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Les avis de - pierryves

Visualiser les 16 avis postés dans la bedetheque
    pierryves Le 14/01/2018 à 18:59:01
    Docteur Radar - Tome 2 - Terreur en Italie

    Après quatre ans d'attente, le voici enfin de retour, plus impitoyable que jamais : le Docteur Radar. Le criminel le plus intransigeant et le plus vil de l'entre-deux-guerres revient terroriser l'Europe pour assouvir sa soif de domination du monde. Et c'est en Italie qu'il continue à perpétrer ses crimes odieux.

    Frédéric Bézian est un personnage à part dans le monde de la bande-dessinée, plus esthète que la plupart de bon nombre des autres dessinateurs ; ce qui lui vaut parfois d'être considéré comme élitiste, voire snob (LES GARDE-FOUS). Son œuvre s'attache toujours plus à la narration visuelle et à l'esthétique de ses albums qu'à la structure proprement dite de ses histoires, et souffre souvent – à l'instar de celle d'un Druillet – de faiblesses scénaristiques (ALLER-RETOUR, LES GARDE-FOUS) qui peuvent le faire devenir pompeux par excès d'auteurisme. En revanche, lorsqu'il est secondé par un véritable scénariste, il produit des choses à la lisière de la perfection. On en veut pour preuve sa magnifique contribution à DONJON MONSTERS en 2006, ou encore sa première collaboration avec Noël Simsolo en 2004, lorsqu'ils publièrent ensemble ce chef-d’œuvre qu'est NE TOUCHEZ A RIEN.

    En 2014 est paru le premier tome de DOCTEUR RADAR (TUEUR DE SAVANTS) confectionné de mains de maîtres par ce même duo qui se retrouvait une décennie après NE TOUCHEZ A RIEN et basé sur une série radiophonique conçue par Simsolo au début des années 1990. Les intentions étaient claires : rendre hommage à un certain type de récits du début du siècle précédent ; FANTOMAS, DOCTEUR MABUSE, l'expressionnisme allemand et le cinéma muet en général ou encore l'Art déco.

    Ainsi, découvrait-on des planches véritablement impressionnantes et d'une puissance d'évocation vraiment exceptionnelle. Le seul problème venait du fait que l'histoire se terminait sans conclusion réelle, alors que l'album n'avait jamais été annoncé comme le premier tome d'une série à suivre. Sachant que Bézian n'est pas homme de séries, mais quelqu'un plutôt tourné vers les récits autonomes, la frustration a commencé à se faire sentir jusqu'au moment où, tout de même, le dessinateur a annoncé qu'il y aurait des suites, en alternance avec ses projets personnels. C'était il y a quatre ans, et enfin, en ce début d'année, est parue cette suite tant attendue.
    TERREUR EN ITALIE s'inscrit dans la continuité immédiate de TUEUR DE SAVANTS. L'album commence sur les chapeaux de roue par l'évasion de Mariana, la complice numéro un du Docteur Radar. Le lecteur est d'emblée replongé dans l'ambiance du tome 1 et le rythme reste soutenu jusqu'à la fin. La mise en couleur est toujours aussi élégante, mais semble contribuer moins directement que dans le précédent album à la narration. On pourra également regretter l'absence d'une grande séquence d'action aussi fabuleuse et magistrale que celle du train qui faisait l'ouverture du tome 1. Mais le scénario est toujours aussi dense, les péripéties se succèdent, et cependant, l'humour se voit accordé une part plus importante que dans TUEUR DE SAVANTS, notamment par le personnage de Pascin toujours aussi truculent (la scène du Colisée). Ce qui n'est pas à négliger.

    Le dessin de Bézian est évidemment toujours aussi impressionnant de maîtrise et si, à l'issue de la première lecture, on se sent un peu déçu du résultat (sans doute à cause de la longue attente de cette parution), la relecture permet d'apprécier l'album encore plus. Les relectures suivantes ajoutent encore à l'appréciation, et l'on se souvient que lors de la sortie de TUEUR DE SAVANTS, la sensation avait été la même. En somme, ce tome deux vaut le tome un. Et l'on espère grandement que le troisième volet sera aussi réussi. Tout ce que l'on souhaite est qu'il ne faudra pas attendre quatre longues années pour pouvoir le découvrir.
    Bonne lecture !

    pierryves Le 28/11/2017 à 17:09:08
    Les damnés de la Commune - Tome 1 - À la Recherche de Lavalette

    LES DAMNES DE LA COMMUNE de Raphaël Meyssan est un projet imaginé comme une enquête au cœur du Paris post-Second Empire pour retrouver la trace d'un célèbre inconnu, un certain Lavalette.

    Raphaël Meyssan, auteur complet de l'album, a découvert par hasard un jour de pluie qu'il habitait dans le même immeuble qu'un certain Lavalette, personnage totalement inconnu aujourd'hui mais qui eut son importance au temps de la Commune de Paris en 1871. Il s'est donc mis à chercher des informations sur cet individu et sur ce que fut sa vie dans le contexte de la célèbre révolte parisienne. Au cours de ces recherches, il découvre également le récit d'une contemporaine des événements qui décrit la vie au quotidien dans l'atmosphère tragique de la poudrière qu'est devenue Paris. Meyssan met les deux parcours en résonance et livre ainsi un album très riche et finalement très bien documenté, fascinant et passionnant.

    La méthode déroute cependant parfois : lorsqu'on passe de l'époque du récit à celle du commentateur (c'est-à-dire la notre) qui sont toutes deux illustrées par des gravures de la fin du XIXe siècle, il faut quelques pages pour s'adapter au procédé, mais finalement, la lecture se fait sans peine.
    Car, là aussi, Meyssan fait preuve, sinon d'originalité, en tout cas d'humilité et d'honnêteté lorsqu'il dit lui même qu'il ne sait pas dessiner (combien d'auteurs de BD célébrés érigent leur manque de capacités graphiques en genre ou en style ?) Lorsque, après avoir recueilli toutes les informations nécessaires durant six ans, il s'est dit qu'il devait faire partager ses travaux, Meyssan a naturellement pensé le faire sous forme de bande-dessinée, mais ne sachant pas dessiner, il a eu l'idée excellente d'utiliser les gravures de l'époque – qu'il a retravaillées – pour l'illustrer. Et le résultat constitue une incontestable réussite.

