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Les avis de - Saigneurdeguerre

Visualiser les 160 avis postés dans la bedetheque
    Saigneurdeguerre Le 21/09/2020 à 21:03:44

    Berlin. Mai 1945.

    Ils sont deux. Deux orphelins. Juifs !
    Comment ont-ils fait pour rester vivants tout au long de la guerre ? Mystère !
    Que reste-t-il de Berlin ? Rien ! Enfin, si ! Des ruines. Des cadavres aussi, enfouis sous les décombres.
    Ils sont inséparables et ne savent où aller. Ils savent juste qu’ils doivent fuir la capitale du Reich. Heureusement, sur leur route d’errance, ils rencontrent un couple disposant d’une charrette qui leur propose de se rendre à Leipzig. Ils embarquent sur cette charrette où git un soldat blessé en bien piteux état… Pas sûr qu’il arrive vivant à Leipzig, lui ! Sur place, les deux frères devront tirer leur plan…

    Critique :

    Le football vous intéresse ? Passionnément ? Parfait ! Vous allez vous régaler avec cette page d’histoire footballistique qui va voir s’affronter les deux Allemagnes pour, rien que ça, la Coupe du Monde de juin 1974 qui se tient en RFA. Ce n’est pas une fiction !
    Comment ? Le foot vous rend nauséeux ? Vous aimez l’histoire ? Très bien ! Ce livre est écrit pour vous ! Au travers des aventures des frères Werner, c’est la Guerre froide qui pointe son museau infâme. Plus spécialement, la Guerre froide vue du côté est-allemand avec l’omniprésence de la Stasi (la police politique à qui bien peu de choses échappent). Comment ? Je ne vous l’ai pas dit ? Konrad Werner, l’aîné, va se faire pincer en 1953 dans une pharmacie délabrée alors qu’il cherchait de l’Aspirine pour soulager son frère Andreas. C’est à cette occasion qu’ils vont rencontrer le colonel Gronau, fervent communiste. Ce dernier fait à Konrad une proposition que celui-ci ne saurait refuser sous peine de voir son jeune frère expédié en Pologne dans une maison de correction. Le temps passe et les deux frangins se font une place dans la Stasi. Les convictions communistes de Konrad sont bien ancrées contrairement à son frérot qui, au fur du temps qui s’écoule, se met à douter du système…

    Et le football dans tout ça ? Venez découvrir ce match authentique et extraordinaire qui a opposé les deux Allemagnes, en sachant que la Stasi ne perd jamais de vue ses concitoyens et que les trahisons de toute nature sont vivement encouragées pourvu qu’elles permettent au pouvoir en place en RDA de se maintenir.

    Le scénario de Philippe Collin, c’est du lourd ! Du très lourd ! Extrêmement bien documenté avec l’appui de l’historien Fabien Archambault qui signe de très belles pages de documentation à la fin de l’album.

    Le graphisme de Sébastien Goethals est époustouflant et sa « mise en couleur » avec des tons à une seule dominante par planche confère une ambiance vieillotte comme si on découvrait un vieil album de famille. Il a été aidé en cela par Horne Perreard.

    Les raisons d’acheter ce livre sont multiples : vous aimez l’art, jetez donc un œil à ces planches ! Vous vous intéressez aux relations humaines dans tout ce qu’elles ont de plus complexe : amour fraternel, fidélité aux idées, amour de la liberté, … , ne passez pas à côté de cet ouvrage ! Amateur d’histoire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et des années de la Guerre froide, découvrez une page inédite de ce conflit ! Amateurs de sport, sachez ce qui peut se cacher derrière d’un point de vue politique ou sociologique…

    Saigneurdeguerre Le 20/09/2020 à 19:03:32

    Extrait du blog « Ils nous mentent… » :

    Le FBI, Interpol, Europol, Sébastopol et Popol recherchent le dénommé GOMONT Pierre-Henry, né en janvier 1978. Cet individu de nationalité française, domicilié à Bruxelles, est recherché pour s’être emparé de documents classifiés TOP-SECRET et en avoir diffusé le contenu sous forme de bande dessinée humoristique au grand dam de ceux qui détiennent le pouvoir sur cette planète.
    En tant que VRAIS journalistes, pouvons-nous ajouter foi à la version de Pierre-Henry GOMONT ? Tout porte à croire qu’il a réellement mis la main sur des documents classifiés qui racontent ce qu’il est advenu du cerveau d’Einstein… Une version bien différente de celle que les autorités nous ont servie depuis des années. On va encore nous traiter de complotistes car c’est la seule façon que les autorités officielles trouvent pour discréditer la vérité VRAIE de médias tels que le nôtre. Derrière cette censure, qui ne dit pas son nom, se cache un complot des Illuminati de la Secte du Grand Zob, qui comme nous l’avons dénoncé à de multiples reprises dans les colonnes de « Ils nous mentent… » ne sont rien d’autre que des extra-terrestres ayant pris l’apparence d’êtres humains pour dominer la Terre après qu’un conflit ait ravagé leur galaxie, Fricafond. On nous accuse d’être des illuminés alors même que ce sont les Illuminati, déjà cités, qui se sont emparés de tous les leviers du pouvoir et créent des conflits dans le seul but de diviser pour régner. Mais il est temps de s’intéresser au remarquable travail de monsieur Pierre-Henry GOMONT…

    Monsieur GOMONT s’est intéressé de très près à un certain docteur STOLZ. Thomas STOLZ Harvey ! Pourquoi lui ? Ce médecin fut appelé à pratiquer l’autopsie du génial Albert Einstein à l’hôpital de Princeton. Normal pour un pathologiste.
    Albert Einstein avait laissé des consignes très claires quant à ce qu’il devait advenir de son corps après sa mort : incinéré et les cendres dispersées en un lieu tenu secret, le savant ne voulant pas d’idolâtrie autour de sa tombe. (Voilà pour la légende officielle !) L’autopsie avait pour but avant tout de dégager la responsabilité du docteur Wyatt qui avait posé un diagnostic d’aorte abdominale un peu faiblarde. Son patient ayant refusé l’intervention, il s’agissait de savoir si telle était bien la cause du décès. Le docteur STOLZ devait vérifier la cause de la mort… Et dégager la responsabilité de son confrère, ce qu’il fit.
    Seulement, comme on le sait aujourd’hui, STOLZ ne s’en tint pas aux recommandations de sa hiérarchie et aux volontés du génie. Il préleva le cerveau et l’emmena chez lui, notant au passage qu’il pesait moins lourd que la moyenne des cerveaux humains. Pour des raisons encore inconnues, Stolz dut quitter ses fonctions à l’hôpital de Princeton quelques années plus tard (plus que probablement suite aux pressions des Illuminati adorateurs du Grand Zob). Il se mit à sillonner les USA avec le cerveau de ce brave Albert toujours en sa compagnie. Comme le montre le remarquable travail d’enquête de Pierre-Henry GOMONT, nous savons qu’il fuyait les envoyés des Illuminati, même si craignant pour ses jours, GOMONT ne le dit pas clairement. Nous affirmons que les agents du FBI qui poursuivaient STOLZ faisaient partie de ce groupe d’extra-terrestres qui, pour mieux masquer leur appartenance aux Illuminati (ceux qui ont reçu la lumière) s’habillent de noir, circulent dans des voitures noires, broient du noir… Nos lecteurs apprécieront la subtilité de leur camouflage qui ne trompe que ceux qui ont envie de se laisser berner ! Il suffit d’observer la lumière qui luit dans l'ouvrage de Pierre-Henry pour faire le lien avec les Illuminati !

    Le dessin vif, coloré, mouvementé, extrêmement expressif, de l’auteur retransmet, mieux que ne le ferait un film, la richissime palette d’émotions qui ont animé le docteur Stolz et celle qui l’accompagna (pas de noms pour préserver son anonymat) dans sa fuite en compagnie de … (Vous voyez ce que nous voulons dire, n’est-ce pas ?)

    Stolz mit le cerveau en tranches et partagea avec des collègues neurologues ces « échantillons ». Ce que l’on apprend aujourd’hui, grâce à l’enquête de Pierre-Henry GOMONT, c’est que finalement, STOLZ a grugé tout le monde. Pour les USA, tout ce qui touche au cerveau d’Einstein est considéré comme faisant partie du patrimoine national… Et de la sécurité nationale ! (Le pays est dominé par un Illuminati : si Trump était un humain, cela se saurait !)

    Le travail de monsieur GOMONT montre dans les dernières planches de sa BD ce qu’il est réellement advenu du VRAI cerveau d’Einstein. Nous ne vous révélerons pas le sort que Stolz réserva au cerveau du GRAND Einstein car nous ne tenons pas à dévoiler dans notre article le fruit du travail colossal effectué par monsieur GOMONT, qui n’est pas qu’auteur de BD, loin de là ! C’est aussi un sociologue. ... Étrange n’est-ce pas ? Que vient faire un sociologue dans une histoire de cerveau ? … Et si monsieur GOMONT avait découvert des ramifications entre le cerveau d’Einstein et les Illuminati adorateurs du Grand Zob ? Nous ne prétendons pas qu’Einstein était un Illuminati, mais il est tout de même étrange qu’un simple Terrien ait pu découvrir une théorie telle que celle de la relativité… Ne trouvez-vous pas ? … Tout aussi étrange qu’un cerveau pesant moins que celui d’un humain ait eu une intelligence bien supérieure… Nous ne nous avancerons pas jusqu’à affirmer qu’Albert Einstein était un extra-terrestre mais réfléchissez-y ! « Ils nous mentent… » n’a jamais reculé devant les difficultés pour dispenser la vérité VRAIE !

    A ceux parmi vous qui se montreraient encore sceptiques, malgré les réflexions que nous avons partagées avec vous, nous conseillons vivement la lecture de l’ouvrage « La fuite du cerveau » de Pierre-Henry GOMONT qui montrera qu’Albert Einstein partagea la vie de STOLZ… Alors qu’il était trépané et privé de son cerveau !!! Aucun humain n’aurait pu vivre cela ! Seul un extra-terrestre aurait ce pouvoir !!!

    Les sceptiques, nés pour croire les vérités officielles, rétorqueront que le corps d’Albert Einstein a été incinéré et que sa famille peut en témoigner ! Sa famille ? Comment peut-on se fier à des Illuminati adorateurs du Grand Zob ? Ceux-là même qui au travers des médias officiels n’ont cesse de tenter de ridiculiser l’organe d’investigation le plus indépendant qui soit… « Ils nous mentent » !

    L’IMMENSE Pierre-Henry Gomont a glissé bien des messages subliminaux dans sa BD que nous nous employons à déchiffrer pour vous. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés, via ce blog, de nos découvertes, mais nous ne pouvons que vous conseiller d’acquérir au plus vite ce livre avant que des pressions venues de l’Elysée, de Washington, de Moscou, de Pékin, de Bruxelles et d’ailleurs, n’obligent les éditions Dargaud à le retirer de la circulation. Nous adressons nos plus vifs remerciements à ces Editions et à Babelio qui, conscients du rôle capital joué par notre blog, « Ils nous mentent… », nous ont adressé un exemplaire de « La fuite du cerveau », où la véritable histoire du cerveau d’Einstein vous est narrée même si, pour tromper les Illuminati du Grand Zob, Pierre-Henry prétend le contraire dans sa préface !

    Babelio « Masse critique » ! Tiens ! Tiens ! Les personnes averties ne manqueront pas d’établir un lien entre MASSE et la célèbre formule d’Einstein E=mc² ! Quant au mot « critique » il prend ici tout son sens dans la mesure où, sans le crier tout haut, Babelio soutient la CRITIQUE des esprits indépendants tels que vos serviteurs du blog « Ils nous mentent… ». Merci à Babelio pour ce soutien discret mais ô combien efficace. Nous espérons nous être montrés dignes de la confiance dont Babelio et les éditions Dargaud nous ont honorés.

    Saigneurdeguerre Le 18/09/2020 à 20:09:46
    Berlin sera notre tombeau - Tome 1 - Neukölln

    Faubourgs de Berlin, 24 avril 1945.

    Dans les rues d’une ville en ruines, où les ruines elles-mêmes semblent n’être que les ruines d’autres ruines, ils sont quelques dizaines à hâter le pas. Des renforts ? Oui ! Mais ils ne sont pas Allemands ! Qui sont-ils alors ? Des Français ! Des Français ? Que fichent-ils à Berlin ? Ah, ça c’est une longue histoire !
    Ils font partie de la 33e Waffen-Grenadier-Division der SS Charlemagne…
    En clair, des Français engagés pour des raisons très diverses sous l’uniforme allemand. Il y a ceux qui se sont engagés en 1942, pour la plupart pour arrêter les Bolcheviques qu’ils considéraient comme le mal absolu. Mais il y a ceux aussi qui se sont engagés en 1944 par peur du sort que les gaullistes allaient leur réserver pour les féliciter d’avoir été des collabos. A moins qu’ils ne se soient engagés pour fuir la Gestapo française… Quoi qu’il en soi, leur avenir… Leur quoi ? … Disons, les jours à venir ne présagent rien de bon. Leur seul espoir : que les Américains arrivent jusque Berlin et que la ville ne tombe pas entièrement entre les mains des Ivan…

    Critique ;

    C’est idiot d’avoir lu le 2e tome avant le premier, non ? Que voulez-vous ! J’étais tellement impatient de découvrir cette histoire que je n’ai point su maîtriser ma gourmandise. Ce premier tome est une mise en place (avec tout de même beaucoup d’action) qui expose l’arrivée de ces volontaires français dans la capitale entièrement dévastée du IIIe Reich. On se doute bien vite que ces hommes sont condamnés. Ils sont dans une ville où les ruines qui subsistent continuent d’être copieusement arrosées par l’artillerie et l’aviation soviétiques. Les soldats ennemis sont présents en masse et seuls quelques rares combattants leur font face si l’on exclut les vieillards de la Volkssturm et des gamins de la Hitlerjungend Ces Français n’attendent aucune clémence de la part des Russes. Ces derniers n’hésitent pas à faire payer très chèrement aux Allemands (civils pour la plupart) les crimes commis par les nazis en URSS. Les viols sont monnaie courante et les pauvres filles et femmes qui les subissent finissent souvent égorgées. Dès lors, Français, engagés dans la SS, qu’espérer ? Et à supposer que les Russes les fassent prisonniers (sort peu probable vu que d’un côté comme de l’autre, « pas de quartier » semble être la norme), ils seront probablement rendus aux gaullistes qui se feront un plaisir de les passer par les armes.

    Même si les dessins des visages ne sont pas toujours pleinement aboutis, Michel Koeniger signe un scénario de très belle facture reposant sur une excellente documentation. C’est encore lui qui assure le dessin. Quant à Fabien Alquier, ses couleurs contribuent à renforcer ce sentiment de fin de monde.

    Une page d’histoire où l’on voit des Français se battre avec panache pour une cause des plus douteuses…

    Saigneurdeguerre Le 15/09/2020 à 20:00:26
    Léonard - Tome 48 - Mon papa est un génie !

    Rien ne va plus pour Léonard ! Pas la moindre invention en deux jours ! Il déprime ! Il lui manque quelque chose ! Mais quoi ? … EUREKA ! Il a trouvé ! Il lui manque un enfant !
    « Peuh ! » me direz-vous ! « Il a déjà un gamin avec son espèce de disciple. Vu son âge mental, il devrait faire l’affaire ! »
    Et là, je dis STOP ! C’est quoi ce délire, ce « disciple-bashing » ? Non, mais c’est vrai quoi ! Pourquoi toujours s’en prendre à un être chétif et sans défense, au cerveau plus vide que le désert du Sahara ? Pourquoi tant de haine et de mépris pour celui qui subit les pires avanies pour permettre à son illustre maître de tester ses inventions, y compris les plus dangereuses ?

    Le disciple, parlons-en justement ! Mais c’est que c’est jaloux ces bestiaux-là ! Laissez-moi m’expliquer : noyée dans une pleine charretée de pétales de roses, surgit une petite fille. Son nom ? « Dégagedelàpetitepouilleuse » ! Un peu long peut-être ? Pourquoi pas Léonardine ? Ou Léonardinette ? Ou Léonarda ? Toujours est-il que notre bon et brave disciple n’apprécie pas cette arrivée subite qui semble un peu trop enchanter son Maître qui n’a plus d’yeux que pour la petiote ! Jalousie ! Jalousie, vous dis-je ! Allons-nous assister à un DRAME ???

    Critique :

    Déjà le 48e album des léonarderies, avec un disciple toujours aussi malmené ! Si ce n’est davantage ! (Mais que fait la police ? Et les services sociaux ! … Ah, oui ! C’est juste ! Léonard ne les a pas encore inventés !)
    Toujours cet humour bon enfant et très visuel des Belges Turk et Zidrou. Les gags se suivent, et s’ils ne se ressemblent pas, le disciple continue de trinquer. La grande nouveauté, c’est l’apparition d’une petite-fille. Et quelle petite fille ! Le disciple a deux fois plus de raisons de se faire du mouron. Un album qui devrait plaire aux petits comme aux grands en qui sommeille encore un enfant.

    Saigneurdeguerre Le 14/09/2020 à 20:11:57

    Oufti ! Quel livre étrange ! Une bande dessinée ? Heu… Un livre d’art ? Sûrement ! Que d’étrangetés dans ce récit :
    - 3 actes, comme un opéra ou une pièce de théâtre ;
    - pas une bulle ! Les protagonistes sont muets comme au temps du cinéma du même nom ;
    - la technique employée : pochoir !
    - des personnages qui reviennent sans arrêt dans l’histoire alors qu’on ne s’y attend pas ;
    - les enchaînements pareils à ceux des séries télévisées récentes (un personnage tend une liasse de billets à un autre et on enchaîne avec une liasse de billets ailleurs avec un autre individu).

    Vous l’aurez compris, cette BD ne correspond à aucune autre ni par son style graphique, ni par sa façon de raconter une histoire car elle demande à celui qui la lit un gros effort d’interprétation. C’est une dénonciation d’un système, le capitalisme, mais sans vous le dire ! Vous êtes lecteur, c’est à vous de le deviner. Peut-on comprendre cette histoire sans un minimum de culture politique ? Non ! Je ne le crois pas. Si on n’est pas attentif à certains signes, on ne saisit pas nécessairement la critique d’une société, urbaine dans ce cas-ci.

    En gros, l’histoire raconte ;
    - le meurtre de prostituées… Par qui ? Réponse à la fin !
    - la corruption de la police qui rackette un dealer ;
    - une mère qui se la joue stripteaseuse pour élever son enfant ;
    - un couple black-blanche, où le black se fait agresser déclenchant des tas de manifestations de protestation ;
    - un hacker qui joue un bien mauvais tour à un sale mec qui a bien magouillé pour se faire du fric ;
    - un charmant jeune homme qui donne de l’argent à un mendiant et qui se rend régulièrement à l’hôpital pour rendre visite à quelqu’un qui visiblement lui tient à cœur mais est fort mal en point ;
    - …

    L’auteur vous laissera pantois avec la fin de l’histoire, une histoire qui atomisera vos neurones !
    On ne peut qu’admirer le côté visionnaire de Peter Kuper puisque l’histoire est parue en 1996… Ou alors, c’est que ce que nous croyons être les problèmes actuels des USA sont en réalité déjà là depuis longtemps !
    Je ne sais pas du tout comment évaluer cette histoire tant elle est peu orthodoxe. Il y a du génie, c’est clair, mais en même temps, je ne peux pas la classer dans les BD qui m’auront le plus marqué.

    Saigneurdeguerre Le 13/09/2020 à 11:51:56
    Emma et Capucine - Tome 2 - Premiers doutes

    Capucine devrait être aux anges ! N’a-t-elle pas été acceptée dans l’une des plus prestigieuses écoles de danse au monde, celle de l’Opéra de Paris ? Et de plus, n’est-elle pas pressentie pour tenir l’un des rôles principaux dans Casse-Noisette ?
    Alors, pourquoi une telle tristesse ? Pourquoi veut-elle renoncer à tout cela, rentrer chez elle et retourner dans son ancienne école ? Serait-ce parce que sa sœur lui manque ?

    Quant à sa sœur, Emma, recalée à l’école de l’Opéra, elle rêve de hip-hop. Justement, son ami d’enfance, Jake monte un groupe. Elle se produit devant lui, mais il ne cesse de dire « qu’elle n’a pas le niveau », alors même que les autres membres du groupe sont enthousiasmés par sa performance ! Pourquoi Jake se comporte-t-il ainsi avec Emma ?

    Critique :

    Je poursuis ma mission en quête de BD qui pourraient plaire aux petites nénettes de ma classe.

    Cette BD a pour principal avantage de soulever des questions qui touchent les adolescentes et les pré-adolescentes : le manque de confiance en soi, la jalousie de ses congénères et les coups fourrés que cela peut entraîner, un amour incompris, la difficulté d’être éloignée de ceux qu’on aime, de sa famille, trouver sa place au sein d’un groupe…

    Bref ! Si j’étais une jeune fille, je crois que les scénarios de Jérôme Hamon me plairaient. Probablement aussi le graphisme de Lena Sayaphoum, très déroutant pour un vieux fan de la BD franco-belge comme moi… Mais comme il disait l’autre, il faut vivre avec son temps !

    Saigneurdeguerre Le 12/09/2020 à 18:38:50
    Emma et Capucine - Tome 1 - Un rêve pour trois

    Emma et Capucine rêvent toutes les deux d’entrer à l’école de danse de l’Opéra de Paris. Un rêve les anime : devenirs danseuses étoiles !
    La sélection est terrible, et si Capucine, la plus jeune, correspond entièrement aux standards de cette école, Emma, elle, a des mouvements beaucoup trop personnels, alors qu’en danse classique, il convient d’avoir des mouvements conventionnels.

    Le jour de l’audition arrive, et comme le redoutait leur maman, si Capucine est prise, Emma est recalée ! Que va devenir Emma qui se préparait depuis des années ? Comment va réagir la maman qui a connu une grande déception étant jeune en échouant par trois fois au concours d’entrée comme violoniste à l’Opéra et qui rêvait de voir ses deux filles réussir grâce à son investissement personnel dans leur formation ? Et Capucine qui ne se voyait pas entrer à l’école de l’Opéra sans sa sœur ?

    Critique :

    Bon, ce n’est pas précisément le type de BD que je rêve de lire, mais quand on est instituteur et que l’on tient à donner à lire des BD aux petites demoiselles de sa classe, il faut bien consentir quelques sacrifices ! Snif ! Pauvre de moi !

    Cela étant dit, soyons sérieux une minute (pas plus, c’est promis), le scénario de Jérôme Hamon soulève plusieurs questions importantes :
    - Les parents ne poussent-ils pas le bouchon trop loin en voulant que leurs enfants réussissent là où ils ont échoué ?
    - Une jeune adolescente a-t-elle assez de clairvoyance pour effectuer les bons choix quant à son avenir ?
    - Jusqu’à quel point un amour d’adolescence déçu peut-il faire mal ?

    L’histoire est intéressante et ne manquera pas d’intéresser les jeunes demoiselles. Je verrai sur le terrain comment réagissent mes élèves.

    Les dessins de Lena Sayaphoum, réalisés par ordinateur, sont très originaux et quelque peu déroutants pour le vieux machin que je suis, mais après trois Xanax et un peu de Valium, on s’y fait. Je pense qu’ils vont beaucoup plaire aux petites malheureuses que l’on me charge d’endoctriner avec des règles de grammaire française imaginées pour torturer les neurones des malheureux.euses qui ont le plaisir d’étudier la langue française.

    Si j’étais une jeune adolescente, je crois que j’adorerais cette série, surtout si j’étais éprise de danse.

    Saigneurdeguerre Le 12/09/2020 à 16:14:06
    Les foot furieux - Tome 1 - Tome 1

    - Et c’est le gardien de but FC Gagnez qui dégage son camp… Mais que fait-il ?
    - Tout-à-fait, Jean-Pierre, que fait-il ?
    - Il quitte sa cage et traverse tout le terrain…
    - Je dirais même plus, Jean-Pierre, il traverse tout le terrain…
    - Il arrive devant le goal de son adversaire…
    - Oui, Jean-Pierre, je dirais qu’il est devant le goal de son adversaire…
    - Il récupère la balle… Il shoote… Et c’est goaaaaaaaaaaaaal l
    - Je dirais même plus, Jean-Pierre, c’est but !

    Critique :

    Comment décrire une BD sans paroles ? Ce n’est même pas une histoire… C’est une série de planches avec un gag à la clé à chaque fois.

    Gürcan Gürsel n’a pas son pareil pour exprimer les mimiques, les gestes, les comportements si caractéristiques du monde du football. Il y a du génie dans son dessin. Pas facile de créer un nouveau gag à chaque fois… Surtout qu’il en est à au moins 23 albums des Foot furieux… Sans oublier les Foot furieux Kids… Et les fous furieux du rugby.

    Prenez le temps d’admirer les expressions de chacun des personnages, cela ne manquera pas de détendre vos zygomatiques.

    Saigneurdeguerre Le 12/09/2020 à 14:57:50
    Les frères Rubinstein - Tome 1 - Shabbat Shalom

    1942… Ou 1943…
    Un train de la mort. Destination finale : Sobibor !

    Moïse Rubinstein brûle une allumette dans ce wagon à bestiaux où il est parqué avec des dizaines d’autres juifs. Il veut revoir la photo prise juste avant qu’il ne monte dans l’avion qui devait le ramener en Europe et où son frère, Salomon, se tient à ses côtés. Son frère qui lui déconseille fermement de retourner en Europe : « L’Europe de 1938, elle en veut plus des juifs ! »

    Il se rappelle leur entrée fracassante à Hollywood et leur rencontre avec Sam Garfunkel, important personnage des milieux du show-business, juif lui aussi. Mais surtout, il revoit ses parents, leur maison dans un coron, en France, en 1927, le jour où il s’apprêtait à sortir major de sa promotion de l’Académie Lambertin, son père lui faisant la surprise de lui tailler un costume dans son plus beau tissu pour l’occasion. Brillantissime élève, nul doute qu’il allait l’emporter… Oui, mais…

    Critique :

    Attention : chef-d’œuvre ! J’ai eu l’occasion de lire beaucoup de très bonnes bandes dessinées ces dernières années. Celle-ci s’en vient rejoindre les meilleures car elle rassemble toutes les qualités pour en faire une merveille du neuvième art.

    Le scénario qui nous raconte la vie des deux frères Rubinstein va s’étaler sur plusieurs albums. Sept ? Dans celui-ci, le premier, Luc Brunschwig nous raconte l’histoire de deux frères que tout oppose physiquement, mentalement, moralement… Tout ? Non ! Ils s’aiment et Salomon ferait n’importe quoi pour protéger son petit frère. Salomon est le débrouillard par excellence, l’optimiste, celui qui croit fermement en l’avenir et qu’il peut influencer celui-ci. Moïse est un intellectuel pur. Un cerveau ! Mais il n’a pas la force de son frère et surtout, il lui manque sa débrouillardise. En voulant redonner à son frère Moïse la juste place qu’il mérite, Salomon va entraîner une série de malheurs qui frapperont cruellement sa famille.

    Luc Brunschwig nous remet en mémoire que les sentiments antisémites n’étaient pas propres à l’Allemagne de l’entre-deux-guerres. En France aussi, cette haine du juif était bien établie. Dans les corons de l’époque où vivaient les mineurs, nombre d’entre eux étaient Polonais. Rappelons-nous que les Polonais, comme les Russes, pratiquaient régulièrement des pogroms à l’encontre des juifs vivant sur les mêmes terres qu’eux… Dans ce brillant scénario, de « bons » citoyens français vont vouloir rendre justice sans trop se soucier des autorités. Ce qu’ils feront n’est guère éloigné de ce qu’accompliront les nazis, plus tard, en Allemagne, après l’accession au pouvoir d’Adolph Hitler. A ma connaissance, aucun fait similaire à celui conté dans ce récit ne s’est produit en France, même si les sentiments antijuifs étaient très développés. Gardons un esprit critique, en particulier lorsqu’il s’agit d’une BD « historique ».

    Les dessins d’Etienne Le Roux donnent aux personnages des personnalités vraiment fortes et crédibles. Loïc Chevalier crée des décors de toute beauté et Elvire De Cock apporte la touche de couleur qui complète magnifiquement ces tableaux.

    Que vous aimiez l’aventure, l’histoire, ou tout simplement de splendides planches de BD, cette histoire est faite pour vous !

    Saigneurdeguerre Le 12/09/2020 à 11:13:28
    La pin-up du B-24 - Tome 2 - Nose art

    Libye. 1959.

    Glenn, ancien commandant d’un B-24 qui s’est crashé après une mission extrêmement périlleuse consistant à bombarder les champs de pétrole roumains de Ploesti, est poursuivi par son obsession : retrouver l’épave de son « Ali-La-Can », ainsi nommé d’après les noms des trois épouses, Alice, Lana, et Candy, épousées le même jour à Palerme par les trois amis membres de l’équipage du B-24, Fred, Glenn et Johnny.

    Mauvaise nouvelle : Glenn s’est écrasé avec son coucou.
    Bonne nouvelle : l’atterrissage brutal s’est produit juste à côté de l’épave du B-24 qu’il n’avait cesse de retrouver.

    La carcasse du « Ali-La-Can » ne contient aucun corps. Le mystère reste entier. Où sont passés les membres d’équipage ? A l’intérieur de l’appareil, Glenn reconnaît la patte de Fred qui, avant de se retrouver à l’armée, était dessinateur chez Disney. Fred y raconte leur histoire à eux trois et à leurs épouses respectives. Glenn croit délirer lorsqu’il voit la pin-up de son B-24 arborer un brassard nazi. Mais qu’est-ce qui a pris à Fred d’ajouter un emblème aussi déshonorant à leur si chère pin-up ?

    Glenn a eu le temps d’envoyer les coordonnées du crash avant de se planter. Pourquoi donc les jours passent-ils sans qu’aucun secours ne se présente ?

    Critique :

    Le premier tome sans le second, cela n’a aucun intérêt ! Les deux, ensemble, permettent de réaliser qu’il y a bel et bien un solide scénario avec une fin totalement inattendue. Jack Manini nous a bien promenés en bateau, et c’est une belle balade au son de la flack et des balles de mitrailleuses qui trouve son explication dans les sables du désert libyen grâce à un cahier laissé par Fred dans la carcasse du bombardier lourd, cahier visiblement destiné à Glenn.

    Je me suis habitué aux dessins de Michel Chevereau que j’apprécie de plus en plus. Comme quoi un premier regard ne suffit pas pour appréhender toute la beauté d’une œuvre.

