainsi, elle pourrait rejoindre aux sommets les grandes références du genre, grâce à ses qualités remarquables.

    Marshal Bass, c’est d’abord un dessin bien particulier : très encré, épais, aux couleurs affirmées. J’avoue avoir eu beaucoup de mal au début mais j’ai rapidement été conquis. Cela crée un univers original, cohérent, addictif et immédiatement identifiable.

    Marshal Bass c’est ensuite un ton. Sombre, désenchanté, ironique, amoral et violent, mais sans démonstration excessive ni complaisance. Juste la brutalité de l’ouest dans sa plus simple expression.

    Marshal Bass c’est enfin et surtout un héros. River Bass est un personnage atypique, physiquement et moralement : il est le 1er et le seul marshal Noir. Portant les cheveux longs, ce n'est ni un costaud, ni un as de la gâchette. Assez patibulaire, taiseux, il s’en prend constamment plein la gueule. Mais même au cœur des pires guet-apens, il s’en sort toujours grâce à sa redoutable intelligence, à un peu de chance, et à un instinct de survie qui s’accommode des plus viles bassesses. Un personnage hanté par la mort et la solitude, effrayant, tragique et magnifique, gagnant en épaisseur au fil des 5 tomes.

    Une série qui prend des risques, graphiques et scénaristiques. Et ça paye. Bravo !

    Yovo Le 02/12/2019 à 20:09:22

    Mon avis est basé sur l’édition noir & blanc, une version splendide que je recommande. Elle permet de mieux apprécier encore le dessin de Christian Rossi qui atteint la perfection sur certaines planches. Nuits boueuses, snipers planqués dans les ruines, bois brumeux… les ambiances de la 1ère guerre mondiale reprennent les codes du western et sont magistralement rendues. Les 7 pages de prologue sont un chef d’œuvre !

    Le scenario de Cédric Apikian est parfaitement maitrisé lui aussi, riche d’action, de tension et d’affrontement psychologique. Il monte en puissance au fil des pages jusqu’au dénouement, intense et fascinant. On peut toutefois reprocher à la narration d’être parfois dense et de manquer de fluidité. C’est un peu dommage, certes, mais l’album reste d’une qualité exceptionnelle. A classer dans les meilleurs de 2019. A lire absolument !!

    Yovo Le 29/11/2019 à 22:16:01
    U.C.C. Dolores - Tome 2 - Les Orphelins de Fort Messaoud

    Un 2ème album meilleur que le premier. L’alternance entre des scènes d’actions et d'autres plus intimistes crée un rythme qui tient en haleine.
    En revanche, le scenario est toujours aussi anémique. J’ai du mal à croire que le 1er cycle se terminera déjà avec le prochain opus vu l’inconsistance de l’histoire pour l’instant, qui s’adresse plus à des ados immatures qu’à des adultes. Cela dit on sent bien que les auteurs se font plaisir et ce plaisir est communicatif, c’est déjà pas mal ! Du coup, leur UCC Dolores se lit comme une sympathique friandise.

    Yovo Le 25/11/2019 à 22:18:20
    Chroniques Outremers - Tome 3 - Métisse

    Pour peu qu’on soit sensible au style de Bruno Le Floc’h, avec ses larges aplats de couleurs, "Chroniques outremers" est une aventure maritime envoutée à l’esthétique éblouissante. Le rythme, à la lenteur savamment dosée, est totalement raccord avec le vieux rafiot qui sert de décor.

    Alors que la 1ère guerre mondiale fait rage, le petit cargo, parti de Méditerranée avec une cargaison de fusils volés, brave l’Atlantique et gagne la jungle mexicaine pour une livraison à haut risque aux révolutionnaires. La tension monte graduellement, et le capitaine Liro Tana – personnage au charisme exceptionnel – devra faire montre d'une sagacité et d’un sang-froid à toute épreuve pour s’en sortir.

    L’atmosphère, où plane l’ombre écrasante d’Hugo Pratt, est aussi exotique que vénéneuse. Un triptyque somptueux, injustement méconnu, que je ne cesse de relire avec un plaisir intact.

    Yovo Le 24/11/2019 à 19:45:32

    Dans sa postface, Jim écrit qu’il a d’abord pensé "L’invitation" comme une pièce de théâtre. Et, en effet, la structure du récit est divisée en 6 actes ayant chacun un décor unique. S’ajoutent à cela des dialogues abondants et écrits de façon à tisser des interactions fortes entre les personnages. Si on accepte ce côté bavard et presque scénographique, on se régalera des joutes verbales entre les 2 potes : Léo, le flamboyant ironique et suffisant, sûr de son charisme et Raphaël, le faux cool, suiveur et complexé, complétement pathétique mais tellement humain. Les questions soulevées par ces deux-là imprègnent, remuent et obligent à s’interroger sur la notion d’amitié.

    Côté dessin, c’est correct et adapté au style mais c’est vraiment le scenario de Jim qui élève l’ensemble avec cette capacité rare à se projeter dedans. En lisant "L’invitation" vous vous demanderez forcément si vous n’auriez pas été tenté un jour de réveiller vos potes à 3h du mat pour boire du champagne en rase campagne… C’est très bien vu !

    Yovo Le 21/11/2019 à 22:40:28
    Le bel Âge (Merwan) - Tome 3 - Départs

    L’excellent "Mécanique Céleste" m’a donné envie de me replonger dans "Le bel âge" (du même Merwan). Une chronique douce-amère du passage à l’âge adulte, à travers trois étudiantes colocatrices qui vont vivre les écueils de l’amitié. Le thème est banal mais Merwan lui donne beaucoup de relief en creusant ses personnages. Hélène, Leïla et Violette sont vraiment attachantes, leurs psychologies étant brossée de façon très subtile. En tant que lecteur j’ai vraiment eu l’impression d’apprendre à les connaitre, d’autant plus qu’elles sont habilement dessinées et caractérisées.

    Le propos reste léger mais Merwan le développe avec intelligence. Au final, l’ensemble est assez juste et m’a procuré un agréable moment de lecture, grâce à une narration fluide et maîtrisée. Pour ma part, je classe définitivement Merwan parmi les auteurs qui comptent.

    Yovo Le 18/11/2019 à 21:16:53

    Une BD lumineuse qui invite à la contemplation autant qu’à la réflexion. Pourtant, les moyens employés par l’auteur sont assez simples. Juste du crayon, mais d’une légèreté bienfaisante. Lomig imprime humanité et profondeur à ses personnages et semble les caresser du bout de sa mine par son trait délicat, fouillé et nuancé. Il y a bien quelques maladresses ici ou là (notamment sur les pieds) mais cela n’entachent jamais la beauté des planches.

    A la fois pudique et très intime, le récit capte l’essentiel. Il nous plonge dans le quotidien de 2 sœurs vivant dans un chalet niché au cœur d’une épaisse forêt, après que des troubles catastrophiques ont mis fin à la société telle qu’on la connait. L’auteur ne s’attache pas aux détails de la survie dans ce monde post apocalyptique, mais se focalise sur les liens, passés et présents d’Eva et Nell. Liens parfois fragiles, mais indéfectibles.

    Même si l’ensemble peut sembler un peu naïf, j’ai dévoré cet album, complètement pris par l’histoire, sa force, sa sensibilité et les questionnements qu’elle soulève. A noter enfin que l’édition est soignée (dos toilé de qualité, superbes couvertures, beau papier 150 g).

    Yovo Le 16/11/2019 à 18:50:26

    La sortie de l’intégrale d’Aâma m’a donné envie de relire mon intégrale de Lupus.
    Quel plaisir, quelle BD !! Elle fait partie de ces œuvres uniques et inclassables dont je raffole. Lupus déjoue tous les modèles et surprend à chaque page, tout en développant une esthétique très personnelle. Le texte et le dessin sont en parfaite adéquation, sobres, sans démonstration, sans rien à prouver, finalement.

    La SF n’est qu’un prétexte. Le "space trip" de Lupus et Tony pourrait aussi bien se passer sur Terre et leur vaisseau spatial n’être qu’un vieux van sillonnant les routes, l’histoire serait la même. Elle ne parle que de rapports humains et des conséquences engendrées par les petites lâchetés et les petits renoncements du quotidien, le poids de l’éducation et les (non)choix que l’on fait… ou pas. Et l’analyse qu’en fait Frederik Peeters est des plus fines. Il parvient à nous accrocher constamment avec quelques détails et certaines trouvailles géniales (T-shirt à slogans réactifs, planète de vieux, station touristique abandonnée en orbite…)

    Les personnages secondaires, très approfondis, participent aussi grandement à l’immersion en faisant comprendre le contexte politique et social de cet univers. Le rythme faiblit sur la fin mais la conclusion, bien qu’un peu amère, reste parfaitement cohérente. Une BD intelligente, à forte valeur ajoutée, qui se bonifie avec le temps ! Indispensable.

    Yovo Le 12/11/2019 à 18:39:48

    La Ligue des Gentlemen Extraordinaires se retrouve cette fois-ci en pleine "Guerre des mondes" Wellsienne, avec tripodes géants et martiens gluants. On a même droit à une apparition de l’inquiétant docteur Moreau et ses créatures hybrides, dessinées en mode burlesque.
    Ce second tome est de la même veine que le précédent, avec une brûlante sensualité en plus, et un final baigné d’émotion.
    Relu pour la 3ème fois avec toujours autant de plaisir !

    Yovo Le 11/11/2019 à 20:29:30
    Le vagabond des Étoiles - Tome 1 - Première partie

    Je ne connais pas l’œuvre originelle de Jack London, je ne peux donc pas me prononcer sur la qualité de l’adaptation. Mais je suppose que Riff Reb’s lui a emprunté beaucoup de ses phrases et de son verbe tant l’écriture de cet album est poignante et ciselée. Dommage cependant que le format soit un peu juste car le dessin et les couleurs sont également remarquables, parfaitement adaptés à l’horreur de ce huis-clos carcéral.

    Quand Darrell Standing, le personnage principal, acquiert une dimension presque mystique en devenant "le vagabond des étoiles", le récit prend force en démontrant que la volonté d’oppresser ne peut rien face à la volonté d’être libre.

    Un album puissant, une leçon de résistance et d’humanisme. J’attends avec envie la 2ème partie.

    Yovo Le 10/11/2019 à 19:17:25

    L’équipe de choc composée d’Allan Quatermain, du capitaine Nemo, de l’Homme invisible et du docteur Jekyll (doublé de Mister Hyde), menée par l’inflexible Miss Murray va déjouer le complot machiavélique de l’infâme Moriarty… Programme alléchant, non ?

