Cher lecteur de BDGest

Vous utilisez « Adblock » ou un autre logiciel qui bloque les zones publicitaires. Ces emplacements publicitaires sont une source de revenus indispensable à l'activité de notre site.

Depuis la création des site bdgest.com et bedetheque.com, nous nous sommes fait une règle de refuser tous les formats publicitaires dits "intrusifs". Notre conviction est qu'une publicité de qualité et bien intégrée dans le design du site sera beaucoup mieux perçue par nos visiteurs.

Pour continuer à apprécier notre contenu tout en gardant une bonne expérience de lecture, nous vous proposons soit :


  • de validez dans votre logiciel Adblock votre acceptation de la visibilité des publicités sur nos sites.
    Depuis la barre des modules vous pouvez désactiver AdBlock pour les domaine "bdgest.com" et "bedetheque.com".

  • d'acquérir une licence BDGest.
    En plus de vous permettre l'accès au logiciel BDGest Online pour gérer votre collection de bande dessinées, cette licence vous permet de naviguer sur le site sans aucune publicité.


Merci pour votre compréhension et soutien,
L'équipe BDGest
Titre Fenetre
Contenu Fenetre
Connexion
  • Se souvenir de moi
J'ai oublié mon mot de passe
Toute la bande dessinée

Les avis de - Saigneurdeguerre

Visualiser les 307 avis postés dans la bedetheque
    Saigneurdeguerre Le 19/09/2021 à 20:59:17
    La grande Peste - Tome 1 - Tome I / II - Le quatrième Cavalier

    Bienvenue en l’an de grâce 1347… Enfin… Bienvenue… Bienvenue… Pas si sûr que ça…
    Baldus et ses frères Hospitaliers naviguent en Méditerranée. Leur mission ? Expurger le « Mare Nostrum » de la présence des Turcs. Sur leur route, une galère… Une galère byzantine… Une galère qui se laisse facilement aborder… Et pour cause… Ils sont tous morts à bord ! L’air de la mer ne saurait chasser la pestilence qui règne sur le navire. Dans sa cabine, le cadavre du capitaine s’accroche à un coffret, comme si, même mort il voulait interdire à quiconque de s’en emparer… Baldus le saisit… L’Hospitalier l’ouvre. Et…

    Critique :

    J’aurais pu passer un excellent moment de lecture si l’auteur, Cédric Simon, s’en était tenu à des faits historiques et nous avait narré la grande peste de 1348 à travers un chouette récit d’aventures réalistes. Mais voilà, un peu d’ésotérisme et de fantastique, un peu beaucoup même, lui ont paru de circonstance pour rendre son récit plus intéressant. Et c’est là que j’ai décroché et que je me suis ennuyé plus d’une fois. Le découpage de l’histoire finit par perdre le lecteur à cause de cette manie de certains auteurs de vouloir glisser de la magie (ou de la sorcellerie, ou un châtiment divin) dans un récit où les faits historiques suffisent amplement à l’histoire. Je n’achèterai donc pas le deuxième et dernier tome de ce récit finalement plus fantastique qu’historique malgré les qualités indéniables du dessin d’Eric Stalner (qui a aussi participé au scénario). Claudia Palescandolo réalise une belle mise en couleurs.

    Amis sorciers, exorcistes et autres mages, ce livre est fait pour vous. Historiens et autres passionnés d’authenticité passez votre tour !

    Saigneurdeguerre Le 19/09/2021 à 18:04:38

    Studios MGM, Beverly Hills. 1960.
    Andrew est jeune et rêve de travailler dans le monde du cinéma. Il a le rôle ingrat d’un petit assistant. Le réalisateur le charge d’aller chercher la doublure de l’acteur principal pour faire les réglages lumière. Problème : la doublure a la gastro…
    Le jeune assistant a une idée : pourquoi ne pas demander à l’acteur principal de venir lui-même ? Le réalisateur lui offre alors le choix. Soit il ramène la vedette en question pour se prêter à ces réglages, soit il est viré. C’est plein d’inquiétude qu’il va frapper à la porte de la loge de monsieur Buster Keaton.
    Là, il va entreprendre un voyage dans le temps qui va lui faire découvrir celui qui fut le premier Roi d’Hollywood… Fatty ! Fatty qui ? Quoi ? Connais pas…

    Critique :

    Si vous vivez déjà depuis six décennies ou plus, vous vous souvenez certainement de ces films en noir et blanc du cinéma muet avec Charlot, Laurel et Hardy, Buster Keaton… On les diffusait le dimanche à la télévision (qui n’émettait qu’en noir et blanc) et ils étaient souvent programmés dans les cinémas de quartier le dimanche avant LE grand film en couleurs. Je vous parle des années ’60…

    Vous souvenez-vous aussi de Fatty ? Je gage que non ! Ce nom ne vous dit pas grand-chose. Et pour cause… Il va se retrouver mêlé à un des pires scandales auquel le cinéma américain ait été confronté. Roscoe, c’est ainsi que ses amis l’appelaient, avait un talent fou, selon les critères de l’époque, et était connu et admiré dans toute l’Amérique. Dans toute l’Amérique, mais pas par toute l’Amérique. Une vague de puritanisme envahit le pays et dans ses films, Roscoe « Fatty » qui est acteur et réalisateur, n’hésite pas à placer des scènes de meurtres, de beuveries, des jolies filles en maillot de bain… et il se moque avec délectation de la police. La consommation d’alcool va être interdite dans les années 1920 et Hollywood n’est pas en reste. Hollywood veut « moraliser » la profession.

    Fatty, Roscoe Arbuckle, donne des fêtes somptueuses où l’alcool coule à flot, où la drogue est présente et où les jolies femmes sont les bienvenues. Ces fêtes ont souvent lieu dans des hôtels, les lits ne manquent pas. C’est au cours d’une de celles-ci qu’une jeune et très jolie actrice, peu ou pas connue, va se retrouver en train de mourir dans la chambre de Fatty. S’ensuit alors une accusation lourde de conséquences pour celui qui est le Roi d’Hollywood. Il sera accusé de viol et d’homicide involontaire. Les dirigeants de la MGM, plutôt moralistes ne tardent pas à lâcher leur acteur fétiche, d’autant que, comme toujours, des foules de « justiciers » se pressent pour réclamer la tête du monstre, Fatty, et justice pour Virginia (du déjà vu et qu’on verra encore). L’affaire tombe bien pour Matthew Brady, procureur de San Francisco. Il a besoin d’une belle affaire pour gagner en popularité et devenir le prochain gouverneur de San Francisco. Au besoin, s’il manque des preuves, la police se chargera d’en fabriquer… Pardon, d’en trouver ! Et si certains témoins font des déclarations en faveur de l’accusé, les services du procureur, et donc la police, vont vite s’empresser de les discréditer ou de les faire changer d’avis. J’ajoute encore que la presse à scandale en rajoute plusieurs couches… Et pour cause, cela fait vendre et assure la fortune de ceux qui publient ces soi-disant informations.

    C’est la vie, la gloire et la chute de ce premier roi d’Hollywood que julien Frey retrace dans ce fantastique scénario au travers du témoignage de Buster Keaton qui devait à Fatty d’avoir embrassé ce métier d’y avoir rencontré le succès.

    A ce splendide scénario, relatant plutôt fidèlement les faits, viennent s’ajouter les dessins pleins de vie aux magnifiques couleurs issues d’une jolie palette d’aquarelles de Nadar.

    Vous n’aimez pas la BD ? Vous lui préférez des romans ? Essayez donc ce roman graphique. Il serait étonnant que vous ne soyez pas conquis !

    Saigneurdeguerre Le 18/09/2021 à 19:08:58

    Le monde des gangsters américains est un monde d’hommes. Les femmes n’y ont leur place que dans le lit de ces messieurs ou pour les servir… C’est une règle, et comme toute règle, elle souffre une exception. Une exception d’autant plus étonnante qu’il s’agit d’une femme noire… Bienvenue à New York, plus précisément à Harlem, dans l’Entre-deux-Guerres, en 1933 !

    Critique ;

    En lisant « Queenie, la marraine de Harlem », vous allez immédiatement imaginer qu’il s’agit d’une fiction pour s’aligner sur les critères à la mode aujourd’hui où l’on veut rendre aux femmes une place égale à celle des hommes, et si en plus il s’agit d’une femme de couleur, alors, BINGO ! (Un exemple ? « La Ville de Bruxelles a choisi de la nommer rue Eunice Osayande. Cette travailleuse du sexe nigériane avait été sauvagement assassinée en juin 2018 derrière la gare du Nord. »)
    Eh, bien, détrompez-vous car il ne s’agit nullement d’une fiction ! Stéphanie St-Clair a bel et bien existé et ce roman graphique en noir et blanc retrace son parcours alors qu’elle règne sur Harlem, mais avec des va-et-vient dans le temps pour comprendre comment cette femme née dans une famille à l’extrême de l’extrémité de la pauvreté s’est construite et a su s’imposer comme LA souveraine de la partie de New York peuplée par un nombre très conséquent de noirs, Harlem.

    Le scénario d’Aurélie Lévy et d’Elisabeth Colomba est grandiose. Il donne une vision, probablement assez juste, de ce que cette femme a accompli, et même si c’est une gangster, on ne peut qu’être admiratif devant tous les obstacles qu’elle a su surmonter au cours de son exceptionnelle existence. Une fois ce roman graphique ouvert, vous ne pourrez plus le lâcher avant d’en avoir achevé la lecture.

    Elizabeth Colomba au dessin a opté pour un noir et blanc, très ligne claire, d’une grande lisibilité. C’est un travail magnifique, d’autant plus beau que la couverture se présente dans un style très Art Déco, élégant et raffiné.

    De tels personnages réels dépassent tellement ceux issus de la fiction qu’on en vient à croire qu’ils sont imaginaires…

    Saigneurdeguerre Le 17/09/2021 à 21:00:47

    Samuel fête ses trente-cinq ans ! Youppie ! Happy Birthday, etc. Stop ! Ne vous emballez pas ! Samuel fête son anniversaire, certes, mais tout seul ! Pas un ami pour partager le gâteau et une coupe de Champagne avec lui !
    En désespoir de cause, il téléphone à son ex-épouse qui l’a quitté depuis huit ans en constatant son manque d’ambition. Elle en a marre qu’il l’appelle tous les ans à la même époque. Tout ce à quoi elle aspire, c’est qu’il ne l’appelle plus jamais ! Il peut crever, du moment qu’il ne l’importune plus…
    Constatant qu’il n’a personne à qui parler, et ne se souvenant que d’un seul numéro de téléphone, il le forme. C’est le numéro de la maison de son enfance. Ô surprise, un enfant décroche…

    Critique :

    Ce roman graphique est tiré du roman de Cyril Massarotto, roman que je n’ai pas lu mais que je lirai peut-être… dans une autre vie… quand j’en aurai fini avec tous ceux qui m’attendent sur trois étages.
    Malgré les recommandations multiples qui me poussaient à le lire : « Antonio, c’est mon coup de cœur de la rentrée ! » ; « Antonio, c’est génial ! Lis-le ! Si tu n’apprécies pas, je te le rembourse ! », je me faisais tirer l’oreille, non que j’aie douté un seul instant de la qualité des appréciations des personnes qui me le recommandaient, mais bien parce que je restais bloqué sur le graphisme et les couleurs. Finalement, j’ai fini par céder. Perdu au milieu d’une dizaine de bouquins achetés le même jour, je me disais que je ne le lirais sans doute jamais. Mais voilà, la confiance que je porte aux personnes qui me l’ont recommandé m’a entraîné à me plonger dedans… pour mon grand bonheur… J’ai même fini par apprécier les dessins extrêmement expressifs de ce roman graphique. Les couleurs me restent encore en travers de la gorge… Question de goûts ! Mais alors, l’histoire en elle-même, chapeau ! On avale les 256 pages avec une curiosité pleine d’attachement pour le petit garçon et puis pour ce Samuel qui a tout raté dans sa vie, ou presque ! L’auteur, Grégory Panaccione, a su donner à son ouvrage une humanité incroyable. Je me suis vite trouvé noyé dans les sentiments divers et variés véhiculés dans cet ouvrage. Mais au risque de faire de la peine à plusieurs ami.e.s, mon coup de cœur à moi c’est « Jour de sable »…

    Bien entendu, je vous en recommande la lecture… De « Jour de sable » ? … Evidemment ! Mais aussi de « Quelqu’un à qui parler » !

    Saigneurdeguerre Le 15/09/2021 à 23:58:26

    Bon ! Renault, vous connaissez ? Evidemment ! Quelle question idiote ! Vous roulez peut-être dans un véhicule de cette marque… Mais savez-vous d’où vient ce nom ? Une famille ? Oui, en quelque sorte…

    Bien qu’issu d’une famille fortunée qui produisait des tissus et des boutons, Louis Renault décida de ne pas suivre d’études au grand dam de son père. Louis est un manuel ! Il adore plonger ses mains dans le cambouis. Il décide de construire des voitures et s’illustre particulièrement dans les courses intervilles, des courses particulièrement mortelles tant pour les équipages que pour les autres usagers de la route ou les spectateurs. C’est dans une de ces courses que Louis perdra son frère Marcel, le financier des entreprises Renault.
    Louis a, osons le dire, un caractère de cochon et n’accepte pas telles quelles les idées de ses collaborateurs jusqu’à ce qu’il les appréhende et puisse les présenter comme siennes.

    Lorsque la guerre éclate en 1914, Louis Renault est appelé à l’armée… Mais comme il construit des moteurs d’avions, il n’ira pas au front… Puis, on le convoque pour fabriquer des obus. Il ignore tout des obus. On l’envoie voir aux arsenaux de Bourges. Il proposera une solution inédite ! Refusée ! Mais devant les pertes terribles en hommes et le besoin d’obus, on demande à Renault de fabriquer ses obus et de les faire tester… C’est un succès ! Tout au long de la guerre, Renault va se battre avec une administration et des esprits bornés peu capables d’entrevoir des solutions du futur. Néanmoins, grâce à sa volonté indomptable, Renault va arriver à ses fins. Il devient un héros, notamment grâce à ses chars FT-17, les chars de la victoire !