    On plonge dans le livre et au cœur des événements presque comme si on y était. Ces gravures (splendides – on ne soulignera jamais assez le talent des illustrateurs de l'époque qui agrémentaient la presse quotidienne de leurs œuvres) ont le pouvoir de vous attirer dans l'univers tragique de ces temps révolus. On regrettera cependant toutefois certains commentaires et raccourcis orientés de l'auteur (il chante L'Internationale), notamment sur la vision simpliste des raisons de la guerre de 1870 qui selon lui n'aurait uniquement été déclenchée par Napoléon III que pour écraser un mouvement social parisien. Comme dit plus loin dans le livre, il y a eu l'histoire de la succession au trône d'Espagne qui n'était pas une mince affaire, et la fameuse dépêche d'Ems, mais surtout il ne faut pas confondre Napoléon III et son oncle. Le neveu n'était pas un belliciste. Il serait d'ailleurs temps qu'on sorte de la vision caricaturale de ce personnage depuis la perte de l'Alsace-Lorraine.

    Pour le reste, LES DAMNES DE LA COMMUNE est un beau livre, pas simplement une bande-dessinée, qui parvient à aspirer le lecteur dans ses pages. On est frappé par la tragédie que vit Victorine et par l'enchaînement des événements qui conduiront à la Semaine sanglante, et lorsque se tourne la dernière page de ce tome 1/3 intitulé A LA RECHERCHE DE LAVALETTE (qui concerne en fait les prémisses de la Commune - le livre se termine le 18 mars 1871, premier jour de l'insurrection), on n'a qu'une hâte : découvrir le tome 2 de ce documentaire savamment illustré, mais il faudra attendre une année pour pouvoir la lire.

    pierryves Le 26/11/2017 à 20:19:12

    Ptirou, c'est Spirou ! ou Spirou, c'est Ptirou. Comme on veut. En fait, Yves Sente s'est intéressé à l'inspiration de Rob-Vel, créateur du personnage de Spirou pour Dupuis en 1938 (avec la collaboration de Luc Lafnet et de Blanche Dumoulin), plus qu'au personnage que l'on connaît tous. Il nous raconte ainsi l'histoire romancée d'un jeune acrobate de cirque qui, suite à un drame, va devenir groom sur un transatlantique et vivre une traversée mouvementée, en période de crise économique et sociale ; Mil-neuf-cent-vingt-neuf oblige.

    Yves Sente a de très bonnes idées : la première étant de faire raconter cette histoire "vraie" par le légendaire Oncle Paul du Journal de Spirou de l'âge d'or (tout commence lors du réveillon de Noël 1959). A défaut de mettre Spirou en scène, on reste ainsi dans l'univers Dupuis grâce à l'Oncle Paul. C'est très malin. L'épilogue qui contraste avec le final réel du récit permet, là aussi, de faire le lien direct avec SPIROU et de rattacher ce tome aux autres de la série des VU PAR... Pour le reste, Sente sait installer progressivement les personnages dans leur contexte, sachant laisser son dessinateur décrire et raconter l'histoire sans avoir recours au moindre mot de dialogue ou de commentaire lorsque c'est nécessaire. Ce qui, soit dit en passant, donne tort à ceux qui reprochent systématiquement au scénariste d'être trop bavard.
    On peut cependant éprouver un certain manque à la lecture d'IL S'APPELAIT PTIROU. Sans doute dû au trop grand nombre de choses que Sente veut raconter simultanément. Peut-être aurait-il fallu accorder plus de temps au tandem Ptirou-Juliette et moins aux querelles entre pro et anti-grévistes ? En l'état, la sensation de superficialité l'emporte malgré tout, malheureusement.

    Malheureusement, car de son côté, le dessin de Verron est, comme toujours, irréprochable. Ainsi que le faisait remarquer Yves Sente lui-même, il est dommage que ce talentueux dessinateur clairement issu de l"école de Marcinelle" (quant à son style) n'ait pas été plus tôt engagé par Dupuis pour collaborer au Journal de Spirou. Au vu de son travail sur ODILON VERJUS ou LE MALTAIS, il aurait clairement pu prendre en main les destinées de SPIROU & FANTASIO après la défection de Tome & Janry, et on n'en serait peut-être pas dans l'à peu près qui règne actuellement dans la série-mère. Mais bon, là n'est pas la question. Laurent Verron crée des ambiances et des atmosphères très évocatrices et ses personnages ont tous des "gueules". On s'amusera d'ailleurs à reconnaître quelques visages célèbres. Les inconditionnels de SPIROU & FANTASIO ne manqueront pas le clin d’œil au Poildur de "Spirou sur le ring" (cf. QUATRE AVENTURES DE SPIROU ET FANTASIO).

    Si IL S'APPELAIT PTIROU fait clairement partie des bons VU PAR..., il n'en reste pas moins décevant sur certains points, notamment sur la résolution de l'énigme qui, si elle paraît effectivement plausible, est tout de même trop peu crédible. Et puis l'aspect mélodramatique, qui n'est pas critiqué en soi, est trop maladroit, notamment à cause des dialogues ; qui auraient gagné à être moins appuyés dans le pathétique (l'histoire du collier maternel est en trop).
    Mais cependant, les auteurs sont parvenus a créer un univers semi-réaliste du meilleur effet qui s'inscrit parfaitement dans la tradition de la bande-dessinée chère aux éditions Dupuis, qui plus est en évoquant les origines de l'icône du journal. Là aussi, Yves Sente a réussi à éviter le piège de tous ses prédécesseurs dans la série parallèle. Tous se sont vus, plus ou moins à juste titre, reprocher l'éloignement de leurs visions du personnage et de son univers par rapport à ce qu'est SPIROU (le graphisme de Yoann, de Le Gall, de Parme, de Téhem, de Féroumont, le misérabilisme de Bravo, le sujet de Frank Pé, les lourdeurs de Yann). Sente et Verron ne peuvent se voir reprocher ce genre de choses, vu que leur personnage n'est pas Spirou, mais Ptirou qui l'a inspiré à Rob-Vel. Là aussi, c'est très malin.