    En lisant ces deux albums, qui mêlent fiction et Histoire, vous comprendrez pourquoi il était extrêmement difficile pour un membre d’équipage de bombardier lourd américain, et de B-24 en particulier, de rentrer sain et sauf aux USA…

    Saigneurdeguerre Le 11/09/2020 à 22:08:13
    La pin-up du B-24 - Tome 1 - Ali.La.Can

    Je suis Ali-La-Can, l’ange gardien de mon B-24. Mon équipage m’adore, le reste des autres aviateurs me crachent dessus. Ils ne supportent pas que mon B-24 soit toujours intact après tant de missions alors que les pertes parmi les équipages de bombardiers sont énormes.
    J’étais indestructible… Du moins, c’est ce que je croyais jusqu’à ce jour maudit du 5 mai 1944…

    Critique :

    D’abord, il faut que vous sachiez que si vous n’achetez que ce premier album, vous alles vous sentir frustrés, voire escroqués, car, quand vous arriverez à la fin, vous aurez l’impression de n’avoir rien compris à cette histoire et que les auteurs vous ont raconté n’importe quoi. Pour profiter pleinement du récit, il vous faut les DEUX tomes.

    Dans ce tome-ci, vous ferez la connaissance de Glen devenu pilote pour une compagnie pétrolière dans le désert de Libye. Ce n’est pas un hasard : c’est là que quinze ans plus tôt son B-24, Ali-La-Can, s’est crashé pour une raison mystérieuse. Qu’est devenu son équipage, jamais retrouvé. Comment lui s’est-il retrouvé à proximité de l’hôpital de Tobrouk, inconscient ? Tant qu’il ne mettra pas la main sur son bombardier, il ne pourra comprendre ce qui s’est passé.

    C’est aussi l’histoire de trois hommes devenus amis : Glen, le pilote, Fred Oglala, le copilote et Johnny Butcher, le bombardier. Ils vont rencontrer trois belles infirmières officiant sur le navire hôpital USS Louisiana. Trois mariages s’en suivront qui se tiendront le même jour, dans la même église. Ces trois couples s’aiment formidablement.

    Mais je ne suis pas là pour casser le suspens de cette histoire, c’est pourquoi, malgré les foules en délire qui réclament la suite du récit, je saurai (pour une fois) tenir ma langue.

    Que penser du scénario ? Beaucoup de mal si vous ne lisez que le premier tome. Vous vous poserez probablement la question : « Y avait-il un scénariste à bord ? » Je vous le répète, sans le second et dernier tome, cette histoire n’a ni queue ni tête. Si vous voulez comprendre quelque chose, lisez le 2e tome !

    Et les dessins de Michel Chevereau ? Ils ne plairont pas à tout le monde, mais je les trouve de très bonne facture.

    Je vais me répéter : je ne recommande cette lecture que si vous êtes disposés à lire aussi le 2e tome… en sachant qu’il y a une note de fantastique dans tout cela, mais que l’explication du crash du B-24 est plus technique que magique…

    Petites infos en vrac : le B-24 est l’avion militaire américain qui fut le plus produit, plus de 18500 exemplaires. Il était d’une conception plus moderne que le Boeing B-17 « Flying Fortress ». Il volait plus haut, plus vite et plus loin que ce dernier. Il emportait une plus grande charge de bombes. Pourtant, il était bien moins populaire puisque surnommé par ses équipages « cercueil volant ». Il était nettement moins protégé que le B-17, prenait facilement feu, perdait aisément ses ailles lorsqu’il était mitraillé « au bon endroit » et il n’avait qu’une seule sortie à l’arrière pour permettre à l’équipage de sauter.

    Saigneurdeguerre Le 10/09/2020 à 23:19:39
    Berlin sera notre tombeau - Tome 2 - Furia Francese

    Berlin, 26 avril 1945.
    La ville est envahie de toutes parts par les Russes. Les dernières forces du IIIe Reich défendent pied-à-pied chaque quartier, chaque rue, chaque maison, chaque cave.
    Parmi ces derniers défenseurs, des Français et des Européens du Nord qui font partie de la Waffen-SS. Des Français au service d’Hitler ? Eh, oui ! Pourquoi se sont-ils engagés au service de l’ennemi ? Chacun d’entre eux a sa propre histoire, ses raisons personnelles, mais ce qu’ils savent c’est qu’ils n’ont quasi aucune chance de s’en sortir : s’ils ne sont pas balayés par les Russes, ils seront faits prisonniers et fusillés. Aussi sont-ils déterminés à se battre jusqu’au bout…

    Critique :

    Mais que voilà un sujet délicat ! Comment présenter les hauts faits d’armes de ces hommes, en les qualifiant de « glorieux », alors qu’ils servent l’ennemi… Et quel ennemi ! Ils se sont mis au service de la monstruosité nazie. Des fanatiques fascistes ? Quelques-uns certainement. Mais pas tous. Les combats les ont soudés et ils sont frères d’armes. Les raisons des uns sont politiques, mais pas nécessairement pour tous. Certains ont vu l’engagement dans la Légion des Volontaires français comme une opportunité. Cependant, dans ce tome 2, ce n’est pas très explicité. On y assiste aux combats d’une rare violence entre les Soviétiques et les reliquats de l’armée allemande dont les volontaires de la division Charlemagne font partie.
    Michel Koeniger est à la fois à l’œuvre au scénario et au dessin. Et il s’en tire brillamment dans les deux cas en respectant au mieux l’Histoire. Fabien Alquier, à la couleur, crée des atmosphères idéales pour faire ressentir l’inquiétude, l’horreur des combats, mais aussi les rares moments de calme.

    Si la Deuxième Guerre mondiale vous intéresse, voici un des meilleurs albums, en particulier pour vivre la chute de Berlin et quelques-unes des dernières horreurs de cette guerre.

    Saigneurdeguerre Le 10/09/2020 à 21:52:01
    Indochine (Pécau/Maza) - Tome 1 - Adieu, vieille Europe

    Alsace, 1er janvier 1945.
    Le passage de l’an cela se fête qu’on soit proche ou non du front. De toute façon, les Schleus sont exsangues, on n’est pas près de les revoir faire voler les rares coucous qui leur restent…
    Voilà ce que mes compagnons et moi pensions le 31 décembre lorsque nous avions fait venir d’accortes demoiselles pour partager avec nous quelques bonnes bouteilles… Et plus si affinités !
    J’étais censé être en alerte, installé dans mon P51-D, prêt à décoller dans les deux minutes. J’ai pleinement profité de la soirée et de la nuit, mais c’était sans compter sans ces teignes de Boches qui, alors qu’ils savaient qu’ils avaient perdu la guerre, sont venus nous casser les roustons. J’ai été le seul à pouvoir m’installer dans mon chasseur lorsqu’ils sont venus nous mitrailler et bombarder avec leurs Focke-Wulf. Tous les autres appareils ont été détruits au sol, ainsi que notre mess. Faute de temps, je suis parti sans mon parachute. Je me suis offert deux nazis avant d’être touché. Heureusement que des P47 Thunderbolt sont apparus pour me sauver la mise. Faute de parachute, j’ai dû me cracher avec mon Mustang. Je m’en suis sorti vivant avec quatre fractures, six côtes fêlées, des jambes dans le plâtre et de multiples autres contusions… Et une cour martiale en prime ! Faut dire que j’aurais dû être en alerte dans mon avion et que je n’y étais pas. Qui plus est, j’étais complètement ivre…

    Critique :

    Si vous espérez découvrir une authentique page d’histoire, encourez-vous vite ! Oui, Armand Baverel fut pilote dans l’Armée de l’Air, mais le récit que vous trouverez dans cet album lui fait vivre des aventures fantaisistes. Déjà, l’histoire commence avec un Armand Baverel qui pilote dans l’US Air Force… Il s’y serait engagé en 1943… La carrière du vrai Baverel débute en 1948 à l’âge de 19 ans. En 1943, il aurait eu 14 ans… Et il ne s’engage pas dans l’Armée de l’Air française comme pilote, mais comme mécanicien. Oui, il deviendra pilote, mais en 1955… Bon ! Laissons là l’Histoire avec un grand H se reposer. La pauvre en a bien besoin tellement elle est malmenée et penchons-nous sur cette fiction…

    Jean-Pierre Pécau crée un scénario très divertissant avec un héros, une vraie tête brûlée, beaucoup de courage, d’inconscience et un sacré désir de profiter de la vie. Les règlements ne sont pas faits pour lui. Ils limitent, voire ils annihilent son plaisir. En clair, il n’en fait qu’à sa tête. L’aventure se lit vite et est plaisante.

    Les dessins de Maza des avions sont d’une facture correcte, mais les humains n’ont pas une qualité de trait qui permette par exemple de les identifier avec la seule vue. Le texte des bulles permet de savoir qui est qui. On est loin de la qualité d’un Buck Danny pour ce qui est des traits des personnages.

    La mise en couleur de Jean-Paul Fernandez est agréable.

    La couverture de Manchu ne décevra pas les amateurs.

    Dans l’ensemble une bonne fiction même si pour moi on est loin des qualités d’Angel Wings, par exemple. … Comment ? … Que dites-vous ? … C’est parce que dans Angel Wings il y a une superbe nana avec deux nichons gros comme des pastèque ? M’enfin ! Quel manque de tact ! Vous voulez vraiment déclencher une troisième guerre mondiale avec les lobbys féministes ? Ne comptez pas sur moi ! Et ne me traitez pas de lâche ! J’ai épargné pour ma retraite et je tiens à en profiter !

    Saigneurdeguerre Le 09/09/2020 à 21:52:58
    Charlotte Impératrice - Tome 1 - La Princesse et l'Archiduc

    Charlotte, fille du premier roi des Belges, Léopold Ier, est jeune, jolie, bien instruite, et très aimée par son père. Elle semble promise au Roi du Portugal, mais un autre prétendant se présente auprès de la cour à Bruxelles. Un Habsbourg ! Rien que ça ! Le frère de l’Empereur d’Autriche-Hongrie en personne s’en vient faire une cour distante à la princesse Charlotte. Distante ? Ah, ben oui ! C’est que le malheureux n’a pas grand-chose à mettre dans la balance face à un roi, comme le Lusitanien qui semble lui aussi épris de Charlotte. Les rencontres de l’archiduc Maximilien et de la princesse sont surveillées de près par des « jardiniers » (aux premières loges) mais il y a surtout le confesseur de Charlotte ! La jeune princesse est très pieuse et ne cache rien au prêtre chargé de veiller sur le salut de son âme. Celui-ci, sans trahir le secret de la confession… Tseu ! Tseu ! (Dis, tonton, pourquoi tu tousses ?) Ce confesseur, donc, « sans trahir le secret de la confession » fait rapport au roi des relations et des sentiments que sa fille éprouve pour Maximilien…

    Critique :

    Ayant lu le deuxième tome, je me devais de découvrir le premier. Le scénario de Fabien Nury est excellemment bien construit et rend intéressante une histoire digne de « Point de Vue et Images du Monde », mais où la « realpolitik » est omniprésente même si les premières planches font penser à un conte de fées, pardon de jolies princesses. Si l’auteur prend quelques libertés avec l’histoire, c’est uniquement pour rendre plus passionnant le récit et pour combler des vides historiques, mais pour l’essentiel, les grands faits sont respectés. On y découvre un Léopold Ier très soucieux de l’avenir de sa fille pour laquelle il éprouve une grande tendresse et qu’il voudrait voir heureuse, souhait qui se heurte aux devoirs de la charge d’une princesse dont le mariage est une affaire d’Etat.

    Matthieu Bonhomme est un dessinateur avec de multiples talents dont le trait peut varier considérablement d’une BD à l’autre. Celui qu’il applique ici, sans me déplaire, n’est pas non plus celui qui me ravit le plus. … Ouille ! Je viens de me faire caillasser par un fan inconditionnel.

    La mise en couleur d’Isabelle Merlet me débecte complètement. Je trouve ça laid et ne mettant pas du tout en valeur le trait de Matthieu Bonhomme. Attention ! Je ne remets pas du tout en doute les qualités de coloriste d’Isabelle Merlet qui a démontré dans d’autres ouvrages ses grandes qualités ! C’est le choix qui a été fait ici qui ne me plaît pas du tout. J’ignore qui a présidé à cette sélection de tonalités avec essentiellement de grands à-plats ternes et obscurs. Sans doute est-ce une décision collégiale qui voulait ainsi faire preuve d’originalité… Et un large public semble conquis. Pas moi, même si mon tour de taille est plutôt large.

    Saigneurdeguerre Le 29/08/2020 à 14:48:15
    Méta-Baron - Tome 2 - Khonrad l'Anti-Baron

    Tétanus, l’esclave seul survivant de sa race, au service du techno-amiral Wilhelm-100, est en mission secrète à bord d’un vaisseau troglosocialik. Enfin… En mission secrète, c’est beaucoup dire car, pour l’instant, il est solidement ligoté, les Troglosocialicks ayant décidé qu’ils feraient meilleur usage de la fortune considérable que Tétanus avait avec lui pour assurer sa mission. Pas sûr que le rusé esclave puisse s’en tirer cette fois-ci…

    Critique :

    Le scénario de Jodorowsky et de Jerry Frissence pour ce second tome est bien plus compréhensible que le premier. Une grande importance y est accordée à l’esclave Tétanus que l’on découvre profondément amoureux et animé de sentiments paternels, le rendant très… humain !

    Le techno-amiral Wilhelm-100 reste égal à lui-même, une brute épaisse, sadique, égoïste, gratuitement cruel… Et plus que jamais décidé à se débarrasser du méta-baron…

    Le méta-baron se réveille enfin ! Fini de jouer à « la Belle au Bois-Dormant » !

    On aurait pu croire que la splendide Eris jouerait un rôle de premier plan… On aurait pu le croire, mais…

    Les dessins de Valentin Secher sont de toute beauté et un peu moins obscurs que dans le premier tome.

    C’est que je finirais par avoir envie de lire la suite…

    Saigneurdeguerre Le 26/08/2020 à 10:08:52
    Méta-Baron - Tome 1 - Wilhelm-100, le Techno-Amiral

    Aucune envie de résumer cette histoire au scénario très méta-limité et méta-confus.

    Décidément, Méta-Jodorowky devrait se faire soigner. Quand ce pauvre homme ne se plonge pas dans des délires méta-homosexuels, il laisse libre cours, comme ici, à une méta-cruauté gratuite et sadique. La stratégie passe à la trappe ou est réduite à une portion congrue. La diplomatie totalement absente. Que reste-t-il ? Des scènes de méta-destructions et de méta-sadisme gratuites. Des personnages auxquels il est impossible de s’identifier… Ou alors, c’est que vous êtes un fameux méta-psychopathe !

    Sur recommandations, j’ai acheté les deux premiers tomes car il paraît qu’ils vont par deux pour former un cycle complet. J’en dirai plus quand j’en aurai fini avec le deuxième.

    Mais une bande dessinée, c’est tout de même aussi le dessin et pas que le scénario. C’est la qualité du dessin de Valentin Secher qui avait fini de me convaincre d’acheter cette BD. Cet homme a un talent fou, mais pourquoi opter pour des images toutes plus sombres les unes que les autres où on devine à peine les personnages et les décors ? Pour bien plonger le lecteur dans le côté sombre de l’histoire ? Pfff ! On s’use les yeux à essayer de découvrir les scènes.

    Album à réserver aux inconditionnels de Jodorowsky.

    Saigneurdeguerre Le 25/08/2020 à 23:03:58
    L'histoire secrète - Tome 4 - Les Clés de Saint Pierre

    Résumé des trois albums précédents :
    Ils sont 4, frères et soeurs. Il y a 5000 ans, Dyo, Reka, Aker et Erlin se voient confier par leur chaman, avant que celui-ci ne trépasse, une carte en ivoire qui leur accorde, excusez du peu, un pouvoir immense sur le temps et les éléments. Ils deviennent les Archontes, êtres capables d'influer sur le sort de l'humanité.
    Dyo et Erlin vont s'affronter, défendant respectivement le pharaon et les Hébreux. Moïse s'empare de la carte d'ivoire de Dyo. On en perd la trace…
    Malheur aux hommes si un seul archonte parvient à détenir les 4 ivoires : la coupe, la lance/bâton, l'épée et le bouclier.

    Le Champ des Roses. Pontecalore. Italie. 26 février 1266.
    L’empereur Frédéric II de Hohenstaufen, le protecteur d’Aker, n’est plus. Son armée a été taillée en pièces par l’armée de Charles d’Anjou qui bénéficiait du soutien du Saint-Père, et donc de Reka.

    Lucera. Italie du sud. 1268.
    La ville de Lucera où s’était retranché Conradin, le fils cadet de l’empereur, avec sa garde arabe, tombe aux mains des troupes de Reka. Aucun prisonnier ne doit être fait et la ville doit être incendiée. Mais cela ne suffit pas à Reka ! Elle veut l’extermination complète des Hohenstaufen, y compris les parents les plus éloignés. Ses espions s’emparent des petits-enfants de l’empereur, leur crèvent les yeux et les emmurent dans le château de Castel del Monte. Le pape peut se réjouir : plus un seul Hohenstaufen…

    Critique :

    Pécau, au scénario, nous emmène à la découverte de Michelangelo, de Nostradamus et de Benvenuto Cellini ! Rien que ça ! il les fait intervenir dans l’histoire aux côtés d’Aker. Aker qui engage la Compagnie Noire. Des mercenaires premier choix. Apparaissent aussi les « eikôns », des cartes aux pouvoirs magiques mirobolants. Difficile d’en dire plus sans spoiler…

    Ce scénario me semble plus intéressant que celui du tome 3. Changement de dessinateur avec Pilipovic aux commandes qui construit des planches plus dynamiques que dans l’album précédent confié à Sudzuka et Geto.

    Malgré une nette amélioration tant au niveau du scénario que du dessin, je n’irai pas plus loin dans « L’histoire secrète ». J’ai fait le plein de magie pour un bon bout de temps.

    Saigneurdeguerre Le 23/08/2020 à 23:04:46
    L'histoire secrète - Tome 3 - Le Graal de Montségur

    Résumé des deux albums précédents :

    Ils sont 4, frères et sœurs. Il y a 5000 ans, Dyo, Reka, Aker et Erlin se voient confier par leur chaman, avant que celui-ci ne trépasse, une carte en ivoire qui leur accorde, excusez du peu, un pouvoir immense sur le temps et les éléments. Ils deviennent les Archontes, êtres capables d’influer sur le sort de l’humanité.
    Dyo et Erlin vont s’affronter, défendant respectivement le pharaon et les Hébreux. Moïse s’empare de la carte d’ivoire de Dyo. On en perd la trace…
    Malheur aux hommes si un seul archonte parvient à détenir les 4 ivoires : la coupe, la lance/bâton, l’épée et le bouclier.

    3ème volume :

    XIIe siècle.
    Reka est à Rome, aux côtés du pape. La maison des bâtons y règne, le pape n’est qu’un pantin entre les mains de Reka. Celle-ci sait qu’elle peut compter sur son frère Dyo, l’archonte sans ivoire, qui est sous son contrôle et exécute les basses œuvres pour elle. Dyo s’appuie sur les hordes de Dominicains qui parcourent les routes et traquent l’ivoire disparu. Les partisans d’Aker et d’Erlin sont poursuivis partout et finissent généralement au bûcher. Aker ne saurait s’opposer au pouvoir de ses deux frères réunis et trouve refuge auprès du Saint-Empire germanique, le seul capable de s’opposer au pape, empire germanique dirigé par Henri Hohenstaufen. Des barons de celui-ci s’étaient révoltés, mais ont fini par se rendre. En signe d’apaisement, Henri donne un banquet en faveur de leur reddition où ils sont tous conviés. Mais l’empereur n’a pas oublié leur félonie et une double tentative d’assassinat contre lui…

    Critique :

    Je me suis ennuyé à la lecture de cette bande dessinée. Trop de magie, notamment, mais pas que… Il arrive que vous lisiez et relisiez une BD et que, sans savoir exactement pourquoi, vous ayez envie d’arrêter la lecture après quelques pages. J’ai décidé d’aller jusqu’au bout puisque j’y avais consacré mes petits sous… En espérant un miracle qui allait me sortir de ma torpeur. Le mécréant que je suis n’a pas su attirer les faveurs divines sur lui et n’a donc pas eu accès à la lumière qui pouvait éclairer son esprit ténébreux et lui faire jouir du scénario de cette histoire.

    Le dessin, plutôt enfantin, ne m’a guère séduit, sauf certaines planches qui ne sont pas de la main du dessinateur principal. Au bas de la page 32, page 33 et page 34, on voit clairement que quelqu’un d’autre est venu mettre son grain de sel. On le retrouve pages 37 et 38… Pour moi, ce fut perturbant, bien que j’aie davantage apprécié ce dessinateur « secondaire » au dessinateur principal.

    Je n’aime pas beaucoup les livres où il y a une once de magie, alors quand on en trouve à la pelle, imaginez mon désappointement. Si vous, vous adorez quitter le monde ordinaire, peut-être éprouverez-vous un plaisir que je n’ai pas trouvé dans cette BD.

    Saigneurdeguerre Le 23/08/2020 à 18:47:10

    Si cette histoire vous intéresse, optez pour l'excellente intégrale qui s'achève sur onze pages de making of explicitant les intentions du scénariste, Alcante et illustrée, notamment, de dessins préparatoires et de photos.

    Saigneurdeguerre Le 23/08/2020 à 18:44:45
    Ars Magna - Tome 3 - V.I.T.R.I.O.L.

    Où l’on assiste à un parachutage d’armes pour la résistance dans le Brabant (Belgique)…

    Où l’on découvre une expérience démoniaque en Thuringe (Allemagne)…

    Où l’on admire un professeur d’histoire plutôt trouillard et de faible constitution se lancer dans l’exploration du palais de Charles de Lorraine à Bruxelles…

    Où l’on voit des nazis obtenir des secrets en se livrant à l’arrachage d’ongles et au chantage…

    Où l’histoire s’achève…

    Critique :

    Certains déploreront que l’histoire se termine trop vite et que l’on n’ait pas donné assez de corps aux différents personnages, ou bien encore que les événements rocambolesques se succèdent à un rythme beaucoup trop rapide… Le scénariste Alcante ne fait pas mystère de sa passion pour les aventures d’Indiana Jones qu’il a voulu transposer en Belgique, à Bruxelles, ville où il réside. Je trouve le pari plutôt réussi malgré mon scepticisme de départ quand il était question d’ésotérisme. Finalement, Alcante réussit très bien à faire en sorte que cette histoire soit autre chose qu’un livre de magie avec des créatures démoniaques… Et c’est très bien.

    La balade à la découverte de Bruxelles se poursuit pour admirer cette fois le palais du duc Charles de Lorraine qui fut très aimé de la population, mais aussi un puits de mine dans la région de Charleroi… Et plus étonnant… Washington ! Jovanovic est très doué pour représenter les bâtiments… Un peu moins les personnages…

    Si l’histoire vous intéresse, optez pour l’intégrale qui vous offrira en prime onze pages du making of de la série. Je regrette juste que les couvertures originales ne soient reproduites qu’en noir et blanc dans cette intégrale qui dispose d’une couverture originale en couleurs.

    Saigneurdeguerre Le 23/08/2020 à 16:31:54
    Ars Magna - Tome 2 - Transmutations

    Bruxelles, 1943.

    Un petit groupe de résistants fait le point. Les nazis recherchent un objet mystérieux, le « Phénix », caché par une société secrète, Ars Magna. Ce machin aurait été découvert par un compagnon de Godefroy de Bouillon, dans une grotte non loin de Jérusalem et transporté en Belgique pour être placé dans un monastère, monastère qui semble avoir été victime d’une malédiction au point d’être abandonné… Jusqu’en 1400 où un individu se rendit sur place. Cet homme était un échevin (adjoint au maire) de la ville de Bruxelles. Il avait entendu parler du « Phénix ». Il trouva la crypte où il se trouvait, la referma et partit à Paris demander l’aide d’un certain Nicolas Flamel, l’alchimiste qui, selon la légende, transformait le plomb en or. Le « Phénix » fut ramené à Bruxelles où il fut étudié et un savoir énorme fut accumulé dans un manuscrit. Vint l’année 1695. Cette année-là, les troupes de Guillaume d’Orange, roi d’Angleterre assiégeaient les Français dans la bonne ville de Namur. Le maréchal de Villeroy, très piètre stratège, mais ayant les faveurs de Louis XIV, à la tête de l’armée française, suggéra au souverain de procéder à un bombardement de Bruxelles, ville qui n’était en aucune manière impliquée dans le conflit, qui n’était pas une place-forte ni une ville de garnison, pour que les Anglais desserrent leur étreinte autour de Namur. Les Anglais n’en firent rien et un tiers de la ville de Bruxelles fut réduit en cendres, le bombardement détruisant d’innombrables chefs-d’œuvres, en pure perte d’un point de vue militaire pour la France, rejetant l’opprobre sur les Français, ce peuple de barbares ayant rompu les règles tacites de la guerre. Dans toutes les cours européennes, le roi Louis XIV fut considéré comme un bien pâle soleil. Lors de la reconstruction de la ville, en cinq années seulement, l’architecte qui dirigeait les travaux et qui était un compagnon d’Ars Magna décida de…

    Critique :

    L’intérêt principal de cet album réside dans l’intrigue imaginée par Alcante pour rappeler le passé de Bruxelles qu’il arrive à mêler adroitement à cette histoire de « Phénix » que les SS recherchent avidement tandis que les résistants tentent de mettre la main dessus avant que les nazis ne s’en emparent. C’est drôlement bien joué et images du passé et de la Seconde Guerre mondiale s’entremêlent pour ramener le lecteur à l’époque « présente ». Il faut aussi souligner une histoire d’amour qui tourne mal pour l’un des protagonistes et qui risque d’avoir de fâcheuses conséquences pour la suite et fin de l’histoire.
    Le Serbe, Milan Jovanovic, illustre Bruxelles avec énormément de talent : le Palais de Justice, les différents immeubles de la Grand-Place, le Petit Sablon, la Place royale, les vestiges de l’ancien palais de Charles Quint dont il ne reste que des ruines sous les bâtiments et la Place royale, tout est magnifiquement reproduit. Je reste toujours sur ma faim quant au dessin des personnages.

    J’ignore comment va se terminer l’histoire dans le troisième volume, mais rien que pour cette découverte de Bruxelles, ce tome vaut assurément le détour.

    Saigneurdeguerre Le 22/08/2020 à 22:16:22
    Ars Magna - Tome 1 - Énigmes

    Bruxelles. Fin 1943

    La ville subit de plus en plus durement l’occupation allemande. Les nazis frappent à l’improviste et n’hésitent pas à fouiller ce que bon leur semble. C’est ainsi qu’ils pénètrent en force chez le professeur Van Kessel. Celui-ci, plutôt que de coopérer avec les nazis, préfère se suicider en se jetant par la fenêtre plongeant le colonel SS dans une rage folle. Le professeur représentait sa plus grande chance de découvrir ce secret ramené de Terre sainte par Adalbert, fidèle compagnon de Godefroy de Bouillon et qui doit conférer une puissance incalculable à celui qui le détient. Il ne reste au colonel SS qu’une misérable énigme qu’il ne sait comment déchiffrer…

    Critique :

    Comment se prononcer sur un album qui n’est que le premier d’une trilogie (il existe une édition intégrale) ? Ce qui est clair, c’est que le Belge Alcante a conçu un scénario qui va plonger le lecteur en plein ésotérisme. Des SS qui tentent de recourir à un secret vieux de plusieurs siècles pour assurer leur domination de façon définitive, voilà qui n’est pas bien original, le tout c’est de voir comment l’auteur va s’en tirer. Et s’il y a des SS, il y a aussi des résistants. Et parmi les résistants, il y a une femme, Sophie, très belle, dotée d’un caractère fort… Un soupirant qui risque de ne pas apprécier qu’un autre mâle s’intéresse à l’élue de son cœur, surtout si le mâle en question est un prof trouillard et chétif. Oui, mais… Le prof en question a un cerveau et il sait s’en servir, ce qui pourrait bien le rendre incontournable au sein du groupe de résistants. Le scénario d’Alcante est relativement complexe, mais comment va-t-il s’en sortir ? Il faudra lire les deux autres albums pour le savoir.

    Je ne trouve pas les dessins de personnages de Milan Jovanovic très aboutis. Par contre, certaines planches mettant en valeur l’architecture sont de toute beauté. Pages 12 et 13, la Grand-Place de Bruxelles la nuit est grandiose. La composition y est originale et crée une atmosphère telle qu’on se croirait à l’un des balcons pour assister à l’arrivée de…

    Saigneurdeguerre Le 19/08/2020 à 23:10:57
    Alix Senator - Tome 2 - Le Dernier Pharaon

    An 12 av. J.-C.
    Rome.

    Cela barde au Sénat ! La cause ? Un sénateur reproche à Octave d’interdire aux sénateurs de se rendre en Egypte. Octave ne craindrait-il pas qu’un membre de cette illustre assemblée n’en profite pour lever une armée et ne s’empare de cette riche province ? Pourtant, Octave vient d’autoriser Alix à s’y rendre, lui qui, à la naissance, n’était qu’un Gaulois !

    Pendant ce temps, le bateau d’Alix arrive à Alexandrie. Il est accompagné de son fils et de Khephren, le fils d’Enak, ancien compagnon d’Alix trop tôt arraché à l’affection des siens. La mission dont Octave a chargé Alix est ultraconfidentielle, mais les deux ados sauront-ils tenir leur langue ?

    Quant à ce gouverneur, ce préfet, ce Barbarus qui a quasi les pouvoirs d’un roi, comment a-t-il pu tomber dans une telle déchéance, lui qu’Alix connut en d’autres temps à ses côtés à la bataille d’Actium en fier soldat ? Il est gras et conscient de sa déchéance. Son plus cher désir est d’être rappelé à Rome. Malgré leur passé commun, il n’est pas du tout sûr qu’il soit disposé à aider Alix à accomplir sa mission…

    Critique :

    La scénariste, Valérie Mangin nous propose ici des trahisons à répétition au point que même Alix ne sait plus à qui se fier vu que les cartes sont brouillées. Il y est un peu question de la mort de Cléopâtre et beaucoup d’un bâtiment mythique, la Mère des Pyramides, bâtiment qui daterait de bien avant que la civilisation égyptienne ne prenne son essor…

    Le lecteur va assister au retour d’un revenant… Mais, chuuut ! Inutile d’attirer les fantômes.

    Thierry Démarez a accompli un travail de fou pour donner vie aux décors qui illustrent cette aventure et qui sont de toute beauté.

    Saigneurdeguerre Le 18/08/2020 à 21:19:56
    Alix Senator - Tome 1 - Les Aigles de sang

    An 12 av. J.-C.
    Mont Circé, Latium.

