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Les avis de - Avollant

Visualiser les 11 avis postés dans la bedetheque
    Avollant Le 09/02/2020 à 19:28:13
    Capitaine Albator - Mémoires de l'Arcadia - Tome 2 - Les ténèbres abyssales de l'âme

    Deuxième album de cette incroyable trilogie ; Jérôme Alquié nous dévoile ici un nouveau chapitre sur le mystérieux passé des Sylvidres. Mais pour ce qui en est d’Albator, les enjeux qui lui font face en sont devenus beaucoup plus périlleux… et personnels. Voici ce que j’en pense :

    Les points forts ; ce que j’ai aimé par-dessus tout, c’est que l’auteur introduit les concepts « d’arbre de la connaissance » (sorte d’ordinateur/banque mémoire des Sylvidres), des trois sœurs maudites ainsi que la révélation que certains alignements de pyramides ne sont en fait que des vaisseaux géants Sylvidres. Je les apprécie tellement que j’espère que Leiji Matsumoto les reprendra à son compte.

    Les points faibles ; un seul et il se situe au niveau du scénario : C’est la façon dont il se sort du piège de désespoir dans lequel lui et son équipage ont été plongés. Si Jérôme Alquié montre comment Albator se libère de l’emprise d’Eine, la Sylvidre de l’ombre ; il ne montre pas du tout comment Albator réussit à faire de même pour le reste de l’équipage incluant l’ordinateur du navire… et je trouve cela des plus dommageable.

    Mon opinion ; je suis impressionné ! J’aime comment l’auteur a abordé l’univers complexe de Leiji Matsumoto pour lui donner un twist personnel. Le « caméo » de Maetel (Galaxie Express 999) ainsi que le clin d’œil à la « Stan Lee de MCU » (je n’en dis pas plus) sont des petites attentions que j’apprécie énormément.

    J’ai aussi aimé apprendre plus de détails sur le passé des Sylvidres… d’ailleurs, cet épisode m’a fait réaliser que bien que nous en ayons appris beaucoup lors de la télé série Albator 78, ces informations ne concernaient uniquement que leurs présences sur Terre (avant l’humanité) ainsi que la marche (et conquêtes) de l’armada royale. C’est donc avec un grand intérêt que j’ai découvert cette nouvelle facette de la civilisation des Sylvidres.

    Finalement, ce qui rend cet album fort captivant, est toute la dimension psychologique que l’auteur explore ici. En effet, jusqu’à présent, Albator a toujours apparu comme un héros sans failles et sans faiblesse… dont seules la foi en ses convictions et sa forte détermination suffisent à le propulser au travers de l’histoire. En examinant les doutes de notre protagoniste, M. Alquié aborde le sujet sous un angle rarement exploité. Ce qui fin de compte donne à notre ami un côté plus humain et moins invulnérable. Là où je suis en désaccord avec le scénariste est la façon dont il sort l’équipage de l’Arcadia du piège de désespérance. J’aurais préféré qu’il utilise le cliché de « la main tendue » pour expliquer cet exploit, mais il s’agit ici que d’un gout personnel.

    En conclusion, une excellente histoire avec un angle d’approche rarement utilisé pour Alabator. Hormis le point avec lequel je suis en désaccord, j’ai vraiment aimé cet ouvrage et vous le recommande avec un 9 sur 10. J’ai hâte de lire la fin de cette histoire…

    Bonne lecture à tous.

    Avollant Le 30/01/2020 à 20:16:26
    Conquêtes - Tome 3 - Decornum

    Lorsque j’ai vu la bande-annonce pour la première fois en 2018, ma réaction a été quelque peu compliquée : d’un côté j’étais à la fois très intrigué par le concept de la série, mais de l’autre, après avoir aperçu les objectifs (planètes) de conquête, j’ai eu un sens de désillusion. En effet, il semblerait que cette série allait suivre le traditionnel « cliché » de monde à biotope unique (planète de glace, planète océan, etc.) comme dans Star Wars et autre série du genre. Déception, mais, bon enfin, lorsque j’ai vu le graphisme du premier album, j’ai décidé de l’essayer… voici ma critique :

    Troisième tome de cette série et un nouveau monde à explorer. À première vue, la situation semble similaire au volume précédent, mais avec la différence que, si sur Deluvenn les humains ont réussi à terrasser l’ennemie, sur Decornum, les indigènes, eux, se sont révélée beaucoup plus coriace.

    Ce que j’ai aimé de cette histoire est son scénario. Au départ, on pense à un récit typique à l’« Avatar 2.0 », mais plus on avance, plus il y a divergence. Ce qui fait surtout la différence, ici, ce sont la nature des conflits qui, pour le héros, Keïto, seront de nature à fois éthique et externe. Très vite, la dure réalité des enjeux ainsi de la situation actuelle de l’humanité rentrera directement en opposition avec les valeurs morales du protagoniste. Autre atout majeur ; est le mystère entourant les habitants de Decornum, de même que la relation qui existe entre les deux castes observées (les serfs et les dominants). L’intrigue y est vraiment bien montée et nous envoie à un dénouement qui sera à la fois tant surprenant et que mystifiant.

    Ce que j’ai le moins aimé, par contre, est les points suivants :

    Le premier est au niveau de la culture japonaise… Bien que cette histoire soit basée sur une flotte provenant du Japon, on ne « sent » pas le japonais dans la trame de fond. Ici, on a plutôt à faire à une flotte européenne avec des figurants japonais. La culture japonaise est pleine de rituels et de traditions, mais possède aussi une structure hiérarchique très rigide et stratifiée… qui n’est malheureusement que peu ou pas représentée dans cet épisode. Par exemple, Atsuka n’a fait le salut traditionnel japonais qu’une seule fois (p. 23) dans toute l’histoire. Il en va de même pour l’hygiène et les sanitaires… si vous portez attention à n’importe quel Manga, vous noterez une différence fondamentale entre la culture japonaise et celle de l’occident en regard à cet aspect. Et ensuite, il y a aussi le fait que pour une société qui se dit à bout de ressources, un tel niveau de détritus est des plus incohérents : habituellement, plus il y a pénurie, plus chaque morceau ou item sera utilisé jusqu’à qu’il n’y a plus rien à faire… et encore. Mais dans cette situation-ci, cela ne semble pas être le cas du tout. Tout cela n’enlève rien à l’histoire, mais j’aurais aimé que ces détails soient pris en considération.