    Sautons deux décennies… La Seconde Guerre mondiale démarre. La France est vaincue. Que vont devenir les usines Renault ? Et Louis ?

    Critique :

    Cette géniale BD retrace la vie d’un homme hors du commun avec un caractère bien trempé qui rendra d’énormes services à son pays jusqu’à ce que…

    Benjamin Benéteau et Antoine Lapasset nous proposent de découvrir la vie d’un capitaine d’industrie hors du commun, qui n’a pas fait d’études, dont l’énergie se retrouve pleinement dans le trait de la bande dessinée. Cette biographie, somme toute assez complète, permet de découvrir, au travers des 80 pages, les grandes heures, et les erreurs, de Louis Renault.

    Une BD de très grande qualité qui ne peut que toucher un très large public.

    Saigneurdeguerre Le 14/09/2021 à 21:44:57

    11 septembre 2001… A moins de vivre sur une autre planète, il est quasi impossible que vous n’ayez pas entendu parler de cette date, même si vous n’étiez pas encore né.

    Pour rappel : ce jour-là, quatre avions ont été détournés aux USA par 19 terroristes, dont une majorité de Saoudiens. Un plan finement orchestré qui verra deux avions frapper chacun une tour du World Trade Center, pendant qu’un autre ira s’écraser sur le Pentagone et qu’un dernier s’écrasera en rase campagne, probablement suite à la révolte des passagers qui auraient appris le sort des autres avions détournés…
    Il semblerait que l’organisation terroriste islamiste al-Qaida, et son leader, le Saoudien Ben Laden, en soient les responsables…
    Le monde entier reste abasourdi. Depuis Pearl Harbour (dans le Paifique), le 7 décembre 1941, c’est la première fois que les USA sont attaqués sur leur propre sol.

    George W. Bush, son président, est un républicain entouré de faucons (dont certains sont tout de même des vrais). Très vite la guerre est déclarée à l’Afghanistan, gouverné par les Talibans qui refusent de céder Ben Laden aux USA… Et pour faire bonne mesure, les USA déclarent aussi la guerre à l’Irak de Saddam Hussein, l’accusant, faussement, de détenir des armes de destruction massive…

    Contrairement à la Première Guerre du Golfe, déjà contre Saddam Hussein, cette fois-ci les Américains n’auront que peu d’alliés pour les suivre dans leur invasion de l’Irak. Invasion que l’ONU désapprouve puisqu’aucune preuve sérieuse n’a été fournie démontrant que cet Etat produit des armes de destruction massive…

    Nous connaissons les tristes résultats de ces deux invasions : cela n’a en rien empêché d’autres attentats, a causé la mort de milliers de soldats américains et autres et de centaines de milliers de civils irakiens et afghans… Sans parler des destructions, des déplacements de populations, etc.

    Critique :

    On suit ces événements historiques à travers le regard d’une jeune femme vivant en France, adolescente le 11 septembre 2001, devenue adulte en 2021, et se rendant aux USA pour y rencontrer sa cousine vivant à New York. Sous ce prétexte, Baptiste Bouthier retrace les événements qui ont bouleversé la planète depuis ce jour fatidique. Le dessin très moderne d’Héloïse Chochois ne ravira pas tout le monde, car peu réaliste, mais comblera d’autres lecteurs qui apprécieront ce côté graphique assez « simple » qui laisse toute la place à l’histoire, se centrant sur l’essentiel.

    Si vous voulez découvrir ce qui s’est passé le 11 novembre 2001, ce roman graphique est un merveilleux conteur, facile à appréhender, pour un sujet d’une grande complexité. C’est 20 ans de terrorisme en Occident qui sont ici rapportés, de même que les innombrables erreurs politiques commises par divers gouvernements américains. Et n’oublions pas le trop fameux « Patriot Act » qui autorise les agences de renseignements américains à faire à peu près tout et n’importe quoi sans avoir à rendre de comptes à la justice. Si je me fie à l’instruction que j’ai reçue, lorsque des organes de l’exécutif n’ont plus à respecter les lois fondamentales, on n’est plus en démocratie, puisque n’importe qui peut être arrêté sur de simples suspicions et être enfermé sans même qu’un juge ne soit au courant.

    Le titre « 11 septembre 2001 le jour où le Monde a basculé » est on ne peut plus clair !

    Saigneurdeguerre Le 12/09/2021 à 18:48:29
    Undertaker - Tome 6 - Salvaje

    Un massacre a eu lieu. Mais peut-on parler de massacre lorsqu’il s’agit de se débarrasser de cette vermine apache qui menace et ose s’en prendre aux honnêtes citoyens de Tucson ? D’ailleurs Sid en sait quelque chose puisque ces sauvages lui ont brûlé les mains ! Sid Beauchamp est le très populaire shérif de Tucson qui l’accueille dans la joie lorsqu’il y revient avec ses prisonniers dont la redoutable apache Salvaje (Sauvage, tout un programme). Mais l’ambition de Sid ne s’arrête pas là ! Il veut épouser la femme la plus riche de la ville. Pour ce faire, il a été chargé d’une mission : ramener le corps de Caleb, le fils de Joséphine Barclay, la « charmante » et richissime dame qu’il compte marier. Pour ramener le corps, il a fait appel à son ancien compagnon de jeunesse, Jonas Crow, devenu croque-mort… Tout est bien qui finit bien ?

    Critique :

    Le graphisme (Ralph Meyer) et les couleurs (Caroline Delabie et Ralph Meyer) ne manquent pas d’attrait : le dessin est vif et confère une très forte impression de mouvement, les poses sont naturelles et les expressions des visages, très fortes. De l’excellent travail en somme puisque l’ambiance est très réussie.
    Et le scénario, alors ? Un côté déjà vu et très tendance : les Indiens sont les gentils et les blancs sont les méchants à de rares exceptions près (John Wayne doit se retourner dans sa tombe). Mais bon, ce n’est que justice après toutes les vilainies que les blancs leur ont fait endurer en se faisant passer pour les gentils grâce à Hollywood et aux BD de mon enfance…
    Le fait que le héros de ces histoires soit un croque-mort est l’atout de cette série. Et même si la fin a quelque chose de prévisible, je n’ai pas boudé mon plaisir à lire cette histoire.
    Je n’entrerai pas dans le débat, Blueberry, c’était mieux. Je trouve que cela n’a pas raison d’être même si, incontestablement, Giraud a marqué l’histoire de la BD avec son lieutenant fort peu conventionnel…

    Une petite remarque : je déteste ces macarons que les éditeurs font apposer sur les couvertures et qui parfois s’enlèvent difficilement et laissent de vilaines traces. C’est vendeur ? Il m’arrive parfois de ne pas acheter un livre parce que cette manie publicitaire m’énerve…

    Saigneurdeguerre Le 03/08/2021 à 22:38:39
    Marshal Bass - Tome 1 - Black & white

    Arizona 1875.
    Un homme, assis sur un cheval, bras liés dans le dos, a le cou enserré dans une corde attachée à une solide branche.
    Tentative de suicide ? Ah, oui ? Avec les bras attachés dans le dos ?
    Disons qu’il est peut-être victime d’un malentendu. Le colonel Terrence B. Helena, qui dirige un groupe de marshals voulait s’assurer que monsieur Bass, un Noir, le presque mort, n’était pas en réalité un certain Bill Derby, malfaiteur qui effraie même les hommes du marshal. Celui-ci semble avoir réglé l’affaire, et après avoir vérifié l’identité du presque pendu s’en vient le délivrer. Il le délivre, mais n’en reste pas là ! Il lui fait une proposition… Honnête !

    Critique :

    Scénario violent, âmes sensibles s’abstenir ! Darko Macan met en scène un personnage inspiré de Bass Reeves, shérif adjoint qui a réellement existé et qui aurait procédé à plus de 3000 arrestations. Mais son Bass à lui mène une existence bien différente du personnage réel.

    Dans ce premier tome, on assiste à l’engagement de Bass comme marshal pour contrer un gang de blacks particulièrement violent. Bass reçoit pour mission de l’infiltrer…

    Le dessin de Kordey plaira certainement à beaucoup de monde. Je n’ai pas été particulièrement séduit.
    L’histoire tient la route. J’ai cependant du mal lorsqu’on prend un personnage qui a réellement existé et qu’on lui fait faire autre chose que ce qu’il a accompli, alors que cet individu était extraordinaire et qu’on aurait pu narrer sa véritable existence. Manque de documentation ? Paresse du scénariste ? Envie d’originalité ?

    Saigneurdeguerre Le 01/08/2021 à 20:58:10
    Les maîtres de White Plain - Tome 2 - Rédemptions

    New York. Février 1862.
    Moïse, qui a perdu un bras, cherche en vain du travail. C’est dans ces circonstances que surgit un bien étrange pasteur noir qui cite des passages de l’Ancien Testament à tout bout de champ. L’homme est bien décidé à constituer une troupe de « soldats » noirs dont il s’affuble du titre et de l’uniforme de général…
    Pendant ce temps, Charles Berthier se bat courageusement avec ses zouaves contre les troupes nordistes. En face de lui, celui qui est devenu un ennemi farouche depuis West Point, Custer, lorsque ce « gentleman » avait tenté de violer la sœur de Charles. La situation est nettement en faveur de Custer…
    La plantation est gérée par Joséphine, la sœur de Charles, qui s’appuie sur Pete qui a échappé à l’enrôlement justement pour jouer le rôle de contre-maître à White Plain. Mais Pete attend beaucoup plus de Joséphine…

    Critique :

    Dans cet album-ci, l’auteur apporte des réponses aux questions posées dans le premier tome, donnant de la consistance à l’histoire même si elle reste plutôt invraisemblable. Si l’on fait fi de cet aspect, le récit se déroule comme un film avec ses innombrables soubresauts. La qualité du dessin d’Antoine Giner-Belmonte s’est sensiblement améliorée.

    Saigneurdeguerre Le 01/08/2021 à 18:13:14
    Les maîtres de White Plain - Tome 1 - Liens de haine

    Plantation de Shannon Cross. 1848.

    Charles Berthier, âgé de onze ans et fils d’un riche propriétaire terrien assiste au châtiment d’un esclave qui a tenté de s’évader : trente coups de fouet, suivi d’une mise aux fers… Charles est le prototype de son milieu : un petit seigneur fier de son appartenance à cette caste de blancs qui pratiquent l’esclavage dans leurs plantations pour leur plus grand profit, sans aucun respect des vies des hommes qu’ils achètent et vendent, n’étant pour eux que des objets. Il est arrogant et désobéissant… A cela vient s’ajouter sa jalousie envers Moïse, un enfant Noir du même âge que lui. Pourquoi ? Il ne supporte pas les attentions de sa mère envers ce négro…
    Pas sûr que ces deux-là se réconcilieront un jour…

    Critique :

    Le scénario d’Édouard Chevais-Deighton part un peu dans tous les sens et le dessin taillé à la serpe d’Antoine Giner-Belmonte ne facilite pas la compréhension de l’histoire. Il m’est arrivé de devoir relire et observer les personnages pour voir à qui j’avais affaire.
    Dans l’histoire, il y a plusieurs mystères : pourquoi la maman de Charles cède-t-elle au chantage de Cutler, qu’elle fait engager comme contremaître de son mari ? Pourquoi prête-t-elle autant attention à Moïse, cet enfant noir ? Qu’est-ce qui a fait perdre à monsieur Berthier son influence pour qu’il soit rejeté par le parti démocrate et que les gens de sa caste le fuient ? Quel(s) secret(s) cache sa femme ?
    Cet album pose beaucoup de questions. Le deuxième devrait y répondre…

    Saigneurdeguerre Le 31/07/2021 à 23:09:56
    Les souris de Leningrad - Tome 2 - La ville des morts

    Léningrad, janvier 1962.
    Kalinka Alexandrovna, premier violon à l’orchestre de l’opéra se présente au commissariat et demande à voir l’homme qui a interrompu son concert la veille. Elle est bien décidée et ce n’est pas le jeune flic qui la nuit précédente a arrêté le « terroriste » qui va l’en empêcher.

    Critique :

    Le second volume reprend l’histoire au moment où nos quatre mousquetaires russes se retrouvent dans Léningrad assiégée où l’on crève de faim et de froid, le terrible hiver russe étant bien présent là. Thomas du Caju donne à voir de magnifiques scènes hivernales. Son dessin est toujours aussi beau et expressif.
    Le scénario de Jean-Claude Van Rijckeghem ne cache rien des atrocités subies par les habitants de la ville assiégée, y compris le cannibalisme.

    Face aux horribles violences de la guerre, l’amitié entre les quatre amis va-t-elle tenir ou va-t-on assister au chacun pour soi ?

    Livre tout public qui devrait particulièrement accrocher les adolescents.

