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Les avis de - BudGuy

Visualiser les 360 avis postés dans la bedetheque
    BudGuy Le 16/05/2024 à 21:47:25

    Steve Cuzor revient avec une adaptation d'un des premiers grands romans modernes des Etats-Unis d'Amérique, se situant durant la Guerre de Sécession.

    Le combat d'Henry Fleming, c'est avant tout le portrait d'un jeune paysan souhaitant devenir un homme et connaître le baptême du feu. En l'espace de quelques heures, celui-ci découvrira la futilité de la guerre, l'injustice, la bêtise humaine, le courage et la peur.

    Placé à l'échelle d'un homme, le récit nous livre les pensées et réflexions d'un jeune bleu avide d'en découdre mais finalement tenaillé par la peur de mourir dans des batailles qui s'apparentent davantage à des boucheries, destinées à satisfaire les plans et egos de supérieurs planqués à l'abri des balles.

    J'étais très sceptique au départ avec ces planches monochromes. Elle prennent néanmoins sens à partir de l'instant où l'on assiste aux batailles, il n'y a plus de soldats bleus ou gris, simplement des êtres humains participant à une sauvagerie collective absurde. Les planches dépeignant les scènes de combat sont magnifiques et illustrent bien le chaos ambiant.

    Un très bon 'one-shot' qui propose une réflexion intéressante et intelligente sur la guerre de façon générale.

    BudGuy Le 12/05/2024 à 20:41:24

    Changer un titre voire modifier une œuvre, afin de s'adapter au révisionnisme rétrograde de groupes de pression, est absolument lamentable et fournit de l'eau au moulin du politiquement correct actuel.
    En effet, cette nouvelle adaptation des "Dix Petits Nègres" d'Agatha Christie, parue sous le titre "Ils étaient dix", révèle bien la soumission des éditeurs/auteurs au diktat de la pensée unique.

    Passé ce premier et terrible constat, le résultat est heureusement bien fidèle à l'œuvre d'origine et ne part pas dans d'autres délires incongrus de cerveaux malades. Le déroulé est classique, efficace et immerge bien vite le lecteur dans le piège tendu par le meurtrier et qui lança la mode du "whodunit", propre à son autrice.

    Le trait est solide et les références ne manquent pas au détour de quelques cases (Mortimer, Tintin et Milou). La résolution de l'enquête est toujours aussi implacable même si capillotractée.

    Une très bonne adaptation des "Dix Petits Nègres".

    BudGuy Le 11/05/2024 à 11:49:30
    Buck Danny - Tome 60 - Air Force One

    Suite des aventures de nos pilotes préférés face à des terroristes décidés à faire exploser Air Force One, en utilisant entre autre l'IA. Il y a beaucoup de choses à dire sur cet album, en bien comme en mal.

    Visuellement, Formosa assure comme toujours les séquences en avion et les environnements plus terre-à-terre. C'est dynamique, lisible et riche en séquences d'action.

    Pour autant, le rythme et le scénario sont problématiques: les rebondissements et autres raccourcis sont légions à un tempo très (trop) soutenu. J'ai eu la sensation d'un emballement voire d'un empressement destiné à tout boucler sur un deuxième opus qui en aurait mérité un troisième, afin de laisser un peu de répits et de développement entre deux planches d'action. Beaucoup d'informations/rebondissements/révélations sont délivrées dans cet album comme s'il fallait à tout prix maintenir l'intérêt du lecteur à coups de 'cliffhanger' et autres twists.

    Autant le premier opus était sympa et plein de bonnes promesses, autant celui-ci est en-dessous en terme d'écriture et se termine vite-fait bien-fait. J'ose espérer que la conclusion proposée pour certains des personnages soit sérieuse et pas un énième gag/rebondissement téléphoné pour le prochain album.

    BudGuy Le 09/05/2024 à 20:48:19

    Prenez du classicisme, ajoutez une pincée de violence bien graphique, introduisez une bonne dose de politiquement incorrect, insérez des références à Clint Eastwood et Lee Van Cleef, et enfin mettez une grosse dose de Blueberry. Mélangez et servez votre western spaghetti.

    Le résultat final est malheureusement loin de la qualité d'un Blueberry tant au niveau du scénario (on en est très loin) que des dessins, qui vont s'améliorer au fur et à mesure des tomes. J'ai plus eu l'impression d'avaler un 'Canada Dry' que d'apprécier un bon verre de tequila.

    Ultime affront, la série n'est pas achevée vu que celle-ci a été abandonnée il y a bien des années. Cela se laisse lire mais ne casse pas trois pattes à un canard, autant retourner sur les albums de Blueberry.

    BudGuy Le 01/05/2024 à 11:32:32
    San Francisco 1906 - Tome 1 - Les trois Judith

    Judith est une soubrette qui va se retrouver au mauvais endroit, au mauvais moment. Poursuivie par la mafia italienne et les Tongs pour un tableau, elle va, en plus, assister au tremblement de terre de San Francisco de 1906.

    L'histoire est un mélange original entre évènement de l'antiquité, peinture de l'Art Nouveau, chanteur d'opéra et règlements de comptes entre mafiosos. Il y a peu de temps mort et la restitution du tremblement de terre est la partie la plus intéressante et saisissante de cet album.

    Si malheureusement Judith n'est qu'une pauvre demoiselle à demi-vêtue peu explorée psychologiquement, le dessin de Meddour lui offre en revanche des proportions généreuses :)
    Les autres personnages sont bien croqués malgré leur multiplicité. Les teintes sont très orientées sur le sépia prodiguant un aspect rétro à l'ensemble.

    Un premier album de très bonne facture. Suite et fin au prochain album

    BudGuy Le 28/04/2024 à 13:59:42
    Western Love - Tome 1 - La teigne et le gentil

    Premier album d'une nouvelle série, Lebon officie au scénario, dessins et couleurs pour un résultat de très bonne tenue. Le résultat est, certes classique, léger mais plaisant à lire.

    Malgré les cadavres et les coups de feu, le style est davantage orienté 'feel-good' que crépusculaire, et ce grâce aux notes d'humour, aux couleurs vivantes et à l'expressivité des protagonistes.

    Je craignais le piège d'un énième western néo-féministe revanchard 3.0 sans aucune nuance ni intérêt, il n'en est heureusement rien du tout et finalement les maladresses de Gentil et l'irascibilité de Molly sont vecteurs d'attachement émotionnel.

    Le rythme est assez soutenu, le récit enchaîne les rebondissements et l'action sur les dernières planches jusqu'à cette conclusion appelant à une suite que je ne manquerai pas.

    BudGuy Le 19/04/2024 à 21:11:41
    RIP - Tome 6 - Eugène - Toutes les bonnes choses ont une fin

    Avis global portant sur la série.

    'RIP' est une plongée dans un monde sordide, déliquescent et misérable où chacun/chacune essaye à sa manière de s'en sortir. Nous y suivons un groupe de bras cassés ayant chacun ses casseroles et/ou ses addictions se faisant exploiter, par une société plus que douteuse, comme déménageurs d'un genre bien particulier.

    L'histoire est découpée de façon méticuleuse et chaque album apporte le point de vue différent d'un autre personnage, sur une histoire de diamant dérobée, à la manière du film 'Rashomon'.

    Le ton est ouvertement outrancier, cynique et vulgaire faisant le portrait au vitriol d'un monde qui ne tourne plus rond depuis un petit moment, où seule la loi du plus puissant et du plus rusé prime. Il s'agit du genre de série dont la noirceur imprègne les planches grâce aux dessins et couleurs sombres de Monier. Même si étonnamment il y a un "happy-end" à la fin, je m'attendais à une fin différente pour Fanette qui était le personnage le plus intéressant.

    Malgré son manque d'optimisme et quelques clichés de personnages, c'est plaisant à lire en raison de la construction de l'intrigue et des répliques d'humour noir qui parsèment le tout.

    BudGuy Le 16/04/2024 à 21:50:36

    Adaptation d'un livre de Stefan Wul, 'Odyssée sous contrôle' est une bande-dessinée de Science-Fiction/Anticipation comme on n'en lit très rarement.

    En effet, Dobbs et Perger ont pris des risques tant visuellement que narrativement. Que cela soit la folie, les émotions, la manipulation mentale, c'est un maelström d'idées et de couleurs psychédéliques au service d'un récit assez exigeant à la lecture. Les planches sont de toute beauté et transpirent le travail de passionné.

    L'ombre de "Métal Hurlant" plane sur chaque planche et des références à tout un pan du cinéma de Science-Fiction ont été disséminées au fur et à mesure. Cerise sur le gâteau, l'histoire s'achève sur un twist sombre et cynique que n'aurait pas renié un certain Philip K. Dick.

    Un 'one-shot' de très bonne qualité qui mérite vraiment le détour.

    BudGuy Le 08/04/2024 à 21:25:22
    Jeremiah - Tome 40 - Celui qui manque

    Depuis un peu plus de dix ans, chaque nouvel album de Jeremiah participe, par étape, à une entreprise de démolition de ce qui faisait la substantifique moëlle de cette série à l'origine.

    Personnages qui n'évoluent plus, personnages secondaires interchangeables et sacrifiables, fumée cache-misère pour masquer les arrière plans, action décousue et confuse, dessins qui se délitent, scénario inintéressant, dialogues minables… la liste des problèmes se poursuit d'album en album.

    J'y vois au final une forme de fascination ou de masochisme de la part d'Hermann à vouloir établir de nouveaux critères en terme de médiocrité, voire de suicide artistique. Ces nouveaux standards définissent tout ce qu'il faut faire pour accoucher d'une bande-dessinée qui ne se respecte pas et qui ne respecte pas plus les lecteurs.

    BudGuy Le 08/04/2024 à 20:47:38

    En parallèle de la série Carthago qui n'en finit pas, le très prolifique Christophe Bec nous dévoile un 'one-shot' avec des mégalodons au temps de la préhistoire.

    C'est beau, très beau et très impressionnant visuellement. Malheureusement, c'est à peu près tout ce qu'il y a à se mettre sous la dent, puisqu'en effet le scénario se résume à un jeune mégalodon qui cherche à survivre face à diverses menaces et autres joyeusetés issues des abysses, à coup de dents et autres tentacules lacérés.

    Cela ressemble davantage à un documentaire animalier plus qu'à une histoire mais je n'ai pas boudé mon plaisir devant tout ce déchaînement de sauvagerie aquatique, bien mis en image par Antiga et en couleur par Meloni. Il y a de somptueuses double-pages qui s'apparentent presque à des tableaux d'artiste-peintres.

    BudGuy Le 05/04/2024 à 22:34:26

    Larcenet officie à tout les postes et livre une adaptation où la noirceur, le désespoir et la mort transpirent de chaque planche. C'est un long chemin de croix éprouvant, sombre et désespéré pour ce père et son fils à travers un pays en ruine et détruit de part et d'autre.

    Les teintes sont désaturées et 'sales', les jeux de clair/obscur renforcent davantage l'atmosphère anxiogène et dangereuse dans lequel évolue les personnages. La pluie, la crasse, la boue et les cendres sont presque palpables.

    Le récit suit la trame principale et les moments clés présents dans le roman et la très bonne adaptation en film avec Viggo Mortensen. L'auteur a su capter et retranscrire des séquences très malaisantes de l'œuvre d'origine.

    Une réussite et surtout, l'un des meilleurs albums de l'année 2024.

    BudGuy Le 04/04/2024 à 22:38:07
    Bomb X - Tome 1 - La Terre en question

    'Bomb X' débute avec un postulat alléchant, à base de terre parallèle où des personnes de différentes époques et lieux se retrouvent par hasard et doivent s'unir pour survivre. dans un environnement hostile.

    Visuellement, le résultat titille les rétines et en met plein la vue à base de séquences d'action vitaminées et grâce à une large palette chromatique.

    Le scénario se suit sans déplaisir et dissémine des axes de réflexion sur l'Homme et ses travers habituels. Je suis plus circonspect vis à vis des personnages qui sont caractérisés d'une drôle de façon pour certains/certaines, par exemple le héros est plus proche du naïf maladroit et largué que d'un astronaute à la Thomas Pesquet, ou encore le chevalier normand qui manque de ferveur chrétienne et qui se croit être dans Mad Max Fury Road.

    Cet album se termine sur un "cliffhanger" qui ne peut que me donner envie de lire la suite, malgré ses défauts.

    BudGuy Le 03/04/2024 à 22:31:52
    Tango (Xavier/Matz) - Tome 7 - La flèche de Magellan

    Je suis toujours intéressé quand sort un nouvel album de Tango, et pourtant celui-ci m'a refroidi à bien des égards.

    L'histoire est, en effet, d'une platitude assez déconcertante surtout après avoir lu les opus précédents. Il manque de la passion et de vrais enjeux pour un récit qui ne décollera jamais.

    Heureusement, le dessin de Xavier reste exemplaire et tire l'ensemble vers le haut. Le rendu global fait la part belle aux Philippines et à cette partie du Pacifique.

    Cela reste néanmoins bien peu au regard de ce que l'on pouvait exiger avec cette saga depuis ses débuts. Ici, c'est une lecture sans saveur ni réel intérêt qui attend les personnes qui voudront se lancer. Cette saga aurait sans doute dû s'arrêter avec le tome précédent.

    Le premier faux pas (de Tango) et peut-être la dernière danse pour moi…

    BudGuy Le 03/04/2024 à 20:28:27
    Le serpent et la Lance - Tome 3 - Acte 3 - Cinq-fleurs

    Œil-Lance et Serpent finissent, bon gré mal gré, par collaborer ensemble sur les mystérieuses momies qui s'accumulent de part et d'autre du royaume aztèque. Coup de bluff, meurtres, manipulation, magouilles politiciennes seront au menu de ce nouvel opus qui fait encore office de transition.

    Le dessin fourmille de détails et reste de très haute volée. Le chapitrage et le vocabulaire d'époque nous immergent davantage dans cette civilisation disparue, doublé par un jeu chromatique diversifié.

    Le dernier tiers se lit sans à toute vitesse puisque le tueur est physiquement introduit dans l'histoire et la tentative pour sa capture est palpitante et pleine de rebondissements.

    J'attends le dernier album, qui je l'espère, parviendra à clôturer avec panache cette superbe série de bande-dessinées.

    BudGuy Le 27/03/2024 à 18:43:42
    Red Gun - Tome 1 - La voie du sang

    Une série de meurtres sadiques a lieu à proximité du chantier de construction du chemin de fer dans l'Ouest américain. Terence Nichols alias "Red Gun" est missionné par l'ancien général Dodge afin de dénicher le coupable, mort ou vif.

    Inutile de chercher un western classique, malgré certains tropes propres au genre (fusillade, lynchage, saloon), il s'agit au départ d'une enquête policière avec son lot de scènes sanglantes, de cadavres mutilés et de suspects peu recommandables.

    A l'exception d'une séquence en particulier (qui revient sur l'origine de son surnom), le personnage principal ne m'a pas plus marqué que cela. Même constat pour les secondaires, à l'exception du tueur que l'on peut difficilement oublier. D'ailleurs, j'étais curieux de découvrir l'identité et les motivations du dit-tueur, pour un récit qui se laisse lire sans difficulté.

    Les dessins font bien le boulot avec des couleurs assez sobres, à l'image de cet album: simple mais efficace.

    Pas l'album de l'année mais un bon petit western lorgnant vers le thriller sanglant.

    BudGuy Le 19/03/2024 à 21:01:40
    Mister Hyde contre Frankenstein - Tome 2 - La chute de la maison jekyll

    Mister Hyde contre la créature de Frankenstein.

    On se croirait dans un mauvais film "crossover" où deux "boogeymen" s'affronteraient afin de savoir qui serait le plus fort/sanglant/violent des deux. Question affrontement, il faudra néanmoins s'armer de patience car les auteurs ont fait le choix de ménager cette séquence importante à la toute fin.