    Après l'excellence du Frank Pé l'année dernière et le bon niveau de celui-ci, on espère que le prochain SPIROU VU PAR... sera de qualité, avant la pléthorique resucée du Bravo qui fait déjà un peu peur, il faut bien le dire.

    pierryves Le 26/11/2017 à 20:07:53
    Les tuniques Bleues - Tome 61 - L'étrange soldat Franklin

    Le 29 août 1968 paraissait la première histoire courte des TUNIQUES BLEUES dans Spirou et le lecteur mutin découvrait un groupe de cavaliers sympathiques et idiots, mais très attachants, qui vivaient des aventures dans un fort isolé en territoire indien. Puis ces quatre soldats (voire cinq ou six en comptant le clairon et Plume-d'argent), plus commodément réduits à deux, le sergent-major Chesterfield et le caporal Blutch, furent définitivement mutés au vingt-deuxième régiment de cavalerie sous les ordres de l'indestructible capitaine Stark durant la Guerre de Sécession, première guerre dite "industrielle" de l'Histoire, qui fit rage de 1861 à 1865.
    Série plutôt osée dans le beau Journal de Spirou, LES TUNIQUES BLEUES, résolument anti-militariste, ne cessait en effet de montrer des champs de batailles et des boucheries sanglantes, tout en mettant en évidence la bêtise militaire des états-majors. On était bien loin de la loi sur les publications pour la jeunesse de 1949 qui proscrivait sexe et violence.

    Les aventures de Blutch et Chesterfield ont pris de plus en plus d'ampleur et gagné en qualité au cours des années 1970, et au bout du compte, la série s'est imposée en tant que pierre angulaire du journal par cette association un brin iconoclaste entre humour potache et violence montrée. Les diatribes du caporal à l'encontre de son supérieur ont permis quelques expressions d'idées certainement moins mièvres que ce que l'on pouvait trouver dans des séries plus traditionnelles. L'âge d'or de la série se conclut par ce qui reste un des plus grands albums de la série, si ce n'est le plus grand, BLACK FACE en 1983. Ensuite, la recette des TUNIQUES BLEUES a commencé à s'affadir, et malgré quelques bons albums de-ci de-là (LES COUSINS D'EN FACE, LA ROSE DE BANTRY, VERTES ANNEES), la magie n'opérait plus vraiment. C'est à la fin des années 1990 que l'inspiration a semblé revenir (LES HOMMES DE PAILLE), mais malheureusement, après ce regain d'intérêt et quatre albums réussis, la sauce est retombée. Et il faut bien dire que depuis LES NANCY HART (2004), il ne se passe plus grand chose de passionnant dans les pages des TUNIQUES BLEUES.

    L'ETRANGE SOLDAT FRANKLIN ne déroge pas à la règle. Les auteurs semblent s'ennuyer. Ils ne s'amusent visiblement plus à animer leurs personnages ; on ne perçoit jamais l'envie, mais le rabâchage et la lassitude, qui fait écho à celle du lecteur (ou vice-versa ?) La sensation d'avoir déjà lu ces bulles d'engueulades entre Blutch et Chesterfield est trop souvent vivace. Le dessin de Lambil, toujours propre et soigné (on est pro ou on ne l'est pas) est cependant moins précis (voir la tête du général Alexander), tandis que le scénario de Cauvin fait une nouvelle fois réchauffé. Après avoir recyclé EN AVANT L'AMNESIQUE dans CARTE BLANCHE POUR UN BLEU, on sent cette fois-ci un petit arrière-goût de LES BLEUS DANS LA GADOUE et LE BLANC-BEC mâtiné de DES BLEUS ET DES DENTELLES. Pour un résultat bien peu convaincant.
    En refermant l'album, on a surtout l'impression que les personnages n'ont fait qu'attendre du courrier pendant 44 pages.

    Alors oui, on aime LES TUNIQUES BLEUES et on garde encore de grands souvenirs des ces aventures incroyables et drôles qu'on lisait en rentrant de l'école et qui nous faisaient rire. Mais depuis plus de dix ans maintenant, on ne rit plus. On est même un peu gêné et aussi un peu triste de voir ce qu'est devenue cette série emblématique. Dans les faits, la Guerre de Sécession a duré quatre ans, mais dans LES TUNIQUES BLEUES, elle semble en durer quarante. Alors, peut-être serait-il temps que pour les 50 ans de la série en 2018 Lambil et Cauvin signent leur Appomattox et laissent Blutch et Chesterfield rentrer enfin dans leurs foyers.

    pierryves Le 06/10/2017 à 18:57:34

    Cet album hors-série est constitué de récits courts centrés quasi-exclusivement autour du Journal de Spirou et de son histoire. C'est truffé de références, ce qui implique qu'un lecteur ne connaissant pas particulièrement la série SPIROU & FANTASIO ne percevra pas les clins d’œil qui abondent dans ces petites aventures.

    "Back to the Rédak" (publié en avril 2008 pour les 70 ans du journal) raconte l'aventure de Spirou perdu dans les archives, où il rencontre un vieux gardien persuadé de vivre encore à l'ère de la "guerre" Journal Tintin vs. Journal de Spirou. Tout ceci n'est donc que prétexte à évoquer des épisodes marquants de la rédaction (les gaffes de Gaston, Le Trombone illustré, les hauts de pages de Yann & Conrad), mais malgré une excellente exécution, cette historiette de circonstance ne risque pas d'intéresser grand monde en dehors du lecteur assidu de Spirou.

    Vient ensuite un récit sous forme de texte illustré intitulé "Le Cadeau de Fantasio" (paru à l'origine en décembre 2009) qui fait figure de remplissage, d'autant plus que les deux pages qui le constituaient originellement dans le journal, dans une composition beaucoup plus satisfaisante, est ici étirée en trois pages plutôt fades, malgré la qualité des illustrations de Yoann.

    Toujours dans le cadre égocentré sur la vie de la rédaction de Spirou, on peut ensuite lire "Groom toujours !" (publié en avril 2013 pour les 75 ans du journal). Un récit sympathique, une nouvelle fois truffé de références, sans pour autant être formidable.