    Saigneurdeguerre Le 31/07/2021 à 22:47:20
    Les souris de Leningrad - Tome 1 - Je suis Chapayev

    Léningrad. Janvier 1962.
    La salle est comble pour assister à la représentation de la Symphonie n° 7 de Chostakovitch, intitulée… Léningrad !
    Soudain… Un coup de feu dans les coulisses ! Un policier tient en joue une espèce de clochard. Une arme git sur le sol à ses pieds. Le Premier Violon, Madame Alexandrovna accourt. Elle n’a pas le temps de voir le visage de l’agresseur qui est emmené au commissariat où il prétend s’appeler Vasili Ivanovitch Chapayev… Difficile à croire pour la commissaire qui l’interroge que cet olibrius qui pue à lui tout seul autant qu’une porcherie puisse porter le nom de l’un des plus illustres héros de l’Union soviétique !
    Cependant, la commissaire est bien plus intelligente que ce à quoi on pourrait s’attendre dans un commissariat soviétique. Elle lui demande de raconter son histoire.
    Ils étaient trois garçons et une fille…

    Critique :

    Jean-Claude van Rijckeghem, au scénario nous entraîne à Léningrad en compagnie d’un quatuor aux origines variées : Maxime, le fils d’un membre éminent du Parti communiste, Pyotr, dont le père est un écrivain, et la mère une guide de musée, Grygori, qui a vu son père pilote être fusillé pour avoir critiqué l’état lamentable de son avion, et puis, celle qui tient l’église au milieu du village et dont ils sont tous amoureux, Anka, fille de musicien et excellent violoniste elle-même. Ces quatre amis, en compagnie d’autres enfants, reconstituent des combats entre les Romanov et les soviets. Lorsque la guerre arrive, ils sont envoyés dans une colonie avec des centaines d’autres enfants pour éviter la guerre. Très vite, il leur faut fuir car les Allemands ne sont plus très loin. A partir de là, ils vont aller de drame en drame jusqu’à se retrouver à Léningrad assiégée d’où ils étaient partis pour se mettre à l’abri.

    Les dessins de Thomas de Caju sont toujours aussi beaux et la mise en couleurs est parfaitement réussie.

    Pour les férus d’histoire, il y a des invraisemblances dans le scénario, mais qu’importe ! Alexandre Dumas s’en est-il tenus aux faits historiques pour écrire « Les trois mousquetaires » ? Ceci est une fiction et doit être lue comme telle. Ce n’est pas une série historique rigoureuse. Si c’est cela que vous cherchez, passez vote chemin.

    L’aventure devrait plaire à un large public, et aux jeunes en particulier.

    Saigneurdeguerre Le 31/07/2021 à 16:20:22
    Afrikakorps - Tome 1 - Battleaxe

    Malgré que l’Afrikakorps soit une émanation d’un pouvoir nazi, pouvoir détestable s’il en est, qui s’est porté au secours de son allié Mussolini, il est intéressant de comprendre ce qu’ont vécu ces soldats dans des conditions extrêmes.
    Généralement, dès qu’on traite de ce sujet, tout tourne autour d’Erwin Rommel, le stratège allemand qui en a fait voir de toutes les couleurs aux Alliés.

    La qualité première de cette bande dessinée, c’est de placer le lecteur au niveau de l’homme de base, du combattant de première ligne, de celui qui va en chier, tout en reconnaissant l’humanité des alliés italiens qui depuis un an se battent contre les Britanniques, Australiens, Néo-Zélandais, Indiens, Sud-Africains. L’ennemi n’est jamais méprisé par le Leutnant von Richter, le personnage que nous suivons au fil du récit, qui rend hommage à son courage, tout en faisant ce pour quoi il est là, éliminer les adversaires de l’Allemagne.

    Les problèmes rencontrés par l’Afrikakorps sont très bien décrits ainsi que les mises en situation des combats. Le matériel est suffisamment détaillé et fidèle à son emploi sur le terrain. Olivier Speltens a effectué de magnifiques recherches pour nous offrir un point de vue rarement évoqué, celui du futur perdant qui s’est battu le plus souvent en infériorité numérique avec un courage inouï. En fait, peu importe le camp dans lequel ont évolué ces hommes : ils ont eu à affronter des conditions horribles et ont perdu nombre des leurs.

    Saigneurdeguerre Le 31/07/2021 à 16:03:23
    Afrikakorps - Tome 2 - Crusader

    15 novembre 1941. Aux environs de Tobrouk.
    Nous retrouvons le Leutnant von Richter dans les sables de Libye au moment où l’Afrikakorps doit faire face à une attaque des Anglais alors même que les Allemands s’apprêtaient à lancer leur propre offensive.
    Von Richter rentre d’un mois de permission et le moins qu’on puisse dire, c’est que le moral de ses hommes n’est pas au zénith malgré que leur Panzer III ait été bien amélioré. Il se voit confier la section du Hauptman Priler, considéré comme perdu au combat.
    Ses nouvelles responsabilités vont vite l’amener à faire preuve de débrouillardise pour sortir ses camions de ravitaillement des sables dans lesquels ils sont embourbés. Il faut dire que les tempêtes sont légion et ne font pas qu’érafler la peinture des véhicules. En nette infériorité numérique les Allemands vont devoir affronter des Britanniques disposant de chars soit plus rapides, les Crusader, soit mieux blindés, les Matilda.

    L’équipage de von Richter et lui-même vont-ils s’en sortir indemnes de cette nouvelle confrontation sachant que le taux de pertes au sein des troupes blindées est des plus élevés ?

    Critique :

    Les dessins sont jolis et précis, mais cela n’en rend pas la guerre belle pour autant. Olivier Speltens rend fort bien compte de la vie de ces hommes embarqués dans un conflit loin de chez eux qui risquent sans arrêt leurs vies pour gagner un jour ce qu’ils vont perdre le lendemain en laissant nombre d’entre eux sur le terrain.
    Le lecteur s’habitue aux différents membres de l’équipage qui ont chacun leur vie propre, leurs pensées, leurs secrets.
    De l’excellente BD historique !

    Saigneurdeguerre Le 28/07/2021 à 21:09:07
    Idéfix et les Irréductibles - Tome 1 - Pas de quartier pour le latin !

    Idéfix en vedette ! Les amis des bêtes se réjouiront de voir le petit chienchien à Obélix mener sa bande de copains taquiner du Romain dans trois courtes aventures :
    1. La baballe de Chevrotine ;
    Chevrotine, vous voyez qui c’est ? Comment, non ? M’enfin ! Chevrotine ! Le chienne de Camulogène, le grand chef gaulois qui défendait Lutèce contre les Romains ! Ah, comme votre manque de culture me désole ! Mais bon, ne nous égarons pas ! Cette balle est une pièce historique confectionnée par Camulogène lui-même pour sa fidèle chienne. Il ne faudrait absolument pas qu’elle tombe entre les sales pattes des clebs romains !
    2. Fluctuat N-Hic ! Mergitur !
    Une épidémie se répand parmi les Gaulois de Lutèce. Ils attrapent le hoquet et ne parviennent à s’en débarrasser. Seul le druide Amnésix pourrait fournir un remède. Seulement, voilà : tous les druides sont interdits à Lutèce sur ordre de Labienus. Mais depuis quand Idéfix et ses irréductibles se plient-ils aux ordres de Labiénus ?
    3. Labienus, tu n’auras pas !
    Le jeune et talentueux (question de goûts) Goudurix interprète de vive voix « Quant à toi, général, de moi tu n’obtiendras que dalle ! » Admettez qu’il y a de la provocation qu’un Romain ne saurait tolérer. Alors, le petit Goudurix va se faire arrêter, pour sûr ! Que peut faire Idéfix pour le délivrer ?

    C’est gentillet, très bien dessiné, mais plutôt pour enfants.

    Saigneurdeguerre Le 14/07/2021 à 22:37:57
    Louca - Tome 3 - Si seulement...

    L’heure du match fatidique a sonné pour le Lycée Quanfrin. En cas de défaite, plus d’équipe de football !
    Louca se sent bien seul… Où est passé Nathan ? Ce dernier a maintenant le pouvoir de quitter l’enceinte du lycée et son premier réflexe est d’aller rendre visite à sa famille.

    Le début du match ne laisse aucun doute quant à la différence de niveau entre les deux équipes ! Sans Nathan, Louca n’est que Louca-le-Maladroit…

    Critique :

    Une histoire très émouvante puisque Nathan, le fantôme, « retrouve » sa famille, que Louca qui risque l’humiliation totale devant son petit frère et la fille qu’il aime veut faire bonne figure. Mais vouloir et pouvoir sont deux verbes aux sens différents.

    Va-t-on enfin découvrir comment Nathan est mort ? Et l’équipe du Lycée Quanfrin va-t-elle survivre à cette rencontre ?

    Un excellent album !

    Saigneurdeguerre Le 14/07/2021 à 19:37:49
    Louca - Tome 2 - Face à face

    Louca, notre ado qui rate à peu près tout, a bénéficié de l’aide de Nathan, un fantôme qu’il est seul à voir et remarquable footballeur. Ayant « accompli » quelques exploits, Louca décide d’adopter un look hyper fashion top tendance. Nathan ne peut que se moquer de lui. Il faut dire que Louca a mis au point une stratégie pour séduire les filles, lui qui n’ose même pas leur adresser la parole. Pourtant, il est follement amoureux de Julie, une élève de sa classe très douée qui semble beaucoup s’intéresser à Louca… Mais Adel, qui joue dans la même équipe que notre maladroit se rapproche de Julie en l’absence de notre « champion ». Julie n’a pas l’air contraire au grand dam de notre fantôme qui ne peut rien faire !

    Critique :

    Second album de la série, seconde réussite de Bruno Dequier qui nous entraîne dans le passé afin de comprendre ce qui est arrivé à Nathan, jeune footballeur de l’école hyper talentueux, celui-là-même qui aide Louca le maladroit. Les scènes footballistiques sont d’un dynamisme fou.
    L’équipe de Louca va devoir affronter celle de Hugo, une équipe pleine de qualités, d’autant qu’Hugo est un joueur aux multiples talents plus remarquables les uns que les autres. Mais l’enjeu de la rencontre entre les deux équipes est bien plus important que ce que les joueurs imaginent et les conséquences d’une défaite seraient tout simplement désastreuses.

    Saigneurdeguerre Le 11/07/2021 à 18:35:11
    Momo - Tome 2 - Tome 2

    Rien ne va plus pour la petite Momo. Pourquoi ne peut-elle pas retrouver sa grand-mère. Sa tristesse fait peine à voir. Françoise, l’adolescente qui l’a prise en sympathie, lui propose un chewing-gum, mais rien n’y fait. Momo ne le prend même pas.
    Dans la maison, derrière elle, les débats quant à son sort se poursuivent : qui va s’en occuper ?
    La coiffeuse explique qu’elle a déjà deux enfants et qu’avec son commerce, il est extrêmement difficile de s’occuper d’un troisième enfant. D’aucuns râlent de ne pouvoir joindre son père, marin au long-cours, suscitant la hargne du poissonnier qui leur demande s’ils croient vraiment que le papa de Momo fait ce métier de gaîté de cœur. C’est alors que le poissonnier propose de s’occuper de la petite. Mais sait-elle seulement que sa grand-mère est morte ?

    Critique :

    Les aventures de la petite Momo se poursuivent de façon très émouvante grâce au magnifique scénario concocté par Jonathan Garnier, toujours aussi bien mises en lumière par Rony Hotin. On y découvre de faux durs au grand cœur, des méchants foncièrement gentils, mais aussi des cons… cons…
    Comment, une petite fille va-t-elle se rendre compte que sa grand-mère, qu’elle adore, elle ne la reverra plus ? Ce livre pose des questions existentielles traitant du deuil en se plaçant dans la peau de Momo. Il faudra attendre la fin de l’histoire pour que les couleurs gaies réapparaissent et remplacent les fonds gris et pluvieux qui noient l’histoire dans le chagrin de la petite fille.
    Un magnifique ouvrage !

    Saigneurdeguerre Le 11/07/2021 à 17:55:07
    Momo - Tome 1 - Tome 1

    La petite Momo vit avec sa grand-mère dans un village de Normandie en attendant que son papa, marin au long-cours revienne à terre. Parti pour de longues semaines, son papa lui manque. Sa principale consolation consiste à se rendre au pied d’un phare d’où elle voit passer le bateau de son papa.
    Que faire d’autre chez Mamy si ce n’est se rendre chez le poissonnier pour acheter du poisson, poisson qu’elle déteste manger ! Le poissonnier est un barbu à lunettes au format plus qu’imposant qui s’amuse à se quereller avec la petite fille.
    Ses incursions en ville ne semblent d’ailleurs pas sans danger car il lui arrive de rencontrer un homme, une sorte de SDF qui ressemble davantage à un épouvantail qu’à un être humain et qui se complait à effrayer la petite fille. Un jour qu’elle observe trois garçons qui veulent faire exploser une grosse bouse avec un pétard, elle s’en approche, mais elle est loin d’être accueillie à bras ouverts. Se disputant avec le blond de la bande, qui dit pis que pendre de sa mamy, elle en vient à le frapper violemment à la tête…

    Critique :

    Jonathan Garnier nous offre un récit plein d’émotions en nous narrant la vie de Momo, cette petite fille qui vit seule avec sa grand-mère, bien vieille, bien mal en point. Il trace des portraits pleins d’humour, parfois angoissants et fort crédibles de tous les protagonistes qu’ils soient enfants, adolescents ou adultes.
    L’ennui des jeunes dans ce village est permanent, facilitant la création de petites bandes qui se déplacent à mobylette dès qu’elles le peuvent.
    C’est aussi l’occasion pour l’auteur de raconter, les amours naissantes entre Françoise, une jeune ado qui a quitté le village, mais qui est « condamnée » à passer ses vacances chez ses grands-parents dans ce trou paumé alors qu’elle rêve de boutiques à New York, et un fils de paysan, « Banane », qui se veut chef de bande.
    La solitude des personnes âgées est aussi remarquablement mise en scène par cette grand-mère qui attend à côté de son téléphone un coup de fil de ses enfants ou de ses petits-enfants, coup de fil qui ne vient jamais.

    Le coup de crayon et la mise en couleurs effectués par Rony Hotin est en parfaite adéquation avec ce récit et sert à merveille les propos du scénariste.

    Si vous ne craignez pas de vous plonger dans une aventure « sentimentaliste » et pleine de bons sentiments, n’hésitez pas à vous plonger dans ce petit chef-d’œuvre.

    Saigneurdeguerre Le 07/07/2021 à 20:19:33
    Les sentinelles (Breccia/Dorison) - Tome 4 - Chapitre quatrième : Avril 1915 Les Dardanelles

    Plage de Keristos, 2 mai 1915.
    Détroit des Dardanelles (Turquie).