    Ici, il sera question de personnages sur le retour après la série 'Scotland Yard' dont notamment Faustine Clerval ou encore l'homme éléphant. Au rayon nouveauté, Dr. Jekyll a beau ressembler à Monsieur Propre, il n'en demeure pas moins un dangereux individu où ses (nombreux) forfaits sont exécutés hors champ.
    Cette volonté manifeste de masquer les agressions/affrontements et de jouer la suggestion est assez frustrante, étant donné que c'est ce que le lecteur était en droit d'exiger avec un tel titre digne d'une série B. Même l'apparence de la créature de Frankenstein est assez moyenne au final: ce n'est qu'un vague sosie peu effrayant d'Umbrella, l'antagoniste du jeu Resident Evil 2.

    Si l'aspect gothique de cette époque victorienne est retranscrit au détour de quelques ruelles, souterrains et autre zoo, les dessins manquent parfois de détails sur les plans plus larges. Le côté "gore" est finalement très peu présent et l'aspect déformation monstrueuse assez peu dérangeant.

    Il y a de bonnes choses (la relation entre Jekyll et Faustine, la présence de Freud) mais c'est au final aussi peu marquant que mémorable. L'affrontement au sommet, tant promis par le titre, n'est finalement qu'un gros pétard qui fait pschitt.

    BudGuy Le 14/03/2024 à 09:25:53
    Murena - Tome 12 - Mort d'un sage

    Après un opus n°11 que j'avais trouvé un chouia en-dessous de la moyenne de cette série, ce nouvel album vient clôturer un nouvel arc autour du sulfureux empereur Néron avec en point d'orgue la mort de Sénèque, son ancien pédagogue.

    Murena tente de ménager la chèvre et le chou vis à vis de l'empereur et des amis qui mènent une conspiration contre ce dernier. Le scénario ménage de beaux rebondissements et de la tension à différents instants, pour un album qui conclut en beauté ce qui aura été construit depuis le tome 10.

    Theo a appris de ses erreurs et nous propose une couverture bien plus intéressante et plus belle que la précédente. Son dessin est de toute beauté et rend honneur au regretté Delaby.

    BudGuy Le 12/03/2024 à 16:50:01
    Spirou et Fantasio par... (Une aventure de) / Le Spirou de... - Tome 21 - Spirou et la Gorgone bleue

    Quand Yann rencontre Dany pour une relecture de Spirou et Fantasio, on se doute que cela va donner quelque chose qui va détonner à plusieurs niveaux. C'est effectivement le cas.

    J'avoue être assez partagé. D'un côté, cette relecture version plus adulte et plus grivoise s'apparente à une grosse farce d'un sale gosse cherchant à dynamiter à peu près tout ce qui lui tombe sous la main. D'un autre côté, je ne peux m'empêcher de voir du cynisme dans le discours, de la vulgarité (Pacôme avec la Gorgone Bleue) et du politiquement correct (se moquer/critiquer de Donald Trump n'est ni subversif ni une prise de risque quelconque).

    La quasi-totalité des personnages sont des idiots finis et il y a une forme d'hypocrisie dans le discours: c'est bien d'être bobo-écolo mais pas trop, c'est mal de consommer des burgers mais vous pouvez continuer ainsi puisque tout le monde aime ça, être illégal face à l'illégal ça passe…
    L'humour est présent sur quasiment chaque planche jouant la carte de la parodie (le Marsupilami blanc), du méta (Spip qui annonce que l'on savait qui était la responsable), du grivois (les champignons en forme de phallus), de la stupidité (l'armée américaine avec que des noirs) voire de la surenchère (Trump avec ses poulpitos version Godzilla).

    Dany n'a pas son pareil pour représenter les femmes, surtout avec des proportions généreuses, ici, c'est un peu le festival.

    Un 'one-shot' unique, très outrancier, décalé, débile et qui ne plaira clairement pas à tout le monde. J'y ai vu des qualités mais également beaucoup de défauts, d'où une note assez moyenne.

    BudGuy Le 10/03/2024 à 11:38:13
    Air (Pelaez/Porcel) - Tome 1 - Sous un ciel moins gris

    Pelaez et Porcel se retrouvent pour une nouvelle aventure après l'anxiogène "Dans mon village, on mangeait des chats". Il sera question d'univers steampunk empruntant aussi bien à l'esthétique américaine des années 20 qu'aux régimes dictatoriaux du XXe siècle.

    L'histoire est somme toute classique: l'air est devenue impropre à la consommation et un régime policier maintient le peuple sous oxygène moyennant sa soumission et ses libertés. Un terroriste décide de passer à l'offensive en sabotant des installations destinées à assainir l'atmosphère. Passé cet aspect, cette uchronie a la mérite de ne pas uniquement se focaliser sur un environnement rempli de gratte-ciels mais de nous emmener également sous l'océan, lorgnant du côté de Jules Verne.

    Les planches sont attrayantes de par leur composition et des différentes teintes chromatiques suivant les lieux et atmosphères. De même que la technologie rétro-futuriste vend du rêve comme on dit aujourd'hui.

    Les seuls points où je suis un peu sceptique résident dans le fait qu'il ne s'agisse que d'un diptyque (il y aurait tant à raconter) et dans le rebondissement de fin que j'avais vu arriver.

    Suite et fin dans le prochain album.

    BudGuy Le 09/03/2024 à 12:24:12

    Après 'On Mars' qui m'avait bien captivé, le duo Runberg/Grun revient avec ce 'one-shot' où l'on suit une bande de chasseurs de reliques aux confins de la galaxie à la recherche d'un précieux "bio-grimoire".

    Visuellement, Grun est fidèle à lui-même: c'est époustouflant et certaines planches pourraient faire figure de tableaux à accrocher. Les teintes de couleur sont magnifiquement bien intégrées sur chaque planche.

    Le scénario est, en revanche, plus délicat et discutable. Après une bonne introduction, l'histoire enchaîne certains "tropes" du genre (poursuite en vaisseau, aliens, combats et autres technologies futuristes) avec un plaisir certain, mais au détriment d'un développement nécessaire des personnages pour que l'on puisse s'y accrocher un minimum. Il y a également des facilités scénaristiques: l'identité du mystérieux commanditaire ou encore le fait que les chasseurs tombent pile là où se trouve l'objet tant convoité.

    Ce n'est pas déplaisant à lire, malheureusement je vais vite oublier cette aventure.

    BudGuy Le 05/03/2024 à 11:34:00

    Roland Magdane a dit un jour: "Le monde est devenu un grand hôpital psychiatrique où les fous se promènent en liberté". Ce constat terrible a sans doute été également fait par l'auteur espagnol, Miguelanxo Prado, qui a lui décidé de dépeindre la folie quotidienne via ses "chroniques absurdes" à l'aquarelle.

    Réunies dans cette édition intégrale, les chroniques de Prado sont décapantes et n'ont rien perdu de leur saveur. D'ailleurs certaines résonnent avec l'actualité en France: la consommation de masse, les invasions de "surmulots", la bêtise télévisuelle, le laxisme de la justice, la manipulation des masses…

    Mes passages préférés sont ceux consacrés à la critique de la police, faible avec les forts, forte avec les faibles, plus occupée à coller des contraventions que d'appréhender/matraquer des voyous et autres racailles; aux magistrats et avocats plus occupés à soigner leur image et à rendre une parodie de justice; à la sempiternelle ingérence américaine cherchant à apporter la démocratie ailleurs et enfin aux médecins plus soucieux de leur salaire/avantages que de leur patients.

    Le trait est parfois très caricatural et Prado n'hésite pas à rentrer dans le lard pour des résolutions mettant généralement en évidence le triomphe de la médiocrité sur la raison et la morale, puisqu'en Absurdistan, les fous sont rois.

    BudGuy Le 03/03/2024 à 18:00:51

    Adaptation d'un court livre de Jeanne-A Debats, Valérie Mangin et Stefano Martino se réapproprient l'histoire d'une vieille dame au porte de la mort qui va se faire transférer sa conscience dans le corps d'un cachalot.
    A partir de ce postulat totalement irréaliste, le lecteur est invité à plonger avec Ann Kelvin pour découvrir un nouveau monde et à affronter bien des dangers. Ann deviendra alors le bras armé de Mère Nature face à une humanité destructrice. Les pollueurs n'auront qu'à bien se tenir parce que ça va faire mal façon Moby Dick.

    Outre l'aspect transhumaniste qui est abordé, le récit met les pieds ouvertement dans le progressisme à la mode avec le féminisme (Ann est acariâtre et ancienne militante) et le changement de genre (Ann qui finit dans le corps d'un cachalot mâle). Bien sûr, le vernis écologiste sera de sortie puisqu'il s'agit du thème principal de l'œuvre d'origine.

    Une tentative de dénonciation de l'écoterrorisme est introduite, impliquant des questions toujours très pertinentes: Jusqu'où peut-on aller pour défendre une cause ? Faut-il répondre par la violence face aux gens mauvais pour faire bouger les choses ? Faut-il provoquer la guerre contre la Russie afin de satisfaire son ego et un agenda politique imposé comme l'actuel locataire gigolo de l'Elysée ? Faut-il tuer l'agriculture française pour sauver l'Ukraine ? Est-ce que Joe Biden va t-il finir en EPAHD ? Vais-je réussir à finir de poster cet avis en continuant à parler de la présente BD ?

    Autant d'interrogations qui sont judicieusement soulevées grâce au dessins et couleurs de Martino. En effet, ce dernier fournit un très bon rendu des fonds marins et autres passages oniriques; d'ailleurs mention spéciale pour la rencontre avec le Kraken qui est annoncée via la couverture, c'est le moment le plus épique et le plus beau de ce 'one-shot'.

    BudGuy Le 24/02/2024 à 20:40:37

    Nouvelle adaptation d'un livre de Julia Verlanger, "Sol-13" n'est autre que la suite d'une autre adaptation à savoir "L'ange aux ailes de lumière" que je n'ai pas eu l'occasion de lire.

    L'histoire prend place sur la planète Sol-13 où une agente interplanétaire a disparu. Jatred, un instructeur d'agent de terrain, est envoyé en mission de sauvetage afin de faire la lumière sur ce qui s'est produit.

    Autant le préciser d'office: j'ai peu accroché. La faute à un scénario assez bateau, des dialogues peu inspirés et un manque d'empathie pour les personnages. Il y a quelques beaux visuels et un graphisme correct mais rien de transcendant, rien qui ne m'ait vraiment surpris ni fasciné. L'histoire se déroule sans vraiment de surprise, d'autant plus qu'il n'y a aucune aspérité ou tentative de sortir des clous.

    C'est au final aussi sympathique qu'oubliable.

    BudGuy Le 14/02/2024 à 22:15:57

    'Les chemins de la gloire' de Raymond Lécluse ou plutôt les chemins de la galère pour ce dernier dans la France de l'entre deux guerres, entre drôle de guerre, pauvreté, frustration, trahison, faste, décadence et boxe.

    Résumer les aventures de Lécluse demeure une gageure tant les albums adoptent différents lieux, personnages et atmosphères avec un sens du rythme et une aisance narrative gérée de main de maître grâce à l'écriture de Bucquoy.
    Hulet tire cette œuvre vers le haut via de magnifiques planches aux compositions et teintes diverses et variées. Que cela concerne les scènes de vie d'une garnison lassée d'attendre, des séquences de cauchemar saisissantes, des scènes de boxe, le résultat reste remarquable et ce, malgré son âge (1985-86).

    Les deux premiers albums sont superbes et nous plongent dans une France en proie au chaos politique entre communistes et fascistes, et désordre social entre ouvriers et nantis.
    A partir du troisième, Bucquoy emmène Lécluse de l'autre côté de la Méditerranée pour de nouvelles aventures avec un doux parfum d'exotisme et de danger, mais c'est réellement à partir du quatrième que le rythme et la narration exemplaire vont drastiquement prendre du plomb dans l'aile puisque Bucquoy va laisser les rênes à Hulet. En conséquence de quoi, l'histoire se met à patiner et finit un peu en queue de poisson, malgré des dessins et compositions toujours de haute volée.

    Visiblement Bucquoy avait dans l'idée de poursuivre l'histoire et de proposer de nouvelles aventures au boxeur malchanceux (les notes en fin d'édition révèlent ce qui était planifié), c'était sans compter sa mort en 2011 coupant court à l'aventure de façon définitive.

    Cette édition intégrale rend hommage au dur labeur des deux auteurs qui ont signé quatre albums, dont trois sont exceptionnels. 'Les chemins de la gloire' mérite(nt) que l'on s'y attarde.

    BudGuy Le 11/02/2024 à 13:48:01
    Brigantus - Tome 1 - Banni

    Après le western crépusculaire, Hermann revient pour une nouvelle série en collaboration avec son fils. Il sera question de la Rome antique et plus précisément des tentatives romaines de conquérir et contrôler les terres écossaises face aux féroces autochtones, les Pictes.

    Dans cet album, pas de place pour la légèreté ou l'humour, le ton est donné d'emblée: c'est sérieux et violent. L'ambiance est encore résolument sombre et peu reluisante comme sur les derniers 'Jeremiah' via des brumes et autres brouillards. Cela est d'autant plus logique vu qu'il s'agit du climat caractéristique des régions du nord de l'Angleterre, de plus, cela accentue le côté cauchemardesque de ces terres hostiles.

    L'histoire mêle différentes thématiques: la tentative d'intégration des sang-mêlés dans les cohortes, les exactions commises sur des civils par des troupes d'occupation, la déshumanisation des soldats… le tout servi par les dessins si particuliers et couleurs sombres d'Hermann père.

    Suite à la série 'Duke' qui a été terminée avec plus ou moins de succès, et celle consacrée à 'Jeremiah' qui est définitivement perdue, ce premier tome de 'Brigantus' apporte un peu de nouveauté pour le duo Hermann, en conséquence de quoi je me laisserai bien tenter par la suite.

    BudGuy Le 06/02/2024 à 18:40:23
    Josse Beauregard - Tome 2 - Mourir à Cadix

    Au temps des guerres napoléoniennes, le lieutenant de vaisseau français, Josse Beauregard, est fait prisonnier par les Anglais (Tome 1), réussit à s'évader, puis est de nouveau fait prisonnier par les Espagnols à Cadix (Tome 2) avant à nouveau de s'évader. Je viens de résumer en quelques lignes l'un des gros problèmes de ce diptyque: l'histoire est archi-classique, manquant cruellement d'originalité et de surprise.

    Les couvertures sont trompeuses, puisqu'en effet Beauregard sera le plus clair de son temps sur la terre ferme dans une geôle à chercher à s'évader et/ou à se faire arrêter plus d'une fois, plutôt qu'à arpenter les océans. Il n'y aucun élément haletant qui donnerait une plus-value à cette histoire de prisonnier épris de liberté.

    Le dessin n'est pas désagréable (loin de là) mais il souffre d'un classicisme sans relief. Les personnages vont se révéler à l'image du récit, plats et parfaitement oubliables. Je n'ai absolument pas eu un quelconque attachement ou ressenti quelque chose envers ces derniers.

    Au final, une lecture sympathique, pas désagréable mais absolument pas marquante pour un iota. Aussi vite lu, aussi vite oublié.

    BudGuy Le 01/02/2024 à 17:52:07

    Jacques est un gamin vivant avec sa sœur et ses parents, dans un village du côté de Castres, où le maire et boucher Charron 'la charogne' s'est secrètement spécialisé dans le pâté de chats. A la suite de cette sordide découverte, Jacques va se lancer dans un jeu (du chat et de la souris) avec Charron.

    Peleaz nous relate le parcours chaotique d'un gamin qui de fil en aiguille va devenir une petite frappe puis un criminel. Le récit est noir, teinté d'une ironie grinçante et mélange les genres du polar, de l'horreur, des truands et de la critique sociale.
    Au niveau des dessins, Porcel sublime, via une esthétique brute de décoffrage, la grandeur et déchéance d'une partie de cette jeunesse qui s'est brûlée les ailes sur les cahoteux chemins de la perdition, durant les années 70.

