Les albums de Stassen, faut prendre le temps, parce qu'il ne braque pas ses projecteurs sur le spectaculaire: son regard interroge les oubliés, le "pas évident".
Je suis extrêmement sensible à l'épaisseur, voire la lourdeur, la lenteur, des dessins de Stassen et aux couleurs toujours parfaitement en phase avec le propos...
Il exprime avec un talent et une délicatesse extraordinaires la folie générée par une guerre (incompréhensible pour moi... et merci à lui pour tenter de faire comprendre...ne serait-ce qu'un peu), folie d'autant plus douloureuse qu'elle habite des enfants et chacun d'entre eux a sa manière différente de l'exprimer.
S'y mêlent les vieilles rancoeurs issues du colonialisme qui compliquent les relations humaines entre les acteurs de l'humanitaire et les "assistés"...
Un petit bijou cet album!
C'est en même temps d'une grande finesse et d'une violence d'autant plus terrible qu'elle n'est pas exprimée frontalement... On la ressent tout au long de l'album et il y a peu de scènes d'action: c'est comme un crescendo de blessures, de frustrations, de doutes, d'incompréhension, de fantasmes détruits... de tout ce qui génère les explosions de violence.
Excellent! Mais c'est dur: moi je l'ai lu en plusieurs fois...
Un très bon album dont la lecture ne laisse pas indifférent. En effet il retrancrit bien une part de la terrible réalité sur les orphelins dans les pays en guerre.
Deogratias avait réussi à décrire le génocide du Rwanda sans pour autant le montrer. Dans "Les Enfants", Stassen décrit l’abandon des enfants du génocide qui errent entre la tragédie qu’ils viennent de vivre et un lendemain sans perspectives. Une jeune suédoise, gérante d’un centre humanitaire, tente d’offrir un foyer/refuge à ces enfants, mais étant incapable de leur offrir un lendemain rempli d’espoir, lentement les enfants rejoindront la violence qui les entoure pour sombrer avec le reste du pays dans un désespoir inéluctable.
Si, comme pour Déogratias le dessin m’a fort plu, l’histoire de cette nouvelle tragédie africaine en elle-même ne m’a pas trop accrochée.