    Un sous-marin allemand débarque le professeur Offenstadt qui n’est pas venu les mains vides. Il offre au colonel turc Ziman de l’Apfelkuchen de Berlin, du Riesling de sa réserve personnelle, quelques petites sucreries à la pâte d’amande…

    Faire venir un sous-marin jusque dans les Dardanelles pour ça ? Ils sont fous ces Germains !

    Ah ! oui, j’oubliais un détail, mais il a peut-être son importance : Offenstadt livre aussi une sorte d’armure offrant à celui qui la porte la capacité de vaincre Taillefer en route pour les Dardanelles. Le professeur pense à un Allemand pour s’en revêtir, mais pour le colonel turc qui l’accueille, il ne saurait en être question ! Un Turc la portera. Il a son héros : Kamal, ancien Maître égorgeur de la secte Hadjid, déserteur de la Légion française, engagé volontaire turc et major dans le régiment du colonel Ziman.

    Les Sentinelles vont-elles venir à bout de Kamal ?

    Critique :

    L’auteur, Xavier Dorison, suit l’évolution de la guerre et n’hésite pas à aborder sur de nouveaux rivages, en l’occurrence, les Dardanelles en avril 1915. Voilà un secteur, où sur ordre de Churchill débarquent essentiellement des Néo-Zélandais et des Australiens. Les Dreadnoughts britanniques qui devaient écraser les forts sous les coups de leurs obus n’y parviennent pas. Les Australiens et autres Néo-Zélandais, une fois débarqués sur la plage ont une falaise à gravir. Les Turcs sont bien commandés et n’ont aucun mal à abattre les malheureux fantassins. Les canons de leurs forts, intacts, pulvérisent les embarcations qui arrivent à leur portée. Très vite, les Australiens et les Néo-Zélandais se retrouvent dans une situation peu enviable : faim, soif, manque de munitions, dysenterie, choléra et autres joyeusetés, essentiellement véhiculées par les mouches achèvent de liquider ce corps expéditionnaire. C’est dans ce contexte que les Sentinelles vont intervenir… Enfin… Si elles y arrivent…

    Il y a toujours ce mélange entre faits historiques et fiction steampuntesque qui rend l’histoire addictive tout en faisant découvrir une page d’histoire à ceux qui ne connaissaient pas cet épisode de la Grande Guerre.

    A la fin du récit, l’auteur donne des chiffres qui font froid dans le dos, ceux de ce monumental échec où on va présenter la retraite comme une victoire ! On se console comme on peut…

    Saigneurdeguerre Le 06/07/2021 à 23:20:17
    Les sentinelles (Breccia/Dorison) - Tome 3 - Chapitre troisième : Avril 1915 Ypres

    Région d’Ypres (Belgique). 18 avril 1915.

    Les ordres se suivent et se ressemblent : absurdes ! Toujours les mêmes conneries journalières de l’état-major : préparation d’artillerie, assaut, soldats hachés menus, pluie, pas de possibilité d’évacuer les blessés, faim… Le lieutenant Taillefer a beau manifester son opposition à ces ordres absurdes, rien ne change. Ah, si ! Le nombre de morts et d’estropiés ne cesse d’augmenter au même rythme que le moral s’effondre…

    Pendant ce temps, le baron Hubert Marie de Clermont démontre qu’il n’est pas manchot dans le maniement de l’épée, remportant un tournoi. La rencontre entre lui et monsieur son père est glaciale. Mais que reproche-t-il donc à son père ?

    Critique :

    Troisième album des Sentinelles. Nouvelle découverte : les attaques par les gaz, cette arme qui causa plus de 200.000 morts sans à aucun moment s’être montrée décisive. Juste un macabre jouet de plus dans l’arsenal pourtant déjà très riche des moyens dont dispose l’homme pour exterminer son semblable.

    Dans ce numéro, le capitaine de Clairmont devient Sentinelle à part entière, et quelle Sentinelle ! Pégase ! Point de cheval ailé, mais bien un humain doté d’une fusée et d’ailes pour manœuvrer. Les Boches connaissaient déjà l’adjudant Djibouti et le lieutenant Taillefer. Les voilà confrontés à un nouvel adversaire aux pouvoirs dignes des super-héros américains qui revêtent leur slip au-dessus de leur collant. Au moins, les Français savent s’habiller !

    Vous pensez bien que les Allemands ne vont pas rester les bras croisés alors qu’ils sont à la pointe des sciences et des technologies. Eux aussi vont produire leur monstre, un « Übermensch » bien décidé à venger ses deux fils morts sur la Marne.

    Mais surtout, ils vont se livrer pour la première fois à une attaque aux gaz. Une arme qui fait horreur jusque dans leurs propres rangs. Voilà qui ne va pas arrêter ceux qui décident qui ne sont pas les mêmes que ceux qui subissent…

    Saigneurdeguerre Le 06/07/2021 à 22:44:49
    Les sentinelles (Breccia/Dorison) - Tome 2 - Chapitre deuxième : Septembre 1914 La Marne

    Un avion de reconnaissance est en mission du côté de Soissons. Mais où sont donc passés les Allemands ? Pas le moindre Boche à l’horizon. Le capitaine de Clermont, décide de descendre près du sol. Ce n’est pas la meilleure des idées car il n’y a effectivement pratiquement aucun Doryphore… Pratiquement aucun… C’est bête un camion en panne avec des zigues qui, voyant un avion français pointent leur Mauser et abattent l’aéroplane. Avant d’être abattu, le capitaine a eu le temps d’envoyer un message signalant la non présence des Allemands.
    Ce message revêt une importance capitale aux yeux du général Gallieni. Cela signifie que l’armée allemande s’est coupée en deux et qu’une brèche existe. Gallieni pense possible d’attaquer le flanc droit de l’ennemi avec les soldats stationnés à Paris. Mais pour convaincre Joffre de le laisser mener son opération, il lui faut des preuves ! Et des preuves, il en a… Enfin… Presque… Les photos sont dans le Kodak du capitaine de Clermont… Capitaine qui n’est pas rentré… Ce qui signifie qu’il a dû être abattu dans une zone tenue par les Allemands…
    La mission des Sentinelles est donc très simple : retrouver l’avion dans une zone aux mains des Boches, ramener les clichés…

    Critique :

    Dans ce deuxième tome des sentinelles, nous en sommes à peine au troisième mois de la guerre, en septembre 1914, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à moins d’un miracle, L’ennemi va prendre Paris… Et la France est foutue ! Quand tout semble perdu, il ne reste qu’à recourir à une arme secrète : les Sentinelles ! Il suffit de leur adjoindre une section et de les envoyer débusquer cet avion. Sur papier tout est simple. Sur papier…

    Encore un scénario de Xavier Dorison qui mêle l’histoire vraie et ses personnages steampuntesques. C’est bien amené.
    Dans ce numéro, les Sentinelles vont s’enrichir d’un troisième individu, et pas n’importe lequel : un capitaine fier de ses titres de noblesse et du passé de tous ses ancêtres. Tous ? Pas trop vite, il semblerait qu’au moins un ait failli à défendre la France et donc son honneur. Et que pourrait-il y avoir de plus important pour un de Clermont que l’honneur ?

    Je sais que les dessins d’Enrique Breccia en décevront plus d’un. Pourtant, je me suis habitué à son trait avec des visages extrêmement expressifs et caricaturaux. Finalement, ils permettent à la série de se démarquer d’autres.

    Saigneurdeguerre Le 04/07/2021 à 23:00:29
    Les sentinelles (Breccia/Dorison) - Tome 1 - Chapitre premier : Juillet-août 1914 Les moissons d'acier

    Maroc (Le Rif). 1911.
    Ah ! Comme ils sont intelligents ces beaux officiers de Saint-Cyr ! Charger à la baïonnette contre les fellouzes ! Ah, les cons ! Les Allemands ont fourni aux Marocains des mitrailleuses Maxim qui se régalent à faucher nos fantassins…

    Moi, adjudant Djibouti, j’ai pour mission de faire en sorte que nos « sentinelles » ne tombent pas entre les mains de nos ennemis. Les sentinelles font partie d’un programme très secret, alors ne comptez pas sur moi pour vous le dévoiler. Sachez juste que ce sont des pauvres types plus morts que vivants sur lesquels on a greffé des membres artificiels. Ils sont presque indestructibles. Presque… Car une fois leurs batteries à court de jus, ils s’effondrent. Pas encore morts, mais plus vraiment en état de vivre. Alors, c’est à moi de jouer…

    Critique :

    Mêlant habilement véritables infos historiques et steampunk, Xavier Dorison nous plonge au tout début de la Grande Guerre en compagnie d’un lieutenant de réserve, Féraud, qui détient une pile révolutionnaire, une pile au radium. L’armée, en la personne du colonel Alphonse Mirreau, voudrait s’approprier sa découverte. Gabriel Féraud, qui, bien qu’officier de réserve ne porte pas l’armée dans son cœur, refuse que sa pile serve à massacrer des gens. Le colonel a beau lui dire que ce que l’armée est prête à payer chèrement aujourd’hui, elle l’obtiendra gratuitement demain par le miracle de la réquisition. Le scientifique préfère cacher sa découverte et ses plans en attendant que la guerre se termine. Féraud va partir à la guerre et très vite va connaître sa douleur. Il aurait bien besoin d’une petite pile…
    Ce scénario passionnant est servi par le dessin très caricatural d’Enrique BRECCIA, avec des personnages vraiment typés. Pas sûr qu’il plaise à tout le monde tant il se démarque mais il est fort bien adapté à ce récit.

    Saigneurdeguerre Le 22/06/2021 à 11:23:51
    Faucheurs de vent - Tome 3 - Combats de chiens

    On découvre enfin le lien entre le lieutenant Marais et le capitaine Ackerman. Marais, fantassin, est sorti de sa tranchée au péril de sa vie pour sauver celle du pilote Ackerman abattu par une mitrailleuse allemande alors qu’il effectuait une mission de reconnaissance aérienne. L’avion d’Ackerman était en feu, ce qui n’a pas empêché Marais de plonger dans les flammes pour en extirper Ackerman.
    Marais n’étant plus là, le capitaine veut que Lafitte prenne la tête de l’escadrille. Ce dernier n’en veut absolument pas ! Un, il n’est pas convaincu que Marais soit mort. Deux, Lafitte est un solitaire…

    Critique :

    Dernier album de la trilogie, comme il se doit, cet album permet de comprendre bien des énigmes des albums antérieurs. On va enfin découvrir qui est ce lieutenant Stipetic, dernier pilote chevaleresque qui refuse d’abattre un adversaire désarmé. Ce qu’il va accomplir est tout simplement incroyable.
    Les coups de théâtre vont se suivre jusqu’à l’apothéose finale. Le scénario de Thierry Lamy n’est pas historique, mais il est sacrément riche en turbulences. Le dessin de Cédric Fernandez est à la hauteur des meilleurs dessinateurs d’avions et la mise en couleurs de Franck Perrot est tout-à-fait convaincante. Un album plein de (bonnes) surprises.

    Saigneurdeguerre Le 20/06/2021 à 23:06:06
    Faucheurs de vent - Tome 2 - Gabrielle

    Un avion n’est pas rentré. « Normal, c’est la guerre ! », direz-vous. Oui, mais le combat s’est passé au-dessus des lignes françaises. S’il avait été abattu, on l’aurait vu ! C’est encore cet avion porte-poisse ! Ce maudit « Fer-à-Cheval » …
    Et le lieutenant Marais ! Qu’est-ce qu’il a le lieutenant Marais ? Il est présent physiquement, mais pas spirituellement… Ah ! Des nouvelles du « Fer-à-Cheval » …

    Critique :

    Encore et toujours de magnifiques combats aériens, avec des actions vertigineuses, mais aussi plusieurs couches dans le scénario : Marais, qui rentre de permission, complètement chamboulé par ce que la superbe Gabrielle, qui s’offre à lui, lui a demandé ; une disparition tout bonnement incroyable ; un homme fusillé ; Lafitte qui veut s’offrir le très redouté as allemand Stipetic qui continue de décimer les Faucheurs…

    Il s’en passe des choses dans cet album ! Des histoires dans l’histoire et encore des voiles à lever… Pas vraiment historiquement pur, mais bon, très agréable fiction.

    Saigneurdeguerre Le 20/06/2021 à 09:07:52
    Jylland - Tome 1 - Magnulv le Bon

    Messire Sten est un Viking. Mais pas comme les autres ! Sa tactique tranche avec celle que les gens de son peuple pratiquent d’ordinaire : l’attaque frontale !
    Non ! Lui, il étudie son adversaire jusqu’à ce qu’il le connaisse parfaitement : chaque détail, chaque mouvement, chaque habitude… Il attend patiemment que le moment soit venu… Et alors, seulement, il frappe !
    Il rentre au pays avec une jolie fortune, mais celle-ci n’est rien en regard de celle qu’il a laissée sous la garde d’un fidèle et qu’il viendra cueillir plus tard.