    Un 'one-shot' bien sombre et prenant à souhait.

    BudGuy Le 29/01/2024 à 20:20:38

    Salva est un sicario, ou plutôt était un sicario au service de cartels de narcotrafiquants. A l'issue d'un passage en prison, il a trouvé la foi et a décidé de devenir pasteur. Une fois libéré, il retrouve sa famille mais également Victor, un ami avec qui il a fait les quatre cents coups et qui voit d'un mauvais œil cette reconversion, puisqu'en effet Salva a la volonté d'évangéliser les habitants de son quartier défavorisé mettant un frein à la circulation/consommation de drogues.

    Voilà une œuvre très solide que cela soit dans sa construction d'enjeux, son découpage et dans sa progression où la notion de sacrifice sera au rendez-vous.
    Outre le visuel très immersif et poisseux dans ce monde de violence, les couleurs de Hiroyuki Oshima sont excellentes de par leur variation mais également de par leur contraste suivant la situation que cela soit une scène de nuit, un échange dans un bar, un règlement de compte, une fusillade…

    Salva est un homme en quête de rédemption et le voir se battre animé par sa foi dans un univers aussi sordide est un beau message d'espoir pour tout ces pays sud-américains où la drogue, les meurtres et la corruption sont monnaie-courantes. Le récit est entrecoupé d'éléments de la vie passée de Salva et Victor permettant d'en apprendre plus sur eux et leur parcours respectif jusqu'à ce final inévitablement tragique.

    Un superbe 'one-shot' que je ne peux que recommander.

    BudGuy Le 26/01/2024 à 17:31:46

    Amateur de narration inversée à la Memento et de road trip parisien façon 'Le Bon, la Brute et le Truand', ce 'one-shot' est fait pour vous.

    Partant d'un postulat simple, les auteurs nous narrent une traversée de Paris mêlant braquage, western et critique sociétale. Le récit est composé de chapitres inversés, ce qui résulte en une forme de narration que n'aurait renié un certain Christopher Nolan.
    Outre cette particularité dans la mise en page, des détails et indices sont disséminés jusqu'au chapitre final accouchant sur une révélation bien amenée.

    En parallèle de la série 'RIP', Monier s'est fait plaisir avec cette œuvre et il n'a pas son pareil pour dépeindre des ambiances sales et sordides telles que les couloirs du métro parisien, un Paris insurrectionnel et autre moulin rouge/cimetières.

    Un très bon 'one-shot' qui se bonifie au fil des relectures.

    BudGuy Le 24/01/2024 à 11:59:50
    Buck Danny - Tome 59 - Programme Skyborg

    Buck Danny et ses deux comparses de toujours sont envoyés en mission afin de tester un nouveau prototype d'avion piloté par une IA. Evidemment, de méchants espions vont se dresser sur leur chemin afin de pirater ce système et créer le chaos aux Etats-Unis.

    Voici une nouvelle histoire qui débute avec un gros sujet d'actualité: l'Intelligence Artificielle et ses futurs problématiques. Le récit est simple mais efficace et réserve son lot de frissons et scènes de bravoure propres à la série. Il y a même le retour d'un ancien méchant autre que Lady X, ce qui change de l'ordinaire (on échappe au syndrome Olrik de Blake et Mortimer).

    Encore une fois, les auteurs rendent une très bonne copie visuellement parlant.
    Mon seul reproche réside dans la représentation de l'Amérindienne Navajo qui a davantage l'air d'une top-model sortant d'une publicité pour parfum Dior que "d'une chasseuse de météorites".

    A voir si la suite sera à la hauteur.

    BudGuy Le 15/01/2024 à 20:41:06

    Oh non, quel gâchis.

    'Wahkan' est un 'one-shot' de style steampunk se déroulant à Paris lors de la fameuse exposition universelle. Nous y suivons une inspectrice, Eléonore Kowalski, essayant de résoudre une série de meurtres sanglants ayant lieu sur la Tour Eiffel. Son supérieur l'oblige à travailler avec Jules Castignac, un pistonné tatoué, plus prompt à courir après les jolis filles qu'à trouver des indices.

    Voilà une œuvre pour laquelle j'aurais vraiment voulu mettre une note excellente, et ce pour plusieurs bonnes raisons. Visuellement, j'ai été client de ce mélange entre BD franco-belge et l'aspect manga que les auteurs ont voulu transmettre (même à travers certains dialogues et situations). L'aspect rétro-futuriste est également vraiment plaisant et aurait dû permettre d'ouvrir de magnifiques horizons et nous en mettre plein la vue. Malheureusement, c'était sans compter le scénario qui est le plus gros point faible.

    En effet, après l'introduction des personnages et la création d'une complicité indéniable voire plus entre nos deux protagonistes principaux. Le récit va s'emballer et se ratatiner sur un final extrêmement décevant, coupant l'herbe sous les pieds du lecteur. La frustration de ne pas avoir une histoire plus charnue et plus longue a été le premier sentiment que j'ai eu à la fermeture du livre, surtout avec ce qui était proposé: la secte amérindienne, les politiques corrompus, les meurtres ritualisés… il y avait de quoi faire.
    En même temps, les auteurs précisent dans la préface que cette BD a nécessité treize ans de travail avant d'arriver à son terme. Je peux aisément imaginer les difficultés rencontrées pour arriver à un résultat édité et publié; cependant, je ne peux pas oublier la fin: des révélations en quelques planches puis la mort du méchant qui est à ce titre assez pitoyable.

    BudGuy Le 14/01/2024 à 21:29:03
    Samurai - Tome 16 - Le Sabre des Takashi

    Nouvelle aventure de Takeo, en compagnie de Sayuri, qui se fait piéger dans un petit village par un mystérieux tueur.

    Point de départ convenu, langage moderne et vulgaire à souhait, facilités d'écriture à foison, mort du méchant très décevante, manque de beaux combats au katana, cet opus est assez désastreux sur pas mal d'aspects.

    Seuls les dessins, couleurs et les cadrages dynamiques sauvent un peu l'ensemble de cet album parfaitement oubliable et dispensable.

    Il serait temps d'arrêter les frais et de conclure dignement cette saga.

    BudGuy Le 14/01/2024 à 12:16:49

    Bec le précise d'emblée dans la préface: il a mis cinq années avant de pouvoir accoucher du présent ouvrage. Non seulement il revient au dessin après de longues années de mutisme mais surtout, il signe un album de BD qui n'en est pas un.

    Il s'agit surtout d'une sorte de mélange entre décors enneigés, paysages post-apocalyptiques, des écrits, des références à Métal Hurlant, de la narration entrecoupée par chapitre… Bec livre une copie au visuel saisissant et démesuré, mais empreint de textes creux et de réflexions parfois anecdotiques tant le visuel est plus parlant.

    Il ne faut pas chercher à lire une BD dans le sens 'classique' du terme mais plutôt un recueil original d'ambiances post-apocalyptiques questionnant l'état du monde, doublé d'une mise en garde face aux dérives de notre monde et de nos dirigeants bienveillants.

    BudGuy Le 13/01/2024 à 20:13:51
    La buse - Tome 2 - Pour l'éternité

    A la suite de l'abordage du Nossa Senhora do Cabo, la Buse et son équipage filent enterrer leur pactole dans un endroit perdu. Tandis que les Autorités locales essayent en vain de le capturer, le pirate continue d'écumer l'Océan Indien pour le meilleur et pour le plus sanglant.

    Suite et fin des aventures du pirate français, il sera surtout question de l'enterrement du trésor, d'épisodes d'abordage assez violents et surtout de sa capture.

    Autant visuellement, je suis toujours admiratif du travail de Delitte (surtout les somptueuses double-pages), autant j'ai été un peu ennuyé sur le récit qui aurait pu être plus épique.
    J'ai eu également ce sentiment de "vite, il faut boucler l'histoire en deux tomes" alors que je suis persuadé qu'il y avait encore de la matière à raconter autour de cet incroyable pirate.

    BudGuy Le 10/01/2024 à 12:16:06
    Black Lord - Tome 2 - Toxic warrior

    Quand Ponzio, le spécialiste de la BD roman photo, rencontre Dorison (frère), scénariste, cela donne 'Black Lord'.

    L'histoire est assez au départ assez truculente: nous y faisons la connaissance du John McClane version française, minable pilote de bateau d'opérette pour touristes friqués au large des côtes somaliennes. Evidemment, une joyeuse bande de pirates passe dans le coin et cela finit en jus de boudin. Autant dire qu'avec un pitch pareil, j'étais parfaitement intéressé et me suis lancé dans la lecture sans traîner. Sauf qu'au final, j'ai un peu déchanté.

    Les réactions de certains personnages ont l'air d'être calqué sur les racailles de cité française, sans parler des dialogues assez vulgaires. Il y a quelques clichés à droite à gauche: le pilote qui se révèle être un ancien commando trop balèze désavoué par sa hiérarchie (Steven Seagal aurait approuvé le rôle), le coup de la panne pile au mauvais moment, Churchill qui n'est pas si méchant que cela, l'ancien chef repenti…
    Il y a également une tentative d'expliquer les actes de piraterie somalienne avec comme responsable/coupable les Blancs occidentaux. C'est malheureusement trop facile et pitoyable comme excuse.
    Visuellement, c'est le style de Ponzio en mode roman photo, on n'aime ou on n'aime pas.

    Points positifs: c'est efficace, cela ne perd pas de temps dans la narration et en deux opus, l'affaire est bouclée.

    Telle une grosse série B signée Luc Besson, cela ne vole pas très haut. 'Black Lord' est certes bien mené et involontairement drôle par instant, mais assez peu intéressant dans l'ensemble. Aussi vite lu, aussi vite oublié.

    BudGuy Le 09/01/2024 à 19:02:47
    Elecboy - Tome 4 - Le mur du temps

    Joshua rencontre enfin le grand méchant Zehus pour un final apocalyptique, tandis que Vittorio et les Puiseurs affrontent Sylvio, son grand-père et ses sbires, afin de gagner leur liberté et faire cesser l'oppression. Ultime opus de cette série, il sera surtout question de délivrer les derniers éléments qui restaient en suspens et de conclure l'histoire de façon définitive.

    Je le dis et je le répète de nouveau: c'est beau, très beau. Visuellement, il y a eu du travail et beaucoup de soin apporté aux ambiances. Le résultat aura été à la hauteur de mes attentes et constant du début à la fin. J'ai également noté une certaine recherche au niveau du scénario, dans le fait d'intégrer et d'expliquer le transhumanisme et son origine dans le récit. Malheureusement, les explications à caractère mystico-fantastico-bouddhique ne m'ont pas convaincu pour un iota.

    De surcroit, le combat final est un peu trop vite expédié, les moines soldats sont introduits trop rapidement pour être sacrifiés. La sensation de trop plein en terme d'infos balancés en quelques planches est également palpable.

    Un dernier problème est à souligner: le précédent album proposait avec générosité un époustouflant final à la Mad Max et sonnait déjà comme une conclusion. Dans le cas présent, cet opus conclut l'autre histoire à base d'IA méchantes et autres technologies futuristes, ajoutant une prolongation pas forcément utile.

    Au final, il y aura toujours eu ce caractère bicéphale de deux histoires intéressantes mais qui se tirent mutuellement dans les pattes; il y aurait peut-être bien fallu n'en raconter qu'une.

    BudGuy Le 08/01/2024 à 10:58:31
    Amber Blake - Tome 2 - Opération Cleverland

    Amber Blake ou le mélange improbable entre James Bond, Jason Bourne, Nikita ou n'importe quelle production Luc Besson, tout un programme.

    L'histoire est basique à souhait: une orpheline qui devient une tueuse qui sait tout faire pour une organisation secrète tout en cherchant à se venger. Pour l'originalité, il faudra chercher ailleurs, d'autant plus que c'est rempli de clichés en tout genre (le traitre, les faux morts, l'enfance difficile, les méchants unidimensionnels…).

    A défaut d'avoir une histoire qui sorte des clichés et autres passages obligés usés du genre espionnage/action, je pensais me rabattre sur l'aspect graphique ou le découpage des scènes d'action. Malheureusement en dehors des couvertures, le résultat à l'intérieur n'est pas à la hauteur puisque inégal d'une case à l'autre et dans l'ensemble, assez convenu et pas très captivant.

    Le seul élément que je sauve réside au niveau des méchants faisant partie d'une organisation intouchable de traite d'enfants à caractère pédophile. C'est un sujet sensible qui est rarement abordé dans le milieu culturel en raison de sa dureté et des nombreuses ramifications politiques que cela implique.

    Je me suis infligé les deux premiers albums et j'estime que cela suffit amplement. Vous l'aurez compris: économisez votre temps et votre argent, il y a de toute évidence mieux à lire ailleurs.

    BudGuy Le 05/01/2024 à 10:03:21
    Le grizzli - Tome 1 - Un drôle de Chabanais

    Le prolifique Matz s'associe au dessinateur Simon pour un 'one-shot' (?) qui sent bon la France des années 60 à coup d'argot et d'expressions dignes des 'Tontons Flingueurs'.

    L'enquête introduite n'est qu'un prétexte pour enchaîner les scènes/dialogues ciselés à la Audiard et jouer avec les codes des films noirs à la Melville, pour un résultat très savoureux même si la fin m'a paru un peu abrupt.

    C'est le genre de BD réservé à un public qui a vécu cette époque ou qui en est fan (Panhard, DS, Facel Vega…). 'Le Grizzly' est un très bel hommage à cette France d'un autre temps.

    BudGuy Le 04/01/2024 à 12:33:12
    Mécanique céleste - Tome 2 - La source

    Après un premier opus de très grande qualité et rafraichissant via son sport et ses règles débridées, nous repartons vers Pan avec nos héros suite à leur victoire sur Fortuna. Ces derniers se perdent en chemin et finissent à la Source, sorte de sanctuaire du savoir d'avant l'effondrement. Exit donc le sport ballon prisonnier en mode pastiche, place à un récit se déroulant dans un lien clos où il sera question de terroristes, de politique, d'histoires de famille, d'armes futuristes rappelant le jeu "Splatoon" et d'une disquette MacGuffin.

    Visuellement, Merwan s'amuse de nouveau comme un petit fou avec ses aquarelles. L'encrage et les textures sont généreuses pour un rendu cartoonesque dans la continuité du précédent volume.
    Scénaristiquement parlant, c'est un peu plus délicat dans le sens où le récit est beaucoup plus court et part dans tout les sens. De plus, certains éléments scénaristiques auraient pu être évités (le 'père' d'Aster) ou au contraire davantage développés (la géopolitique et les différentes factions).

    C'est sympathique dans l'ensemble mais c'est surtout un sentiment foutraque qui prédomine. J'ose espérer que cet opus un peu maladroit n'est qu'une erreur de parcours et que le prochain album saura relever le niveau avec panache, et tutoyer de nouveau les sommets du premier volume.

    BudGuy Le 03/01/2024 à 21:34:40
    Les vents de la colère - Tome 1 - Les vents de la colère

    Voilà un manga des années 60 à ne pas conseiller à tout le monde puisque la lecture ne laissera personne indifférent de par sa teneur et son atmosphère.

    Tatsuhiko Yamagami est un auteur mangaka devenu romancier qui s'était lancé dans le milieu comme artiste sérieux avec la publication de la présente œuvre. A partir d'un trait simple et tutoyant le style d'un certain Tezuka, Yamagami livre un brûlot antimilitariste et une charge bien violente envers la société japonaise.

    En s'inspirant d'un fait divers sordide (la maladie de Moïke), l'auteur dresse un état des lieux tant au niveau sociétal que politique du Japon de l'époque. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a su capter les relents nationalistes, l'ingérence américaine, la manipulation des masses et le désenchantement/aliénation d'une jeunesse qui souhaite vivre en paix.