    Une aventure steampunk absolument jubilatoire, écrite sous forme de feuilleton vintage par l’immense Alan Moore. Le dessin hachuré de Kevin O’Neill est particulier mais tout aussi réussi, et insuffle à cet univers une énergie irrésistible. Ses personnages sont vraiment stylés et ses décors magnifiquement kitsch.

    Une BD intemporelle, drôle, saignante, qui comporte plusieurs degrés de lecture : d’un premier abord caricatural et régressif, elle glisse l’air de rien à un niveau plus subtil et subversif, où les institutions bien-pensantes de la bonne société britannique sont atomisées. Un album à part, à lire absolument !

    Yovo Le 03/11/2019 à 11:08:44

    200 pages d’une beauté hypnotisante qui témoignent de la maitrise absolue du noir & blanc de Georges Bess. Il est aussi à l’aise pour les personnages, créatures, paysages et décors que dans les ambiances, les mouvements ou les perspectives. Et comme si ça ne suffisait pas, il rajoute encore des éléments graphiques (crânes, ailes de chauve-souris, entrelacs de lignes) pour renforcer l’élégance gothique de ses planches. Visuellement, il s’agit donc pour moi d’une œuvre de génie. Chapeau bas M. Bess !

    Le scenario, lui, respecte le plus fidèlement possible le roman culte de Bram Stocker.

    L’un dans l’autre, on a donc ici l’adaptation ultime et indépassable de « Dracula ». Un album qui pourrait bien devenir mythique lui aussi, tant il est au-dessus du lot.

    N’ayant pas lu l’édition classique, je précise que cet avis ne vaut que pour l’édition Prestige grand format, un album indispensable en tous points exceptionnel (mais sans perdre de vue qu’il ne s’agit que d’une adaptation, ne pas en attendre autre chose…).

    Yovo Le 01/11/2019 à 22:07:10
    Undertaker - Tome 5 - L'Indien blanc

    La sortie de "L’indien blanc" était depuis de nombreuses semaines à mon agenda. Je l’ai donc acheté et lu avec la même gourmandise que les précédents. Mais peut-être parce que le diptyque de "l’ ogre" avait placé haut la barre, j’ai trouvé qu’il manquait à cet album un petit quelque chose (à commencer par les absences de Rose et Lin). Notre croquemort, plus seul que jamais, apparait faible et dépassé, ce qui donne à ce nouveau cycle un aspect morne. D’autant que l’intrigue n’est ni très claire ni très crédible.

    Visuellement, ce n’est pas parfait non plus. Les ambiances glaciales que l’on pouvait attendre des paysages enneigés ne sont pas vraiment au rendez-vous, la faute à une colorisation franchement quelconque. Pour le coup, la version n&b doit être plus intéressante. Le découpage aussi, d’ordinaire impeccable, m’a semblé parfois peu lisible ; par exemple, je n’ai toujours pas compris la dernière case de la page 31... Si quelqu’un peut m’éclairer, je suis preneur ;-)

    Mais passons. En dehors de ces défauts, ce tome 5 reste évidemment de bonne facture. Même s’il n’est pas le meilleur, il procure un vrai plaisir de lecture et conforte Undertaker comme une série déjà classique. Vivement la suite que j’espère quand-même un ton au-dessus… 3,5/5

    Yovo Le 26/10/2019 à 00:20:16
    La horde du Contrevent - Tome 2 - L'Escadre frêle

    Alors que les Hordiers profitent d’une pause non prévue, un danger aux contours flous menace plus que jamais la cohésion du groupe, devenu l’épicentre de sombres enjeux.
    La Horde pourrait-elle être instrumentalisée à ses dépens ? Mystère !..

    Cette série m’intrigue et me fascine totalement par son étrangeté, la profondeur de son univers, l’intensité des personnages, et la folie sous-jacente dans laquelle elle baigne.

    Un 2ème tome puissant, assez différent du 1er, qui confirme à mes yeux "La horde du contrevent" comme un chef d’œuvre en devenir.

    Yovo Le 22/10/2019 à 21:55:39

    Dans un futur post-apocalyptique « la Mécanique céleste » est un jeu de ballon très populaire qui va départager les 2 cités de Pan et Fortuna, en déterminant leurs destins.

    Merwan réussit, tout seul, à construire une aventure addictive et détonante avec des moyens très simples. Une narration fluide, une intrigue basique (en gros, un match où toutes les ruses sont permises) mettant en scène une héroïne vraiment craquante, accompagnée d’excellents personnages secondaires. Le tout sur 200 planches !
    Pas de prise de tête, pas d’envolée lyrique, pas d’explications alambiquées, pas de violence, pas de pathos… l’ensemble est clairement divertissant, placé sous le signe de l’action et d’une bonne humeur salutaire.

    Mais le vrai génie vient du dessin. Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un aussi bel album. Il s’en dégage une ambiance envoûtante et chaleureuse grâce aux couleurs harmonieuses et texturées appliquées au pinceau. Mention spéciale aux visages, qui allient beauté et expressivité. Le trait est vif, précis, dynamique. A mes yeux, ce dessin est juste parfait ! Avec un côté jubilatoire emprunté aux animes japonais bien déjantés.

    Une BD certes légère mais surprenante, magnifique, enjouée, presque tendre, qui m’a procuré un réel et persistant plaisir de lecture. Bravo !

    Yovo Le 19/10/2019 à 10:29:37

    Que c’est confus !
    Je n’ai rien compris durant les 2 premiers tiers de l’album. Il faut dire que ni le dessin ni les couleurs n’aident à s’y retrouver… Le scenario joue à fond la carte du "Who’s who ?" mais à ce jeu-là, avec un dessin de personnages aussi peu précis, ça tourne vite à la tambouille visuelle. Dommage d’ailleurs, car ce graphisme à trois couleurs est très élégant, notamment pour les décors.

    Idem pour le scenario qui se veut malin et manipulateur – c’est en partie vrai – mais qui s’embrouille inextricablement à plusieurs reprises. Je me demande quel besoin ont certains scénaristes de polar de vouloir à ce point tordre et trifouiller leur intrigue. Probablement parce qu’avec une narration plus fluide, il n’en resterait pas grand-chose…

    Yovo Le 15/10/2019 à 23:00:51

    "Cyclone" est un récit relativement sombre sur les affres de l’adolescence. Avec pour décor principal, un lycée situé sur une île froide et grise, menacée par un cyclone. Margot, la jeune héroïne qu’un camarade et un prof convoitent en même temps, s’en sent prisonnière et voudrait à tout prix en partir...

    Rien de franchement original si ce n’est le dessin de Marion Mousse, généreusement mis en couleur. Son trait franc, à la fois rond et anguleux, est bien adapté à cet univers où la superficialité côtoie des sentiments obscurs, profondément enfouis.

    Un bon album, malgré un potentiel narratif sous-exploité.

    Yovo Le 13/10/2019 à 20:56:46

    La capacité de stockage des data centers arrivant à saturation, Ugo Bienvenu imagine un monde où le seul critère pour conserver ou non un programme est le nombre de vues qu’il totalise… Des chefs-d’œuvres au taux de visionnage jugé insuffisant peuvent ainsi être condamnés à disparaitre à jamais, effacés en un clic au profit de vidéos débiles de youtubeurs à la mode ! Perspective effrayante et pourtant si plausible… Et ce n’est que le point de départ d’un scenario surprenant et abouti, même si certains lui reprocheront peut-être sa fin évasive.

    "Préférence système" est un excellent album d’anticipation, intelligent et bien construit qui pose de bonnes questions, sur le même modèle que « Fahrenheit 451 » de Ray Bradbury, adapté au cinéma par François Truffaut. Mais pas de prises de tête pour autant, les mots sont simples et le plaisir de lecture est bien là ! Notamment grâce à une partie graphique exceptionnelle. Le dessin très réaliste, coloré en larges aplats, découpé le plus souvent en gaufrier de 6 cases, est particulièrement lisible et élégant.

    Le travail d’Ugo Bienvenu est énorme, exigeant et sans concession. On l’aime ou on ne l’aime pas ; moi je dis bravo !

    Yovo Le 11/10/2019 à 20:33:58
    Kong Crew (The) - Tome 1 - Manhattan jungle

    Décidément, cette rentrée 2019 est d’une richesse insoupçonnée… Certains albums étaient très attendus, d’autres beaucoup moins. C’est le cas de ce "Kong Crew" que personnellement, je n’avais pas du tout vu venir.

    Éric Hérenguel œuvre en auteur complet et il connait son boulot ! Un découpage varié et ultra dynamique, des cadrages vertigineux, des pleines pages… Il nous régale et visuellement, ça claque !
    Le scenario remet une pièce, avec un côté « no limit » assez décapant. Ca va à 100 à l’heure, et à chaque page, le lecteur peut tomber sur à peu près n’importe quoi, l’imagination de l’auteur étant particulièrement féconde ! Ce qui fait de ce 1° tome un modèle du genre.

    Un énorme boulot, de l’exigence, de l’ambition... mais sans pour autant se prendre au sérieux: voilà une recette imparable !
    Une excellente surprise donc que cet album qui procure un franc plaisir de lecture en amorçant une série qui pourrait faire date.

    Yovo Le 09/10/2019 à 22:27:50

    Une espèce d’art book muet qui se "lit" en 10 mn et m’a fait ressentir beaucoup plus d’ennui que d’extase… Les illustrations sont brillantes mais ça reste extrêmement hermétique, très démonstratif et probablement assez vain.
    Cela m’a beaucoup fait penser à "Hate" d'Adrian Smith (même pedigree des auteurs qui viennent tous deux du jeu et veulent absolument en mettre plein la vue, au détriment du scénario) bien que "Hate" soit autrement plus dense et complexe.

    Yovo Le 07/10/2019 à 21:16:50

    Excellent !
    Les auteurs ont réussi la prouesse de faire une mise en abîme intelligente et subtile : Ils inventent un conte qui raconte l’histoire d’un conte… et rend un hommage inspiré à l’art ancestrale de la tradition orale avec une grande maitrise graphique et narrative.
    Un ton accrocheur, des personnages truculents, du mystère, de l’ironie, de la réflexion… le tout dans des décors magnifiques ! Vehlman et Duchazeau, tous deux parfaitement en phase, ont rarement été aussi bons.
    Le narrateur qui s’adresse avec malice au lecteur rajoute une dimension immersive précieuse. Sa dernière parole « Il est temps pour vous de fermer ce livre et d’ouvrir les yeux. Une autre histoire commence quelque part, près de vous »* résonne comme un conseil bienveillant et m’a fait naitre un sourire complice.

