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Les avis de - Yovo

Visualiser les 212 avis postés dans la bedetheque
    Yovo Le 17/05/2019 à 21:09:43
    Les contes de la Pieuvre - Tome 2 - Un destin de Trouveur

    M. Stéphane Gess, merci d’avoir pris le temps d’apporter une réponse utile à mon 1° avis sur votre album "Un destin de Trouveur". Cet avis, comme je l’avais précisé, n’était fondé que sur des critères subjectifs. Je rajoute qu’il ne s’agit pas réellement d’une déception, votre travail sur ce titre restant remarquable. J’ai simplement préféré "La malédiction de Gustave Babel" que je considère comme un chef d’œuvre, et je m’en suis expliqué. Mais sur la base de critères parfaitement objectifs, il serait juste de dire qu’"Un destin de trouveur" mérite lui aussi largement ses 5 étoiles.

    Les explications que vous m’apportez sur sa conception sont évidemment pertinentes et prouvent à quel point vous maitrisez votre sujet (mais je n’en doutais pas...).
    Pourquoi ne pas alors en faire profiter tous vos lecteurs en reprenant cet éclairage passionnant dans une page d’introduction sur le prochain tome ?
    Prochain tome que, dans tous les cas, j’achèterai les yeux fermés. Merci et bravo !
    Yovo

    Yovo Le 15/05/2019 à 22:02:16
    Les contes de la Pieuvre - Tome 2 - Un destin de Trouveur

    Mon avis ne vaut qu’en comparaison à "La malédiction de Gustave Babel", le 1° tome des Contes de la pieuvre.
    Curieusement, j’ai moins bien aimé "Un destin de trouveur". C’est rythmé et bourré d’action certes, mais ‘Babel’ est beaucoup plus onirique, étrange et poétique, dimensions auxquelles je suis en général plus sensible.
    Sur le plan graphique, j’ai également préféré les tonalités ocre de ‘Babel’ que la palette plus colorée de ‘Trouveur’ et tous ses flash-backs bleus-verts.
    Mais c’est surtout au niveau des personnages que la différence est la plus frappante : là où Gustave Babel était un poète amoureux, aussi invulnérable que fragile, "Un destin de Trouveur" met en scène une galerie de superhéros assez bas du front… Par exemple, ces "coriaces" aux yeux rouges et à la force surhumaine ne m’ont pas forcément plu et n’apportent pas grand-chose au fond du récit. Idem pour "La bête" qui a la force de Hulk associée à la vitesse d’un guépard, alors que son apparence est celle d’un gamin fluet, sans qu’on ait l’explication de ce phénomène... Sur certaines scènes, c’est du Marvel ! C’est dommage, car cela dénature la belle ambiance réaliste créée par les décors.

    Bref, "Un destin de Trouveur" reste un très bon album mais qui, pour toutes ces raisons, n’a pas autant retenu mon attention que l’incroyable "Malédiction de Gustave Babel".

    Yovo Le 10/05/2019 à 18:36:54
    Les contes de la Pieuvre - Tome 1 - La Malédiction de Gustave Babel

    Je ne connaissais pas "Les contes de la pieuvre" que je n’ai découverts qu’avec la parution remarquée du 2ème tome, pour lequel les avis sont unanimes. Décidé à suivre cette série, j’ai donc commencé par acheter le 1°, "La malédiction de Gustave Babel".

    Et il y a du génie dans cet album, fascinant de bout en bout. Tout y est remarquable. Le dessin, les couleurs (une palette infinie d’ocres), le découpage, le fond des planches texturé, les cases flottantes, les cadrages, les personnages, la narration (à rebours, entrecoupées de rêves et de flash-backs), l’édition, avec son dos toilé et sa couverture en relief, et bien évidemment l’histoire en elle-même, tout simplement, bercée par la poésie de Baudelaire.

    Il y a des imperfections et quelques longueurs, mais quand on sait que cet ensemble assez unique est l’œuvre d’un seul auteur, cela force le respect. Chapeau Monsieur Gess !

    Et même si le format est trop petit et le prix trop élevé, je vais de ce pas m’offrir "Un destin de trouveur".

    Yovo Le 08/05/2019 à 12:51:28

    Au fil de ses ouvrages, Emmanuel Lepage se montre toujours aussi curieux et avide de partager ses voyages et son regard sensible sur le monde.
    Invité à Tchernobyl par une association pour y dessiner, Lepage va découvrir ce qui se cache à l’intérieur de la zone interdite. Malgré la forte irradiation qui y sévit encore, il va surtout découvrir un monde beaucoup plus vivant qu’il ne l’avait imaginé ! Cette terre de fantasme, de cauchemar et de contradiction va plonger l’artiste dans une réflexion sur la nature et l’humanité qu’il livre au lecteur de façon sincère par ses mots touchants et ses illustrations grandioses.

    L’ensemble est intéressant mais l’aspect introspectif et autocentré de l’album m’a parfois fait décrocher. Car au-delà de ce sentiment d’apocalypse, il ne s’y passe pas grand-chose, c'est un peu long et on touche rapidement aux limites de l’exercice du témoignage.

    Yovo Le 05/05/2019 à 22:02:22

    J’ai commencé cet album avec envie mais j’ai vite été gagné par un ennui profond et une morosité tenace. C’est glauque, gris, répétitif, sans relief… Bref, je l’ai trouvé complètement raté.
    Qu’a voulu dire l’autrice ? Pas la moindre idée. "La candeur et ses limites" comme le dit le chroniqueur ébaudi ?.. Oui mais ça ne fait pas un album, ça ; en tout cas pas de cette façon. Personnellement je n’ai pas ressenti d’empathie pour ces enfants qui ne sont pas candides pour deux sous. Ils sont juste confrontés à des adultes abrutis et caricaturaux. Leur "innocence" ne suscite ni poésie ni émotion. C’est trop terne, trop creux ; comme si Chloé Cruchaudet elle-même était indifférente à ses personnages auxquels elle n’a donné ni profondeur, ni personnalité. Il fallait sans doute un peu plus d’ambition pour élever cette fable au rang de parabole.

    C’est d’autant plus dommage que le potentiel est là, palpable. L’errance de ce troupeau de mômes déguenillés est une image forte qui frappe l’imagination, mais le récit passe sans cesse à côté et retombe dans le terre-à-terre sans intérêt. A aucun moment le lecteur n’est saisi par un souffle épique, à aucun moment il n’est questionné par le sens de cette croisade dont la fin, chaussée de gros sabots, est évidemment prévisible.

    Visuellement, c’est heureusement beaucoup mieux et certaines cases sont superbes. Mais si le langage graphique fonctionne, il n’est pas mis au service de l’histoire. L’esthétique semble gratuite, sans parti pris, pas même dans les décors quasi inexistants, qui réduisent bien trop souvent les personnages à de simples silhouettes sur fonds neutres.

    Je n’ai rien contre Chloé Cruchaudet mais je pense pour l’instant qu’elle est surestimée.

    Yovo Le 03/05/2019 à 19:11:35
    On Mars_ - Tome 2 - Les Solitaires

    Un 2ème tome qui ne déçoit pas ! Un récit suffisamment original pour surprendre malgré une trame assez classique. Runberg a assuré le développement de son histoire sans prendre trop de risque (tout en ménageant ce qu’il faut de rebondissements), avec un sens du rythme et de l’action impressionnant. Bref, le travail solide d’un scénariste expérimenté.
    De son côté, Grun livre un dessin de toute beauté à la mise en couleur parfaite et aux détails soignés. De la pure ambiance martienne !

    Puissent les auteurs maintenir ce niveau pour le 3° tome ! On Mars_ serait alors définitivement une série qui pèse dans la grande famille de la SF.
    A noter que l’édition limitée Bulles en Tête, que j’ai privilégiée, est absolument magnifique ! Quelques euros de plus qui, pour une fois, valent le coup...

    Yovo Le 01/05/2019 à 19:41:18

    Difficile de résumer ce "Retour" : Années 1970, Cristóbal, star de l’art contemporain arrogant et fortuné, revient sur son île natale aride. Sous prétexte d’en sauvegarder le patrimoine face au bétonnage immobilier, il se met à y exercer son art de façon despotique en forçant la main aux autorités locales, jusqu’à (quasiment) la privatiser.
    L’histoire est plutôt simple en apparence mais l’auteur a habilement entremêlé plusieurs thèmes pour l’épaissir, et de nombreux enjeux cachés émergent au fil des 90 pages. La richesse du scenario lui permet de dire avec une certaine finesse beaucoup plus de choses que je ne l’imaginais au départ, bien aidé par un dessin lisible et agréable. Les personnages semi-réalistes, expressifs et bien caractérisés sont particulièrement réussis.
    Au final, le récit est surprenant et assez complexe tout en restant fluide et bien construit. Duhamel a maitrisé son sujet. Un très bon album, original et intelligent. A lire.

    Yovo Le 30/04/2019 à 20:40:20
    On Mars_ - Tome 1 - Un monde nouveau

    J’ai un peu hésité à me lancer dans la série mais les bons commentaires, une fois de plus, m’ont convaincus. Aucun regret, c’est vraiment une belle réalisation.
    Comme dans "Metronom’" (du même Grun), l’univers graphique est généreux et développé avec talent. Cela donne un background original, assez crédible et immersif.
    Quant au scenario de Runberg, il est captivant et enrichi de personnages bien caractérisés. Bref, un premier tome réussi, très agréable, dépaysant et bien mené. A lire !

    Yovo Le 29/04/2019 à 09:54:10

    "Lapa la nuit" bénéficie d’un super dessin, clair, lisible, expressif et détaillé. Ce n’est pas forcément mon genre car il est un peu lisse et impersonnel mais franchement, ce trait est propre, bien adapté à l’histoire et bien mis en couleur. Bon point.
    2ème atout de l’album, la narration : une nuit à Rio… Le lecteur suit différentes personnes n’ayant rien à voir les unes avec les autres, qui convergent par hasard vers un même lieu (Lapa) et vont s’y croiser sans s’en rendre compte, le temps d’une scène tendue et anxiogène. Le procédé, plutôt cinématographique, est connu mais il est clairement maitrisé et fonctionne à la perfection. Re-bon point.
    Mais tout cela n’est qu’hélas de la poudre aux yeux. Pourquoi déployer un tel talent graphique et narratif pour ne rien dire du tout ? L’histoire est sympa, oui, mais complètement anecdotique, sans enjeu ni finalité. Bref on s’en tape un peu. Finalement, ni le lecteur ni les personnages n’auront appris quoi que ce soit à l’issue de cette nuit étrange, alors que des destins auraient (peut-être) pu basculer. Mauvais point.
    J’exagérerais à peine en disant que c’est aussi alléchant, frais, sensuel et exotique qu’un bon caïpirinha mais que ce n’est que du sirop ;-)

    Yovo Le 28/04/2019 à 12:38:38

    PTSD. En français, "État de Stress Post Traumatique". Tel est le thème.
    Comme le dit Guillaume Singelin dans sa postface, PTSD est une histoire simple. L’histoire d’une rédemption, depuis le traumatisme qui a causé le mal jusqu’à l’amorce d’une renaissance, avec une narration déconstruite en flash-backs.
    Le rythme est assez lent et l’intrigue progresse peu. L’intérêt est ailleurs. Dans les non-dits, les à-côtés, dans les bords flous d’une mégalopole hostile et grouillante, dans le souvenir amer d’une guerre que l’on veut taire. Dans ce qu’engendre la société pour les inadaptés : le rejet, la solitude, la peur, la colère, la souffrance… qu’elles soient perpétrées ou subies. Tout est là, mais rien n’est dit. C’est un peu le sens du récit de Singelin. Partant du principe que les symptômes sont indicibles, il ne cherche pas à les décrire ni à les expliquer, il en montre juste les conséquences à travers une héroïne au cœur et à l’âme brisés mais dont le corps et les réflexes restent indestructibles. Jun est une ancienne tireuse d’élite aux idéaux anéantis par la guerre. Prise dans une spirale de violence, elle agit par pur instinct, renvoyant au monde l’indifférence et l’injustice qu’on lui a infligées, dans l’espoir d’apercevoir la lumière au bout du tunnel…

    Si l’héroïne est complexe, les mots sont peu nombreux et la psychologie est à peine survolée. L’auteur a privilégié le graphisme pour dire tout cela, c’est l’autre force de l’album. Son univers est foisonnant et fourmille de détails. L’aspect crayonné peut gêner mais il émane de ces cases un mouvement, une expressivité et une vie hors du commun. Une atmosphère magnétique entre mélancolie, silence et déréliction.
    Malheureusement j’ai beaucoup plus de réserves sur le fait que les personnages n’aient que 4 doigts et 4 orteils… J’apprécie habituellement la liberté prise par les auteurs, mais là, j’ai trouvé ça laid et surtout, je n’en vois pas la justification…Dommage, cela a largement contrarié ma lecture.
    Mais en dehors de ce détail, PTSD est un album convaincant à l’ambiance inimitable.