    'Le vent de la colère', c'est un mélange comprenant de l'investigation policière, du drame familial, du carcéral, du militaire… L'autre force de ce manga réside dans la multitude de thèmes abordés avec justesse et sans concession. Le manga a certes vieilli sur pas mal d'aspects, en revanche les thèmes abordés sont universels (lutte contre la guerre/militarisation/censure, lutte pour la vérité/liberté).

    Visuellement, Yamagami a sûrement donné le meilleur de lui-même via un découpage au cordeau, des clairs/obscurs maîtrisés, des scènes de violence où les coups et blessures sont exhibés et de très belles planches remplies d'images fortes.

    Pour un manga de type 'shonen', il est impressionnant de constater que les adolescents de l'époque lisaient des œuvres beaucoup plus teintées de noirceur et plus politiquement engagées, là où aujourd'hui le manga 'shonen' correspond davantage à du 'One Pisse' et autres 'Naruto Boruto' inoffensifs.

    BudGuy Le 02/01/2024 à 10:03:23
    Le protocole Pélican - Tome 4 - Volume 4

    Après l'inégal 'complexe du chimpanzé', le duo Marazano/Ponzio revient avec une nouvelle série concept futuriste inspirée de l'expérience de Stanford. Pour résumer le début: nous assistons à une réunion des Bilderberg, c'est-à-dire à une minorité de privilégiés nantis appartenant à des sectes lobbyistes, qui décident de la pluie et du beau temps pour le reste du monde. Ces derniers ordonnent l'incarcération d'individus dans le cadre d'une expérience scientifique à caractère inédit, englobant de la psychologie, des neurosciences et de la physique quantique.

    Encore une fois, le lancement de la série est géré de main de maître et nous sommes rapidement happés par cette histoire où le suspense et la tension psychologique seront les maîtres mot. Et encore une fois, le dessin de Ponzio est dans le style rotoscopique et paraît toujours figé par moment. Les tons de couleur sont gris et sombres participant à une atmosphère froide et anxiogène à l'image de l'histoire.

    Autant le premier album est bien mené en terme de tempo narratif, autant les deux suivants vont prendre leur temps via un rythme ralenti, le temps d'explorer les différents niveaux de sadisme et de torture employés sur les "unités", tout cela sous couvert de science. Cela en est un peu répétitif sur certains aspects.
    Par ailleurs, les "unités" sont issues de différents pays (Espagne, France, Royaume-Uni, Chine…), comment peuvent-ils se comprendre ? Tout le monde parle anglais ? Même la gamine et les vieux ?

    Pour le quatrième album, j'avais peur que le scénario tombe dans des explications fumeuses afin de conclure: il n'en est rien heureusement. De plus, la fin est implacable et comporte plus de réponses apportées que pour celle du 'complexe du chimpanzé'.

    Une série à concept, intéressante scientifiquement et prenante malgré quelques défauts.

    BudGuy Le 31/12/2023 à 22:23:43

    Il y a quelques années, j'avais lu les trois opus de cette série et en avais gardé quelques bribes de bons souvenirs (la rencontre entre Hélène et Gagarine notamment). Le temps a passé et je me suis dit qu'il était l'heure de relire le tout via son édition intégrale.

    Le postulat est très alléchant et le premier album pose de solides bases et interrogations pour la suite. J'ai bien apprécié le scénario original de part sa relecture de l'histoire de la conquête spatiale. Premier reproche, Sofia, la fille d'Hélène qui a l'air d'avoir 11 ans à tout casser, parle avec un langage assez châtié (?) aux autres adultes. Deuxième reproche: le dessin de Ponzio. C'est très simple, soit on aime l'aspect photo-réaliste, soit on déteste l'aspect figé par moment et le fait de lire une BD en mode roman photo. Néanmoins, les cadrages, les plans rapprochés, la colorisation assez froide concourent à mettre dans une ambiance oppressante à souhait sur la partie spatiale.

    Une fois que l'on fait abstraction de ces premières considérations, le deuxième album continue sur sa lancée et nous emmène sur Mars pour plus de mystères et de découvertes. Cet album est sans aucun doute le meilleur des trois de par sa progression et ses avancés/rebondissements dans l'histoire globale.

    Malheureusement, cette belle dynamique est réduite à néant avec le dernier album qui accumule les questions sans réponse et autres pirouettes scénaristiques pour s'achever sur une fin vraiment médiocre (tout ça pour ça, sérieux ?). Les auteurs ont voulu se la jouer à la Interstellar qui n'était déjà, soit dit en passant, pas terrible au niveau de sa conclusion.

    Il en ressort finalement un sentiment mi-figue mi-raisin me concernant: d'un côté, il y a une première partie et milieu immersive et passionnante en terme de SF et mystérieuse à souhait, d'un autre côté, la résolution est très décevante et donne l'impression d'avoir été expédiée. Dommage.

    BudGuy Le 31/12/2023 à 11:49:41

    'Du bout des doigts' nous emmène dans le Paris des années 60 où l'on suit le parcours de Paul, jeune peintre à la recherche de l'inspiration, dont la rencontre avec une jolie coiffeuse, va changer le cours de son existence.

    Par défaut, je ne suis pas client des bande-dessinées à caractère romantique, néanmoins j'ai fait l'effort de lire ce 'one-shot' grâce à sa couverture qui m'a accroché. Autant le dire, je n'ai pas été déçu par cette histoire certes simple mais pas simpliste.

    Il pourrait s'agir de prime abord d'une histoire d'amour archi-classique, cependant l'auteur a disséminé un petit élément dans le récit qui amène à une réflexion intéressante sur l'inspiration artistique. De même, cette œuvre pose des questions sur l'art et la création de façon globale: faut-il suivre une école/un mouvement artistique en particulier ? faut-il oser "se lâcher" quitte à laisser le spectateur sur le carreau ? Toujours les mêmes questions qui reviennent quand il s'agit de l'art mais c'est ici abordé avec simplicité sans être pompeux.
    D'autres thèmes sérieux sont abordés (le suicide, l'infidélité) mais cette BD reste dans un état d'esprit proche de ces films que l'on qualifie de 'feel good movies'.

    Un dernier mot sur le dessins et le style graphique de Bonin: c'est beau. Les silhouettes féminines possèdent une élégance longiligne et la mise en couleur s’appuie sur une palette chromatique qui s'inscrit bien dans la thématique principale de cette œuvre.

    BudGuy Le 30/12/2023 à 17:41:07

    Suite au visionnage de 'The Killer' de David Fincher, je me suis dit qu'il était temps de me plonger dans la lecture de l'œuvre dont le film tire son inspiration. Cela tombe bien Casterman vient de sortir une nouvelle réédition du premier cycle, comprenant les cinq premiers albums.

    Le postulat est classique mais cette BD tire son épingle du jeu via son personnage principal 'Le Tueur' (comme dans le film) dont les pensées sont explicitées au fur et à mesure des cibles à éliminer. Beaucoup d'éléments sont abordés sur notre monde, ses contradictions, la nature humaine, la pollution, les injustices, la corruption, les cartels de drogue… le tout avec un ton tantôt cynique, tantôt détaché voire très moralement douteux. Il y a une très grande rigueur dans l'écriture permettant de ne pas s'ennuyer malgré des phases d'observation/tranche de vie avant les exécutions.

    Heureusement, David Fincher n'a pas repris en copier-coller le scénario et les mêmes personnages principaux comme secondaires (sauf la fille sud-américaine). C'est donc avec beaucoup de joie que j'ai pu apprécier l'histoire qui prend un chemin très différent.

    Les dessins de Jacamon sont très bons mais c'est surtout son sens du découpage très clair et posé et les différentes teintes de couleur qui m'ont le plus marqué. Il se permet à plusieurs moments de créer des décalages/flous sur des scènes de violence afin de faire ressortir le désordre de la situation, tranchant avec l'aspect froid, organisé et clinique du tueur.

    Un début de série très prometteur, dotée d'une morale discutable mais aux nombreuses qualités indéniables.

    BudGuy Le 28/12/2023 à 15:27:01
    Les tuniques Bleues - Tome 67 - Du feu sur la glace

    Tiens tiens, un nouvel album des Tuniques Bleues avec de nouveau Kris au scénario et Lambil aux dessins, après le sympatoche 'Irish Melody'. Est-ce que le présent volet est d'aussi bonne facture voire mieux que le précédent ?

    Cet album a malheureusement le cul entre trois chaises (oui c'est possible) avec d'un côté le stress post-traumatique du sergent, les tribus indiennes opprimées par les méchants blancs sudistes et la présence du cartographe anarchiste. Il y a l'envie de traiter de plusieurs sujets sur un album, chose appréciable mais atteindre l'équilibre est délicat. Dans l'ensemble, j'ai eu plus l'impression d'avoir assisté à une greffe qui marche par à-coups.

    Le pire se révèle être l'insertion de problématiques progressistes actuelles au forceps, dans un contexte géopolitique et socio-historique qui était beaucoup plus complexe que ce l'on peut supposer. Ce volet insiste là-dessus via le personnage d'Amélie qui veut soigner tout le monde et l'anarchiste qui récite ses belles leçons de vivre-ensemble sans frontière. A mourir de rire.

    L'armée de l'Union a aussi massacré son lot de tribus indiennes, et ce encore plus après la guerre de Sécession. Pour une série qui réussissait à ne pas tomber dans un camp ou l'autre (par exemple Black Face ou les cousins d'en face) et à ne jamais être trop pontifiante, c'est vraiment dommage.

    BudGuy Le 28/12/2023 à 12:06:21
    Cyberwar - Tome 3 - Thuy Diêm

    Cyberwar est un triptyque dont le postulat est plus qu'intéressant et probable: que se passerait-il si les Etats-Unis d'Amérique étaient victime d'une cyber-attaque qui paralyserait ses moyens de communication, de défense et ses infrastructures publiques (centrales, hôpitaux, stations service…) ?

    L'histoire est introduite et axée sur plusieurs personnages aux profils différents: un dénommé Jack cherchant vengeance, une astronaute noire Nora Parks revenue sur Terre, Lancaster un agent de la CIA et le Président des Etats-Unis. Les auteurs ont décidé de construire un thriller catastrophe nerveux en suivant ces personnages face à cette crise et d'introduire l'enquête destinée à appréhender les responsables de ce chaos.

    L'effondrement du pays est effectivement bien installé rappelant les œuvres post-apocalyptiques à la Walking Dead avec quelques clichés (les "Rednecks", les membres du KKK, les prisonniers évadés), il ne manquait que les survivalistes et autres prédicateurs extrémistes pour un combo gagnant. La partie traque/enquête est plaisante à suivre avec les méthodes tortueuses de la CIA pour parvenir à ses fins, jusqu'au dénouement solide et sympa du troisième volet.

    La géopolitique est malheureusement délaissée au profit de l'enquête et de la dénonciation des maux de l'Amérique (le racisme, les armes à feu…), ce qui est vraiment dommage. Même le créneau économique est délaissé puisque la crise n'a pas d'impact sur les autres pays du monde (?).

    Graphiquement, Denys rend une copie honorable via une mise en page au carré et lisible dans son action. C'est efficace et clair dans le trait pour une lecture qui se suit sans accroc. Mention spéciale aux couvertures qui sont superbes.

    Au final, une histoire divertissante qui se lit comme on regarderait un film ou toute autre série américaine interchangeable/oubliable sur Netfric.

    BudGuy Le 27/12/2023 à 10:04:46

    Olivier Varese est journaliste. Comme tout bon journaliste qui se respecte, il n'a pas son pareil pour tomber sur des affaires peu reluisantes. Que cela concerne une affaire d'espionnage en ex-URSS ou une affaire d'héritage japonais, la vie de journaliste suisse n'est pas forcément de tout repos.

    Avec cette série, Enrico Marini faisait ses débuts dans le milieu avec un style plus proche du manga que celui que l'on lui connait aujourd'hui. Déjà à l'époque, il démontrait un certain talent avec un cadrage et des dessins bien dynamiques à souhait.

    Le scénario est, quant à lui, en dent de scie, le premier album est très sympa avec cette histoire d'avion qui doit se poser sur la Place Rouge de Moscou et son héros, gaffeur et tombeur de ces dames.
    A partir du deuxième, le récit va partir un peu à droite à gauche mélangeant les morts de la place Tianmen en Chine, esthétique et robots à la Gundam, parc d'attraction japonais… avec pas mal de rebondissements. J'ai beaucoup moins accroché devant toute cette débauche d'énergie et de frénésie pour un intérêt plus limité, malgré des dessins toujours aussi exemplaires.

    Au demeurant une bonne série bien sympathique mais pas indispensable pour ma part.

    BudGuy Le 23/12/2023 à 11:14:03
    La liste 66 - Tome 5 - ... Californie

    Dans l'Amérique de la Guerre Froide, Alex fuit sur la route 66 en compagnie de son fils. A ses trousses, le FBI et des agents du KGB pugnaces dont un tueur prénommé "le clown", le poursuivent d'état en état.

    A partir d'un schéma classique (le fugitif en fuite), Eric Stalner nous renvoie dans une autre Amérique, celle des années 60 où l'on pouvait rouler en Cadillac sur les longues routes et où l'on pouvait croiser des espions se livrant à une guerre silencieuse à coup de trahisons et d'agents dormants.

    L'idée de centrer un album sur chaque état longeant la route 66 était intéressant quoique nécessitant d'avoir de la matière et des idées neuves. Autant c'est réussi sur les trois premiers albums, autant cela part dans une autre direction à partir du quatrième. Le cinquième et dernier précipite une conclusion qui aurait normalement dû arriver au septième.

    Précipitation est d'ailleurs la maître mot pour cet ultime album où les premières pages révèlent des infos manquantes à coups de bulles informatives. Il y a également une confrontation entre Alex et le clown à coup de pistolets en mode John Woo, c'était assez sympa et inattendu pour le coup.
    Pour le reste, il y aura beaucoup de trahisons/révélations/rebondissements/cadavres au fur et à mesure de la lecture pour une série aux dessins et découpage exemplaires.

    Une bonne lecture malgré de la répétition et une fin arrivée plus vite que prévu.

    BudGuy Le 20/12/2023 à 11:30:31

    Frédéric Bagères et Marie Voyelle nous invitent au zoo à la découverte d'espèces vivantes en harmonie et d'autres qui ont muté en monstres de foire. Les détectives privées, Castor Burma et Poulpe, sont chargés d'enquêter sur ces mystérieuses transformations où le large bestiaire implique un grand nombre de suspects potentiels.

    De l'originalité, des dialogues percussifs, des références à foison, des jeux de mots, des sous-entendus sexuels, de l'humour, une enquête policière avec des codes détournés, 'Panique au zoo' c'est tout cela à la fois. Les auteurs ont également utilisé des caractéristiques animalières au service de l'intrigue et des sous-intrigues.

    Le rendu global est soigné et enfin, imaginer des mélanges inter-espèces est assez osé et instaure un côté décalé/détournement à plusieurs reprises, ce qui correspond aussi à l'aspect détournement de cette œuvre par rapport à ses références policières (Nestor Burma et le Poulpe).

    BudGuy Le 18/12/2023 à 17:24:41
    Le blaireau - Tome 3 - Roxane

    Après la Fouine, voici le Blaireau !

    Contrairement au rappeur neuneu suscité, le blaireau mentionné est tromboniste et musicien de jazz dans un petit groupe, se produisant dans un club sur Paris. Cet 'anti-héros' va rencontrer sur chaque album une fille différente et ainsi, le plonger dans une aventure teintée de polar (en tout cas pour les deux premiers).

    Le dessin de Boëm est magnifique puisqu'en adéquation avec le caractère morne et pittoresque du blaireau et de son atmosphère. Au fil des pages, il se dégage un charme indéniable à la Nestor Burma et à la France d'une autre époque, celle où l'on buvait un bon coup de pinard avec les amis au bar d'à côté après le boulot, celle où l'on pouvait fumer sans problème, celle où l'on pouvait se balader dans la rue en toute quiétude sans se prendre un coup de couteau par des islamo-racailles ou des "migrants mineurs isolés".