    J’ai dû le lire 7 ou 8 fois avec le même plaisir, et ça n’a pas pris la moindre ride depuis presque 15 ans ! Une très belle BD, fine et profonde. A lire absolument

    *Dans la nouvelle édition uniquement

    Yovo Le 06/10/2019 à 19:32:44
    Orbital - Tome 8 - Contacts

    La chronique de S. Salin résume bien mon sentiment un peu mitigé sur ce 8ème Orbital.

    On perçoit clairement au fil de la lecture qu’il y a quelque chose de puissant dans le scenario. Mais S. Runberg, pourtant très expérimenté, ne parvient jamais à en exploiter le vrai potentiel. La planète Udhsem, la menace des Névronomes, la réhabilitation de Caleb et Mézoké… tous les ingrédients d’un final grandiose et dramatique étaient là, mais "Contacts" les survole un peu mollement, sans réelle surprise ni tension.

    Quant au dessin de S. Pellé, il continue d'évoluer et privilégie cette fois nettement les ambiances – superbes – aux personnages qui, eux, paraissent de moins en moins expressifs.

    Je continue d’apprécier et soutenir l’ensemble de la série mais cette 4° mission laissera comme un goût d’inachevé. C’est un bon album mais j’espère mieux de la suite.

    Yovo Le 05/10/2019 à 16:05:13
    Les 5 Terres - Tome 1 - « De toutes mes forces »

    Comme kurdy1207, en fermant cet album je me suis curieusement demandé "Mais pourquoi avoir fait ça avec des animaux ??.." Je n’ai pas pu m’empêcher de trouver ça bizarre, voire même un peu artificiel, alors que je ne m'étais jamais posé la question pour Blacksad par exemple… Pour moi, c’est donc qu’un truc cloche quelque part. En dehors de ça, le dessin est très bon, lisible et agréable. Le découpage notamment est particulièrement soigné.
    Sinon, le récit se tient mais reste assez banal pour le genre et l’influence de Game of thrones est très prégnante pour l’instant.

    En conclusion, je ne regrette pas l’achat, mais il va falloir sortir beaucoup mieux que ça pour être à la hauteur des énormes ambitions affichées, qui me semblent carrément présomptueuses aux vues de ce 1° tome, certes sympathique mais loin d’être extraordinaire.

    Yovo Le 04/10/2019 à 21:21:01

    Après la formidable "saga de Grimr", j’attendais avec envie le nouvel opus de J. Moreau.
    La grosse surprise vient du dessin. Si on reconnait bien le style de l’auteur dans les paysages, cette fois-ci ses personnages sont stylisés par un trait épaissi et très simplifié, presque enfantin. Ce côté manga est un peu déroutant, surtout quand on avait apprécié comme moi la finesse des traits de Grimr…mais on s’y fait rapidement.

    Jérémie Moreau nous raconte le moment précis où l’Homme se détache de la Nature pour fonder la Culture, où il passe de la bête à l’humain : après une perte insurmontable, Penss, le petit homme préhistorique, contemplatif et fluet se dresse contre LE monde pour mettre en œuvre "SON" monde, celui qu’il a rêvé, dans lequel les hommes ne seraient plus obligés de payer un lourd tribut à la nature. Fort de ses observations et de son intelligence, il va tenter de déjouer les pièges des hivers, de la famine et de la mort pour rechercher une forme d’harmonie.

    La portée philosophique de ce livre est énorme mais les mots sont simples et beaux, aussi puissants que poétiques. Un fascinant récit d’apprentissage plein de sagesse et de réflexion, universel, beaucoup plus abordable que "La saga de Grimr".

    Yovo Le 29/09/2019 à 23:16:13
    Pour l'Empire - Tome 3 - La Fortune

    Avec « La fortune », les auteurs sont allés très très loin dans la dérive mystico-ésotérico-fantastique de leur épopée romaine… Trop loin peut-être…
    D’abord, la rupture narrative avec les 2 premiers tomes est radicale. Jusque-là, l’histoire était captivante ; elle privilégiait la tactique, l’action, la confrontation entre l’invincible escouade romaine et les différents peuples croisés en chemin. Là, après une ouverture magnifique dans les souterrains d’un temple oublié, l’apparition d’un « dragon » dont le dessin est hélas assez grotesque, fait basculer le récit dans un trip bizarroïde…L’action cesse et tous les personnages vont se mettre à errer, perdus dans des limbes brouillardeuses. Le récit perd alors toute consistance. Ce n’est pas inintéressant mais cela n’a plus rien à voir avec l’aventure épique qui les avait amenés dans ces contrées.

    Ensuite, la vision surnaturelle de la terre palpitante, s’ouvrant et dévorant un à un les soldats est difficile à valider.

    Pour finir, la fin est largement elliptique et ne répond à aucune question.

    Il y a sans doute une dimension métaphorique dans tout cela mais son sens m’a échappé. Dommage car, de mon point de vue, la série eût été un chef d’œuvre avec une conclusion moins « perchée »… mais c’est la liberté des auteurs et je ne la remettrai pas en cause.

    Yovo Le 29/09/2019 à 23:15:47
    Pour l'Empire - Tome 2 - Les Femmes

    « Les femmes », suite directe de « L’honneur », est déjà un peu moins rationnel.
    Ce 2ème tome rend compte du doute et de la peur qui commencent à s’emparer des hommes en perte de repères, portés toujours plus loin par leur conquête. Cela va s’incarner au travers d’une redoutable tribu d’amazone à laquelle va se heurter l’escouade du capitaine Glorim. La curiosité puis la convoitise suscitée par ces femmes seront fatales aux maillons faibles du groupe.
    La cohésion de la troupe mise à mal, la folie guettera ses premières victimes…
    Un récit toujours aussi exaltant, servi par un dessin très stylisé, mais magistral.

    Yovo Le 29/09/2019 à 23:15:22
    Pour l'Empire - Tome 1 - L'honneur

    Une escouade romaine est chargée d’aller explorer les territoires inconnus au-delà des bordures du monde connu et de s’en emparer, pour l’Empire.
    La série démarre en pleine action et le rythme se maintient sur l’ensemble de l’album. Les auteurs réalisent un quasi sans-faute. La progression de ces soldats d’élite guidés par l’honneur, invincibles et surentrainés, est addictive ! Grâce notamment à deux partis-pris graphiques : d’une part la couleur, où les bleus et les verts contrastent violemment avec le rouge des tuniques, et d’autre part le character design, où chaque personnage est immédiatement identifiable par un faciès, un détail, une stature ou une posture.

    Un 1er tome formidable, étrange et brillamment dessiné.

    Yovo Le 23/09/2019 à 19:03:53
    Le château des Animaux - Tome 1 - Miss Bengalore

    "Le château des animaux" est atypique et visuellement magnifique.
    Atypique car il s’agit d’une fable pour adultes mettant en scène de simples animaux de ferme. Un monde étrange dans lequel les humains existent mais sont – quasiment – absents.
    Les animaux sont bien caractérisés sans être anthropomorphes. C’est un parti pris plutôt original des auteurs. La plupart des personnages conservent donc leur apparence animale, sans habits, ni mains ou autres accessoires. En fonction des situations, ils peuvent néanmoins marcher debout ou tenir des objets dans leurs pattes. C’est étonnant mais ça fonctionne.

    Côté graphisme c’est absolument superbe. Visages, ambiances et décors sont expressifs, détaillés et l’usage de la caricature est parfaitement dosé. Félix Delep, dont c’est la 1° œuvre, frappe fort et coche toutes les cases d’un futur grand de la BD !

    Dans ce tome d’introduction l’intrigue est encore peu développée. Tous ces animaux sans défense, confinés dans l’enceinte d’un château abandonné, survivent sous le joug d’un taureau despotique et de sa milice de chiens aux ordres. Tyrannisés, impuissants, exploités, ils vont amorcer une tentative de libération…
    Le récit de Xavier Dorison est solidement mis en place grâce à une écriture intelligente et soignée.
    Bref, c’est très très bien parti pour la série !

    Yovo Le 22/09/2019 à 22:48:40
    Médée (Le Callet/Peña) - Tome 4 - La chair et le sang

    Un 4° tome épique et puissant qui vient clore une série magnifique et boucler la boucle amorcée dès l’entame du 1° tome.
    Il s’agit en fait d’un double album (108 planches), divisé en 2 chapitres, qui ne se contente pas de raconter la suite et la fin de l’histoire de Médée, mais qui va bien au-delà par ses dimensions psychologique et philosophique.
    Blandine Le Callet se détourne de la mythologie pour ancrer sa Médée dans l’histoire. Mais sur cette trame devenue réaliste, elle greffe ce qu’il faut de sortilèges, non pour faire de son héroïne la sorcière qu’elle a la réputation d’avoir été, mais une guérisseuse avide de savoirs, manipulant décoctions et poisons. Le pari est réussi et le récit passionnant. Les autrices se sont saisies de cette légende pour en faire un manifeste contre la tyrannie, l’autocratie, la misogynie. Dans cette fresque, Médée n’a eu de cesse d’être pourchassée, proscrite et persécutée pour ce qu’elle était : une étrangère, femme, libre, indépendante et intelligente.

    Pour lui donner corps, Nancy Peña aux crayons délivre un dessin subtil et détaillé, fin, épuré, sensuel, superbement colorisé, qui magnifie le décor antique.
    Admirez les 4 couvertures où, au fil des tomes, Médée se retourne pour faire face au lecteur, de plus en plus maculée de sang… Quelle classe !

    Je précise pour finir que "Médée" n’est pas forcément une BD grand public ; c’est une BD d’auteur, presque un roman graphique.
    Donc si vous n’êtes pas un bourrin et sensible à mes arguments, ne passez pas à côté !