    Yovo Le 26/04/2019 à 10:41:20
    VilleVermine - Tome 2 - 2/2 : le Garçon aux bestioles

    D’un scenario incroyablement casse-gueule à la base, Julien Lambert a fait une histoire très personnelle, très cohérente. Avec son héros qui parle aux objets, la théâtralisation des décors et des situations, son dessin orienté "BD jeunesse", cela aurait pu être enfantin ou ridicule… Mais il n’en est rien.

    VilleVermine développe un univers sombre et décalé pouvant évoquer le monde de Caro et Jeunet au cinéma, du temps de "La cité des enfants perdus". Une poésie de la rouille et de la débrouille qui transpire de chaque page et rend les personnages simples et touchants.

    Bien sûr, ces 2 albums ne sont pas exempts de défauts : le récit aurait gagné à être plus précis et plus approfondi, beaucoup de questionnements restant (volontairement ?) sans réponse. Mais la maîtrise graphique de l’auteur permet de restituer une atmosphère de conte urbain qui autorise les ellipses sans jamais nuire à la compréhension ou la fluidité de l’ensemble. Peu importe finalement qu’on n’en sache peu sur les personnages, que leurs motivations soient floues, on suit cette aventure aussi terrifiante que burlesque avec plaisir. Ça se lit relativement vite, ce n’est pas parfait, mais cela suffit pour que je surveille de près les prochaines publications de Julien Lambert. Beau travail !
    3,5/5

    Yovo Le 17/04/2019 à 22:18:07
    Méto - Tome 2 - L'île

    Ce 2ème tome commence comme un huis-clos paranoïaque et carcéral pour se poursuivre en plein air à la découverte de l’île abritant "la Maison".
    Je ne sais pas si l’adaptation du roman d’Yves Grevet est fidèle mais le récit est bien mené, dispensant généreusement suspense, mystère et réflexion. Pour ne rien gâcher, le cliffhanger final est redoutable !
    Une bonne série "Young Adult" dont j’attends le 3° et dernier tome avec impatience.

    Yovo Le 14/04/2019 à 17:51:32

    D’abord une petite précision : je fais partie de ceux qui n’ont jamais lu un "Tif et Tondu" et qui n’en liront certainement jamais. Je connais vaguement, mais je suis complétement indifférent à la BD belge dite classique, trop infantile, souvent moralisatrice et baignant dans une nostalgie proprette.
    En revanche, les nombreux commentaires positifs sur ces trois "Choc" ont quand même piqué ma curiosité et je me suis donc risqué à faire l’achat de cette belle intégrale.

    Et j’avoue avoir été bluffé ! C’est une réécriture totale, sombre et complexe, d’un personnage qui dépasse le cadre gentillet d’une série à l’ancienne. Comme s’il s’y était égaré par erreur, et que Maltaite et Colman l’avaient remis dans sa vraie dimension (plus mature, moins formatée), pour en faire une œuvre forte et exigeante. Je l’ai lu comme un one-shot, indépendant de tout contexte, en appréciant ce format généreux et ce noir et blanc esthétique et mélancolique.

    Au final, ça ne m’a toujours pas donné envie de lire Tif et Tondu, mais je me suis régalé de cette histoire au graphisme agréable, émotionnellement riche et parfaitement scénarisée que je relirai avec plaisir.

    Yovo Le 28/03/2019 à 21:54:04

    Là où "Voyage dans les îles de la Désolation" s’enlisait dans une sorte de marasme en oubliant un peu l’émotion, "La lune est blanche" se lit et se vit comme une aventure épique où la poésie des auteurs fait écho à la splendeur et l’irréalité du monde antarctique.
    Quel voyage !
    Par leurs mots, leurs dessins, leurs photos, les frères Lepage s’approchent au plus près de l’humain avec respect et pudeur, en le mettant en perspective avec l’immensité glacée d’un désert mortel où chaque pas peut coûter la vie.
    Mais pour autant, ne cherchez pas de héros. Il ne s’agit que d’hommes, avec leurs faiblesses et leurs fragilités, à commencer par celles d’Emmanuel Lepage qui fait preuve de sincérité en ne cherchant jamais à les dissimuler. Et cette fois-ci, contrairement à "Voyage…", l’aventure est fluide et bien scénarisée, ménageant un suspense insoutenable ! Et pour l’illustrer de manière saisissante, les photos magnifiques de François sont un vrai plus.
    Un travail exceptionnel dans une belle édition. Bravo messieurs !

    Yovo Le 24/03/2019 à 18:48:56
    Australes - Deux récits du monde au bout du monde - Tome 1 - Voyage aux îles de la Désolation

    Je me faisais une joie de voyager en Terres Australes avec le grand Emmanuel Lepage mais hélas, la lecture de cet élégant album m’a largement déçu, même s’il n’est pas inintéressant.

    Lepage a eu le privilège rare d’être invité sur le navire océanique français "Marion Dufresne" qui ravitaille ces territoires. Le potentiel était donc immense pour un carnet de voyage grandiose, surtout parce que ces îles (Kerguelen, Crozet, etc…) sont une destination très peu fréquentée en dehors de la communauté scientifique.

    Mais malgré son talent immense aux crayons il est passé, pour moi, à côté de son sujet. Adoptant un ton neutre et descriptif, il n’a rien à dire de plus que ce qu’il voit, manifestement incapable d’exploiter et de retranscrire la richesse d’un tel périple, faisant pendant des pages entières la revue des passagers et de l’équipage… Bof. Il n’a pas pris la peine de scénariser son excursion, la racontant de façon linéaire et peu fluide. Pas d’exaltation ni hauteur de vue, des poncifs sur la solitude et la fraternité… Quel ennui !
    Il se met en scène, terne, maussade, amer et peu inspiré, se plaignant de ne faire "que passer"… S’il n’a pas su en profiter lui-même, comment pourrait-il en faire profiter ses lecteurs? Il reste constamment à distance, sans s’impliquer émotionnellement. Ça m’a laissé une impression bizarre et pas forcément agréable. En tout cas je n’aurai aucune envie de relire cet album. Déprimant.

    Yovo Le 23/03/2019 à 10:09:23

    J’ai avalé "Le dernier Atlas" d’une traite, exalté par cette fusion assez inédite et parfaitement réussie de polar, uchronie et fantastique.
    Le scenario, découpé en 10 chapitres, est d’une habileté redoutable. Fluide et nerveux, avec son background réaliste, il est étonnamment crédible. Ainsi, des robots géants à piles nucléaires y côtoient des gangs mafieux et des phénomènes paranormaux en plein désert… et tout cela parait d’une logique limpide. Non seulement ça fonctionne mais c’est addictif ! Tous les personnages sont clairement identifiés et bien développés, aussi bien physiquement que psychologiquement. Les décors, nombreux et variés, sont très immersifs et participent aussi à l’attrait de l’ensemble.
    Quant au dessin de Tanquerelle il ne plaira peut-être pas à tout le monde mais pour ma part, je l’ai trouvé audacieux et brillant. Enfin, les couleurs de Laurence Croix sont comme toujours magnifiques. Bref, un grand et beau moment de lecture !

    Un album que je recommande à tous sans hésitation. Et vu la qualité et la densité de ce travail, je n’imagine pas un 2° tome de moins bonne facture… Dupuis a frappé fort ! A coup sûr une future référence.

    Yovo Le 21/03/2019 à 07:12:56

    Une jeune femme, la trentaine, rencontre "en vrai" l’ado qu’elle était à 15 ans… La 1ère a depuis longtemps refoulé son homosexualité, la 2ème la découvre juste… C’est très bien vu !

    L’autrice nous plonge clairement dans un conte contemporain très actuel. Ici le fantastique n’est qu’un prétexte pour dire les choses, l’histoire entière étant une métaphore subtile sur l’acceptation de soi. Et ce récit est d’une sincérité brûlante.

    Le dessin tout en rondeur, est magnifiquement mis en couleur, il est pleinement raccord avec un scenario solide, enjoué et bien mené. A travers la confrontation de ces 2 héroïnes craquantes, Carole Morel pose d’excellentes questions au lecteur et suscite son empathie.

    Un album agréable à l’œil et bon moment de lecture, entre fraicheur et nostalgie.

    Yovo Le 19/03/2019 à 20:30:26
    Révolution (Grouazel/Locard) - Tome 1 - Liberté

    Fantastique ! "Révolution" est vraiment un ouvrage superlatif…
    C’est d’abord une prouesse graphique, de la couverture à l’épure frappante, aux 300 planches foisonnant de détails minuscules. Les auteurs, grâce à un travail que l’on devine colossal, nous offre une reconstitution minutieuse et parfaitement documentée de Paris en cet été 1789. Des centaines de personnages, de costumes, de perspectives, d’auberges, châteaux, salons, ruelles et bas-fonds… sans compter des doubles pages phénoménales, des paysages panoramiques, des reproductions de gravures d’époque … Bref, l’immersion est totale !

    Les couleurs, sobres et terreuses, proches de la bichromie sur certaines planches sont également superbes. Idem pour la gestion des lumières, où l’alternance de pénombre et d’intense clarté crée des ambiances fascinantes.

    Comme les auteurs ont conçu l’ensemble à 4 mains, l’écriture est totalement en phase avec le dessin. C’est parfois dense mais toujours passionnant. Notamment parce que le récit est porté de bout en bout par d’excellents personnages. Qu’ils soient historiques ou fictifs, ils sont tous impeccablement caractérisés. Nobliaux à particules, représentants du tiers-état, soldats, harengères ou grouillots de caniveaux, le lecteur vit, page après page, la Révolution en temps réel à travers leurs regards. Et c’est grâce à cette vision populaire et humaniste que Grouazel et Locard réalisent une œuvre géniale et singulière.

    Un monument de BD - évidemment indispensable pour tout amateur d’histoire - dont 2 autres tomes sont encore à venir !

    Yovo Le 14/03/2019 à 18:32:17
    Marshal Bass - Tome 4 - Yuma

    De mieux en mieux… Rares sont les séries qui se bonifient au fil des tomes, "Marshall Bass" est de celles-là.
    Darko Macan a vraiment réussi à créer un personnage mémorable !

    Yovo Le 14/03/2019 à 14:32:08

    Féru d’art africain, je ne pouvais pas passer à côté de cet album magnifique.
    « Une maternité rouge » retrace en effet l’odyssée d’une petite sculpture vieille de 5 siècles, de la savane africaine jusqu’au musée du Louvre, cachée dans le sac à dos d’Alou, un jeune malien chasseur de miel. Et le trajet d’Alou sera exactement celui d’un migrant...

    Pour autant, Christian Lax ne prend pas l’actualité à témoin pour dénoncer quoi que soit. Son récit est évidemment un conte, un de ceux qui pourrait être chanté par un griot africain. Il s’adresse avant tout à la culture, la curiosité et l’intelligence du lecteur, sans mièvrerie ni misérabilisme. Lax, dont la virtuosité au crayon atteint ici des sommets, est donc aussi un conteur de grand talent.
    Son personnage est une allégorie qui remet l’art et la beauté au centre du jeu, nous rappelant que la création est le reflet du plus haut degré de la civilisation humaine. Elle est donc par définition une arme contre la barbarie.
    Le poids de cette parabole n’écrase jamais la sincérité du propos et l’importance des questions posées, dont celle-ci : une œuvre d’art mérite-t-elle qu’on sacrifie des vies pour la préserver ? L’auteur fait preuve d’autant de retenue qu’un vieux sage africain sous l’arbre à palabre en se gardant bien d’y répondre. Il interroge juste, sans dispenser la moindre leçon.

    Il fait de même en mettant en lumière les contradictions d’une institution comme le musée du Louvre (coéditeur de l’album…) qui ne voit dans le périple d’Alou que l’opportunité d’avoir une pièce de plus dans ses collections. En fin de compte le destin d’Alou leur importe peu, pourvu que la Maternité Rouge reste. L’homme n’ayant de valeur que par ce qu’il a, non pour ce qu’il est…
    N’oublions pas que l’art africain est le plus souvent investi de rôles sociaux et de pouvoirs sacrés ; le mettre en vitrine n’a de fait aucun sens ! Pourtant le musée du Louvre et celui du quai Branly regorgent de ces œuvres sous prétexte de les conserver, alors qu’elles sont les fruits d’un pillage organisé à l’époque coloniale… Là encore Christian Lax expose ces curieux paradoxes et laisse au lecteur le soin de se pencher ou non sur la question.

    « Une maternité rouge » est donc à mon avis beaucoup plus complexe qu’en apparence et au final, cet album montre surtout que l’art est un patrimoine commun appartenant à l’ensemble de l’humanité. C’était un sacré défi, amplement réussi.

    Une belle histoire, grave et simple, merveilleusement illustrée, dont l’apparente naïveté est une force grâce à laquelle elle devient universelle. Et sa valeur est grande. Bravo !