    C'est alors que vient le moment le plus satisfaisant de l'album : une aventure inédite qui, pour une fois, nous sort du contexte un peu auto-complaisant de la rédaction de Spirou. Ça s'intitule "La Chevauchée temporelle" et on retrouve le jeune neveu du comte de Champignac, Aurélien (vu dans L'HORLOGER DE LA COMETE et LE REVEIL DU Z) qui malgré lui entraîne Spirou et Fantasio dans une aventure - encore une course échevelée ! - à travers l'espace-temps. C'est sympathique et la conclusion fait sourire, mais il n'y a pas de quoi s'extasier. Il aurait peut-être été bon de faire quelques planches de plus pour faire un récit plus étoffé et consistant et donc, moins superficiel.

    "Destins contrariés" est paru à Noël 2014 pour célébrer le quatre-millième numéro du journal. C'est donc une nouvelle fois hyper-référencé et ne pourra pas faire sourire le lecteur qui ne connaît pas la série. L'habitué, quant à lui, s'amusera beaucoup des changements de rôles des personnages (seul le maire de Champignac est vraiment raté : le "Yo... C'est stylé !" est une marque typique de l'incompréhension des personnages par les auteurs, et Vehlmann - qui n'a vraiment pas le sens de l'amphigouri - ne sait pas le faire parler). On regrettera aussi la laideur absolue des cinquième et sixième planches de ce récit. Avec celles du naufrage de la pirogue de Spirou et Fantasio dans LA COLERE DU MARSUPILAMI, c'est ce que Yoann a fait de plus moche dans la série.

    A l'instar du "Cadeau de Fantasio", "La Grande Réconciliation" est un récit illustré qui n'a aucun intérêt en tant que tel alors qu'il aurait sans doute pu avoir des qualités comiques s'il avait été fait en bande-dessinée. Présenté sous cette forme, on a surtout la sensation que les auteurs ne se sont pas foulés et que l'éditeur se moque de ses lecteurs (surtout lorsqu'on sait qu'il reste d'autres histoires courtes qui auraient nettement mieux fait l'affaire que ce remplissage insipide. Où est donc l'excellent gag de Gaston de 2010 ? qui, en plus, est la plus belle planche jamais dessinée par Yoann pour SPIROU).

    L'album se conclut avec "Batguy" et "Supergroom", deux historiettes de 2016 mettant en scène le personnage de Spirou qui se prend pour un superhéros façon comics. Si le concept surprend, l'exercice de style peut être intéressant. Dans la première histoire on retrouve le Batguy (parodie évidente de Batman) de DANS LES GRIFFES DE LA VIPERE qui convie Spirou à participer à l'une de ses missions de superhéros. Visiblement les auteurs avaient apprécié ce personnage et c'est vrai que dans ...LA VIPERE, il avait un potentiel énorme. Mais voilà, le scénariste étant mauvais, il l'a mis à la poubelle (ainsi que le reste) au bout de vingt pages et a préféré renvoyer Spirou courir dans la forêt de Champignac. Il aurait donc été préférable de l'utiliser à l'époque au lieu de le récupérer trois ans après pour une histoire sans grand intérêt sous prétexte que le Journal de Spirou faisait un numéro spécial consacré aux superhéros. Comme le dessin n'est pas non plus très soigné, le résultat n'est donc pas franchement convaincant. Dans "Supergroom", en revanche, Spirou - qui s'est pris au jeu du super-héroïsme - demande son aide à Champignac pour l'aider à vraiment faire le justicier sous les yeux médusés de la presse (incluant Fantasio et Seccotine) qui ne le reconnaît pas malgré son masque et le fantacoptère. Encore une fois, on n'échappe pas aux clins d’œil au passé (la guerre Tintin-Spirou) mais ça reste une agréable lecture.
    Yoann & Vehlmann ont pris beaucoup de plaisir à créer ce dérivé de SPIROU qui devrait désormais prendre de plus en plus de place. Il est d'ailleurs prévu qu'ils réalisent régulièrement des histoires courtes de SUPERGROOM devant donner lieu à un premier album en 2019, puis tous les deux ans, en alternance avec les SPIROU & FANTASIO classiques (le prochain sortira fin 2018).
    Mais est-ce que SUPERGROOM est une idée vraiment viable en dehors du simple exercice de style ? Et cela veut-il dire que Yoann & Vehlmann commencent déjà à se ménager une porte de sortie d'une série-mère qui ne les a jamais beaucoup inspirés ? Quoi qu'ils en disent.

    pierryves Le 01/10/2017 à 13:43:22
    Valérian par... - Tome 2 - Shingouzlooz Inc.

    J'aime beaucoup le dessin et le style de Lauffray qui avaient fait merveille sur son emblématique série LONG JOHN SILVER aux côtés de Dorison. L'annonce d'un VALERIAN VU PAR LAUFFRAY était donc une très bonne nouvelle. En revanche, n'étant pas du tout client des histoires de Lupano, mon enthousiasme s'est un peu émoussé en voyant que c'était lui qui commettrait le scénario (Le bonhomme prône notamment le vol sous couvert de justice sociale dans le tome 2 des VIEUX FOURNEAUX ; série encensée partout car elle brosse dans le bon sens le poil des démagos en tout genre - et si on n'aime pas, c'est forcément qu'on est réac').
    Mais bon, s'agissant de science-fiction, je me disais qu'il pourrait, peut-être le temps d'un album, mettre un peu de côté ses tendances anars.

    Les planches présentées en avant-première donnaient l'eau à la bouche et lorsqu'on entame la lecture de l'album, les bonnes impressions initiales se confirment effectivement. On entre immédiatement dans le vif du sujet, l'argument est clairement exposé, les personnages sont en place, c'est parfaitement rythmé et les vingt-cinq premières pages défilent avec un plaisir certain. Même si l'on peut regretter que Valérian soit transformé exclusivement en bouffon de service au tempérament post-adolescent.