    Mon second irritant est au niveau des data présentés : à l’intérieur des pages couvertures on trouve les premières informations sur la planète ou l’aventure se déroulera. Au départ, on croit que ces infos sont précises, mais en fait, ils ne le sont pas ! De toutes évidences, les créateurs ont voulu imiter ce qui a été fait dans « les mondes d’Aldébaran » (Ed Dargaud), mais avec un succès plus mitigé. Ce qui m’a mis la puce à l’oreille est que dans ces data mentionnés on indique que Decornum a un rayon de 6000 km… mais sachant que celui de la Terre est de 6 378 km (Wikipedia)… Donc, lorsque l’on me dit, à la première case de la première page, que Decornum a deux fois la taille de la Terre ; j’ai vite constaté que cela était impossible. Donc j’ai révisé encore une fois l’information inscrite et du même coup, j’ai fait pareil pour les BD précédentes. Résultat, aucun des trois livres n’est exempt d’erreurs. Scénaristes et auteurs, petit conseil, à l’âge des ordinateurs et de l’internet, SVP, assurez-vous de l’exactitude de vos calcules, car, n’importe qui aujourd’hui a le pouvoir de le faire et ne se privera pas d’essayer.


    Au final, j’ai bien aimé, mais dû à ce que j’ai expliqué plus haut, je ne peux lui donner qu’un 2 sur 5. Très bon scénario accompagné de dessins adéquats… mais le tout aurait pu profiter d’un plus grand polissage sur plusieurs aspects et détails.

    Bonne lecture à tous.

    Avollant Le 25/01/2020 à 16:38:57
    Capitaine Albator - Mémoires de l'Arcadia - Tome 1 - Les doigts glacés de l'oubli

    « ♫ Albator, Albator… Du fond de la nuit d’or… ♫ » pardonnez-moi si je fredonne cette chanson, mais, c’est plus fort que moi : à chaque fois que j’entends parler d’Albator (ou du Captain Herlock en VO.), ce générique me revient en tête.

    Déjà un mordu de cette série mythique depuis 1980, je suis toujours heureux de découvrir de nouvelle création de Leiji Matusumoto. Étant un lecteur assidu de la série actuelle « Capitaine Albator : Dimension Voyage », tel ne fut pas ma surprise d’apercevoir ce petit bijou perdu au milieu des autres bandes dessinées de ma librairie locale. Je n’ai même pas hésité ! Voici ce que j’en pense :

    Les points forts ; le graphisme ! Il est tout simplement génial et se marie parfaitement avec la série télé « d’Albator 78 ». Jérôme Alquié a non seulement très bien sue maitrisé le style de Leiji Matsumoto ; mais il a aussi réussi à lui donner une fluidité dans tous les mouvements. Cette même fluidité, en plus d’ajouter au dynamisme du scénario, sert surtout à rendre ses personnages et scènes des plus vivantes.

    Les points faibles ; un tout petit… dans la série « Albator 78 », il y avait le chef de la défense et grand rival d’Alabtor : Vilac ! J’aurais aimé le revoir, car c’était l’un des acteurs le plus intéressant de cette saga. Mais c’est juste par simple nostalgie que je mentionne ça.

    Mon opinion ; WOW ! Alors mes touts mignons, je vous le dis, c’est du pur bonbon ! Je me suis délecté en « dévorant » cet album. Le scénario se lit très bien. Il est fluide et ne contrarie en rien (jusqu’à présent) ce qui s’est passé dans la série animée des années 80. Je me suis régalé du début jusqu’à la fin et je suis des plus impatient de savoir la suite… ce qui ne devrait pas trop tarder.

    Que vous soyez admirateur d’Albator, ou encore, comme moi un nostalgique des années 80… ou simplement un amateur de bandes dessinées et de bonnes histoires, vous allez aimer cette aventure. Croyez-moi, vous allez être captivé par cette BD.

    En conclusion je classe celle-ci parmi les « classiques » instantanées. Un « must » pour tout collectionneur de ce héros légendaire.

    Bonne lecture à tous.

    Avollant Le 21/01/2020 à 16:29:46

    Ayant débuté un travail de fiction personnel inspiré des contes de la mythologie ancienne, je fus à priori fortement intéressé par l’annonce de cette collection. Cependant, comme cette série ne suit pas une numérologie classique, mais est organisée par la thématique des héros ; j’ai été quelque peu embêté à savoir par où commencer. Voyant le titre, j’ai donc choisi celui-ci. En voici mon analyse :

    Les points forts ; le sujet lui-même ! Pensez-y : la création de l’univers, des titans et des dieux… un chapitre fascinant de la mythologie gréco-romaine, mais combien méconnue et fort peu couvert dans les médias contemporains !


    Les points faibles ; il y en a trois ! En premier, il y a le graphisme… Et ici, soyons clairs. Prendre la décision de confier l’illustration d’une bande dessinée à deux artistes différents est et restera toujours un pari risqué. Dans ce cas-ci, le résultat n’est malheureusement pas au rendez-vous. Si les premières pages de l’histoire, créées par Dim D., sont tout simplement sublimes ; le reste de l’album lui, laisse à désirer. Même si le labeur de Federico Santagati est quand même bien dans son ensemble, il n’a pas à mes yeux, réussit à rendre Zeus héroïque ! Ce qui est tout de même ironique considérant qu’il fait partie des acteurs principaux de cette légende.

    Le deuxième problème tient au scénario. Il semble condensé et accéléré. Et pour ce qui en est des dialogues, ils me paraissent dépourvus d’émotions crédibles. À bien des égards, cela manque de profondeur. Le tout me laissant un arrière-gout d’opéra savon.

    Finalement, il y a le choix de la philosophie comme dernier sujet pour le dossier de recherche… Oui ! Vous avez bien compris… La philosophie pour expliquer la mythologie… selon moi, c’est comme prendre du Chopin pour expliquer du Janice Joplin… ça ne va pas ensemble !