    Yovo Le 13/03/2019 à 19:25:29
    Grass Kings - Tome 2 - Tome 2

    Le principal défaut du 1° tome, la mise en couleur un peu sale, s’améliore largement sur cet opus. Les aquarelles sont plus sobres et débordent moins de partout. Le dessin monte donc en gamme et complète généreusement le scenario en forme d’enquête au cœur du Grass Kingdom. Cette fois, Matt Kindt a agencé son récit comme un puzzle. Chaque personnage du "royaume" susceptible d’avoir joué un rôle dans une vieille et troublante affaire va être interrogé et livrera une partie de son histoire. Les très nombreux flash-backs permettent d’en savoir plus sur ces résidents interlopes et d’en découvrir la complexité. Et le moins que l’on puisse dire c’est que la vérité, tapie quelque part entre les mobil-homes, semble bien opaque et fangeuse…
    Tout se met en place, les masques sont prêts à tomber. Le 3° et dernier tome promet révélations et règlements de compte au Grass Kingdom !
    Un excellent récit, âpre, sombre et addictif.

    Yovo Le 10/03/2019 à 12:49:30
    Ter - Tome 3 - L'imposteur

    [SPOILER]
    Comme cette série est frustrante !
    L’univers est splendide mais il manque une composante essentielle : LES PERSONNAGES.
    Ce que j’avais redouté et critiqué au tome 2 se confirme… En fait, j’ai la désagréable impression que Rodolphe, scénariste, n’aime pas ses personnages ; du moins qu’il ne sait pas quoi en faire. Ils n’ont plus aucun charisme, c’est totalement navrant ! Mandor, censé être le héros de l’histoire, est complètement hors du coup, morne, passif. Il a si peu de caractère que la révélation le concernant m’a laissé parfaitement indifférent. Le jeune Pip, lui, est inexistant sur ce tome, et la belle Yss disparait en un clin d’œil, comme ça, sans enjeu dramatique.
    De nouveaux protagonistes apparaissent mais ne sont que des sous-fifres sans épaisseur. Et Beth, la probable future héroïne, ne semble pas mieux lotie...

    Les personnages M. Rodolphe ! C’est pourtant évident, non ? Comment s’immerger dans leurs aventures, ressentir de l’empathie, vibrer, s’identifier à eux s’ils n’ont aucune dimension psychologique et disparaissent les uns après les autres dès qu’on commence un peu à s’y attacher ? J’essaye de trouver une raison à cela, une justification scénaristique mais je n’en vois aucune.
    En comparaison, que seraient "Les mondes d’Aldébaran" sans Kim ? C’est juste un exemple, car justement je n’aime pas Léo et préfère mille fois un univers comme TER ! D’où ma frustration. Je trouve incompréhensible d’être passé à côté.
    Bon, c'est quand même une bonne BD dont la lecture reste très agréable mais, sans cette absence de personnalités et les incohérences déjà évoquées dans les autres avis, TER serait un chef d’œuvre. Quel dommage !

    Yovo Le 07/03/2019 à 14:00:28
    Gung Ho - Tome 4 - Colère

    Yes !! Voilà enfin l’accélération que j’attendais sans plus vraiment y croire. Ça y est, Von Eckartsberg a dégraissé son scénar et l’a dopé à l’adrénaline ! Résultat, fini les gamineries digressives et redondantes dans lesquelles les premiers tomes s’enlisaient ; place à l’action ! Mais pas que... Les protagonistes sont ici auréolés d’une profonde dimension dramatique et s’éloignent définitivement des stéréotypes qui leur collaient à la peau.
    Les enjeux se profilent maintenant distinctement et convergent vers une confrontation finale qui devrait être anthologique !

    Le rythme trop dilué que j’avais critiqué au début prend en fait tout son sens avec ce crescendo, amorcé au tome 3, et encore amplifié brillamment dans "Colère".
    Avec son graphisme fabuleux, Gung Ho s’imposera comme LA référence incontestée du genre.

    Yovo Le 07/03/2019 à 09:29:36

    Achille, mort dans un accident de voiture, erre dans les limbes avec un jerricane d’essence et une mignonne ange-gardienne à ses côtés... Cette traversée du Purgatoire, vaguement ironique, est assez déstabilisante. Fred Bernard a conçu un univers étrange et foisonnant mais largement bancal, sans fil conducteur clairement identifié. Malgré des scènes très réussies, il y a beaucoup de ruptures de rythme et de passages vraiment bizarres. Même le personnage principal a quelque chose de poreux qui rend ses motivations et ses émotions un peu floues. En le refermant j’ai eu l’impression que derrière ses intentions sans contour, "Essence" n’était en fait qu’une ode primaire à la bagnole.

    Idem pour le dessin de Benjamin Flao (pourtant génialissime sur "Kililana song" ou "La ligne de fuite"), assez inégal sur cet album. Son trait trop caricatural ne m’a pas toujours convaincu mais il reste quand même impressionnant. Ses cases sont d’ailleurs constellées d’improbables hommages à la bande dessinées. On croit reconnaitre ici ou là un peu de Tintin, de Margerin, Druillet, Franquin ou d’autres… C’est sympa, certes, mais complètement hors contexte.
    Au final, je suis perplexe et mitigé : c’est une belle BD aux qualités indéniables mais qui, comme son héros, rame et peine à trouver sa voie.

    Yovo Le 02/03/2019 à 17:44:50

    Je ne souscris pas aux bonnes critiques sur cet album. Déjà, j’ai trouvé la narration beaucoup trop dissolue sur la forme; trop de flash-backs inutiles selon moi. J’ai aussi des réserves sur le leitmotiv un peu flou de la "consolation" qui revient sans cesse... mais passons.
    Ensuite, c’est censé être un thriller mais le ton feutré et soporifique étouffe vite toute tension. Il n’y a quasiment pas de dimension psychologique non plus alors qu’elle était indispensable pour ressentir la motivation de ces personnages qui s’observent en silence. Ils sont juste là, statiques et passifs, sans consistance ni profondeur et m’ont laissé complètement indifférent à leurs sorts.
    Enfin, et c’est ce qui me dérange le plus, j’ai relevé exactement les mêmes invraisemblances que "makidoo" dans son avis : le scenario n’est pas du tout crédible, ce qui pour ce genre de récit est rédhibitoire. Reste un graphisme très élégant aux ambiances raffinées mais c’est un peu maigre. Une déception.

    Yovo Le 01/03/2019 à 15:52:56
    Grass Kings - Tome 1 - Tome 1

    Difficile de cerner les contours de cette impressionnante BD. En fait il s’agit moins d’un polar que d’un western contemporain. Un western dont le saisissant décor à base de cabanes, containers et mobile homes abritent un troupeau de personnages sociopathes, abâtardis et ravagés. C’est là qu’il manque à mon avis la présence d’un héros "normal", extérieur à tout ça pour équilibrer un peu cette faune et donner plus de rationalité au scenario. En effet, j’ai juste eu un peu du mal à croire que de nos jours aux USA, puisse exister cet improbable "royaume" autonome… Mais passons, l’ensemble est immersif, vivant, et ça sent fort la vase, l’huile de vidange et la poudre ! Il en émane même une belle esthétique de fin du monde.

    Côté graphisme, le trait jeté et tranchant de Jenkins est efficace même si ses aquarelles aux couleurs parfois bizarres sont souvent épaisses et font un peu crades. Cela dit je reconnais que visuellement ça fonctionne vraiment bien. Il se dégage de l'ensemble un esprit sauvage et tourmenté qui menace d’exploser à chaque instant. Tout ça m’a rappelé l’excellente série "Top of the Lake". Grass Kings est donc une œuvre au gros potentiel que je suivrai avec envie.

    Yovo Le 27/02/2019 à 17:10:50
    Marshal Bass - Tome 3 - Son nom est personne

    Je ne sais pas trop à quoi ça tient mais je trouve que cette série possède son petit truc en plus qui la hisse au-dessus du lot. Les couvertures, déjà, sont ultra efficaces.
    Je n’aime pas forcément le dessin d’ailleurs, trop encré et lourd sur les visages, mais il contribue à donner à l’ensemble une identité forte. La double page que nous offre Kordey dans chaque album, par exemple, est absolument superbe dans ce tome 3.
    Quant au scenario c’est du western somme toute classique mais là aussi, un indéfinissable petit plus transparait. C’est probablement dû au traitement des personnages, sans héroïsme ni grandeur d’âme, n’ayant pour eux qu’une fragile humanité et un instinct de survie exacerbé… Bref, "Marshal Bass", c’est bien !

    Yovo Le 27/02/2019 à 14:05:25
    Ada

    Le scenario tiendrait sur un Post-it. Ou plutôt, ce qui sert de fil narratif est si ténu qu’on ne le ressent pas en tant qu’histoire.
    En 1917 au cœur d’une forêt autrichienne, Ada, jeune fille fragile sous le joug d’un père stupide et tyrannique, semble docile et résignée mais résiste pourtant à sa façon en s’adonnant secrètement à la peinture... Voilà, c’est tout pour le récit, ou presque. A part une incursion à Vienne dans l'atelier d’Egon Schiele et Gustav Klimt, "Ada" n’est qu’une déambulation indéfinie et vaporeuse, quasi muette où le temps est suspendu et l’héroïne incertaine…

    Ce livre est entièrement dédié aux sensations, comme si Barbara Baldi avait cherché à mettre du silence ou des odeurs en images. Un album hanté par une mélancolie profonde où l’autrice évoque à mots couverts la lutte contre l’oppression. Dans un contexte historique évidemment connoté mais complètement hors champ, cela prend une résonance particulière : même loin de la guerre, l’art serait ainsi une arme de résistance massive.
    Le résultat est visuellement somptueux. Mais est-ce que cela suffit à en faire une grande BD ? Pour moi c’est oui, mais tout le monde ne sera pas ce cet avis…

    Yovo Le 26/02/2019 à 17:54:49
    Green Class - Tome 1 - Pandémie

    Entrée en matière réussie pour ce survival post apocalyptique dans la lignée directe de "Gung Ho", dont les personnages se résument à un groupe d’ados livrés à eux-mêmes. Exposés à une contamination mortelle dévastatrice, confinés à l’intérieur d’un périmètre clos, ils vont – forcément – devoir se serrer les coudes, faire appel à leurs valeurs et oublier leurs divergences pour tenter de s’en sortir...
    La base est donc un archétype du genre mais le récit, très dynamique, tient la route.
    Si le rythme est dense, l’action sait aussi laisser la place aux dialogues "djeuns" et à une ébauche de psychologie. A noter que les cases et les textes paraissent petits mais les dessins restent efficaces et bien colorisés.
    Le cahier des charges est rempli ; si le niveau se maintient, je serai partant pour le tome 2.

    Yovo Le 23/02/2019 à 19:11:44
    Conquêtes - Tome 2 - Deluvenn

    Pour de la série B, la série "Conquêtes" est pour l’instant plutôt honnête. Les amateurs de SF meanstream y trouveront leur compte. Les autres, n’en attendez rien de plus.
    Le dessin de ce tome 2 est assez comparable au 1° opus, impersonnel mais toujours propre. En revanche les stéréotypes sont encore plus marqués et la dimension psychologique se résume à un conflit père-fils des plus banals. Le reste du scenario est assez bas de plafond et moyennement crédible mais Deluvenn peut quand même se faire apprécier comme un divertissement sympa, à condition bien sûr de baisser son niveau d’exigence.

    Yovo Le 23/02/2019 à 11:26:34
    Docteur Radar - Tome 1 - Tueur de savants

    Cet album dénote surtout par son graphisme absolument magnifique, d’une audace et d’une maîtrise peu communes. Le style de Bézian est flamboyant d’énergie, d’expressivité et de liberté. Sa mise en couleur, bien que sombre, est également exceptionnelle.
    Le scenario est des plus classiques en revanche, mais rend un bel hommage à Fantômas et consorts. Les noms, les décors, le verbe, les ambiances… tout y est ! A noter les seconds rôles particulièrement soignés, avec mention spéciale au personnage de Pascin. A lire absolument si vous ne craignez pas la vivacité de ce dessin aux traits insaisissables.

    Yovo Le 17/02/2019 à 17:19:39

    Une bande de braqueurs en planque dans une ferme sert de prétexte à cette farce rurale aux gros sabots. Des pelletés de clichés, des personnages sans relief tous plus caricaturaux les uns que les autres, des dialogues "à la Audiard" bien écrits mais anachroniques et trop artificiels… Bof, pas grand-chose à se mettre sous la dent. La lecture est sympa mais n’a quand même pas grand intérêt. Le comique de situation est souvent forcé et cache surtout les faiblesses du scenario.

    Yovo Le 14/02/2019 à 11:55:55
    Silas Corey - Tome 2 - Le Réseau Aquila 2/2

    Un scenario touffu mais brillant !
    Grâce au talent hors norme de Nury, le personnage de Silas Corey échappe au cliché et gagne une belle épaisseur au fil des pages : détestable, mondain, vénal, roublard… mais doté d’un panache, d’une sagacité et d’un sang-froid certains. Entre espionnage et secrets d’état, n’hésitant pas à jouer double jeu, il entraine le lecteur dans les dédales obscurs de cette année 1917 où chaque pas peut s’avérer mortel. L’enjeu ? La victoire de la 1° guerre mondiale, ni plus ni moins…
    Même si graphiquement, un peu plus de réalisme aurait été le bienvenu, le dessin semi caricatural d’Alary reste bien adapté au style canaille de Corey et au rythme haletant du récit. Une série incontournable qui mériterait encore plus d’intérêt et de succès.