    C'est malheureusement ensuite que ça se gâte. Pierre Christin a toujours été un scénariste engagé qui faisait intervenir des connotations politico-sociales plus ou moins adroites et revendicatives dans ses récits (dans VALERIAN, mais aussi avec Bilal etc..). Connaissant les idées de Lupano, on ne pouvait donc pas s'attendre à moins de sa part. Et si, dans la première partie de l'histoire, celles-ci sont suffisamment diluées dans le texte pour passer comme une lettre à la poste, il n'en est pas de même dans la seconde. A en devenir vulgaire. Ses intentions sont trop voyantes. Ses dialogues sont chargés et il nous fait encore la morale sur la vilaine humanité polluante, sur le boursicotage des affreux patrons/chefs/dirigeants/nantis, sur l'immondice des groupes financiers et sur l'attitude du business sexuel internetteux (tout le délire sur Laureline est plutôt idiot : pourquoi une fliquette spatio-temporelle serait une star dans la galaxie ??). Lorsqu'il débute SHINGOUZLOOZ.INC en évoquant la retraite des agents spatio-temporels, on se dit qu'il tient un bon sujet au potentiel comique évident. Mais lorsqu'il s'embarque dans ses discours anti-capitalistes de base, il rabâche. Il est lourd.
    Il y a bien quelques gags sympathiques (la bouée du môme, le bâbord/tribord, les couilles en or et le clin d’œil à L'EMPIRE CONTRE-ATTAQUE), mais on a bien souvent une sensation d'artificialité. Les dialogues sonnent trop comme du "fait comme..." ou du "à la manière de..." Bref, il y a quelque chose qui "sonne" faux dans tout ça, mais qui conviendra sans doute à son public.
    De son côté, Lauffray déçoit également un peu, même si c'est grâce à son talent graphique que l'album est sauvé du ratage. Ses créations (décors et personnages) ne sont toutefois pas particulièrement inspirées ; on a d'ailleurs souvent la sensations de les avoir déjà vues plusieurs fois dans d'autres séries SF et sa mise en couleur est trop terne.

    Une déception au final, sans pour autant être une catastrophe. Il aurait juste fallu que Lupano mette un peu en veilleuse son rabâchage politico-social (sans pour autant taire ses convictions ; ce n'est pas ce qu'on lui demande) et que Lauffray soit plus magique dans ses créations.

    pierryves Le 05/01/2017 à 22:54:49
    Orbital - Tome 7 - Implosion

    Ça y est enfin ! Après plusieurs reports, ORBITAL 7 est enfin disponible.
    Et le résultat est bon, voire très bon par certains côtés, comme toujours (la densité de l'histoire, un sujet très bien maîtrisé, une continuité intéressante), mais décevant par d'autres. Ou plutôt, dans un seul domaine, et c'est là que c'est très surprenant : le dessin. Mais attention, ça reste malgré tout nettement meilleur que ce qu'on nous propose généralement dans la BD actuelle en matière de SF (et pas que, d'ailleurs).

    Car effectivement, après la 20e page Serge Pellé se montre cette fois-ci plus... euh... comment dire... Négligent ? Relâché ?
    C'est triste à dire, mais certaines cases donnent la sensation qu'elles ne sont qu'ébauchées par traits rapides et colorisées immédiatement ensuite (mais quelle colorisation !). On ne trouve pas toujours le niveau de finition auquel l'artiste nous avait habitués dans les 6 albums précédents.
    Peut-être est-ce une nouvelle manière qu'il a décidé d'inaugurer pour ce nouveau cycle ? Mais on ne peut s'empêcher de le remarquer.
    Ce qui ne veut pas dire que quoi que ce soit soit graphiquement raté dans IMPLOSION. Loin de là ! Pellé est toujours aussi bourré de talent, et s'il est vrai que certaines cases peuvent être décevantes, la grande majorité des autres reste toujours aussi impressionnante. Que dire par exemple de cette intrigante et magnifique dernière planche abstraite ?

    Dans ce nouveau volet, on découvre donc le but des névronomes. Kristina s'affirme encore plus comme un personnage de caractère. Quant aux relations entre Swany et Mézoké, ça suit son cours, pourrait-on dire. Et si le passage sur Tetsuam, privilégiant l'action, manque d'une certaine épaisseur, il n'en reste pas moins qu'on a hâte - encore - de découvrir la suite, même si dans l'ensemble ce tome 7 est un peu en deçà de ses prédécesseurs.

    PS : j'aurais bien mis 3,5/5, mais comme depuis quelques années on ne peut plus noter convenablement sur BDgest'...

    pierryves Le 09/11/2016 à 19:02:22

    J'avoue avoir du mal à comprendre l'intérêt d'un tel album.
    L'exercice de style est sympathique, certes. Séverin s'amuse à dessiner à l'ancienne les personnages dans des situations aussi niaises que naïves (avec talent, là n'est pas la question). Mais à quoi bon ?
    On retrouve ici ce qu'on avait dans les récits de Rob-Vel et dans les premiers de Jijé, qui n'ont pas laissé une trace indélébile dans les mémoires, sauf dans celles des collectionneurs bien sûr. Mais aujourd'hui, tout le monde s'accorde à les considérer comme des récits "historiques" fondateurs, comme de la BD ancienne, sans plus. Et ce sont leur authentique ancienneté qui leur donnent aujourd'hui encore un peu d'attrait aux yeux de leur rares lecteurs passionnés.

    Mais pourquoi refaire en 2016 des histoires aussi simplettes et simplistes, qui plus est dans un contexte américanisé (les flics, les pompiers) ? Je ne doute pas que l'auteur se soit bien amusé à les réaliser, mais en dehors des complétistes de SPIROU & FANTASIO, ça ne devrait pas intéresser grand monde.
    Mieux vaut relire les intégrales de SPIROU PAR ROB-VEL et SPIROU PAR JIJE, au moins la naïveté est authentique et d'époque. C'est pas de l'ersatz et y en a plus.

    pierryves Le 07/10/2016 à 18:14:52

    Tardi, c'est ADELE BLANC-SEC, NESTOR BURMA, les polars de Manchette et la guerre de '14. C'est généralement de cette manière qu'on résume l’œuvre du bonhomme.
    Et en cette période de centenaire de la Première Guerre Mondiale, l'artiste ne pouvait être absent, vu qu'il s'agit de l'un de ses sujets de prédilection. Le problème, si on connaît déjà le travail de Tardi sur la question (C'ETAIT LA GUERRE DES TRANCHEES et PUTAIN DE GUERRE ! notamment), est que ce DERNIER ASSAUT n'apporte pas grand chose de plus qu'on ne sache déjà. On a même la désagréable sensation d'un auteur qui rabâche, tout en n'offrant graphiquement rien de plus que dans les deux excellents albums cités plus haut. On ne le sent pas inspiré par ce qu'il fait cette fois-ci. Comme s'il s'était senti obligé de participer aux commémorations de ce premier conflit mondial. Alors que, c'est connu, Tardi n'est pas un homme de commémorations.