    Mon opinion ; comme je l’ai mentionné plus haut, j’étais très enthousiaste à l’idée de lire une BD sur les Titans. Le sujet étant rarement explorer dans les médias modernes, je me faisais une joie de découvrir une nouvelle interprétation du mythe originel… J’ai vite déchanté.

    D’ailleurs, je ne connais pas les chiffres de vente de cet album, mais je ne crois pas qu’il s’agisse de l’un des meilleurs marqueurs de cette collection. Je pense que l’on peut attribuer cette médiocrité à deux facteurs principaux.

    D’abord, il y a la faiblesse du scénario. Même après l’avoir relu une seconde fois, celui-ci me semble très comprimé et incomplet. En fait, l’impression que j’ai eue, est que cette histoire serait l’équivalent d’avoir regardé un condensé de vingt épisodes pour couvrir la totalité de la saga du trône de fer. Ce constat m’amène à déduire que cette saga aurait pu faire l’objet de deux ou trois tomes. Un livre pour la création et l’arrivée des titans, incluant leurs règnes sur Terre. Puis un deuxième relatant l’ascension de Zeus ainsi que celle du panthéon grec.

    Ensuite, il y a l’aspect visuel ainsi que le public cible à considérer. Dans un âge ou les superhéros domine le cinéma, la télévision et la littérature, une bande dessinée sur les dieux attirera forcément le même publique ou à défaut, une audience similaire. Démographiquement, le lectorat visé sera vraisemblablement en majorité constituée de jeunes hommes se situant entre 12 et 24 ans. En tenant compte de tout ça, Luc Ferry aurait dû mettre l’accent sur les aspects « super-héroïque » et spectaculaire. Ne parlons-nous pas de DIEUX après tout ? Ici les auteurs auraient eu tout intérêt à répondre aux attentes de ce lectorat spécifique en illustrant les pouvoirs individuels de ces mêmes divinités et titans.

    Dans le film « Avengers », l’une des scènes les plus mémorables n’est-elle pas celle ou Thor utilise ses éclairs pour bloquer le passage aux armés de Thanos ? Et c’est sur ce point que j’aimerais insister. Tout le long de ce récit, les deux groupes se s'affronte en se « garrochant »* des roches et des arbres ; ou encore en se battant simplement à mains nues. Ce qui, après réflexion, est extrêmement décevant. Et puis, que dire de cette étude de texte à la fin de cette œuvre ? Personnellement, je me serais attendu à un dossier expliquant qui étaient les titans, leurs pouvoirs et significations en regard avec la civilisation grecque. Au lieu de cela, nous avons droit à une dissertation sur comment la philosophie a permis de faire le pont entre la mythologie et la pensée séculaire… Intéressant certes, mais d’un ennui à mourir !

    Si ce livre avait été destiné à un auditoire de niveau collégial ou universitaire, j’aurais compris… mais dû à la façon dont cet ouvrage a été conçu, le client potentiel va plutôt filer dans la direction opposée.

    En conclusion, mon opinion sur cette histoire est que l’idée de départ était excellente, mais son exécution, elle, en a été désastreuse. Si vous voulez deux exemples sur le comment, ce sujet aurait pu être traité ; il y a « Thor : The Eternal Saga » (The Mighty Thor, Vol. 1&2//Marvel Comic) et dans le comique « New Teen Titans Vol. 1 » (DC Comic 1981) ; il y les nos 9 à 16, qui parle de l’impact du retour des Titans (réf : la saga des « Titans of Myth »). Ces deux péripéties en sont deux excellentes représentations sur comment aborder ce sujet sans en perdre de vue l’objectif premier.

    Je ne recommande cette histoire que si vous voulez compléter votre collection. À part cela, je ne lui donne que 2 sur 5.

    Bonne lecture à tous.

    *Garrocher = Expression québécoise qui signifie « lancer avec force avec sans finesse ou précision ».

    Avollant Le 18/01/2020 à 16:51:14
    Yoko Tsuno - Tome 2 - L'orgue du diable

    Deuxième album de la série et changement de cap complet ; au lieu d’une histoire de science-fiction, nous avons droit ici à un polar d’action typique sur un fond de légende médiévale. Remarquez que le genre « polar d’action » fut très populaire dans les téléséries et le cinéma des années 70.

    Avant de débuter, je désirerais mentionner que j’ai longtemps classé cet épisode parmi celles que j’aimais ou appréciais le moins de toute ma collection. Je lis les aventures de Yoko depuis l’âge de 8 ans et déjà à cette époque, je préférais nettement les récits de science-fiction aux histoires plus terre-à-terre. Mon opinion sur cet ouvrage a quelque peu changé suite à mes deux voyages en Europe, d’abord en 1993 puis en 2011. En voici donc mon analyse :

    Les points forts ; indéniablement, la minutie du détail et de la perspective sont les forces de Roger Leloup. Cette fois-ci, il ne s’agissait pas de rendre l’imaginaire crédible, mais plutôt de transposer la réalité à un scénario hypothétique. Ici chaque scène est un cliché figé dans le moment exact où l’auteur a compilé ses informations. Les acteurs ont beau y être fictifs, les séquences de vie, elles, sont bien réelles. Autre point ; l’artiste a grandement amélioré les dessins de ses personnages… ils y sont nettement plus proportionner et précis que dans le livre précédent. Seul Pol reste encore assez caricaturé. Détail supplémentaire ; pour cette BD, M. Leloup a utilisé une technique mise en avant par la télévision américaine que j’appelle chapeau blanc et chapeau noir. Les héros y sont habillés de couleurs claire et voyante tandis que le vilain lui, est vêtu dans de tons plus sombres ; quant aux personnages de support, eux, ce sont des teintes plus neutres, ou plus pâles qui leur sont réservées. Cette technique permet d’identifier rapidement les bons des méchants, mais surtout, de faire la différence entre les acteurs vedettes et les simples figurants. Ce qui est assez important si l’on veut les repérer dans une foule.

    Les points faibles ; le seul qui m’accroche est le fait que Yoko agit ici de façon frustrée et autoritaire ; voir intimidatrice. C’est aussi la seule et unique fois dans la série qu’elle menacera directement quelqu’un avec une arme.