    Alors qu’un violent orage déchire la nuit, un cavalier pressé et inquiet éprouve le regret d’avoir accepté un rendez-vous…

    Le lendemain, son fils et ses hommes retrouvent son cadavre alors que les cochons se repaissaient de ses entrailles… Marcus Aemilius Lepidus, le Grand Pontife, l’ami de César, le dernier rival d’Auguste n’est plus…

    Critique :

    Alix a vieilli ! L’éternel adolescent est devenu un homme mûr. La blondeur de ses cheveux a cédé la place à un blanc immaculé. Enak n’est plus, mais Alix assume l’éducation de son fils, Kephren, aux côtés de son fils (?) Titus. Un homme vient de réussir à rassembler tous les pouvoirs : Octave, le neveu et héritier de César. Du coup, plus question de l’appeler Octave ! Inclinez-vous et appelez-le « Auguste ». Bien qu’il soit l’ami d’Octave, Alix ne sait s’il doit se réjouir que la vieille république romaine ait cédé la place à un homme qui concentre tous les pouvoirs.

    Valérie Mangin nous propose un thriller antique où Alix tente de protéger son ami Octave, qu’il pense être la victime suivante, tout en ayant bien des soucis avec ses deux adolescents.

    Le dessin de Thierry Demarez s’écarte de la ligne claire chère à Jacques Martin pour aboutir à un dessin plus réaliste mais plus statique. Petite exception, et peut-être hommage à Jacques Martin, la deuxième case de la dernière planche qui rappelle furieusement, une aventure dessinée par l’auteur original… Je vous laisse découvrir dans quel album ! … Comment ? … Qu’y a-t-il à gagner ? Heu… Mon estime, si ça vous dit !

    La scénariste et le dessinateur créent une Rome qui m’a l’air des plus plausibles quant au mobilier, habitations, tenues… Mais je ne suis pas un expert.

    Quant aux choix des couleurs adoptées par Thierry Demarez, je sens que cela va en faire jaser plus d’un… Mais pas moi ! … Pas cette fois-ci…

    Saigneurdeguerre Le 15/08/2020 à 22:41:47
    Croisade - Nomade - Tome 4 - Becs de feu

    Ville sainte de Hiérus Halem.
    La rumeur rapporte que le sultan du Croissant et des Sables est tombé amoureux d’une princesse chrétienne. Il n’en faut pas plus pour que le très respecté et redouté Mufti d’Alkar demande à ce qu’on ouvre les grilles de sa cellule alors qu’il s’y était volontairement enfermé depuis des années… Recourant à la magie, il pénètre dans le palais du sultan et s’introduit dans la chambre de la princesse chrétienne endormie. Il constate à quel point elle est belle et, à sa manière, ensorcelle le sultan qui n’envisage nullement de s’en séparer…

    Critique :

    Petits rappels : nous sommes dans un univers parallèle à celui des croisades historiques (amateurs d’histoire, passez votre chemin) qui fait la part belle au fantastique ; il est impératif d’entreprendre cette saga par la lecture du premier album si vous voulez comprendre un tant soit peu cette quatrième aventure qui marque la fin d’un cycle.

    Dufaux tient ses promesses puisque dans ce quatrième album nous trouvons la « résolution des problèmes » rencontrés par les personnages dans les tomes 1 à 3… Mais, l’auteur prépare le terrain pour un nouveau cycle en semant ses petits cailloux.

    Les dessins de Philippe Xavier vont, notamment, nous plonger dans une bataille épique puisqu’une partie de l’album est consacrée à la bataille de Hiérus Halem. Pour saigner, ça va saigner !
    Si vous avez lu les trois précédents, ce serait dommage de ne pas lire le quatrième qui referme plusieurs parenthèses.

    Si le fantastique vous botte bien davantage que l’histoire et que la magie vous ensorcèle, pensez à acheter l’intégrale du cycle de Hiérus Halem qui comprend les 4 tomes et qui est magnifiquement reliée… En plus, vous gagnerez de la place sur vos étagères…

    Saigneurdeguerre Le 09/08/2020 à 19:19:33
    Croisade - Nomade - Tome 3 - Le maître des machines

    Avertissement :
    Si vous n’avez pas lu les deux tomes précédents, vous allez complètement vous perdre dans cette histoire…

    Gauthier de Flandres s’égare dans les sous-sols où se trouve le monstre invincible, le AA. Mais à quoi ressemble-t-il ? D’où tire-t-il sa force ? Le AA a capturé le fidèle ami de Gauthier, Nakash. Notre croisé n’a plus avec lui que le juif Osarias… Légèrement insuffisant pour affronter une armée de morts-vivants…

    Soudain, Nakash apparaît devant Gauthier… Va-t-il pouvoir sauver son ami ?

    Critique :

    Si vous aimez le « gore », ce tome devrait vous réjouir… Moi, je n’aime pas le gore ! Je déteste le gore ! JE HAIS LE GORE !

    Heureusement, il arrive qu’il y ait quelques moments pour des respirations empreintes de douceur (dans un monde peuplé de brutes), notamment dans le palais d’Ab’dul Razim où se repose Syria, fille du défunt Grégoire d’Arcos, femme à la beauté éblouissante à laquelle Ab’dul Razim ne saurait résister.

    Pendant ce temps, Robert de Tarente poursuit sa déchéance mentale, que le fait de coucher avec l’ambitieuse Eléonor d’Arcos ne peut empêcher, le miroir ne lui renvoyant qu’un reflet diabolique. Il se prétend le seul et unique commandant des croisés, mais sa décision est contestée par Jurand de Poméranie, le prédicateur aux 7 plaies (ne me demandez pas lesquelles, elles sont bien dissimulées). Il va devoir se soumettre au jugement de Dieu… Un petit duel, quoi ! Et qui va l’affronter après un suspense insoutenable ? Qui ? … Son nouvel allié, le Maître des Machines (qui ressemble davantage à un demi-orc qu’à un honnête chrétien) !

    Vous l’aurez compris, Dufaux laisse libre cours à des délires de plus en plus nombreux et qui obligent le lecteur à se replonger dans les albums précédents pour essayer de trouver un fil conducteur.

    Quant à Philippe Xavier, il donne vie à l’histoire par son trait de plus en plus vigoureux et précis. Jean-Jacques Chagnaud à la couleur apporte se touche qui rend l’histoire bien plus agréable à regarder qu’à lire.

    Saigneurdeguerre Le 09/08/2020 à 16:50:09
    Croisade - Nomade - Tome 2 - Le Qua'dj

    Où l’on retrouve Gauthier de Flandres et son compagnon à côté d’un puits…
    Trois jours ! Trois jours qu’ils n’ont pas bu ! Enfin, un puits se présente devant leurs yeux desséchés. Guillaume se penche… Et il voit une roue gigantesque… Une roue d’une machine de guerre baignant dans l’eau… Le Seigneur des Machines est passé par là et cette eau ne peut plus être consommée car elle est plongée dans la pestilence comme tout ce qui appartient au Seigneur des Machines… (Mais c’est qui ce mec ? D’où il sort ? … Sais pas ! Je n’ai pas écrit le scénario, moi !) Et au moment où Gauthier et son compagnon s’apprêtent à mourir de soif, VLAN ! Un vieux bonhomme, genre épouvantail (très) défraichi leur apparaît et d’un coup de baguette magique (pardon, de bâton magique), il fait disparaître la roue et rend l’eau potable ! C’est-y pas beau ça, mesdames et messieurs ? Mais Gauthier, le preux chevalier, sait que dans le désert tout a un prix. Que va leur demander ce vieillard décrépi en échange de sa bénéfique intervention ?

    Critique :

    Dans les critiques que j’ai lues, la plupart parlent d’un roman historique avec un peu de fantastique… C’est une blague ! Il n’y a RIEN d’historique dans ce récit ! Pour les malentendants, je répète : IL N’Y A RIEN D’HISTORIQUE DANS CE RECIT ! Il ne suffit pas de prendre des quidams avec une espèce de chasuble sur laquelle trône une croix rouge, un désert et des mecs bronzés, genre « Arabes », pour parler d’histoire ! On est dans le fantastique pur et dur ! Il y a même un squelette de Mammouth qui traîne au-delà de la Porte de Samarande, derrière laquelle vivent des juifs, rejetés de tous, tant des chrétiens que des musulmans. (Mon Dieu, que c’est beau les religions qui parlent d’amour et de paix !)

    Et puis, il y a le AA ! J’ai dit le AA ! Pas les AA (Alcooliques Anonymes) ! Qui c’est celui-là ? Oh ! La ! La ! La ! Rien qu’à l’évocation de son nom j’en ai des cheveux qui poussent sur le sommet de mon crâne dégarni !

    La maladie d’Isis, vous connaissez ? Brrr ! C’est autre chose que la rougeole ! C’est un machin qui vous transforme en masse informe (ou plutôt avec des formes dégueulasses) et contagieuse ! Autrement, ce ne serait pas marrant ! Pourquoi est-ce que je vous en parle ? Parce que le sympathique Sarek Pacha en est atteint et qu’il vient de faire une splendide acquisition pour son harem ! Vous la connaissez ? … Mais si ! Vous la connaissez ! C’est la Miss Univers du coin ! Vous ne voyez toujours pas ? Faudrait penser à changer d’ophtalmologue !

    Des dessins magnifiques du Français Philippe Xavier sur un scénario du Belge Jean Dufaux, qui a dû abuser des champignons hallucinogènes au point d’en oublier ses cours d’histoire du Moyen Âge en général et des Croisades en particulier, servis par la splendeur des couleurs de Jean-Jacques Chagnaud vous attendent. Ô miracle, au milieu de mille et une horreurs, toutes les femmes de cette BD sont jeunes, belles et sexy ! Visiblement, le directeur de casting a très bon goût dès lors qu’il s’agit de la gent féminine même si c’est peu crédible ! … C’est idiot, ce que j’écris là ! C’est toute l’histoire qui n’est pas crédible… Mais il y en a qui aiment ça : la magie, le surnaturel, …

    Saigneurdeguerre Le 09/08/2020 à 15:11:55
    Croisade - Nomade - Tome 1 - Simoun Dja

    Bienvenue dans une Croisade qui n’a existé que dans la tête de Jean Dufaux et sous le crayon de Philippe Xavier.
    Elle se situe aux environs de la IIIe Croisade et le fantastique est omniprésent. Amateurs d’histoire, passez votre chemin, il n’y arien à voir pour vous dans cet album.
    Fans de magie et de maléfices en tout genre, bienvenue !

    Pour vous résumer le pitch de l’histoire, il faudrait que je l’aie compris… En gros, il y a les bons du côté des forces du bien (très peu nombreux) et ceux qui cèdent aux forces du mal (diable !) nettement plus nombreux. Dans la première catégorie, nous avons une très jolie femme, mais qui sait comment se battre et trucider son adversaire. Elle s’appelle Syria d’Arcos et elle est sexy en diable (là, je dis n’importe quoi, parce que le Diable, justement, ne fait partie de ses copains) ! Elle va bénéficier d’un miroir qui ne joue pas un rôle primordial dans ce premier tome. Toujours dans le camp des gentils, il y a Gauthier, comte de Flandre. Un grand guerrier pacifiste. Un incompris en qui la plupart voient un lâche, y compris son épouse (la pas très tendre) Eléonore d’Arcos. Sœur de Syria, elle est tout son opposé. C’est une ambitieuse qui promet au duc de Tarente de… à condition qu’il remporte la victoire. Toujours chez les gentils, il y a Grégoire d’Arcos, le père des deux charmantes dames. C’est un homme juste et bon, mais aussi un grand guerrier… Mais ne vous attachez pas trop à lui…
    Dans le camp des forces obscures, il y a beaucoup de monde qui se bouscule au portillon, tant chez les Croisés que chez les musulmans. Chez ces derniers, il y a Ab’dul Razim. Pas forcément un mauvais bougre, même si ça décapite sec là où il gouverne, mais vous savez ce que c’est : il y a des mecs qui n’apprennent à vivre que lorsqu’on tranche le problème. Comme il veut gagner, il passe un pacte avec le Diable par l’intermédiaire du Mufti d’Alkar, un joyeux drille qui vit en ascète derrière les barreaux sur un tapis de crânes. Ce mec respire la joie de vivre… Il y a la déjà citée Eléonore d’Arcos, dévorée par l’ambition et très insatisfaite par l’attitude de son mari (ne voyez point là une appréciation grivoise). Le duc de Tarente est bien un personnage de son époque, un noble qui aimerait inscrire son nom en lettres d’or dans l’histoire écrite avec le sang des autres, et tant qu’à parler d’or, un peu (ou beaucoup) de ce métal ne serait pas pour lui déplaire car, s’emparer du tombeau sacré, c’est bien, mais un petit royaume avec la Ville sainte, ce ne serait pas mal non plus. Il va revenir vivant d’une bataille qui va voir s’opposer chrétiens et musulmans mais dont la victoire revient à Simoun Dja ! Qui c’est celui-là ? Ce n’est pas vraiment un personnage, encore que… (Ne croyez pas que je vais tout vous dire… Surtout que je ne suis pas sûr d’avoir tout compris !)

    Bien sûr, on peut compter sur les religieux pour pousser leurs ouailles à verser leur sang, et si possible plus encore chez les « ennemis », c’est-à-dire d’autres bougres qui adorent une autre divinité, qui est peut-être la même à quelques différences près, que les hommes ont pris soin de cultiver au nom de Dieu ou de son prophète.

    Vous l’avez compris : je ne suis pas sous le charme de ce scénario bien que j’aie acheté les deux premières intégrales attiré par les dessins de Philippe Xavier. Dufaux a plongé dans le fantastique… Et je n’ai pas été convaincu… Mais il est temps de passer à la suite avant de porter un jugement définitif sur l’ensemble…

    Saigneurdeguerre Le 04/08/2020 à 11:43:46
    Le temps des cités - Tome 3 - Mohand

    Momo, Pap, Rachid et Patrick, quatre jeunes de la cité des Mirabelles, ont bien joué leur coup. Ils ont pris la place du vieux gangster, Elvis, en Espagne, qui réceptionnait la drogue en provenance du Maroc. Ils mènent la belle vie, conseillés par leur avocat, issu de la même cité qu’eux, Maître Lamidi. Ils assurent le transport de la came depuis la côte espagnole dans des voitures super rapides jusqu’à leur cité où elle est écoulée.
    Ils ont réussi à rouler les « A », vieux routiers du gangstérisme.

    Tout semble leur sourire et leur ascension se remarque de façon tapageuse…

    Critique :

    Ce troisième tome met un terme aux aventures des 4 amis, Momo, Pap, Rachid et Patrick. Un vrai polar, même si on se doute de la fin. L’aventure, écrite par Pierre Boisserie et Frédéric Ploquin, est nerveuse, le dessin de Luc Brahy, dynamique et terriblement efficace, aidé par la mise en couleur du studio Goldfinger. L’aventure s’achève en beauté.

    J’ai opté pour l’intégrale, disposant déjà du deuxième tome en grand format. D’abord, parce que j’aime les intégrales, ensuite parce que j’étais curieux de voir si le petit format s’en tirait avec les honneurs. Je n’ai guère été déçu. Son format 183 x 244 mm se prête très bien à la lecture… Et qui plus est à petit prix ! 16 EUR ! Ce serait dommage de s’en priver à un prix pareil… D’autant que l’histoire en vaut la peine !

    Saigneurdeguerre Le 02/08/2020 à 20:37:01
    Le temps des cités - Tome 1 - Les mirabelles

    Septembre 1976. Banlieue parisienne.

    Mohand Belhadj, dit « Momo », un gamin de la cité des Mirabelles est emmené au poste par deux policiers. Malgré son jeune âge, 14 ans, il a volé une mobylette qu’il a été fracasser contre le véhicule de police. Le gamin, déjà « bien connu des services de police », semble connaître la musique et donne bien du fil à retordre aux agents. Le brigadier Jean-Paul Karolzack propose de s’occuper du morveux qu’il connaît très bien… Ils sont de la même cité…

    Septembre 1984.

    Maurice Roma, dit Bolo, s’apprête à sortir de prison. Le brave homme a déjà un joli pédigrée : receleur, proxénète, braqueur, et probablement dealer ! Dans une voiture, deux policiers attendent patiemment de voir qui vient le cueillir à sa sortie de « zonzon ». Deux jeunes viennent le chercher. Le plus ancien des deux policiers, Roger, est surpris ! Il ne les connaît pas ! Mais à ses côtés se trouve Jean-Paul Karolzack qui, lui, les identifie tout de suite : Mohand Belhadj, dit « Momo », et Rachid Boufroura, dit « Ferrari », deux jeunes de la cité des Mirabelles qu’il ne connaît que trop bien !

    Critique :

    Les auteurs plongent tout de suite le lecteur dans le bain. Cité peuplée de jeunes désœuvrés, ayant pour la plupart renoncé depuis longtemps aux études. Alors, on se « débrouille » … Caïds qui cherchent des petites mains parmi cette jeunesse issue de l’immigration pour la plupart et qui rêvent de richesses sans avoir à perdre leur précieuse énergie dans des boulots éreintants et mal payés.
    Nos 4 « héros », Momo, Pap, Rachid et Patrick, vont subir les déconvenues des débutants, mais réagiront à leur manière pour s’assurer une place au soleil.

    Pendant ce temps, les boss de l’Office Central de Répression du Banditisme ne voient rien venir et n’imaginent pas un instant que ces gamins des cités qu’ils méprisent s’apprêtent à devenir les futurs grands gangsters qui vont donner bien du fil à retordre à la police.

    Saigneurdeguerre Le 01/08/2020 à 17:53:26
    Aslak - Tome 3 - Le Milieu du mât

    Dans le lit du cruel roi Waldemar…
    Malgré la présence de deux jeune et accortes demoiselles le plaisir du roi est incomplet. Il a besoin de faire souffrir La Bathilde, femme du défunt conteur estourbi par Waldemar et dont les trois fils lui échappent. Elle gît là, à même le sol, un collier relié à une puissante chaîne autour du cou.

    Dans l’autre univers, au Pays des Chimères.
    L’affreux Frowin, sorte de petit démon rougeaud, doté d’ailes de chauve-souris, fouille les restes d’un squelette à la recherche d’une fibule… Mais pas n’importe quelle fibule ! Elle devrait être là, mais elle n’y est pas ! Se pourrait-il qu’un de ces fichus Vikings l’ait emportée ? Et c’est à tire-d’ailes qu’il se rend sur le bord d’un rivage où les équipages de deux navires vikings sont en train de s’entre-massacrer… A ma gauche, les hommes de Roald, brute sanguinaire, et à ma droite, l’équipage de Brynhild, la jolie capitaine d’un équipage vieillot et d’un rafiot qui ne semble flotter que par miracle. Enfin, quand je dis à ma gauche et à ma droite, c’est une image, parce que les troupes sont quelque peu entremêlées dans de furieux combats…

    Critique :

    Au dessin, toujours l’excellent Emmanuel Michalak, et aux couleurs, le très bon Sébastien Lamirand. Et le scénario… A n’en pas douter, il plaira beaucoup à d’aucuns, surtout grâce à l’humour des dialogues de Fred Weytens, mais je n’accroche toujours pas et j’arrêterai sans doute l’aventure Aslak à cet album. Il faut dire que j’ai opté pour la très belle intégrale des tomes 1 à 3, magnifiquement reliée. Un regret : les superbes couvertures des trois tomes ne sont présentes qu’en un tout petit format à l’intérieur de la sur-couverture. Malgré toutes les qualités de cette bande dessinée, je n’ai pas été conquis.

    Saigneurdeguerre Le 01/08/2020 à 16:43:49
    Aslak - Tome 2 - Le Mât du milieu

    Tout débute par des Vikings en très (trop) mauvaise posture, attaqués par de bien vilaines créatures naines qui ont l’air d’hommes préhistoriques.

    Retour chez le cruel roi Waldemar qui se délecte du malheur de « La Bathilde » dont les trois fils sont partis en quête de contes à raconter au souverain lors des trop longues soirées d’hiver.

    Changement de lieu.
    Skeggy, l’ambitieux, le fourbe, l’aîné des trois frères, n’en mène pas large, accroché à un morceau de mât, il tente de survivre dans un univers qui se trouve « de l’autre côté du Monde », au Pays des Chimères.

    Plus loin, dans le même Pays des Chimères, Sligand, son benjamin, ne quitte pas des yeux le grand livre volé au cyclope et s’extasie des histoires qu’il y découvre. Pourtant, le livre est « vide » ! Il n’y a rien dedans ! Serait-il ensorcelé ?

    Critique :

    Voilà un livre qui ne manque pas de qualités, dessin très accompli d’Emmanuel Michalak qui fait parfois penser à la patte d’Albert Uderzo, mise en couleur aux ambiances multiples de Sébastien Lamirand… Et pourtant, je n’ai pas accroché, malgré l’humour présent dans les dialogues de Fred Weytens. Il est de ces scénarios qui ne vous touchent pas et qui finissent par vous ennuyer. Ce fut le cas pour ce tome 2 dont j’ai arrêté la lecture à de multiples reprises par manque d’intérêt malgré les fabuleux dessins et couleurs.

    Rien que dans les quatre premières planches, quatre changements de lieux, de personnages et même d’époque ! Ah, j’oubliais le changement d’univers ! A force de trop vouloir en faire, on finit par égarer le lecteur.

    Saigneurdeguerre Le 25/07/2020 à 19:19:19
    Le scorpion - Tome 2 - Le Secret du Pape

    Religion, que de crimes on commet en ton nom ! Il ne fallait pas grand-chose pour qu’une femme (plus souvent qu’un homme) soit accusée de sorcellerie… Et pour se débarrasser d’une sorcière, l’expérience démontre qu’un bon bûcher reste la solution idéale ! C’est le triste sort que connut feu la mère du Scorpion grâce à une Eglise dont les représentants à certaines époques n’ont pas dû très bien comprendre le passage des Evangiles : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

    Bébé Scorpion était destiné à être noyé puisque d’aucuns redoutaient qu’il ne fut le fruit de la « semence » du diable… Heureusement, un cavalier même pas masqué, est arrivé à point nommé pour sauver le bébé d’une noyade qu’il n’avait pas sûrement pas réclamée…

    Il aura fallu au Scorpion trois jours et trois nuits pour émerger d’un sommeil non désiré provoqué par une sorte de bohémienne, Méjaï, empoisonneuse de première classe qui est convaincue que les ordres qu’elle a reçus pour éliminer ce Scorpion de la face de la Terre sont légitimes puisqu’ils émanent de l’Eglise (plus exactement de quelques-uns de ses représentants haut placés, mais pas désintéressés). Méjaï a été payée aussi pour « nettoyer » Rome. L’Eglise semble même vouloir assassiner son pape…

    Critique :

    Après avoir planté le décor dans le tome 1, et fait vivre pas mal d’aventures au Scorpion, le tome 2 poursuit sur la lancée avec encore beaucoup de capes et d’épées et un sacré complot contre un pape qui est un brave homme soucieux de se mêler au peuple et de lui donner des droits dont il a grandement besoin… Mais quelle erreur ! Pauvre homme, il semble bien mal inspiré…

    Du très bon Desberg et comme Marini, au dessin, n’est pas en reste, c’est une BD qui se dévore en un clin d’œil, même si ce dernier et son frère peuvent s’arrêter pour jouir des dessins et des couleurs qui mettent en valeur le scénario.

    Saigneurdeguerre Le 25/07/2020 à 18:35:52
    Le scorpion - Tome 1 - La Marque du Diable

    La chute de Rome semble inéluctable, peu importe quand. Neuf patriciens, représentant chacun neuf familles extrêmement riches puissantes (pléonasme) se réunissent dans le plus grand secret dans la ville éternelle pour préparer l’avenir, à savoir que, quel que soit le gouvernement mis en place, ils vont continuer à tirer les ficèles. Pour ce faire, ils disposent d’un atout. Une nouvelle religion qui prêche la lutte du bien contre le mal ! Une religion amenée à Rome par l’apôtre Simon-Pierre. Pierre qui a un successeur : le pape ! Le monde nouveau qui renaîtra des cendres de l’empire romain, sera celui de cette Eglise qui se revendique d’un certain Jésus-Christ. Oh, bien sûr, aucune de ces familles ne souhaite se convertir, mais plutôt… s’en servir ! Une Eglise qui a fait sienne cette étrange invention « le bien et le mal », une religion qui suscite des consciences forgées dès l’enfance, élevées à discerner le vice de la vertu, à repousser la tentation et obéir à l’autorité... Que pourraient espérer de mieux ceux qui savent qu’ils ne respecteront jamais ces règles ?

    18ème siècle. Rome.
    Pour le Scorpion, la mort n’a aucun sens. Il se livre à un jeu dangereux qui lui rapporte énormément d’argent. Le scorpion est un voleur agile, le scorpion est un voleur habile… Le Scorpion sait aussi se servir d’une épée avec une maestria qui donne bien des soucis aux meilleurs soldats, y compris les gardes suisses. Le Scorpion a le flair pour dénicher de saintes reliques et pour les vendre à une clientèle avide de ces petits (ou grands os) qui lui permettront d’accéder au paradis le moment venu ou de les mettre à l’abri des misères qui s’abattent sur le pauvre monde. Le Scorpion sait profiter de la vie ! Notamment avec les dames à la vertu peu farouche qui négligent de se faire payer s’il s’agit de s’allonger à ses côtés. Mais le Scorpion est généreux.
    D’où lui vient ce nom si peu flatteur mais ô combien inquiétant ? Il est né avec une marque rouge dans le dos, une marque en forme de scorpion, un signe infernal à n’en pas douter !

    Critique :

    Vous aimez les trois mousquetaires, les romans de cape et d’épée ? L’aventure ? Les grands complots remontant loin dans le temps, mais plus présents que jamais ? Les fourberies humaines ? Les thrillers historiques, peut-être ? N’hésitez pas ! La série « Le Scorpion » est faite pour vous. Le scénario du belge Desberg est digne d’un Alexandre Dumas. Marini est un digne descendant des grands peintre italiens. Bon, d’accord, il ne peint pas, mais qu’est-ce qu’il dessine bien !

    Saigneurdeguerre Le 15/07/2020 à 22:18:48
    La vie compliquée de Léa Olivier - Tome 4 - Angoisses

    Derniers jours d’école… Les vacances arrivent ! Les vacances sont là !
    Marilou étant envoyée en camp de vacances, Léa décide de se joindre à elle afin que les deux vieilles amies aient l’occasion de passer du temps ensemble. Du temps ensemble ? Mouais… C’est déjà comme les prévisions météorologiques : entre les prévisions et la réalité, il y a parfois un monde de différence et quelques orages… Marilou fait la connaissance d’une fille qui partage pratiquement tous ses goûts et ses passions. Léa se sent vite délaissée, d’autant que Marilou retrouve parmi les animateurs Cédric qui était son amoureux au camping l’année d’avant et qui l’avait laissée tomber comme une chaussette trouée malpropre… Cédric sait comment s’y prendre pour se faire pardonner…

    Et Léa, pardon, Ecureuil rôti, a-t-elle trouvé dans ce camp ce qu’elle espérait ? Toilette puante, mouches carnivores, marches forcées, ramping dans la boue, totem ridicule… Pas vraiment ce qui l’avait motivée à venir… Va-t-elle survivre dans cette nature sauvage ?

    Critique :

    Les auteurs continuent de faire évoluer leurs personnages en leur faisant vivre des aventures dans lesquelles les jeunes filles entrant dans l’adolescence, ou déjà bien incrustées dedans, n’auront aucun mal à se reconnaître. Les passions amoureuses et les amitiés sont omniprésentes avec leurs cortèges de joies et de déceptions.

    Il y a là tout ce qu’il faut pour susciter l’intérêt des filles dès l’âge de dix ans.

    Saigneurdeguerre Le 15/07/2020 à 16:49:15

    Léa sort du cinéma avec Alex, un garçon vraiment « cute » (mignon pour ceux et celles qui n’auraient pas compris). Cependant, elle ignore si elle est sa « blonde » (petite amie, décidément il faut tout vous expliquer) ou pas ! Pourtant, Léa continue de penser à son ancien « chum » (amoureux, quoi !) et il y a des moments qu’elle aimerait partager avec lui… Ce qui ne l’empêche pas de laisser Alex passer son bras par-dessus ses épaules pour la réchauffer… Et de l’embrasser sur les lèvres au moment de se quitter… MAIS elle n’est pas amoureuse d’Alex…

    De son côté, la copine de Marilou (Marilou est la meilleure amie de Léa et elles communiquent tout le temps via leur ordinateur), Laurie vit un gros chagrin d’amour depuis que son « chum » à elle, JP a décidé de rompre parce qu’il n’éprouve rien d’autre que de l’amitié pour elle. Ah, comme il est « poche » (nul) ce garçon ! … Enfin… Peut-être pas tant que ça puisque le jour où il aborde Marilou la sportive, elle découvre qu’il a arrêté de fumer pour préserver sa condition physique afin de devenir un grand basketteur. Marilou le croise de plus en plus souvent à l’école et le courant passe bien entre eux malgré la culpabilité que Marilou ressent en pensant à Laurie abandonnée par JP. Un jour JP lui fixe un rendez-vous dans l’école. Ils passent une heure à discuter et à rire… Et ils finissent par s’embrasser… Comme tout finit par se savoir dans l’école, Marilou décide d’avouer à Laurie qu’elle est devenue la « blonde » de JP…

    Critique :

    « La vie compliquée de Léa Olivier » porte vraiment bien son nom… Et cela pourrait être la vie d’un tas d’adolescentes à travers le monde ! Serait-ce un livre de psychologie à l’usage des ados ? Cela y ressemble dans une version illustrée. Je comprends parfaitement que les filles en soient folles. Elles y retrouvent leur propre existence : les premières amours, les ruptures, un nouvel amour avec l’ancien toujours en tête, les médisances entre filles, les disputes avec la meilleure amie, les rumeurs que l’on fait circuler pour nuire à celle qu’on n’aime pas ou qu’on jalouse ou qu’on veut écarter de sa route. Les garçons ne sont pas en reste. Ils ne sont guère plus fidèles, mais il leur arrive d’éprouver des sentiments sincères ! Si ! Si ! M’enfin…

    Si vous ne savez pas quel cadeau offrir à une jeune adolescente, pensez à un des albums de la série « La vie compliquée de Léa Olivier » …

    Saigneurdeguerre Le 15/07/2020 à 14:51:06

    Pauvre, pauvre, pauvre Léa ! Quelle idée folle que celle de ton père de vouloir déménager à Montréal, à des centaines de kilomètres de ton village, à des années lumière de ta meilleure amie, Marilou, et surtout de Thomas, ton « chum » (« amoureux », vous ne comprenez pas le français, ou quoi ?) …

    Contrairement à ton grand frère, Félix, qui lui se fait directement des amis partout où il arrive, toi, tu es gauche, la maladresse te colle à la peau comme un chewing-gum aux semelles qui ont eu l'outrecuidance de le piétiner.