    Yovo Le 14/09/2019 à 12:46:38

    Cette BD s’essaye à l’art délicat de la suggestion…mais n’y parvient pas.
    Fred Bernard, habituellement plus inspiré, semble avoir construit son scénario sur du vide. Cet album ne raconte rien ou pas grand-chose et l’intérêt de cette histoire m’a complètement échappé. Victime d’une narration elliptique, les personnages aussi peu consistants les uns que les autres sont juste effleurés et le contexte qui aurait pu les faire exister n’est pas décrit. Rien de concret à se mettre sous la dent, pas même l’irruption bizarre d’une bête préhistorique, expédiée en 4 cases…

    J’ai ressenti un énorme sentiment de gâchis. Tous les éléments d’un grand roman graphique étaient en place, à commencer par les décors grandioses de la Patagonie mais l’ensemble est morne, ennuyeux et dénué d’émotion. Il faut dire que le dessin d’Eddy Vaccaro qui enchaine lacunes et maladresses n’arrange rien. J’avais apprécié son trait sur "Championzé" mais là, ses cadrages naïfs, ses décors minimalistes et ses postures figées ont tristes mines. Lisez-le pour vous faire votre idée, moi je l’ai déjà oublié…

    Yovo Le 11/09/2019 à 22:59:27
    Voltaire amoureux - Tome 2 - Voltaire très amoureux

    Ce Voltaire très amoureux est pleinement réussi mais dans un tout un autre style que le 1°. Un peu moins flamboyant et caustique, moins érudit aussi, il bénéficie d’un dispositif narratif et d’un découpage plus originaux. L’auteur s’est lâché et nous gratifie entre autres de cinq doubles pages sans bulle ni case au graphisme audacieux et recherché, ainsi que quelques magnifiques planches sur fond noir. Le tout délicatement mis en couleur. Un régal visuel pour qui aime le style libre et vif d’Oubrerie qui - c’est à noter - donne à Émilie, l’héroïne et muse de Voltaire, des traits particulièrement beaux.

    Bref ce tome 2 n’est pas vraiment une suite mais plutôt un nouvel épisode, placé sous d’autres auspices… J’ai vraiment hâte de découvrir la suite. Un album et une série de grande qualité.

    Yovo Le 10/09/2019 à 23:49:48
    RIP - Tome 2 - Maurice - Les mouches suivent toujours les charognes

    Le tome 1 m’avait surpris, voire stupéfait, tant il allait loin dans la fétidité et un certain nihilisme. Mais vu qu'il pouvait se lire un peu comme un one-shot, je n’attendais pas forcément grand-chose du tome 2, car – pensais-je – l’effet de surprise se serait dissipé... Or, "Maurice" s’avère encore plus abouti que "Derrick", y compris niveau dessin. Lire les deux histoires en parallèle m’a plongé dans une espèce de fascination. C’est complétement retord et amoral mais assez génial. Gaet’s a vraiment créé un univers à part entière. Un monde unique, complexe et dérangeant, l’enfer de RIP !

    Une série extrêmement prometteuse, en tout cas. Assurément culte si les prochains tomes conservent cette cohérence, cette intelligence et cet esprit.
    A lire absolument et de toute urgence, si vous avez le cœur bien accroché !

    Yovo Le 02/09/2019 à 19:05:30

    Cela faisait longtemps qu’une paire d’auteurs ne nous avaient pas livré d’album aussi épique et foisonnant ! De l’aventure de haute volée qui reprend à son compte un authentique roman picaresque du 17°siècle pour en faire un récit trépidant aux multiples rebondissements. Ayroles capte son lecteur grâce à une narration complexe, aidée d’une écriture ciselée dont quelques tournures de phrases n’auraient pas été reniées par Cervantès ou Rostand. En un mot, brillant ! Mes seules réserves tiennent à quelques ellipses et au rythme qui peut passer sans transition de scènes burlesques à d’horribles carnages… Cela m’a parfois dérouté, ne sachant pas si je devais en rire en en frémir.

    Coté dessin, c’est évidemment magnifique, la technique de Guarnido ne souffrant aucune critique. Il a trouvé selon moi l’équilibre parfait entre la caricature hilarante et le réalisme spectaculaire de certains décors. Ses tronches en particulier sont exceptionnelles ! Ses couleurs aussi. Je suis d’ailleurs curieux de découvrir la version N&B à paraitre pour voir si le dessin y perd ou pas.

    Un album hors normes donc, novateur dans sa forme (les 12 planches muettes au milieu en constituent un sommet magistral), solidement construit et maitrisé, qui va au bout de son propos sans faiblir, avec une délectation certaine !
    Une BD qui rentrera dans le top 10 de l’année.

    Yovo Le 20/08/2019 à 11:11:44

    Un polar écolo d’une veine plutôt classique qui donne un petit sentiment de déjà lu. Pas de grosse surprise scénaristique à la clé donc, mais une narration fluide, un dessin simple aux couleurs efficaces, des personnages accrocheurs. C’est prenant et plutôt intéressant. Ça manque peut-être un peu de mystère et de tension ; dommage car le décor s’y prêtait.

    Yovo Le 19/08/2019 à 23:31:30

    Tillie Walden a conçu un roman graphique inclassable et son travail est fabuleux ! 500 planches sorties d’ailleurs, ne ressemblant à rien de connu.
    Parmi les singularités de l’album, citons des architectures baroques flottant dans l’espace, des vaisseaux organiques pisciformes, des personnages exclusivement féminins vêtues d’uniformes d’écolière… et beaucoup d’autres bizarreries. Cela m’a évoqué un mélange improbable de Peeters version « Lupus » et de Comès période « Ergün l’errant ».

    La science-fiction, ici, n’est qu’un prétexte pour raconter une étrange et magnifique histoire d’amour entre adolescentes. Mais très loin de la love story à la guimauve, ces héroïnes aux bouilles de manga vont devoir affronter mille périls avec intelligence et pugnacité pour pouvoir explorer, comprendre et vivre leurs sentiments dans un univers bien plus hostile qu’il n’y parait et dont elles ne maitrisent aucune des clés.

    C’est beau, sensible, pudique et extraordinairement colorisé.
    On peut toutefois reprocher à cet énorme bouquin une narration décousue, un ton naïf et une approche très fantasmagorique des décors et du background en général. Cela peut décontenancer et décourager un lecteur, même motivé, à poursuivre jusqu’au bout cette incroyable aventure.

    Vous voilà avertis... Pour ma part je ne peux que vous conseiller la lecture de cette BD hors norme !

    Yovo Le 17/08/2019 à 20:35:01
    Les ogres-Dieux - Tome 3 - Le Grand Homme

    Les deux premiers tomes des "Ogres-Dieux", plutôt originaux, se laissaient lire. Mais ce "Grand homme" n’a plus rien à voir avec l’univers qui donnait à la série son seul intérêt. Il n’y a plus d’ogres, plus d’architectures, plus de complots… Juste une banale aventure de fantasy. Le scenario n’est centré que sur un seul mais solide personnage, nommé Lours, dont le parcours est longuement développé dans les intermèdes écrits qui ponctuent le récit. Il est le vrai héros de cette histoire car Petit, qui n’avait déjà aucun charisme auparavant, est toujours aussi insipide.
    Le graphisme reste intéressant mais ne surprend plus et a perdu de sa superbe en sortant des palais des Ogres. Une série qui selon moi n’aura pas su se maintenir au niveau qu’ambitionnaient ses auteurs ; la barre était trop haute et le filon semble tari.

    Yovo Le 22/07/2019 à 20:04:40

    Avec la parution de cet ultime volume, je salue le sérieux et la qualité éditoriale dont Casterman a fait preuve pour la conception de cette intégrale. Chaque tome donne l’impression d’être un véritable grimoire renfermant toute la magie des Cités Obscures. Ce 4° opus étant enrichi d’une chronologie et d’une biographie de tous les personnages ! Un écrin aussi exceptionnel que l’est l’œuvre de Peeters et Schuiten.

    Plus de 1400 pages au total, prouvant la démesure et la cohérence de cet univers unique.

    Seul bémol, le format peut-être un peu juste. Mais à la fois, j’ai conscience qu’éditer plus grand aurait forcément induit un prix inaccessible. L’ensemble n’est déjà pas donné…

    En conclusion, du grand art, aussi beau que précieux, qui devrait faire le bonheur des collectionneurs avertis comme il a fait le mien !

    Yovo Le 21/07/2019 à 19:36:15

    Cet album est bien représentatif du travail de Baudoin et c’est celui que je conseillerais de lire à ceux qui ne connaitraient pas ce bel auteur.
    On y trouve pêle-mêle tout ce qui fait son style si particulier : un dessin à l’encre de chine, mouvant, qui se réinvente page après page ; un ton contemplatif et intimiste ; un regard scrutateur sur la beauté des êtres et des choses. Chaque planche est un monde à part entière, libre et gracile, où se mélangent carnet de croquis, annotations, abstraction, réalisme, portraits sur le vif, paysages, symbolisme, souvenirs, anecdotes… En fait, tout ce qui lui passe par la tête à condition que ce soit émouvant, mystérieux, indicible.

    Car au final, l’argument principal de ces « Terrains vagues » est bel et bien la poésie. Ces 60 planches (non numérotées) ne sont qu’une succession de pensées, de réflexions, d’observations et d'interrogations sur la vie mais surtout sur l’amour. C’est un peu verbeux, forcément, mais souvent pertinent, sensible et intelligent.

    Évidemment, on pourra aussi trouver ça immature, autocentré et stérile… C’est un peu la limite de l’exercice et des ressentis de chacun. Moi, ça me parle.

    Yovo Le 18/07/2019 à 20:40:23

    Un scenario très accrocheur donne tout son intérêt à cet album. Il démarre avec une trame volontairement cliché : Une nuit, un petit blondinet s'en va avec une créature de cartoon venue le chercher dans sa chambre, vers un lointain royaume de contes de fées...
    Pourtant, la suite prend un tournant parfaitement réaliste et va ne se focaliser que sur la disparition du petit garçon, l’incompréhension des parents, la suspicion de l'opinion publique, l’enquête policière et la médiatisation de l’affaire… Franchement, il fallait y penser !

    Le dessinateur Alex Xöul fait bien le job et livre des planches agréables, lisibles et techniquement très propres. Les couleurs aux teintes fanées et des éléments de décors vintage contribuent à l’immersion dans l’époque incertaine (mais passée) où se déroulent les faits.

    Mais ce scenario si original tourne hélas un peu au pathos et aurait pu pousser son ambition plus loin… Au final, j'ai eu l'impression qu'il n’en reste qu’un fatalisme amer et une désillusion déprimante.

    Une BD solide à lire quand même pour se faire son opinion.

    Yovo Le 07/07/2019 à 12:48:17

    J’ai acheté cette BD sans conviction… Car d’un côté je me méfie de Miville-Deschênes (sur "Reconquête" son dessin trop technique avait fini par me lasser), mais d’un autre côté les albums de chez « Signé » sont en général un gage de qualité… J'ai donc attendu plusieurs jours avant de la lire et l'ai ouverte mollement.

    Bon, le scenario de Runberg est assez basique – une chasse à l’homme classique sur 75 pages – mais suffisamment malin et haletant pour ne pas en lâcher la lecture une minute.