    Mon opinion ; deuxième album de cette saga, mais sixième histoire dans l’ordre chronologique. En choisissant ce scénario, Roger Leloup se mettait la barre très haute dès le début. Malgré son apparente simplicité, l’intrigue lui a permis d’y inclure plusieurs twists qui n’ont pas manqué me surprendre. Fait à noter, c’est dans cet album que Yoko abandonnera (temporairement) pour la première fois son ensemble rouge et noir. C’est aussi à partir de ces pages que l’artiste explorera diffèrent styles vestimentaires pour notre héroïne. Une habitude qu’il répètera dans les tomes suivants pour un plus grand réalisme et notre plus grand plaisir. C’est aussi dans ce récit que l’artiste fera l’introduction d’Ingrid Hallberg, une organiste allemande que nous reverrons, plus tard, dans d’autres aventures avec Yoko. Il est particulièrement intéressant de constater comment l’auteur a réussi à faire naitre une forte amitié entre ces deux femmes… une amitié d’autant plus surprenante tant leurs personnalités est à la fois différentes, certes… mais étrangement complémentaire.

    Ce que j’ai apprécié le plus de cet album, c’est le sentiment imposant que ces vieux monuments peuvent nous inspirer. Bien que Roger Leloup soit parvenu à exprimer cette émotion au travers de ses dessins ; ce ne fut que lorsque j’ai visité certains de ces châteaux, que j’ai pu réellement comprendre qu’il a voulu évoquer. Quant à l’antagoniste de l’histoire, Karl Meyer ; il aura été probablement l’adversaire le plus retors auquel Yoko aura eu à faire face au cours de toutes ses aventures. Ce qui en rétrospective expliquerait peut-être son attitude frustrée et agressive… Une frustration qu’elle a clairement exprimée haut et fort par son : « Trois tentatives d’assassinat en une journée, ça vous survolte une électronicienne ! »

    En passant, ce sera aussi, jusqu’à présent, la seule bande dessinée de toute la série dont le titre aura été écrit dans une calligraphie de style « gothique »… Ce choix spécifique a pour effet d’amplifier l’aura de mystère que dégage cette histoire. Ce que je trouve intéressant dans ceci est de voir comment un style calligraphique peut influencer notre prédisposition à nous engager (ou non) dans la lecture de ce même texte. Décidément, le Diable se cache dans les détails. (LOL)

    En conclusion, si cet album ne figure pas parmi mes préférés de cette collection, j’apprécie quand même le temps et l’effort que M. Leloup a consacré à cet ouvrage. C’est un bon polar ; pas trop complexe et très bien mener qui saura pleinement vous divertir.

    Bonne lecture à tous.

    Avollant Le 03/01/2020 à 22:42:59
    Getter Robot - Tome 1 - Tome 1

    AVERTISSEMENT : CE MANGA EST DESTINÉ À UN PUBLIC MATURE !

    Je ne connaissais l’existence de Getter Robot uniquement que par le film « Goldorak contre le Dragonosaure » paru en 1976. En effet, c’est avec ce film que j’ai réalisé toute l’immensité de l’œuvre de Go Nagai. Les figures marquantes de Goldorak, Mazinger Z, Devilman, et bien d’autres encore, sont toutes sorties de l’imaginaire fertile de ce concepteur légendaire. Cependant, hormis ce que j’ai vu dans ce moyen métrage, je ne savais à peu près rien de ce robot.

    C’est donc avec une grande curiosité que je me suis mis à dévorer ce magnifique cadeau de Noël, que m’a offert mon fils. Voici donc mon analyse :

    Getter Robot fut imaginé en 1973 par Gô Nagai et Ken Ishikawa et diffusé sur les ondes de 1974 à 1975, pour un total de 51 épisodes. Cette série d’animation a été reconnue pour son innovation dans le genre des « super robots » en introduisant le concept d’engins séparé se combinant ensemble pour faire un super-robot. L’originalité de ce concept permettait à ces engins de se recombiner en une machine plus adaptée à la situation… et ce même en plein combat. En gros, Getter Robot est ni plus ni moins que l’ancêtre « spirituel » des Transformers.

    Les points forts ; le graphisme ! Il est tout simplement génial. Les dessins de Ken Ishikawa sont tout bonnement grandioses. Le plan d’ensemble représentant les fonds marins en page 211 ou encore, celui du plan aérien en page 261 en est de très bons exemples. Quant au scénario, il suit admirablement le manga traditionnel… c’est-à-dire dramatique, chargé d’actions avec un tempo délirant, certes, mais très compréhensible et facile à suivre.

    Les points faibles ; selon mon jugement, un seul ! Mais il s’agit plus d’un irritant que d’autre chose. J’aurais aimé savoir si le manga originel datait de 1974 ou bien s’il provenait d’un manga plus récent. Je n’ai pas réussi à le découvrir et il n’y a aucune mention de ce fait dans les pages de cette intégrale. Ce qui est dommage, car j’adore collectionner ce genre de petit détail.

    Mon opinion ; lorsque j’ai commencé la lecture de cet ouvrage, j’ai été quelque peu pris de cours par la violence de certaines scènes ainsi que par l’éthique douteuse des protagonistes. Remarquez, je ne connais les œuvres de Gô Nagai que par le truchement de ses séries télé (probablement censuré pour la télévision occidentale), ainsi que ses comiques et bandes dessinées et autres œuvres littéraires…. Mais je n’ai jamais lu un de ses mangas. Donc je suis assez mal placé pour juger le niveau de violence dans ses histoires.

    Ceci étant dit, on constate rapidement que l’auteur a adjoint ses héros d’une vision dans laquelle « la fin, justifie les moyens… quelque qu’en soit le prix ! » Lorsque l’on comprend ceci, on apprécie mieux leurs déterminations face leurs ennemies : Gore, l’Empereur des abysses.

    D’ailleurs, c’est ce que j’ai apprécié le plus de cette histoire : ici, on a vraiment l’impression que l’humanité tout entière va réellement se battre pour sa survie, et non juste pour celle du Japon. Ceci étant démontré par l’amplitude à laquelle l’Empire des abysses peut affecter de larges territoires pour les faire régresser de quelque 65 millions d’années. Chose que je n’ai pas remarquée souvent chez les antagonistes de Gô Nagai. Habituellement, les plans de l’ennemie n’ont pour unique but que de faire sortir le héros dans l’espoir de réussir le détruire. Ce changement dans le Modus Operandi de l’adversaire ajoute non seulement de la profondeur au scénario, mais accentue de beaucoup le péril auquel l’humanité doit faire face.