    Yovo Le 10/02/2019 à 11:40:00

    Vraiment sympa cet album ! Le récit est un peu décousu mais ce n’est pas forcément rédhibitoire, l’ensemble étant de toute façon léger et anecdotique. Le ton est très proches des excellents "Vierge froide, Roi oscar… et autres racontars" adapté de Jørn Riel. C’est frais, parodique et les nombreuses références à Tintin sont plaisantes. Dommage toutefois qu’il n’y ait pas plus de fond, ne serait-ce que sur la vie du bateau ou la critique de l’art contemporain. On peut aussi se demander pourquoi H. Tanquerelle n’a pas offert au lecteur quelques superbes planches de paysages groenlandais. Frustrant.

    Yovo Le 10/02/2019 à 10:40:58

    Une petite merveille de poésie brute et mal dégrossie, avec dans le désordre : la musique, les potes, les rivalités, les amours troubles, la solitude et l’irruption subtile du fantastique.

    Le dessin toujours aussi expressif et ambigu de Sandoval (ses adultes ressemblent à des enfants) permet à l’auteur d’évoquer le thème du deuil et de la catharsis avec force et sensibilité.

    Une BD très singulière où souffle un vent revigorant de liberté. A lire.

    Yovo Le 09/02/2019 à 11:04:49
    Stern - Tome 3 - L'Ouest, le vrai

    Plus ça va, plus j’aime "Stern". J’en admire l’identité graphique, le ton et la profondeur.
    Inchangé, le dessin d’abord est reconnaissable au 1° coup d’œil avec ses ambiances et ses personnages. Ici, pas de chevauchées sauvages ni saloons enfumés mais une mule, une vieille école en bois et un bordel miteux en guise de décor.
    Le ton, ensuite, est inimitable. Mélancolique sans être sinistre, ironique sans être drôle ; intimiste mais tendu ; aussi pudique que violent, aussi fin que rustre... Bref, inimitable quoi !
    Quant à la profondeur enfin, elle tient à des détails : Stern, souvent hors champ, traine ses bottes, sa tignasse et sa carcasse dégingandée dans un monde qui n’est pas le sien. Passif et impuissant, il rêve en secret de remplacer les flingues par des bouquins mais n’attend rien de personne, pas même de lui. S’armant d’une pelle pour prendre part à une fusillade il est à la fois pathétique et superbe. Idem, "Colorado Cobb" (clin d’œil involontaire à Texas Jack ?), aventurier venu dédicacer son autobiographie, s’avèrera plus complexe et vulnérable qu’en apparence. C’est ça le monde de Stern, et c’est peut-être ça au fond "L’Ouest, le vrai"… Et pour toutes ces raisons ce 3° tome, qui a tout d’une fin de cycle, est génial.

    Ça ne tient donc pas à grand-chose mais c’est suffisant pour que les frères Maffre réussissent à réinventer le genre. Bravo messieurs, ne changez rien !

    Yovo Le 06/02/2019 à 18:46:21

    Après le magnifique "Rêve de Meteor Slim", Frantz Duchazeau poursuit son exploration des racines de la musique populaire américaine en dessinant le périple des Lomax, père et fils, authentiques collecteurs de Blues et Folk Songs qui, dans les années 30, sillonnèrent les routes à la recherche d’anonymes chanteurs noirs à enregistrer.
    Il ne prend pas le parti de la biographie mais plutôt celui de l’histoire en abordant de front le racisme dans le Sud ségrégationniste des États-Unis. Une vision aussi humaniste qu’artistique qui donne un beau livre, simple, sincère et touchant, qu’on soit passionné ou non de musique.

    Yovo Le 02/02/2019 à 18:03:02
    Katanga - Tome 3 - Dispersion

    Voilà une série absolument géniale mais définitivement clivante. Il est évident que moult lecteurs trouveront ça abominable ou/et sans intérêt. Cette histoire ne peut que heurter la (bonne) conscience et secouer un peu nos confortables certitudes. Car le marasme dans lequel nous vivons aujourd’hui est né de ce cynisme absolu, décrit ici, qui a toujours présidé à la politique occidentale depuis les années 50. Quand le reste du monde n’était pour nos dirigeants et nos grandes entreprises qu’un moyen facile et rapide de s’enrichir outrageusement aux dépends des populations, simples variables d’ajustement.

    Au-delà de ça, c’est surtout une excellente BD. Mais la meilleure idée est vraiment de l’avoir condensée en 3 tomes. Du coup, c’est ultra rythmé, cinglant, radical… Bref, ça claque !

    Yovo Le 02/02/2019 à 17:29:31
    VilleVermine - Tome 1 - 1/2 : l'Homme aux babioles

    J’aime beaucoup l’ambiance fantastico-réaliste, urbaine et industrielle dans laquelle baigne cet album. Elle est posée par un dessin original parfaitement lisible, des couleurs et des cadrages très efficaces. Sous ses allures modestes, le trait de Julien Lambert est maitrisé et le design des différents personnages est bien trouvé. L’histoire est sympa et le fait que le héros dialogue avec les objets – idée quand même bizarre ! – passe curieusement très bien. Un bon 1° tome hors des sentiers battus, proprement réalisé. Magnifique couverture en prime ! Prix du polar SNCF à Angoulême. A lire.

    Yovo Le 26/01/2019 à 19:04:17
    Okko - Tome 10 - Le cycle du vide II

    On peut penser ce qu’on veut d’Okko mais une chose est certaine, Hub sait raconter une histoire ! Il a vraiment un don pour ça et sa science du découpage devrait inspirer plus d’un scénariste… Ces 5 cycles constituent un récit des plus aboutis, un univers parfaitement cohérent et maitrisé, intelligent, poétique, construit humblement avec une passion palpable et communicative. Et ce Cycle du vide en est une fin magistrale !
    Dans le genre, difficile de faire mieux je crois : un scenario sans faille, une double narration au présent et en flash-back palpitante, une émotion irrépressible mais sans larmoiement, un rythme imparable, de la mélancolie, une touche d’humour, une chute poignante… bref, une partition quasi parfaite pour Hub, qui par son travail d’auteur complet se fait une place méritée au Panthéon des créateurs d’œuvres cultes. Respect !

    Yovo Le 20/01/2019 à 14:18:21

    "Martha Jane Cannary" est une grande œuvre.
    Rentrer dedans m’a pourtant été difficile, particulièrement à cause du lettrage manuscrit trop brouillon pour moi et des planches parfois surchargées. Le dessin est également spécial. C’est un mélange audacieux de caricature et de réalisme qui rend certaines cases – décors et paysages – sublimes de nuances et de précision ! Cela peut être déroutant mais c’est toujours magnifique. Et ce trait si particulier, renforcé par une gamme de gris splendide, contribue largement à la qualité qui se dégage de l’ensemble.

    Par ailleurs, les auteurs ont parfaitement réussi à travailler sur 2 tableaux : d’une part une biographie plutôt "classique" de Calamity Jane ; sa vie, son œuvre, ses amours (sans oublier sa mort, superbement mise en scène), et d’autre part une chronique documentée, humaniste, mélancolique et immersive du Far West avec ses pionniers, ses cow-boys, ses indiens, ses fermiers, son chemin de fer, ses Tuniques Bleues, ses fayots, ses trappeurs, ses journalistes à sensation, ses laissés-pour-compte et ses nantis, etc… etc…
    Toute la matière, finalement, de l’Amérique qui s’esquisse, entre expansionnisme et colporteurs de rêves, entre hérauts du mythe et héros tout court…

    Il ressort de cet univers, à travers ce portrait fascinant d’une femme indomptée, un hymne inspiré, aussi émouvant qu’ébouriffant, à la liberté, la vraie.

    Yovo Le 11/01/2019 à 07:23:31
    U.C.C. Dolores - Tome 1 - La Trace des nouveaux pionniers

    Une chose est sûre c’est qu’après une telle promo, les râleurs diront "tout ça pour ça" et ils auront sans doute raison... D’un autre côté les bons publics pas trop exigeants seront contents de s’être fait gentiment rouler en achetant UCC Dolores !
    En bref, ce n’est pas complètement nul, il y a du bon même, mais c’est loin d’être transcendant non plus… Du calibré très grand public, basique et stéréotypé, sans la moindre surprise.
    Un premier tome qui se lit à une vitesse fulgurante, les maigres éléments du scénario ne parvenant pas à retenir l’attention. Restent les clins d’œil ici ou là aux références du genre que les quarantenaires nostalgiques s’amuseront à chercher, et l’espoir (bien mince, soyons honnête) que l’histoire s’emballe et monte de plusieurs niveaux au prochain épisode…

    Yovo Le 09/01/2019 à 21:23:14
    Marshal Bass - Tome 1 - Black & white

    Bonne entrée en matière pour ce western assez classique. Il ne m’avait pas forcément emballé au départ, ce sont plutôt les bons commentaires qui m’ont convaincus.
    Ambiance et personnages sont au rendez-vous, c’est vrai, mais j’avoue que j’en attendais mieux au niveau du dessin. Les visages, notamment, sont parfois assez médiocres. En revanche paysages, décors et couleurs sont superbes. Je ne regrette pas l'achat et vais prendre la suite en espérant qu’elle soit un peu meilleure scénaristiquement parlant.

    Yovo Le 04/01/2019 à 21:47:00

    Malgré une couverture très efficace, il n’y a rien d’aguichant au 1° coup d’œil dans cet album que j’ai longtemps hésité à choisir… Et pourtant, quel plaisir en le refermant !

    Le dessin d’abord : ne vous fiez surtout pas à son apparente simplicité ! Il est d’une richesse et d’une maîtrise incroyables, plein de détails graphiques accrocheurs, tant dans le trait que dans la mise en page. Le travail de Risbjerg est vraiment remarquable et il faut prendre le temps d’en admirer toutes les subtilités, notamment les couleurs, superbes, et les textures.
    Dessinés sous tous les angles et toutes les saisons, les paysages des Smoky Mountains, ses baraques en bois et ses Ford 1930, vibrent d’une présence impalpable, sauvage et funeste.
    Enfin, le design des personnages est impeccable et révèle en quelques traits leurs caractères et leurs intentions. Les infimes variations dans le regard impénétrable et vénéneux de Serena, par exemple, sont simplement géniales et en disent beaucoup plus que des mots !

    Mais ce dessin si particulier ne suffirait pas à mon enthousiasme s’il n’était pas totalement raccord avec un excellent scenario, mystérieux, dense et parfaitement écrit. Le récit est passionnant, sauvage et implacable. Tous les éléments se mettent en place pour que le drame et la fureur, incarnés par Serena - impassible ange de la mort - se déchainent et ravagent tout sur leur passage (les hommes comme la terre), dévastés par l’intelligence prédatrice d’une femme-tempête, charismatique et démoniaque.
    Peut-être trop noir pour être absolument indispensable mais j’en recommande évidemment la lecture.

    Yovo Le 27/12/2018 à 12:08:52
    Saga (Vaughan/Staples) - Tome 9 - Tome 9

    Brian K. Vaughan et Fiona Staples jouent avec nos nerfs dans cet inoubliable tome 9 et le termine par un des cliffhangers les plus diaboliques qui soient !
    Décidément, cette série est vraiment jubilatoire et restera dans les annales…

    Yovo Le 26/12/2018 à 19:55:19

    Un scenario solide et retors (à mettre en perspective avec le précédent opus des auteurs, le génial « Moi, assassin ») bien relayé par ce noir et blanc profond aux touches de jaune vif, qui crée le climat anxiogène parfait pour cette histoire : Le personnage principal, expert pour un pseudo observatoire des troubles mentaux est chargé d’ "inventer" de nouvelles pathologies mentales (fanopathie, néophilie, nomophobie, quantiphrénie…et d’autres perles du même genre !!), pour que le puissant labo pharmaceutique associé puisse fabriquer et écouler des millions de traitements – parfaitement inutiles mais très lucratifs – à ces maladies bidons.

    Bordé de tous côtés par la folie, le récit réussit à entremêler habilement les odieuses combines de l’industrie pharmaceutique, un thriller sombre sur fond de meurtre rituel, et la dérive psychique du narrateur dont la raison vacille peu à peu… Le tout dans un contexte actuel et très réaliste. Une excellente BD, intelligente et bien menée.

    Yovo Le 24/12/2018 à 10:15:40
    Moi, ce que j'aime, c'est les monstres - Tome 1 - Livre premier

    Impossible d’évoquer cet album en quelques lignes… Pour faire vite, disons que je possède 600 BD – styles très variés mais même exigence de qualité – et je n’en ai pas une qui ressemble ni de près ni de loin à "Moi, ce que j’aime, c’est les monstres".