    Quant au dessin, impressionnant, oui... mais ce n’est définitivement pas mon style. C’est globalement très beau, surtout les paysages de l’île. Mais ça ne m’a pas empêché de confondre plusieurs personnages et de trouver beaucoup de postures figées. En fait j’ai l’impression que Miville-Deschênes reste trop attaché au côté flamboyant de son dessin, ce côté illustration, tape à l’œil, "bien fait", quoi. Il est assurément doué mais je ne vois que le vernis dans son travail ; ça manque de fond, de créativité je trouve. Enfin, c’est personnel.

    En conclusion "Zaroff" se lit quand même avec un franc et grand plaisir. Un plaisir coupable, même, puisqu’au fil de la lecture on prend irrésistiblement son parti à lui plutôt que celui des irlandais !
    Ainsi, le lecteur rendu complice affichera probablement un sourire machiavélique en découvrant la chute assez jubilatoire…
    Allez, pardonnez ma mauvaise humeur messieurs les auteurs, c’est du très bon travail.
    Un album qui fera date et enrichira à son tour la collection « Signé ».

    Yovo Le 07/07/2019 à 11:40:52

    Quelle ambiance ! Une relecture m’a confirmé que "Tabou" est un des albums les plus singuliers que je possède. L’écriture et le dessin sont en accord parfait pour distiller une atmosphère envoûtante, entre polar crapuleux et magie occulte, dans un background 50’s… Des meurtres inexpliqués, deux flics se haïssant mutuellement, des nightclubs à paillettes, une ville tentaculaire, une voix off virile… et une question : Le Diable rôderait-il ici-bas ?!

    En 70 pages précises, Zentner déploie son scenario avec brio. Pellejero, lui, livre un dessin de toute beauté à la classe intemporelle. Sa maitrise du noir et blanc est totale et certaines planches feraient de magnifiques sérigraphies !

    Une BD hypnotique et inquiétante, d’une élégance rare. Dommage qu’elle soit assez difficile à trouver aujourd’hui à prix normal. Elle mériterait une belle réédition… et de figurer en bonne place dans toute bédéthèque.

    Yovo Le 03/07/2019 à 22:49:48
    Grass Kings - Tome 3 - Tome 3

    Un final beaucoup moins explosif que j’imaginais... Néanmoins Matt Kindt boucle son histoire avec conviction et cohérence malgré quelques facilités scénaristiques. Car au-delà de situations à la limite du vraisemblable, la majeure partie du scenario laisse le Grass Kingdom de côté en se centrant surtout sur les Shérifs de Cargill père et fils. De plus, pas mal de protagonistes quittent la scène sans vraiment jouer de rôle dans l’intrigue. C’est un peu dommage dans la mesure où Kindt avait pris soin de les développer dans les tomes précédents. En fin de compte, cela donne l’impression que certains personnages n’étaient là que pour lancer le lecteur sur des fausses pistes... J’ai donc trouvé ce 3ème tome efficace certes, avec une écriture et un dessin de qualité, mais quand même relativement déséquilibré par rapport aux 2 premiers.

    La trilogie reste dans l'ensemble un excellent polar que je recommande pour son ambiance exceptionnelle créée par un vocabulaire graphique unique et une narration originale.

    Yovo Le 30/06/2019 à 23:45:27

    Sombre, ambitieux, complexe, "Block 109" est d’abord un récit magistral. Mais il est mal servi, hélas, par une narration trop dense, trop hachée. Le lecteur a de fortes chances d’être complètement perdu à un moment ou un autre des 190 pages… Et cet aspect confus se retrouve également dans le dessin. Les personnages, nombreux et trop brouillons n’aident pas à la fluidité de l’ensemble.

    Cela dit, une fois terminé, tout semble étonnamment cohérent et bien agencé grâce au chapitrage efficace et aux flash-backs bien amenés.
    Un conseil donc : malgré ses défauts, ne lâchez surtout pas la lecture ! Vous louperiez une des plus excitantes uchronies jamais réalisées ; un savant mélange d’Histoire, de fantastique, d’action et de réflexion.
    Je viens de le relire pour la 3° ou 4° fois, c’est toujours aussi prenant !

    Yovo Le 30/06/2019 à 14:31:29

    Fabcaro applique avec férocité son nonsense absurde à la vie de couple.
    L’écriture est suffisamment soignée pour créer des personnages aussi débiles qu’attachants. C’est un peu redondant mais franchement très drôle. Le dessin, bien épuré, vibre d’une belle énergie grâce aux touches d’aquarelles. Un très bon moment de lecture !

    Yovo Le 20/06/2019 à 15:23:17

    "Le loup" laisse de l’air et des frissons plein la tête ! Le récit est sec et va à l’essentiel : un décor, deux personnages. Un homme et un loup aussi sauvages l’un que l’autre, guidés par les mêmes blessures, le même instinct et la même soif de liberté.

    Une BD intelligente, âpre et haletante, superbement écrite et dessinée où réflexion, émotion et action s’entremêlent avec brio pour nous prendre aux tripes. C’est beau !
    A lire absolument.

    Yovo Le 15/06/2019 à 10:20:44

    Je crois que c’est la 1° fois que je vois sur ce site une BD aussi clivante. Elle reflète la sempiternelle querelle des Anciens et des Modernes... Mais ces polémiques me semblent absurdes. C’est d’abord un album d’une qualité graphique incontestable. On peut ne pas aimer le style de Schuiten, certes, mais lui attribuer la note zéro est parfaitement ridicule.

    Vous aurez peut-être deviné que je ne suis pas un fan historique de "Blake et Mortimer", ni le gardien d’une prétendue chapelle. Je suis juste un grand fan de BD en général, que je considère comme une forme d’art. A ce titre, j’admire les auteurs dans leurs diversités, pour leur inventivité et la somme incroyable de travail qu’ils sont capables de fournir pour concevoir un album. Et cet album est bel et bien une œuvre d’art. Mystique, délirante, intemporelle, et… imparfaite, oui, c’est vrai. Mais elle restera à jamais une œuvre respectable, dessinée par un auteur majeur, d’après un autre auteur majeur.

    "Le dernier pharaon" ne reprend aucun code de la série-mère ? Tant mieux, c’est l’occasion de la voir avec de meilleurs yeux et de comprendre la richesse de son univers et l’influence qu’elle a pu avoir. Mais d’autres préfèrent y voir l’occasion de mépriser, dénigrer et condamner… Je les plains.

    Yovo Le 03/06/2019 à 18:27:19

    Je viens de relire mon intégrale des "Contrées Oubliées", délaissée depuis des années dans ma bédéthèque et franchement, c’est quand même un sacré monument !

    Alors évidemment, le dessin est particulier : surchargé, voire baroque, avec des couleurs qui piquent carrément les yeux… Le découpage n'est pas toujours très pertinents non plus. Bref, le style de Ségur est daté, c’est clair, et il a beaucoup plus mal vieilli que "La quête de l’oiseau du temps" par exemple.
    L’écriture aussi manque parfois de fluidité ce qui peut rendre la narration un poil brouillonne. Pour finir, certains dialogues de "Puissances" sont également pénibles à lire.

    Mais en dehors de ces défauts excusables, cette trilogie a vraiment quelque chose de magistral. De la pure Héroic Fantasy emmenée par un furieux souffle épique ! Des décors fabuleux, des personnages mémorables (Morkaï le guerrier et l’invincible Hûrl, grand maître des Chevaliers-tonnerres sont mes préférés), de la bravoure (Ah ! l’élixir de sauvagerie...), de la traîtrise, de l’émotion, des touches d’humour, de la réflexion, de l’intelligence, des rebondissements et un final grandiose !

    Une BD à part, pour initiés, qui mérite définitivement son statut d’œuvre culte !

    Yovo Le 02/06/2019 à 10:43:22
    Conquêtes - Tome 3 - Decornum

    D’accord avec mes camarades kergan666 et kurdy1207 concernant la forme négative des phrases. Utiliser un français appauvri tire tout le monde vers le bas et fait le jeu de ceux qui considèrent encore la BD comme un art mineur ; c’est insupportable.

    Ceci étant dit, je suis bien rentré dans l’histoire dès le début et j’y ai trouvé ce que je cherchais; à savoir du divertissement, du dépaysement et de l’évasion. C’est un peu confus parfois mais le scenario tient la route. Évidemment c’est du basique : des protagonistes sans profondeur ni psychologie, des personnages secondaires inexploités, peu de suspense et des aliens tout droit sortis d’Avatar… Dommage aussi que le dessin soit bien moins bon que dans les 2 premiers tomes. Mais personnellement, j’ai vraiment aimé la chute avec ses accents mélancoliques et fatalistes sur l’espèce humaine.

    C’est donc assez moyen mais le plaisir de lecture est quand même au rendez-vous et je continuerai cette série plutôt sympa et reposante pour le cerveau !

    Yovo Le 29/05/2019 à 22:25:09

    Quelques fulgurances graphiques et de très belles séquences confèrent à cette BD une beauté étrange et dérangeante. Javi Rey est vraiment doué.
    Côté récit, quelque chose de poétique et d’intense se noue aussi dans les mots et dans la narration.
    Mais malgré ces indéniables qualités, l’ensemble est comme sec, amer et aride.
    C’est donc un bon album mais j’ai trouvé sa lecture presque éprouvante.

    Yovo Le 28/05/2019 à 18:36:50

    Un album qui se démarque surtout par le dessin subtil et très élégant de Mayalen Goust que je ne connaissais pas. Sa mise en couleur, ses textures et ses cadrages sont fantastiques !

    Quant au scenario de Matz, il est utile et sincère mais beaucoup trop elliptique, trop incomplet et rapidement expédié pour toucher le lecteur comme il le mériterait. Il cherche à décrire l’authentique combat des Grand-mères de la place de Mai, à Buenos Aires, pour retrouver tous les enfants enlevés durant la dictature (1976-1983)... Son intention est donc tout à fait louable mais il était simplement impossible de raconter une histoire aussi complexe en 80 petites planches. C’est souvent ce qu’il se passe quand la fiction se fond dans l’actualité.

    A lire quand même pour le sujet intéressant, mais surtout pour ce dessin superbe qui fut pour moi une belle découverte.

    Yovo Le 26/05/2019 à 13:51:35
    Lucien et les mystérieux phénomènes - Tome 1 - L’empreinte de H. Price

    Le titre et la couverture laissent penser qu’il va s’agir d’une histoire fantastique ou de SF mais, étonnamment, le sujet est l’écologie et la décroissance !
    Le dessin est plutôt intéressant, couleurs et découpage étant travaillés avec soin.
    Après... je comprends bien les intentions des auteurs, c'est bien, mais le scenario n’a que peu d’intérêt et s’adresse avant tout à un très jeune public.