    Une bonne série à l'ancienne qui a été arrêtée au bout de trois albums et c'est bien dommage.

    BudGuy Le 18/12/2023 à 14:44:32

    Au risque de plomber l'ambiance, je dois dire que j'ai été transporté par ce 'one-shot' pour ses qualités, mais pas entièrement convaincu en raison de plusieurs défauts.

    Eva est une espagnole, docteure en psychiatrie. Dotée d'un look androgyne avec des tatouages partout (il paraît que c'est à la mode de se faire taguer le corps), elle est surtout d'un caractère hautement instable et bien bipolaire à souhait. Cette dernière va se retrouver dans une histoire d'héritage avec un cadavre à la clé. Tout en suivant une séance chez son psy, elle va nous relater son enquête.

    Choisir une personne mentalement instable pour un polar sous le soleil de Barcelone est en soit une idée incroyable (cela me rappelle un peu la série 'Monk') et compte-tenu de son imprévisibilité, permet de déjouer les attentes du genre pour mieux jouer avec. Il y a un côté impertinent et parfois bien léger, de par ce personnage principal atypique mais également grâce aux dialogues.

    Mais alors, qu'est-ce qui me pose problème avec ce 'one-shot' ?
    Je suis fatigué par les touches de progressisme et l'obligation d'imposer des quotas dans les œuvres de fiction actuelles: sous-entendus et pas sous-entendus lesbiens, dénonciation du patriarcat, néo-féminisme 3.0 et femme voilée (hautement ironique au féminisme quand on sait que l'islam autorise le mari à battre sa femme via sa soumission).

    Justement, parlons-en du vernis "féministe". Ici, il est assez manichéen et lourd: tous les hommes (à deux exceptions près) sont soit des coureurs de jupons/violeurs en puissance, des manipulateurs, des lâches ou des meurtriers en puissance. Même la femme de Francesc, Natalia, qui a l'air d'être méchante au départ envers Eva, se révèle être une victime de la gente masculine, encore la faute du patriarcat oppressif phallocrate mouhahaha !

    Reste de beaux dessins, une enquête assez inhabituelle, surprenante (parfois peu crédible), l'ambiance estivale avec tout ce vin et la belle ville de Barcelone avec ses environs.

    BudGuy Le 17/12/2023 à 14:27:14

    Troisième volume consacré à l'Ouest sauvage après 'Go West, Young Man' et 'Indians', Oger revient avec une fine équipe de dessinateurs pour un nouveau recueil.

    Pour cette fois, l'histoire suit un fil rouge basé les dialogues entre un jeune pistolero et un armurier rassemblant à l'acteur John Goodman. Au fur et à mesure des dialogues ayant pour sujet des armes, nous suivons plusieurs histoires dans l'Histoire du Far West. Certaines sont tristement véridiques (la goule de Gettysburg, l'éléphant de cirque Mary), tandis que d'autres ont été imaginées ou réinterprétées, par exemple, la fin de Billy The Kid.

    J'ai bien apprécié ce nouveau travail réalisé par plusieurs mains de dessinateurs tous bien aguerris. Visuellement, j'ai eu le plaisir d'admirer le travail de Félix Meynet, me rappelant la très bonne série 'Sauvage' sur laquelle il a officié.
    En terme de scénario, j'ai trouvé l'épisode de la goule de Gettysburg déchirant, l'épisode de l'éléphant d'une cruauté et d'une bêtise abjecte, la confrontation entre Jules Béni et Jack Slade comme étant la plus brutale et ironique, et par extension la meilleure de cet album.

    Encore une réussite et un grand plaisir de lecture pour ma part. Bravo à tous les auteurs qui ont participé.

    BudGuy Le 13/12/2023 à 12:00:54

    Ils étaient dix au départ pour un simple trek dans l'Oural, un seul reviendra vivant.

    Les auteurs Mayen et Gonzalez se réapproprient un fait divers morbide survenu en Janvier 1959 en plein URSS de Khrouchtchev. Ici, pas de tentative d'explication ou d'interprétation, juste un énoncé des faits et des hypothèses fournies au compte-goutte pour une enquête qui a été classée secrète par l'Armée Rouge. Même si l'un d'entre eux a survécu, ce dernier n'a pu apporter plus d'éléments tangibles à la résolution de ce mystère.

    Le dessin de Gonzalez est superbe, doté de couleurs assez sombres. Par ailleurs, l'ouverture de l'album met tout de suite dans l'ambiance avec l'arrivée glaçante du KGB dans un immeuble. L'atmosphère sera par instant bien paranoïaque, comme à l'époque où la délation fonctionnait de façon très efficace, permettant l'obtention d'un billet aller simple pour la Sibérie.

    Le dossier en fin d'album étaye les divers théories et potentielles explications scientifiques au sujet de cet incident. Etonnamment, il n'y a aucune explication ou hypothèse formulée, dans le dit dossier, au fait que certains cadavres furent horriblement irradiés; encore un autre mystère.

    Ce album aura le mérite de remettre sur le devant de la scène cet évènement meurtrier, peu connu de l'histoire de l'ex-URSS.

    BudGuy Le 12/12/2023 à 19:00:03

    Yo ! Quand le rap dérape, ça finit en ball-trap.

    Les auteurs nous proposent un plongée dans un groupe de rap français, 'BM20', qui va accéder à la gloire et découvrir les sinistres rouages de l'industrie musicale. De la banlieue du XXème aux concerts à guichets fermés en Afrique et aux Etats-Unis, le déroulé est très classique: des hits, l'ascension, la gloire, les dissentions artistiques, les paradis superficiels, les querelles amoureuses et la chute bien violente… sur le bitume.

    La couleur disparaît au bout de quatre pages à partir de l'instant où la bande de joyeux lurons se lance dans un magnifique freestyle devant le stade de l'OM à coups d'insultes et de doigts d'honneur, marquant le début de leur carrière.
    Il y a un criant sens du naturalisme qui se dégage à chaque page via tout ce qui y est associé à la banlieue et à la culture des racailles (kebab, barres d'immeuble, islam, tags, MJC au service des "nouveaux talents", Snapchiotte, drogues et BAC). Le souci du réalisme est poussé à son paroxysme avec l'emploi des expressions et autres idiomes mélangeant verlan, insultes, anglais, expressions musulmanes, langues africaines et autres fautes d'accord, tombant le plus souvent dans la chinoiserie et l'abscons pour le profane, d'ailleurs il y aurait dû y avoir un glossaire à la fin.

    Le dessin de Dall'Oglio est influencé par les mangas et cela passe tout seul sur cette histoire. Dommage pour l'absence de couleurs, choix artistique assumé car "la banlieue, c'est pas rose, la banlieue, c'est morose".

    J'ai bien apprécié ce 'one-shot' illustrant les dangers de l'industrie musicale (le superficiel, les producteurs mais aussi les profiteurs), et apportant un éclairage intéressant sur l'imposture qu'est le rap. Cette musique se révèle finalement n'être qu'un bel écran de fumée associant des actes et "paroles" vulgaires/racistes/misogynes/dangereuses/débiles et autres borborygmes insignifiants, pour une catégorie de personnes ayant un (très) faible niveau d'éducation ou d'exigence. Devant tant de "génie", Brassens, Brel, Apollinaire et autre Flaubert peuvent dormir tranquilles, la relève est bien assurée pour le meilleur et surtout pour le pire.

    Rien que pour cette passionnante et émouvante plongée dans l'univers des racailles, victimes stigmatisés de la société, et autres artistes urbains au service de l'amour, du respect de la langue française, de la poésie et de la paix envers leur prochain, je mets la note maximale.

    BudGuy Le 10/12/2023 à 22:14:10
    Caktus - Tome 2 - Game au vert

    Amateur de western humoristique, de dérision et de bons mots, cette relecture de Zorro est pour vous.

    'Caktus' est un diptyque dont les auteurs assument ouvertement le côté loufoque via des gags et jeux de mots à chaque page. Ils en ont aussi profité pour y placer des références à foison avec notamment du Astérix, du Batman ou encore du Lucky Luke.

    En parallèle de l'histoire de ce justicier vert volant aux riches pour donner aux pauvres, il y une critique de certains maux toujours autant d'actualité: la tyrannie des puissants, la répression arbitraire de ces derniers via la police, les taxes, la manipulation de l'opinion, les élections truquées, la dépendance au jeu, la soumission aux banquiers ou encore la dette.

    Le découpage classique et le dessin de Pilet conviennent parfaitement au cadre et à cette double histoire ni trop courte ni trop longue. Dommage qu'il n'y ait pas d'édition intégrale.

    BudGuy Le 09/12/2023 à 21:00:38
    Blacksad - Tome 7 - Alors, tout tombe - Seconde partie

    J'avais été très sévère avec le tome 6 de Blacksad, majoritairement, en raison du fait que l'histoire avait été scindée sur deux albums et qu'il fallait attendre pour connaître la fin. Après une relecture de la première partie et enchaînement avec la seconde, je peux le dire l'attente en valait la peine.

    L'histoire prend toute son ampleur: les enjeux posés précédemment et les personnages introduits prennent tout leur sens. L'enquête se suit avec plaisir et toutes les pièces du puzzle s'imbriquent de façon logique jusqu'à la dernière planche.

    Le dessin est fourni, le découpage au service d'un récit passionnant où les auteurs ont monté la barre très haute en terme de qualité. Il va être très difficile d'aborder d'autres BD à caractère anthropomorphique et même les autres BD de type polar, sans faire de comparaison avec ce diptyque.

    Bravo aux auteurs pour cette belle performance.

    BudGuy Le 09/12/2023 à 15:18:13

    "Comment je me suis radicalisée en féminazie".
    Avec un titre ouvertement provocateur et la mention 'Fluide Glaciale', je me suis dit qu'il fallait que je lise ce 'one-shot'.

    Isa et Gaudelette ont pourtant décidé de déjouer certaines attentes que l'on aurait pu légitiment avoir au départ; ici, il sera surtout question de thématiques parfois assez personnelles à l'autrice dessinatrice: inspiration pour l'écriture, condition des artistes, repas familiaux à couteaux tirés, condition de la femme au sein de la société, et bien sûr extrémisme/dérives sectaires de néo-féministes et de pro-masculinistes.

    Chacun en prend pour son grade et c'est assez drôle dans l'ensemble, même si certains gags voire passages le sont bien moins que d'autres. Au fil des pages, il se dégage une tonalité assez désabusée sur l'état actuel de notre monde, où plus personne n'a l'air de s'écouter ou d'écouter son prochain.

    BudGuy Le 08/12/2023 à 14:42:59
    Harlem (Mikaël) - Tome 2 - Harlem 2/2

    Je rattrape enfin mon retard sur cette série de Mikaël qui nous plonge une nouvelle fois dans le New-York de la prohibition, après 'Giant' et 'Bootblack'.

    Encore une fois, la forme est à tomber par terre: dessins détaillés, couleurs sombres mais jamais lassantes, encrage de qualité, découpage millimétré et haletant (surtout pour le climax du deuxième tome). Mikaël n'a pas son pareil pour dépeindre la "Grosse Pomme" sur cette époque en terme de détails et d'ambiance immersive. On notera par ailleurs la clin d'œil à 'Giant' au détour d'une planche.

    Si la forme est irréprochable, le fond est en revanche un peu plus problématique de par un scénario déséquilibré. En effet, si le premier volet introduit bien les différents personnages (Bumpy Johnson, Dutch Schultz,...) et des bribes du passé de Stéphanie St Clair, il ne s'y passe pas grand chose et l'ennui arrive assez vite.
    Heureusement, le deuxième opus relance l'intérêt mais se perd dans une foultitude de thématiques à peine effleurées voire balancées gratuitement dans la figure (violence faîte aux femmes, avortement et homosexualité). Il y également un discours progressiste insufflé au compte-goutte sur les deux volumes (racisme, ségrégation et néo-féminisme revanchard) et à plusieurs moments, sans trop de subtilité.

    Sympa mais pas indispensable pour ma part.

    BudGuy Le 07/12/2023 à 21:29:35
    Space Mounties - Tome 3 - Pour une poignée de dollars canadiens

    Marcus Brodie et Gordon McPherson sont deux membres de la célèbre police montée canadienne, dans un futur où l'Homme a colonisé d'autres planètes et rencontré d'autres civilisations extra-terrestres. Ces deux compères sont surtout deux planqués, partisans du moindre effort et un peu gaffeur sur les bords, qui vont être envoyés en mission sur diverses planètes où le danger guette à chaque instant de par la faune et flore.

    Veys et Guilhem signent une irrévérencieuse odyssée pour nos deux héros bras-cassés mais agents de la paix avant tout ! Les jeux de mots, références, comique de situation sont légions et je me suis amusé à suivre les tribulations de Brodie et McPherson. Les dessins participent également avec efficacité à l'ambiance comique et satirique sur les trois volets.

    Si le premier opus installe les enjeux, la dynamique du duo et les particularités de ce futur, le deuxième nous envoie sur une planète pastiche de Cuba avec un clone de Fidel Castro. Le troisième et dernier opus est de mon point de vue le meilleur de tous puisque détournant les sept mercenaires, Jurassic Park et autres codes du western pour un résultat hilarant. Les dialogues ne sont d'ailleurs pas en reste avec quelques bonnes réparties bien placées.

    Une très bonne BD comique détournant sur pas mal d'aspects les mondes d'Aldébaran. Seul regret: il aurait fallu citer la chanson ou le titre de cette dernière, tirée du film South Park: 'Blame Canada'.

    BudGuy Le 06/12/2023 à 13:28:06
    Les miroirs du Crime - Tome 2 - Carnage blues

    'Les miroirs du crime' est un diptyque qui est visiblement passé sous les radars depuis de sa sortie et c'est malheureusement dû à son histoire et sa facture très classique.

    Pour le résumé express, nous y suivons des truands du côté de Pigalle se tirant dans les pattes et dans la tête afin de rafler un cabaret, 'La perle noire', objet de beaucoup de convoitises. Au détour d'une tentative d'assassinat, nous aurons le plaisir de suivre les itinéraires d'un clochard récitant du Shakespeare, un médecin plus charcuteur que soigneur, un méchant roux avec plein d'acné… et même Jean-Pierre Melville s'imprégnant de l'atmosphère et des coutumes locales pour ses futurs films.

    En dehors de sa galerie de personnages (trop) nombreuse, l'histoire est au demeurant archi-classique. Les règlements de compte, trahisons, fusillades et cadavres se succèdent au rythme des syncopes du jazz et des danses africaines.
    Il y a effectivement une tentative d'intégrer les problématiques géopolitiques de l'époque (fin de la guerre d'Indochine et début des troubles en Algérie) mais c'est très rapidement abordé.

    Le dessin de Hé est très beau, même si certains personnages se ressemblent beaucoup (l'inspecteur Schneider avec un des hommes de main de Guy notamment). Le rouge ressort bien surtout avec toutes ces effusions de sang au fil des planches.

    Ce n'est ni excellent ni mauvais, cela reste une bande-dessinée policière correcte mais pas mémorable.

    BudGuy Le 03/12/2023 à 20:29:05

    Adaptation d'un polar de Frank Thilliez, 'Puzzle' est également scénarisé par ce dernier et épaulé par Mig pour les dessins.

    Le moins que l'on pourra dire est que ce 'one-shot' est carré et efficace. En effet, la tension est amenée au fur et à mesure et renforcée par les fonds noirs entre les cases. Le jeu de couleurs basé sur le bleu et blanc donne une saveur tout particulière au récit et on tourne les pages souhaitant connaître le fin mot de cette histoire.

    Les lieux communs seront de sortie (l'asile de fou, la morgue…). Sans être original à ce niveau-là, c'est très bien exploité et au service du récit. Simplement dommage que je me sois un peu douté de la fin; il n'en demeure pas moins que cela reste un bon polar.