    Certes, ce n’est pas une BD au sens strict, mais il suffit d’en feuilleter quelques pages pour réaliser qu’on a entre les mains un bouquin hors norme… Effrayant, dans tous les sens du terme. A tel point que j’ai d’abord été frileux devant la densité et l’aspect peu glamour de ce pavé, l’ayant pris puis reposé plusieurs fois chez le libraire avant d’en faire l’acquisition presque malgré moi, irrésistiblement attiré par cet ovni.

    Je ne parlerai pas du contenu, c’est un travail graphique et littéraire inimaginable, probablement sans équivalent. Dominez vos appréhensions et sautez le pas, c’est une lecture indispensable, un livre majeur, un chef d’œuvre.

    Yovo Le 23/12/2018 à 12:07:36

    Un livre autobiographique très fort qui décrit avec une justesse incroyable l’arrivée d’un bébé trisomique pour ce père qui ne s’y attendait pas, et les bouleversements émotionnels et sociaux qui en résultent. Un témoignage qui touche par sa sincérité et par l’empathie que Fabien Toulmé arrive à faire naitre chez le lecteur en décrivant tous les états successifs qu’il a vécus (le déni, le refus, la colère, la tristesse... mais aussi les batailles gagnées, l’humour de situation et l’amour inconditionnel) sans pathos, avec des moyens graphiques simples et touchants. Une lecture agréable, apaisante et salutaire.

    Yovo Le 21/12/2018 à 23:20:27

    Grand admirateur de l’excellent Clément Oubrerie, je ne suis pas le plus objectif pour en parler, mais j’ai trouvé ce "Cyberfatale" tout à fait réjouissant et fort recommandable !
    Le parallèle avec "Quai d'Orsay" de C. Blain est évident et c’est tant mieux ! Les deux partagent le même esprit pétillant, la même énergie et le même focus sur les coulisses secrètes de l'état, vues par le prisme de la caricature.

    Et si le ton et le trait sont volontiers burlesques, les éléments concernant la cybersécurité française abondent et sont 100% plausibles ; ils sentent même fortement le vécu, voire le secret-défense… D’autant que les personnages qui animent ce petit monde sont tous parfaitement campés – y compris les filles, en 1ere ligne. C’est malin et très bien réalisé.
    Tout cela donne un scenario en béton sur un sujet très actuel et une BD franchement drôle, passionnante, truffée de cases superbes et d’un jargon technique et politique à la limite de la poésie !
    Juste dommage que la couverture soit un peu faiblarde et ne rende pas hommage au contenu…
    Le genre d’album dans lequel je me replongerai avec plaisir ! A lire absolument.

    Yovo Le 19/12/2018 à 19:02:11

    Œuvre pour bibliophile, ce troisième tome est à l’image des 2 précédents.
    La densité de l’ouvrage réclame de l’attention mais cette intégrale, exclusive et distinguée, mérite qu’on prenne le temps de s’y arrêter pour apprécier la précision millimétrique de certaines perspectives à trois points de fuite de Schuiten et la joliesse poétique des histoires de Peeters. Inclassable et génial !

    Yovo Le 18/11/2018 à 11:41:21

    La couverture, parfaite, donne le ton : Les héros sont fatigués et l’ouest se meurt.
    Les personnages cabossés vieillissent dans une spectaculaire accélération de la narration, et avec eux se tourne une page du mythe. En témoigne cette planche amère où Sykes et son acolyte, voyageant en train, contemplent les derricks d’un champ de pétrole et concluent leur dialogue par "on a fait notre temps"…

    On peut citer également Le Révérend, mystérieux ennemi que le Sykes poursuit. Ils se retrouvent au milieu des geysers de Yellowstone et loin du duel traditionnel, tout se termine dans la brume et la vapeur, et nul n’aura jamais vu "Le Révérend"… Même les méchants deviennent des fantômes et quittent la légende. C’est superbe !

    Un héros inoubliable, un western crépusculaire et désenchanté à la mélancolie profonde, un graphisme magnifique. Une grande BD, tout simplement !

    Yovo Le 17/11/2018 à 22:50:49
    Renée Stone (Une aventure de) - Tome 1 - Meurtre en Abyssinie

    Encore une superbe réalisation du tandem Oubrerie/Birmant, auteurs du mémorable "Pablo", qui nous transporte cette fois-ci dans les années 30 en Éthiopie.

    Des décors assez immersifs, les couleurs ocres à la trame apparente renforçant l’aspect vintage de l’ensemble ; des personnages un peu attendus certes – contexte oblige – mais bien campés ; une intrigue trouble et accrocheuse ; de nombreux éléments historiques…Tous les ressorts d’une aventure pleine de charme et de mystère se mettent efficacement en place dans ce 1er tome très réussi.
    Une lecture passionnante dont j’attends la suite avec impatience.

    Yovo Le 13/11/2018 à 20:26:09

    Excellent western !! Outre ses qualités graphiques, il a l’originalité de mettre en scène un héros atypique et décalé : "Texas Jack" n'est en fait qu'un cowboy d’opérette, une attraction de cirque, viril et portant beau certes, mais... sur les affiches de son spectacle ! En se retrouvant au milieu des plaines du Wyoming sur les traces d’un pillard sanguinaire, il atteindra très vite ses limites. Malgré son adresse au colt, son orgueil et sa lâcheté et sa peur et sa faiblesse se révèleront et l’exposeront, lui et sa troupe, aux dures réalités de l’ouest sauvage. Secourus in extremis en chemin par le marshal Sykes et ses hommes, ils vont tous tutoyer l’enfer !
    Un scenario très abouti, servi par d’excellents dialogues et personnages secondaires. Je vais me précipiter sur "Sykes" pour poursuivre l’aventure !

    Yovo Le 10/11/2018 à 11:52:00

    Grand admirateur de "Cyrano de Bergerac" que j’ai dû lire une cinquantaine de fois, je ne connaissais pourtant pas la pièce de Michalik de laquelle est adapté cet "Edmond".
    Là où j’attendais une séquence biographique sur la genèse et la création de ces 5 actes légendaires qui ont fait d’Edmond Rostand une star, cet album m'a embarqué dans une espèce de vaudeville frénétique et burlesque où toutes les situations décrites dans la pièce arrivent en fait par hasard l'une après l'autre au jeune auteur - jusqu’alors en panne d’inspiration - qui n’a plus qu’à les retranscrire, en vers, de sa plume alerte ! J’ai très vite compris que je ne saurais donc rien de la "vraie" histoire de l’écriture de cette pièce, au profit de cette version plutôt comique et décalée.
    Et bien je n’ai pas perdu au change ! Cette BD, bien que fantaisiste, est franchement agréable. Le dessin a ses faiblesses mais aussi son brio, le ton est enlevé et résolument positif (ici pas de suspense, on sait que ça finira en triomphe !), les personnages sont truculents et l’hommage au théâtre est sincère et touchant. Une excellente BD que l’on prend plaisir à lire et, j’en suis sûr, à relire ! Manque néanmoins une documentation historique que l’éditeur aurait pu rajouter en annexe…

    Yovo Le 03/11/2018 à 11:48:39
    Shi (Zidrou/Homs) - Tome 3 - Revenge !

    Dessin, couleurs, scenario, cadrages, ambiances, rythme, casting… tout est presque parfait ! Du grand art, vraiment, pour qui ne craint pas le mélange des genres.
    Une série déjà majeure qui - si le dernier tome est au même niveau - sera définitivement indispensable.

    Yovo Le 18/10/2018 à 23:16:38
    RIP - Tome 1 - Derrick - Je ne survivrai pas à la mort

    Pour être honnête, cette BD m’a quand même un peu déconcerté…
    Une chose est sûre, elle est parfaitement écrite. Avec un scenario très cohérent, plus complexe qu’on ne le penserait de prime abord, et une narration ultra efficace (beaucoup de récitatifs et une voix off tutoyant le lecteur), "RIP" commence comme une chronique à l’ironie grinçante puis se poursuit en polar morbide dans un glissement savamment maîtrisé.
    Le dessin semi caricatural n’est a priori pas mon genre mais je reconnais qu’il est exceptionnel y compris dans ses cadrages et sa mise en couleur. Très axé sur les personnages il laisse hors champ les pires détails tout en donnant l’impression d’égrener des indices au fil des planches. Du très beau boulot.

    Après… l’ensemble est tellement glauque que c’en est suffocant! Les auteurs exagèrent volontairement la putridité du background et la déliquescence ambiante n’épargne pas les personnages, tous malsains, dépressifs ou dégénérés…
    Certains lecteurs ne supporteront pas. Les autres apprécieront l’originalité du récit, le concept décliné sur 6 albums ou l’amoralité dérangeante d’une histoire sans concession, particulièrement bien conçue à tous niveaux.

    Yovo Le 09/10/2018 à 22:11:15

    Un album écrit comme un roman qui ralliera les littéraires les plus exigeants par la qualité de sa narration. Il est entièrement construit autour d’un personnage exécrable, Gabriel, tour à tour hâbleur, excessif, impétueux, libertaire, impulsif, décadent, manipulateur, égocentrique.. que Pierre-Henri Gomond en auteur inspiré portraiture magistralement.

    Le dessin est à la parfaite mesure du personnage : il déborde de liberté, de trouvailles et d’énergie. Le visage tranchant de Gabriel et sa cigarette enflammée lui confère un charisme grandiose ! Les couleurs mates, chaudes et terreuses dépeignant l’Afrique créent des ambiances vibrionnantes et immersives.
    L’histoire simple d’un ambitieux invétéré en manque de reconnaissance, d’un exilé personnifiant le mal d’amour – ne sachant en donner car n’en n’ayant pas reçu, ne vivant chaque étape de sa vie que comme un challenge qu’il lui faut gagner coûte que coûte... En résumé, un homme intelligent se comportant comme un con, un homme sensible se conduisant comme un bourrin. Un homme que Pierre-Henri Gomond, par son talent et son écriture a le génie de nous faire aimer. Une histoire simple mais captivante, hantée par l’urgence. A lire absolument.

    Yovo Le 07/10/2018 à 09:54:41
    Conquêtes - Tome 1 - Islandia

    J’ai surmonté mon aversion pour les séries de chez Soleil en m’offrant "Islandia", tout simplement parce que j’avais une envie pressante de vaisseaux spatiaux, d’exoplanètes et d’aliens… Autant dire que j’ai été servi avec ce premier tome de "Conquêtes" !

    Le dessin est impersonnel et froid, mais très propre en dépit des stéréotypes. Et côté scenario, c’est un mashup bien exploité de tout ce qui s’est fait avant dans le genre. Bref, aucune surprise, personne n’a pris le moindre risque avec cet album.
    Mais justement, la sauce prend facilement et devient un bon divertissement, rythmé, sans prise de tête et bien réalisé. Si la suite reste à ce niveau, j’en serai.

    Yovo Le 05/10/2018 à 21:44:06

    Très beau titre et belle couverture. Mais comme souvent dans ce genre de roman graphique, la frontière est extrêmement mince entre subtilité et vacuité.
    Là où l’auteure souhaite probablement décrire l’impalpabilité des sentiments ou les petits hasards imbriquant les destins, je n’ai ressenti que du vide et de l’indifférence pour des personnages assez antipathiques.
    La lecture n’est pas désagréable et la réalisation honnête mais je n’ai tout simplement pas compris l’intérêt de cette histoire que je n’ai pas trouvé subtile, mais futile.

    Yovo Le 25/09/2018 à 21:55:43
    L'Âge d'or - Tome 1 - Volume 1

    Je ne ferai pas des chapitres entiers sur l’incroyable dessin de "L’Âge d’or". Il est beau. Magnifique même dans sa façon de réinterpréter les enluminures et tapisseries du Moyen-Âge. Les héros sont charismatiques et les lumières sorties d’ailleurs… La décomposition de l’action façon chronophotographie (les mêmes personnages sont vus plusieurs fois dans la même case dans des positions différentes) est une idée féconde ; loin d’être un simple artifice, c’est une véritable ressource mise au service de la narration.
    "L’Âge d’or" est donc la réalisation flamboyante d’un Cyril Pedrosa en état de grâce….

    N’oublions pas Roxane Moreil qui signe un scenario d’une grande intelligence, prenant et surprenant, plein de fureur et de rebondissements, digne d’une chanson de geste aux élans chevaleresques et féministes.

    Cet album trouvera bien évidemment son public, mais il est radical et beaucoup de lecteurs y seront sans doute allergiques. Les 1ères pages m’ont moi-même désarçonné ! Sachant cela, je le recommande malgré tout, car c’est une expérience inédite de lecture qui m’a procuré un immense plaisir. Je ne serais d’ailleurs pas étonné que cette œuvre rafle moult prix puisqu’elle pourrait bien, l’air de rien, réinventer la BD…

    Yovo Le 20/09/2018 à 15:04:19

    "Emprise" est impressionnant et remarquable à au moins deux titres.