    En conclusion, j’ai adoré ce livre et le recommande à tous ceux qui ont la nostalgie des années 70 et 80… et je le suggère aussi à tous ceux qui aimeraient découvrir les créations fascinantes de Gô Nagai… Non pas seulement par nostalgie, car, sous un couvert d’apparence destiné aux enfants, ses personnages et scénarios font preuve d’une complexité à la fois surprenante et captivante.

    Bonne lecture à tous.

    Avollant Le 31/12/2019 à 16:47:47
    Yoko Tsuno - Tome 1 - Le trio de l'étrange

    Album pilote de la série, on nous y présente Yoko « officiellement » pour la première fois. Cette histoire décrit la rencontre originale entre Yoko Tsuno et ses futures comparses, Vic Vidéo et Pol Pitron ; ainsi que de leur aventure initiale dans le monde intra terrestre des Vinéens.

    Les points forts ; pour un premier tome, Roger Leloup a frappé fort ! La recherche des détails techniques, la construction du scénario, son tempo… Pour une introduction, cet album marque un score presque parfait. L’action est dosée et les évènements s’enchainent avec une logique toute naturelle qui vous entrainera dans un univers fascinant.

    Les points faibles ; un seul : C’est la façon dont Vic et Pol ont rejoint Yoko dans le laboratoire de recherche (pages 6 et 7) — d’abord en escaladant le côté de la grue de chantier (pourtant l’échelle d’accès y est clairement visible en page 4.) ; puis passant par le bras de cette même grue pour se rendre à l’édifice en question. Considérant que le tout se trouve à une hauteur approximative de 40 mètres, le risque encouru fait en sorte que cet exercice serait des plus improbables.

    Cependant, ce point ne devient évident que lorsqu’on s’y arrête, car, le déroulement de l’histoire y est tel que l’on passe par-dessus sans même le remarquer.

    Mon opinion ; cet album est probablement le point d’entrée pour plusieurs lecteurs de Yoko Tsuno. Ayant « testé » la viabilité de ce personnage via le billet de quelques aventures parut antérieurement dans le journal Spirou ; Roger Leloup a donc eu le feu vert pour un album grand format.

    Sachant qu’il a essayé différents styles lors de ses précédentes histoires (plus de détails dans ma critique de l’album « Aventures Électroniques ») ; ici l’auteur rentre fermement dans le domaine de la Science-Fiction en posant ainsi, les bases sur lesquels il fondera toute la série.

    Sur le plan du scénario, l’écrivain prouve qu’il a fait ses devoirs, car tout suit une logique « probable » quasi sans faille. Parce que Roger Leloup a déjà expliqué officiellement sur ce qu’il lui a donné l’idée pour la création de la race extra-terrestre des Vinéens, je vais plutôt me concentrer sur deux aspects différents.

    En premier, la location de la patrie de ces gens dans la galaxie M33 ainsi que de son orbite autour de deux soleils. Ensuite sur le principe de base de la technologie vinéene. Durant les années 60 et 70, les discutions allaient bon train sur la possibilité de vie extra-terrestre, mais le consensus de l’époque étaient que, « si » les possibilités de vie puisse exister sur une autre planète, celle-ci semble être plutôt rare, car, bien que la Terre en est un parfait exemple ; il se pouvait que ce soit l’unique cas dans toute cette galaxie. Donc, en toute logique, si la vie pouvait exister ailleurs, il était fort possible que ce soit uniquement dans une autre galaxie. Situé Vinéa dans la galaxie M33 (alias Messier 33 ou NGC 598 – La Galaxie du Triangle) permettait de se conformer à cette théorie. Quant à ce qui en est du soleil double de Vinéa ; une impressionnante image de l’artiste Chesley Bonestell, représentant deux étoiles enlacées dans une danse mortelle et publiée dans la référence « The Universe » (Life Nature Library - 1971) ; en a été surement la source d’inspiration, car, elle en ait la copie conforme.

    Du point de vue technologique, au début des années 70, plusieurs projets de recherches dans les domaines des champs magnétiques prédisaient que ce serait la voie de l’avenir. Roger Leloup s’est donc inspiré de ces recherches, mais tout en veillant à leur garder un côté plus pragmatique et réaliste. Et c’est de cette combinaison de l’imaginaire tempéré par une forte dose réalisme qui permettra à ce visionnaire de génie, de créé une civilisation qui sera à la fois étrange et fascinante. De plus, ce bédéiste de génie brille par minutie et tient compte de faits que plusieurs auraient passés outre dans leurs réalisations. Par exemple, le fait que le magnétoporteur évoluait, durait une partie de son trajet, dans un milieu SANS atmosphère. Comme vous voyez, l’idée de hyperloop d’Elon Musk n’est pas si nouvelle que ça... Il est là, le génie de Leloup : il conçoit tellement bien ses designs, que même 50 ans après, ils sont encore d’actualité.

    Pour ce qui a trait au graphique, l’histoire commence avec le style caricatural propre à la maison Dupuis, mais à partir de la page 19, l’artiste change de cap et le dessin devient de plus en plus réaliste et proportionnel ; tandis que les visages eux, prennent de la définition. Un point que j’apprécie vraiment est qu’à la dernière case, l’auteur explique merveilleusement l’origine du logo de la collection : la tête de Yoko sur un fond de soleil levant. Ce logo sera le standard de toute la collection jusqu’à ce qu’il soit remplacé par celle de la tête de Yoko dans un casque vinéen pour ses aventures avec ceux-ci.

    Autre fait intéressant en ce qui concerne le gaz inconnu, mais mortel aux humains suite à une exposition prolongée. Il se pourrait qu’il s’agisse du radon. La toxicité du radon a été fort bien documentée depuis les années 50 par les Américains. Cependant, cette information n’a été rendue publique que lors des années 80 et 90 en raison de découverte de quantité anormalement élevée de ce gaz dans certains sous-sols de maisons. Ceci n’est peut-être qu’une coïncidence, mais si Roger Leloup le confirme, cela voudrait dire qu’il a eu près de 20 ans d’avance sur la réalité. Un fait vraiment remarquable !