    BudGuy Le 02/12/2023 à 10:37:37
    Macao (Thirault/Duraffourg/Nardo) - Tome 2 - L'Envol du phénix

    Léon, journaliste pour un magazine people, se retrouve à devoir rédiger la biographie d'un dirigeant de casino, Kwan Tao. En parallèle, nous découvrons les dessous d'un univers où argent, fils à papa, luxure, excès, triade, prostitution et meurtres sauvages se mélangent.

    Ce qui m'a frappé avec cette œuvre, c'est la façon dont les auteurs nous introduisent, comme le personnage principal, dans le milieu de jeu avec cette dimension de grandeur et ce côté clinquant qui en met plein la vue. Le scénariste maitrise son sujet de part les détails et les nombreuses us et coutumes des casinos. L'aspect culturel asiatique est bien retranscrit et nous prenons du plaisir à suivre plusieurs personnages et histoires qui se recoupent (l'écriture de la biographie, l'enquête…).

    Autant les couleurs sont correctes et ne varient pas, autant je suis un peu plus circonspect vis à vis du dessin qui d'une planche à l'autre est inégal: un coup c'est bon voire très bon (la planche avec le cauchemar), un autre coup, c'est moyen voire pas terrible. Autre chose, si le scénario mêle habilement les mélanges de narration, il pêche sur certains aspects, : notamment avec une précipitation sur la fin du deuxième volet et finalement la révélation sur Léon qui est un peu téléphoné, pour peu que l'on soit attentif dès le début.

    Je pense que trois albums auraient été plus judicieux pour plus d'aération sur l'histoire et afin de construire davantage le climax. Malgré ses défauts, cela reste un bon diptyque où les jeux sont faits et rien ne va plus.

    BudGuy Le 28/11/2023 à 21:26:33
    Agata - Tome 3 - L'Étoile du sud

    Agata, jeune immigré polonaise en fuite, trouve un point de chute chez un oncle à Chicago en pleine période de Prohibition. Tandis que l'alcool et les dollars coulent à flot pour la pègre et les gangsters, au son des notes de jazz et du bruit des mitraillettes Thompson, Agata tombera, malgré elle, sur un certain Lucky Luciano, parrain de la branche italienne à New York.

    Voici une histoire en trois tomes bien agréable à suivre. Le trait classique et le souci du détail pour les décors nous plongent instantanément dans cette période agitée des années "folles" pour un rendu immersif. Les personnages sont bien identifiables pour la majorité, à l'exception d'Albert et Andy (seule la couleur de la costume permet la différenciation) et c'est un plaisir d'avoir un dessin d'aussi bonne qualité.

    La figure de Lucky Luciano a été romancée de façon à avoir un homme un peu plus romantique et "attentionné" envers Agata, ce qui correspondait peut-être moins à la réalité. Cet aspect est contrebalancé par le personnage Dutch Schultz, le sinistre hollandais violent au comportement colérique et au langage fleuri, qui était effectivement comme dépeint dans ce récit. D'ailleurs, malgré le côté fictif d'Agata, certains évènements relatés se sont réellement produits, par exemple la lutte contre les gangsters menée par le procureur Dewey ou encore l'exécution d'un des personnages dans les toilettes.

    Le contexte et évènements sont bien posés et se suivent avec plaisir pour une histoire ni trop longue ni trop courte, contenant quelques pointes de tendresse et de romantisme entre deux fusillades.

    Bravo à l'auteur pour ce triptyque de qualité.

    BudGuy Le 26/11/2023 à 17:28:04

    Jusqu'où peuvent aller les Hommes pour survivre ? C'est la question centrale qui sera explicitée à plusieurs reprises et la clef de voûte de ce 'one-shot'.

    Nous suivons un village côtier anglais du XVIIIe siècle soumis à la pauvreté et à la faim. Afin de faire face, certains ont imaginé un stratagème destiné à faciliter le processus de naufrage des navires, pris dans des tempêtes non loin des côtes. Suite à un naufrage impliquant un gentilhomme français, une enquête est lancée et il ne faudrait pas que quelqu'un ou quelque chose puisse amener des suspicions sur ce village.

    Voilà une œuvre techniquement très belle et carrée au niveau du découpage et de l'action pour un résultat flattant les rétines. Les différentes teintes nous immergent dans cette histoire où la manichéisme disparaît et la frontière entre bien et mal devient floue. Seuls Jim et Jenny échappent à cette réalité en incarnant l'innocence et la faiblesse propre à leur âge et condition.

    Le déroulé du récit est très classique et balisé mais se suit sans déplaisir. Mon principal reproche porte sur le manque de développement et manque de pages pour étoffer certains personnages et l'histoire de façon globale. Autre reproche, aucun personnage adulte n'est mélioratif ou porteur d'espoir, noir c'est noir… Cela reste un bon 'one-shot' au demeurant.

    BudGuy Le 25/11/2023 à 14:03:05

    Qui veut la chute de Jay Sherman, le "self-made man" milliardaire ? Voici le point de départ d'une histoire que cette édition intégrale va nous permettre de suivre des prémices jusqu'à la fin.

    Desberg s'associe avec Griffo et accouche d'une saga riche aux multiples rebondissements et touchant à pas mal de thématiques: la lutte des classes, la connivence d'entreprises envers d'autres entreprises affiliées aux Nazis, la corruption, l'arrivisme, l'infidélité, la vengeance, la loyauté envers son pays… Ces multiples thématiques sont au service d'un récit jouant habilement sur les temporalités afin de maintenir quelques surprises au niveau du scénario.

    Mis en image par Griffo, le dessin est expressif et efficace même si par de rares instants il y a un visage vide dans une case. Les couleurs sont assez ternes dans l'ensemble et manquent parfois de punch, même si le travail est bien effectué. Je déplore également l'usage un peu trop répétitif de cases réexpliquant les enjeux de base sur certains albums.

    Il faut quand même saluer les auteurs d'avoir accouchés d'un belle fresque lorgnant du côté de 'Il était une fois en Amérique' de Sergio Leone et des films d'espionnage.

    BudGuy Le 21/11/2023 à 12:04:05

    Kleos, c'est avant tout l'histoire de Philoklès, fils de pêcheur, désireux de partir à l'aventure et de prouver sa vaillance aux yeux de tous. La réalité de l'époque, sa condition sociale et diverses péripéties viendront lui rappeler que rien n'est facile ni acquis d'avance.

    Hommage aux légendes et anciens récits grecques, ce double album est fabuleux à bien des égards.
    Premièrement, le dessin de l'autrice Amélie Causse est un plaisir de par sa clarté et son trait expressif. La mise en page est carrée et les séquences imagées faisant référence à la mythologie apportent de l'eau au moulin de ce pauvre Philoklès, à la fois victime et insupportable de par son caractère. Le mélange des genres est bien assumé entre récit d'aventures, touches humoristiques et tragédie pour un équilibre bien dosé.

    Au final, un diptyque de très bonne facture quoiqu'un peu trop court.

    BudGuy Le 20/11/2023 à 10:58:38

    Francis Ford Coppola est un cinéaste américain oscarisé pour le Parrain I et II, mais également connu pour son chef d'œuvre au tournage extrêmement chaotique: Apocalypse Now. Florent Silloray nous invite à plonger dans l'un des pires tournages de l'histoire du cinéma qui s'est étalé de 1974 à 1977 pour une sortie en 1979.

    Nous y suivons les aléas de la météo, les prises de décision autoritaires de Coppola, les contrecoups d'un climat chaud et humide, les incompatibilités d'humeur entre comédiens, les discussions échaudées avec les producteurs/assureurs… Sur un peu moins de 200 pages, l'auteur est revenu sur toutes les galères et désagréments d'un tournage pharaonique et financièrement très risqué (Coppola avait hypothéqué sa maison et ses terrains vignobles), pour un résultat passionnant rempli d'anecdotes et d'informations truculentes, revenant par exemple sur un Marlon Brando qui n'avait pas appris une seule ligne de dialogue, un Dennis Hopper complètement "stone", les soucis de santé d'un Charlie Sheen alcoolisé, la séquence des hélicoptères ou encore la scène avec le tigre.

    Les dessins sont assez simples mais bien en valeur via un bon coup de pinceau. Beaucoup de voix off de la narratrice qui suit Coppola sur le tournage permettant d'en apprendre plus sur un tournage qui en lessivé plus d'un. Même la post-production a été épique en raison de kilomètres de rushs qu'il a fallu couper et monter pour une version cinéma qui a été heureusement un succès international.

    En 2011, Coppola avait sorti une version Redux du film comprenant énormément de séquences absentes du montage original, version que j'ai l'occasion de visionner il y a quelques années. J'ai alors appris qu'en 2019, le cinéaste a sorti une ultime version qui s'approche le plus de sa vision d'auteur et qu'il me faut par conséquent découvrir.

    Un voyage au bout de l'enfer pour un très bon 'one-shot'.

    BudGuy Le 19/11/2023 à 15:35:52

    'Une femme de Shôwa' est à l'origine un manga diffusée par chapitre dans un magazine japonais à l'existence éphémère entre 1974 et 1977. La présente édition réunit le seul et unique premier tome pour une histoire bouleversante se déroulant à la fin de la Seconde Guerre Mondiale à Tokyo.

    Les auteurs ont insufflé leur vécu dans cette œuvre en dépeignant la faim omniprésente, la violence des adultes, la place de la femme et la difficile survie des orphelins de guerre. L'authenticité transpire à chaque page et la noirceur/la violence seront au cœur de cette œuvre entrecoupées de rares moments de poésie et de douceur.
    La vie est sans pitié, l'injustice et l'horreur présentées dans toute leur crudité via de multiples séquences, notamment avec cette sordide scène de viol par des GI afro-américains, le genre de scènes que nous avons pu également connaître en France suite à la "Libération" et qu'il est bon de rappeler et ne pas éluder.

    Le dessin de Kamimura est magnifique avec son côté rétro à souhait, il nous gratifie de belles compositions en noir et blanc et de personnages très expressifs.

    Malgré le manque d'une fin officielle, le présent 'one-shot' se suffit à lui-même, cette chère Shôko Tanako devenant une geisha à tomber par terre. Par ailleurs, le titre lui rend honneur avec son deuxième sens en français: "Une femme de choix".

    BudGuy Le 18/11/2023 à 17:59:27
    Terre - Tome 3 - La fin des Temps

    Après un deuxième opus qui relançait l'intrigue et présentait plus d'intérêt que le premier scénaristiquement parlant, ce troisième volet apporte une conclusion à l'histoire de Mandor.

    Rien à dire sur les dessins de Dubois qui sont toujours magnifiques depuis le début sur "TER". La problématique est davantage à regarder du côté du scénario qui aligne les histoires de paradoxes temporels, les personnages creux et un final anti-climatique à souhait. La fin est d'ailleurs expédiée à coup de personnages aux pouvoirs extraordinaires et ne m'a pas convaincu pour un iota.

    De cette double série, Il me restera le souvenir d'un début alléchant, de bons rebondissements par moment, d'un très beau visuel, de personnages qui auraient pu être plus développés, mais surtout celui d'une déception.

    BudGuy Le 17/11/2023 à 17:08:49
    Bellatrix - Tome 1 - Épisode 1

    Cela fait un moment que je me lasse des œuvres signées Léo, en raison de ses sempiternels défauts et de l'inutile étirement en longueur de ses sagas mythiques. Je tombe sur ce nouveau cycle d'Aldébaran et là, c'est le drame ! Ce nouvel opus est sans doute le pire de tous.
    - Le dessin de Léo est toujours aussi figé et est beaucoup moins rempli de détails en arrière plan sur pas mal de cases.

    - Le scénario du présent volet est un copier-coller du premier cycle en terme de dénonciation du fanatisme religieux caricaturé à l'extrême.

    - L'aspect critique politique est davantage accentué sans aucune subtilité avec une multitude de dialogues bien moralisateurs. Tout est fait pour démontrer que les idées conservatrices sont dangereuses et que le progressisme, c'est bien.

    - Où est passé le bestiaire inédit aux nombreuses espèces ? Où sont passés le frisson, l'exotisme, l'aventure et le dépaysement ? Il n'en reste que des bribes.

    - Où est passé le danger de mort bien réel pour les personnages ?
    En effet, sur les premiers albums, il y avait constamment ce risque que les personnages meurent face à une faune et flore hostile. Kim et Manon sont devenues intouchables au fil des albums et peu importe ce qu'il leur arrivera, elles s'en sortiront toujours. Les autres personnages secondaires peuvent bien mourir, on s'en moque pas mal au final.

    Un album décevant au fort relent de wokisme fétide, trop caricatural, très manichéen et compilant tous les défauts habituels de son auteur. A trop tirer sur la corde, cette dernière s'est cassée, il n'y a plus grand chose à raconter/présenter sauf refaire la même chose en moins bien. Les personnages déjà en place n'évoluent plus ou quasiment plus et cela s'éternise trop en de nouvelles intrigues sur généralement deux/trois albums parfaitement dispensables et oubliables.

    Me concernant, "Les mondes d'Aldébaran" s'achèvent définitivement avec le "Retour sur Aldébaran".

    BudGuy Le 15/11/2023 à 20:23:31

    Troisième édition intégrale regroupant les tomes 7 à 9 de Wayne Shelton et c'est sans aucun doute celle que j'ai le plus détesté jusqu'à présent.

    Les tomes 7 et 8 sont malheureusement les vilains petits canards que l'on aurait souhaité ne jamais croiser tellement ils sont médiocres, puisqu'en effet, notre héros est embarqué dans une drôle d'histoire mélangeant de l'ésotérisme, du Indiana Jones et des vilains Nazis de derrière les fagots. Je n'ai pas été convaincu par ce diptyque qui détonne de par son scénario mystico-capillotracté et de ses facilités d'écriture (par exemple les V2 qui tombent à la fin au bon moment au bon endroit).
    Heureusement, le dernier tome de cette intégrale (n°9) relève le niveau avec le retour de Van Hamme aux affaires et un retour à un peu plus de réalisme dans l'univers de Wayne Shelton.

    Denayer (dessins) et Denoulet (couleurs) font du très bon boulot, même si cela reste une bien maigre consolation au regard des tomes 7 et 8 de cette édition, que je vais très vite oublier.

    BudGuy Le 15/11/2023 à 11:48:19

    J'apprécie beaucoup le coup de crayon de Gibrat et ses couleurs, notamment dans 'Matteo'. Ces éléments seront d'ailleurs bien les seuls dignes d'intérêt de ce 'one-shot' datant de 1996.

    En effet, le scénario est un mélange fourre-tout d'anticipation/science-fiction au départ, avant de partir dans le conte, le fantastique et le symbolisme. Il y a des références plus ou moins appuyées (Pierrot le fou, Blanche-Neige) et les femmes sont légèrement vêtues afin de nous exposer leurs belles formes.

    A l'issue de la lecture, il me reste un sentiment d'inachevé, l'impression tenace qu'il manquait des pages afin de davantage développer l'histoire, et qu'il manquait des transitions entre certaines planches.

    BudGuy Le 14/11/2023 à 17:32:17

    Van Hamme nous revient avec ce recueil d'histoires courtes basées sur des nouvelles qu'il a écrites par le passé ou sur la base de scénarios à chute. Pour ce faire, il s'est entouré de dessinatrices/dessinateurs de talent afin de sublimer chaque récit dans un style vraiment différent.

    L'écriture et l'exécution sont brillamment efficaces mais également bien amenées, et ce en quelques planches à peine. Il y a quelques touches humoristiques bien noires de la part de Van Hamme, et surtout une bien méta sur le métier de scénariste de bande-dessinée au détour d'un dialogue.

    C'est malheureusement très court et très rapide à lire ce que je trouve un peu dommage au final. Néanmoins, cela reste de très bonne facture et se laisse bien lire en raison de certaines chutes vraiment bien trouvées.