    Premièrement, c’est un thriller très bien construit, sombre, tendu, fouillé. L’atmosphère poissarde et paranoïaque va crescendo du début à la fin. Les personnages s’enfoncent dans une spirale cauchemardesque et labyrinthique dont toute issue semble illusoire. Et, cerise sur ce gâteau sanguinolent, chaque chapitre est accompagné d’un dossier révélant de nombreux détails utiles à l’enquête. Bref, le récit est particulièrement bien maîtrisé même si sa trame reste classique.
    Quant au dessin, il est ultra efficace dans son registre : couleurs et lumières au top, découpage dynamique, multiples plans et perspectives, utilisation pertinente de quelques techniques numériques… Tout est cohérent et très bien vu.

    Deuxièmement, surprise, cet album est une première BD !! Mais le plus étonnant c’est qu’avec un tel coup de maître, publié chez Akileos en plus – excusez du peu – le jeune auteur Aurélien Rosset aurait dû faire parler de lui. Or, sauf erreur de ma part, c’est encore un parfait inconnu. C’est assez incompréhensible… Certes le genre horrifique n’est pas très vendeur mais tout de même, quel talent ! Il pourrait largement faire un carton. Alors où est-il donc passé depuis 2015 ? S’il me lit, qu’il sache qu’on est probablement nombreux à attendre de ses nouvelles pour un nouveau one shot de ce calibre…

    Yovo Le 12/09/2018 à 20:10:51

    J’avais déjà fait l’éloge de Vincent Perriot dans mes avis sur Paci et Belleville Story, mais je ne l’attendais pas du tout sur de la SF et là, je dis bravo ! Non pas que "Negalyod" soit un chef d’œuvre absolu, mais c’est une excellente nouvelle pour la BD que des auteurs au talent si singulier s’emparent de projet aussi dense et ambitieux que cet album.

    Le résultat est là : 200 pages de bonne SF à l’ancienne, immersive, vraiment dépaysante et très originale, même si le jeu des références lui donne un petit air familier. Le dessin et les couleurs sont parfaits. Ici, pas de palette graphique mais juste un trait posé avec maitrise et sobriété pour en prendre plein les yeux ! La beauté des planches devrait donc mettre tout le monde d’accord.

    Dans le détail, le scenario est globalement très bon mais les personnages pourraient être un peu plus approfondis (on aimerait en savoir davantage sur la Rébellion ou sur l’origine des dons de communication de Jarri...) et certains dialogues m’ont semblé un petit peu simplistes.
    Mais ne vous arrêtez pas à ces défauts – vous en trouverez peut-être d’autres – je l’ai dit, ce n’est pas parfait, mais c’est une BD vraiment enivrante à lire absolument !

    Yovo Le 07/09/2018 à 22:07:56

    Je trouve les avis à 2/5 un peu trop sévères... Certes, ce n’est sans doute pas complètement réussi ; je dirais qu’il manque quelques pages au milieu pour que le lien entre les 2 parties soit plus fluide. Mais la maîtrise technique de Varanda est admirable et ses dessins somptueux méritent la lecture à eux-seuls !
    Après, je comprends les réserves exprimées sur le scenario mais personnellement je l’ai compris comme une allégorie, un conte métaphorique dont la poésie sombre rappelle certains classiques anciens de la littérature fantastique comme Poe, Shelley ou Mérimée ; le titre "La mort vivante" y fait d’ailleurs écho.

    Il faut donc prendre cette histoire par son versant mythologique et ne pas y chercher des explications trop rationnelles puisque ce récit, court et cérébral, s’empare de questions existentielles sans chercher à y répondre. Les auteurs empruntent une piste déjà maintes fois explorée : une conscience, «quelque chose» ou quelqu’un pourrait-il un jour interrompre par sa seule volonté le destin de l’humanité et son œuvre destructrice…? Au lecteur d’écrire la suite…
    En bref, très très beau et pas mal du tout. Je ne regrette pas mon achat de la grande édition N&B, c’est un objet magnifique.

    Yovo Le 07/09/2018 à 21:45:28

    En jetant un regard à la couverture j’ai tout de suite eu envie d’ouvrir puis d’acheter ce que je croyais être un polar… Mais "Sudestada" s’est avéré finalement beaucoup plus atypique et complexe. En fait c’est un album assez fin, à la croisée de plusieurs genres.
    On y suit un vieux privé acariâtre dans une enquête des plus banales qui, pourtant, bouleversera sa vie de façon totalement inattendue…
    Le récit est brillamment écrit et le dessin, d’apparence modeste mais parfaitement mis en couleurs, réserve lui aussi des moments de grâce. La lecture, oscillant entre tension et poésie, est plutôt rapide mais très agréable.
    L’ensemble aurait peut-être mérité d’être un peu plus approfondi, notamment la chute, mais c’est une belle découverte qu’apprécieront ceux qui aiment les BD originales.

    Yovo Le 27/08/2018 à 21:29:50
    La quête de l'oiseau du temps - Tome 9 - L'emprise

    Comme je n’avais jamais laissé d’avis sur l’ensemble de "La quête", je passe sur les 4 tomes historiques, tout a été dit, la série est un chef d’œuvre total.

    Sur la suite, je suis largement plus mitigé… Les disciples de Loisel chargés du dessin ont plutôt bien fait le job, et même si les scenarios n’ont plus rien à voir en termes d’inventivité, ce n’était pas si mal que ça jusqu’à "La voie du Rige"…
    Mais avec "L’emprise", la chute dans la surexploitation commerciale est abyssale. Ce tome n’apporte rien et ne s’inscrit en rien dans la lignée. Les personnages sont insipides, l’artifice de l’amnésie est grossier, recuit, indigne. Faire de Bragon un pantin est une idée frigide. Même la tuerie finale, médiocrement mise en scène, sans tension ni émotion, m’a laissé indifférent. Deux pages plus loin, allez hop, tout est oublié, plus aucun problème !

    Je songe avec nostalgie au rythme intense de la série-mère qui était l’une de ses qualités cardinales... et un modèle du genre! Chacun des 4 tomes avait sa propre intrigue, son compte à rebours, ses personnages clés, sa pièce du puzzle… Le tout en parfaite cohérence jusqu’à ce dénouement magistral. La matière était si riche que chaque tome aurait pu facilement en faire 2. Mais à l’époque, le moteur des auteurs devait être la qualité, non la quantité ; ils inventaient quelque chose. Avec "Avant la quête" c’est le contraire : chaque tome n’a pas la moitié de la matière qu’il faudrait mais se dilue à n’en plus finir.
    Dans ces conditions je doute fort, hélas, que le prochain soit le dernier…

    Yovo Le 21/08/2018 à 17:46:30

    Une immense histoire d’amitié au féminin, saupoudrée de thriller, vue par un auteur intelligent, subtil et généreux.
    Cela donne un roman graphique superlatif, une vision de la vie en réalité augmentée en quelque sorte… avec les crises de rire, les angoisses, les gros câlins, les larmes, les délires débiles et les secrets inavouables de deux nanas à croquer !

    Le dessin des personnages est d’une précision rarement atteintes sur un format aussi énorme (600 pages), le trait de Terry Moore parvenant à incarner instantanément les émotions les plus variées. Le récit est tantôt léger, tantôt dramatique en fonction des situations. Il passe par tous les genres et part dans tous les sens, mais en respectant un équilibre toujours parfait entre caricature et réalisme pour revenir à l’essentiel : nous toucher la rétine, le cœur et l’esprit… et il ne rate jamais sa cible !
    L’ensemble est pudique, poétique, addictif, aucunement mièvre, avec des filles inoubliables et désarmantes. Il n’est pas trop tard pour découvrir cette irrésistible saga commencée il y a 20 ans et rééditée en intégrale. Précipitez-vous !

    Yovo Le 14/08/2018 à 11:58:57

    Pour décrire un monde sinistre situé dans un futur proche, les auteurs ont choisi un traitement extrêmement froid : écriture sèche, dialogue concis, palette grisâtre, décors minimalistes et personnages austères – à l’image de Kader, héros taciturne, qui affiche la même imperturbable tronche du début à la fin…
    Pour autant, dans le genre anticipation, l’album s’en sort plutôt bien. Le sérum du titre par exemple, la zanédrine, est un sacré cauchemar !

    Côté récit, c’est assez épuré : peu d’action et quelques ellipses mais il y a du rythme, des questions intéressantes font surface et des sursauts bien placés viennent dynamiser un peu l’intrigue.
    Côté dessin, le trait nerveux de Nicolas Gaignard n’est pas très précis mais reste efficace ; il est surtout parfaitement raccord avec l’univers proposé.
    Au final, un one-shot qui manque de coffre et d’ambition mais qui tient la route.

    Yovo Le 12/08/2018 à 11:47:28

    Toujours aussi précieusement présenté, ce 2° tome de l’intégrale fait honneur à l’œuvre culte que sont "Les Cités obscures", malgré le format légèrement réduit. Une œuvre d’architectes du 9ème art, raffinée, intemporelle, à nulle autre pareille. Enrichi de nombreux bonus, le travail de Peeters et Schuiten y est méthodiquement détaillé et nous apparait dans sa pleine mesure; c’est un régal !
    Objets de collection plus que de lecture, ces recueils ont vraiment un truc en plus et font leur effet sur un rayon de bibliothèque…

    Yovo Le 11/08/2018 à 15:52:07
    Méto - Tome 1 - La Maison

    Un 1er tome intriguant plongeant le lecteur dans un étrange univers, entre asile et prison, sans information de lieu ni de temps. Toute l’action se déroule en huis clos dans un immense bâtiment dans lequel sont enfermés 64 adolescents asservis à des règles aussi strictes qu’absurdes. La partie graphique, proche du manga, est bien gérée et le scénario donne l’impression d’être solide. Ma curiosité est piquée, je suis partant pour la suite.

    Yovo Le 11/08/2018 à 15:47:06

    L’auteur raconte son trek en Australie dans un album noir et blanc minimaliste, intimiste et introspectif. Il ne s’y passe pas grand-chose, mais le peu qui en sort est évocateur, dépaysant, poétique et sensible. Évasion garantie ! À découvrir.

    Yovo Le 11/08/2018 à 15:44:28
    Achab - Tome 4 - La jambe d'ivoire

    J’ai emprunté un peu par hasard cette série en médiathèque, attiré par le thème.
    Un prequel de Moby Dick, pourquoi pas ? L’idée était bonne d’autant que le chef d’œuvre de Melville s’y prête à merveille.
    Donc, le scenario exploitant opportunément la richesse originelle du roman ne s’en sort pas trop mal. Mais le dessin… (heu, comment dire ça gentiment ?) m’a laissé assez incrédule. Avec tout le respect que je dois à Patrick Mallet, je constate qu’apparemment il ne sait pas dessiner un être humain ! Ses visages et ses mains sont particulièrement grotesques. A ce stade, ce n’est même pas une question de style mais de niveau. On sent bien qu’il est sincère et qu'il y a un gros boulot derrière, mais son dessin est si faible qu’il transforme chaque personnage en pantin rigide et laid, aux expressions outrancières, figées, sans regard ni mouvement… Même les belles couleurs de Laurence Croix ne sauvent pas son trait du naufrage ! J’ai rarement vu ça en 25 ans de lecture de BD… Du coup, à lire mais comme une curiosité.

    Yovo Le 11/08/2018 à 10:46:07
    No Body - Tome 4 - Épisode 4/4 La Spirale de Dante

    Je confirme largement mon avis des 2 premiers tomes : Un thriller de haut vol, vraiment !
    Une histoire ultra solide mêlant habilement tension psychologique et action, des personnages intenses, un suspense suffocant, une partie graphique exceptionnelle… Même si personnellement j’avais pressenti la fin, c’est de la très bonne BD qui pourra se relire à volonté.
    Je recommande vivement et tire mon chapeau à Christian De Metter !

    Yovo Le 10/08/2018 à 13:37:24

    Une chose est sûre "L’été diabolik" ne manque pas d’attrait, à commencer par son graphisme distingué et abouti, même si à mon avis Alexandre Clérisse en fait des tonnes : certains paysages sous prétexte d’être psyché sont en fait plutôt ridicules et ressemblent trait pour trait aux illustrations des "Pomme d’Api" de mes enfants...
    Heureusement cela n’empêche pas de beaux passages et quelques cases "sensass" !

    Le scénario a lui aussi une grosse tendance à l’embonpoint. Inutilement chargé et compliqué dans sa construction avec cette voix off, ces flash-backs, ces deux parties séparées, il donne l’impression de se prendre très au sérieux et contient d’énormes incohérences si on y prête un peu d’attention. Mais je reconnais qu’à défaut d’être crédible il est intéressant et se laisse lire avec plaisir.

    En résumé c’est une drôle de BD. Assez plaisante et originale d’un côté mais à la fois prévisible et pleine d’esbroufe... J’avais eu envie de l’acheter à sa sortie mais finalement je ne regrette pas de ne pas l’avoir prise. Trop d’effets à mon goût, trop d’artifices... Les auteurs, peut-être un poil prétentieux, ont réalisé un album ambitieux et soigné mais qui s’apparente plus aux espèces de Pulp à qui il rend hommage qu’au grand roman graphique qu’il voudrait sans doute être. Une lecture sympa, sans plus.