    En conclusion, cet ouvrage devrait être placé parmi les grands ouvrages de science-fiction du 20e siècle. Au même titre que Fondation, la Guerre éternel et bien d’autre. C’est pour cette raison que je recommande cet album, car il se lit aussi bien maintenant qu’à sa parution en 1972.

    Bonne Lecture à tous.

    Avollant Le 17/12/2019 à 20:28:53

    Une sorte de coutume chez moi est que, lorsque je me suis procuré et lu la dernière bande dessinée parue, de Yoko Tsuno ; je me mets à relire toute la collection au grand complet dans leur l’ordre chronologique (en passant, je fais cela depuis que j’ai eu mon premier livre de cette série soit, les titans [No.8]). J’étais sur le point de commencer par l’album numéro 4 quand je me suis souvenue de ce roman. N’ayant pas très envie de m’investir dans un manuscrit à cet instant-ci, j’aurais pu facilement passer outre, mais… si je voulais rester dans « l’esprit » ce rituel, je devais en principe démarrer par cette aventure. Ceci étant fait, voici donc mon analyse :

    Yoko est apparue pour la première fois en 1970 dans le journal Spirou, no. 1693… mais ce ne fut qu’avec le neuvième album intitulé « la fille du vent » (paru en 1979) que nous en apprenons un peu plus sur la jeunesse de Yoko. Jusqu’à ce moment, seule la mention du nom de son père, Seiki Tsuno (ou Seiki San), lors de sa première aventure (Hold-up en Hi-Fi), nous indique qu’elle a un foyer et, de ce fait, un passé. Ce fut donc en se basant sur les révélations énoncées dans la fille du vent que Roger Leloup a bâti ce roman.

    Les points forts ; après une brève introduction sur le décorum et la situation familiale, nous rencontrons Yoko pour la première fois le jour de ses cinq ans. Cette fois-ci, l’auteur produit littéralement un tour de force. Il réussit à nous amener, tel un adulte se mettant à genou pour être au niveau des yeux d’un enfant, à la hauteur de ceux de Yoko. C’est comme ça que nous découvrons notre interlocutrice : déjà prompte et combative, elle était aussi orgueilleuse et très sensible. Notre championne en devenir, à la fois fier et fragile, se transformera sous nos regards en la jeune femme qui nous sera familière et ce, grâce à la sagesse et bonté de son père, de son grand-père, Onoué Tsuno, mais aussi celle de son amie Aoki, un moine bouddhiste.

    Et il est là le tour de force : le créateur de Yoko arrive à nous faire vivre son évolution en même temps qu’elle au travers de ses expériences et tribulations… ce que peu d’écrivains réussissent.

    Les points faibles ; il n’y en a pas… ou encore, il faut vraiment chercher la petite bête. Selon moi, le seul et unique point sombre serait peut-être, au niveau de la culture japonaise. Celle-ci étant très complexe, pleine de rituels et de traditions ancestrales ; j’aurais aimé voir une plus grande influence de celles-ci sur le récit. Cependant, comme cet ouvrage fut d’abord et avant tout destiné à un jeune public ; cette lacune n’en est pas une, car la difficulté de ce sujet en aurait découragé plus d’un… jeunes et moins jeunes.

    Mon opinion ; au fil du temps, j’ai remarqué qu’un antépisode (ou prequel) avait la possibilité de, soit rehausser une série, soit la handicaper (voire la détruire) complètement. Heureusement, ce roman non seulement ne nuit pas à la série principale, mais au contraire lui donne une profondeur insoupçonnée. Au fur et à mesure que Yoko grandit, on la voit se transformer au travers de ses expériences et découvertes. De l’enfant tumultueuse et pleine de vie, elle deviendra au cours des pages de ce récit la femme aux qualités exceptionnelles de courage, d’intelligence, de bonté et de générosité que nous connaîtrons plus tard.

    Lors de ma première lecture, j’ai parcouru cette histoire comme je l’aurais fait de n’importe laquelle de ses aventures. Ce qui a été une belle erreur, car ce ne fut qu’à ma deuxième lecture seulement, que j’ai pu vraiment concentrer toute mon attention sur Yoko. C’est ainsi que j’ai pu mesurer et comprendre, toute la portée de la métamorphose que notre héroïne préférée a subie au cours de son cheminement.

    Cette transformation qui se produit sous nos yeux est beaucoup plus profonde qu’elle n’y parait. Et lorsqu’on le réalise, on ne peut qu’apprécier encore davantage l’aventurière dont nous suivons les péripéties depuis bientôt près de cinquante ans.

    Cependant, c’est souvent une certaine tristesse qui me prend à chaque fois que je tourne la dernière page de ce roman. Triste non pas parce que l’histoire l’est... Non ! Triste parce que ce récit me laisse toujours sans réponses à plusieurs questions. Questions tel que : que sont devenue les tantes de Yoko, Hiromi et Chizuka ? Sont-elles encore vivantes ? Quant à ses amis d’enfance Akina et Shinji, où sont-ils rendus ? Et enfin, est-ce que Wai, le fils de Mme Kwan, a réussi à guérir ses jambes ? Ces personnages rencontrés par Yoko sont tellement attachants (presque autant que notre vedette) que l’on ne peut s’empêcher de s’interroger sur leurs sorts.

    Mais, en fait, la plus grande question concerne tout ce qui entoure cet énigmatique Monsieur Chu : qui est-il ? Où est-il rendu ? Et surtout, dans quels autres méfaits est-il impliqué ? Hmmm… aurions-nous ici les graines d’une nouvelle aventure ? Qui sait ?

    Aux finales, le plus frustrant, après avoir lu ce roman, est de se rendre compte que ; bien que nous en avons découvert énormément sur l’origine de notre belle héroïne, celle-ci garde encore bien des mystères. Mystères tels que :

    Que s’est-il passé entre son retour au Japon, et son arrivée en Europe ? Ou encore, comment a-t-elle appris le français ? Il y a là de quoi faire une nouvelle histoire ou même deux.