    Le personnage principal est d'ailleurs peu intéressant ; c'est lui qui nous guide au fil des pages, permettant au commentaire de l'auteur d’égrener sa litanie de faits révoltants (ou comment enfoncer des portes ouvertes - excepté à deux ou trois occasions, notamment concernant l'entrée en guerre du Portugal en 1916). Ce brancardier est donc plus un prétexte qu'un véritable personnage, d'où une impression de fadeur assez prononcée à l'issue de la lecture, malgré pourtant l'énonciation de toutes ces atrocités qui n'ont rien de fade.
    Et tout est là en fait ; LE DERNIER ASSAUT est plus un énoncé qu'un récit. D'où un certain ennui.
    L'album n'est pas mauvais, et quelqu'un qui n'aura pas déjà lu C'ETAIT LA GUERRE DES TRANCHEES et PUTAIN DE GUERRE ! pourra même trouver LE DERNIER ASSAUT très bon. Mais dans le cas contraire, ce nouvel album n'est que redondant.

    pierryves Le 02/10/2016 à 13:05:15
    Tintin - Tome 18 - L'affaire Tournesol

    Album de qualité. Souvent considéré par les esthètes comme le sommet graphique de Hergé. Mais en ce qui me concerne, même si je l'apprécie beaucoup, je ne trouve pas que ce soit un des meilleurs.

    Pour Fondudaviation :
    "En cinq sec" est une expression qui vient de l'écarté (un jeu de cartes très en vogue au XIXe siècle : l'as est situé entre le 10 et le valet, et le roi est la carte la plus forte. Jouer une partie d'écarté en cinq sec - cinq coups sans en perdre un seul - est la manière la plus rapide de gagner).
    Par extension, "en cinq sec" signifie donc "rapidement". Et sec ne prend pas de S car c'est un adverbe, et donc invariable.

    pierryves Le 08/02/2016 à 02:33:13
    Clifton - Tome 22 - Clifton et les gauchers contrariés

    S'il y a bien une série dont on n'attendait vraiment pas qu'il en paraisse un nouvel album, c'est bien CLIFTON. Série secondaire (pas par sa qualité, mais par sa célébrité), excepté pour les lecteurs de feu "Le Journal Tintin" dans les années 1970 et '80, on ne peut pas dire que le personnage soit connu du grand public.

    Le colonel Harold Wilberforce Clifton a été créé à l'aube des années 1960 par Raymond Macherot, qui lui a fait vivre trois aventures, qui aujourd'hui on bien mal vieilli. Greg l'a ressuscité une première fois en 1969 en confiant le dessin à Jo-El Azara, puis a décidé de passer la main au tandem Turk et DeGroot (ROBIN DUBOIS et LEONARD) qui lui a enfin concocté des aventures dignes de lui. Des albums comme LE VOLEUR QUI RIT (toujours avec Greg), SIR JASON, CE CHER WILKINSON, 7 JOURS POUR MOURIR ou WEEK-END A TUER sont à compter parmi les meilleurs crus de la série. Les indispensables de son "âge d'or".
    Les choses se sont gâtées par la suite avec le départ de Turk en 1985, confiant sa place à Bédu. Malgré un excellent LA MEMOIRE BRISEE renouant avec l'esprit de 7 JOURS POUR MOURIR, les albums suivants ont perdu le charme de la série, qui est devenue plus sérieuse et moins humoristiquement britannique (LE BAISER DU COBRA). C'était devenu juste une énième série de détective ; sans âme et banale. Un peu comme TIF & TONDU à la même époque sous l'égide de Sikorski et Lapière. Bédu s'est retrouvé finalement seul à la tête de CLIFTON, puis à cédé sa place à son tour à Rodrigue qui a achevé de le couler (avec le concours de DeGroot (!) revenu aux affaires, on ne sait pourquoi). Les choses en étaient donc là en 2008. Seule la parution d'une intégrale de moyenne qualité (car pas intégrale du tout - il manque toutes les histoires courtes et inédites en albums) a rappelé au monde que CLIFTON avait existé un jour, mais que c'était visiblement une série de "patrimoine", avant tout destinée aux quadras nostalgiques.

    Huit ans plus tard arrive donc cette surprise. Un nouveau CLIFTON. Et c'est doublement étonnant car le dessin en a été confié à Turk, celui de "l'âge d'or" dont il était question plus haut. Ce qui est déjà un gage de plaisir. C'est un peu comme si Janry revenait dessiner SPIROU & FANTASIO. Maintenant, il faut que l'histoire tienne. Et la mission a été confiée à Zidrou, dont on parle beaucoup, mais dont je n'ai personnellement jamais rien lu. Tout ce que je peux dire est que le résultat est très satisfaisant. On retrouve pleinement ce qu'on appréciait à l'époque. Comme si on venait de tomber sur un inédit de 1982-83. L'auteur a pleinement saisi l'esprit de la série qu'on aimait et l'humour caractéristique des aventures des années '70 est bel et bien là, même s'il est parfois trop appuyé il est vrai.
    A noter également que, contrairement à toutes les aventures passées qui se déroulaient à l'époque contemporaine de leur création, celle-ci se déroule en 1960, c'est-à-dire avant LES LUTINS DIABOLIQUES et LE VOLEUR QUI RIT.

    Alors ce n'est certes pas un chef-d’œuvre, mais il n'y a jamais eu de chef-d’œuvre dans CLIFTON. Ce n'est pas une série faite pour ça et ça n'en a jamais été le but. Amateurs d'auteurisme, passez votre chemin ! Mais c'est très agréable à lire, on passe un bon moment. On rit parfois, on sourit souvent. Que demander de plus ? Une prochaine aventure est annoncée en fin d'album. Ça, c'est un plus. A l'heure où tout ce qui est anglais est à la mode, surtout en matière de séries TV, peut-être que les éditions du Lombard ont pensé qu'il était temps de ressusciter une seconde fois le colonel irascible. Espérons que ça marche. Surtout si ça continue dans la même veine.

    pierryves Le 31/01/2016 à 14:32:11

    J'avais beaucoup apprécié SOUVENIRS DE L'EMPIRE DE L'ATOME. Je guettais donc la parution éventuelle d'un nouvel album du duo Clérisse/Smolderen. Ça a donc été avec un certain enthousiasme que j'ai appris la sortie de L'ETE DIABOLIK. d'autant plus que les planches proposées en avant-première étaient tout à fait alléchantes.