    Yovo Le 27/07/2018 à 20:55:12

    "Le pouvoir des innocents" est incontestablement une très grande BD ; une grande œuvre tout court qui mérite 4,5/5 minimum – puisqu’il faut la noter. Car bien sûr, ce n’est pas parfait ni en termes de dessin ni en termes de scenario mais il serait mesquin et peu respectueux de pinailler sur des détails. Le travail des auteurs sur ce titre est exceptionnel. Il se dégage de cette intégrale une intelligence rare, une construction brillante, un équilibre idéal entre l’action, la réflexion, l’émotion qui ne peut que susciter l’admiration !

    Yovo Le 02/07/2018 à 17:18:56
    Kililana song - Tome 2 - Seconde partie

    Je profite d’une relecture pour (enfin) commenter cette si belle œuvre qu’est "Kililana Song". Le travail d’auteur de Benjamin Flao y est époustouflant. Des aquarelles qui enluminent les cases; un dessin libre, précis et nerveux croqué sur le vif; des personnages à la psychologie complexe et réaliste; des décors superbes…Tout nous immerge dans les dernières heures de paradis de l’archipel de Lamu au Kenya. Car la beauté des planches est telle qu’elle en ferait oublier l’histoire : le triste destin de cet authentique site naturel condamné par un infâme projet pétrolier.
    Pourtant, au terme d’une épopée rocambolesque, effrayante et poétique, le jeune Naïm - inoubliable titi africain - finira malgré lui par contrarier ces plans, aidé par sa bande de gamins des rues, un capitaine de navire atrabilaire et nihiliste, et… l’esprit d’un très puissant Ancêtre !
    Un conte magnifique, humaniste et profond. A lire absolument.

    Yovo Le 16/06/2018 à 15:30:04
    Il faut flinguer Ramirez - Tome 1 - Acte 1

    Les quelques commentaires précédents suffisent à bien décrire cette BD : Pêchue, loufoque, burlesque, survitaminée… Et surtout visuellement magnifique ! Autre qualité, l’excellente lisibilité des images comme du texte ; malgré le foisonnement de certaines planches, le lecteur n’est jamais perdu.
    Après, cet album est clairement un tome d’introduction. En un mot le potentiel est énorme – peut-être s’agit-il même d’une nouvelle série culte à la Tyler Cross – mais c’est encore trop tôt pour le dire. Ce déchainement de virtuosité graphique et ces dialogues bien sentis tournent hélas un peu à vide et n’accouchent de pas grand-chose au final.

    Bref, un bon moment de lecture mais je suis resté largement sur ma faim… Ça ne m’empêchera pas de me ruer quand même sur le 2° tome dès sa sortie pour confirmer (ou non) l’entrée fracassante de N. Pétrimaux dans la short list des auteurs qui pèsent.

    Yovo Le 16/06/2018 à 15:22:31

    L’histoire est simplissime et le cadre familier : les confessions d’un vieux mafieux repenti ; les horreurs commises, les lâchetés, les trahisons… puis au milieu du chaos, une rencontre incongrue et l’amour, fatidique, qui fera inévitablement tout basculer.

    Je crois que c’est le 1er scenario de Zidrou que j’ai lu et l’un de ceux qui m’a le plus frappé. Une relecture m’a confirmé que l’écriture de cet album était extrêmement subtile. Bien servie par un découpage pertinent, la narration en flash-backs est un modèle d’efficacité et le dessin d’Oriol, qui depuis a confirmé avec "Natures mortes", retranscrit parfaitement derrière ses couleurs bariolées la tension, la peur et l’ambiguïté. A lire absolument.

    Yovo Le 20/05/2018 à 11:01:23
    Urban - Tome 4 - Enquête immobile

    En mettant en scène un univers qui rappelle forcément celui de Blade Runner ou d’autres dystopies célèbres, les auteurs d’ "Urban" prenaient le risque de banaliser leur histoire et de la truffer de clichés réchauffés. Il n’en est rien ! Ces 4 premiers tomes constituent une série magistrale et préfigurent une suite et fin d’anthologie. Au fil de la lecture on sent poindre le chef d’œuvre dans tous les compartiments : Graphiquement, le dessin, les couleurs, les cadrages, le découpage de Ricci sont fabuleux et justifient la lecture à eux seuls ; mais le récit, jusque dans sa structure où abondent les flash-backs révélateurs est lui aussi d’une richesse assez rare. Dense et précis, il respire bien grâce à un rythme efficace, foisonne de personnages à la psychologie complexe, de rebondissements inattendus et de cliffhangers diaboliques !

    Le seul reproche objectif que l’on pourrait faire à "Urban" est sa profonde et désespérante noirceur, de laquelle aucun sentiment positif ne semble (pour l’instant) capable d’émerger…
    Quoi qu'il en soit, "Urban" est à mon avis une série d’ores et déjà incontournable.

    Yovo Le 18/05/2018 à 10:22:09
    No Body - Tome 2 - Épisode 2/4 Rouler avec le diable

    Un petit air de déjà vu certes, mais c’est vraiment bien ! L’intrigue relativement classique entre gang de bikers, flics infiltrés, complots des services secrets et confessions en prison est ordonnancée avec une telle maestria que le récit est haletant, immersif et totalement addictif.
    Le dessin délaisse un peu les décors pour coller aux personnages mais cela renforce la tension omniprésente et permet à chacun d’avoir une psychologie bien définie. L’ambiance est bien là et le contexte trouble à souhait… Je vais me précipiter sur la suite !
    Bravo à Christian de Metter pour son impressionnante maîtrise et son efficacité.
    A lire absolument !

    Yovo Le 06/05/2018 à 13:18:49

    Il y a quelque chose d’irrésistible et de fascinant dans cet album. Et cela tient d’abord aux magnifiques dessins et couleurs "carnet de voyage" de J.D. Pendanx ; voyez la couverture ! Ensuite, l’irruption du fantastique à la fin est plutôt inattendue et très bien amenée. Loin de faire basculer l’histoire dans le surnaturel, il en renforce au contraire la dimension humaine en la nappant d’une étrange poésie et fait surgir l’émotion où l’on ne l’attend pas.
    En revanche l’ensemble du récit, trop court, demeure un peu déséquilibré. Les personnages manquent de fond, les situations paraissent parfois artificielles et quelques ellipses viennent hacher le rythme…
    Ce n’est donc pas parfait mais j’en conseille vivement la lecture pour se faire son idée.

    Yovo Le 05/05/2018 à 22:07:18

    L’écriture de "Juliette" est d’une qualité rare. Des dialogues savoureux, un scénario précis, une narration fluide où les scènes s’enchainent naturellement et oscillent entre situations cocasses et mélancolie profonde. Bref, un récit maitrisé de bout en bout.
    Alors oui, c’est une tranche de vie, donc par définition il n’y a ni intrigue ni action. L’héroïne est ordinaire, plate, angoissée et sa seule aventure est son quotidien familial.
    Mais comme dans les films de Bacri-Jaoui, tout l’intérêt est dans le positionnement des personnages les uns par rapport aux autres et les conséquences complexes et nuancées qui en découlent. Et l’observation qu’en fait Camille Jourdy est des plus fines.

    Le dessin est toujours aussi particulier, naïveté du trait et couleurs saturées, associées à un lettrage manuscrit tout tordu. Personnellement je ne suis pas fan mais cela contribue à façonner un univers singulier et très cohérent dans la lignée de "Rosalie Blum". Bravo !

    Yovo Le 01/05/2018 à 17:22:23

    Une BD simple jusqu’au dépouillement. L’histoire est poignante, poétique, intelligente et subtile. Les personnages vieillissent et avec eux leurs rêves, leurs bonheurs, leurs vérités désenchantées. Un auteur brillant, un album mélancolique et magnifique. A lire absolument.

    Yovo Le 29/04/2018 à 17:13:06

    "Fondu au noir" se caractérise d’abord par un dessin réaliste très efficace malgré quelques disproportions ici ou là chez certains personnages. Le lecteur n’a aucun mal à ressentir ce pouvait être la Côte Ouest en 1948, l’âge d’or des studios de cinéma et la Chasse aux Sorcières... Paillettes, belles bagnoles, impers et chapeaux… rien ne manque !

    Le scenario – une enquête brumeuse – est classique et sans réelle surprise. Malgré les 330 pages, la lecture est plutôt fluide car l’intrigue s’enrichit progressivement détail par détail, sans se perdre dans trop de ramifications. L’originalité vient de la description du côté obscur du rêve hollywoodien, hanté de cauchemars, d’alcools et de petits arrangements véreux…Ce ton désenchanté apporte une dimension vénéneuse à l’ensemble et peut en effet rapprocher cet album de James Ellroy ou "Mulholland Drive". Seule la voix off omniprésente d’un narrateur m’a semblé un brin terne et inutile (surtout en comparaison de l’usage fabuleux qu’en fait Nury sur Tyler Cross!) mais passons ; sans être exceptionnelle, c’est clairement une très bonne BD.

    Yovo Le 24/04/2018 à 09:32:38

    Le futur. Une femme et un homme aux caractères antagonistes sont les premiers cobayes d’une expérience de réalité virtuelle permanente et irréversible. En attendant que le reste de l’humanité les y rejoignent, ils explorent un monde vierge où tous leurs rêves (mais surtout leurs fantasmes !) deviennent possibles...

    Le sujet est très contemporain, le pitch alléchant et les bonnes idées foisonnent. Thomas Cadène au scenario a le mérite de poser d’excellentes questions sur notre rapport à la réalité mais ne cherche pas à en approfondir les réponses. Le propos est traité de façon légère et presque surannée. Le contexte est juste esquissé, l’histoire ne se focalisant que sur les coucheries des deux protagonistes. En le refermant j’ai eu l’impression qu’ "Alt-Life" n’était qu’une sympathique mais très démonstrative histoire de cul.

    Yovo Le 18/04/2018 à 17:42:11

    La lecture de cet album m’a laissé une impression mitigée… Visuellement le style de Gipi est époustouflant. Les planches, faussement gribouillées, se révèlent foisonnantes de textures, de détails, de lumières et d’expressivité. Il en émane une poésie étrange, pleine de silence et d’inquiétude.
    Cette atmosphère post-apocalyptique assez onirique s’enlise hélas dans un récit malhabile. Sous couvert de dénoncer (lourdement !) notre soumission aux réseaux sociaux, l’utilisation d’un langage appauvri, les références aux sms et autres "likes" m’ont semblé complétement artificielles. La 1ère partie, intimiste et cohérente est pourtant réussie mais la 2nde est plombées par des scènes d’action clichées, trop prévisibles et inutilement violentes qui la vident de sens. C’est d’autant plus dommage que les thèmes de l’absence, du passage à l’âge adulte, de la filiation et de l’amour tout simplement, a fortiori dans un monde aussi barbare, étaient intelligemment amorcés.

    Yovo Le 10/04/2018 à 22:35:22

    "Ailefroide" est une lecture passionnante même sans y connaitre quoi que ce soit à l’alpinisme – c’est mon cas.
    Cet album autobiographique est construit sur l’enchainement de scènes courtes, souvent d’escalade, ce qui permet d’avaler les presque 300 pages sans temps mort car l'ensemble cultive un sens aigu de la dramaturgie et du suspense. Cette écriture particulièrement efficace fait écho aux décors : aride, sans emphase dans les descriptions, sans pathos dans les sentiments; les mots sont justes, secs et frappants. L’osmose est ainsi parfaite avec le dessin réaliste et buriné de Jean-Marc Rochette, sans fioriture tape à l’œil mais réalisé avec une science du cadrage et de l’impact, à l’image de la couverture.

    Du sinistre internat grenoblois des années 70 au "Transperceneige", l’itinéraire austère d’un surdoué qui a gravi sa propre montagne pour atteindre son sommet. Un récit d’apprentissage puissant, à la fois atypique et universel. Un grand roman graphique.

    Yovo Le 06/04/2018 à 12:50:33

    C’est à coup sûr un très bel album. La technique que Rossi utilise confère à l’ensemble un cachet certain. Les effets de lumières notamment enveloppent les Amazones d’une envoûtante beauté, même si, (les lavis estompant les contours) certains visages manquent parfois de précisions et si plusieurs ont bizarrement le même morphotype : nez busqués et menton proéminent.
    Coté déceptions, dommage qu’Achille soit affublé de ces bouclettes ridicules, ça casse le mythe ! Dommage aussi qu’il n’y ait pas ou peu de grandes scènes de siège ou de bataille, pourtant offertes avec la guerre de Troie se déroulant à proximité du village amazone.

    Pour le récit, de bonnes intentions mais le déséquilibre l’emporte : d’une part trop de ruptures de rythme et de flottements, d’autre part, pas assez de profondeur des personnages dont on ne sait quasiment rien, et aucune description des enjeux et des origines de leur tribu. Bref, de la qualité, oui, mais un album sans doute un peu en deçà de son ambition.