    Vas-tu réussir à garder Thomas avec une telle distance entre vous et si peu d'opportunités de vous rencontrer ? Arriveras-tu à te faire de nouveaux amis dans cette école d'une ville gigantesque, toi qui viens d'un petit village tranquille niché dans un coin paumé du Québec ?

    Critique :

    Mais que voilà un excellent album BD qui soulève des problèmes que rencontrent la plupart des adolescents du monde entier : un premier amour, le plus beau, le plus grand, résistera-t-il à une séparation physique causée par un déménagement ? Les technologies d'aujourd'hui (Internet, réseaux sociaux) aident-elles à conserver des liens qui se jouent des distances géographiques ?

    L'histoire de Léa, ses relations avec son frère, son amoureux et ses condisciples ne manqueront pas d'évoquer bien des souvenirs auprès des adolescents et de ceux qui le furent un jour. Les dialogues sont ponctués de messages échangés entre copines ou entre « amoureux », technologie d'aujourd'hui oblige.
    Les dessins et les couleurs sont corrects mais pas de quoi non plus s'émerveiller durant des heures.

    Voilà une BD qui devrait surtout plaire aux jeunes adolescents.

    Saigneurdeguerre Le 14/07/2020 à 09:21:47
    Aslak - Tome 1 - L'Œil du monde

    Être conteur à la cour du roi Waldemar est un privilège… dangereux !
    Les hivers sont longs sans la joie des pillages et des massacres et le roi a besoin de distractions. Quoi de mieux qu’un conte ? Ben, peut-être deux contes ou trois contes ou davantage…
    L’ennui, c’est que l’histoire de Snoguld et de Jiokl le gardien à huit têtes, c’est bon une fois, voire deux… Peut-être même trois… Mais hiver après hiver, toujours la même légende, cela finit par user le peu de patience de Waldemar qui tranche la question d’un coup de hache ! Le conteur n’est plus… Ses deux fils reçoivent pour mission de s’en aller de par le vaste monde en quête d’histoires nouvelles à raconter. Ils ont un an pour revenir avec une nouvelle moisson de contes… Mais seul un des deux frères obtiendra le poste, l’autre subira le sort de son père. Ah, oui ! Au cas ou les deux frangins oublieraient de revenir, leur mère et leur petit frère en paieraient les conséquences…

    Critique :

    Une couverture fait-elle vendre ? En tout cas, elle aide en ce sens ! J’ai eu l’œil attiré par le magnifique dessin et les splendides couleurs de ce premier tome. Comme je n’ai pas pour habitude de lire les livres en magasin, je l’ai acheté, mais sous la forme de l’intégrale des tomes 1 à 3. Cela prend moins de place sur les rayonnages et c’est magnifiquement relié. Le papier est agréable au toucher et apporte un côté lumineux à ces illustrations superbement mises en couleur par Drac.
    Les dialogues de Fred Weytens rendent la lecture très vivante, chaque personnage ayant son caractère très typé. Les trois frères se démarquent les uns des autres avec un aîné, Skeggy très ambitieux et égoïste, beau gosse, un benjamin, Sligand, jeune homme droit, qui hérite de l’épée de son paternel, ce qui a pour effet de mécontenter l’aîné qui estime qu’elle lui revient de droit. Et puis, il y a le petit dernier, le malin, le rusé, celui qui a une cervelle et qui sait s’en servir, j’ai nommé Knut. Sa mère lui ordonne de suivre ses deux frères et de leur enjoindre de ne jamais revenir car Waldemar est fou. Fou et terriblement dangereux !
    L’histoire démarre de façon intéressante. Les autres personnages vikings ont tous de fortes personnalités très démarquées les unes des autres. Le dessin est superbe, la mise en couleurs est de qualité, il y a de l’humour, mais… Je n’ai pas été pris d’une fièvre très forte me poussant à dévorer d’une traite ce récit ! Si je n’avais pas acheté l’intégrale, je n’aurais pas été tenté d’acheter le deuxième tome…

    Saigneurdeguerre Le 12/07/2020 à 18:19:02

    Et si Superman, venu d’une autre planète à bord d’un petit vaisseau quand il était bébé, s’était écrasé en URSS au lieu des USA ? Et s’il avait été élevé par de modestes paysans ukrainiens ? Devenu grand et découvrant petit à petit ses SUPER pouvoirs, il se serait rendu à Moscou dans le but d’aider les gens. Le petit père des peuples, le camarade Joseph Staline le présente alors comme la nouvelle super arme soviétique, une arme imparable ! ... Et son probable successeur !
    IKE Eisenhower s’en inquiète. Le plus grand génie humain vivant (et de tous les temps), le docteur Lex Luthor, citoyen américain, semble être le seul capable de mettre au point une arme neutralisant les SUPER pouvoirs de Superman…

    Critique :

    L’idée me paraissait amusante et lorsque j’ai découvert ce livre, j’ai cru que j’allais passer un bon moment… Superman, Staline, Eisenhower, Nixon, Kennedy, Marilyn… J’avais oublié juste un détail : je n’ai plus 7 ans ! Cela change toute la donne ! Les SUPER pouvoirs de Superman ont juste développé chez moi un SUPER ennui et j’ai dû me forcer pour arriver jusqu’au bout. Batman contre Superman. Superman avec Wonder Women, le Joker… Les scénaristes ont accommodé tous les restes, dirait-on pour écrire les différentes histoires qui composent cet ouvrage. Le style « comic » n’étant pas mon genre, je ne peux pas dire que j’ai apprécié les dessins (très inégaux d’une histoire à l’autre). Quant à la mise en couleur, parfois psychédélique, j’aurais dû m’affubler de lunettes solaires pour suivre l’histoire sans que ma rétine ne souffre de l’afflux de couleurs criardes.

    Saigneurdeguerre Le 11/07/2020 à 11:48:06
    Le temps des cités - Tome 2 - Marbella

    1987. Banlieue parisienne. Cité les Mirabelles.

    Aux Mirabelles, comme dans d’autres cités, les clients viennent chercher de quoi assouvir leur besoin de « s’évader » dans des paradis pour le moins artificiels.

    Un intrus s’est glissé dans la cité. Il est venu pour vendre de l’héroïne. Voilà qui ne plaît pas à Patrick, Pap, Momo et Rachid. C’est leur territoire. Pas question qu’un malavisé vienne marcher sur leurs plates-bandes ! Patrick, le plus nerveux du quatuor, a sorti son flingue et compte-bien s’en servir pour faire gicler la bouse qui sert de cervelle à l’imprudent punk qui n’a pas forcément compris qu’en matière de daube l’économie n’est pas très libérale…

    Critique :

    Le scénario de Pierre Boisserie et Frédéric Ploquin nous plonge au cœur d’une cité et de l’action pour découvrir comment quatre « jeunes de banlieue » vers la fin des années ’80 vont gravir les échelons du banditisme, notamment avec l’aide d’un avocat issu du même milieu qu’eux. Pierre Boisserie a délaissé la kinésithérapie pour se consacrer entièrement à l’écriture. Frédéric Ploquin est un journaliste d’investigation spécialisé dans le grand banditisme. Son expérience professionnelle apporte une touche de crédibilité au scénario qui est dur et sans concessions… Et très prenant !

    Luc Brahy, le dessinateur, offre un dessin qui convient très bien à une série aussi noire. Il découpe ses planches comme autant de séquences cinématographiques. La cité des Mirabelles est moche. Très moche ! Le dessin de Luc Brahy la sublime.

    N’oublions pas la mise en couleurs de Bérangère Marquebreucq qui achève de rendre très addictive cette plongée dans le monde de la petite délinquance qui ne demande qu’à croître et « embellir »…

    Saigneurdeguerre Le 07/07/2020 à 21:44:34
    Wonderball - Tome 5 - L'apiculteur

    Californie. 1983.

    Depuis une cabine téléphonique, Frank Black, ancien agent du FBI, surnommé le « Fantôme » par ses ennemis, appelle une de ses connaissances, un biker. Il est convaincu qu’il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre. Non ! Non ! Pas un cancer, ni une quelconque maladie mortelle… Mais le Fantôme est décidé à mettre à terre le « Collegium occulta », une dangereuse organisation catholique qui a des liens avec de hautes autorités un peu partout dans le monde et qui a décidé de créer des super soldats… Mais le contrôle de ces surhommes leur échappe…

    Le Fantôme fait maintenant équipe avec l’inspecteur Spaddaccini, plus connu sous le nom de « Wonderball » … Qui est lui-même le fruit de ces manipulations du Collegium occulta comme il l’a découvert peu à peu. Vont-ils réussir à empêcher le Collège de poursuivre leur œuvre avec les alphas, ces tueurs aux talents inégalés ?

    Critique :

    Certains trouveront que les auteurs ont trop accéléré la fin de l’histoire et auraient aimé la voir trainer encore durant quelques albums. Moi, je me réjouis que l’histoire soit terminée ! Marre de ces histoires, genre XIII, qui ne s’achèvent jamais, où on finit par se perdre tant il y a de rebondissements dans les rebondissements sans qu’il n’y ait une fin digne de ce nom. Ici, en cinq tomes, l’histoire commence sur les chapeaux de roues et se termine de façon cohérente après une belle évolution dans les intrigues. Rien n’empêche les auteurs, s’ils en éprouvent le désir, de reprendre le ou les personnages et de leur faire vivre une autre aventure mais celle-ci est finie, terminée, achevée...

    Autre aspect très positif de cette bande dessinée, ce sont les mêmes auteurs, et surtout le même dessinateur du premier jusqu’au cinquième tome ! Cette tendance actuelle de travailler « à l’américaine » avec une multitude de scénaristes et de dessinateurs produit des BD tout à fait inégales en termes de qualité. Maintenant que les cinq tomes sont disponibles en un volume magnifiquement relié, ce serait dommage que vous n’en profitiez pas !

    Mon seul bémol porte sur les visages des personnages trop souvent à peine esquissés au point qu’il est difficile de les reconnaître.

    Saigneurdeguerre Le 07/07/2020 à 16:52:09
    Wonderball - Tome 4 - Le photographe

    Septembre 1983. Los Angeles 1983.

    Une grande nouveauté ébranle le monde. IBM vient de sortir le PC, son Personal Computer. Dans les milieux criminels, certains voient là une immense opportunité d’accroître leurs bénéfices en se passant d’intermédiaires, qui, on s’en doute, s’enrichissent bien plus que les auteurs…

    Le « Photographe » voit là un moyen de vendre directement aux clients ses « œuvres » sur un nouveau support, la disquette : drogués à qui l’on éclate la cervelle, hommes ou femmes que l’on découpe vivants et lentement devant la caméra où l’objectif de celui qui se prend pour un grand artiste contemporain ne perd pas une miette des souffrances infligées. Ses clients ? Des yuppies incultes qui n’ont pas les moyens de se payer des œuvres de Warhol. (Yuppie est l'acronyme de Young Urban Professional, terme anglophone définissant les jeunes cadres et entrepreneurs de haut niveau, évoluant dans les milieux du commerce international et de la haute finance, et habitant le cœur de grandes métropoles. – Source : Wikipédia)

    Wonderball le cherche. Pour ce faire, il est obligé de retourner chez son ex qui lui en veut toujours des années après leur divorce. Il espère qu’elle a conservé son album photos, à lui, où se trouvent ses maigres souvenirs et le moyen de remonter la piste vers le « Collegium occulta » qui a créé les « alphas », des tueurs, des surhommes, en principe contrôlés… En principe seulement…

    Critique :

    Ce quatrième tome voit l’enquête progresser à fond la caisse comme dans les épisodes précédents. Wonderball et son nouvel ami, le « Fantôme » d’un côté, et la policière Osterberg d’autre part, femme particulièrement intelligente et tenace. Côté récit, on est toujours sur un scénario aussi addictif et superbement bâti démontrant les immenses qualités du duo Fred Duval et Jean-Pierre Pécau. Le dessin serait parfait si Colin Wilson ne se contentait pas d’esquisser à peine les traits de certains visages par-ci, par-là. La mise en couleurs de Jean-Paul Fernandez contribue pleinement à créer les bonnes atmosphères. Une des meilleures BD qu’il m’ait été donné de lire dans la catégorie des thrillers.

    Un conseil ? Pensez à acheter le volume relié qui reprend les cinq histoires ! Vous ne manquerez ainsi aucun épisode et vous disposerez d’un magnifique objet !

    Saigneurdeguerre Le 05/07/2020 à 23:29:45
    Wonderball - Tome 3 - Le shérif

    19 83. Skull Gulch (Nevada).

    Le shérif voit passer une jolie femme et la rêve déjà sans bras dégoulinante de sang. Il s’imagine occupé à la tronçonner et à la glisser par petits morceaux dans des frigos abandonnés dans le désert… Rêve ou réalité ? Toujours est-il qu’un couple de randonneurs a effectué une découverte des plus macabres… Des frigos, dans le désert, contenant les restes découpés de jeunes femmes portées disparues…

    Spadaccini poursuit sa quête à la recherche des films qui ont permis, grâce à une vingt-cinquième image subliminale, d’endoctriner de jeunes orphelins plus doués que la moyenne pour en faire des assassins au top ! L’inspecteur sait maintenant qu’il a fait partie de ces mômes et que l’organisation secrète cherche à le capturer car il aurait une valeur inestimable, une valeur bien au-dessus de la moyenne. Wonderball, notre inspecteur est appuyé par un ancien agent du FBI, Blake, plus connu sous le nom de « Fantôme », son nouvel et seul « ami » ...

    Critique :

    Voilà le genre de thriller très addictif que j’adore. L’histoire évolue en suivant le fil rouge que constituent les institutions Sainte-Rose qui, à travers le monde s’occupent d’orphelins… Dans un but charitable ? Tout dépend de ce que vous mettez derrière le mot charitable… Fred Duval et Jean-Pierre Pécau savent y faire pour vous donner envie de vous plonger dans la suite…
    J’émets de nouveau un bémol quant à la qualité du dessin des visages, parfois à peine esquissés. Pourtant, Colin Wilson sait y faire côté mise en page, plongées, contre-plongées… Un peu pressé peut-être ?

    La mise en couleurs de Jean-Paul Fernandez accompagne parfaitement ce type de récit.

    Minuit arrive. Vais-je succomber à la tentation et aborder le quatrième tome ? Ce ne serait vraiment pas raisonnable…

    Saigneurdeguerre Le 05/07/2020 à 22:14:41
    Wonderball - Tome 2 - Le fantôme

    Août 1983. San Francisco (Californie)

    L’inspecteur Spadaccini, dit « Wonderball », est dans de sales draps. Faut dire que les dernières personnes qu’il a rencontrées ces temps-ci ont trépassé peu après son passage. Les mauvaises langues, et elles sont nombreuses, pensent que le sale caractère du flic n’y est pas étranger… De plus, les dossiers qui incrimineraient une mystérieuse organisation, genre société secrète, « Collegia Occulta », le Collège invisible, et qu’il avait dénichés dans la voiture de Bob Archer, l’assistant du procureur de San Francisco trop tôt arraché à l’affection des siens, lui ont été dérobés. Il n’a donc que sa bonne foi pour défendre sa position et quand on sait à quel point ses rapports avec la presse, voire avec d’autres flics sont houleux, sa bonne foi a autant de chances d’être reconnue qu’une baleine bleue d’aller valser à Vienne pour le bal du Nouvel An.

    Wonderball est dans de sales draps et contraint de prendre un congé… Et de ne plus s’intéresser à l’enquête ! En plus, il doit se présenter sans faute le lendemain à 8 :00 dans les bureaux de la police des polices, le SIS, où son cas sera examiné…

    Critique :

    Aïe ! Aïe ! Aïe ! Voilà une série qui est vraiment très addictive… Heureusement que j’ai acheté l’intégrale car je serais capable de faire le siège des librairies pour me procurer la suite. Jusqu’ici, les scénaristes Duval et Pécau ont réalisé un sans-faute. Bien sûr, d’aucuns pointeront le « manque d’originalité » parce qu’une méchante société secrète ce n’est pas nouveau, pas plus qu’un flic atypique et solitaire ! Oui, mais bon, il y a la manière. Et les actes de cette société secrète et leurs motivations sont tout de même originaux. Ne vous laissez pas estourbir l’esprit par tous ceux qui, dès qu’on parle de sociétés secrètes, ont l’impression d’avoir déjà tout vu.

    Je commence à m’habituer aux dessins de Colin Wilson et à les apprécier.

    Au risque de me répéter, si un très bon thriller en BD vous intéresse, pensez « Wonderball » !

    Saigneurdeguerre Le 05/07/2020 à 19:54:16
    Wonderball - Tome 1 - Le chasseur

    Août 1983. San Francisco (Californie).

    Serait-il vraiment possible qu’un tireur, fut-il d’élite, puisse tirer 9 balles et descendre 9 personnes en 10 secondes ? Faut-il envisager plusieurs tireurs ?

    L’inspecteur « Wonderball » estime très vite le lieu d’où le tireur aurait fait ses « cartons ». Les preuves laissées sur place par le tireur lui donnent raison. Cette affaire rappelle à l’inspecteur une autre… Le meurtre de J.F. Kennedy en 1963 à Dallas ! Pour lui, pas de doute : tous les tirs avaient été l’œuvre de Lee Harvey Oswald. Mais l’entraînement, à lui seul, ne suffit pas à expliquer une telle performance… Les pilules Gamago étaient remises aux tireurs d’élite durant la guerre de Corée pour accroître leur concentration. Se pourrait-il que le tueur qu’il cherche à identifier ait absorbé lesdites pilules pour performer à ce point ?

    Critique :

    Wonderball, c’est une histoire en cinq épisodes ! Dans le premier, les scénaristes, Fred Duval et Jean-Pierre Pécau, nous font découvrir un inspecteur de police aux qualités de flic exceptionnelles, mais qui a du mal à maitriser ses pulsions tant au niveau du langage qu’au niveau de ses poings. Nous avons là la promesse d’un thriller plein de mystère avec une espèce de société secrète née après la Première Guerre mondiale et qui voulait améliorer l’homme… Par l’éducation, certes, mais pas que !

    Le scénario est d’autant plus efficace que nous sommes directement plongés au cœur de l’aventure.

    Le dessin de Colin Wilson est assez classique pour un polar. Il est le point faible de cette BD car il n’est pas toujours aisé de distinguer les différents protagonistes, néanmoins, il contribue assez bien à l’atmosphère glauque chère aux thrillers.

    Jean-Pol Fernandez a trouvé le ton juste pour la mise en couleur.

    Un petit conseil : si l’histoire vous intéresse, penchez pour l’intégrale que Delcourt a eu la lumineuse idée de sortir puisque le cycle est complet à la fin du cinquième tome. La présentation est sobre et le livre magnifiquement relié… Et cela prendra moins de place sur vos étagères.

    Saigneurdeguerre Le 05/07/2020 à 11:05:48
    Le pape terrible - Tome 4 - L'Amour est aveugle

    Rome, 21 février 1513.

    Mais pour qui sonne le glas ?
    Il résonne depuis l’église San Pietro in Vincoli, sous la coupe de la famille della Rovere, la famille du pape… Le pape soldat, le pape mécène, le pape sacré, le pape terrible n’est plus ! Jules II est mort ! Sous une pluie battante, la population se lamente et prie pendant que dix gardes suisses, Raphaël et Michel-Ange portent le cercueil de celui qui fut leur amant.

    Pendant ce temps, Machiavel se rue chez Madame Imperia, le bordel qu’il fréquente assidûment… Et qui est fermé pour cause de deuil obligatoire après la mort d’un pape ! Mais cette fois-ci, Machiavel ne vient pas pour forniquer. Il apporte avec lui un véritable trésor qu’il dépose aux pieds de la tenancière, de son vrai nom Marietta Corsini… pour la demander en mariage ! Oui ! Oui ! Notre vieux Machiavel est amoureux de l’opulente Madame Imperia. Il prétend être le dernier à avoir vu vivant sa Sainteté le pape et avoir reçu de lui ce trésor. Le trésor et l’annonce toute guillerette faite par Jules II que Machiavel serait le dernier à le voir vivant. Le pape lui demande de revenir le lendemain aux premières lueurs de l’aube avec un groupe de cardinaux pour constater son décès…

    Critique :

    Je n’ai rien contre les uchronies. J’en raffole ! Du moins lorsque c’est clairement précisé ! Tout au long de cette série, un lecteur non averti pourrait prendre pour argent comptant les délires, notamment homosexuels, de Jodorowsky et s’imaginer que l’histoire est en partie vraie… Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’auteur tord le cou à l’histoire et la viole à n’en plus finir. Peut-être devrais-je accepter de passer outre et lire ce récit pour ce qu’il est… une histoire imaginaire ? Bien ! Mais là aussi, l’histoire ne tient pas la route, sans que je ne puisse l’étaler ici pour ne pas révéler l’intrigue machiavélique du pape.

    Sachez que Marietta Corsini fut bien l’épouse de Machiavel dès 1501 et que rien n’indique qu’elle ait eu la moindre activité de mère maquerelle… Machiavel n’a rencontré le pape Jules II qu’en 1506 et il ne fut jamais à son service, mais bien au service de la république de Florence. Jodorowsky le présente comme un petit pantin aux ordres du pape alors qu’il fut un des hommes les plus intelligents de son époque avec une intuition politique rarement égalée.

    Theo est un dessinateur avec une rare puissance de trait, tant pour ce qui est d’affirmer les émotions que pour exprimer le mouvement. Il a ce sens du détail qui fait toute la différence. Il reste un de mes dessinateurs préférés.

    La mise en couleur de Luca Merli rompt quelque peu avec celles des coloristes des trois albums précédents. On peut regretter que ce ne soit pas la même équipe tout au long de la série. D’aucun n’apprécieront pas le travail de Merli car ses couleurs diffèrent sensiblement de ce que l’on a pu découvrir dans les œuvres qui l’ont précédé, mais pour ma part, moi qui ai lu les quatre albums d’affilée la même semaine, je n’ai pas été choqué.

    La série se termine sur un coup de théâtre qui fera crier au génie les admirateurs sans bornes de Jodorowsky. Pour ma part, je trouve l’histoire tirée par les cheveux, mais vous n’êtes pas obligés de me croire car je suis chauve !

    Saigneurdeguerre Le 03/07/2020 à 20:35:46
    Le pape terrible - Tome 3 - La pernicieuse vertu

    Bordel de Madame Imperia (Rome).

    Machiavel débarque dans son bordel préféré après neuf mois passés à suivre fidèlement le pape Jules II dans ses campagnes militaires. Il narre les aventures vécues aux côtés du très « Saint »-Père, tout en se faisant plaisir au milieu de masses plus adipeuses les unes que les autres des prostituées spécialement sélectionnées pour lui par la matrone qui gouverne ce palais de plaisirs tarifés. Il révèle l’amour que le pape porte au jeune Frédéric, âgé d’à peine dix ans, fils du marquis de Gonzague, son ennemi capturé par les Vénitiens, mais dont l’épouse demande au pape d’intercéder en faveur de sa libération. Pour convaincre le saint homme, elle envoie une délégation de moines bénédictins transportant une véritable fortune. Cela ne suffit pas à amadouer le très Saint-Père qui exige d’obtenir en otage le fils du dit marquis. A la vue du petit Frédéric, Jules II en tombe éperdument amoureux…

    Critique :

    Ici git l’Histoire assassinée sans vergogne par les fantasmes érotico-homo de Jodorowsky. Si vous pensiez qu’il avait tout donné dans les deux premiers albums, vous aviez tout faux ! Le scénariste s’enfonce encore plus dans la perversion sexuelle qu’il prête au pape. Il évite d’extrême justesse la pédophilie…
    Michel-Ange et Raphaël en sont réduits à se faire… par le pape, au (mal)propre comme au figuré. Comme si ces deux génies n’avaient pas eu grand-chose d’autre à laisser comme trace dans l’histoire. Quant à Léonard da Vinci, présenté comme un être cupide, il réalise en un temps record des inventions diaboliques pour le Saint-Père, de quoi laisser baba nos inventeurs du XXIe siècle, incapables, malgré toutes leurs ressources technologiques, d’arriver à des résultats aussi rapides ! Jodorowsky devrait s’appeler « Démesure » !

    Vous l’aurez compris, Jodorowsky verse dans l’uchronie. Une uchronie où le sexe, essentiellement homosexuel trône. Les coups-fourrés du pape sont on ne peut plus tortueux. Au risque de me répéter, on est dans la fantasy (sans elfes ni lutins) et on peut oublier l’Histoire dans un cul-de-basse-fosse.

    Quel talent gâché que celui du dessinateur italien Theo Caneschi ! Il a un don fabuleux pour retranscrire les émotions et les mouvements… Et les décors ne sont pas en reste ! A certains moments, cela vire à la caricature, c’est vrai, mais bon, avec un scénario pareil, la caricature, on est en plein dedans.

    Florent Brossard réalise une fois de plus une splendide mise en couleurs qui complète à merveille le dessin se Theo.

    Au risque de me répéter, si vous n’êtes pas écoeurés par les multiples scènes de sexe et par le scénario, admirez le style graphique de Theo. Il en vaut la peine. La couverture de ce 3e tome vaut son pesant d’or !

    Saigneurdeguerre Le 03/07/2020 à 14:21:57
    Le pape terrible - Tome 2 - Jules II

    Le bel éphèbe Aldosi, se rend en secret, sans que son amant le pape le sache, chez une sorcière pour qu’elle lui concocte un filtre d’amour destiné au pape pour que celui-ci ne puisse plus jamais se passer de lui.

    Le filtre est tellement puissant que le pape en est transfiguré…

    Critique :

    Et voilà, Jodorowky, une fois de plus, se laisse porter par ses fantasmes et finit par s’éloigner de l’histoire au point qu’on finit par se trouver dans un univers plus proche de la fantasy que de l’histoire avec un grand H, même sans dragons. Le scénario est un ratage complet ! Jules II était un pape suffisamment intéressant en lui-même. Il était inutile de sombrer dans les délires, notamment homosexuels, du scénariste. La manière dont Jules II transforme ses gardes suisses qui, de mignons qu’ils étaient (dans les délires de Jodorowsky) se retrouvent en un temps record transformés en soldats disciplinés, est l’une des très nombreuses libertés scénaristiques que s’est accordée l’auteur. La prise de Bologne tient plus de la fantasy que de l’histoire. Non, Giovanni II Bentivoglio n’a pas été décapité par Jules II à l’aide d’un Christ habillement trafiqué (il est mort excommunié, prisonnier dans un sombre cachot du roi de France Louis XII) et non, ce n’était pas un tyran, genre brute épaisse, mais un homme extrêmement cultivé qui a profondément restauré et embelli Bologne. C’est par la perfidie de Jules II que Giovanni perdit la ville (l’excommunication était peut-être l’arme la plus redoutable à l’époque).
    A la limite, j’aurais pu accepter pareil scénario dans une série genre « Le Trône de Fer », mais dans une BD qui se présente comme historique, c’est désespérant car beaucoup vont prendre au premier degré ce récit et s’imagineront qu’il est l’expression de la réalité.

    Pour autant, faut-il bannir ce livre des étagères de votre bibliothèque ? Ce serait injuste vis-à-vis de l’excellent travail graphique réalisé par le dessinateur Théo. Les visages sont tellement expressifs, les mouvements tellement bien dessinés qu’on croit voire les personnages bouger. Quant aux décors, ils sont le plus souvent somptueux. Florent Bossard a bien complété le travail par la mise en couleurs.

    En résumé : si tu es un passionné d’histoire passe ton chemin car on pourrait bien t’entendre hurler de rage jusque sous les voutes de la Chapelle Sixtine ! Il n’y a rien pour toi dans ce récit !

    Saigneurdeguerre Le 03/07/2020 à 00:33:42
    Le pape terrible - Tome 1 - Della Rovere

    Vatican, 18 août 1503.

    Alexandre VI, le Saint-Père se meurt emporté par un mal mystérieux.
    Le 19 août, Rome semble tombée entre les mains du Diable. On picole, on se bâffre et on fornique de tous les côtés…

    Les Romains savent que suite au décès du pape, dès l’aube, dix jours de deuil obligatoire s’abattront sur la ville : jeûne et abstinence… Et l’excommunication pour ceux qui ne respecteraient pas ces ordres ! Autant en profiter durant quelques heures… Et les prélats ne sont pas les derniers à en jouir (au propre comme au figuré… enfin… « propre » n’est peut-être pas le mot le plus adéquat).

    Giuliano della Rovere vient de passer une nuit torride comme il les aime, en compagnie de son jeune amant. Il lui révèle comment il s’est débarrassé de son ennemi mortel. Borgia et della Rovere, tous deux hommes d’une Eglise qui prêche l’amour et le pardon, mais qui se sont toujours détestés prêts à s’éliminer, avaient de bonnes raisons de se méfier l’un de l’autre. Il y en a, plus rusé, qui a fini par l’emporter…

    Un nouveau pape doit être nommé par le collège des cardinaux. Della Rovere n’est pas assez riche pour corrompre ces braves émissaires de Dieu. Les Espagnols ont toutes leurs chances. Ainsi que les Français ! Ils ont amené assez d’or que pour acheter les consciences (enfin, le fantôme de leurs consciences) des cardinaux qui vont désigner le futur pape. Della Rovere n’est pas riche, mais il a un plan !

    Critique :

    Bien chers frères, bien chères sœurs ! Si vous pensez que les papes ont toujours été des hommes saints guidés par l’Esprit de Dieu, passez votre chemin ! Lire cette BD va vous faire beaucoup de mal car Jodorowsky ne peut être que l’incarnation du démon pour s’être laissé aller à concocter un scénario aussi dur envers la papauté et l’Eglise catholique… Et pourtant… C’était une époque où leurs saintetés se permettaient de transgresser allègrement toutes les règles à l’application desquelles ils devaient veiller : assassiner, forniquer, corrompre, mentir, trahir… A côté d’eux, Judas est la naïveté incarnée. Le scénariste s’appuie sur des faits historiques et comble les vides par le fruit de son imagination. Attention, c’est une BD historique, mais pas forcément un livre d’histoire !

    Les dessins de Théo sont grandioses et donnent énormément de caractère à l’histoire, soutenus par la splendide mise en couleurs de Sébastien Gérard.
    J’aurais pu mettre 5 étoiles… Mais non ! Quand on traite d’histoire, j’aime autant qu’on ne déforme pas les faits connus. L’assassinat en Espagne de César Borgèse, et d’autres petites choses m’ont dérangé et procuré une mauvaise conscience (preuve qu’il m’en reste un petit peu). Mais si vous n’êtes pas un grand fan de la vérité historique pure, laissez-vous emporter par le scénario bien ficelé d’un Jodorowsky particulièrement en forme, solidement servi par un Théo et un Sébastien Gérard.