    Yovo Le 22/05/2019 à 21:55:20

    Notre mère la guerre… Quel titre magnifique !
    Inspiré, dense, profond, formidablement écrit, le récit conçu par Kris est d’une puissance rare.
    S’étalant de 1914 à 1918, il surprend d’abord par son ambiance de polar au milieu des Tranchées, quand débute l’enquête d’un lieutenant envoyé en 1° ligne pour élucider de mystérieux meurtres de femmes sur la ligne de front.
    Il captive ensuite quand la narration éclate en plusieurs fragments chronologiques pour mieux révéler la complexité des personnages et leurs parcours funestes.
    Il émeut enfin – il prend aux tripes même – quand surgit le dénouement et que se dévoilent les ravages que la Guerre a commis sur les âmes.

    Avec une partie graphique tout aussi exceptionnelle, l’ensemble est brillant et totalement maitrisé.

    Le talent des auteurs est immense. Cette intégrale est une très grande BD.

    Yovo Le 17/05/2019 à 21:09:43
    Les contes de la Pieuvre - Tome 2 - Un destin de Trouveur

    M. Stéphane Gess, merci d’avoir pris le temps d’apporter une réponse utile à mon 1° avis sur votre album "Un destin de Trouveur". Cet avis, comme je l’avais précisé, n’était fondé que sur des critères subjectifs. Je rajoute qu’il ne s’agit pas réellement d’une déception, votre travail sur ce titre restant remarquable. J’ai simplement préféré "La malédiction de Gustave Babel" que je considère comme un chef d’œuvre, et je m’en suis expliqué. Mais sur la base de critères parfaitement objectifs, il serait juste de dire qu’"Un destin de trouveur" mérite lui aussi largement ses 5 étoiles.

    Les explications que vous m’apportez sur sa conception sont évidemment pertinentes et prouvent à quel point vous maitrisez votre sujet (mais je n’en doutais pas...).
    Pourquoi ne pas alors en faire profiter tous vos lecteurs en reprenant cet éclairage passionnant dans une page d’introduction sur le prochain tome ?
    Prochain tome que, dans tous les cas, j’achèterai les yeux fermés. Merci et bravo !
    Yovo

    Yovo Le 15/05/2019 à 22:02:16
    Les contes de la Pieuvre - Tome 2 - Un destin de Trouveur

    Mon avis ne vaut qu’en comparaison à "La malédiction de Gustave Babel", le 1° tome des Contes de la pieuvre.
    Curieusement, j’ai moins bien aimé "Un destin de trouveur". C’est rythmé et bourré d’action certes, mais ‘Babel’ est beaucoup plus onirique, étrange et poétique, dimensions auxquelles je suis en général plus sensible.
    Sur le plan graphique, j’ai également préféré les tonalités ocre de ‘Babel’ que la palette plus colorée de ‘Trouveur’ et tous ses flash-backs bleus-verts.
    Mais c’est surtout au niveau des personnages que la différence est la plus frappante : là où Gustave Babel était un poète amoureux, aussi invulnérable que fragile, "Un destin de Trouveur" met en scène une galerie de superhéros assez bas du front… Par exemple, ces "coriaces" aux yeux rouges et à la force surhumaine ne m’ont pas forcément plu et n’apportent pas grand-chose au fond du récit. Idem pour "La bête" qui a la force de Hulk associée à la vitesse d’un guépard, alors que son apparence est celle d’un gamin fluet, sans qu’on ait l’explication de ce phénomène... Sur certaines scènes, c’est du Marvel ! C’est dommage, car cela dénature la belle ambiance réaliste créée par les décors.

    Bref, "Un destin de Trouveur" reste un très bon album mais qui, pour toutes ces raisons, n’a pas autant retenu mon attention que l’incroyable "Malédiction de Gustave Babel".

    Yovo Le 10/05/2019 à 18:36:54
    Les contes de la Pieuvre - Tome 1 - La Malédiction de Gustave Babel

    Je ne connaissais pas "Les contes de la pieuvre" que je n’ai découverts qu’avec la parution remarquée du 2ème tome, pour lequel les avis sont unanimes. Décidé à suivre cette série, j’ai donc commencé par acheter le 1°, "La malédiction de Gustave Babel".

    Et il y a du génie dans cet album, fascinant de bout en bout. Tout y est remarquable. Le dessin, les couleurs (une palette infinie d’ocres), le découpage, le fond des planches texturé, les cases flottantes, les cadrages, les personnages, la narration (à rebours, entrecoupées de rêves et de flash-backs), l’édition, avec son dos toilé et sa couverture en relief, et bien évidemment l’histoire en elle-même, tout simplement, bercée par la poésie de Baudelaire.

    Il y a des imperfections et quelques longueurs, mais quand on sait que cet ensemble assez unique est l’œuvre d’un seul auteur, cela force le respect. Chapeau Monsieur Gess !

    Et même si le format est trop petit et le prix trop élevé, je vais de ce pas m’offrir "Un destin de trouveur".

    Yovo Le 08/05/2019 à 12:51:28

    Au fil de ses ouvrages, Emmanuel Lepage se montre toujours aussi curieux et avide de partager ses voyages et son regard sensible sur le monde.
    Invité à Tchernobyl par une association pour y dessiner, Lepage va découvrir ce qui se cache à l’intérieur de la zone interdite. Malgré la forte irradiation qui y sévit encore, il va surtout découvrir un monde beaucoup plus vivant qu’il ne l’avait imaginé ! Cette terre de fantasme, de cauchemar et de contradiction va plonger l’artiste dans une réflexion sur la nature et l’humanité qu’il livre au lecteur de façon sincère par ses mots touchants et ses illustrations grandioses.

    L’album est intéressant mais l’aspect introspectif et autocentré de l’auteur m’a parfois fait décrocher. Car au-delà de ce sentiment d’apocalypse, il ne s’y passe pas grand-chose, c'est un peu long et on touche rapidement aux limites de l’exercice du témoignage.

    Yovo Le 05/05/2019 à 22:02:22

    J’ai commencé cet album avec envie mais j’ai vite été gagné par un ennui profond et une morosité tenace. C’est glauque, gris, répétitif, sans relief… Bref, je l’ai trouvé complètement raté.
    Qu’a voulu dire l’autrice ? Pas la moindre idée. "La candeur et ses limites" comme le dit le chroniqueur ébaudi ?.. Oui mais ça ne fait pas un album, ça ; en tout cas pas de cette façon. Personnellement je n’ai pas ressenti d’empathie pour ces enfants qui ne sont pas candides pour deux sous. Ils sont juste confrontés à des adultes abrutis et caricaturaux. Leur "innocence" ne suscite ni poésie ni émotion. C’est trop terne, trop creux ; comme si Chloé Cruchaudet elle-même était indifférente à ses personnages auxquels elle n’a donné ni profondeur, ni personnalité. Il fallait sans doute un peu plus d’ambition pour élever cette fable au rang de parabole.

    C’est d’autant plus dommage que le potentiel est là, palpable. L’errance de ce troupeau de mômes déguenillés est une image forte qui frappe l’imagination, mais le récit passe sans cesse à côté et retombe dans le terre-à-terre sans intérêt. A aucun moment le lecteur n’est saisi par un souffle épique, à aucun moment il n’est questionné par le sens de cette croisade dont la fin, chaussée de gros sabots, est évidemment prévisible.

    Visuellement, c’est heureusement beaucoup mieux et certaines cases sont superbes. Mais si le langage graphique fonctionne, il n’est pas mis au service de l’histoire. L’esthétique semble gratuite, sans parti pris, pas même dans les décors quasi inexistants, qui réduisent bien trop souvent les personnages à de simples silhouettes sur fonds neutres.

    Je n’ai rien contre Chloé Cruchaudet mais je pense pour l’instant qu’elle est surestimée.

    Yovo Le 03/05/2019 à 19:11:35
    On Mars_ - Tome 2 - Les Solitaires

    Un 2ème tome qui ne déçoit pas ! Un récit suffisamment original pour surprendre malgré une trame assez classique. Runberg a assuré le développement de son histoire sans prendre trop de risque (tout en ménageant ce qu’il faut de rebondissements), avec un sens du rythme et de l’action impressionnant. Bref, le travail solide d’un scénariste expérimenté.
    De son côté, Grun livre un dessin de toute beauté à la mise en couleur parfaite et aux détails soignés. De la pure ambiance martienne !

    Puissent les auteurs maintenir ce niveau pour le 3° tome ! On Mars_ serait alors définitivement une série qui pèse dans la grande famille de la SF.
    A noter que l’édition limitée Bulles en Tête, que j’ai privilégiée, est absolument magnifique ! Quelques euros de plus qui, pour une fois, valent le coup...

    Yovo Le 01/05/2019 à 19:41:18

    Difficile de résumer ce "Retour" : Années 1970, Cristóbal, star de l’art contemporain arrogant et fortuné, revient sur l'île aride qui l'a vu naître. Sous prétexte d’en sauvegarder le patrimoine face au bétonnage immobilier, il se met à y exercer son art de façon despotique en forçant la main aux autorités locales, jusqu’à (quasiment) la privatiser.
    L’histoire est plutôt simple en apparence mais l’auteur a habilement entremêlé plusieurs thèmes pour l’épaissir, et de nombreux enjeux cachés émergent au fil des 90 pages. La richesse du scenario lui permet de dire avec une certaine finesse beaucoup plus de choses que je ne l’imaginais au départ, bien aidé par un dessin lisible et agréable. Les personnages semi-réalistes, expressifs et bien caractérisés sont particulièrement réussis.
    Au final, le récit est surprenant et assez complexe tout en restant fluide et bien construit. Duhamel a maitrisé son sujet. Un très bon album, original et intelligent. A lire.

    Yovo Le 30/04/2019 à 20:40:20
    On Mars_ - Tome 1 - Un monde nouveau

    J’ai un peu hésité à me lancer dans la série mais les bons commentaires, une fois de plus, m’ont convaincus. Aucun regret, c’est vraiment une belle réalisation.
    Comme dans "Metronom’" (du même Grun), l’univers graphique est généreux et développé avec talent. Cela donne un background original, assez crédible et immersif.
    Quant au scenario de Runberg, il est captivant et enrichi de personnages bien caractérisés. Bref, un premier tome réussi, très agréable, dépaysant et bien mené. A lire !