    En conclusion, ce roman est un incontournable pour connaître Yoko avant qu’on la rencontre officiellement pour la première fois dans soit dans « Hold-up en Hi-Fi » ou encore soit dans « Le trio de l’étrange ».

    Bonne lecture à tous.

    Avollant Le 01/12/2019 à 00:48:09
    Yoko Tsuno - Tome 29 - Anges et faucons

    Dernière parution d’une série introduite en 1970 par l’auteur Roger Leloup et ma troisième critique officielle sur ce site. Avec ce dernier, M. Leloup prouve encore qu’il peut surprendre ses lecteurs, voir les prendre au dépourvu. Cet album marque deux premières pour l’auteur : d’une part, ce n’est pas une, mais deux histoires qu’il nous offre, mais surtout, il nous livre son scénario le plus long jusqu’à présent ; avec ses 64 planches, Leloup brise son format habituel de 48 planches.

    Les points forts ; la recherche des sujets, les dessins techniques, les plans aériens. Ici, on y retrouve le Roger Leloup que l’on connait. La précision de son dessin pour tout ce qui est technique : des maisons, aux véhicules, en passant par des plans panoramiques, on remarque vite le souci du détail chez l’artiste. Cependant c’est surtout son amour pour les avions, ainsi que la liberté que représente le vol, qui transpire le plus dans cet ouvrage. Chaque avion, chaque engin devenant en quelque sorte les héros de ce livre.

    Les points faibles ; Il y en a et beaucoup. D’abord, il semble y avoir une dégradation des dessins au niveau des personnages que je m’explique mal. Les caractères de Vic et Paul en souffrent beaucoup… particulièrement Paul, que j’ai trouvé très efféminé et juvénile comparé à des albums précédents. De plus, plusieurs des personnages de support et autres figurants on l’air « plat », sans épaisseurs ou encore trop stylisé. Ce qui fait le plus mal cependant, ce sont des erreurs à l’endroit du scénario qui, pour un auteur d’expérience tel que M. Leloup, s’en trouve impardonnable. La plus évidente de celle-ci, est l’introduction de Kirko en page 45… il vient d’où ce faucon ? C’est la première fois qu’on le rencontre, mais Yoko & Cie le connaisse déjà. Une autre scène tout à fait impossible est le « cliffhanger » des pages 56 à 58. Que Yoko se rende en rampant, sur le dos de l’avion, vers sa queue ; n’est pas mon problème… mais le fait que Dinah l’est rejoindre, elle, l’est ! En plus, on apprend que le moteur crache le lubrifiant injecté dans le carburant et rend la carlingue glissante… donc situation hyper risquée déjà en partant ; je vois mal Émilia être capable de pouvoir ramener deux personnes à bord par sa seule force (c’est elle qui retient Yoko à l’autre bout du câble). Non ! Cette scène n’est tout simplement pas réaliste. Finalement, toute la séquence avec le « Pitts » (Pages 35 à 38) est, selon mon avis, complètement inutile. Roger Leloup aurait pu se simplifier la vie en omettant complètement cette scène… à moins que ce soit son très grand amour pour les aéronefs qui en ait la cause ?

    Du point de vue du scénario, il y a aussi des questions qui sont restées sans réponses… comme le mystère qui entoure cette fameuse roche qui fut à l’origine de la première histoire. Ou encore, qu’est-ce qui est arrivé à ces deux enfants… quel sera leur avenir ? Sans compter à qui ces fameux documents trouvés dans la momie étaient destinés ? Et finalement, qui était cette fameuse princesse égyptienne ?

    Mon opinion — avec Anges et faucon, Roger Leloup, a encore une fois essayé d’innover en nous offrant deux aventures pour le prix d’une. Les idées sont bonnes et sont d’excellents points de départ pour l’aventure. Mais le pont entre ces deux récits n’a pas été exécuté correctement. Ici, M. Leloup a utilisé une technique souvent utilisée dans la bande dessinée américaine qui consiste à lier deux évènements disparates via un petit interlude très mondain. Après réflexions, je crois que la difficulté majeure de Roger Leloup, est qu’au fil du temps, il a créé une galerie très extensive de personnages secondaires, qui maintenant le gêne dans la création de ses scénarios. Nous sommes loin du temps ou c’était le « Trio de l’Étrange » (soit Yoko Vic et Paul) avec soi, Ingrid, Khâny, ou Monya. Maintenant, nous avons Rosée, Émilia, Cécilia, Milord, Dinah, et d’autres… Tout ça peut rendre la conception de nouvelles aventures, difficile complexe. Mais sachez que c’est un problème récurrent chez les auteurs et scénaristes de tout ordre.

    Autre point : Qu’Émilia soit à la source des péripéties de Yoko n’est pas mauvais en soi, mais je pense qu’à un certain moment, l’écrivain va devoir faire un choix entre Yoko ou Émilia ou encore atteindre un équilibre entre Yoko et sa caste (personnages secondaires) de support… équilibre que nous n’avons pas vu depuis plusieurs albums.

    Pour ce qui en ait des dessins, on aurait dit qu’il a manqué de temps pour tout nous dire… y aurait-il eu des contraintes de temps qui lui aurait forcé à simplifier le tout pour aller plus vite ? Je me pose la question.

    Finalement, ce qui me trouble le plus dans cet ouvrage est que l’on dirait que le premier récit a été écrit par lui, mais pas le second… Est-ce que le second épisode aurait été composé par quelqu’un d’autre ? Je crois que c’est peu probable, mais au vu de la deuxième histoire, pas impossible.

    En conclusion, ce livre n’est pas le meilleur des aventures de Yoko Tsuno, mais pas la pire non plus. Si Roger Leloup est habile, Il y a semé dans cette bande dessinée, assez de graines pour au moins deux nouvelles aventures (voir trois) : l’une en 1935 pour ce qui concerne cette fameuse roche (et possiblement l’avenir ce ces deux enfants). L’autre, en Égypte ancienne pour y retrouver cette fameuse princesse (avec, peut-être un crochet via les années 30 — qui sait ?). Est-ce l’album final de cette série ? J’espère que non, car il serait plus que dommage de terminer cette saga avec une fausse note.