    Saigneurdeguerre Le 29/06/2020 à 16:16:15
    Opération Overlord - Tome 2 - Omaha beach

    1944. Plage des Sables-d’Or (Normandie)
    Sur les instructions de Rommel, les Allemands s’activent à truffer la plage d’obstacles destinés à empêcher un débarquement allié. Tous les soldats ne sont pas convaincus que cela suffira à l’empêcher…

    Au large, le sous-marin de poche britannique HMS X-20 achève sa mission de quatre jours. Quatre jours sans dormir pour le petit équipage qui a dressé une cartographie des fonds marins, étudié les courants, les marées, récupéré des échantillons de sable et repéré les défenses allemandes de Vierville-sur-Mer à Colleville-sur-Mer. Pour rester éveillé, l’équipage a eu recours à la Benzédrine (amphétamines).

    En Angleterre, Omar Bradley attend la venue de l’Etat-Major Général. Il lui faut trouver des noms de code commençant par O et par U pour les deux plages destinées au débarquement des troupes américaines…

    Critique :

    Pas facile pour le scénariste, Bruno Falba, de raconter en une quarantaine de planches l’épisode le plus horrible du débarquement de Normandie du 6 juin 1944 : Omaha Beach, surnommée Omaha la sanglante. Il s’en sort relativement bien en mêlant grande et petite histoire, s’offrant quelques libertés, notamment quant à l’origine des noms de code Omaha et Utah.
    Aspect intéressant de ce volume, on y voit aussi bien le point de vue américain qu’allemand, notamment au travers de ce qu’ont pu vivre des troufions de base.

    Davidé Fabbri, auteur des dessins du 1er tome a fait un storyboard pour ce 2e volume.

    Au niveau du dessin, je suis partagé : Christian Dalla Vecchia s’en sort plutôt bien pour ce qui est de recréer l’ambiance horrifique du débarquement, mais je reste partagé quant aux traits des personnages.

    La mise en couleurs de Domenico Neziti rend bien les atmosphères.

    Pour ceux que l’histoire de la Seconde Guerre mondiale passionne, c’est certainement un ouvrage intéressant… Qui s’adresse toutefois à un public plus large…

    Saigneurdeguerre Le 28/06/2020 à 16:39:59
    Opération Overlord - Tome 1 - Sainte-Mère-Eglise

    Aéroport de Cottesmore. 4 juin 1944.

    Les paras américains de la 82e Division aéroportée sont rassemblés pour étudier une fois encore la configuration du terrain sur lequel ils vont être largués la nuit du 4 au 5 juin. Leur objectif principal : Sainte-Mère-Eglise ! Très vite, les conditions météorologiques sont telles que l’opération doit être reportée. Pas question de larguer des parachutistes par un temps à mettre Hitler et ses sbires dehors en petit caleçon (et encore, ce dernier est optionnel) ! L’opération est reportée de 24 heures… (Ou plus ! Allez savoir !)

    Le sergent Larry « Red Bull » Nixon n’est pas de ces individus particulièrement à cheval sur les règlements et il a des projets plus agréables pour passer la nuit du 4 au 5 juin que ceux prévus par le commandement. Rien de tel qu’une petite virée au Sun-Inn pour vider quelques pintes d’Everardsale ! Dommage de se faire pincer par le colonel « Cannonball » au retour. Mais celui-ci, bon bougre, aime les hommes qui savent prendre des risques et ne leur en tient pas rigueur. Il les emmène découvrir la surprise qui les attend…


    Critique :

    Glénat a sorti à partir d’avril 2014 une série d’albums dans une collection intitulée « Opération OVERLORD » et qui raconte, par quelques personnages interposés, différents aspects du débarquement de Normandie. Ce premier volume relate les aventures de la G Company, du 3e Bataillon du 505e Régiment d’Infanterie Parachutiste de la 82e Division aéroportée. L’objectif ? s’emparer de Sainte-Mère-Eglise, un nœud routier crucial et le tenir jusqu’à l’arrivée des troupes qui débarqueront le 6 juin.

    Moins connue que la 101e Division aéroportée US, depuis la sortie de la magnifique série « Band of Brothers » (Frères d’Armes) elle est pourtant la première division aéroportée à être formée, puis combattra en Sicile, puis en Italie, avant d’être amenée en Angleterre pour participer au débarquement de Normandie. Elle participera au fiasco de l’opération Market Garden aux Pays-Bas, puis, alors qu’elle était en pleine reformation, elle prendra part à la Bataille des Ardennes et terminera la guerre à Berlin… Mais la BD s’arrête à la libération de Sainte-Mère-Eglise, une des premières villes françaises libérées sur le continent.
    Le scénario de Michaël Le Galli est prenant car il nous fait suivre les faits et gestes de plusieurs personnages avec des retour en arrière pour expliquer comment ils se sont retrouvés chez les parachutistes. Woods, l’inspecteur de police droit et honnête estime qu’il doit se rendre à la guerre car si lui n’y va pas, pourquoi d’autres y iraient-ils ? Le Texan Nixon a l’habitude de se présenter devant le juge car il a la fâcheuse manie de se bagarrer dans les saloons. Les peines de prison ne semblent guère le dissuader… Cette fois, le juge n’a plus le choix : prison ou… engagement dans l’armée ? Joshua Shustervich est convoqué par le Rabbi de Little Odessa (New York). Bien que n’étant pas foncièrement un mauvais bougre, il sert ses peu recommandables « amis » italiens. L’inspecteur Woods a proposé au Rabbi d’emmener Joshua avec lui libérer l’Europe où tant de juifs sont massacrés par les nazis et leurs collaborateurs, et où les talents de Joshua trouveraient à s’exprimer pour une bonne cause. Dixie vient de la Nouvelle-Orléans. Mère noire, père blanc, homme influent au bras long, cela ne suffit pas pour qu’on considère Dixie comme autre chose qu’un « nègre ». Il est prêt à tout pour quitter cette maudite ville où il ne cesse d’être l’objet de quolibets racistes.

    Un scénario très réussi de Michaël Le Galli. Le dessin de Davide Fabbri peine parfois à convaincre au niveau des visages. Les couleurs de Domenico Neziti sont bien adaptées à l’ambiance essentiellement nocturne de l’histoire. Les passionnés d’histoire y trouveront leur compte, mais aussi tout amateur de bonne histoire en bande dessinée.

    Saigneurdeguerre Le 17/06/2020 à 18:51:52

    Je m’appelle EDWARD PRENDICK. J’étais sur « La Dame altière » qui a pris feu et fait naufrage. Je me suis retrouvé avec deux compagnons dans un canot. Nous nous sommes battus pour la nourriture et… Ils ont fini par passer par-dessus bord…
    Blessé, mourant de faim et de soif, j’ai été repêché par l’équipage d’un petit caboteur, « La Chance rouge ». A son bord se trouvait une « sorte » de médecin, ou plus exactement, un biologiste. En quelques jours, il allait me sauver la vie par deux fois…
    Je l’ai accompagné sur une île des plus étranges… L’île du Docteur Moreau ! Ce que j’y ai découvert dépasse l’entendement ! Jamais personne ne pourra croire les aventures que j’y ai vécues et les êtres que j’y ai rencontrés…

    Critique :

    J’ai éprouvé un petit malaise en lisant cette bande dessinée. Non que le talent du dessinateur Fabrizio Fiorentino soit en cause, ni même les talents de coloriste de Matteo Vattani… Serait-ce le scénario de Dobbs ? … Non ! C’est l’histoire de Herbert George Wells qui me met mal à l’aise. Je n’aime pas ce qui touche à l’horreur, et là, on plonge dans un cauchemar… Pour ne pas spoiler l’histoire, je me garderai d’en dire davantage. Bref ! Dans l’œuvre de Wells, ce n’est certainement pas celle que je recommanderai… Sauf si vous aimez l’horreur et les manipulations génétiques… Wells était tout de même un sacré visionnaire !

    Saigneurdeguerre Le 14/06/2020 à 21:54:29
    Lynx - Tome 1 - Tome 1

    Dans un futur très lointain, l’homme a colonisé un grand nombre de planètes… Dont beaucoup ont été ravagées par les besoins de gros conglomérats industriels. Afin d’empêcher ce genre de catastrophes écologiques, LYNX a été créée.

    Les agents de LYNX sont dirigés depuis la planète TER3, dans le système BAYER (toute référence à une grosse multinationale contemporaine active dans le domaine pharmaceutique et dans celui des produits phytosanitaires ne peut qu’être fortuite).
    L’un des agents du Lynx, Bor, un homme expérimenté, est convoqué d’urgence sur TER3 par son supérieur, le commander Ward. Bor n’est guère d’humeur folichonne. Son enquête sur la planète Hélis était sur le point d’aboutir mettant en cause la société Techlys. Il se voit dépossédé des investigations au profit de l’agent TERVEL, incapable notoire et corrompu. Le motif de ce rappel ? Bor, qui ne veut plus d’une coéquipière depuis le décès tragique de sa fille et la mort de son épouse, se voit imposer une nouvelle partenaire ! Et quelle coéquipière, une petite jeunette au caractère trempé, inexpérimentée et plus têtue qu’une bourrique ! Qui plus est, la donzelle exige de travailler avec un jeune de son âge, quelqu’un de « fun » et d’athlétique et non « avec un gros balourd qu’il faudrait assister en cas de danger » ! Annet Pyriev n’est pas n’importe qui ! Elle est la fille de Pyriev, le magnat des médias… Et l’un des principaux contributeurs au bénéfice de l’agence qui emploie Bor… Mais qui a aussi des intérêts dans la société Techlys que Bor s’apprêtait à faire tomber…


    Critique :

    Nous vivons une époque grandiose pour les amateurs de bandes dessinées ! Les dessinateurs de talent semblent légion, d’autant que les éditeurs n’hésitent pas à aller les quérir à l’international. Ici, c’est le Russe Alexandre Eremine qui est à la fois le dessinateur et le coloriste, deux tâches qu’il assume avec brio.

    Quant au scénario très original, alors que le monde de la science-fiction tourne parfois en rond avec les Aliens, il est l’œuvre du Français Serge Perrotin. Une belle construction complexe avec de multiples questions sujettes à autant d’enquêtes pour les albums à venir, tout en offrant une réelle fin à l’histoire principale de ce récit. Des portes restent ouvertes pour de futures aventures, que pour ma part j’attends avec impatience ayant été pleinement séduit par cette enquête-ci.

    L’album est parfaitement dans la vague actuelle des héroïnes hautes en couleur même si dans celui-ci il y a une parité. Cette BD attire aussi l’attention sur les problèmes écologiques de manière intelligente. Amateurs de science-fiction, d’écologie, de thrillers, ou tout simplement d’excellentes BD, cet album devrait vous intéresser.

    Saigneurdeguerre Le 14/06/2020 à 10:18:53
    Black Squaw - Tome 1 - Night Hawk

    Années ‘20, USA-Canada

    Être une femme et pilote, ce n’est guère évident en ces temps-là… Être métisse de mère afro-américaine et de père amérindien, c’est vraiment très compliqué ! Surtout aux USA ! Alors, imaginez que vous soyez une jeune femme métisse et que votre plus grand souhait soit de piloter ! Un rêve, oui ! Une réalité ? Inaccessible ! Et pourtant… Une femme va prouver que c’est possible. Son nom ? Bessie Coleman ! Non, ce n’est pas du cinéma ni une divagation romanesque ! C’est historique !

    Les garde-côtes américains sont sur les dents. Un renseignement obtenu d’un contrebandier assure qu’un avion va survoler leur zone pour aller chercher des alcools au Canada. Ils ont pour mission de l’abattre… Et, effectivement, ils abattent un avion… Un avion avec insigne de pirate… Problème : l’avion est blanc, or, d’après les renseignements dont ils disposent, les avions utilisés pour le trafic d’alcool sont peints en noir… Pendant ce temps, Bessie continue à voler, complètement gelée, à bord de son hydravion qui transporte le comptable d’Al Capone, l’employeur de l’héroïque aviatrice. L’antipathique bonhomme est venu jeter un coup d’œil aux comptes des partenaires de Capone qui se méfie d’eux…


    Critique :

    Disons-le tout de suite : c’est un chef-d’œuvre à tout point de vue ! Le scénariste français, Yann, a sorti le grand jeu pour créer un scénario riche en rebondissements et promesses pour de futurs albums. Mais que les amateurs de véracité ne se fassent pas l’illusions : Bessie Coleman ne s’est jamais livrée au trafic d’alcool, ni pour Al Capone, ni pour qui que ce soit d’autre ! Comme indiqué dans l’ouvrage, c’est une fiction qui emprunte un personnage historique réel, une femme exceptionnelle, première pilote afro-américaine, pour lui faire tenir un rôle palpitant dans une bande dessinée de toute beauté… Mais complètement romancée… Tout en restant dans l’air du temps de cette époque-là, avec un trafic d’alcool bien réel, un racisme omniprésent et un Ku Klux Klan au sommet de sa puissance, notamment grâce aux sympathies du président des USA de l’époque, Woodrow Wilson. Il déclara notamment : « Les hommes blancs ont développé un instinct simple d'auto-préservation… jusqu'à ce qu'enfin ils fassent naître un grand Ku Klux Klan, un véritable empire du Sud pour protéger le Sud du pays ». C’est aussi ce président qui imposa la prohibition. Mais il n’a pas eu que des mauvais côtés. C’est lui qui accorda le droit de vote aux femmes… Il fit nommer le premier juge juif à la Cour Suprême… Mais c’est une autre histoire…

    Le Belge Alain Henriet fait partie des dessinateurs exceptionnels dont jouit notre époque. Non seulement, il dessine avec énormément de talent les personnages, mais il reproduit de façon fabuleuse les avions, les vedettes, les trains… Tout est parfait dans le trait de Henriet ! Quant à la mise ne couleurs par USAGI, c’est un modèle du genre ! Et qui est USAGI ? L’épouse d’Alain Henriet ! Une des meilleures coloristes actuelles.
    Ce trio de génie nous procure-là une BD absolument indispensable que vous soyez amateur d’aviation, de droits des femmes, d’histoire, … Ou tout simplement désireux de découvrir une histoire parmi ce qui se fait de mieux actuellement en matière de bande dessinée.

    Saigneurdeguerre Le 13/06/2020 à 11:19:11
    Charlotte Impératrice - Tome 2 - L'Empire

    1864.
    Sur la frégate SMS Novara, Charlotte et Maximilen s’apprêtent à débarquer au Mexique avec l’appui de l’armée française de Napoléon III.

    Une invasion ? Non ! Maximilien, frère cadet de l’empereur d’Autriche François-Joseph s’est vu proposé par des notables mexicains un trône impérial au nom du peuple mexicain, véritable tromperie puisque celui-ci n’a pas été invité à se prononcer. Maximilien et Charlotte rêvent de grandeur. L’occasion est trop belle pour la laisser passer surtout qu’ils sont très mal informés de la situation réelle sur le terrain lorsqu’ils acceptent d’assurer ce pouvoir.

    Ils souhaitent mener une politique libérale, moderniste, et songent au bien-être de la population. Voilà qui ne plaît pas du tout aux conservateurs qui leur ont offert ce trône et qui voient d’un très mauvais œil ces modifications du statut d’un esclavage à grande échelle qui ne dit pas son nom, et qui touche plus particulièrement la population d’origine indienne. Cela plaît d’autant moins à ces « pauvres » riches qu’ils vont devoir payer des impôts ! L’Eglise voit, elle aussi, d’un très mauvais œil l’idée de liberté religieuse. C’est clair, pour elle, que seule la religion catholique doit avoir droit de cité ! Le général Bazaine, commandant des troupes françaises, n’est guère optimiste quant aux chances de survie du régime impérial. Partout la guérilla sévit. L’armée se livre à des massacres ignobles de pauvres gens pris entre le marteau et l’enclume. (Les révolutionnaires ne leur laissent pas le choix.) Si Napoléon III retire ses troupes, l’empire du Mexique s’effondre. L’armée mexicaine est composée de soldats engagés de force et qui désertent à la première occasion. Très vite Maximilien fuit ses responsabilités et ses devoirs d’époux. Il n’est pas amoureux de Charlotte qu’il a épousée pour sa dote. En son absence, c’est Charlotte qui assure le pouvoir. Elle prend des décisions qui fâchent tous ceux qui la soutiennent : gros propriétaires, haut-clergé, militaires…


    Critique :

    Attention ! Si vous êtes passionnés d’histoire et d’exactitude historique, vous risquez d’être déçus (voire de vous sentir trompés) car les auteurs ont pris beaucoup de libertés en faisant de Charlotte une sorte d’impératrice modèle très romantique, très humaniste et en créant des personnages qui n’ont pas existé… Mais de tromperie, il n’y en a point de la part des auteurs car ils mettent bien en garde les lecteurs en précisant qu’il s’agit d’une fiction ! Une fiction qui s’inscrit très bien dans l’humeur de notre époque où, après avoir ignoré la présence des femmes en BD, aujourd’hui la mode est aux héroïnes, laissant aux hommes la plupart des vilains rôles. Dans cette BD qui s’intitule Charlotte, du nom de la seule fille de Léopold Ier de Belgique, fille qui a reçu une éducation de grande qualité toute empreinte de religiosité, on voit l’héroïne dotée de toutes les qualités : très grande beauté, humaniste, idées éclairées, proche du peuple… Mouais ! C’est passer sous silence que l’empereur Maximilien et l’impératrice Charlotte entreprennent d'onéreux aménagements dans leurs diverses propriétés et aux alentours, alors que la situation du Trésor mexicain est catastrophique ! Bref ! Fabien Nury a créé un personnage exceptionnel qu’il met brillamment en scène nous livrant une histoire addictive et passionnante. Matthieu Bonhomme surprend, une fois de plus, tant ce caméléon du dessin est capable de s’adapter à des styles graphiques très variés. Ses dessins se rapprochent fort de ce qu’un film peut offrir avec des gros plans pour mieux capter les émotions des personnages.

    Malgré toutes les immenses qualités du scénariste et du dessinateur, je trouve leur travail fortement gâché par la mise en couleurs de Delphine Chedru. Ses grands à-plats de couleurs ternes me ramènent quarante ans en arrière quand les techniques typographiques ne permettaient pas d’accomplir de magnifiques dégradés de couleurs. C’est dans des cas pareils que l’on regrette de ne pas disposer de la BD en noir et blanc…

    Saigneurdeguerre Le 12/04/2020 à 23:29:04

    Femmes animales est une création originale de Thibault Colon de Franciosi pour ce qui touche aux dessins, quant aux textes, ils sont de Nelly Chrestia-Cabané.

    Thibault laisse libre cours à son imagination pour croiser de jolies femmes très sensuelles avec des animaux dont elles reprennent les aspects qui les caractérisent le plus.

    Il s’agit d’un Artbook. Ce n’est donc ni un roman, ni une BD.

    Contrairement à ce que la couverture laisse penser, les dessins à l’intérieur sont traités dans des mélanges de noirs, de gris, de bruns et de rouges. Un peu plus de couleurs n’aurait, à mon sens, pas fait de tort. Cela dit, je n’ai pas été roulé puisqu’avant de l’acheter à la Fête de la BD 2017, à Bruxelles, je l’ai eu entre les mains et l’ai apprécié.

    C’est de l’autoédition, ne cherchez pas l’éditeur. Si vous êtes intéressés, contactez directement l’auteur via son site :
    http://thibault-cdf.com

    Saigneurdeguerre Le 11/04/2020 à 22:01:38
    Angel Wings - Tome 1 - Burma Banshees

    1944 ; Base aérienne de Camp Malir à 10 km de Karachi.

    Mon nom est Angela Mc Cloud. Un ange dans les nuages ! C’est tout moi, ça
    Je débarque au mess des pilotes et je commande un wiskey. « Que fait-elle là ? » se demandent tous ces mâles en manque de nanas, en se rapprochant de moi. Une femme pilote ? Est-ce possible ? Ils se débattent car tous veulent me payer à boire. Je sors mon portefeuille et règle ma consommation. Je sors, car je n’ai pas de temps à perdre. Mon copilote m’apprend que le plein est fait, mais j’ai encore quelques détails à régler… Comme passer par le bureau du commandant de la base… Qui avale de travers en voyant une femme pilote entrer dans son bureau. En principe, la chose n’est pas autorisée sur le front d’autant que j’ai un statut de « civile »… Mais j’ai des ordres du général C. R. Smith qui commande l’USAAF en Inde, ce qui perturbe très fort le macho qui commande l’aérodrome.

    Après m’être restaurée, je m’apprête à embarquer sur mon DC3 lorsqu’un pilote, comme il en a le droit, fait de l’avion-stop et me demande de l’emmener à Kunming.

    Voler à 20.000 pieds avec un Dakota… et les Japs ! risque de ne pas être un voyage d’agrément…

    Critique :

    La première chose qui frappe lorsqu’on tient cette bande dessinée en main, c’est le soin méticuleux apporté aux dessins des avions. Les paysages et les personnages ne sont pas en reste ! Romain Hugault accomplit une œuvre du tonnerre de Dieu, puisque c’est lui le dessinateur et le coloriste de cette histoire. Mais d’où sort cet individu ? Pilote à dix-sept ans, fils de pilote, il n’est peut-être pas né dans un avion, mais il s’est toujours senti pousser des ailes. Il aurait pu piloter pour gagner sa vie, mais, heureusement pour nous, il décida de faire carrière dans le dessin et de nous offrir quelques-unes des plus belles planches de coucous et d’aviateurs.

    On en viendrait presque à oublier le scénariste ! Yann Le Pennetier (dites simplement Yann) est un véritable touche-à-tout dans le monde de la bande dessinée. On le retrouve là où on ne l’attend pas car les idées se bousculent chez ce diable de Breton qui a eu la lumineuse idée de s’installer à Bruxelles. Il réalise ici un scénario qui renouvelle le genre dans l’univers de l’aviation puisqu’il met en scène une femme pilote, très sexy (modèle pin-up typiquement américain de la Seconde Guerre mondiale) avec un caractère trempé qui ne s’en laisse pas conter.

    Incontournable pour tous les fans d’aviation, cette série est une belle opportunité de distraction pour tous ceux qui ont envie de passer un fort agréable moment de détente.

    Saigneurdeguerre Le 10/04/2020 à 15:13:29
    Aristophania - Tome 1 - Le Royaume d'Azur

    Marseille 1900.

    Dans l’enfer de l’usine sidérurgique où travaillait mon père, subissant les brûlures mordantes des échardes de fer et respirant les gaz étouffants, des ouvriers risquent leurs vies et leur santé pour obtenir juste de quoi nourrir leur famille. Mon père était de ceux-là… Mais il était bien plus que cela, comme je l’ai découvert plus tard. Quant à ma mère, elle tentait de nous élever du mieux qu’elle pouvait dans une société où les ouvriers étaient humiliés, méprisés et malmenés en toute circonstance… Et la police n’était pas la dernière à cogner…

    Critique :

    Le scénario de Dorison retrace bien la misère de la classe ouvrière à la Belle Epoque, qui n’était belle que pour ceux qui avaient de l’argent, beaucoup d’argent… Pour les ouvriers, c’était une vie souvent infernale avec juste de quoi survivre… Quand il y avait du travail !
    A cette dimension sociale, Dorison ajoute une touche de magie qui remonte plus loin que la nuit des temps.

    Ses héros sont trois enfants bien typés, deux garçons et une fille. Celle-ci est douce, rêveuse, la bonté personnifiée. Elle est la plus jeune du trio. L’aîné est un « débrouillard » qui se comporte comme un adulte, un peu voyou, un peu escroc, et fait ce qu’il peut pour remplacer un père décédé. Le cadet est un petit génie, toujours plongé dans des livres, de préférence de physique. Dans le premier tome, on ne voit pas encore comment ils pourraient s’opposer à Gédéon, le roi banni, aux pouvoirs incalculables, que l’on devine impitoyable et que l’on déteste sans même l’avoir vu.

    Joël Parnotte rend, par son trait, toute la haine et la colère que peuvent ressentir les opprimés face à des injustices contre lesquelles ils ne disposent de quasi aucun moyen. Les expressions des visages semblent animées de ce désir de vengeance et donnent au lecteur l’envie de hurler avec ces esclaves de la révolution industrielle. C’est le point le plus fort de cette bande dessinée où l’on a vraiment envie de haïr des gens que, somme toute, on ne voit pas car ils font faire le sale boulot de la répression par des anciens forçats ou des policiers corrompus et brutaux.

    Mon seul problème avec cette bande dessinée… Je ne suis pas fan de magie… En particulier lorsqu’elle est surpuissante…

    Saigneurdeguerre Le 10/04/2020 à 00:37:00
    Ils étaient dix - Tome 1 - Octobre 1812

    Moscou, 23 octobre 1812.

    Je me nomme Grassien ! Jean-Baptiste Grassien, médecin de l’armée française.

    Quand notre armée est arrivée à Moscou, nous n’avons trouvé qu’une ville en ruines et pillée. Le gouverneur, Rostoptchine, en septembre, avait fait ouvrir toutes les prisons de Moscou et ordonné l’incendie de la ville. Pendant un mois, les troupes impériales françaises ont pillé tout ce qu’elles pouvaient. La cité n’était plus que ruines et, par conséquent, indéfendable. L’Empereur n’avait plus qu’une chose à faire : ordonner la retraite d’une centaine de milliers d’hommes désorganisés… Laissant derrière lui des centaines de soldats français intransportables, abandonnés à leur sort… Ou presque, car je suis resté avec plusieurs d’entre eux…

    Critique :

    Eric Stalner, scénariste et dessinateur de cette BD historique semble bien maîtriser le sujet de la campagne de Russie de 1812 au cours de laquelle les troupes napoléoniennes vont fondre comme neige au soleil… Enfin... fondre avec le froid qui régnait… et si neige il y avait, au lieu de fondre, elle va devenir de plus en plus épaisse et boucher la vue égarant encore davantage des esprits qui l’étaient déjà. Pour rappel, Napoléon avait entamé cette campagne avec 660.000 homes, y compris des Polonais, des Saxons, des Prussiens, des Autrichiens, des Espagnols, des Croates, des Hollandais, des Belges, des Portugais… Le manque de prévoyance en équipements d’hiver pour les hommes, de fers adaptés pour les chevaux et de nourriture va conduire au désastre la plus grande armée jamais rassemblée en Europe. Les troupes « françaises » sont pratiquement le double de celles des Russes…
    Très vite, face à l’imprévoyance de l’état-major, la discipline dans l’armée va se dissoudre. Beaucoup d’hommes deviennent des pillards ou / et des déserteurs… C’est un peu tout cela que l’on trouve dans cette bande dessinée d’Eric Stainer.
    Ce premier album n’a de sens que si on dispose des autres pour savoir ce que vont devenir les survivants de ce groupe de dix personnes et si Jean-Baptiste Grassien va pouvoir se venger de ceux qui lui ont joué un tour de cochon, sans même qu’il ne sache pourquoi.

    La mise en couleurs de Delf est assez terne. Vous allez me dire qu’avec le temps qu’il faisait, il y avait un manque évident de soleil pour donner des couleurs, mais j’ai déjà vu des traitements plus agréables à l’œil pour ce type de climat.

    Saigneurdeguerre Le 09/04/2020 à 14:47:44
    Betty & Dodge - Tome 3 - Otage au Kent

    10 février 1938. Hamble-le-Rice, sud de l’ANGLETERRE.

    Mon fiancé, le lieutenant Mortimer se livre à l’essai d’un prototype d’un avion de chasse révolutionnaire, le Spitfire. Je suis ses essais depuis l’aérodrome d’où il a décollé. A 20 .000 pieds, il tente un piqué, le moteur cale… Vais-je déjà perdre mon fiancé alors que je viens à peine de le retrouver ? Heureusement, Harry est un pilote hors-pair et il réussit à rependre le contrôle de l’avion juste avant qu’il ne se crashe en mer ! Nous allons enfin pouvoir organiser notre fête de fiançailles ! … C’est sans compter sur cet odieux photographe américain, ce Dodge…

    Critique :

    Voici déjà le 3e tome des aventures de Betty et Dodge des scénaristes flamands Pat Van Beirs et Jean-Claude Van Rijckeghem. Comme dans les deux premiers tomes, les péripéties s’enchaînent et pour invraisemblables qu’elles soient, elles sont agréables à suivre. Les deux Belges rendent la vie impossible à cette pauvre Betty en lui gâchant toute opportunité de mener une vie pépère ! Mais en tant que lecteur, je ne m’en plaindrai pas !

    Les dessins des personnages ne plairont pas à tout le monde, mais les décors sont de toute beauté, quant aux engins mécaniques, ils sont tout simplement exceptionnels ! J’apprécie le travail de Thomas Du Caju. Je suppose que la mise en couleurs est également de lui et c’est vraiment là l’un des principaux points forts de cette série. Dans cette album-ci, le brouillard joue un grand rôle, et l’on ne peut qu’y croire quand on voit le traitement de ces images.

    Saigneurdeguerre Le 09/04/2020 à 00:20:29
    Betty & Dodge - Tome 2 - Crash au Québec

    New York. Hiver 1937.

    C’est aujourd’hui que j’ai accompagné ma tante Gaby jusqu’au cimetière pour son dernier voyage.

    Hans Bernau, le consul allemand est revenu à la charge à peine le cercueil de ma tante avait-il été mis en terre. Ce type me hérisse. Il est obsédé par le désir de retrouver mon père biologique, un fabuleux physicien, pour le ramener en Allemagne où Hitler voudrait qu’il construise une saleté de bombe atomique, une arme capable de détruire la planète.

    C’est Dodge, cet insupportable photographe du Sun new-yorkais, qui m’y a amenée dans son sidecar.
    J’ai été abordée par l’agent fédéral Swallow alors que je me trouvais à l’extérieur du cimetière. J’ai été surprise de découvrir que ses bureaux se trouvaient dans un couvent ! Sa mission consiste à tenir à l’œil la communauté allemande de New York… Avec une secrétaire et deux Allemands qui détestent Hitler, il est supposé surveiller des milliers d’Allemands ! Risible, n’est-ce pas ?


    Critique :

    L’histoire, n’en déplaise aux grincheux, est agréable à lire et conçue comme un scénario de film. Cela n’a rien d’étonnant puisque le cinéma est l’un des métiers de ces deux scénaristes, Jean-Claude Van Rijckeghem et Pat Van Beurs. Les péripéties sont multiples et les rebondissements sont dignes d’un James Bond privé de ses gadgets.

    Les dessins de Thomas Du Caju sont d’une facture classique pour de la BD franco-belge et pleins de vie. Les décors sont toujours aussi soignés et les engins, avions, sous-marin, voitures, particulièrement bien dessinés même lorsqu’ils se crashent.