    Yovo Le 29/04/2019 à 09:54:10

    "Lapa la nuit" bénéficie d’un super dessin, clair, lisible, expressif et détaillé. Ce n’est pas forcément mon genre car il est un peu lisse et impersonnel mais franchement, ce trait est propre, bien adapté à l’histoire et bien mis en couleur. Bon point.
    2ème atout de l’album, la narration : une nuit à Rio… Le lecteur suit différentes personnes n’ayant rien à voir les unes avec les autres, qui convergent par hasard vers un même lieu (Lapa) et vont s’y croiser sans s’en rendre compte, le temps d’une scène tendue et anxiogène. Le procédé, plutôt cinématographique, est bien connu mais il est clairement maitrisé et fonctionne à la perfection. Re-bon point.
    Mais tout cela n’est hélas que de la poudre aux yeux. Pourquoi déployer un tel talent graphique et narratif pour ne rien dire du tout ? L’histoire est sympa, oui, mais complètement anecdotique, sans enjeu ni finalité. Bref on s’en tape un peu. Finalement, ni le lecteur ni les personnages n’auront appris quoi que ce soit à l’issue de cette nuit étrange, alors que des destins auraient (peut-être) pu basculer. Mauvais point.
    J’exagérerais à peine en disant que c’est aussi alléchant, frais, sensuel et exotique qu’un bon caïpirinha mais que ce n’est que du sirop ;-)

    Yovo Le 28/04/2019 à 12:38:38

    PTSD. En français, "État de Stress Post Traumatique". Tel est le thème.
    Comme le dit Guillaume Singelin dans sa postface, PTSD est une histoire simple. L’histoire d’une rédemption, depuis le traumatisme qui a causé le mal jusqu’à l’amorce d’une renaissance, avec une narration déconstruite en flash-backs.

    Le rythme est assez lent et l’intrigue progresse peu. L’intérêt est ailleurs. Dans les non-dits, les à-côtés, dans les bords flous d’une mégalopole hostile et grouillante, dans le souvenir amer d’une guerre que l’on veut taire. Dans ce qu’engendre la société pour les inadaptés : le rejet, la solitude, la peur, la colère, la souffrance… qu’elles soient perpétrées ou subies.

    Tout est là, mais rien n’est dit. C’est un peu le sens du récit de G. Singelin. Partant du principe que les symptômes sont indicibles, il ne cherche pas à les décrire ni à les expliquer, il en montre juste les conséquences à travers une héroïne au cœur et à l’âme brisés mais dont le corps et les réflexes restent indestructibles. Jun est une ancienne tireuse d’élite aux idéaux anéantis par la guerre. Prise dans une spirale de violence, elle agit par pur instinct, renvoyant au monde l’indifférence et l’injustice qu’on lui a infligées, dans l’espoir d’apercevoir la lumière au bout du tunnel…

    Si l’héroïne est complexe, les mots sont peu nombreux et la psychologie est à peine survolée. L’auteur a privilégié le graphisme pour dire tout cela, c’est l’autre force de l’album. Son univers est foisonnant et fourmille de détails. L’aspect crayonné peut gêner mais il émane de ces cases un mouvement, une expressivité et une vie hors du commun. Une atmosphère magnétique, entre mélancolie, silence et déréliction.

    Malheureusement j’ai beaucoup plus de réserves sur le fait que les personnages n’aient que 4 doigts et 4 orteils… J’apprécie habituellement la liberté prise par les auteurs, mais là, j’ai trouvé ça laid et surtout, je n’en vois pas la justification…Dommage, cela a largement contrarié ma lecture.
    Mais en dehors de ce détail, PTSD est un album convaincant à l’ambiance inimitable.

    Yovo Le 26/04/2019 à 10:41:20
    VilleVermine - Tome 2 - 2/2 : le Garçon aux bestioles

    D’un scenario incroyablement casse-gueule à la base, Julien Lambert a fait une histoire très personnelle, très cohérente. Avec son héros qui parle aux objets, la théâtralisation des décors et des situations, son dessin orienté "BD jeunesse", cela aurait pu être enfantin ou ridicule… Mais il n’en est rien.

    VilleVermine développe un univers sombre et décalé pouvant évoquer le monde de Caro et Jeunet au cinéma, du temps de "La cité des enfants perdus". Une poésie de la rouille et de la débrouille qui transpire de chaque page et rend les personnages simples et touchants.

    Bien sûr, ces 2 albums ne sont pas exempts de défauts : le récit aurait gagné à être plus précis et plus approfondi, beaucoup de questionnements restant (volontairement ?) sans réponse. Mais la maîtrise graphique de l’auteur permet de restituer une atmosphère de conte urbain qui autorise les ellipses sans jamais nuire à la compréhension ou la fluidité de l’ensemble. Peu importe finalement qu’on n’en sache peu sur les personnages, que leurs motivations soient floues, on suit cette aventure aussi terrifiante que burlesque avec plaisir. Ça se lit relativement vite, ce n’est pas parfait, mais cela suffit pour que je surveille de près les prochaines publications de Julien Lambert. Très beau travail !
    3,5/5

    Yovo Le 17/04/2019 à 22:18:07
    Méto - Tome 2 - L'île

    Ce 2ème tome commence comme un huis-clos paranoïaque et carcéral pour se poursuivre en plein air à la découverte de l’île abritant "la Maison".
    Je ne sais pas si l’adaptation du roman d’Yves Grevet est fidèle mais le récit est bien mené, dispensant généreusement suspense, mystère et réflexion. Pour ne rien gâcher, le cliffhanger final est redoutable !
    Une bonne série "Young Adult" dont j’attends le 3° et dernier tome avec impatience.

    Yovo Le 14/04/2019 à 17:51:32

    D’abord une petite précision : je fais partie de ceux qui n’ont jamais lu un "Tif et Tondu" et qui n’en liront certainement jamais. Je connais vaguement, mais je suis complétement indifférent à la BD belge dite classique.
    En revanche, les nombreux commentaires positifs sur ces trois "Choc" ont quand même piqué ma curiosité et je me suis donc risqué à faire l’achat de cette belle intégrale.

    Et j’avoue avoir été bluffé ! C’est une réécriture totale, sombre et complexe, d’un personnage qui dépasse le cadre gentillet d’une série à l’ancienne. Comme s’il s’y était égaré par erreur, et que Maltaite et Colman l’avaient remis dans sa vraie dimension (plus mature, moins formatée), pour en faire une œuvre forte et exigeante. Je l’ai lu comme un one-shot, indépendant de tout contexte, en appréciant ce format généreux et ce noir et blanc esthétique et mélancolique.

    Au final, ça ne m’a toujours pas donné envie de lire Tif et Tondu, mais je me suis régalé de cette histoire au graphisme agréable, émotionnellement riche et parfaitement scénarisée que je relirai avec plaisir.

    Yovo Le 28/03/2019 à 21:54:04

    Là où "Voyage dans les îles de la Désolation" s’enlisait dans une sorte de marasme en oubliant un peu l’émotion, "La lune est blanche" se lit et se vit comme une aventure épique où la poésie des auteurs fait écho à la splendeur et l’irréalité du monde antarctique.
    Quel voyage !
    Par leurs mots, leurs dessins, leurs photos, les frères Lepage s’approchent au plus près de l’humain avec respect et pudeur, en le mettant en perspective avec l’immensité glacée d’un désert mortel où chaque pas peut coûter la vie.
    Mais pour autant, ne cherchez pas de héros. Il ne s’agit que d’hommes, avec leurs faiblesses et leurs fragilités, à commencer par celles d’Emmanuel Lepage qui fait preuve de sincérité en ne cherchant jamais à les dissimuler. Et cette fois-ci, contrairement à "Voyage…", l’aventure est fluide et bien scénarisée, ménageant un suspense insoutenable ! Et pour l’illustrer de manière saisissante, les photos magnifiques de François sont un vrai plus.
    Un travail exceptionnel dans une belle édition. Bravo messieurs !

    Yovo Le 24/03/2019 à 18:48:56
    Australes - Deux récits du monde au bout du monde - Tome 1 - Voyage aux îles de la Désolation

    Je me faisais une joie de voyager en Terres Australes avec le grand Emmanuel Lepage mais hélas, la lecture de cet élégant album m’a largement déçu, même s’il n’est pas inintéressant.

    Lepage a eu le privilège rare d’être invité sur le navire océanique français "Marion Dufresne" qui ravitaille ces territoires. Le potentiel était donc immense pour un carnet de voyage grandiose, surtout parce que ces îles (Kerguelen, Crozet, etc…) sont une destination très peu fréquentée en dehors de la communauté scientifique.

    Mais malgré son talent immense aux crayons il est passé, pour moi, à côté de son sujet. Adoptant un ton neutre et descriptif, il n’a rien à dire de plus que ce qu’il voit, manifestement incapable d’exploiter et de retranscrire la richesse d’un tel périple, faisant pendant des pages entières la revue des passagers et de l’équipage… Bof. Il n’a pas pris la peine de scénariser son excursion, la racontant de façon linéaire et peu fluide. Pas d’exaltation ni hauteur de vue, des poncifs sur la solitude et la fraternité… Quel ennui !
    Il se met lui-même en scène, terne, maussade, amer et peu inspiré, se plaignant de ne faire "que passer"… S’il n’a pas su en profiter, lui, comment pourrait-il en faire profiter ses lecteurs? Il reste constamment à distance, sans s’impliquer émotionnellement. Ça m’a laissé une impression bizarre et pas forcément agréable. En tout cas je n’aurai aucune envie de relire cet album. Déprimant.

    Yovo Le 23/03/2019 à 10:09:23
    Le dernier Atlas - Tome 1 - Tome 1

    J’ai avalé "Le dernier Atlas" d’une traite, exalté par cette fusion assez inédite et parfaitement réussie de polar, uchronie et fantastique.
    Le scenario, découpé en 10 chapitres, est d’une habileté redoutable. Fluide et nerveux, avec son background réaliste, il est étonnamment crédible. Ainsi, des robots géants à piles nucléaires y côtoient des gangs mafieux à Nantes et des phénomènes paranormaux en plein désert… et tout cela parait d’une logique limpide. Non seulement ça fonctionne mais c’est addictif ! Tous les personnages sont clairement identifiés et bien développés, aussi bien physiquement que psychologiquement. Les décors, nombreux et variés, sont très immersifs et participent aussi à l’attrait de l’ensemble.
    Quant au dessin de Tanquerelle il ne plaira peut-être pas à tout le monde mais pour ma part, je l’ai trouvé audacieux et brillant. Enfin, les couleurs de Laurence Croix sont comme toujours magnifiques. Bref, un grand et beau moment de lecture !

    Un album que je recommande à tous sans hésitation. Et vu la qualité et la densité de ce travail, je n’imagine pas un 2° tome de moins bonne facture… Dupuis a frappé fort ! A coup sûr une future référence.

