
1935, François Le Guennec abandonne soudainement sa routine quotidienne de petit romancier besogneux au fond d’un placard. C’est décidé, il embarque pour le Maroc, pour les paysages de ses romans à deux sous qu’il n’a, curieusement, jamais visités. Naïvement, il espère aller à la rencontre des Maures, mais n’a aucune idée de la réalité qui l’attend sur place. Choc des cultures, protectorat français. Bien malgré lui, Le Guennec va se retrouver au centre d’une intrigue dont ce premier tome nous propose les seules prémices.
Le Guennec est un héros maladroit et malgré lui. Il n’a d’emprise sur rien, les évènements s’imposent à sa quête personnelle un à un sans qu’il en discerne les tenants ou les aboutissants. Il s’adapte courageusement, avec des fortunes diverses, jusqu’à ce qu’il y trouve une forme d’équilibre et de sérénité.
« Les yeux de Leïla » est un véritable régal pour celui qui aime les atmosphères feutrées, le ton intimiste, les non-dits, la simplicité, les valeurs essentielles ... Le dessin « parle », les couleurs, superbes, jouent sur la lumière ambiante, du soleil éclatant à la noirceur de la nuit, en passant par l’ombre des tentes.
Il y a du Ferrandez (Carnet d’Orient) là-dessous, à tout le moins en ce qui concerne la démarche et quelques éléments scénaristiques. La fin est pour le moins abrupte, une faiblesse ou une incitation à lire le tome suivant ?
A lire absolument. J’ai été littéralement transporté.