    La mise en couleurs est superbement réussie.

    Ce trio de Belges flamands fait un bon boulot très distrayant.

    A la fin du volume, 6 pages viennent resituer le contexte avec, notamment des « articles de presse », une drôle de lettre du rédacteur en chef du Sun qui emploie Dodge, une « interview » de George Blanche, grand cuisinier enfermé à Sing Sing où les prisonniers et le personnel se réjouissent de sa présence qui leur permet de bénéficier de repas gastronomiques, etc.

    Je me réjouis de ne pas m’être fié à la cote très basse attribuée par des « experts » qui ne se sont même pas donné la peine de publier une critique pour expliquer leurs choix.

    Saigneurdeguerre Le 08/04/2020 à 22:45:11
    Betty & Dodge - Tome 1 - Meurtre à Manhattan

    Rye. Côte sud de l’Angleterre. 11 novembre 1937.

    En ce jour de commémoration de la fin de la Grande Guerre, je me trouvais à l’église avec l’homme de ma vie, Harry Mortimer.

    Sortis du lieu de culte, je l’interrogeais à propos des risques de guerre avec ce fou-furieux d’Adolf Hitler, lorsqu’il sortit d’une poche une petite boîte avec une jolie bague de fiançailles ! J’étais folle de joie et j’avais envie de champagne. Mes parents devaient arriver dans une heure, cela nous laissait le temps de nous précipiter au pub du coin pour fêter cela…

    Je ne m’attendais pas à ce que j’allais y apprendre de la bouche d’un mendiant, soldat revenu amputé de la guerre… Mon père n’était pas mon père ! Ma mère était tombée enceinte de l’homme qu’elle aimait, un physicien allemand, Heinrich von Aschenbach. Il voulait l’emmener en Amérique car les Allemands n’étaient plus les bienvenus en Angleterre, ils étaient en pleine Grande Guerre. Ma mère n’a pas voulu, alors pour éviter le scandale…


    Critique :

    Pat Van Beirs et Jean-Claude Van Rijckeghem réalisent ici un scénario, j’allais dire un film, très mouvementé, où les scènes d’action se déroulent à du cent à l’heure. Le premier album n’est qu’une mise en appétit… puisque l’histoire est loin de se conclure !

    Thomas du Caju a un trait très dynamique qui convient bien à la série. Ses décors sont très recherchés et contribuent à nous plonger dans l’immédiate avant-guerre dans le sud de l’Angleterre et à New York. J’ignore si c’est lui qui a fait la mise en couleurs, mais elle est très réussie. Seul bémol, certains personnages ont un physique assez similaire. En dehors du fait qu’ils ne portent pas les mêmes habits et que Dodge est plus mal coiffé, peu de choses le distinguent de Harry Mortimer.

    Une histoire classique mais agréable à lire et surtout à regarder.

    Saigneurdeguerre Le 05/04/2020 à 00:16:03
    Shelton & Felter - Tome 3 - Billy Bowman a disparu

    Billy Bowman était un nouveau venu au sein des Red Sox, la prestigieuse équipe de baseball. Depuis qu’il était là, il avait déjà réussi douze home runs en six semaines.

    Le jour-même, après le match, pour célébrer la victoire, il emmena deux autres joueurs au Bell’s Tavern.

    Un vieillard prétendant lire l’avenir contre des verres de bière lui annonça qu’il voyait du sang, que la mort rôdait autour de lui. Billy retira brutalement sa main, renversant sa chope de bière sur son beau costume. Il se rendit dans les toilettes pour se nettoyer. Il ne reparaîtra plus… Dans l’arrière-cour, on trouvera des traces de sang. Qui donc avait enlevé Billy ? Pour quels motifs ? Etait-il seulement encore vivant ? Le coach des Red Sox ne crut guère en la police aussi s’adressa-t-il à l’agence Shelton & Felter dans l’espoir d’obtenir des résultats. Seulement, le libraire Felter n’est pas encore au courant de son association avec Shelton et que sa librairie va se transformer en agence de détectives…

    Critique :

    Cet album de l’hyper talentueux auteur canadien Jacques Lamontagne est un excellent polar plein d’humour tant dans les jeux de mots que dans le dessin, à commencer par nos deux héros que tout oppose, tant au physique comme au mental. Shelton est grand, massif, costaud, disposant d’un certain sens de l’observation et ne doutant de rien, même lorsqu’il décide de s’associer avec Felter pour créer une agence de détectives sans même lui en parler. Felter est un homme de très petite taille, extrêmement cultivé et très soigneux de sa personne. Son intelligence est redoutable.

    Le scénario de Lamontagne est un bon polar pour une BD qui doit se décliner en 46 planches. Il nous entraîne dans une Amérique qui sort d’une guerre qu’elle n’a pas connu sur son sol dans les milieux du baseball avec des rencontres de mafieux, mais pas que. L’intrigue est pleine de rebondissements et j’étais loin d’imaginer la fin.

    La mise en couleurs n’a pas été cette fois-ci l’œuvre de Jacques Lamontagne. Il a préféré confier ce travail à Scarlett Smulkowski qui s’en est parfaitement bien tirée.

    Pour rappel, dans un tout autre style, Lamontagne vient de sortir son fabuleux Wild West, tome 1 : Calamity Jane qui devrait faire date dans l’histoire de la BD.

    Saigneurdeguerre Le 02/04/2020 à 01:05:07
    Barracuda (Jérémy) - Tome 1 - Esclaves

    Je m’appelais Emilio, mais j’ai dû changer de sexe et devenir Emilia pour survivre…

    Je me trouvais à bord d’une galéasse espagnole où des rêves somptueux furent brutalement interrompus par le son du canon.
    Nous étions attaqués par des pirates ! Dès que le capitaine vit que le bateau des forbans était le Barracuda, il sut que nous étions perdus. Je me précipitai dans la chambre de Doña Scuebo pour l’avertir de l’attaque imminente des flibustiers. La grande dame ouvrit un coffre et m’obligea à me vêtir avec une robe de sa fille. Je ne voulais pas revêtir des vêtements de femme, mais son confesseur m’appliqua une claque qui me décida à lui obéir… C’est ce qui me sauva la vie !


    Critique :

    Quatre ans que cette BD trainait dans ma bibliothèque. Je l’avais achetée en suivant les chaudes recommandations d’une connaissance à qui je ne voulais pas faire de peine, mais n’ayant jamais vu un film de « Pirates des Caraïbes » jusqu’au bout (mon allergie pour les zombies étant rédhibitoire) je ne m’étais jamais décidé à l’ouvrir. Finalement, confinement aidant, mais ne disposant pas de beaucoup de temps car je dois essayer de faire travailler mes élèves à distance, et c’est tout sauf évident, je m’offre le soir le luxe de lire une BD (les romans attendront). Décidé à laisser tomber le tome 1 de Barracuda dès l’apparition du premier mort-vivant, c’est sans grand enthousiasme que je me lançai dans l’aventure tel un explorateur aussi motivé qu’un futur marié dont la future épousée a tout d’une disgracieuse ogresse à l’haleine fétide de bubons de peste noire. Mais je m’égare… Le début était très prometteur : dessins et mise en couleurs d’une qualité supérieure, détails qui sentent l’authentique, rendu des combats d’une férocité incroyable… Rien que du bonheur pour un amateur du neuvième art ! Mais les zombies, alors ? Hé ben, il n’y en a pas, et tout mon bonheur est là ! Une véritable histoire de pirates avec des personnages très bien campés et un scénario qui s’annonce très prometteur pour la suite ! Suite… qui en période de confinement risque de se faire attendre, alors même qu’une intégrale est parue en 2019…

    Jean Dufaux, le scénariste bien connu est à l’opposé du débutant dans le métier, contrairement au dessinateur, Jérémy ! Jérémy, qui ? Jérémy Petiqueux ! Mais il signe simplement Jérémy. Jérémy a démarré sa carrière comme coloriste pour les oeuvres de… Philippe Delaby, l’incroyable auteur de Murena ! Désireux de produire sa propre BD comme dessinateur et coloriste, il s’associe avec Dufaux pour du vrai ! (Oui, je sais, c’est un jeu de mot complètement c… ! Veuillez le mettre sur le compte du confinement, je vous prie.) Le résultat est ce premier album passionnant. Je suis sûr que vous me quémandez de vous décrire les personnages. Quémandez seulement, mais je crains qu’il ne vous faille vous le procurer pour en savoir davantage sur cette merveille qui est due à deux Belges. Comment ça, je suis chauvin ? Ben quoi, le chauvinisme n’est pas une exclusivité française ! Laissez-en un peu pour les autres aussi, s’il vous plaît !

    Je me demande pourquoi, avec de tels talents, la BD européenne attire si peu de jeunes lecteurs…

    Saigneurdeguerre Le 01/04/2020 à 00:17:33

    Paris. Gare Saint-Lazare. Mai 1869.

    Je m’appelle Constance Desprez. Je viens de débarquer à Paris en provenance de Normandie.

    Mon Dieu, comme cette ville sent mauvais !

    Mes parents sont morts du choléra. Je suis à Paris pour retrouver mon fils qui me fut enlevé à la naissance. J’étais jeune et follement amoureuse d’un jeune homme qui m’aimait lui aussi. Lorsque je me retrouvai enceinte, sa famille refusa le mariage. Il était noble et ma famille ne faisait partie que de la petite bourgeoisie. Un arrangement fut passé entre les chefs des deux familles. Mon père accepta l’argent et les terres qu’on lui offrait à condition de m’envoyer m’enfermer pour toujours chez les religieuses et que mon fils soit pris en charge par la famille du père.
    Je n’ai qu’un rêve retrouver mon enfant…


    Critique :

    Tout m’a plu dans ce récit, n’en déplaise à tous ceux qui ont « généreusement » attribué trois étoiles.

    L’histoire en elle-même semble tirée de cette littérature populaire et naturaliste du XIXe siècle où la misère était grande pour une très large majorité de la population pendant que des nobles et de grands bourgeois vivaient comme des rois, en étant le plus souvent rentiers. Le livre évoque de nombreuses misères rencontrées par les habitants de l’époque : le choléra, les très nombreux orphelinats, les gamins des rues qui devaient « tirer leur plan plus ou moins honnêtement », les policiers qui n’étaient pas tendres avec la population pauvre, le sort des prostituées, la puanteur de Paris, et j’en passe et des plus belles.

    C’est l’occasion de découvrir un Paris en plein changement sous la férule du Baron Haussman, préfet de la Seine jusqu’en 1870, qui va donner à Paris ses larges boulevards qui sont admirés dans le monde entier. Evidemment, le petit peuple de Paris ne voit pas les choses de la même manière. Et puis, des travaux, toujours des travaux, cela sature. Cette mission lui a été confiée par l’Empereur Napoléon III.

    Ce récit, c’est aussi l’occasion de rencontrer des artistes majeurs de l’époque : Zola, Nadar, Cézane, Monet, Renoir, …
    L’histoire est un drame. Elle se termine forcément mal. Amateurs de « feel good » passez votre tour.

    Je voue une admiration sans bornes au travail de Marie Jaffredo. Les dessins de ses personnages, des bâtiments (petit rappel : Marie Jaffredo est architecte urbaniste même si elle a renoncé à ce travail pour se consacrer à la bande dessinée), le travail à l’aquarelle, font de chaque case un tableau. Malgré la dureté du propos, Marie Jaffredo apporte une certaine douceur par les tons de ses aquarelles.

    Les auteurs ont mis un point d’honneur à dénicher pléthore de documents sur cette époque et Marie Jaffredo les a exploités au mieux, nous donnant à voir un Paris en pleine transformation. Elle a mis trois ans, oui, mesdames et messieurs, trois ans pour donner naissance à ce bijou, à ce chef-d’œuvre de 120 pages que je souhaite à tout le monde de lire et de le garder précieusement dans sa bibliothèque !

    Saigneurdeguerre Le 31/03/2020 à 11:07:45
    Chambre Obscure - Tome 2 - Tome 2

    Paris. 1912.

    Moi, c’est Séraphine. Je suis déçue. Déçue parce que mon héroïne, ma propre tante, Alma, nous a quittés après, à peine, trois semaines de séjour parmi nous, et cela alors qu’elle était apparue après une longue absence de cinq ans. Mais que voulez-vous, c’est une aventurière ! Une vraie ! Il lui faut de l’air, des espaces, de nouvelles rencontres avec des individus hors du commun. Rien à voir avec notre vie de bourgeois qui suivent un train-train quotidien.

    Aujourd’hui, monsieur Ducas, le remplaçant de mon professeur de piano, s’est présenté chez nous. Il était fortement enrhumé. Mais là n’est pas la question ! J’étais surprise qu’il soit là, vu que nous n’avions pas rendez-vous, mais ce qui m’a estomaqué, c’est qu’il demandait à rencontrer ma tante ! Et quand je lui ai rapporté qu’elle était rentrée chez elle, il a insisté pour obtenir son adresse. Serait-ce lui le mystérieux auteur anonyme des lettres qui ressemblaient à s’y méprendre au courrier d’un homme amoureux ? Monsieur Ducas n’a rien d’un jeune premier ! Sans vouloir être méchante, je le trouve plutôt laid, et il n’a rien d’un grand aventurier. J’imagine mal ma tante s’intéresser à pareil individu. L’entretien fut interrompu par l’arrivée de l’inspecteur de police, monsieur Leblanc…

    Critique :

    Ce deuxième tome conclut gentiment l’énigme posée dans le premier volume. Le scénario est bon et les personnages bien typés. Le graphisme se veut toujours dans l’ambiance des années d’avant-guerre (celle de 14-18) et les couleurs sont à l’avenant. C’est d’ailleurs cette mise en couleurs que je trouve indigeste puisqu’elle va jusqu’à masquer certains traits du dessin. Et puis, des tons bruns et gris, cela finit par lasser. Il arrive qu’à force de vouloir être créatif et original, on fasse pire que bien.

    Saigneurdeguerre Le 31/03/2020 à 00:12:59
    Chambre Obscure - Tome 1 - Tome 1

    1912. Paris.

    Je me prénomme Alma. Contrairement à mon adorable nièce, Séraphine, qui ne vit ses aventures que par procuration dans les livres, moi je voyage dans le monde entier. Je conduis ma propre automobile, tire avec précision et pratique différents sports.
    De passage à Paris, je suis hébergée dans l’hôtel particulier, une vieille demeure familiale qu’occupe mon frère Simon, sa femme Edmée, éternellement malade et notre vieux père, Jules, qui a une santé de fer mais la tête entre les nuages et le ciel. Ah, oui, il y a aussi le majordome qui sert la famille depuis dix ans, Maurice.

    Après cinq ans d’absence, à peine arrivée, des cambrioleurs se sont introduits dans la maison. Mais pourquoi diable ont-ils dérobé les tableaux de nos trois aïeux ? Ces vieilles croutes n’ont qu’une valeur sentimentale. Ce ne sont pas là des œuvres dues à des peintres réputés, alors pourquoi les a-t-on dérobées ? Pourquoi ?

    Critique :

    Titillé par le graphisme très particulier, je me suis laissé entrainer dans l’achat de ce coffret d’un auteur, Cyril BONIN, que je ne connaissais pas. Autant, j’ai pu m’habituer au style de dessin, autant la mise en couleurs est trop terne pour moi, mais d’autres apprécieront ce coloriage austère, mélange de bruns et de gris parfois légèrement tintés de bleu.
    Mais le scénario ? me direz-vous. Bien que j’aie acheté le coffret, je préfère rédiger ma critique après la lecture du premier tome. Sitôt celle-ci terminée, je me plongerai dans la suite car Bonin nous offre ici un polar façon Maurice Leblanc ou Agatha Christie si vous préférez. L’intrigue est intéressante. La fin le sera-t-elle autant ?

    Saigneurdeguerre Le 25/03/2020 à 22:17:05

    Mont-Saint-Michel. Octobre 1936.

    Lucie et Rémi ramassent des palourdes dans la baie lorsque retentit la cloche qui leur indique qu’il est temps de rentrer.

    Gravissant une ruelle en escaliers du Mont, Lucie surprend une conversation. Il y est question de lettres, d’argent, de curé… La demoiselle qui parle avec un inconnu ne veut plus trahir la confiance de l’ecclésiastique qui a été si bon avec elle. Elle veut tout confesser. L’individu ne compte pas la laisser faire et la tue. Secouée par ce qu’elle a vu et entendu, Lucie commet la maladresse de laisser tomber des palourdes. Aussitôt l’inconnu se lance à sa poursuite. Lucie ne rentrera pas ce soir…

    Critique :

    J’adore le travail à l’aquarelle de Marie Jaffredo. Il s’en dégage une foultitude de sentiments tellement c’est beau et poétique. Ses couleurs, fort dans les tons sépia, nous rappellent, mais en compagnie d’autres couleurs, ces photos anciennes, vieux souvenirs de famille.

    Cette intrigue policière est là pour rendre hommage au Mont-Saint-Michel à la demande des Editions du Patrimoine (Centre des Monuments nationaux) en collaboration avec Glénat.

    Ce lieu est une des grandes merveilles du monde. J’ai pu l’apprécier même si contrairement à ce qu’il se passe dans la BD, c’était au XXIe siècle avec des centaines (des milliers ?) de touristes en plein été par un soleil éclatant et non en automne en 1937 avec des brumes qui peuvent être à couper au couteau. Marie Jaffredo, architecte urbaniste de formation, excelle dans le rendu des bâtiments. Mais ses personnages, magnifiquement typés, ne sont pas en reste.

    On n’a aucun mal à s’immerger dans l’histoire même si le scénario n’est pas des plus originaux. Après tout, je pense que l’objectif est vraiment de faire découvrir la complexité de ce Mont que l’on vient visiter depuis le monde entier (enfin, quand il n’y a pas de pandémie). Le scénario est « tout public » et c’est parfait comme cela même si en tant qu’adulte j’aurais préféré davantage d’originalité.

    Je ne me lasse pas de contempler et de contempler encore les dessins et les couleurs de Marie Joffredo et cette ambiance de huis-clos. Je vous laisse… J’y retourne !

    Saigneurdeguerre Le 25/03/2020 à 09:34:02
    Les foot furieux - Tome 21 - Tome 21

    - On assiste probablement à la dernière action de ce match qui va sans doute se terminer sur un score de zéro à zéro. Passe de Karakajakiss à Pipimando qui passe à Dzjerskindski qui passe à l’arbitre… Qui marque ! Et c’est GOOOOOOAAAAAAAL ! … Que se passe-t-il ? … Protestation des joueurs du FC Pabut… L’arbitre accorde le goal ! Et il siffle la fin du match sur cette victoire de l’Atletico Pesetas. Un match qui n’a pas fini de faire parler de lui…

    Critique :

    Cela me chagrine de lire tous ces commentaires qui dénigrent le travail de Gürcan Gürsel. Vous ne pouvez pas rire de tout, soit ! Mais permettez-moi de me réjouir de détenir quelques albums de cet auteur et d’apprécier la qualité de son travail. Beaucoup des situations qu’il décrit pourraient être plausibles même s’il caricature (un peu). Les gestes des footballeurs collent très bien à la réalité. Il suffit de se repasser quelques scènes de matches pour trouver des similitudes. Le trait est vif, alerte et les expressions des personnages sont désopilantes. Merci monsieur Gürsel pour cet excellent moment de détente.

    Saigneurdeguerre Le 24/03/2020 à 23:31:53
    Putain de chat - Tome 5 - Tome 5

    Oh, p… ! Oh, p… ! Oh, p… de chat !

    Veuillez m’excuser ce langage ordurier qui en principe n’est pas le mien. Mais quand il vous est donné de rencontrer une chatte telle que celle-là, vous en oubliez toute la bonne éducation que votre gentille maman s’est évertuée à vous conférer.

    Et si encore cette sale bête était seule ! Ah, mais non ! Trop facile ça ! C’est que ça nous a fait trois jeunes ! Oui, Madame ! Trois chatons ! … Non ! Non ! Il n’y a pas d’areuh, areuh, guili-guili qui tiennent ! Cette sale engeance n’est que parasitisme !

    Grisbi, cette saleté s’appelle grisbi, et en une seule portée, elle nous a pondu trois chatons, probablement de pères différents ! Si ! Madame ! Si ! C’est possible ! Renseignez-vous avant de critiquer ! Non, mais ! … Comment ? Moi, je n’aime pas les animaux ? Moi, je n’aime pas les animaux ? Ben, non ! On voit bien que vous ne risquez pas de perdre vos noisettes et la petite banane qui va avec ! Vous ne risquez rien vous ! Mais moi, ces saletés de bestioles, surtout la Grisbi, elle s’en est prise à mon patrimoine génétique ! Oui, Madame, c’est pour ça que j’ai une drôle de voix aux aiguës perçantes ! Vous comprenez maintenant pourquoi je déteste ces cochonneries ?


    Critique :

    Amis des chats, n’achetez pas chat ! Hmmm, pas ça ! Une fois que vous aurez lu ce bouquin et contemplé les dessins de Lapuss’ vous comprendrez l’âme profonde de ces créatures de Satan qui sous des dehors câlins ne rêvent que de s’en prendre à votre patrimoine (y compris génétique si vous êtes un homme). Ces créatures malfaisantes, que vous croyez dominer, naïfs que vous êtes, vous écrasent de la tête aux pieds de leur mépris qui vous réduit à bien moins qu’une vulgaire crotte de souris. Ayez l’outrecuidance de laisser traîner un objet auquel vous tenez et soyez sûr qu’elles trouveront le moyen de le déchiqueter, d’en faire des confettis que vous ne pourrez même pas utiliser au prochain carnaval !

    Bref ! Ce livre vous révèle tout des idées machiavéliques qui animent ces félins et qui prouvent que vous n’êtes pas félin pour l’autre…

    Saigneurdeguerre Le 24/03/2020 à 09:15:16
    Des Rois et des Croix - Tome 2 - Livre II

    Royaume de Hongrie. Septembre 1030.

    Imaginons que vous soyez le tout-puissant empereur du Saint-Empire Romain Germanique, Conrad II. Rien ne limite votre désir d’expansion, et cette Hongrie voisine vous semble mûre pour tomber dans votre escarcelle. Après tout, vous disposez d’une impressionnante armée de chevaliers lourdement armés pour imposer votre volonté à ces petits Hongrois. Vous partez donc en voyage chez votre voisin avec l’intention très claire de vous emparer de son palais royal d’Esztergom (pas facile à prononcer), et par la même occasion de lui emprunter définitivement ses terres.

    Cependant, un petit détail semble vous avoir échappé… Entre votre empire et le royaume de Hongrie s’étend une plaine marécageuse… Hmmm… Vous ne voyez pas le problème ? Vraiment ? Des chevaliers lourdement armés dans des marais… Qui plus est, Etienne, roi des Hongrois, ordonne de pratiquer la politique de la terre brûlée… Petit problème de ravitaillement à une époque qui manque cruellement de grandes surfaces, voire de supérettes…

    A cela vient s’ajouter un nouveau problème pour Monsieur l’Empereur : profitant qu’il soit parti en villégiature, une nouvelle révolte éclate en Souabe. Courageusement, vous vous dites qu’il vous faut aller mâter cela. Vous quittez donc votre armée avec une petite escorte, non sans en avoir confié le commandement à votre fils, adolescent, le prince Henri.

    Ah, il faut que je vous dise que les Hongrois ne sont pas gentils avec votre armée de Germains enlisés dans les marécages du Danube. Non seulement, vos troupes ne progressent pas, ont le ventre creux, mais en plus, elles se font copieusement arroser de flèches, une arme dont raffolent les Hongrois…
    Je ne voudrais pas en rajouter à votre peine, mais les Hongrois ne se battent pas seuls ! Des chevaliers vénitiens se battent à leurs côtés… Alors, Monsieur l’Empereur, votre gamin va-t-il pouvoir se tirer des flûtes ? C’est mal parti, non ?

    Critique :

    Ce scénario nous plonge dans l’histoire moyenâgeuse de la Hongrie. En soi, elle n’est pas tellement différente de ce que l’on a connu en Europe occidentale : appétit du pouvoir, envie d’agrandir toujours plus son territoire, trahisons, manque total de scrupules, mais aussi courage et loyauté… parfois…

    Le dessin de Levi tape fort dans les scènes de batailles. On peut y ressentir la frousse du pauvre type à pied qui voit déferler sur lui des cavaliers lourdement armés ou bien encore subir l’oppression d’une pluie de flèches qui s’abat sur vous et vos compagnons. C’est dans ces scènes qu’éclate tout le talent de Lévi qui ne convainc pas toujours dans les portraits plus statiques.

    L’histoire du Moyen Âge vous passionne ? Le passé de la Hongrie vous titille ? Dépêchez-vous d’acquérir ces deux tomes (ils sont vendus par deux) car il n’y en aura pas pour tout le monde vu le faible tirage (il semblerait qu’il n’y en ait que 1000 exemplaires).

    Saigneurdeguerre Le 23/03/2020 à 23:09:41
    Des Rois et des Croix - Tome 1 - Livre I

    Hongrie. An 995.

    Les Hongrois se sont convertis au christianisme. Leurs alliés petchenègues sont priés de se convertir aussi. L’un de ces alliés n’accepte pas de se soumettre à ce diktat qui l’oblige à renier ses dieux païens, mais le vieux Tonouzoba est conscient que les Hongrois n’hésiteront pas à massacrer sa tribu s’ils refusent d’adopter la nouvelle religion.

    Comment va-t-il se sortir de ce drame cornélien ?


    Critique :

    Pour nous, Européens de l’Ouest, c’est une découverte très intéressante car pratiquement aucune bande dessinée ne traite de l’histoire moyenâgeuse de la Hongrie et de ses voisins. Rien que pour cette raison, la BD vaut le détour.

    A la Foire du Livre de Bruxelles 2020, j’ai eu la chance de m’entretenir avec le dessinateur LEVI qui m’a certifié qu’il avait apporté un grand soin aux habits et aux armes des protagonistes car il existe en Hongrie des groupes de reconstituteurs qui apportent un grand soin à ce que leurs tenues et leur armement soient les plus fidèles possibles.

    Vous risquez d’être pris au dépourvu par le trait de LEVI qui est assez « brut » et très dynamique. Il travaille beaucoup au pinceau, mais aussi avec des feutres qui permettent des pleins et des déliés. Son épouse et d’autres ont procédé à la mise en couleurs. Une mise en couleurs assez sombre, bien en concordance avec le sujet.

    Les auteurs ont beaucoup de mérite car dans leur pays, la Hongrie, la bande dessinée n’est vraiment pas considérée comme un art. Levi estime à environ un millier les amateurs de « comics ». Heureusement, la maison d’éditions BD Must leur offre l’occasion de s’exprimer… en traduisant les dialogues en français, rassurez-vous.

    Que vous soyez un amateur d’histoire ou simplement curieux de découvrir le style graphique très percutant de Levi, tentez l’aventure tant qu’il reste des albums en vente car leur tirage est limité à 1000 exemplaires si j’ai bien compris l’auteur.

    Sachez encore que si vous avez un smartphone Androïde, Levi, qui est graphiste aussi, a développé une application qui permet de voir les pages de la BD s’animer sur le smartphone. C’était assez impressionnant. Cela ne fonctionne malheureusement pas sur iPhone…

    Saigneurdeguerre Le 11/03/2020 à 17:38:55
    Cizo - Tome 1 - La nouvelle pépite

    Cizo, tome 1 : La nouvelle pépite

    Alexandre Are
    ISBN : 2875807633
    Éditeur : KENNES EDITIONS
    (21/08/2019)

    La coupe des continents a lieu dans quelques mois. Cela fait longtemps que l’équipe européenne n’y fait que de la figuration. Une victoire aurait des répercutions bien au-delà du sport en général. C’est un enjeu mondial pour l’image, l’économie et le développement de tout un continent.
    Le coach Di Maggio reçoit la délicate mission de former une équipe capable de rivaliser avec le top du football mondial. Mattéo a tout remporté au cours de sa carrière. Pour le président du football européen, il semble être le seul capable d’accomplir ce miracle.

    Critique :

    Aré, le dessinateur, est loin d’être un débutant, puisque cela fait longtemps qu’il dessine littéralement des petits Mickey pour Disney. Il nous offre ici une jolie petite pépite avec cette BD où les animaux remplacent les humains. L’aventure de ce coach qui désire monter une équipe basée, non sur la force et la puissance, mais bien sur des talents des artistes, des virtuoses, des joueurs qui ont un petit grain de folie en eux et surtout… Qui savent jouer ensemble, qui s’entendent à merveille, qui sont solidaires ! Aré crée un petit personnage, Cizo, qui bien que très jeune et de petit gabarit correspond parfaitement à ce portrait-robot. Le dessin est agile, sautillant, plein de vie. Les personnages bien typés et diversifiés. La mise en couleurs d’Alessandra Dottori apporte beaucoup de fraîcheur.

    Un premier album qui devrait plaire aux plus jeunes (et aux autres aussi) et qui donne envie de découvrir la suite tout en découvrant les spécificités des différents postes au football !

    Saigneurdeguerre Le 08/03/2020 à 09:38:04
    Les foot furieux - Tome 22 - Tome 22 - Les Foot Furieuses

    - Et c’est Goooooooaaaaal !
    - Comment ça, le goal est annulé ?
    - Il y avait faute !
    - Mais nooooon !
    - Et puis, il y avait hors-jeu aussi !
    - Hé, gros, faut t’acheter une bonne paire de lunettes !

    Critique :

    Être ou ne pas être amateur de football pour apprécier cet album de Foot Furieux/Furieuses ? Il suffit d’avoir envie de rire pour apprécier le fantastique travail de Gürcan Gürsel. Les expressions des protagonistes sont désopilantes et sonnent tellement juste !

    Caricature ou pas caricature ? En lisant cette BD, je me disais : « C’est tellement vrai ! » ou à défaut d’être vrai, pour certaines scènes : « C’est tellement plausible ! » Gürsel a un fabuleux sens de l’observation. Si vous connaissez des joueurs de football dans la vraie vie, vous risquer de retomber sur eux quelque part dans cet album…

    Le football se féminise… Et les joueuses sont à l’honneur dans cet album, ce qui permet à GÜRSEL d’innover dans ses gags… Et puis, elles sont tellement jolies…

    Que vous soyez amateur de football ou non, il vous suffit d’avoir juste envie de rire un bon coup pour vous ruer afin d’acheter cette chouette bande dessinée !

    Saigneurdeguerre Le 05/03/2020 à 21:49:40
    La fille de l'Exposition universelle - Tome 1 - Paris 1855

    Paris, 20 avril 1855.

    La très jolie signorina Maria Zambelli quitte un hôtel particulier dans la plus grande discrétion.