    Yovo Le 02/04/2018 à 11:34:53
    Tyler Cross - Tome 3 - Miami

    Peut-être un peu moins cynique que dans les tomes précédents, mais toujours aussi redoutable, Tyler Cross retourne au casse-pipe sous le soleil de Floride. Et c’est assez jubilatoire !
    S'il est vrai que les codes des scenarii retors de Fabien Nury sont maintenant connus et que l’effet de surprise se dissipe un peu, la vraie révélation de ce 3° opus vient du dessin de Brüno. Jamais son trait n’a été aussi sophistiqué. Chaque plan est composé pour être le plus efficace possible, expurgé de tout détail parasite. Et la mise en couleur exceptionnelle de Laurence Croix y est pour beaucoup. Entre aplats, épure et géométrie, "Miami" est une leçon de graphisme, à l'image de sa couverture. Bref, Tyler Cross n’a jamais été aussi beau !
    Indispensable, cela va sans dire…

    Yovo Le 01/04/2018 à 11:48:32

    Fabrice, modeste auteur de BD, oublie un jour sa carte de fidélité au Super U. Considéré pour cela comme un criminel, il entame alors une cavale burlesque avec toute la force publique à ses trousses…

    Comique de situation, running gags, punchlines féroces… Fabcaro fait un usage convaincant de la dérision et démontre par l’absurde les ravages de la pensée unique, de nos discours plaqués et jugements à l’emporte-pièce, avec cette idée simplissime mais géniale de la carte de fidélité, symbole de la société de consommation.
    Habituellement je ne suis pas client de l’humour en BD, et là où d’autres ne m’ont jamais fait rire, Fabcaro y parvient grâce aussi à son superbe graphisme, incisif et réaliste, qui du coup est complètement décalé par rapport au contenu. Car ce n’est pas que drôle… C’est beau et plus intelligent qu’il n’y parait. Son Fabrice évoque le "Plume" d’Henri Michaux. A travers cet avatar, c’est la condition précaire de l’ensemble des auteurs de BD qu’il dénonce avec force. Marrant, malin, pas prétentieux, ce petit bouquin est une pépite !

    Yovo Le 31/03/2018 à 17:03:26

    Cet album vaut seulement pour son travail graphique, notamment sur les couleurs. Sinon, les tribulations autobiographiques du dessinateur au Vietnam, ses amours et ses coucheries égocentrées sont sans intérêt ; Frédéric Boilet l’a (mieux) fait avant lui.
    La recherche d’un oncle inconnu, point de départ pourtant intéressant n’est en fait qu’un prétexte. Aucune réflexion non plus sur la transition entre l’étudiant ordinaire qu'il était et l’auteur de BD qu'il deviendra. Bref, pas de scenario, juste les atermoiements un peu vains d’un post-ado immature.
    La lecture est plutôt agréable mais au final, ce récit superficiel n’apporte rien, pas même les planches "carnet de voyage". Beaucoup de potentiel inexploité, dommage.

    Yovo Le 27/03/2018 à 09:41:32
    Wollodrïn - Tome 8 - Les flammes de Wffnïr 2/2

    Jusque-là cette série, certes basique, était plutôt divertissante et bien dessinée mais ce 4° cycle bâclé, incohérent, copié-collé de Tolkien, tire piteusement l’ensemble vers le bas.

    Exemples [SPOILERS]: Comment Wïnhbor, hanté par un projet de vengeance obsessionnel, peut-il renoncer à tuer l’incarnation humaine du dragon (alors qu’il y a évidemment d’autres moyens qu’une lame pour la tuer) et partir bras-dessus bras-dessous avec elle ??

    Et pages 40 à 48 du 2/2 : Eekhlör (sortie d’on ne sait où ni comment) "apparait" aux membres du groupe pour leur faire une révélation capitale, mais discute d’abord tranquillement pendant 8 pages avant de disparaitre… faute d’avoir eu le temps de révéler en entier son fameux secret !!

    Pire encore, dans le 1/1 : le chef de groupe Orc, au visage défiguré par une énorme balafre qui l’a éborgné côté droit, se retrouve en mourant page 28 avec sa balafre et son œil blanc côté GAUCHE !!! Une erreur aussi grossière est juste inexcusable ! N’importe quoi.

    Yovo Le 11/03/2018 à 22:34:01

    "Frenchman" et "Pawnee" sont un véritable poème visuel. La nature omniprésente est sublimée par les aquarelles parfaites de Patrick Prugne et ses ambiances dont lui seul a le secret. Il dépeint si bien les grands espaces d’avant la conquête de l’Ouest que le Nouveau Monde devient un personnage à part entière. En cela, ces deux albums sont avant tout un hymne majestueux aux Indiens, hôtes indissociables de ces terres vierges.
    L’histoire est forcément (trop ?) romanesque mais ses ressorts, même classiques, sont assez solides. Comme chez Lepage ou Gibrat, le contraste est marqué entre les héros, idéalistes et portant beau, et la galerie de soudards aux sales gueules. Mais pas de bons sentiments pour autant : les désillusions, les compromissions et la mélancolie feront partie du chemin… L’ensemble est bien documenté et superbement mis en pages.
    Cerise sur le gâteau, les cahiers graphiques sont un régal. Du grand art !

    Yovo Le 06/03/2018 à 13:58:14
    La religion - Tome 2 - Orlandu

    Contrairement à l’ensemble des avis plutôt mitigés, je trouve cette série remarquable. Écriture et graphisme sont de grande qualité et sont mis au service d’une bonne histoire.
    Cela dit je concède que les visages notamment ont assez mal évolué, d’où ma note.

    Dans "Orlandu" il n’y a qu’une seule unité d’action, de temps et de lieu – la prise de Malte par les Turcs – mais cela renforce la dimension suffocante de ce siège, son caractère absurde, le jusqu’au-boutisme des belligérants et la boucherie des batailles.
    Au milieu de ce chaos, Tannhauser, qui n’appartient à aucun des deux camps, profite de la confusion ambiante pour louvoyer entre ses intérêts propres et ceux des siens, usant de sa force et de sa ruse pour tenter de s’extirper de ce guêpier…
    Des planches superbes, un récit épique et fracassant ; bref un bon 2° tome.

    Yovo Le 05/03/2018 à 10:17:25

    Je partage en grande partie l'analyse de Blue Boy ci-dessous. "L’homme gribouillé" est une BD qui déjoue tous les clichés, surprend, saisit ou horrifie grâce à son scenario hyper maîtrisé. L’écriture très dense peut donner l’impression de partir en tous sens mais le fil n’est jamais perdu ; au contraire il ne fait que se préciser au cours de la lecture. Sa grande force est de mélanger les genres avec audace, talent et conviction.
    Lehman développe son intrigue autour de mythologies ancestrales assez classiques. Mais ici, l’originalité tient au caractère très contemporain qu’il insuffle à son histoire malgré ces ingrédients séculaires. De fait le récit peut paraitre par moment un peu compliqué à suivre mais il reste extrêmement efficace.
    Il faut dire que le dessin de Peeters est à son apogée. Étant fan de l’artiste je ne suis pas des plus objectifs mais l’évolution de son style vers un trait plus réaliste est une merveille graphique.

    Je comprends tout à fait qu’on puisse ne pas aimer, mais il me semble dommage de passer à côté de cette œuvre forte et solide, ne ressemblant à nulle autre.

    Yovo Le 04/03/2018 à 10:39:40

    A la base l’idée est plutôt bonne mais très mince : un homme impassible traverse les siècles en recherchant le secret de son immortalité.
    Ce récit à consonance mystique, bancal et maladroit, n’est pas aidé par un dessin bien colorisé mais très banal. Je suis resté 100% indifférent à ce personnage inexpressif et sans charisme, et plus encore à cette histoire qui délivre une vision sinistre de l’humanité.

    Cet album m’avait tenté à sa sortie mais je ne l’avais finalement pas acheté, lui préférant "La saga de Grimr" et "Ces jours qui disparaissent"… Ouf, bonne intuition !

    Yovo Le 26/02/2018 à 10:46:31

    Voilà un album qui porte très bien son titre : "L’aimant" a quelque chose de magnétique, énigmatique et captivant.
    Certains choix de l’auteur sont osés, comme la typo difficile à déchiffrer ou la couleur à dominante rouge et bleu, mais ils servent parfaitement l’intrigue et l’ambiance. Cela confère à l’ensemble une fascinante étrangeté, bien relayée par des décors naturels ou architecturaux vertigineux et l’ambiguïté de certains personnages. Enfin, la mise en abîme très habile de la narration couronne le tout.
    Grâce à cette complémentarité idéale du fond et de la forme, chaque case est hantée par une menace latente, floue, et l’ombre d’un mystère sans nom plane dangereusement de page en page jusqu’à pousser le récit au bord du fantastique.

    Une première BD incontestablement réussie, à découvrir absolument !

    Yovo Le 25/02/2018 à 14:36:38
    Revoir Paris - Tome 2 - La nuit des constellations

    "Revoir Paris" est une espèce de rêverie ouatée. Un récit de science-fiction dont tous les éléments restent hors-champ. Le retour sur Terre d’une jeune fille née dans une station spatiale devient ici la visite surréaliste d’un Paris entre fantasme et carton-pâte, teintée de nostalgie et d’illusion. Adepte des "immersions" provoquées par quelque psychotrope futuriste, l'héroïne, Kârinh est un personnage engourdi en quête d’identité, en quête de sens, à qui tout échappe y compris sa propre réalité. D’où l’impression d’une narration flottante...
    L’ensemble est intemporel et onirique comme souvent chez Peeters et Schuiten, très élégant, tout en sobriété et distinction, et bénéficie d’une valorisante qualité d’impression sur du papier 150g.
    Deux beaux albums mais qui semblent ne pas avoir vraiment commencé et hésitent à se finir. Étrange…

    Yovo Le 21/02/2018 à 16:52:29

    Je n’aime pas les comics ; ils ne correspondent en rien à mes goûts. Mais ma passion pour la BD au sens large m’incite à en posséder quand même quelques-uns, dont l’énorme édition 5° anniversaire de "Watchmen". Ma note n’a donc rien à voir avec une quelconque appétence pour les super-héros, encore moins pour la pop culture qui les a portés aux nues. C’est objectivement que je considère "Watchmen" comme un inclassable chef d’œuvre.
    Peu importe que le dessin et les couleurs soient perfectibles, datés, ou la pagination assommante… "Watchmen" transcende à mon avis les genres, les critiques et les petites chapelles. C’est une œuvre complexe, assez indescriptible, qui s’adresse avant tout à l’intelligence du lecteur et qui – ne serait-ce que pour ça – m’inspire le plus grand respect.
    Un bouquin hors norme, impressionnant, réellement monumental.

    Yovo Le 09/02/2018 à 22:29:47
    Giant - Tome 2 - Giant 2/2

    Je mets mon grain de sel dans les avis car ne critiquer que le tome 2 n’a guère de sens. "Giant" est un diptyque, par définition indissociable, et parfaitement cohérent. Un récit humble, pudique, humaniste sur l’apparente petitesse des hommes face aux buildings qu’ils construisent au péril de leur vie, pour des magnats qui les déconsidèrent et les ignorent. Mikaël y fait preuve d’une grande sensibilité et la symbolique de son œuvre inverse ces destins : au final les géants, ce sont bien eux les ouvriers et non les puissants, incarnés par leurs tours pharaoniques.

    Ici, pas de manichéisme, pas de happy end, pas de romance à l’eau de rose ; rien que la vie qui passe, la vie qui meurtrit… et guérit parfois.

    "Giant" est une BD d’ambiance, pas un polar. Ce rythme lent est donc à mes yeux absolument parfait pour évoquer la prétendue insignifiance de ces quelques humains et leurs efforts silencieux pour élever jours après jours, étages après étages, ces monstres qui finiront par les dévorer. Avec au bout, comme seule récompense, l’espoir d’une rédemption.

    Ces deux albums superbes rendent avec la manière un hommage mérité à ces héros de l’ombre, les bâtisseurs oubliés du rêve américain. Bravo !

    Yovo Le 08/02/2018 à 18:13:40

    Brian K. Vaughan, nous offre avec "The private eye" un excellent polar futuriste, plutôt réaliste, dans lequel on retrouve toute l’énergie – et un peu de la folie – de "Saga".

    Planches à l’italienne, découpage dynamique, rythme effréné… L’ensemble se lit avec un plaisir vorace. Les décors sont assez sommaires mais l’essentiel y est pour garantir l’immersion dans le Los Angeles de 2076. Et les personnages au design impec avec leurs flopées d’accessoires donnent vraiment du corps au récit. Seule l’acidité des couleurs est éventuellement discutable… Mais de mon point de vue elles participent pleinement à la construction de cet univers survitaminé. Un monde où après que l’Internet a "explosé" en rendant publiques toutes les données personnelles, chacun se masque avec les plus improbables costumes pour dissimuler son identité.
    Le scenario fourmille d’autres idées et astuces du genre, suffisamment crédibles pour rendre cet album totalement original, divertissant et captivant, sans pour autant qu’il se prenne complètement au sérieux. L’équilibre parfait quoi ! A lire absolument.