    A la lecture de l'album, on n'est effectivement pas déçu par le dessin de Clérisse qui fait encore un travail remarquable. Le style graphique adopté correspond tout à fait aux années 1960 comme celui qu'il avait choisi pour L'EMPIRE DE L'ATOME était idéal pour dépeindre le contexte des années 1950. De ce point de vue là, on est pleinement satisfait.

    Ce qui est moins convaincant, c'est le scénario de Smolderen qui est beaucoup moins original que celui de l'album précédent. La présentation des personnages et du contexte sont bons, mais le problème vient plus du fait qu'à chaque événement qui se déroule dans le cadre de ce dernier on devine immédiatement ce qu'il va se passer ensuite. Tout est donc assez téléphoné dans ce récit (la nature de la face cachée du père, l'identité de Diabolik, le destin de Joan...) et évident. La coupure de l'histoire au milieu de l'album m'a paru très artificielle également. J'aurais plus apprécié, je pense, quelque chose de moins brutal pour passer d'une époque à l'autre (un changement de style de dessin par exemple).
    Les révélations finales tombent donc à plat puisqu'on avait quasiment tout deviné au fur et à mesure de la lecture. Et puis, on réalise que le personnage d'Erik, trop superficiel, ne sert pas à grand chose finalement.

    Une légère déception, donc.
    J'espère lire un nouvel album de Clérisse/Smolderen. Je ne sais pas quels sont leurs projets (s'ils en ont). Peut-être envisagent-ils de faire un album par décennie ? Ce serait sympa. Si tel était le cas, j'aurais hâte de voir le prochain tome consacré à la décennie 1970.

    pierryves Le 26/03/2015 à 20:02:24

    Huitième SPIROU VU PAR... et je me demande toujours à quoi sert cette série.
    On nous dit que "c'est l'occasion pour un ou deux auteurs de donner leur vision de SPIROU & FANTASIO le temps d'un album."
    C'est bien joli tout ça, mais une série comme celle-ci, qui s'est construite et étoffée sur des décennies, se définit par ses personnages qui ont leur caractère propre et par le milieu fictif dans lequel ils évoluent (cadre, amis, ennemis) et qui ressemble énormément au notre (sans jamais être celui-ci pour que certaines extravagances puissent avoir lieu - cf. le Marsupilami et les inventions du comte). Mais elle se définit aussi par le dessin lui-même (c'est celui de Franquin qui sert de mètre-étalon depuis les années 1950) et par sa mise en couleur.
    Sans un ou plusieurs de ces éléments, ce n'est plus vraiment (ou du tout) SPIROU & FANTASIO. Or, le postulat des VU PAR... est justement de supprimer un ou plusieurs de ces éléments essentiels de définition (excepté dans LE TOMBEAU DES CHAMPIGNAC qui était raté pour d'autres raisons - la flemme du dessinateur et la lourdeur du scénariste). En quoi est-ce donc encore du SPIROU ?
    Et c'est là que ça devient ambigu. Les personnages pourraient s'appeler autrement, ça ne gênerait pas. Au contraire, ce serait profitable puisqu'on ne ferait pas de rapprochement entre SPIROU et ces albums qu'on lirait pour ce qu'ils sont, et non pour leur filiation à cette série emblématique.
    Maintenant, il est évident que la marque SPIROU attire, notamment des gens comme moi qui, par exemple, n'ouvriraient jamais en temps normal des albums dessinés comme LES GEANTS PETRIFIES, PANIQUE EN ATLANTIQUE et LA GROSSE TETE ou mis en couleur comme LES MARAIS DU TEMPS et LE JOURNAL D'UN INGENU.

    Cette fois-ci cependant on touche le fond. Pour ce qui est du dessin, on savait déjà à quelle sauce on serait mangé vus les extraits prépubliés à droite et à gauche. Avec LA GROSSE TETE, on évolue dans le style vulgaire habituel de la BD (Zep, Tebo, Féroumont,...) que le premier dessinateur voulant se faire publier utilise systématiquement pour caresser dans le sens du poil un jeune lectorat formaté, et souvent peu exigeant, à qui on a dit que c'était ça qui "marchait" désormais. Alors c'est certes bien animé et dynamique. De ce point de vue, rien à dire, ça fonctionne. Mais pour ce qui est du dessin en soi, c'est d'une laideur consternante. Les personnages sont méconnaissables, Fantasio a une tronche de tube cathodique et Spip ressemble à un rat. Et on a l'impression qu'ils se promènent tous en pyjama. On est bien loin de l'élégance que pouvaient avoir des dessinateurs qui n'auraient jamais osé présenter quelque chose d'aussi bâclé (par respect du lecteur - jeune ou pas). Le trait est nonchalant, ça fait torché à la va-vite, brouillon. Et, bien évidemment (détail qui ne trompe pas), les bords de cases sont faits à main levée (genre "Ben ouais ! On est entre nous quoi, on n'est pas là pour se la péter, t'vois. On est sur du SPIROU là, par chez LEFRANC ou RIC HOCHET. On n'a pas les contraintes de la série officielle, c'est pas pour nous en imposer nous-mêmes. On est là pour s'amuser nous, pas pour se prendre la tête !" L'éternel argument des médiocres - si on peut appeler ça un argument).