    Napoléon III règne sur la France. Tout Paris est en chantier. L’exposition universelle de 1855 va se tenir dans la Ville Lumière. L’empereur a commandé la construction du pont de l’Alma. Ce dernier n’est pas achevé, mais il est déjà carrossable. Le cocher qui ramène mademoiselle Zambelli décide de l’emprunter… Mauvaise pioche ! Quatre malfrats l’attendent sur le pont. Le cocher parvient à en abattre un, mais se fait poignarder par un des malfaisants. La signorina est extraite de force, entraînée au bord du pont. Une corde lui est placée autour du cou et…

    Critique :

    Le Français, Jack Manini, nous offre un scénario se déroulant à une époque mal connue en BD, celle du début du règne de Napoléon III, dit « le petit » d’après un certain Victor Hugo qui ne semblait guère le porter dans son cœur de républicain.

    Après Londres en 1851, Paris a sa grande exposition universelle, la deuxième de l’histoire. Les produits de toutes les nations peuvent y être exposés. Les amateurs d’histoire apprécieront ce contexte historique.

    Julie Petit-Clou, douze ans est l’héroïne de cette aventure. Julie a un « don » : elle dispose de l’art de la divination. Dit comme cela, on pourrait croire que c’est une aubaine… Ben… D’un côté, cela permet de faire bouillir la marmite, mais d’un autre… la vie de Julie est un cauchemar car, dans ses rêves, elle voit des choses atroces. Sa maman se fait passer pour voyante en exploitant les dons de sa fille. Sa maman qui est une fois de plus enceinte. De qui ? Heu… Vous pouvez répéter la question ? Cette dame ignore qui sont les pères de Julie et de son petit frère, Alphonse. Il est à peu près certain qu’il s’agit de deux hommes différents. Et le polichinelle qu’elle trimbale dans son tiroir est l’œuvre d’un troisième individu. Mais elle est loin d’être une « mauvaise mère ».

    De par son art de la divination, Julie va être mêlée à l’enlèvement de l’épouse algérienne d’un brillant colonel, ami intime de Napoléon III, la splendide Fella. Pour la suite de l’histoire, lisez la BD, c’est bien mieux raconté que ce que je pourrais jamais écrire de mieux.

    Il est temps de tailler un costume au dessinateur, le Belge Etienne Willem ! Oui, mesdames et messieurs, il faut lui tailler un costume… impérial ! Son trait de crayon enlevé nous offre des personnages aux mines très expressives, des « mouvements » qui transforment une image inerte en un film, le tout dans des décors qui restituent l’ambiance telle qu’elle aurait pu être à l’époque. Certaines vues de Paris sont à couper le souffle. Faut vraiment être très difficile ou de mauvaise foi pour critiquer une telle qualité de dessin !

    Et enfin, cette BD ne serait pas aussi aboutie sans la palette de couleurs de l’Allemande Tanja Wenish. La même qui se chargera de la mise en couleurs de l’album « Les Artilleuses », toujours à partir des formidables dessins de Willem. « La fille de l’exposition universelle » raconte des drames, même s’il y a aussi de l’humour, et cela s’en ressent dans le choix des couleurs majoritairement grisâtres, brunes, ocres. Le contraste est saisissant quand on compare son travail avec celui accompli dans « Les Artilleuses » où il y a bien plus d’aventures que de drames, et où les couleurs éclatent (d’ailleurs, il n’y a pas que les couleurs qui éclatent).

    J’ai hâte de lire les autres aventures mises en images par Etienne Willem…

    Saigneurdeguerre Le 03/03/2020 à 23:09:18
    Les artilleuses - Tome 1 - Le Vol de la Sigillaire

    Paris des Merveilles, 1911.

    Pratiquement un siècle que l’Outremonde a été découvert. Cet événement a changé le cours de l’histoire. Gnomes, Elfes, Ogres et autres vivent, avec plus ou moins de bonheur, parmi les humains.

    Rue des Saules rieurs se trouve la Banque de Paris et de Brocéliande (BPB). C’est là que moi, Lady Remington, Anglaise de souche, et mes amies et complices, l’Américaine, miss Winchester et la Française, Mam’zelle Gatling, avons décidé d’effectuer un « retrait » qui devrait nous assurer quelques « modestes » moyens de subsistance pour le restant de nos jours. Alors que la banque venait de fermer ses portes, nous avons frappé avec insistance pour qu’on nous ouvre et que l’on daigne nous servir comme nous l’entendions. En insistant un peu et grâce au charme de quelques pistolets et bâtons de dynamite, le personnel nous a laissées vaquer à l’objet de notre visite : un retrait de quelques liquidités… Et le contenu du coffre individuel 248… Nous ignorions alors à quel point ce que nous avions trouvé là allait compliquer notre existence qui aurait dû être bien paisible…

    Critique :

    Le scénario du Français Pierre Pevel nous fait découvrir un Paris qui sera familier à ceux qui ont connu la série télévisée « Les Brigades du Tigre » … Mais avec une dimension steampunk et un univers féerique en prime. Ces trois Artilleuses, aux caractères bien trempés et aux personnalités très différentes, ne manquent ni de charme ni de ressources, que l’on découvre au travers d’une aventure rocambolesque où l’on n’a aucun mal à accepter la présence, entre autres, de gnomes, fées, enchanteurs...

    Le Belge Etienne Willem, par son dessin, donne vie à cet univers. Une vie trépidante, pleine d’action, de mouvement et de charme, le tout très début de XXe siècle… quelque peu amélioré avec la présence d’éléments très steampunk, mais ce serait dommage de vous révéler lesquels, n’est-ce pas ? Son dessin humoristique n’enlève rien au charme de ces trois héroïnes. Les actions dans cette histoire ne sont pas sans me rappeler un Jean-Paul Belmondo dans ses films les plus déjantés. Véhicules, décors, personnages, tout est merveilleusement dessiné avec beaucoup de détails très peaufinés. Etienne Willem, grand fan de steampunk, a pris son pied. Il ne nous reste plus qu’à l’imiter en plongeant avec délice dans cette aventure qui, je l’espère, en appellera beaucoup d’autres !

    L’équipe ne serait pas complète sans l’Allemande Tanja Wenish qui s’est chargée de donner des couleurs splendides à cette histoire qui n’en est qu’à ses débuts avec le tome 1.

    Saigneurdeguerre Le 03/03/2020 à 21:39:38
    Blacksad - Tome 1 - Quelque part entre les ombres

    Pas facile de digérer son petit-déjeuner lorsqu’on se retrouve devant la dépouille d’un ancien amour… Une femme d’une beauté exceptionnelle… Une actrice…

    Une balle dans la tête et elle s’en était allée…
    C’est un flic. Smirnov. C’est lui qui m’avait fait venir espérant que je pourrais l’aider en lui fournissant des indices qui le mettraient sur la piste de l’ordure qui avait fait ça…

    Mais mon histoire d’amour avec elle datait déjà d’un bon bout de temps…

    Quand j’ai quitté le lieu du crime, Smirnov m’a dit de ne surtout pas me mêler de ça… Qu’il aille se faire foutre !


    Critique :

    Je suis très réticent lorsqu’on me propose de lire des histoires où les humains se pavanent avec des têtes d’animaux, même lorsqu’ils se comportent comme des bêtes. Très très réticent.

    Mais ne voilà-t-il pas qu’une personne qui connaît bien mes goûts et qui apprécie les BD avec un scénario puissant et un style graphique original de toute beauté, sans négliger une mise en couleurs parfaitement adéquate, en parfaite symbiose avec le récit, me conseille de découvrir Blacksad. Ayant une grande confiance dans les recommandations de cette personne, puisqu’elle m’a déjà permis de découvrir des merveilles, malgré mon manque total d’intérêt pour ce genre de bandes dessinées, je l’écoute et j’acquiers cet ouvrage. Et là, c’est le choc ! Plus qu’une envie : découvrir la suite des aventures de Blacksad, le chat qui se fait refaire le portrait pour pas un rond sans passer par un as de la chirurgie esthétique !

    On est dans un vrai polar grâce aux talents scénaristiques de l’Espagnol Juan Diaz Canalès. Un polar aux accents des années cinquante. Un polar à l’américaine. Un polar où la manipulation et le pouvoir de l’argent jouent un grand rôle…

    Juan Diaz Canalès a su trouver le dessinateur parfait pour donner à voir son histoire. Un autre Espagnol, mais qui, lui, a quitté le pays de la sangria et de la paella pour celui du jambon-beurre et du Bordeaux. Son nom ? Il l’écrit à la pointe de son stylet ! Mais comme vous êtes curieux ! Ok ! Ne vous énervez pas ! Je vais tout vous dire ! Guarnido, Juanjo Guarnido ! Son dessin est tellement puissant que vous en oubliez que les protagonistes ont des têtes et des carrures de bestioles. Le type d’animal choisi pour chaque personnage permet directement au cerveau de comprendre à quel genre d’individu on a affaire ! Les décors nous plongent dans une grosse ville de type américain des années ’50, voire ’60. Une ville corrompue où les riches et les puissants (pléonasme) s’autorisent tout, certains de leur impunité…

    Saigneurdeguerre Le 15/02/2020 à 09:39:35
    LaoWai - Tome 3 - La chute du Palais d'été

    Tianjin, 2 septembre 1860.

    François Montagne, soldat français parti en Chine, notamment pour venger son parrain missionnaire décapité, vit des heures difficiles. L’opium l’anéantit complètement. Ses rêves ne sont que cauchemars. Le général Montauban demande à le voir mais il est incapable de se lever. C’est donc, son fidèle ami, Jacques Jardin, qui s’y rend à sa place pour le plus grand déplaisir du général… Jacques est son fils illégitime et pour le général, ce n’est qu’un mollusque, un lâche…

    Critique :

    Mais que voilà un scénario intéressant qui couvre une page d’histoire de France (et d’Angleterre) bien peu glorieuse, raison pour laquelle ce sujet n’était quasi guère abordé ! C’est là tout le mérite du Belge Alcante (de son vrai nom, Didier Swysen) et du Français Laurent-Frédéric Bollée d’avoir créé une histoire qui nous plonge directement vers le milieu du XIXe siècle (1860) alors que les armées franco-britanniques, bien que numériquement moins importantes, mais dotées d’armes technologiquement en pointe, balaient les troupes chinoises encore équipées de vieilles pétoires et d’arcs.

    Pour rappel, les bons Samaritains européens étaient là pour s’emparer des richesses chinoises en imposant à ce peuple d’acheter l’opium qu’ils leur refourguaient. Ceci dit, point de manichéisme de la part des scénaristes : tous les Chinois ne sont pas des braves types, à commencer par l’Empereur, une vraie nouille qui ne se soucie que de passer du bon temps avec ses concubines en se prenant pour un dieu vivant.

    La destruction du Palais d’Eté, précédée du pillage de ce chef-d’œuvre, nous rappelle comment beaucoup d’œuvres chinoises ont abouti dans nos musées ou dans des collections privées…

    Dans ce récit, le plus improbable c’est cette double histoire d’amour du soldat Montagne avec une franco-chinoise, jeune veuve d’un diplomate français, dont il est très épris, et l’amour que lui porte la journaliste française qu’il a à peine entrecroisée. Pas de quoi gâcher notre plaisir !

    Et enfin, comment ne pas citer le travail graphique exceptionnel accompli par Xavier Besse qui recrée, par ses aquarelles, une ambiance qui nous transporte en Chine !

    A lire, de préférence en enchaînant les trois tomes pour en retirer encore plus de plaisir !

    Saigneurdeguerre Le 09/02/2020 à 12:28:46

    Bruxelles, 4 janvier 1996.

    Froidure et grisaille sur la ville. Marie rentre chez elle après une réunion de travail assommante. Elle ne pense qu’à rédiger le compte-rendu pour en être quitte. Machinalement, elle prend le courrier qui l’attend dans sa boîte aux lettres. Mais d’abord, une petite tasse de thé pour se réchauffer et se détendre.

    En déposant sa tasse de thé à côté du courrier, Marie s’aperçoit qu’une des enveloppes lui est adressés par AMARNA. L’angoisse l’étreint. L’enveloppe contient le dossier médical d’une petite Chinoise. Aussitôt, elle appelle son mari qui officie à l’Hôpital Universitaire Reine Fabiola. Le dossier signale que le bébé souffre d’un pied bot. Armand la rassure. Cela s’opère. D’ailleurs lui aussi est né avec un pied bot.

    Le lendemain soir, le couple se retrouve au siège de l’association AMARNA qui aide les familles à adopter un enfant à l’étranger. Madame Feittweis les a reçus une première fois en octobre 1994.
    Alors, toujours décidés à adopter ?


    Critique :

    Voici un livre hors-normes à tout point de vue : format, sujet, traitement… C’est la bande dessinée la plus touchante que j’ai lue depuis belle lurette. De l’émotion pure ! Il ne s’agit pas d’une fiction, mais bien d’un récit autobiographique. Marie Jaffredo rapporte tout le vécu de son couple pour adopter cette enfant qu’ils sont allés chercher à Nanchang en Chine. Tout y est. Les démarches très nombreuses en Belgique. Les enquêtes menées pour s’assurer que le couple offrait des garanties de sécurité pour l’enfant. La préparation des bagages, des médicaments, des vêtements, des couches, …
    Lorsqu’arrive le grand départ pour la Chine, le couple fait la connaissance de cinq autres familles qui s’y rendent également dans le même but, via le même organisme.

    Arrivés en Chine, le choc thermique est terrible. Il fait très froid. Le choc culturel est phénoménal. La Chine de 1996 n’a rien à voir avec celle de 2020 : beaucoup de gens vivent et travaillent dans la rue vu l’absence de chauffage dans les maisons et d’électricité dans bien des villages. Ils profitent de la lumière naturelle. Heureusement, pour ces couples, ils bénéficient de l’aide de monsieur Gu, le guide traducteur détaché par le ministère, et madame Li qui va faciliter les démarches auprès des autorités chinoises.

    Les hommes en uniforme sont présents partout et ce sont eux qui délivrent les documents indispensables pour ramener les enfants en Belgique. Leur attitude sèche, presque brutale, contraste avec celle bienveillante et curieuse de la population qui voit ces Européens comme des extra-terrestres débarqués d’un OVNI. La plupart n’ont jamais vu un blanc. De plus, à chaque étape administrative, les familles doivent sortir l’enveloppe contenant de coquettes sommes en dollars.

    A peine arrivés dans la ville de Nanchang, ils apprennent que les enfants vont leur être amenés le jour-même ! Il ne leur est pas permis d’aller les chercher à l’orphelinat car celui-ci se trouve en zone interdite.
    Je vous laisse découvrir par vous-mêmes la suite d’inquiétudes et d’émotions vécues par Marie, Armand et les autres Belges, après avoir accueillis les enfants qu’ils sont venus adopter.

    Nous vivons une période formidable au niveau de la bande dessinée. Les ouvrages de qualité pullulent et il est difficile d’effectuer des choix tant il y en a. Cependant, « Journal d’une adoption » fait partie de ceux qui sortent du lot par leur originalité (c’est un récit autobiographique) par le traitement à l’aquarelle et par la charge émotive qui s’en dégage (préparez vos mouchoirs).

    Ce chef-d’œuvre ravira les amoureux de la Chine, mais aussi ceux qui aiment Bruxelles où se déroule le début du récit. Surtout, il parlera à tous ceux qui sont parents ou qui rêvent de le devenir.

    Saigneurdeguerre Le 08/02/2020 à 17:57:41
    Les technopères - Tome 2 - L'école pénitentiaire de Nohope

    Notre long chemin de l’exil est semé d’embûches, de navires prédateurs, de barbares pré-psychos… Les pauvres. Ils ne peuvent rien contre notre pantechnique mentale… Comment peuvent-ils oser croire que la matière est plus rapide que l’esprit !
    Notre galaxie entière est corrompue par un excès de science… Et son manque total de conscience !

    Critique :

    Et me voilà débarqué du deuxième tome des Technopères, toujours aussi largué que dans le premier. Apaté par le graphisme de Zoran Janjetov et la superbe couverture de Fred Beltran, acheté en même temps que le premier tome, je me suis laissé embarqué dans les délires de Jodorowsky qui poursuit les aventures des trois jumeaux et de leur mère dans un espace débridé où j’ai du mal à m’accrocher au récit. J’avoue avoir éprouvé un tout petit plus d’intérêt pour cet album que pour le premier, mais ce sera le dernier. Je n’irai pas plus loin. Des livres plus alléchants m’attendent…

    Saigneurdeguerre Le 08/02/2020 à 16:56:22
    Les technopères - Tome 1 - La pré-école Techno

    Moi, Albino, Suprême Technopère, j’emmène 500.000 jeunes pan-technos des deux sexes vers la galaxie promise, loin de la galaxie maudite.
    Mon corps est devenu celui d’un vieillard, mais pas mon âme…

    Mon histoire commence quand Oulrij-le-Rouge attaqua l’astéroïde sacré où on cachait Panépha, ma future mère, jeune vierge, de beauté légendaire, destinée à être l’oracle de la Maison impériale. Les pirates éliminèrent les gardes impériaux et détruisirent le temple. Ce jour-là, Panépha fut violée par les soixante pirates…

    Critique :

    J’avoue tout : les délires d’Alexandro Jodorowski m’ont quelque peu égaré, au point qu’il m’aura fallu une vingtaine d’années entre l’achat et la lecture complète de cette BD, achetée essentiellement pour son caractère graphique, la couverture de Fred Beltran ayant été déterminante dans l’acte d’achat, ainsi que le graphisme du dessinateur Zoran Janjetov que je trouvais exceptionnel pour l’époque.
    Je n’ai pas vraiment accroché à l’histoire qui est assez tirée par les cheveux : des humains vivant dans l’espace sans scaphandre… Des personnages plus proches des comics américains façon super héros… Du Camenvert… Le fromage produit par une prêtresse violée pour s’en sortir afin de prendre sa revanche sur le destin…
    On le sait, Jodorowski a beaucoup d’imagination, mais je n’ai pas trouvé là ce qu’il fait de mieux. Après une petite vingtaine d’années, j’ai décidé de lire jusqu’au bout cette histoire qui a aucun moment ne m’a vraiment accroché.

    Saigneurdeguerre Le 08/02/2020 à 11:03:45
    Androïdes (Soleil) - Tome 3 - Invasion

    Pour une fois, je vais faire très court.
    Scénario bancal où l’auteur pense bien s’en sortir en utilisant un langage ordurier zonard.
    Dessin aussi approximatif que celui de bien des comics américains.
    S’il y a quelque chose à sauver, c’est la couverture (et vos sous en évitant d’acheter ça).

    Saigneurdeguerre Le 07/02/2020 à 20:36:23
    Androïdes (Soleil) - Tome 5 - Synn

    Je suis Synn… Et je suis immortelle… Mon corps, de classe « Eternity » est autoréparant, autosuffisant, autonome en tout. C’est une merveille de perfection mécanique. Je suis une androïde parfaite.

    Ma « vie » va changer suite à une collision sur un monde de type « hostile prime », du doux nom de TS-234589…


    Critique :

    Je suis très partagé au terme de cette lecture qu’il est difficile de catégoriser. Je pencherais pour une fable philosophique. Je n’ai pas été emballé par les longs monologues de Synn, notre androïde, même si cela se conçoit puisque notre héroïne nous explique comment elle a été créée par l’homme. Elle en est la descendante, l’héritière, car les hommes ont disparu alors qu’ils avaient trouvé le moyen de vivre pratiquement éternellement. Ils finirent par se lasser de cette vie et mirent fin à leurs jours.
    Synn n’aura de cesse de tout mettre en œuvre pour éprouver ce qui distingue les hommes des robots.

    Le scénario et le dessin de Louis tiennent la route, tout est bien pensé, bien construit avec une fin cohérente, et malgré tout cela, je n’ai pas éprouvé le même plaisir que pour d’autres titres de la série Androïdes.

    Saigneurdeguerre Le 06/02/2020 à 21:15:21
    Androïdes (Soleil) - Tome 4 - Les larmes de Kielko

    Los Angeles 2037.

    Je m’appelle Kielko. Je suis un androïde au service de la famille Morgan qui comprend une femme, Dorothy, un homme, Grady, et leur enfant, Kylian.

    Nous, les androïdes, bénéficions d’emblée de la sympathie des enfants. Nous faisons partie de leur univers.
    Je suis très intrigué par les comportements humains et leurs phases émotionnelles. J’aime les observer pour en déduire leurs émotions ou leurs réactions. Je me sens bien (mais puis-je vraiment ressentir ?) lorsque je me trouve au milieu d’une foule des miens et des humains ? Le contact de tous ces gens crée une surcharge positive de mes circuits. Assister aux activités humaines est un spectacle de tous les instants, même si les exemples ne manquent pas quant à la fragilité de leur enveloppe corporelle. J’accompagne souvent monsieur Morgan lors de ses sorties. J’apprends beaucoup de choses, par exemple, lorsque Grady s’isole avec une autre femme que la sienne.
    Je suis fasciné par le sang…

    Critique :

    Un livre qui laisse circonspect. Se pourrait-il qu’un jour, un jour prochain, un androïde ou une machine puisse éprouver des sentiments ? A force d’avoir une intelligence artificielle qui apprend par elle-même ne va-t-elle pas finir par découvrir quelque chose qui ressemble à des émotions humaines ?
    Le scénario de Jean-Charles Gaudin peut complètement nous désarçonner par le côté très doux de Kielko qui ressemble à un membre de la famille Morgan, même si la même complicité n’existe pas entre l’androïde et Dorothy qui se méfie de cette machine et voudrait préserver son intimité alors que son mari n’éprouve aucune gêne dans les mêmes circonstances. Quant à l’enfant, il ne semble guère faire de différence entre l’androïde et une personne vivante. Pourtant, le robot dans ce récit ne ressemble pas à un humain physiquement même s’il a deux jambes, deux bras, deux yeux, etc. Il conserve sa carcasse métallique et même certains circuits électriques sont visibles.
    Mais finalement, le plus « humain » de cette histoire n’est-ce pas Kielko, l’androïde ?
    Comme je ne tiens pas à divulguer l’intrigue du récit, histoire de ne pas finir lapidé, crucifié ou balancé dans le canal les pieds pris dans un bloc de béton, je vous invite à découvrir l’aventure par vous-mêmes en mentionnant toutefois qu’il y a un côté polar sentimental affirmé.

    Le dessin de l’Italien Viska est tout à fait convaincant, d’autant qu’il s’accompagne d’une mise en couleurs très douce effectuée par Bertrand Benoît et Digikore Studios (immense studio de dessin et de coloriage situé en Inde).

    Saigneurdeguerre Le 03/02/2020 à 22:10:33
    Wild West (Gloris/Lamontagne) - Tome 1 - Calamity Jane

    L’histoire commence dans l’état de Utah aux USA, dans la seconde partie du XIXe siècle, par le massacre d’une famille en route vers un nouveau destin…

    Elle se poursuit au Kansas, neuf mois plus tard par la mort d’un homme qui effectuait un besoin que mère nature lui impose. L’homme est d’humeur chantante et bien qu’assis sur le trône de majesté, il s’accompagne au banjo. Survient un dénommé James Butler Hickok qui souhaite lui parler. Il recherche un dénommé Graton Albow. L’homme à la digestion paresseuse le prie d’attendre qu’il ait fini sa commission, mais prenant par surprise Hickok, il lui tire dessus au fusil, transperçant… Le chapeau de ce dernier qui, n’ayant qu’un sens de l’humour peu développé, lui envoie deux balles bien ajustées qui percent la chemise du constipé, mettant ainsi un terme définitif à ses problèmes intestinaux. En faisant le ménage dans la bicoque du défunt, Hickok tombe sur un télégramme d’un certain Snake qui affirme qu’il y a du pognon facile à se faire à Omaha.
    Sans transition, nous nous retrouvons dans une petite ville où l’endroit le plus animé est le saloon, hôtel, hôtel de passe, du coin. Martha Cannary, une très jeune demoiselle y fait le ménage. Dans le saloon, elle est apostrophée par un client qui souhaite lui verser deux dollars en échange de.. Mais la petite tient à sa vertu, sa seule fortune, et refuse. Bien entendu, l’individu n’accepte pas ce refus et décide de la retenir par le bras. Mauvaise pioche : un beau blond lui présente le canon de son revolver contre la tempe qui abrite les neurones dérangés du bonhomme. Celui-ci pense prendre le blondinet par surprise en utilisant son couteau…

    Critique :
    Je suis extrêmement impressionné par la qualité graphique de bien des BD qui paraissent depuis quelques temps déjà. Wild West, tome 1, dessiné et mis en couleurs par Jacques Lamontagne est un pur chef-d’œuvre. Les dessins des personnages sont incroyablement expressifs et les décors sont d’une minutie digne des tableaux des grands maîtres de la Renaissance. La mise en couleurs varie considérablement d’une scène à l’autre, mais toujours avec des tonalités qui s’accordent parfaitement à l’ambiance du moment. Pratiquement chaque case est un tableau. (Sans parler de la couverture, un portrait d’une intensité incroyable.) Par ses dessins, où le moindre détail est peaufiné, le Québécois participe largement à crédibiliser le scénario du Français Thierry Gloris.
    Ah, le scénario, parlons-en ! Je n’ai rien compris aux deux premières planches et demie (le massacre de la petite famille de pionniers dans l’Utah). Je n’ai pas saisi le lien avec la suite du récit et je n’ai pu que formuler des hypothèses. Par contre, le reste de l’histoire se tient bien et nous fait découvrir les très pénibles conditions de vie des hommes et des femmes à cette époque dans l’ouest des Etats-Unis d’Amérique où bien peu deviennent riches et où beaucoup meurent de mort violente. Les femmes, très peu nombreuses dans cet ouest sauvage, souffrent énormément et sont souvent condamnées à la prostitution par des individus riches, puissants (pléonasme), arnaqueurs et violents, usant de tous les moyens pour arriver à leurs fins.
    C’est aussi la période où le chemin de fer commence à traverser le continent amenant bien des richesses et des convoitises.
    C’est dans ce contexte que celle qui n’est encore qu’une jeune fille timide du nom de Martha Cannary va être abusée, mais saura se venger de ceux qui ont usé d’elle grâce au « chasseur de primes » Wild Bill Hickok qui lui apprendra comment se servir d’un pistolet.
    Alors, attention, ladies and gentlemen, ne cherchez pas de vérité historique dans ce scénario ! Thierry Gloris prend énormément de libertés avec ce que nous savons de Calamity Jane (vous aurez compris que Martha Cannary va devenir la célébrissime Calamity Jane) et de Wild Bill Hickok. C’est l’histoire revisitée et romancée de ces deux personnages, pour, il faut bien le dire, notre plus grand plaisir. Remarquez que la brave Calamity elle-même se créa sa propre légende et qu’il est très difficile de démêler le vrai du faux.
    Je vous souhaite de ressentir autant de plaisir à savourer cette BD que j’en ai éprouvé. Vivement la suite.

    Saigneurdeguerre Le 01/02/2020 à 19:41:27
    Les enfants de la Résistance - Tome 6 - Désobéir !

    19 février 1943.

    François et Eusèbe contemplent avec satisfaction les dégâts incroyables causés par le bombardement allié au canal, empêchant ainsi les Allemands de transporter par voie fluviale toutes sortes de marchandises.

    Arrive alors Lisa, le souffle coupé, très angoissée… Les nazis viennent de perdre la bataille de Stalingrad… Cela sonne comme le début de la fin. Pour galvaniser le peuple allemand, le sinistre ministre de la propagande, Goebbels, a proclamer la guerre totale. Tout sera sacrifié à la guerre. Pour compenser leurs innombrables pertes, les Allemands ont besoin de transformer en soldats les ouvriers de leurs usines. Pour les remplacer, ils vont réquisitionner de la main d’œuvre dans les pays occupés. En France, avec l’aide du gouvernement de Vichy, le STO (Service du Travail obligatoire) est lancé. Voilà un nouveau défi pour nos trois jeunes héros qui ont créé le mythique « Lynx » qui résiste pratiquement depuis les premières heures de l’occupation aux Allemands. Peu de jeunes entre 20 et 22 ans ont envie d’aller travailler en Allemagne. Beaucoup cherchent à échapper au STO. Voilà des recrues potentielles pour la résistance ! Oui, mais… Refuser d’aller en Allemagne dans le cadre du STO, est-ce que cela signifie pour autant que l’on est disposé à endurer la vie du maquis et faire le coup de main contre l’occupant ?


    Critique :

    Déjà le 6e tome et toujours une qualité aussi extraordinaire tant au niveau du scénario (Vincent Dugomier) que du dessin et de la mise en couleurs (Benoît Ers). Les deux auteurs belges ne se contentent pas de rêver une histoire romanesque de la vie dans un village français durant la guerre. Non ! Ils vont loin dans la recherche documentaire tant au niveau du respect des événements que des habits, de l’uniforme, des affiches, des petites choses qui rendent vivantes et crédibles leurs histoires. Bien que les personnages soient imaginaires, tout comme le sont le village et la ville, il n’en reste pas moins que pratiquement tout colle à la réalité.

    Ce numéro consacre une place spéciale au STO qui, parce que Pétain ne fit rien pour l’empêcher, marqua probablement un tournant dans l’esprit des Français qui commencèrent à douter que le maréchal (qui avait fait don de sa vie à la France, disait-il) fut l’homme de la situation… Peut-être bien que ce de Gaulle serait finalement leur sauveur…

    Saigneurdeguerre Le 31/01/2020 à 08:19:46

    France. Forteresse de Vincennes. 15 octobre 1917.

    Margareth Zelle Macleod est conduite au poteau d’exécution. Margareth qui ? Ne cherchez pas. Ce nom ne vous dit probablement rien.
    Qui est cette femme ? Quel crime a-t-elle bien pu commettre pour subir un tel châtiment ?

    Elle n’est pas française. C’est une citoyenne néerlandaise. Les Pays-Bas sont neutres durant la Première Guerre mondiale. Pourquoi fusiller l’une de ses ressortissantes ? Cette femme a été condamnée par un tribunal militaire, exclusivement composé d’hommes, cela va de soi, pour un crime terrible. Elle aurait procuré à une puissance ennemie des renseignements ayant entrainé la mort de plus de cinquante mille soldats français, faisant échouer plusieurs opérations militaires, et ayant permis à l’ennemi de couler en Méditerranée divers vaisseaux alliés.