    BudGuy Le 13/11/2023 à 17:44:55

    Scénarisé par le regretté Tome et dessiné/colorisé par un jeune Meyer, 'Berceuse assassine' est une plongée en apnée au sein d'un couple qui bat de l'aile. Chaque album présente le point de vue d'un personnage, son ressenti et sa version des faits vis à vis d'un récit globalement sombre mais excellemment bien écrit et mis en page.

    Meyer faisait ces débuts bien avant 'Undertaker' et déjà à l'époque c'était du très bon. Le New-York introduit dans cette histoire m'a rappelé l'excellent 'Taxi Driver' de Martin Scorsese de par son côté poisseux et sordide. L'encrage bien épais participe à l'ambiance délétère et à la tension bien palpable au fil des planches, de même que la noirceur du propos est renforcée par le fond noir de chaque page.

    Un sublime polar absolument maîtrisé de bout en bout, finissant étonnamment sur une note inattendue.

    BudGuy Le 11/11/2023 à 20:38:15

    Suite des aventures de Wayne Shelton avec un diptyque (tome 4 et 5) revenant sur un épisode de son passé durant la guerre du Viêt-Nam et une mission basée sur l'extraction d'un journaliste dans un pays d'Afrique en proie à la guerre (tome 6).

    Malgré l'absence de Van Hamme, Cailleteau gère la relève avec brio en nous livrant quelques saillies bien placées voire humoristiques à différents instants allégeant le côté sérieux et sanglant des récits.

    Toujours un plaisir de lecture avec cette deuxième édition intégrale.

    BudGuy Le 10/11/2023 à 14:36:35

    Gentleman mercenaire d'origine américaine, Wayne Shelton est la personne à qui on fait appel pour mener des opérations "délicates" de par le monde. Pour ce début d'aventure, il est question d'extrader un chauffeur routier détenu dans une prison perdue au sein d'une ancienne république de l'URSS, afin de satisfaire un milliardaire soucieux de débloquer un gros contrat sur le terrain.

    Van Hamme/Cailleteau au scénario et Denayer au dessin, ai-je besoin d'en dire plus ?
    Mise en page efficace, personnages aux caractères bien trempés, réparties cinglantes, suspense, rebondissements, action… un cocktail bien dosé et un résultat haletant et passionnant pour trois albums très bien écrit.

    Une édition intégrale de très bonne qualité, réunissant les trois premiers opus de cette saga, où le plaisir de lecture est bien présent au fil des pages.

    BudGuy Le 07/11/2023 à 14:34:09
    Death or Glory - Tome 2 - Tome 2

    Glory est une pauvre demoiselle qui cherche à sauver son père mourant par le biais d'une greffe de foie. Afin d'y arriver, elle va braquer un camion de livraison appartenant à son ex-mari et découvrir le trafic auquel il participe. S'en suivront alors de multiples péripéties, des morts et beaucoup de course-poursuites !

    "Death or Glory" est un diptyque provenant des Etats-Unis réalisé par un duo, globalement spécialisé dans les comics de super-héros. Ici pourtant, pas de personnages en costume moulant qui doivent sauver le monde pour la 50ème fois, mais une histoire en apparence simple et surtout original.

    Les auteurs ont décidé de jongler sur plusieurs tableaux à la fois et c'est une impression de trop plein qui en résulte. En effet, ce comics est à la fois un road-trip, un polar et un western qui mélangerait du Tex Avery, du Mad Max Fury Road et de l'humour bien noir. A force de convoquer divers genres et références, les auteurs ne savent plus sur quel pied danser et le déséquilibre se ressent à la lecture à plus d'une reprise.

    Je salue néanmoins la générosité dans le déroulé du deuxième volume qui lâche complètement les chevaux sur la grande course-poursuite avec les camions et autres véhicules de chantier. Ce mélange de n'importe-quoi et de grand guignolesque en devient fascinant au bout d'un moment.

    Un comics qui sort du lot par son excentricité et sa folie mais pêche par son manque d'équilibre et de dosage des genres. Cela reste un bon gros plaisir coupable pour peu que l'on apprécie les grosses séries B et autres objets déviants.

    BudGuy Le 05/11/2023 à 14:30:22

    'Mister George' est un diptyque au postulat alléchant, même si déjà vu ailleurs (un homme amnésique comprend qu'on le manipule via un complot faisant intervenir le président des Etats-Unis et le FBI).

    L'originalité sera à regarder du côté de la conclusion qui est irréaliste et par conséquent surprenante. Pour le reste, c'est l'autoroute des poncifs liés à des séries étalon tels que XIII ou la saga Jason Bourne. Le tout est agrémenté d'une histoire de gourou/secte afin d'enjoliver le contenu.

    Le dessin est classique mais tient la route pour une première partie qui pose les bases, avant une seconde, beaucoup plus rapide et finalement peu passionnante une fois que l'on a compris qui était finalement ce cher George.

    Cela se laisse lire sans déplaisir mais je vais probablement vite oublier cette série et passer à autre chose.

    BudGuy Le 02/11/2023 à 17:08:55
    Murena - Tome 11 - Lemuria

    Murena, amnésique, tente de se défaire de l'emprise de la troublante Lemuria tandis qu'un nouveau complot contre Néron se met en place. On reprend les mêmes et on recommence.

    Dufaux continue donc de mélanger trame historique, traquenards et autres enjeux politiques pour notre plus grand plaisir. J'ai néanmoins trouvé les dessins moins précis niveau détail, il y a moins de reliefs par instant, des couleurs moins "pêchues" que dans le précédent volet. Par ailleurs, je trouve la couverture ratée et moche (avis très personnel). Succéder à Delaby n'est pas chose aisé, j'en conviens mais il y a plus qu'un minimum de qualité exigée pour cette saga.

    Malgré le côté répétitif de la narration, il y a toujours cette envie de nous plonger dans les méandres de l'antiquité romaine avec ses coutumes et ses excès, faisant écho à notre triste époque à plus d'une reprise.

    BudGuy Le 02/11/2023 à 13:52:27
    Murena - Tome 10 - Le Banquet

    Suite au décès de Delaby, Theo a repris la suite des aventures de Murena avec toujours Dufaux au scénario. Néanmoins, il faut être honnête: après neuf tomes menés de main de maître, cet opus est inférieur aux précédents, et ce pour plusieurs raisons.

    Premièrement, le trait est plus anguleux et le découpage plus saccadé rendant les scènes d'affrontement plus 'tendues', tranchant avec le dessin quasi-perfectionniste de Delaby et le sens du découpage auquel nous avions été habitué sur les précédents volumes.

    Scénaristiquement parlant, j'ai été un peu plus sceptique. Tout d'abord, le nouveau complot à l'égard de Néron et le fait que Murena gagne/perde à nouveau sa confiance après tout ce qu'il s'est passé. Le coup de l'amnésie pour ce dernier m'a aussi très moyennement convaincu.

    Le premier "faux-pas" de cette saga est sans doute cet album, mais il faut quand-même bien rappeler que la qualité reste bien présente pour le reste, à savoir au niveau de la documentation, des personnages, de la luxure et de la débauche romaine…

    BudGuy Le 02/11/2023 à 10:25:04
    Conquêtes - Tome 10 - Sylaris

    Après un neuvième opus qui relevait un peu la barre avec quelques idées sympas visuellement, force est de constater que ce dixième volet pédale dans la même semoule que les albums précédents, je vais être gentil et dire que c'est le cas depuis le quatrième.

    Scénario un peu prévisible, personnages aux dialogues et interactions crasses et/ou vulgaires, rendu global trop numérique, peu de place au développement en raison du format 'one-shot'… cet album est un condensé de tous les travers inhérents à la série.
    L'unique particularité de cette album réside dans l'association "je t'aime moi non plus" entre Français et Anglais face à un adversaire commun qui aurait mérité plus de développement.

    Autant les premiers albums étaient nouveaux et proposaient des choses, autant la formule a vite atteint ses limites avec beaucoup de répétition et un manque criant de développement. Le cas contraire aurait pu permettre aux auteurs d'accoucher d'une saga vraiment différente et plus consistante en terme de continuité et d'enjeux.

    J'ai fait l'effort de lire tous les albums de cette série inégale, pas sûr que je lise les suivants s'il y en a d'autres qui sont publiés.

    BudGuy Le 01/11/2023 à 21:15:59

    Cette édition intégrale est superbe ! Regroupant les albums du premier au neuvième sublimé par les dessins de Delaby et scénarisé par Dufaux, elle a permis de relancer le genre du péplum dans la bande-dessinée, tombé en désuétude depuis plusieurs décennies et ce bien avant le 'Gladiator' de Ridley Scott.

    Cette version romancée de la vie du tristement célèbre empereur Néron est un régal pour celles et ceux qui apprécient les jeux de pouvoir et autres morts comme on put le proposer des séries comme 'Le trône de fer'. Avec cette bande-dessinée, les personnages sont tous susceptibles de mourir plus ou rapidement et parfois dans d'atroces souffrances.

    Le récit mêle à la fois la petite (Murena, Balsa, Massam...) et la grande histoire (Agrippa, Pétrone, Sénèque, Vespasien, l'apôtre Pierre…), grâce à une écriture au cordaux mêlant efficacité, symbolisme mythologique et une documentation solide de la vie romaine, mise en évidence via un glossaire à la fin de chaque opus.

    Ces neuf premiers opus me laissent une très bonne impression. J'espère que les suivants seront du même tonneau.

    BudGuy Le 29/10/2023 à 16:19:25
    Sherlock Holmes et les Mystères de Londres - Tome 1 - La Noyée de la Tamise

    Mettant en scène le grand Sherlock Holmes et son ami le Docteur Watson, les auteurs Pécau et Suro ont décidé de se frotter à cette icône et l'imaginaire dans lequel il s'inscrit via une histoire inédite. Ici, Sherlock Holmes rencontrera Oscar Wilde, Toulouse-Lautrec et Félix Feneon, un anarchiste français passionné de peinture et d'arts africains.

    Le récit est original à lire car mélangeant diverses influences et autres folklores: Jack l'éventreur bien sûr mais aussi l'anarchisme, les dérives libertines de la haute-société anglaise, les rituels mortuaires d'un autre temps…

    J'ai été néanmoins refroidi par le dessin manquant de niac par instant et les couleurs assez froides, en conséquence de quoi, ma lecture a été un peu gâchée, surtout si je compare à la pléthore d'autres œuvres très récentes faisant intervenir SH. La qualité se doit d'être au rendez-vous quant il s'agit du célèbre détective.

    J'attends quand-même le second opus afin de découvrir la finalité de cette enquête.

    BudGuy Le 28/10/2023 à 13:40:53
    Astérix - Tome 40 - L'iris blanc

    Enfin un album d'Astérix qui émerge bien au-dessus de la moyenne depuis la reprise post-Uderzo.

    Un nouvel opus qui propose une histoire avec un début, milieu et fin, comprenant des références, des jeux de mots, des gags, des quiproquos et une bonne critique des bobos, de la cuisine contemporaine, des idéologies 'new-age' et des discours creux propres au politiquement correct.

    Au rayon des surprises: Assurancetourix qui se lance dans un concert en 'one-man show', le service SNCF version gauloise et surtout, Vicévertus le méchant, manipulateur et bonimenteur à souhait.

    Un très bon album qui ne dépassera jamais les originaux mais qui s'illustre via une histoire solide et brillamment écrite et non en une simple succession de sketchs/gags bien lourds et gratuits.

    BudGuy Le 10/10/2023 à 21:25:02

    Juste avant les Méta-Barons, Gimenez s'est livré à un diptyque mettant en scène Léo Roa, un journaliste plus doué pour gaffer et se planter que de réussir son travail.

    Flanqué de son cousin tout aussi gaffeur que rocker, Léo Roa va être confronté à une bande de pirates de l'espace tout aussi méchant que ridicule. La gaudriole sera donc de mise dans cet univers de science-fiction galactique.

    Le dessin est au petit soin avec son lot de détails, les femmes sont dotées de formes généreuses et le bestiaire bien garni.

    Un double album teinté de légèreté et d'humour bien loin du sérieux et de la violence des Méta-Barons.

    BudGuy Le 05/10/2023 à 10:31:35

    Grosse série B d'espionnage/action/anticipation/science fiction, "Vlad" est un plaisir régressif signé Swolfs et Griffo.

    Nous y suivons Vlad à la recherche de son frère Igor dans une Russie du XXIe siècle où la corruption, la dépravation, les extrémistes (fascistes comme islamistes) et la technologie futuriste règnent en maître, tandis qu'aux Etats-Unis, des groupes lobbyistes dirigent le monde à leur façon.
    Cette vision du monde n'est finalement pas si éloigné de la nôtre surtout quand on observe la géopolitique actuelle, les extrémistes de tout poil et le nivellement vers le bas de nos sociétés. Il ne manquait que les wokistes hystériques et dégénérés pour que le tableau soit complet.

    Le scénario enchaîne les morceaux de bravoure, les fusillades, les trahisons et autres rebondissements digne d'un roman de Tom Clancy, comme le souligne si bien un des personnages. Les références ne manquent pas notamment entre le président américain clone de Schwarzenegger et son successeur clone de George W. Bush Jr.

    J'ai été déçu par plusieurs points: le traitement réservé aux femmes à chaque album (elles prennent très cher), la séance de rêve mystique (inutile) chez l'autochtone sibérien et l'insertion d'éléments assez dissonants tels que l'espèce d'alien vert difforme et la manipulation mentale à distance, c'est un peu "too much" pour une simple histoire d'espionnage à l'origine.

    Les derniers albums sont menés à cent à l'heure jusqu'à cette fin inattendue qui clôt l'histoire pour de bon. Au final, une édition intégrale de bonne facture, divertissante et bourrine malgré quelques défauts.

    BudGuy Le 04/10/2023 à 19:54:19
    La ballade de Magdalena - Tome 2 - Une olive mûrit face à la mer

    Voilà un diptyque signé Dubois, au scénario et aux dessins, qui recèle bien des qualités.

    Nous y suivons le parcours de Léonie de Sars partie à la recherche de son père dans un coin perdu de l'Océan Indien courant 1914. Chemin faisant, elle va rencontrer Magdalena et son oncle Lukian Bruckner, un allemand misanthrope et brutal. S'ensuivra des péripéties et autres pérégrinations pour tout ces protagonistes durant la Première Guerre Mondiale aux quatre du globe.

    A partir d'un postulat assez simple, Dubois va réussir à construire un récit rempli de rebondissements, de poésie et d'exotisme. Ici les personnages vont beaucoup naviguer et par conséquent voyager au gré des aléas et des réactions de certains/certaines. Par ailleurs, ces personnages sont très bien écrits et les rencontres/retournements seront légions jusqu'à cette révélation finale.

    Je ne peux que saluer la qualité des dessins qui sont à tomber par terre et le magnifique découpage mettant en valeur de magnifiques planches.

    BudGuy Le 01/10/2023 à 17:12:38

    Juste avant d'œuvrer sur 'Les Quatre de Baker Street', Dijian et Etien ont collaboré sur un western: Chito Grant.
    Mêlant à la fois histoires de famille, vengeance, braquage de banque, fusillades et histoire d'amour, le récit est touffu et dispatché sur trois albums inégaux visuellement.

    En effet, alors que le premier tome proposait une coloration tirant sur le jaune, le deuxième opus est plus pétant via une palette de couleurs plus élargie. Etien faisait ses premières armes avec ce triptyque, et cela se ressent vis à vis des personnages qui sont difficilement dissociables d'une planche à l'autre.

    Le découpage de certaines séquences étaient assez étranges notamment sur le premier album qui était finalement un peu un "crash test". Heureusement que le scénario nous tient en haleine avec beaucoup de personnages et de rebondissements.

    Un triptyque correct mais pas mémorable pour ma part.