    Il ignore qu’au moment-même où il approche du royaume de son père, celui-ci est mourant. Mais ce ne sera pas la seule surprise qui l’attendra…

    Critique :

    Voilà un scénario original écrit par Bruno DE ROOVER et mis en images et en dessin par Przemyslaw KLOSIN. Une histoire de deux fils. L’un fidèle aux dernières volontés de son père, le très respecté Magnulv le Bon, l’autre dévoré d’ambition qui n’envisage la vie que sous de continuels pillages pour accumuler encore plus de richesses et agrandir son royaume. L’aîné, l’héritier du trône accepte la conversion de son père à la nouvelle religion. Une religion de paix et de tolérance. L’autre vomit cette soumission à un nouveau dieu qui prive les Vikings de ce qu’ils sont, selon lui : des guerriers pillards et sanguinaires… Mais il cache parfaitement son jeu et tisse sa toile d’araignée pour s’emparer d’un pouvoir qui ne lui revient pas.
    Malgré la qualité du scénario, je n’ai pas totalement accroché, en particulier au dessin qui me rappelle un peu trop Thorgal dont je ne suis pas fan. Mais ici, rien de magique, rien d’extra-terrestre ! Rien que de la bonne vieille roublardise. Peut-être aurais-je dû attribuer quatre étoiles, mais, suite à une overdose de Vikings, comme je ne me sens pas attiré par la suite de l’histoire…

    Saigneurdeguerre Le 19/06/2021 à 20:57:55
    Les frères Rubinstein - Tome 3 - Le mariage Bensoussan

    Camp de concentration de Sobibor.
    A l’arrivée du train d’Amsterdam dans le camp, par haut-parleur, la bienvenue est souhaitée aux nouveaux arrivants. Tout est mis en œuvre pour faire croire aux nouveaux-venus qu’ils séjourneront quelques temps en ce lieu avant d’être transportés en Ukraine pour s’y établir dans « un état juif indépendant » voulu par le Reich…
    Faisant partie de la triste comédie, Moïse est là, au micro, pour recruter une personne qui va l’assister dans son boulot de coiffeur. Il sait quel triste sort attend ceux qui ne seront pas choisis. Cinq candidats se présentent prétendant connaître la coiffure. Un.e seul.e peut être sauvé.e…

    Critique :

    Toujours aussi fort, ce tome 3 montre la fourberie des nazis et comment ils s’y prennent pour que les juifs se rendent docilement à la chambre à gaz. Ce scénario très dur de Luc BRUNSCHWIG est, une fois de plus, remarquablement servi par les dessins des talentueux Etienne LE ROUX et Loïc CHEVALLIER, et la fabuleuse mise en couleurs d’Elvire DE COCK.

    Selon une technique devenue habituelle, le scénariste nous balade dans le temps pour compléter les aventures des frères Rubinstein. C’est ainsi que l’on va découvrir que Moïse a été accepté au Lycée Henri IV à Paris en 1933, et que brillant élève, tout le monde souhaite travailler avec lui, y compris des personnes très à droite et franchement fascisantes. Quelle ne sera pas la surprise de Moïse de découvrir les origines d’Albert Lipp, encarté aux Croix de Feu, une association patriotique de droite dure ! Albert va l’introduire dans des milieux nauséabonds… Pratiquement au même moment, Moïse apprend que son frère, Salomon, s’est évadé de la colonie pénitentiaire où il était détenu pour un crime qu’il n’avait pas commis mais il avait accepté de se rendre afin que son frère cesse d’être inquiété et puisse poursuivre sa brillante scolarité…
    A Sobibor, Moïse fait son choix parmi les cinq candidat.e.s, sachant quel sort attend les quatre qui ne sont pas retenus…

    C’est un nombre incroyable d’aventures dans l’aventure qui vous attendent dans ce nouvel opus extraordinaire de la saga des frères Rubinstein.

    Saigneurdeguerre Le 19/06/2021 à 19:09:25
    Les frères Rubinstein - Tome 2 - Le coiffeur de Sobibor

    Camp de Concentration de Sobibor.
    En pleine nuit un officier SS pénètre dans le baraquement de Moïse Rubinstein. Il cherche celui qui se dit « coiffeur ». C’est ainsi que Moïse s’était défini en arrivant dans le camp de concentration. L’officier l’emmène à l’extérieur pour qu’il procède à une rapide toilette, puis il le conduit dans un bâtiment où se trouvent correctement rangés et pliés des tas de vêtements. Moïse doit s’équiper. Il se voit même proposé de choisir un parfum de luxe. Chaque matin, une heure avant les autres, il devra se lever, faire sa toilette s’habiller correctement avant de jouer au coiffeur pour le compte des SS. Voilà le programme ! Oui, mais… Seulement s’il réussi le test qui l’attend puisque le commandant du camp, en personne, va venir tester ses compétences en étant son premier client…

    Critique :

    Le scénario de Luc BRUNSCHWIG est toujours aussi prenant. Avec, aux dessins Etienne LE ROUX et Loïc CHEVALIER, et à la couleur Elvire DE COCK, nous vivons pleinement les différentes atmosphères dans lesquelles nous embarque ce récit composé d’allers-retours dans le temps et en divers lieux donnant une suite au premier album de la série.

    Voilà donc Moïse, l’intellectuel pur et très doué mais peu débrouillard, arrivé à Sobibor. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il fut coiffeur à Paris, alors qu’il était en fuite puisque son frère était accusé d’une abomination qu’il n’avait pas commise, mais dénoncé par la volonté d’un témoin indigne qui détestait les juifs et que les autorités ne demandaient qu’à croire sans se soucier de procéder à une enquête.
    Moïse est coiffeur chez un professionnel réputé. Là, à la demande de la fille du patron, pour lui être agréable, il va commettre une gaffe qui va l’obliger à fuir ce salon de coiffure (où il oeuvrait et logeait). Pendant ce temps, son frère, Salomon, qui travaillait dans un atelier de confection, en veut terriblement à ses coreligionnaires qui, pour les sauver, l’ont séparé de Moïse dans le but de les dissimuler plus facilement à la police. Par ruse, il retrouve la trace de son frère et s’en vient le rencontrer lorsqu’il le découvre en pleine fuite…
    Les péripéties se suivent et montrent le sens de la débrouillardise de Salomon. Mais on en revient encore et toujours à cette accusation qui a entraîné la fuite des frères Rubinstein, et bien d’autres drames, en la personne d’un témoin crucial.
    Dans le camp de concentration, les nazis vont se payer la tête de Moïse qui essaie de sauver l’un ou l’autre juif d’une mort certaine à leur arrivée à Sobibor.
    Si mon texte vous semble un peu décousu c’est parce que dans l’histoire, il y a des allers-retours perpétuels dans le temps. Le lecteur grapille élément par élément et l’histoire se poursuit toujours aussi prenante avec des dessins et des couleurs dignes des meilleures productions actuelles.

    Saigneurdeguerre Le 17/06/2021 à 11:09:50
    Eightball hunter - Tome 2 - Winner

    Chastity, chasseuse de primes, pensait avoir juste à ramener un petit malfrat, Dino, qui avait « oublié » de se présenter devant la justice. Du moins, c’est la version qu’on lui a servie… Elle se retrouve avec, en fait, le comptable qui aide un trafiquant de drogue à blanchir son argent, mais le comptable en question, Dino, a informé des flics très ripoux, qui le faisaient chanter, d’une transaction pleine de gros billets entre son employeur colombien et des yakuzas japonais qui voulaient ramener la paix dans la bonne ville de Los Angeles en se partageant les différents secteurs. De plus, Dino travaille aussi pour LE big boss de la pègre russe aux USA qui l’a chargé de remettre une mallette très importante à l’occupant d’une chambre d’hôtel de Las Vegas. Dino n’a pu s’acquitter de sa mission vu qu’il a fait une mauvaise rencontre dans la ville des casinos.
    Chastity embarque donc Dino et sa nouvelle copine. Sans le savoir et sans le vouloir, elle se retrouve avec, derrière ses très jolies fesses, deux Colombiens qui veulent récupérer leur fric et faire des papouilles à Dino, des flics ripoux qui veulent récupérer leur butin « honnêtement gagné » en volant les Colombiens et qui soupçonnent Dino de les avoir légèrement entubés, et trois Russes qui ont pour mission de récupérer la mallette et de présenter l’addition pour services non rendus au sieur Dino ! Planquez-vous ça va barder…

    Critique :

    Vos neurones sont fatigués ? Il n’y a rien à la télé ? Vous avez déjà tout vu sur Netflix ? Votre patron (ou vos collègues, ou votre compagnon/compagne, ou vos mômes, ou le concierge, ou le chien du voisin, ou…) vous tapent sur le système et vous avez besoin d’un défoulement ? Eightball est fait pour vous ! De l’action, des entourloupes, de magnifiques décors, des jolies nanas qui ont chaud, très chaud, et qui s’habillent en conséquence, et du pognon ! Attention ! On regarde sans toucher autre chose que le joli papier satiné sur lequel est imprimée cette aventure issue du cerveau de Michel Koeniguer et magnifiquement mise en images et en couleurs par Callixte.

    Petit jeu, offert en prime : saurez-vous reconnaître les personnalités qui ont prêté, bien involontairement, leurs traits à divers personnages intervenant dans le récit ?

    Saigneurdeguerre Le 09/06/2021 à 21:00:32

    Les constructions pour la grande exposition universelle de Paris avancent à grands pas. Il y a notamment cette grande tour de fer construite par monsieur Eiffel qui commence à être visible de toutes parts alors qu’elle n’est pas encore terminée. C’est dans ce décor que nous retrouvons Ecoline.

    Ecoline, qui ? Visiblement son nom ne vous dit pas grand-chose. Ecoline est une chienne. Une chienne un peu SDF vu qu’elle loge sous les ponts de Paris et qu’elle est en bien mauvaise posture. Son père l’avait prévenue. Elle a jeté la honte sur son géniteur, un chien de garde remarquable, en n’arrivant pas à donner l’alerte alors que des voleurs s’étaient introduits dans la ferme dont son père assumait la garde. A Paris sa sœur, Germaine, l’a abritée quelques jours mais sa présence commençait à déranger. Elle a dû s’en aller.
    Ecoline n’était pas faite pour être chienne de garde, mais elle a un talent…

    Critique :

    Avec ses couleurs dans la veine impressionniste, Ana Teresa Martinez, pourrait nous faire croire qu’il s’agit là d’un livre pour enfants. Mais l’œuvre est bien plus subtile et finit par toucher un très vaste public tant pour l’histoire, qui se rapproche d’un conte, que par les illustrations qui font immédiatement penser à l’univers des Impressionnistes. Eh bien, figurez-vous que c’est voulu ! Ecoline, dont malheureusement l’histoire de la peinture n’a pas retenu le nom, est une chienne qui vit à l’époque de l’impressionnisme et joue avec les couleurs tout comme ces peintres-là, voire même mieux. C’est un ouvrage que l’on appréhende à différents niveaux et qui convient pour tous les âges.
    Au début, j’étais dérouté. Finalement, je l’ai lu d’une traite en en appréciant les clins d’œil à de nombreuses toiles de mes peintres préférés.

    Saigneurdeguerre Le 08/06/2021 à 12:05:45
    Bushido (Kœniguer) - Tome 3 - La mort des guerriers

    John s’est fait un solide ennemi en la personne d’un yakuza sans foi ni loi : Sato !
    Ce dernier est monté en puissance en éliminant le chef de clan Sagawara et en faisant porter le chapeau à John. La fille du défunt déteste Sato (pas difficile) et souhaite son élimination. Elle requiert l’aide de son oncle, qui a aussi un œuf (de gros dinosaure) à peler avec l’aimable Sato, pour fournir à John l’artillerie nécessaire afin de dézinguer l’affreux. Petit problème, le tonton yakuza n’a pas de calibres en stock…

    Critique :

    Il faut attendre la huitième planche pour trouver un gars qui en aura besoin de six. Michel Koeniger nous avait habitués à davantage d’hémoglobine dès les premières pages. Je vous rassure, c’est normal ! On est dans la phase « diplomatie ». Les tractations se suivent dans les deux camps. Mais rassurez-vous, bande de vampires, vous l’aurez votre dose de globules rouges.

    Cet album clôture la mini-série de façon très prévisible. Bon défoulement sans que les neurones n’aient à s’user à la tâche.

    Saigneurdeguerre Le 07/06/2021 à 21:50:14
    Bushido (Kœniguer) - Tome 2 - Gaïjin-San

    Brooklyn NYC.

    Cinq mafieux attachés sur des chaises attendent la seule issue possible, une issue fatale. Les Yakuzas qui les détiennent n’ont pas l’air gentil quand ils posent des questions. Pour accélérer les réponses, un coup de feu éclate de temps à autres diminuant le nombre de personnes aptes à répondre. Mais qu’est-ce qui a justifié le déplacement de ces Japonais dans la Grosse Pomme ? Eh, bien, je vais vous le dire…

    Une autre fois…

    Peut-être…

    Critique :

    L’auteur et dessinateur Michel Koeniguer nous la joue grand cinéma avec un scénario efficace même si nous ne sommes pas ébahis par son originalité : il y a ceux qui ne veulent pas parler par fierté machiste et mafieuse, mais si on trouve le bon argument ils se mettent à table ; il y a celui qui veut venger la mort de son fils chéri qui a payé son choix de vouloir être le digne héritier de son papa dans le milieu du crime ; il y a la gentille fille qui a quitté le milieu du crime et qui va aider notre héros ; il y a le fou sanguinaire qui veut toujours plus de pouvoir et qui est absolument sans morale et prêt au pire… Tous les ingrédients sont réunis pour obtenir un film très riche en actions plus violentes les unes que les autres. Un film ? Aurais-je écrit « un film » ? Pardon ! Une bande dessinée, mais tellement riche en mouvement que l’on en oublie que ce n’est pas une superproduction hollywoodienne. Attention aux éclaboussures de sang !

    Saigneurdeguerre Le 07/06/2021 à 17:08:16
    Bushido (Kœniguer) - Tome 1 - Les Derniers Seigneurs

    Japon. 1955.

    Le petit Masanori est conduit par son oncle chez le Père O’Brian. Sa mère est décédée, quant à son père… C’est un soldat américain qui les a abandonnés... L’oncle estime que ce métis n’a pas sa place au Japon. En a-t-il une pour autant aux Etats-Unis ?

    New York. De nos jours.