    Yovo Le 21/03/2019 à 07:12:56

    Une jeune femme, la trentaine, rencontre "en vrai" l’ado qu’elle était à 15 ans… La 1ère a depuis longtemps refoulé son homosexualité, la 2ème la découvre juste… C’est très bien vu !

    L’autrice nous plonge clairement dans un conte contemporain très actuel. Ici le fantastique n’est qu’un prétexte pour dire les choses, l’histoire entière étant une métaphore subtile sur l’acceptation de soi. Et ce récit est d’une sincérité brûlante.

    Le dessin tout en rondeur, est magnifiquement mis en couleur, il est pleinement raccord avec un scenario solide, enjoué et bien mené. A travers la confrontation de ces 2 héroïnes craquantes, Carole Morel pose d’excellentes questions au lecteur et suscite son empathie.

    Un album agréable à l’œil et bon moment de lecture, entre fraicheur et nostalgie.

    Yovo Le 19/03/2019 à 20:30:26
    Révolution (Grouazel/Locard) - Tome 1 - Liberté

    Fantastique ! "Révolution" est vraiment un ouvrage superlatif…
    C’est d’abord une prouesse graphique, de la couverture à l’épure frappante, aux 300 planches foisonnant de détails minuscules. Les auteurs, grâce à un travail que l’on devine colossal, nous offre une reconstitution minutieuse et parfaitement documentée de Paris en cet été 1789. Des centaines de personnages, de costumes, de perspectives, d’auberges, châteaux, salons, ruelles, bas-fonds… sans compter des doubles pages phénoménales, des paysages panoramiques, des reproductions de gravures d’époque … Bref, l’immersion est totale !

    Les couleurs, sobres et terreuses, proches de la bichromie sur certaines planches sont également superbes. Idem pour la gestion des lumières, où l’alternance de pénombre et d’intense clarté crée des ambiances fascinantes.

    Comme les auteurs ont conçu l’ensemble à 4 mains, l’écriture est totalement en phase avec le dessin. C’est parfois dense mais toujours passionnant. Notamment parce que le récit est porté de bout en bout par d’excellents personnages. Qu’ils soient historiques ou fictifs, ils sont tous impeccablement caractérisés. Nobliaux à particules, représentants du tiers-état, soldats, harengères ou grouillots de caniveaux, le lecteur vit, page après page, la Révolution en temps réel à travers leurs regards. Et c’est grâce à cette vision populaire et humaniste que Grouazel et Locard réalisent une œuvre géniale et singulière.

    Un monument de BD - évidemment indispensable pour tout amateur d’histoire - dont 2 autres tomes sont encore à venir !

    Yovo Le 14/03/2019 à 18:32:17
    Marshal Bass - Tome 4 - Yuma

    De mieux en mieux… Rares sont les séries qui se bonifient au fil des tomes, "Marshall Bass" est de celles-là.
    Darko Macan a vraiment réussi à créer un personnage mémorable !

    Yovo Le 14/03/2019 à 14:32:08

    Féru d’art africain, je ne pouvais pas passer à côté de cet album magnifique.
    « Une maternité rouge » retrace en effet l’odyssée d’une petite sculpture vieille de 5 siècles, de la savane africaine jusqu’au musée du Louvre, cachée dans le sac à dos d’Alou, un jeune malien chasseur de miel. Et le trajet d’Alou sera exactement celui d’un migrant...

    Pour autant, Christian Lax ne prend pas l’actualité à témoin pour dénoncer quoi que soit. Son récit est évidemment un conte, un de ceux qui pourrait être chanté par un griot africain. Il s’adresse avant tout à la culture, la curiosité et l’intelligence du lecteur, sans mièvrerie ni misérabilisme. Lax, dont la virtuosité au crayon atteint ici des sommets, est donc aussi un conteur de grand talent.
    Son personnage est une allégorie qui remet l’art et la beauté au centre du jeu, nous rappelant que la création est le reflet du plus haut degré de la civilisation humaine. Elle est donc par définition une arme contre la barbarie.
    Le poids de cette parabole n’écrase jamais la sincérité du propos et l’importance des questions posées, dont celle-ci : une œuvre d’art mérite-t-elle qu’on sacrifie des vies pour la préserver ? L’auteur fait preuve d’autant de retenue qu’un vieux sage africain sous l’arbre à palabre en se gardant bien d’y répondre. Il interroge juste, sans dispenser la moindre leçon.

    Il fait de même en mettant en lumière les contradictions d’une institution comme le musée du Louvre (coéditeur de l’album…) qui ne voit dans le périple d’Alou que l’opportunité d’avoir une pièce de plus dans ses collections. En fin de compte le destin d’Alou leur importe peu, pourvu que la Maternité Rouge reste. L’homme n’ayant de valeur que par ce qu’il a, non pour ce qu’il est…
    N’oublions pas que l’art africain est le plus souvent investi de rôles sociaux et de pouvoirs sacrés ; le mettre en vitrine n’a de fait aucun sens ! Pourtant le musée du Louvre et celui du quai Branly regorgent de ces œuvres sous prétexte de les conserver, alors qu’elles sont les fruits d’un pillage organisé à l’époque coloniale… Là encore Christian Lax expose ces curieux paradoxes et laisse au lecteur le soin de se pencher ou non sur la question.

    « Une maternité rouge » est donc à mon avis beaucoup plus complexe qu’en apparence et au final, cet album montre surtout que l’art est un patrimoine commun appartenant à l’ensemble de l’humanité. C’était un sacré défi, amplement réussi.

    Une belle histoire, grave et simple, merveilleusement illustrée, dont l’apparente naïveté est une force grâce à laquelle elle devient universelle. Et sa valeur est grande. Bravo !

    Yovo Le 13/03/2019 à 19:25:29
    Grass Kings - Tome 2 - Tome 2

    Le principal défaut du 1° tome, la mise en couleur un peu sale, s’améliore largement sur cet opus. Les aquarelles sont plus sobres et débordent moins de partout. Le dessin monte donc en gamme et complète généreusement le scenario en forme d’enquête au cœur du Grass Kingdom. Cette fois, Matt Kindt a agencé son récit comme un puzzle. Chaque personnage du "royaume" susceptible d’avoir joué un rôle dans une vieille et troublante affaire va être interrogé et livrera une partie de son histoire. Les très nombreux flash-backs permettent d’en savoir plus sur ces résidents interlopes et d’en découvrir la complexité. Et le moins que l’on puisse dire c’est que la vérité, tapie quelque part entre les mobil-homes, semble bien opaque et fangeuse…
    Tout se met en place, les masques sont prêts à tomber. Le 3° et dernier tome promet révélations et règlements de compte au Grass Kingdom !
    Un excellent récit, âpre, sombre et addictif.

    Yovo Le 10/03/2019 à 12:49:30
    Ter - Tome 3 - L'imposteur

    [SPOILER]
    Comme cette série est frustrante !
    L’univers est splendide mais il manque une composante essentielle : LES PERSONNAGES.

    Ce que j’avais redouté et critiqué au tome 2 se confirme… En fait, j’ai la désagréable impression que Rodolphe est un scénariste qui n’aime pas ses personnages ; du moins qu’il ne sait pas quoi en faire. Ils n’ont plus aucun charisme, c’est totalement navrant ! Mandor, censé être le héros de l’histoire, est complètement hors du coup, morne, passif. Il a si peu de caractère que la révélation le concernant m’a laissé parfaitement indifférent. Le jeune Pip, lui, est inexistant sur ce tome, et la belle Yss disparait en un clin d’œil, comme ça, sans enjeu dramatique.
    De nouveaux protagonistes apparaissent mais ne sont que des sous-fifres sans épaisseur. Et Beth, la probable future héroïne, ne semble pas mieux lotie...

    Les personnages M. Rodolphe ! C’est pourtant évident, non ? Comment s’immerger dans leurs aventures, ressentir de l’empathie, vibrer, s’identifier à eux s’ils n’ont aucune dimension psychologique et disparaissent les uns après les autres dès qu’on commence un peu à s’y attacher ? J’essaye de trouver une raison à cela, une justification scénaristique mais je n’en vois aucune. Je trouve incompréhensible d’être passé à côté.

    Bon, c'est quand même une bonne BD dont la lecture reste agréable mais, sans cette absence de personnalités et les incohérences déjà évoquées dans les autres avis, TER serait un chef d’œuvre. Quel dommage !

    Yovo Le 07/03/2019 à 14:00:28
    Gung Ho - Tome 4 - Colère

    Yes !! Voilà enfin l’accélération que j’attendais sans plus vraiment y croire. Ça y est, Von Eckartsberg a dégraissé son scénar et l’a dopé à l’adrénaline ! Résultat, fini les gamineries digressives et redondantes dans lesquelles les premiers tomes s’enlisaient ; place à l’action ! Mais pas que... Les protagonistes sont ici auréolés d’une profonde dimension dramatique et s’éloignent définitivement des stéréotypes qui leur collaient à la peau.
    Les enjeux se profilent maintenant distinctement et convergent vers une confrontation finale qui devrait être mythique !

    Le rythme trop dilué que j’avais critiqué au début prend en fait tout son sens avec ce crescendo, amorcé au tome 3, et encore amplifié brillamment dans "Colère".
    Avec son graphisme fabuleux, Gung Ho s’imposera comme LA référence incontestée du genre.

    Yovo Le 07/03/2019 à 09:29:36

    Achille, mort dans un accident de voiture, erre dans les limbes avec un jerricane d’essence et une mignonne ange-gardienne à ses côtés... Cette traversée du Purgatoire, vaguement ironique, est assez déstabilisante. Fred Bernard a conçu un univers étrange et foisonnant mais largement bancal, sans fil conducteur clairement identifié. Malgré des scènes très réussies, il y a beaucoup de ruptures de rythme et de passages vraiment bizarres. Même le personnage principal a quelque chose de poreux qui rend ses motivations et ses émotions un peu floues. En le refermant j’ai eu l’impression que derrière ses intentions sans contour, "Essence" n’était en fait qu’une ode primaire à la bagnole.

    Idem pour le dessin de Benjamin Flao (pourtant génialissime sur "Kililana song" ou "La ligne de fuite"), assez inégal sur cet album. Son trait trop caricatural ne m’a pas toujours convaincu mais il reste quand même impressionnant. Ses cases sont d’ailleurs constellées d’improbables hommages à la bande dessinées. On croit reconnaitre ici ou là un peu de Tintin, de Margerin, Druillet, Franquin ou d’autres… C’est sympa, certes, mais complètement hors contexte.
    Au final, je suis perplexe et mitigé : c’est une belle BD aux qualités indéniables mais qui, comme son héros, rame et peine à trouver sa voie.