    ERRATUM —Je viens de remarquer que Kirko, le faucon, est celui qui apparait dans L’Astrologue de Bruges. Un panneau en page 45 montre qu’il a été ramené au 20e siècle. Mais il n’avait pas de nom à cette époque et on ne l’a plus revue depuis ce numéro-là… publié en 1994… soit il y a plus de 20 ans. Pas étonnant que je ne m’en rappelais plus.

    Avollant Le 05/07/2019 à 03:23:56
    Conquêtes - Tome 2 - Deluvenn

    Lorsque j’ai vu la bande-annonce pour la première fois en 2018, ma réaction a été quelque peu compliquée : d’un côté j’étais à la fois très intrigué par le concept de la série, mais de l’autre, après avoir aperçu les objectifs (planètes) de conquête, j’ai eu un sens de désillusion. En effet, il semblerait que cette série allait suivre le traditionnel « cliché » de monde à biotope unique (planète de glace, planète océan, etc.) comme dans Star Wars et autre série du genre. Déception, mais, bon enfin, lorsque j’ai vu le graphisme du premier album, j’ai décidé de l’essayer… voici ma critique :

    Deuxième album de cette série limité. Deluvenn est un monde presque entièrement recouvert d’eau. Ici, bien qu’à priori le monde semble avoir un environnement unique, l’histoire laisse sous-entendre une diversité dans le climat, la faune et la flore (que l’on peut voir en action tout au long du récit). Ici, contrairement au premier tome, la flotte qui arrive en orbite autour de Deluvenn tombe en morceaux ; donc les colons sont déjà limités en ressources.

    Dès le début, je rencontre mon premier irritant : la flotte provient de l’Empire méditerranéen ! Si l’on tient compte que la première flotte provenait de l’Allemagne (avec possibilité de Russes et de Scandinave), cela m’indique que les protagonistes de cette série sont définitivement Euro centrique… (J’espère que non, car cela serait une belle erreur… on verra cela avec Deconum).

    Hormis ce détail, le scénario de cet album est plus crédible que l’histoire précédente, les personnages sont mieux définis et les enjeux, beaucoup plus importants. Peut-être est-ce mon penchant pour les histoires « maritimes », mais il se trouve que j’ai mieux cette BD que l’aventure précédente. Je recommande vivement cet ouvrage. 8 sur 10

    Éditeurs, si vous lisez cette notice, je crois sincèrement que cette série pourrait être développée avec deux séries limitées en parallèle : un antépisode appelé « Désastre ou apocalypse » qui au travers de différents protagonistes, raconterait les raisons qui ont amené à l’exode de la terre. Ainsi qu’une autre série appelée « Survivre » qui expliquerait ce qui est arrivé à ceux qui sont restés derrière.

    Cette série a beaucoup de potentiel. J’espère que vous en profiterez.

    Avollant Le 05/07/2019 à 03:22:00
    Conquêtes - Tome 1 - Islandia

    Lorsque j’ai vu la bande-annonce pour la première fois en 2018, ma réaction a été quelque peu compliquée : d’un côté j’étais à la fois très intrigué par le concept de la série, mais de l’autre, après avoir aperçu les objectifs (planètes) de conquête, j’ai eu un sens de désillusion. En effet, il semblerait que cette série allait suivre le traditionnel « cliché » de monde à biotope unique (planète de glace, planète océan, etc.) comme dans Star Wars et autre série du genre. Déception, mais, bon enfin, lorsque j’ai vu le graphisme du premier album, j’ai décidé de l’essayer… voici ma critique :

    Islandia

    L’objectif est atteint : Islandia, planète de glace où une seule race d’autochtones est répertoriée. Sur ordre de l’amiral Ragnvald Hakarsson, l’oberleutnant Kirsten Konig est chargée d’établir le contact avec les « Islandiens ». Mais depuis son réveil, Konig a des maux de crâne incessants, des vertiges et des hallucinations qui semblent reliés à la planète. Au sol, on lui apprend que Colony 2 a été attaquée ne laissant aucun survivant ni témoin.

    Konig enquête, et alors que tout accuse les Islandiens, elle creuse une toute autre piste qui va la mener au cœur d’un complot qu’elle n’aurait jamais cru possible.

    Premier album de la série, Islandia est un monde polaire à la « Hot » de Star Wars. En partant, j’ai déjà un problème : ce genre de monde nécessite une plus grande quantité de détails pour le rendre crédible. Questions tel que : d’où vient l’oxygène ? Comment fonctionnent la faune et la flore ? Etc. Plusieurs questions qui, bien que n’ayant pas un impact immédiat sur le scénario, auraient pu enrichir cette histoire d’un niveau ou deux. Ici le scénariste aurait probablement dû s’inspirer de l’album « Engrenages » de sillage ou encore le roman « L’étoile de Pandore » de Peter F. Hamilton. Ces deux ouvrages explorent l’environnement d’une planète polaire ; le premier comme base de l’aventure, et le second, comme exercice de survie lorsque l’un des protagonistes se retrouve coincé sur ce genre de monde.

    Le deuxième point irritant de cet ouvrage, sont les Islandien eux-mêmes : l’auteur les a conçues comme des humanoïdes du genre elfique… un autre cliché propre au genre.

    Hormis ces deux points majeurs, l’histoire en est quand même excellente. L’intrigue est bien ficelée et contient plusieurs twists, qui bien que quelque peu prévisible en rétrospective, rendent le scénario des plus intéressent. Autre point avantageux : le graphisme ! Les dessins sont magnifiques, les mouvements des dessins ainsi que les points de perspectives sont somptueusement bien exécutés. Les personnages principaux sont très bien décrits et intéressants. Quoi que, j’aurais probablement apprécié un peu plus de profondeur sur les motivations des antagonistes de cette histoire.

    En conclusion, nous avons un thème très intéressant, des personnages attachants, une histoire qui tient la route sur un fond de panorama splendide et épique. Je lui donne un 6 sur 10 tout simplement pour les 2 irritants mentionnés plus haut… ce qui est dommage, car cela aurait pu aisément être un 9 sur 10.

    Tout de même, c’est une très belle aventure qui vaut la peine d’être lue... Donc je la recommande.