    John Masanori est devenu un homme costaud qui sait y faire… en matière d’assassinats. Il est devenu tueur à gages… Il a rendez-vous avec un certain Zimmerman. Celui-ci lui apprend qu’il n’a plus que six mois à vivre. Est-il devin ? Un peu. Il est oncologue et les derniers examens ne laissent aucun doute : son cancer du colon est à un stade trop avancé. John n’a plus qu’une envie…

    Critique :

    Le scénario de Koeniger est du genre classique pour un polar. Un métis qui doit se faire sa place, qui pour cela n’hésite pas à se bagarrer, au point qu’il devient un tueur patenté. Ses dernières volontés ? Retourner là où il était né, au pays du Bushido.

    Cela dézingue à-tout-va dans le meilleur des mondes mafieux. Notre héros refuse à la dernière minute d’accomplir sa dernière « commande » pour ne pas violer ses « valeurs morales ». Du coup, il y a plein de méchants qui lui en veulent tout plein au point de souhaiter sa mort ! Si ! Si ! Ils sont souvent comme ça les méchants. Il faut dire qu’en refusant d’abattre sa dernière cible, il place un méchant dans une position très difficile qui pourrait lui valoir au minimum la prison à vie, et sans doute parce qu’il est aussi contribuable, il ne souhaite pas que les sous de l’état soient dépensés pour l’héberger. J’édulcore à peine.
    Le dessin est très dynamique sans être fabuleux (un peu trop « comic » à mon goût). Je trouve plutôt réussie la mise en couleur d’Oscar Escamilla. Certains la trouveront sans doute tapageuse, mais nous sommes dans le milieu de la Mafia où les critères de bon goût diffèrent quelque peu de celui des du Beaugenre de la Clef des Champs de Mine de Patatras, vieille famille traditionnelle qui a su préserver la bienséance et le bon goût à la française.

    Un bon défoulement.

    Saigneurdeguerre Le 06/06/2021 à 21:04:34

    Amiens. Juin 1937. Hortillonnages.

    Luigi œuvre avec amour à la culture, notamment, des fraises qui lui serviront pour confectionner ses confitures. Le journaliste qui s’intéresse à la vie en Allemagne durant la guerre débarque pour poursuivre son enquête. L’histoire reprend au moment où ils arrivent dans le camp de prisonniers. Surprise : l’homme qui les attend à l’entrée est un Français, un chef de zone du camp, Onésime Decombray. Il les conduit dans un baraquement occupé par des « droit commun ». Pour Onésime, ces jeunes gens ne sont ni plus ni moins que des criminels. Nos Lulus n’en reviennent pas. Très vite, ils deviennent copains avec deux petits voyous, peut-être pas si mauvais que ça…

    Critique :

    On retrouve la même équipe que pour le premier album de « La Perspective Luigi ». J’avoue avoir moins apprécié les dessins et la mise en couleur, quant au scénario de Régis Hautière, il s’intègre parfaitement dans ce que nous savons déjà des Lulus.

    Camps de prisonniers civils : un pour les hommes, un pour les femmes. Les quatre garçons ne voient leur copine Luce que trois heures par jour. Le restant du temps, hommes et femmes restent enfermés dans leurs camps respectifs. En cette année 1916, les conditions ne sont pas roses pour les prisonniers, surtout en hiver, mais des colis leur parviennent. Pour nos Lulus, habitués depuis le début de la guerre aux conditions de vie très difficiles, ce n’est pas plus terrible que ce qu’ils ont déjà connu. Mais rester là à attendre la fin de la guerre, ce n’est pas dans l’esprit des Lulus. Ils vont tout faire, malgré les risques, pour s’évader… Comment faire pour emmener Luce qui est dans l’autre camp ?

    Saigneurdeguerre Le 05/06/2021 à 21:38:29

    Amiens. Octobre 1936.

    Luigi est attablé dans un petit troquet. Face à lui, un homme qui recherche toute personne ayant vécu en Allemagne durant la Grande Guerre pour recueillir des témoignages de ce qu’était la vie là-bas…

    Rappelez-vous, nos quatre Lulus plus une, espérant se rendre en Suisse, se sont trompés de train. Celui-ci est arrivé à destination. Berne ? Zürich ? Neufchâtel ? … Genève, peut-être ? … Hm… Non ! Berlin ! … Berlin ? Mais ce n’est pas en Suisse, ça ! … C’est bien là tout le problème…

    Critique :

    Changement dans l’équipe. Régis Hautière est toujours au scénario, mais au dessin, c’est maintenant le jeune et talentueux Damien Cuvillier et David François à la couleur. Cela en décevra certains, d’autres n’y prêteront pas trop attention puisqu’on entre dans une autre perspective, celle de Luigi.

    Changement d’époque aussi. 1936… Mais c’est pour mieux revenir vingt ans plus tôt en 1916. Nous allons enfin découvrir ce qu’il est arrivé aux Lulus en Allemagne… Mais comme je ne suis pas corruptible, vu que vous ne me payez pas assez cher, je ne vous en dirai pas un mot.
    Bon, allez, pour cesser de voir la demoiselle en beige arrêter de sangloter, je vais vous confier quelques éléments. Ils vont rencontrer des orphelins allemands dont un qui déteste particulièrement les Français, vu que son père a été tué au combat dans ce maudit pays (c’est son point de vue, pas le mien, inutile de sortir vos fusils de chasse). Les Lulus vont découvrir qu’à Berlin beaucoup de gens ont faim à cause du blocus naval qui empêche de ravitailler le pays avec des denrées produites ailleurs.

    Je n’en dirai pas plus, même si vous torturez ma petite sœur !

    Saigneurdeguerre Le 05/06/2021 à 20:06:11
    La guerre des Lulus - Tome 7 - Luigi

    Janvier 1919. Quelque part en Picardie, là où les combats ont été parmi les plus violents.

    Lucien et Luigi partagent un morceau de pain sur des champs, ou des bois, allez savoir, labourés par des obus. Ils veulent se rendre à Valencourt où se trouvait leur orphelinat, persuadés que ce serait le premier endroit où leurs deux amis disparus, Ludwig et Lucas, songeraient à se rendre. Soudain, ils sont mis en joue par deux soldats. Pourquoi ?

    Critique :

    Les auteurs continuent leur excellent ouvrage. Voilà une suite entièrement consacrée à Luigi et à Lucien qui ne veulent plus être séparés. Lucien et sa jambe de bois, Lucien qui ne peut plus galoper comme avant. Au cours de ce périple, ils vont retrouver quelques têtes connues ou en entendre parler. La tension est élevée et l’humour du premier album semble bien loin, et pour cause, tout n’est que ruines, morts et disparitions… Ajoutons-y la faim, même si les Allemands ne sont plus là pour piller la nourriture. Les Allemands ne sont plus là ? Ah, ben si ! Il en resterait bien un…

    Toujours aussi passionnante, l’aventure se poursuit. Le prochain numéro devrait mettre à l’honneur Luce ! La petite Belge qu’ils avaient recueillie et qui, devenue demoiselle se devait de rester en Belgique occupée avec sa grand-mère.

    Saigneurdeguerre Le 04/06/2021 à 23:28:10
    La guerre des Lulus - Tome 6 - Lucien

    Troyes. 11 novembre 1918.

    Les cloches sonnent à toute volée. Que se passe-t-il ? La guerre ! La guerre est finie ! Tout le monde se réjouit. Tout le monde ? Non ! Lucien qui a perdu une jambe et qui n’a eu la vie sauve que grâce à Luigi se morfond. Une jambe et ses trois amis, plus que des frères, en moins… Pas de quoi fêter ça !

    Critique :

    La guerre s’est achevée. Lucien est dans un triste état. Même si côté physique, il fait de gros progrès, le moral est en berne. Heureusement pour lui, une gentille infirmière veille… Ce qui n’est pas particulièrement bien vu par la hiérarchie qui estime qu’elle passe trop de temps auprès de ce patient.
    Pour lui faire penser à autre chose, l’hôpital où il est soigné étant un orphelinat avant la guerre, et découvrant que Lucien avait vécu dans un établissement semblable, la brave Adélaïde lui fait raconter son histoire : comment il est devenu orphelin, qui étaient ses amis, ce qu’ils sont devenus.

    Cet album permet de découvrir l’arrivée de Lucien à « La Maison des Enfants trouvés », comment il se lie avec Luigi, Ludwig et Lucas pour former la bande des Lulus et affronter celle d’Octave composée de grands qui mènent la vie dure à tous les autres.

    L’inquiétude de Lucien est d’autant plus grande que, même si la guerre est terminée, il est toujours sans nouvelles des trois autres Lulus et de leur amie restée en Belgique occupée par les Allemands.

    Saigneurdeguerre Le 04/06/2021 à 22:06:06
    La guerre des Lulus - Tome 5 - 1918 - Le Der des ders

    Janvier 1918. Une forêt quelque part dans le nord de la France.

    Les 4 Lulus sont dans de sales draps. Encore ? Ben, oui et on ne peut pas dire qu’ils l’aient fait exprès. Ils ont quitté la Belgique dans le but de rejoindre l’abbé et les autres orphelins en France non occupée, en passant par la Suisse. Dans une immense forêt, ils ont déniché un très grand chalet. Ils se demandaient s’il était habité. Ils connaissent la réponse : ils sont attachés et bâillonnés dans l’une des caves de la demeure…

    Critique :

    Des cinq premiers albums, celui-ci est le plus sombre. La guerre touche à sa fin, mais ça, ils ne pouvaient le deviner. Malgré eux, ils font la connaissance de quelques membres de la Société des « Gentils Hommes » qui vont leur proposer un marché qui provoquera l’éclatement du groupe. Faim, froid, humidité, danger, peur, trahison sont au rendez-vous de cette cinquième aventure qui verra la fin de la guerre… Certes ! Certes ! Mais pas la fin des aventures de nos quatre orphelins mousquetaires.

    L’histoire des Lulus est rapportée par un très vieil homme, un arrière-grand-père. C’est l’un des Lulus, mais lequel ?

    Saigneurdeguerre Le 04/06/2021 à 17:19:50
    Eightball hunter - Tome 1 - Loser

    Los Angeles.

    D’un côté, des Japonais. De l’autre, des Colombiens. Point commun : mafieux.
    Ces « gentlemen » s’apprêtent à « signer » un accord historique : un traité de paix qui délimite les territoires où chaque gang exercera ses lucratives activités. Mais comme tout a un prix, les Japonais casquent une jolie somme dont le montant donnerait le tournis, même à des gens qui ne sont pas des sans-abris. Tout se passe bien. La confiance entre les deux gangs est aussi élevée que possible (c’est-à-dire très limitée) lorsque la famille Simpson débarque en survêtements verts, braque les gangsters des deux « familles », fauche les biffetons et se taille. Les protagonistes des deux gangs ont la « haine », et même un peu plus, je vous la mets quand même ? La confiance n’est plus de mise, mais on ne va pas se canarder avant d’avoir retrouvé le pognon laborieusement acquis ! On fait partie du grand monde (du banditisme) !

    Et les auteurs de ce braquage sont…

    Critique :

    Du cinéma hollywoodien en BD ! Diagnostic, docteur ? De l’action, de l’humour, des stars au générique, dessins de Callixte qui manie aussi avec brio la palette des couleurs, scénario testostéroné de Michel Koeniguer, assurent un thriller très agréable à suivre où l’on ne s’ennuie pas une seconde. Une histoire de ripoux, de gangsters, d’indics… Et une chasseuse de primes au physique avantageux et à la baston facile, le tout baignant dans une ambiance de filles peu vêtues et faciles, pour ceux qui ont le billet vert généreux. Justement, c’est le cas de Dino qui est un comptable qui a su vendre quelques informations, ce qui n’est pas nécessairement du goût de tout le monde. Notre belle Diane chasseresse se voit confier la mission d’appréhender Dany de Vito… Pardon ! Dino ! il ne s’est pas présenté à un contrôle judiciaire. C’est le comptable par qui les infos permettant le braquage ont fuité. Dino qui va se rendre à Las Vegas, chargé de mission par un gangster russe, Arnold Schwarzen… Heu… Monsieur Oulianov ! Sa mission ? Une chose toute simple : remettre, sans y jeter un œil, une mallette à l’occupant de la chambre 652 du Caesars Palace. Simple comme bonjour, non ? Au cas où il faillirait à sa mission, il recevrait la visite des lieutenants du caïd russe, Igor et Grishka, accompagnés du petit Joseph, genre petit musculeux dans les deux mètres de haut et qui, en des temps différents, menait des interrogatoires pour le KGB.

    Notre belle héroïne, elle, elle aimerait bien récupérer la garde de sa fille. Elle a besoin de temps pour effectuer du rangement chez elle en vue de la visite de l’assistante sociale. Visite qui déterminera si Chaz pourra récupérer sa gamine. Son boss doublant la prime pour la capture de Dino, elle se sent obligée d’accepter de filer à Las Vegas.

    Saigneurdeguerre Le 03/06/2021 à 19:34:27
    La guerre des Lulus - Tome 4 - 1917 - La déchirure

    1917. Belgique.

    Rappelez-vous : nos quatre Lulus, plus une, pensaient être montés à bord d’un train à destination de la Suisse, d’où ils se rendraient en zone française non occupée. Malheur ! Ils se sont trompés de train et, du coup, se sont retrouvés en plein cœur du Reich allemand. Que faire ? Reprendre un train en espérant que ce soit le bon et qu’il arrive bien en Suisse. Dans le wagon de marchandises où ils prennent place, ils crèvent de chaud. Ils ont faim. Ils ont soif. Peut-être que les caisses embarquées dans le wagon de marchandises contiennent ce qu’il leur faut ? Pas de bol ! Des uniformes allemands ! Et de drôles de masques. Enfin… Drôles si on veut. On dirait des têtes de monstres.
    Voilà un bon bout de temps que le train est à l’arrêt. Luigi n’en peut plus. Il lui faut un peu d’air frais. Il ouvre la porte coulissante du wagon… Et est aussitôt repéré par…

    Critique :

    Encore une aventure pleine de rebondissements. Cette fois-ci, elle a pour cadre la Belgique. Plus précisément, la partie francophone du pays, la Wallonie. Pourtant, on pourrait se croire en Afrique ou en Inde vu que la charrue est tirée… par un éléphant !