    BudGuy Le 30/09/2023 à 20:55:14
    Le transperceneige - Tome 5 - Extinctions acte 1

    Pourquoi avoir fait un prequel au Transperceneige ?
    Quel est l'intérêt d' expliquer le pourquoi du comment du peut-être ?
    Est-il encore possible aujourd'hui de laisser au public le soin d'imaginer par lui-même ce qui n'est pas nécessairement utile à développer ?
    Autant de questions que je n'ai cessé de me poser à la lecture, pour au final assister à un beau déraillage.

    Cela commençait pourtant bien au niveau thématique (écoterrorisme et secte bobo-écolo) et questionnements actuels (faut-il tuer tout le monde ? qui sauver ? comment se sauver ?). Cependant, la narration emprunte un procédé présent dans la série 'Carthago', à savoir des passages impromptus de diverses époques et évènements insérés par-ci par-là, sombrant ici dans des délires mystico-prémonitoires-nanardesques.

    Il y a des fulgurances capillotractées à l'extrême par exemple le président chinois qui décide de refuser de monter dans le train car, je cite,: "La Chine a besoin de moi. Je ne peux pas abandonner le monde à son sort en cet instant historique." C'est absolument n'importe quoi dans la mesure où n'importe quel politichien aurait abandonné son peuple pour sauver ses fesses et son argent. D'ailleurs la Chine est présenté comme ayant le bon rôle avec son milliardaire philanthrope qui a financé la construction du Transperceneige. Et oui, le fameux Transperceneige est un produit 'made in China' !?!

    Je ne mentionnerai pas non plus le côté 'woke' + quota de l'album avec les méchants hommes généralement blancs et les gentils issus des minorités (chinois, afro-américain, femme).

    Un album tantôt pertinent dans ses questionnements, tantôt involontairement drôle. Au final, c'est parfaitement dispensable et c'est également pour moi le vrai terminus de la saga Transperceneige.

    BudGuy Le 30/09/2023 à 19:08:40
    Le transperceneige - Tome 4 - Terminus

    L'opus de trop ?

    Quinze années après un troisième volet qui se finissait sur une note bien noire à souhait, Jean-Marc Rochette remet la couvert en compagnie d'Olivier Bocquet pour un album censé clôturer la saga. Reprenant la fin du précédent volume, nous retrouvons les personnages embarqués (ou plutôt débarqués) dans une nouvelle mésaventure à base de parc d'attraction, de fuites nucléaires et de sang d'enfants.

    Autant j'ai pu apprécier les tomes précédents suivant le premier, autant je suis assez partagé avec le présent ouvrage: le postulat de départ est finalement abandonné avec la sortie des personnages du train et l'histoire prend une tournure assez inattendue. D'un côté, c'est bien raconté et prenant à souhait, d'un autre côté, cela n'a plus rien à voir avec le concept de départ, le train n'étant plus un personnage à part et mis de côté.

    Les dessins de Rochette sont toujours aussi immersifs et incroyables de par leurs compositions. J'ai bien senti l'envie des auteurs de déjouer certains codes et autres clichés des histoires post-apo et de faire un lien avec le film de Bong Joon-Ho, malheureusement au détriment de certains trous dans le scénario.

    Sûrement pas le meilleur album mais une conclusion honnête et bien menée malgré tout.

    BudGuy Le 30/09/2023 à 18:52:15
    Le transperceneige - Tome 3 - La traversée

    Après un deuxième opus qui redistribuait les cartes en terme de personnages, d'enjeu et de thématiques, ce troisième volet continue sur sa lancée avec le Transperceneige qui finit par sortir de ses rails pour une traversée de l'Atlantique vers un mystérieux message radio.

    De nouveau, la manipulation et les jeux politiques sont à l'honneur. Cela bataille sec entre celles et ceux qui veulent maintenir le train sur ses rails de confort et les autres qui veulent sortir afin d'explorer la zone du signal reçu. Un album où les alliances se font et se défont, où les cadavres vont s'accumuler et le désespoir être accentué jusqu'à ce final terrifiant.

    Encore un très bon opus proposé par les auteurs.

    BudGuy Le 30/09/2023 à 18:37:58
    Le transperceneige - Tome 2 - L'arpenteur

    Il est toujours délicat de faire une suite à une œuvre qui a posé la barre très haute en terme de qualité visuelle, scénaristique et thématique. Si l'exercice peut sembler périlleux et accoucher de résultats généralement peu concluants, ce deuxième volet du Transperceneige vient faire exception.

    Suite à la disparition de Jacques Lob, le scénario de ce deuxième volet a été repris par Benjamin Legrand et ce dernier a opté pour de nouveaux personnages, plus de thématiques (terrorisme, manipulation des masses, réalité virtuelle, extrémisme religieux…) et de nouveauté (un deuxième train) afin de d'étendre l'univers du Transperceneige. Le résultat est au final copieux mais bien dosé.

    Jean-Marc Rochette, au dessin, a progressé en terme de style et cela se ressent pour un résultat très différent du premier volet mais cela reste incroyable avec toujours ce noir et blanc et ces nuances de gris (à l'image des personnages et du monde).

    Il est évident que le présent opus ne peut et ne pourra jamais dépasser l'œuvre originelle. Néanmoins, cette suite est de très bonne facture et tente des choses tout en gardant une forme de noirceur, au demeurant moins appuyée.

    BudGuy Le 30/09/2023 à 11:44:09
    Le transperceneige - Tome 1 - Le Transperceneige

    Suite à l'adaptation cinématographique de Bong Joon-Ho en 2013, il était temps que je me plonge à mon tour dans les méandres du Transperceneige.

    Ce premier opus est incroyable sur bien des aspects: noir et blanc immersif, narration qui ne traîne pas, critique sociale, personnages plus intéressants que prévus, dessins et cadrages à tomber, noirceur à chaque planche…

    L'histoire se suit avec son lot de duretés et d'injustices jusqu'à ce fin qui ne libèrera même pas son personnage principal de sa "prison". Proloff, le "héros" de ce récit, est finalement assez réaliste puisque ne jouant jamais au héros, quand en temps normal n'importe quel personnage défendrait la demoiselle qui se fait malmener par de vilains soldats.

    Un premier opus qui mérite largement son statut de monument de la bande-dessinée franco-belge et qui peut se lire en simple one-shot.

    BudGuy Le 17/09/2023 à 14:25:29
    La dernière Vie - Tome 2 - Tome 2

    Juan Gimenez rend hommage à sa façon aux joueurs vidéo-ludique et autres accros de l'ordinateur avec ce diptyque.

    Le postulat de départ est assez basique au demeurant: un joueur (Fito) se retrouve propulsé dans un univers de jeu vidéo, plus réel que virtuel, comprenant différents mondes et missions à accomplir avec un nombre de vies restreint.
    Ce début de scénario m'a rappelé le roman de Christian Lehmann "No pasarán, le jeu" avec beaucoup de similitudes (la disque de 3 pouces et demie). Heureusement, Gimenez prend une autre direction une fois quelques pages tournées.

    Le récit a beau être linéaire, Gimenez nous démontre encore une fois l'étendue de son talent en changeant d'ambiance et d'époque. Les scènes d'insertion lors du lancement du jeu sont visuellement très saisissantes. Nous y retrouvons également ses 'tics' d'auteur avec notamment les différentes morts graphiques parfois bien gores (acide, mutilation, perforation). Le scénario prend une tournure plus précipitée dans le dernier tiers du second album, accouchant d'une fin avec deux/trois choses qui tombent un peu à plat car expédiées un peu trop vite.

    Mon plus grand regret réside dans le fait qu'il n'y ait pas eu d'édition intégrale pour réunir les deux volets, pour une histoire ni trop longue ni trop courte.

    Au final, un superbe diptyque pour tous les grand fans de Gimenez et de jeux vidéo.

    BudGuy Le 09/09/2023 à 18:26:54

    Un 'one-shot' policier se déroulant durant la grande crue parisienne de 1910 où nous suivons Ange Leca, journaliste d'origine corse très porté sur la bouteille, à la recherche d'un assassin qui a démembré et mutilé le corps d'une jeune femme.

    L'enquête introduite dans l'album est surtout un prétexte pour nous plonger dans le Paris du début du 20e siècle avec ses beaux quartiers, ses maisons de débauche, ses théâtres…
    Le trait réaliste et magnifique de V. Lepointe apporte un plaisir de lecture immédiat, tandis que les dialogues et les écrits journalistiques de T. Graffin et J. Ropert sont finement ciselés. Il se dégage un charme indéniable à chaque case et planche de ce tome.

    J'ai eu du plaisir à lire cet album même si ce n'est pas un chef d'œuvre à s'en relever la nuit. Cela reste un très bon cru à déguster au demeurant.

    BudGuy Le 02/09/2023 à 21:49:16
    Irons - Tome 3 - Les disparus d'Ujung Batu

    Jack Irons est ingénieur. Expert dans les ponts et le génie civil, il est celui que l'on appelle quand tout va mal...moyennant mille dollars la journée.

    Une superbe série en trois tomes abordant un homme qui n'a rien de spécial: pas de formation ou de passé de militaire, pas d'ami, pas de super-pouvoir à la noix… Non, rien si ce n'est d'être qu'un simple ingénieur possédant un sang froid exemplaire , un fort instinct de survie et une intelligence qui lui permet de se sortir de situations difficiles. C'est l'originalité de ces trois albums: ici les auteurs ont fait le choix de présenter un monsieur "tout le monde", avec juste un passé compliqué, qui ne veut que la justice et bien faire son travail.

    Le scénario de chaque tome est très bien écrit mêlant flashbacks familiaux, gestion et informations relatives à l'ingénierie civile avec détails à l'appui, problématiques politico-religieuses… Les dialogues ne sont pas en reste avec la misanthropie d'Irons mis en exergue via quelques saillies bien placées.

    J'ai noté une erreur dans le troisième tome: le drapeau du bateau touristique indique que ce dernier est suédois, pas norvégien comme énoncé quelques planches plus loin par les hautes-instances locales. Un menu défaut dans un océan de très bonnes qualités.

    Les dessins et couleurs sont magnifiques entre le fin du fond du Canada enneigé et la jungle tropicale en Indonésie, L. Brahy et H. Facio ont fourni un très bon boulot.

    Au final, un triptyque solide, intéressant, équilibré et bien mené. Une réussite.

    BudGuy Le 27/08/2023 à 14:07:44

    Après le jouissif et délirant 'Convoi', je tombe sur une BD s'inscrivant un peu dans la même veine en terme d'univers post-apocalyptique sans pour autant être aussi politiquement incorrect et rentre-dedans.

    Aster est une paria, vivant dans la forêt de Fontainebleau en 2068, et subsistant via le système D avec son ami Wallis. Elle va se retrouver confrontée aux problématiques familiaux de Warris, à la communauté de Pan et à la toute puissante Fortuna via un sport: la 'mécanique céleste'.

    Merwan officie à tout les postes: scénario, dessin et couleur pour un résultat lorgnant tantôt vers "Waterworld" , tantôt vers le manga, mais surtout vers un côté loufoque et barré. Le sport en lui-même est un exemple de tout cette folie: c'est une sorte de ballon prisonnier futuriste, retransmis en direct et doté de règles qui fluctuent en fonction de la position sociale des participants (à coup de triche et autres combines délirantes).

    Il y a de bonnes saillies bien placées et beaucoup de légèreté malgré le côté post-apo peu enviable. Merwan nous comble avec trois gros actes dont une superbe partie finale avec des rebondissements (c'est le cas de le dire avec tous ces ballons) et un découpage d'une redoutable efficacité.

    Je peux simplement lui reprocher un manque de développement des personnages de façon globale et un manque de folie outrancière dans sa dénonciation politique. Néanmoins, je n'ai clairement pas boudé mon plaisir.

    Au final, un superbe opus qui peut se lire en 'one-shot' malgré le prochain volet qui arrive bientôt.

    BudGuy Le 26/08/2023 à 17:56:26
    Nephilims - Tome 1 - Sur la piste des anciens

    Un bien étrange western que voilà.

    Le prolifique S. Runberg revient avec ce premier opus d'une nouvelle série s'inscrivant durant la guerre de Sécession en 1864. Nous y suivons le Capitaine Jackson et son régiment composé d'afro-américains chargés d'escorter des scientifiques sur des terres sacrées appartenant aux Choctaws, amérindiens locaux. Ils devront faire face à des Confédérés revanchards, aux belliqueux Choctaws, à des créatures étranges et au racisme de tout le monde.

    Ce premier opus peut se diviser en deux parties: présentation des forces en jeu/installation du postulat de départ et le cheminement de Jackson et ses hommes en territoire hostile vers une sinistre destination.
    Autant je suis satisfait des décors, de l'ambiance et des couleurs, autant je suis très circonspect vis à vis de certains éléments:
    - Ici tout le monde est raciste envers les Noirs et le fait savoir soit par les actes (on tue ou on tabasse) soit par les paroles (le mot "nègre" utilisé à tort et à travers). C'est matraqué plus d'une fois et de façon lourde (on a bien compris à la 6e fois !)
    - Les dessins m'ont rappelé les (piètres) séries 'Conquêtes' et autres 'I.S.S Snipers' et ce n'est sûrement pas un hasard puisqu'il s'agit des mêmes dessinateurs qui ont officié sur certains albums des deux précédentes séries suscitées
    - Le langage fleuri des intervenants est trop exagéré et trop moderne par instant
    - Enfin ce mélange bizarre entre western et géants sanguinaires qui semblent tout droit sortis du manga 'L'attaque des titans'

    Cela reste efficacement bien mené et on ne perd pas de temps dans le déroulé. Néanmoins, je ne suis pas sûr de vouloir m'imposer la suite.

    BudGuy Le 20/08/2023 à 14:02:00

    Quand j'ai vu la mention 'Fluide Glacial' écrit en bas de la couverture, je me suis dis qu'il fallait que je fasse la connaissance de ce Monsieur Léon et je ne le regrette pas, même si c'est au final assez court.

    Ici pas de grosse saillie outrancière politiquement incorrect ou vulgaire, les auteurs ont choisi de présenter avec sobriété la vie de ce Monsieur tout le monde. Nous suivons alors la passion de ce dernier pour le mambo et le tango ainsi que pour sa voisine de palier, le tout dans un contexte confinement/paranoïa/ complotisme. Les saynètes sont bien pensées et menées avec plaisir surtout au niveau des couleurs éclatantes tranchant avec le gris environnant.

    J'ai noté une critique sous-jacente envers le pouvoir en place avec des références aux gilets jaunes à de multiples reprises. D'ailleurs, l'ancien préfet de Paris ou plutôt le nazillon D. Lallement n'est pas épargné et en prend pour son grade; il manquait la présence de Castaner pour que la fête soit totale.

    Remède très efficace face à la morosité ambiante et aux problèmes actuels de notre société, Monsieur Léon est un bol d'air frais et une invitation à l'évasion.

    BudGuy Le 17/08/2023 à 17:06:52

    Hiroshi Hirata est un mangaka qui nous a quittés en 2021 et laissant une œuvre conséquente de gekigas, l'équivalent de courtes bande-dessinées consacrées à l'histoire du Japon et aux samouraïs. Avec le présent 'one-shot', il revisite la mythique figure de Zatoïchi le masseur sabreur aveugle. Ce personnage, popularisé par l'incroyable acteur Shintaro Katsu, est ici au centre de deux histoires originales, surtout la première où il fait la rencontre d'un autre personnage aveugle, joueur de biwa itinérant.

    Le trait d'Hirata est très typé année 60 au niveau des designs des personnages: les méchants sont patibulaires et ont de drôles de têtes que l'on trouverait dans une pièce de kabuki, tandis que les enfants sont tous des clones d'Astro boy.

    Cela se laisse bien lire avec en complément un dossier très instructif revenant sur la figure de Zatoïchi, une biographie d'Hirata doublée d'une interview, une biographie de l'acteur Shintaro Katsu et une interview d'un spécialiste de la culture populaire japonaise, Takeshi Uechi.