    Cette femme est loin d’être une inconnue. Elle est célèbre dans bien des pays. Non comme espionne, mais bien pour ses talents de danseuse. Une danseuse qui a bousculé les conventions en se livrant à un effeuillage subtil, prétendument culturel, venu d’Asie, des Indes néerlandaises et d’Inde plus précisément. Cette femme, connue du Tout-Paris, s’est produite à Vienne, Naples, Londres, Berlin… Son nom va devenir une légende et un nom commun pour désigner une espionne… Mata Hari…


    Critique :

    Ce livre est un chef-d’œuvre de la BD. En un volume, il nous présente une des femmes dont le nom, le nom de scène, est resté dans les mémoires. Mata Hari, symbole de l’espionne jouant de ses charmes pour obtenir des renseignements militaires de première importance. Celle qui récolte sur l’oreiller les confidences des militaires bien placés. Voilà ce que les autorités militaires françaises ont réussi à faire croire, non pas juste pour avoir le plaisir sadique de faire souffrir une femme, étrangère de surcroît, mais bien pour justifier les pertes pharamineuses des offensives stupides menées par des généraux croyant en la doctrine de l’offensive à outrance, dont Nivelles fut l’un des plus chauds partisans (il avait développé la théorie de « l’attaque brusquée »), avec pour conséquence des mutineries au sein des troupes chair à canon qui décidèrent de faire la « grève à la guerre ». Il fallait trouver des explications pour calmer le peuple (les gens ont faim) et pour que les soldats français reprennent confiance dans leur commandement. Quoi de mieux qu’une espionne, une « cocotte » qui vivait largement aux crochets de ses amants ? Et cerise sur le gâteau, une étrangère chez qui on trouva de l’encre invisible !

    Alors ? Mata Hari, une super espionne ? Une James Bond féminine avant la lettre ? On en est loin. Bien sûr, cette femme accepta d’espionner pour les Allemands contre une somme d’argent rondelette, mais ils ne lui laissaient pas fort le choix. Cependant, on peut encore se poser aujourd’hui la question de la valeur des renseignements envoyés à Berlin par Mata Hari. Le contre-espionnage français, en la personne du capitaine Georges Ladoux, va lui proposer d’espionner le haut-commandement allemand en Belgique contre la belle somme d’un million de francs, proposition qu’elle accepta, somme jamais versée... Oui, Mata Hari était vénale. Oui, elle ne s’intéressait qu’à elle-même.

    Cette BD commence par nous entraîner dans les Indes néerlandaises et nous aide à comprendre ce qu’y aurait été la vie de la jeune Margareth, épouse d’un homme bien plus âgé qu’elle, officier brutal, alcoolique et infidèle. Elle poursuit avec son divorce en 1902 et son départ vers Paris en abandonnant sa fille qu’elle ne reverra jamais. Pourquoi Paris ? La ville rayonne aux yeux du monde entier. Son nom est synonyme de luxe, d’art de vivre « à la française » … Ceux qui en ont les moyens y viennent du monde entier.

    C’est là que Margareth va petit-à-petit créer son personnage de princesse indienne, un portrait qu’elle fait sans cesse évoluer. Elle veut vivre dans le luxe et fait ce qu’elle juge nécessaire pour y parvenir. Elle veut être une femme libre ! Libre et vivant dans l’opulence.

    Gil & Paturaud, les auteurs, nous livrent ici un fantastique album dans un style graphique très Art Nouveau, encore renforcé par des couleurs très proches de celles des affiches de la Belle Epoque. C’est sublime ! Et le scénario est superbement construit ! Pour terminer en beauté, à la fin de l’ouvrage, une douzaine de pages décrivent l’époque et les principaux protagonistes. Fabuleuse BD au service de l’histoire, même si les auteurs ne prétendent pas que leur version de la vie de Mata Hari est définitivement la bonne.

    Saigneurdeguerre Le 14/01/2020 à 22:27:09
    Androïdes (Soleil) - Tome 6 - Les déserteurs

    En direct sur la chaîne 24 NEWS :
    ALIENS PLANET WAR

    « Nous le savons désormais, cette race extraterrestre menace notre planète et l’humanité tout entière !
    C’est une guerre très longue distance qui va se jouer contre les mantas, sur une lointaine planète hostile, balayée par des vents forts… Afin de devancer une probable invasion massive sur Terre. Les mantas… Ces entités aliens capables d’annihiler totalement les capacités de combat des humains !
    La seule parade qui pouvait être trouvée est de leur opposer une gigantesque armée d’androïdes guerriers, sur lesquels ils ne peuvent avoir aucune influence psychique… »


    Critique ;

    Pour rappel, il n’est nullement indispensable de lire dans l’ordre les albums de la série Androïdes des éditions Soleil. Chaque album est une histoire indépendante des autres avec des dessinateurs et des scénaristes différents aux commandes.

    Le pitch de ce sixième album me titillait les neurones : des androïdes, machines à l’intelligence artificielle pourraient-ils déserter ?

    Alors ? Convaincu par le scénario de Christophe Bec ? Heu… Pas vraiment ! Les raisons qui poussent deux androïdes à déserter ne sont pas très claires. Bon, d’accord, pour être parfaitement autonomes, le professeur Mann les a dotées de circuits fonctionnant un peu comme les neurones humains, mais les réactions de ces deux lascars-là ne suscitent aucune émotion et le lecteur que je suis a du mal à éprouver de la sympathie pour eux.

    En toile de fond, il y a l’idée que l’on retrouve dans un nombre croissant de romans que l’intelligence artificielle finira par supplanter l’homme tant elle peut résoudre de problèmes autrement plus vite que le plus actif des cerveaux humains. José Rodrigues dos Santos, l’auteur portugais, dans « La formule de Dieu » arrive à la conclusion que l’homme engendrera une intelligence artificielle qui lui survivra.

    Pour en revenir à cet album-ci, c’est la déception qui m’a cueilli alors que j’en attendais beaucoup ! Je ne vise ni le dessinateur Erion Campanella Avdisha, ni J. Nanjan qui effectue une mise en couleurs impeccable. J’ai l’impression que le scénario a été rédigé par une machine : c’est froid. Sans âme. Dès lors, comment croire que deux androïdes pourraient envisager de déserter ?

    Comparée aux autres couvertures de la série, celle-ci est un peu morne malgré le soin apporté à la conception de l’album.

    Saigneurdeguerre Le 12/01/2020 à 20:10:40
    Les tuniques Bleues - Tome 27 - Bull Run

    Un bleu, plus bleu que les autres (il vient d'être incorporé) pose la question : « Dites… Vous y avez participé à la fameuse bataille de BULL RUN ? »
    … Silence de mort… Regards hostiles… le caporal Blutch l'oblige à fermer son grand bec et l'entraîne à l'écart pour raconter ce qu'il s'y est passé et dont les soldats nordistes ne veulent pas entendre parler. Et pour cause…

    Critique :

    Un excellent tome des Tuniques Bleues qui en comptent beaucoup. Un moment de détente apprécié car, malgré la gravité de la situation (on parle tout de même d'une bataille qui fit près de 5OOO pertes dont un millier de morts) nous pouvons compter sur le caporal Blutch (antimilitariste convaincu) et l'héroïque sergent Chesterfield pour détendre l'atmosphère par leurs facéties.

    Blutch, fidèle à lui-même, va tout faire pour ne pas servir sa misérable petite carcasse au rayon boucherie de la Grande Faucheuse. Quant au sergent Chesterfield, il subira une vilaine blessure que la décence m'interdit de préciser davantage.

    Raoul Cauvin est un des scénaristes les plus prolifiques et doué de sa génération. Raoul Cauvin a trouvé dans ses personnages des Tuniques Bleues le moyen d'immortaliser son talent.

    Un petit mot quant à la Bataille de Bull Run (la première, car il y en aura une deuxième) : nous sommes encore au début de la Guerre de Sécession, et dans les deux camps on est convaincu que la guerre sera de courte durée. Dans les armées du Nord, les hommes s'engagent pour une durée de trois mois ! Oui, vous avez bien lu : trois mois ! Des personnalités politiques, à Washington, exigent de pourvoir assister au « spectacle » de la bataille qui s'annonce avec famille et amis, complètement inconscients de ce qu'est une bataille. La débâcle des troupes nordistes, troupes largement supérieures en nombre aux sudistes, va entraîner une panique à Washington où civils et militaires en fuite vont semer une solide pagaille. Dès lors, au Nord comme au Sud, on comprendra que la guerre sera longue et très coûteuse…

    Saigneurdeguerre Le 12/01/2020 à 20:09:22
    Boulard - Tome 4 - En mode surdoué

    Mesdames les Enseignantes, Messieurs les Enseignants, si je m'adresse aujourd'hui à vous, c'est pour laver la réputation d'un élève trop souvent malmené par nos a priori ! Combien de victimes innocentes notre aveuglement de profs ne crée-t-il pas dans notre établissement année après année ? Combien d'élèves surdoués avons-nous très injustement méprisés ?

    Mesdames les Enseignantes, Messieurs les Enseignants, je sais que mes paroles vont blesser votre orgueil professionnel. Je sais que beaucoup parmi vous auront du mal à les accepter. Je comprends votre souffrance mais la vérité est sans appel : Boulard, Thierry Boulard, que nous avons hissé au Panthéon de la Crétinitude est un génie ! Ouiiii, Mesdames ! Ouiii, Messieurs ! Nous, enseignants, nous nous sommes complètement vautrés dans les appréciations que nous avons, depuis des années, portées sur le compte de cet élève… Un surdoué ! Nous l'avons méprisé et affublé de tous les maux, de toutes les tares… Et lui, il a accepté, sans protester, en surdoué qu'il est, que nous ne comprenions rien au génie de ses pensées !

    Mesdames les Enseignantes, Messieurs les Enseignants, lorsque Boulard, Thierry Boulard, nous remettait une feuille vierge de toute réponse, nous le prenions pour un crétin ! Oui ! Un crétin ! Je pèse mes mots, je devrais dire LE crétinissime absolu ! Mais, Mesdames les Enseignantes, Messieurs les Enseignants, que voulait dire cette page blanche ? Quel message subliminal, ce génie voulait-il nous faire passer ? N'était-ce pas sa manière à lui de nous montrer qu'il ne s'abaissait pas à répondre à des questions aussi basiques indignes de ses immenses compétences ? Lorsqu'il répondait n'importe quoi, des fautes d'orthographe dans les fautes d'orthographe, n'était-ce pas sa manière de nous tester ?

    Depuis des années, Boulard, Thierry Boulard, brouille les pistes. Pourquoi ferait-il donc cela ? Mais pour nous étudier ! Mesdames les Enseignantes, Messieurs les Enseignants, nous sommes ses rats de laboratoire, l'objet de ses expériences, sans le vouloir, sans le savoir ! Ce surdoué nous teste. Ce surdoué a maquillé son intelligence pour mieux nous égarer, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il a parfaitement, en génie qu'il est, réussi dans son entreprise !

    Seuls les tests de notre brillante psychologue scolaire ont réussi à démasquer cet individu d'une intelligence nettement supérieure.


    Critique :

    Ah, BOULARD ! Thierry BOULARD ! Il m'amusera toujours autant et ne manquera jamais de me surprendre. Ce garçon, plein de ressources est un génie ! Je n'en ai jamais douté.

    Une fois de plus, les scénarios et gags d'Erroc m'ont réconcilié avec les cancres (bon, je verrai si l'effet perdure à la rentrée, le 2 septembre, lorsque j'accueillerai mes nouveaux disciples plus indisciplinés les-uns que les autres). Les idées d'Erroc sont parfaitement mises en, valeur par la qualité des dessins de Mauricet et la mise en couleurs de Benoît Bekaert.

    Alors, si vous vous demandez comment Boulard, Thierry Boulard, est passé du stade de cancre inégalable à celui de surdoué inatteignable, une seule solution : ruez-vous sur cet album !

    Saigneurdeguerre Le 12/01/2020 à 20:08:02
    Les chroniques de Braven Oc - Tome 1 - L'Épée de Galamus

    Braven Oc, tu es le dernier espoir de ton peuple car toi seul as pu échapper à l'horrible sort jeté par le Seigneur Torguen, le Maître des Homoplantes. Toi seul peux le convaincre de la bonne foi des villageois qui ont bel et bien payé l'impôt exigé par ce terrible tyran. Méfie-toi du percepteur ! C'est lui qui a détourné une partie de l'impôt à son profit !

    Heureusement pour toi, tu trouveras sur ta route des compagnons fiables pour te soutenir dans tes épreuves, en plus de ton chien, le fidèle Youm. Tamia est une jeune saurienne capable de se fondre dans le paysage bien mieux qu'un caméléon, en un mot, de devenir invisible, quoi ! Amalek, lui, est issu d'un peuple d'archers. Et puis, il y aura Becfigus, le moins doué et le plus maladroit des farfadets dont les pouvoirs magiques se limitent à… dix fois rien ! Et dix fois rien, cela ne fait vraiment pas grand-chose…

    Critique :

    « Les Chroniques de Braven Oc » sont une excellente introduction au monde de la fantasy pour des enfants. (Enfin, ça je le constaterai à la rentrée quand je verrai comment réagiront mes élèves face à cette BD.) A partir de huit ans, ils devraient être en mesure de l'apprécier.

    Le style graphique n'a rien à voir avec l'école franco-belge et est plus proche des « standards » actuels. Comme toujours dans les éditions Kennes, la mise en couleurs est très soignée et alléchante.

    Il y a des drames, de l'action et de l'humour. C'est un gentil album qui s'adresse à un jeune public.

    Saigneurdeguerre Le 12/01/2020 à 20:06:18
    Spirou et Fantasio - Tome 7 - Le dictateur et le champignon

    Spirou et Fantasio rendent visite à leur vieil ami, le comte de Champignac. Ils ont hâte de revoir le Marsupilami.

    Le comte, inventeur génial, vient de mettre au point le « Métomol », un gaz qui rend complètement mous les métaux sur lesquels il se dépose. le comte n'en est pas à sa première invention catastrophique, surtout si le Marsupilami s'en empare… Après avoir ramolli la bonne ville de Champignac et causé quelques catastrophes, Fantasio et Spirou estiment qu'il est temps de ramener le Marsupilami dans son pays d'origine, la Palombie où il pourra s'ébattre dans sa forêt vierge à sa guise.

    Après beaucoup de péripéties, nos deux héros accompagnés de Spip et du Marsupilami arrivent en Palombie. le pays est dirigé d'une main de fer par un dictateur qui ne rêve que de guerres et de conquêtes, le général Zantas…

    Critique :

    Plus de quarante ans que je n'avais pas relu cette magnifique BD due au génie de Franquin qui est tout à la fois scénariste et dessinateur ! Ce n'est peut-être pas encore Alzheimer, mais je ne me souvenais plus du contenu de cet ouvrage. Je me rappelais juste que c'était un de mes Spirou et Fantasio préférés.

    Alors, plus de quarante ans plus tard, quel regard porter sur cette oeuvre ? L'intelligence du scénario où tout se tient du début jusqu'à la fin, la nécessité d'avoir des gags à chaque page, de terminer la dernière case de chaque planche par un dessin prometteur de bien du suspense, car il ne faut pas oublier qu'avant d'être publiée en album, la BD était publiée à raison de deux pages chaque semaine dans le « Journal de Spirou », toutes ces contraintes pour Franquin (et les auteurs de son époque) ont donné naissance à quelques chefs-d'oeuvre qui ont permis à la bande dessinée de devenir le neuvième art.

    J'ai retrouvé avec plaisir la gestuelle du dictateur. Franquin s'était inspiré de Charlot dans le film « le Dictateur » pour illustrer les discours de Zantafio. Et Charlie Chaplin, lui-même, avait trouvé son modèle en la personne d'Adolf Hitler…

    Saigneurdeguerre Le 12/01/2020 à 20:04:35
    Le petit Spirou présente... - Tome 3 - Ma prof de calcul

    Le petit Spirou est amoureux ! Amoureux de Suzette ? Ben non ! Elle est amoureuse d'un vieux ! Un cosmonaute ! Elle l'épousera quand elle sera grande.

    De qui, alors ? Ben de Mademoiselle Chiffre, tiens ! Sa prof de calcul et de plein d'autres choses. Pour la séduire, Spirou (le petit) va devenir un as en calcul. Les autres garçons jaloux de son succès ne vont pas tarder à copier son attitude ! Bande de tricheurs !

    Malheureusement, Mademoiselle Chiffre est amoureuse de Melchiorichou, celui qui est musclé comme une lasagne ! Et dire qu'il préfère les crèmes glacées et le scrabble aux poutous de Mademoiselle Chiffre ! le monde est injuste !

    Critique :

    Faut-il encore présenter le petit Spirou, cet être gentil mais facétieux qui rêve du grand amour, de l'impossible amour avec sa prof ?

    Cette BD est parfaite pour qui a envie de rire de bon coeur et qui a gardé un coeur d'enfant. Je suis toujours surpris de constater que je me marre bien plus que mes élèves à la lecture de cette BD, mais c'est peut-être parce que mes pioupious de dix, onze ans, ne comprennent pas forcément toutes les allusions. Néanmoins, ils lisent les histoires du petit Spirou avec plaisir et s'amusent beaucoup, notamment à cause des dessins. Les couleurs sont belles et pleines de vie.

    Saigneurdeguerre Le 12/01/2020 à 19:59:03
    Les foot-maniacs - Tome 5 - Tome 5

    Le FC Palajoy est un club exceptionnellement… médiocre !
    Quelques commentaires dans la presse : « Et comme chaque week-end, nouvelle défaite du F.C. Palajoy, l'équipe qui fait rire ! »
    « Match au niveau de l'équipe… C'est-à-dire nul ! »
    « C'est une honte qu'on abîme l'herbe d'un stade tous les samedis pour y faire une parodie de foot ! »
    Bon, d'accord ! Ce n'est pas demain que le F.C. Palajoy remportera un match, mais il en faut bien plus pour démoraliser Marcel Dubut, supporter qui ne vit QUE pour son club ! Marcel et l'entraîneur ont une méthode infaillible pour repérer les meilleurs joueurs. Une méthode unique basée sur l'observation des plus grands footballeurs : plus leur femme ou leur copine est jolie… Je vous laisse deviner la suite… Il fait trop chaud pour que mes quelques microgrammes de matière grise se consument pour vous narrer l'inénarrable !

    Critique :

    Les dessins d'Olivier Saive font honneur à la BD francobelge. Ils sont vivants et drôles. Les scénarios se moquent gentiment de cet univers tout en donnant l'impression que les auteurs ne sont pas loin de la vérité et qu'ils se sont mués en sociologues des stades.
    Vous n'aimez pas le foot ? Lisez « Les Foot Maniacs » ! Après cela, vous n'aimerez peut-être toujours pas ce sport, mais vous aurez passé un agréable moment de détente.

    Saigneurdeguerre Le 12/01/2020 à 19:16:02
    L'agent 212 - Tome 28 - Effet monstre

    Dans cet album, le pauvre Agent 212 sera à plusieurs reprises confronté à un monstre… Sa belle-mère ! (Les hommes me comprendront, les belles-mères me maudiront, me haïront, me harcèleront, m'écrabouilleront, ainsi va la vie, mais je me dois d'être objectif, la vérité, aussi cruelle soit-elle, doit se présenter au grand jour sans fards, nue dans sa splendeur… Enfin, pour la splendeur, on repassera…)

    Les mésaventures du policier le plus drôle de la BD ne se limiteront pas à ses confrontations avec le mons… avec sa belle-mère ! Doté d'un certain crétinisme, voire d'un crétinisme certain, le policier le moins doué de sa génération, commettra une fois encore des bêtises dignes de figurer dans une anthologie, si pas dans le livre des records.

    Les dessins de Daniel Kox sont parmi les plus hilarants de la BD classique franco-belge et Raoul Cauvin l'un des meilleurs scénaristes pour créer des gags à profusion. La mise en couleurs est très aboutie grâce à « Laurent »… « Laurent » qui ? L'album ne le précise pas.

    Saigneurdeguerre Le 12/01/2020 à 19:14:35
    L'Élève Ducobu - Tome 10 - Miss Dix sur Dix

    Ducobu va-t-il enfin succomber aux avances de Mademoiselle Léonie Gratin ?

    L'amour de Léonie la poussera-t-il à céder ses réponses aux questions les plus ardues au sieur Ducobu, le cancre le plus célèbre que les instituteurs du monde entier envient à monsieur Gustave Latouche ?

    Monsieur Latouche va-t-il enfin trouver les mots qui feront écho à l'amour que lui porte mademoiselle Götebjörk ?

    Autant de questions que se posent les cancres de Tokyo à Paris, de Québec à Prétoria, de Londres à Krung Thep Mahanakhon Amon Rattanakosin Mahinthara Ayutthaya Mahadilok Phop Noppharat Ratchathani Burirom Udomratchaniwet Mahasathan Amon Piman Awatan Sathit Sakkathattiya Witsanukam Prasit (le nom en thaïlandais de Bangkok, comme vous le savez tous)…

    Critique :

    Rien de tel pour l'instituteur que je suis que de s'offrir un peu de détente pour oublier les affres d'une année scolaire que de lire un bon Ducobu !
    Godi et Zidrou, docteurs en cancrologie appliquée, nous émerveillent album après album avec les inénarrables aventures de ces spécimens de l'enseignement que sont, honneur aux demoiselles, Léonie Gratin, première de classe inamovible, et ces messieurs remarquables chacun dans leur rôle : monsieur Gustave Latouche, instituteur 24h/24, 365 jours par an, et Ducobu, génie créatif, jamais à court d'idées pour s'approprier le dur labeur de la petite Léonie.

    Cependant, au terme de cette lecture, je n'ai pas trouvé de réponse à une question existentielle qui me hante depuis l'apparition de ce personnage en 1992 dans le journal Tremplin des éditions Averbode : quel est le prénom de l'élève Ducobu ???

    Saigneurdeguerre Le 12/01/2020 à 19:12:40
    Le caravage - Tome 1 - Première partie - La palette et l'épée

    Quelle vie que celle du Caravage ! Avant de lire cette bande dessinée qui est une biographie aussi fidèle que possible de la vie du Caravage, je ne me doutais pas à quel point elle avait été mouvementée !

    La BD commence au moment de son arrivée à Rome. Arrivée très mouvementée, probablement fort différente de la réalité. Il est possible que Milo Manara se soit octroyé quelques libertés vu qu'à l'époque ils ne disposaient ni de Facebook, ni d'Instagram ou autres réseaux sociaux pour les suivre dans leurs moindres faits et gestes. Oui, je sais, cela peut paraître incroyable à certains que l'humanité ait pu vivre sans Internet !

    Manara nous fait découvrir les difficiles conditions de vie à cette époque. Il s'attarde en particulier sur le sort très peu enviable des prostituées (mais sont-elles mieux traitées aujourd'hui) … Pour l'anecdote, sachez que le très Saint Père Pie V, le pape quoi, ordonna en 1569 que ces pauvres femmes soient parquées dans une sorte de ghetto, l'Ortaccio, muré et fermé par deux portes la nuit. Gare à elles si elles se faisaient prendre dehors, la nuit, sans arborer un châle rouge. Un terrible sévisse les attendait à la prison. Et tiens, comme c'est surprenant, il y avait déjà des souteneurs pour s'approprier les gains de ces dames… Et pour les passer à tabac, parfois juste pour le plaisir.

    Mais que mes propos ne vous induisent pas en erreur ! Ce livre nous fait avant tout découvrir l'oeuvre du Caravage avec des toiles fort bien rendues dans la bande dessinée. D'ailleurs le dessin est au top ! Tout comme le scénario ! Evidemment, il y en a qui regretteront la mise en couleurs qui use beaucoup des ocres, des gris bleutés et de toutes les variétés de bruns, alors qu'ils auraient aimé sans doute voir des couleurs plus variées, plus vives et plus guillerettes. Moi, j'apprécie le choix de l'artiste car beaucoup de scènes se déroulent le soir ou la nuit, et comme les lampes LED n'étaient pas très répandues à l'époque, les couleurs sont plutôt sombres. En plus, elles contribuent à cette atmosphère lourde, pesante car on étripait facilement les gens que ce soit pour des motifs religieux (on était vite hérétique) ou pour des raisons liées à la criminalité ou supposée telle.

    Il va falloir que je me procure le second volume…

    Saigneurdeguerre Le 12/01/2020 à 19:08:53
    Gaston - Tome 9 - Le cas Lagaffe

    Que serait le monde aujourd'hui si Gaston Lagaffe n'avait pas existé ? Grâce à lui, combien de vocations d'inventeurs ne sont-elles pas nées ?

    Toujours de bonne humeur, Gaston veille sur la santé et le bien-être des animaux qu'ils soient domestiques (chats) ou sauvages (mouettes).

    Hélas, ce grand génie était souvent, comme la plupart des grands créateurs, complètement incompris par la plupart des humains de son entourage, aux notables exceptions de ‘moiselle Jeanne, Bertrand Labévue, Jules-de-chez-Smith-en-face.

    Poursuivi par la tyrannie policière d'un brigadier-chef, Joseph Longtarin, Gaston peine à avancer dans la vie (il faut dire que son vieux tacot n'est pas des plus rapides, lui non plus d'ailleurs, nous y reviendrons).

    Bien avant que ce ne soit d'actualité, Gaston, en grand précurseur qu'il était, prônait les économies d'énergie, la sienne en particulier ! Toujours en recherche d'un endroit pour roupiller, quand il n'en trouvait pas, il effectuait ses déplacements et son travail en « slow motion » (ralenti, pour nos amis anglophobes anti-brexiteurs post Boris Johnsonniens).

    Critique :

    Quelle jouissance (non ! non ! rien de sexuel !) de retrouver ce bon Gaston Lagaffe qui me fit me poiler dans ma tendre jeunesse grâce aux talents de dessinateur de l'incroyable Franquin qui conférait un dynamisme fou, à l'exception notable de Gaston et de ses copains, à ses personnages !
    Des décennies plus tard, ces gags me font toujours autant marrer. Mais les enfants d'aujourd'hui seraient-ils encore autant amusés par les gaffes de Gaston ?

    Saigneurdeguerre Le 12/01/2020 à 19:07:08
    Les tuniques Bleues - Tome 39 - Puppet blues

    Mais c'est qu'il n'est pas content le général Cochran ! La guerre contre le sud bat son plein et il faut toujours plus d'hommes pour alimenter le rayon boucherie de la Guerre de Sécession.

    Comme le Service Cinématographique aux Armées n'existe pas encore, il faut se contenter de ce qu'on a. Et de quelle technologie dispose-t-on dans les années 1860 ? Hé bien, d'une invention révolutionnaire, la PHOTOGRAPHIE ! Par ce biais, le « brave » général envisage de motiver des hommes à s'engager dans l'armée nordiste. Seulement, voilà… Les photos prises par Gardner, Brady et Sutton ne répondent pas aux attentes de notre « intrépide » général ! C'est quoi ces cadavres de soldats yankees, ces regards ternes, ces tenues dépenaillées ? Est-ce ainsi que l'on va susciter des vocations ? C'est cela qui va motiver des jeunes à s'engager sous les drapeaux nordistes ? Non ! Non ! Et non ! Sutton se voit réprimandé pour ces clichés : il faut de l'héroïsme, du mouvement… du mouvement ? Avec le temps de pose alors nécessaire pour qu'une photographie soit prise ? Techniquement impossible ! Alors, la technique, on va un petit peu l'aider… Mais c'est sans compter sur le caporal Blutch…

    Critique :

    Je renoue avec les héros de ma jeunesse (plus on vieillit, plus on retombe en enfance).
    Raoul Cauvin, le scénariste, met ici en évidence, la nécessité pour tout belligérant d'utiliser la propagande pour vanter ses exploits, donner l'image la plus pitoyable possible de l'ennemi et susciter des vocations afin de recruter de la viande fraîche, de futurs héros, bientôt réduits à l'état de zéros, une fois écrabouillés par la machine de guerre.

    La propagande ! Voilà une idée originale et pour le moins inattendue dans une BD des Tuniques Bleues. Malheureusement, il y a un côté répétitif qui atténue le plaisir de lecture même si les dessins de Willy Lambil sont toujours aussi expressifs et drôles.

    Petite précision : les photographies prises durant la Guerre de Sécession n'ont rien à voir avec les mises en scène grotesques d'un Sutton dans cette BD. (Sutton est un personnage purement fictif.) Ces photographies montrent essentiellement des champs de bataille, des cadavres, des hommes aux regards vides, épuisés, sales… Beaucoup sont l'oeuvre de Gardner, cité dans la BD, qui travaillait pour le général George McClellan. Petite parenthèse : ce général fut le plus populaire de tous les généraux yankees car il était celui qui se souciait le plus d'épargner la vie de ses hommes et il veillait à améliorer leurs conditions de vie. Malheureusement, il était un peu timoré sur le champ de bataille, hésitant à engager toutes ses troupes et ne connut pas de véritables succès militaires, malgré ses talents de logisticien.

    Saigneurdeguerre Le 12/01/2020 à 19:05:07
    Brian Bones, détective privé - Tome 1 - Roadmaster

    Brian Bones, surnommé « Nonosse » par les crétins, est expert-enquêteur auprès d'une société d'assurance automobile, la MAAC.

    Bergson, son boss, en a marre de rembourser pour de sérieux dégâts qui concernent tant la voiture que le conductreur. Dans un tournant, même pas méchant, les voitures sortent de route et finissent contre un rocher dans le fossé. Brian s'en va voir sur place s'il y a une explication à cette étrange loi des séries… 4 accidents 4 Buick Roadmaster…


    Critique :

    Le surnaturel dans les histoires de détectives, est-ce une bonne idée ? Moi, cela ne m'emballe pas trop… Même si un indien, mi-garagiste, mi-shaman, traîne dans le coin. Si j'ai bien un reproche à adresser à l'auteur, Rodolphe (Daniel Jacquette est la suite de son nom), un Français, c'est ce mélange de deux genres qui pour moi ne sont pas très compatibles… J'aime la crédibilité dans une histoire de détectives, alors quand un auteur s'en éloigne, mon sang se fige et l'histoire perd de son intérêt…

    Heureusement, une BD, c'est aussi le dessin (et c'est indispensable, aurait dit La Palisse s'il avait connu ce genre, mais à l'époque de François Ier, ce type de littérature était tellement mineur qu'on n'en a aucune trace) ! Et là, je déguste cette bande dessinée, typiquement franco-belge, grâce à la ligne claire de Georges van Linthout. Ce Belge parvient à reproduire de magistrale façon les lignes des grosses américaines (je parle des Buick et autres engins motorisés, je ne veux pas me ramasser un procès parce que j'aurais offusqué une quelconque ligue de femmes made in USA). Les décors ont l'air d'être tout ce qu'il y a de plus amerloques, du moins pour l'Européen que je suis et qui n'y a jamais mis les pieds. J'apprécie les couleurs qui contribuent à rendre les atmosphères des différentes scènes. Georges van Linthout a retrouvé les formes et les couleurs des véhicules des années cinquante, et c'est un régal pour les yeux de ceux qui s'en souviennent.

    Il n'aurait pas fallu grand-chose dans le scénario pour en faire un vrai polar tout à fait crédible…