    De nouvelles rencontres avec une population belge affamée attendent nos cinq aventuriers. Ils crèvent de faim. Mais à la campagne, les fermiers arrivent toujours à dissimuler quelques petites choses aux Doryphores (surnom donné en Belgique aux Allemands qui ne laissaient pratiquement rien à manger à la population. Une patate en poche suffisait à vous faire arrêter). De là à leur faire partager leurs provisions, faut pas rêver ! Sauf si on est un photographe un peu escroc sur les bords…
    Entre Luigi et Lucien ce n’est plus l’entente cordiale. La cause ? Une femme, bien entendu ! Et quelle femme ! Vous ne voyez pas ? Vraiment pas ? Alors, vous non plus, vous n’avez pas remarqué que la petite Luce avait bien changé ? C’est qu’avec les habits adéquats, elle est devenue une petite demoiselle très jolie et nos deux grands ne sont pas insensibles à son charme…

    Malheureusement, toutes les personnes rencontrées ne sont pas nécessairement dignes de confiance…

    Les Lulus ne seront bientôt plus que quatre…

    Une fois de plus, les auteurs se renouvellent et parviennent à toucher un public très large.

    Saigneurdeguerre Le 01/06/2021 à 21:00:09
    La guerre des Lulus - Tome 3 - 1916 - Le tas de briques

    Décembre 1915. Quelque part dans une forêt du nord de la France.
    Sur les conseils du pilote français qui a tué leur ami allemand Hans, les Lulus ont fui leur cabane en quête d’un endroit où la guerre ne les atteindra pas.
    Dans une forêt, ils tombent sur un sabotier, Gaston, qui les aide comme il peut mais ne saurait nourrir cinq bouches supplémentaires. Les Allemands volant tout ce qui se mange, il n’est même pas certain d’avoir encore le minimum pour s’alimenter lui-même. Cependant, il leur conseille de quitter les bois, décidément trop fréquentés par les Boches et de se rendre en ville où ils passeront plus facilement inaperçus. Les Lulus se mettent en route pour Guise, une « grande » ville de six mille habitants. Vont-ils seulement y parvenir et si oui, dans quel état ?

    Critique :

    L’air de rien, cette BD est très didactique. Après avoir abordé les menstruations dans l’épisode précédent et « peut-on être ami avec un ennemi », cette fois-ci les auteurs vont nous faire découvrir le Familistère de Guise. Une création de l’esprit du scénariste ? Pas du tout ! Un bâtiment voulu par l'industriel Jean-Baptiste André Godin pour l'hébergement de ses ouvriers. N’hésitez pas à vous renseigner à propos de ce bâtiment et de son histoire très captivante, mais vous en saurez déjà beaucoup en lisant la bande dessinée. On y découvrira aussi des soldats allemands écœurés par la guerre, en convalescence, et pas pressés d’y retourner se faire charcuter. Les Lulus s’y plaisent dans ce Familistère mais une rumeur leur laisse entrevoir un avenir plus souriant, d’autant que les Boches occupent les étages les plus bas du Familistère…

    Saigneurdeguerre Le 01/06/2021 à 19:18:22

    Et si Staline, Hitler, Castro, de Gaulle, Elvis Presley avaient utilisé Internet avec des applications telles que Facebook, Snapchat, ebay ou s’étaient inscrits sur de multiples sites de rencontres… Qu’est-ce que cela aurait pu donner ?

    Imaginez Landru sur le site « Rencontres SM » ou ouvrant l’ « Agence matrimoniale des Enfants de Jésus »… Le blog de Trotski où il se paie la tête de son compère Joseph… Joseph qui ? Mais Staline, bien entendu ! Le petit Père des Peuples… Et comment Staline aurait-il réagi ?
    N’oubliez pas de jeter de temps en temps un coup d’œil aux petites annonces « leboncoin.fr », actuellement, par exemple, un certain Kim-Jung-Il cherche une bombe atomique neuve ou d’occasion pour usage domestique… S’il vous en reste et que vous ne savez pas quoi en faire…
    Grâce au blog de Fidel Castro, vous pourrez découvrir le succès faramineux de son ami le Che qui explose la vente des T-shirts et des bérets à Auchan où une foule se presse dans l’un des magasins pour obtenir sa dédicace.
    Et comment le petit Adolf va-t-il réagir quand sa mouma chérie va l’appeler pour le gronder parce qu’il est méchant avec des tas de gens ?

    Critique :

    Comme d’habitude avec Reuzé, le second (ou le troisième, voire le quatrième) degré est de mise. L’idée de confronter ces hommes politiques qui ont marqué l’histoire, pas toujours en bien, avec nos technologies Internet d’aujourd’hui est vraiment cocasse. Les dessins de Reuzé et de Fayol, très joliment caricaturaux, contribuent à faire de cet album un must ! Je ne comprends pas pourquoi il n’a pas connu le succès de « Faut pas prendre les cons pour des gens ». Peut-être était-il trop novateur ?

    Saigneurdeguerre Le 01/06/2021 à 19:02:22
    La guerre des Lulus - Tome 2 - 1915 - Hans

    Janvier 1915. Froid et humidité.
    Les 4 Lulus, Lucien, Lucas, Luigi et Ludwig, sont très embêtés : que faire de leur prisonnier allemand ? Ils ont faim. Ils ont froid. Leur cabane prend eau de toute part… Et ils ont un prisonnier sur les bras !
    Luce est celle qui en souffre le plus. Sa fièvre pourrait bien l’emporter. Le breuvage conseillé par l’Allemand semble faire effet. Elle serait peut-être morte si elle n’avait pas avalé ce traitement.
    Les Lulus se demandent s’il ne serait pas temps de le libérer. Luigi n’est pas d’accord… Et c’est Luigi qui tient le fusil de l’Allemand. Dans son agitation, Luigi presse la détente. Le soldat s’écroule…

    Critique :

    Un beau scénario montrant l’aide apportée par ce soldat allemand, Hans, à cette bande d’orphelins afin de les aider à mieux surmonter leurs dures conditions de vie. L’amitié règne entre eux. Leurs provisions s’accroissent. Tout va pour le mieux. Tout ? Quand Hans est parti à la guerre, sa femme était enceinte… Hans, le déserteur qui porte sur ses vêtements le sang de son meilleur ami, Hans qui vomit la guerre et ses atrocités, Hans a hâte de la revoir…

    Voilà une histoire qui humanise le « Boche ». Au sortir des deux guerres mondiales, et même des décennies plus tard, pareil récit aurait été considéré comme une trahison tant l’ennemi était chargé de toutes les tares et jugé incapable de se comporter avec humanité. Il aura fallu beaucoup de décennies après le dernier conflit pour qu’on puisse enfin écrire que tous les ennemis n’étaient peut-être pas des salauds.

    C’est cet aspect qui est mis en évidence dans cet album moins cocasse que le précédent, surtout si on y ajoute que Luce devient une jeune fille et ignore tout des changements qui s’opèrent en elle. Mais un ange gardien veille…

    Une excellente série jeunesse, mais que même les « vieux » peuvent avoir du plaisir à lire.

    Saigneurdeguerre Le 30/05/2021 à 20:21:50
    Black Squaw - Tome 2 - Scarface

    Bessie n’est encore qu’une enfant lorsque son frère rentre de la guerre en France où il a été très surpris de constater que les Noirs n’y étaient pas traités de la même façon qu’aux Etats-Unis. Il ramène à sa sœur un cadeau inestimable : une photo dédicacée par le grand aviateur noir, Eugène Bullard, le héros préféré de Bessie, celui qu’elle rêve d’imiter.

    Quelques années plus tard, elle vole à bord de son propre avion pour le compte … d’Al Capone, soi-même ! La voilà chargée d’une mission qui doit la mener, elle et son boss, à Saint-Pierre et Miquelon. Al Capone doit expliquer l’une ou l’autre petite règle de savoir-vivre à un Français qui lui fournit des bouteilles de bon alcool pour éteindre les gosiers en feu des Américains, asséchés par la prohibition.

    Pendant ce temps, le Ku Klux Klan n’a pas oublié qu’il a un petit différend à régler avec cette petite métisse…

    Critique :

    Une fois de plus Henriet s’est dépassé au dessin. Mais peut-on encore se dépasser quand on atteint une telle maîtrise ? Les couleurs d’Usagi sont splendides. Ok ! Et le scénario ? Je ne suis pas sûr d’avoir bien tout digéré. Trop de lieux et d’époques se mélangent même s’il y a une justification à cela : les deux soldats noirs américains qui sauvent un pilote noir, la fin de la guerre où l’un d’entre eux devient cuisinier pour Al Capone, des petits gosses, copains de notre Black Squaw, qui jouent un rôle important, la rencontre entre Al Capone et Bessie, le Ku Klux Klan qui n’oublie pas sa vengeance… J’ai l’impression que les raccords entre toutes ces histoires sont quelque peu boiteux, et même si j’ai beaucoup apprécié cette bande dessinée, je n’en ai pas profité pleinement.

    L’édition spéciale, tirée à 999 exemplaires, un tirage de tête, bénéficie d’un dessin inédit signé par le dessinateur. Il y a aussi une « sur-couverture » avec un dessin inédit.

    Eugène Bullard a bel et bien existé et a accompli suffisamment d’exploits que pour être apprécié comme un authentique héros. Le racisme empêchera cet homme d’être reconnu pour ses nombreux mérites.

    Saigneurdeguerre Le 30/05/2021 à 17:25:10
    Le transperceneige - Tome 1 - Le Transperceneige

    Eh bien, voilà, c’est fait ! Les humains ont réussi à bousiller la Terre. La voilà plongée dans un hiver sans fin. Les reliquats de l’humanité se trouvent embarqués dans un train aux centaines de wagons. Ce train circule à toute vitesse et ne doit en aucun cas s’arrêter sous peine de voir tous les hommes trépasser. Alors, il roule ! Il roule mû par une force vivante quasi magique.
    Tout le monde ne voyage pas en Première Classe. Loin de là. Un nombre important d’individus a réussi à pénétrer dans les wagons de queue, ceux où étaient stockées les conserves. Il règne un froid de canard, mais comme ils sont nombreux, cela réchauffe. Mais surtout… Ils ont des vivres… Au début… Et puis…

    Critique :

    Transperceneige est l’une des histoires postapocalyptiques en bande dessinée qui marque. Cette œuvre marque tellement qu’un Sud-Coréen en a tiré un film… Mais ce n’est pas le propos du jour.
    Que nous narre ce récit ? L’histoire d’un survivant. D’un homme qui s’échappe de son wagon à bestiaux de queue de convoi où il ne reste quasi plus de vivants et qui, affrontant le froid extérieur et le déplacement du train, parvient à casser une fenêtre des toilettes et à s’immiscer dans la « bonne » partie du train. Pas de bol : des militaires veillent et il se fait arrêter. Dans le convoi, certains s’émeuvent des conditions de vie de leurs semblables en queue de train et apprenant la nouvelle, une jolie jeune fille exige de rencontrer le prisonnier…
    A partir de là, le lecteur découvre l’organisation qui prévaut dans cet univers fermé.

    Ayant eu l’opportunité de me procurer l’édition de luxe, j’ai pu en apprécier la qualité de la reliure, du papier et des commentaires en fin d’ouvrage. Cependant, l’histoire n’est pas terminée et nul ne sait quand paraîtra la suite en version « luxe ».

    Encore une petite précision : c’est du noir et blanc. Si vous êtes allergiques à ce type d’album, vous voilà prévenus…

    Saigneurdeguerre Le 29/05/2021 à 15:07:53

    Une petite cité balnéaire. Des putes. Les deux se marient plutôt bien, non ?
    Est-ce encore le cas lorsqu’on retrouve une jeune prostituée, Giorgia Bocelli, 17 ans, sensée être jeune fille au pair, travaillant en réalité comme entraîneuse au « Phare », morte, défigurée après avoir subi d’atroces souffrances, cinq dents arrachées à vif et trois ongles de pieds ?
    Quelques jours plus tard, « Miss Barbecue », 23 ans, Adriana Totti pour l’état-civil, est retrouvée atrocement brûlée. Italienne, comme la première victime. Sera-ce la dernière ou la série ne fait-elle que commencer ? Qui leur en voulait à ce point pour les torturer de pareille manière ? Pour l’inspecteur, Assane Ndiaye, « Nutella » et son co-équipier « Light » impossible de croire qu’il s’agit là juste de crimes sadiques… On a voulu faire « parler » ces filles ? Mais que voulait savoir celui qui les a ainsi torturées ?

    Critique :

    Boum ! Dès les premières planches le lecteur non averti se ramasse un coup de massue sur la tête dont un Neandertal n’aurait pas désavoué la finesse ! Vous refermez le livre et vous allez relire sur la couverture le nom de l’auteur… Zidrou ! … LE Zidrou ? … Apparemment, oui, on n’en connaît pas d’autre… Là, il a quitté sa « zone de confort ». Un polar dur ! Non seulement par le récit, mais également par le trait de Laurent Bonneau (amusant nom pour un dessinateur dont une bonne partie des planches se passe dans la piscine ou à la mer – dans l’amer). La violence du trait et des lavis désarçonne. Je n’en suis toujours pas revenu : dois-je faire Beurk ! Beurk ! Beurk ! tellement le trait diffère de ce que je vois habituellement en BD ou dois-je crier au génie ? Un peu des deux, mon fils ! C’est un album dérangeant. Voilà qui conduira certains à parler d’art. Pas si artistique que cela car « je ne trouve pas ça beau », diront d’autres… Et voilà ! Le débat est lancé.

    Ce qui me perturbe, c’est le découpage du récit que je trouve quelque peu brouillon, côté brouillon accentué par le trait de Laurent Bonneau. Bref ! C’est un livre à lire qui ne ménagera pas votre sens critique et suscitera admiration ET perplexité chez beaucoup d’entre vous, voire même du dégout.