    On se dit alors que l'histoire va peut-être sauver un peu l'esthétique. D'autant plus que Makyo n'est pas le premier venu (BALADE AU BOUT DU MONDE). Eh bien non, le scénario est à l'avenant. C'est inepte. Limite insultant pour le lecteur de plus de huit ans. Non mais franchement, c'est quoi cette histoire de dictature par le chtoumpfell (le plat national bretzelburgeois, genre de parodie de choucroute) ! C'est ridicule. Et puis comme d'habitude, on va nous rechercher des références à l'âge d'or (faut bien justifier que ça s'appelle SPIROU & FANTASIO) et bien sûr à l'éternel graaaaand Franquin, dont encore une fois on lèche les bottes et on se prétend héritier ou fervent admirateur, mais à qui on ferait souvent honte s'il était encore vivant (mais il serait trop gentil pour le dire).
    Chers auteurs, s'il vous plaît, occupez-vous plutôt d'élaborer des aventures de SPIROU qui soient dignes de ce nom et qui valent quelque chose par elles-mêmes et pas parce qu'on aura quinze-mille références en tête pour comprendre le nouvel album.

    Comble du lamentable dans LA GROSSE TETE, le personnage de Spirou est un connard fini (comme Fantasio dans LE JOURNAL D'UN INGENU) et donc totalement contradictoire avec ce qu'il est normalement. On n'a aucune sympathie pour lui, et ça c'est une première depuis 1938. Tout de même : Spirou se caractérise par la traditionnelle "modestie du héros" chère à bon nombre de personnages de BD (entre autres). Or, là, les auteurs en ont fait un sale petit prétentieux détestable et snob. En quoi est-ce Spirou ?
    Que le succès tourne la tête aux gens, pourquoi pas, mais qu'il change leur caractère profond et leur personnalité, non. Ça s'appelle dénaturer un personnage.
    On aura donc compris que je déteste cet album qui n'a rien à voir de près ou de loin avec SPIROU & FANTASIO. Je pense même qu'il est à des distances abyssales en-dessous de SPIROU A TOKYO et des tomes 52 et 53 de Yoann & Vehlmann. C'est dire.
    Economisez vos sous.

    pierryves Le 26/01/2015 à 14:15:37

    Goscinny et Uderzo au meilleur de leur forme !

    Les trois premières histoires sont nettement meilleures que les toutes premières aventures d'Astérix. Et de loin.
    On retrouve l'humour de Goscinny et son sens de l'observation à chaque page. Et certaines de ses répliques sont fabuleuses. Une mention spéciale à l'officier du fort ultra-maniéré et en total décalage par rapport à l'endroit où il se trouve ("Fi l'ami ! Votre fumet partout d'un quart d'heure doit vous précéder !") et le passage avec son cheval est un autre grand moment de Goscinny ("les Shavashavah seront la plus forte des tribus quand ils disposeront d'autant de frères chevaux que de frères frères !" - "Et de toutes façons, s'ils ne servent pas on peut toujours les manger !"). Et Uderzo n'est pas en reste. Il faut voir la tronche du cheval dans les cases qui accompagnent ces dialogues. C'est du bonbon.

    Seule la dernière aventure, "Oumpah-Pah contre Foie malade", est moins bonne mais l'ensemble mérite largement d'être redécouvert. D'autant plus que certaines bases d'ASTERIX, qui n'existait pas encore, sont posées ici (quelques situations sont reprises telles quelles dans ASTERIX).
    C'est OUMPAH-PAH qui a servi de modèle pour créer ASTERIX, et on ne peut qu'aimer cette série si on aime le petit Gaulois. Je suis donc assez consterné par l'avis précédent (les noms des tribus n'est pas plus idiot que ceux des camps retranchés romains, les jeux de mots sont du même tonneau que ceux que l'on retrouve dans ASTERIX et le duo principal est tout aussi efficace que celui des deux Gaulois. Quant aux situations, comme je l'écrivais plus haut, elles ont parfois été réutilisées telles quelles dans ASTERIX).
    Enfin bon, "chacun ses goûts" comme on dit.

    pierryves Le 23/04/2013 à 00:04:21
    Urban - Tome 2 - Ceux qui vont mourir

    Commentaire déplacé ? La faute n'existe pas, sans doute ?
    Confondre "perdant" et "dépravé" n'est pas une petite faute. C'est un gros contresens !
    Ce n'est pas comme oublier un trait d'union.
    (et c'est même au-delà du contresens puisque "looser" est un mot qui n'existe pas en anglais).

    Et il n'y a absolument rien de hautain à le faire remarquer !
    Oui, il existe une certaine médiocrité dans le fait que des auteurs publiés par des éditeurs de renom confondent deux mots - ou ne sachent pas correctement en orthographier un, quelle que soit la langue dans laquelle ils s'expriment - et dans le fait que ces éditeurs (Futuropolis n'est malheureusement pas le seul) ne fassent pas relire leurs albums avant de les faire paraître. Ce manque de sérieux est de plus en plus fréquent, et au prix des BD (et autres livres d'ailleurs), on est légitimement en droit d'exprimer son agacement devant ce genre laisser-aller croissant depuis quelques années.

    La médiocrité et la paresse intellectuelle sont plus criantes chez les cuistres et les fumistes qui considèrent comme minime la confusion entre les mots que chez ceux qui, de moins en moins nombreux apparemment, ont encore un minimum d'exigence envers les auteurs et leurs éditeurs.

    pierryves Le 15/02/2013 à 04:14:06
    Urban - Tome 2 - Ceux qui vont mourir

    Bon album. Dans la lignée du précédent. Malheureusement les choses mettent trop de temps à se mettre en place. Ça manque de rythme. La lecture est toutefois très plaisante, notamment grâce au dessin de Roberto Ricci. Il faut cependant espérer que le tome suivant passe à la vitesse supérieure.
    A suivre.

    PS (A l'attention de Luc Brunschwig (et de l'éditeur) et d'une grande quantité de personnes qui croient connaître l'anglais) : To lose/lost/lost - verbe irrégulier - veut dire Perdre en français.
    Loose (qui se prononce lousse - contrairement à lose qui se prononce louze) veut dire relâché, desserré, détendu... et au sens figuré, dépravé.
    Rien à voir, donc.
    Un perdant s'écrit donc LOser avec un seul O et pas LOOser. C'est vérifiable dans n'importe quel dico d'anglais. Donc merci de nous éviter des bourdes pareilles. Ou alors, il faut éviter de s'exprimer en anglais.

    PS : Je viens de relire l'album (une réimpression) et, évidemment, la faute n'a pas été corrigée. Incompétence, incompétence...