    Saigneurdeguerre Le 23/05/2021 à 19:12:46
    Combattants du rail - Tome 1 - Un train pour Sedan

    10 mai 1940. Ardennes françaises.

    Quatre cheminots à bord d’une locomotive, la Louison, discourent de l’état de l’engin, qui aurait bien besoin d’une réparation urgente, mais aussi des jeunes cheminots mobilisés pour faire face à une Allemagne où un vilain bonhomme avec un ersatz de moustache a des idées plus que belliqueuses. Ces quatre cheminots sont un peu l’image de la France : divisés !

    Quand ils arrivent en gare de Sedan, il y a foule ! Cela sentirait-il les congés payés ? Oh, que non ! Cela sent plutôt la poudre d’escampette…

    Critique :

    Bien que pas du tout crédible, le scénario est distrayant car très vite le lecteur se trouve plongé dans la multitude qui fuit l’avance des troupes allemandes avec une crainte particulière : les Stuka ! Ceux-ci font des ravages parmi les civils.
    La rencontre des cheminots avec une fille habillée en ouvrier et d’un militaire peu orthodoxe rend l’aventure hollywoodienne ! Là, on peut dire adieu à toute vraisemblance historique ! Ne pleurez pas ! Rappelez-vous les films avec Jean-Pol Belmondo et profitez du cinéma !

    Cette jeune demoiselle, jolie, mais fort masculine par certains aspects, a participé à la Guerre d’Espagne où elle côtoyait les anarchistes dans les brigades internationales. Elle a une obsession : rencontrer un des trois hommes au nom figurant sur le restant de photo auquel elle tient plus qu’à tout. Une photo d’une très jolie femme. QU’est-ce donc qui la lie à cette magnifique dame ?

    Les dessins des personnages ne m’ont pas du tout convaincu. Il n’empêche que je lirais bien la suite des aventures…

    Saigneurdeguerre Le 23/05/2021 à 14:08:33

    USA. 1937.

    John Clark , 22 ans, est photographe. Dans le pays, c’est encore la misère pour beaucoup de monde. La crise de 1929 à Wall Street a entraîné des chutes d’entreprises en cascade. La misère touche bien des gens. Elle est clairement visible dans les villes.
    Et dans les campagnes ? La situation n’est guère brillante. Pourtant, il existe un endroit qui est carrément l’enfer sur Terre : le Dust Bowl… Vous ne connaissez pas ? Les Américains non plus ! Cette région est balayée par des vents très puissants qui soulèvent un sable qui s’immisce partout à cause d’une sécheresse qui dure depuis des années. Pas une goutte d’eau ! Pas une ! Ceux qui habitent cette région n’ont qu’une solution : migrer vers la Californie… s’ils en ont les moyens. Autrement, il ne leur reste plus qu’à mourir de faim, de soif ou les poumons envahis par cette saleté de poussière qui vous asphyxie.
    C’est pour attirer l’attention des masses qu’un organisme gouvernemental, la Farm Security Administration, a été créé. Quel moyen employer pour faire connaître au pays l’état dramatique dans lequel se trouvent les fermiers du Dust Bowl, région à cheval sur l’Oklahoma, le Texas et le Kansas ? La photographie ! Une mission cruciale attend John Clark…

    Critique :

    Un des livres les plus poignants de ces dernières années vous tend les bras ! N’hésitez pas à vous procurer « Jours de Sable », un roman graphique magnifiquement mis en images et en couleurs, servi par un texte sensible qui ne dit que l’essentiel pour ne pas distraire le lecteur. Aimée de Jongh réalise là un travail d’historienne mettant à la portée de tous la compréhension d’un phénomène climatique qui va transformer, par la faute des hommes, un petit paradis vert en un désert où le soleil chauffe l’air qui entraîne ses tourbillons de poussière au point que les gens se voient plongés dans la nuit en plein jour. (Voilà qui devrait nous servir d’avertissement au moment où, sur tous les continents, nous désertifions à qui mieux-mieux !)

    L’auteure se livre à un découpage quasi cinématographique de son ouvrage en variant les plans. Certaines doubles pages donnent envie de les agrandir et de les placer bien en vue pour rendre hommage à la subtilité précise de son travail.
    Aimée de Jongh a, certes, inventé une histoire, un personnage aussi, mais celle-ci est basée sur des faits historiques indéniables illustrés dans l’album par des photos d’époque.
    La subtilité du récit fait que l’auteure garde comme fil conducteur ce jeune photographe de vingt-deux ans qui avait besoin d’un gagne-pain et qui se voyant confier cette mission y trouve une planche de salut. Ce qu’il va découvrir va le métamorphoser en profondeur au contact de ces personnes qui fuient devant son objectif qui fait même pleurer les enfants. Autant à Washington et New York les gens sont familiarisés avec les appareils photographiques, autant dans ce désert, un inconnu avec une étrange boîte fait peur et dérange. John Clark, qui n’est pas idiot, va changer son approche, parfois en trichant, en manipulant, y compris auprès de personnes dénuées de tout, même d’un simple litre d’eau, jusqu’à ce qu’il se rende compte du côté atroce de son comportement et change radicalement.

    Amie lectrice, ami lecteur, ce serait bien le Diable si vous aussi vous ne vous laissez pas prendre à la gorge par ce récit, par ces personnages merveilleux qui gardent leur dignité face à des conditions de vie épouvantables.

    Voilà un livre qui mérite de figurer dans toutes les bonnes bibliothèques ! Un pur Chef-d’œuvre ! Il n’attend plus que vous…

    Saigneurdeguerre Le 22/05/2021 à 21:59:28
    Eagle, l'aigle à deux têtes - Tome 4 - Rédemption

    Septembre 1943. Prison d’Alcatraz.
    O’Brady, le père, as de l’aviation américaine de la Grande Guerre, devenu traître à son pays en faisant ami-ami avec les fascistes et les nazis, Goering en particulier, a été capturé par les Alliés. Il était activement recherché par les autorités des USA. Enfermé à Alcatraz, il risque la peine de mort mais nie les évidences, renvoie son avocat et prétend être capable de mieux se défendre tout seul. Il reçoit la visite d’un officier de la police militaire qui s’intéresse bien moins à lui qu’à son fils, James, qu’il veut à tout prix faire tomber pour trahison, meurtre, espionnage, et peut-être même songe-t-il à l’accuser d’avoir volé la culotte de Blanche-Neige ! C’est son obsession à ce petit gars-là. (Pas la culotte de Blanche- Neige, encore que, mais bien de faire condamner à une peine maximale James O’Brady.)
    A Nouméa, James, dont l’esprit a retrouvé son corps d’origine, vit de petits trafics avec l’aide de Black Kite, trafiquant local notoire. Pas facile de se reconstruire quand des visions de son « autre » vie viennent le pourchasser dans son sommeil. Esther… Esther la jeune juive qu’il aime entre les pattes de Raeder ! Il est si loin et est incapable de l’aider…

    Critique :

    Album intéressant qui voit James accepter un châtiment dont le lecteur sait qu’il ne l’a pas mérité. Enfin… Pas vraiment…
    En 48 planches, on visite presque tous les continents.
    Les dessins des personnages sont en net progrès et les avions sont fabuleux.

    Bien entendu, lire cet album sans s’être immergé dans les précédents n’a guère de sens. De même, il est bien plus intéressant de lire son pendant en même temps : Adler Tome 4 – Le choix du retour.

    Les cinquièmes et derniers albums sont promis pour 2022.

    Saigneurdeguerre Le 22/05/2021 à 21:15:02
    Adler, l'aigle à deux têtes - Tome 4 - Le choix du retour

    Hans Raeder a récupéré son corps, mais pas tous ses esprits. Il sent la présence de ce maudit Américain. Pour l’instant, sa préoccupation majeure consiste à quitter l’Angleterre pour rejoindre la France occupée par ses amis nazis. S’il y arrive sans se faire tuer, il va devoir fournir des explications quant à son étrange disparition… Lui, l’enfant chéri de Goering, va-t-il pouvoir reprendre l’air et déverser sa rage sur les avions alliés ? Et quels sont ces étranges sentiments qu’il éprouve pour sa mère et cette juive, cette Esther ?

    Critique :

    Après le transfert d’esprits dans leurs corps respectifs, Hans Raeder est encore loin de l’Allemagne. Si on le retrouve au début de l’album en Angleterre, ce n’est pas par magie, les pages suivantes vont aider le lecteur à comprendre les multiples péripéties vécues par ce suppôt du nazisme qui commence tout de même à s’humaniser. O’Brady a laissé des traces dans son subconscient. Raeder compte bien reprendre sa place de héros vedette du Reich et de la revue Adler. En son absence un autre a pris sa place.

    Si je déplore les dessins des personnages, j’apprécie par contre les graphismes qui se rapportent aux avions.

    Saigneurdeguerre Le 21/05/2021 à 21:36:43
    Adler, l'aigle à deux têtes - Tome 3 - Le choix du moi

    France. 1943.

    James O’Brady commence à s’habituer au corps de Hans Raeder, et même à sa vie de pilote de chasse au service de l’Allemagne nazie. Il tente de réparer tout le mal que le vrai Raeder a causé à ses proches : à sa mère, à cette femme juive à qui il a fait un enfant et qui a été obligée de confier sa fille à un couple d’Allemands pour qu’elle ait une chance de survivre. Mais il se pose beaucoup de questions. L’esprit de Raeder a-t-il pris possession du corps d’O’Brady. A-t-il envie, lui, de récupérer son corps ?

    Critique :

    Patrice Buendia montre un Raeder qui n’est plus ce fanatique nazi, et pour cause puisque l’esprit d’O’Brady l’habite ! Il cherche à tout prix à sauver Esther, cette jeune juive à qui Raeder a fait un enfant, mais il n’arrive pas à se décider : veut-il rester dans le corps de Raeder ou récupérer le sien ? Il aime la mère de Raeder comme sa propre mère… Un choix difficile…

    Les combats aériens sont pleins de vie bien que causant beaucoup de morts…

    Saigneurdeguerre Le 21/05/2021 à 20:53:27
    Eagle, l'aigle à deux têtes - Tome 3 - Aux sources du mal

    Afrique du Nord. Printemps 1943.

    Oh, comme il n’est pas content le petit nazillon, Hans Raeder d’être encore et toujours dans la peau de cet horrible Amerloque, James O’Brady.

    Il n’a plus qu’une obsession : s’échapper de ce piège pour retrouver ce maudit Sailosi, ancien compagnon de son père durant la Grande Guerre, et qui est responsable de ce mauvais sort qui l’oblige à vivre au milieu de ses ennemis et de bombarder au profit des Alliés. De plus, il a toujours sur le dos son fichu « cousin », Joe. Il faut absolument qu’il trouve un moyen de filer dans le Pacifique…

    Critique :

    Un peu trop de magie à mon goût, mais qui plaira à d’autres moins terre-à-terre que moi. Hans Raeder, dans la peau d’O’Brady, continue à être toujours aussi désagréable avec « ses » compagnons qui ignorent qu’un pur produit nazi s’est glissé dans la peau de leur estimé compagnon… De moins en moins estimé car il est visiblement de plus en plus agressif et méconnaissable. Avions et décors sont de qualité, les personnages beaucoup moins..

    Saigneurdeguerre Le 16/05/2021 à 23:38:17
    Eagle, l'aigle à deux têtes - Tome 2 - Double jeu

    3 octobre 1942. Dispensaire de Trulo.

    Hans Rader, pilote de Focke Wulf, est un nazi pur et dur. Petit problème pour lui, par une nuit d’orage, il se retrouve dans le corps du lieutenant de l’US AIR FORCE, James O’Brady. A l’hôpital où il passe des tests, il intrigue le médecin qui le suit, d’autant qu’il fait des cauchemars en allemand. Son cousin, a une explication très simple. James a vécu en Allemagne et y a même participé aux Jeux olympiques. Il avait une liaison avec une jeune allemande, une pure nazie, et cela s’est terminé par une douloureuse rupture. De retour à sa base, « ses camarades » le trouvent fort changé, irascible, solitaire, très loin du charmant garçon qu’ils connaissaient avant l’accident.

    Pendant ce temps, le père de James est en Espagne occupé à trouver des ressources naturelles pour aider les nazis. Il a trahi son pays, plongeant sa famille dans le déshonneur et la ruine…

    Critique :

    Mais que voilà une étrange série puisque deux équipes travaillent en parallèle. D’un côté, nous avons Wallace et Julien Camp pour Eagle, et de l’autre, Patrice Buendia et Damien Andrieu pour Adler.
    JG Wallace (ou simplement Wallace), de son vrai nom Stéphane Carpentier, transforme le charmant James en une belle crapule depuis que son corps est habité par un nazi pur jus qui tente de comprendre ce qu’il fait là. Les rebondissements sont multiples et donnent envie de savoir comment tout cela va se terminer…

    Au dessin, Julien Camp s’en sort très bien, en particulier dès qu’il s’agit de dessiner des avions.

    Il est vivement recommandé de lire les deux séries en parallèle, encore que rien n’empêche de lire Adler d’un côté et Eagle de l’autre.

    Saigneurdeguerre Le 16/05/2021 à 22:02:25
    Adler, l'aigle à deux têtes - Tome 2 - Le choix du mal

    Pas facile pour un homme persuadé d’être James O’Brady, pilote de l’Air Force, de se réveiller dans un hôpital allemand en France dans le corps de l’as allemand, Hans Raeder. Encore moins facile pour son esprit d’accepter d’être ce salaud car Hans Raeder a menti et trahi tout le monde.
    Deux pilotes viennent le voir à l’hôpital. Il ne dit rien. Il regarde par la fenêtre. Puis, un seul vient encore lui rendre visite. Un beau jour, il apprend que s’il ne sort pas de son mutisme et ne reprend pas sa place d’ as de la chasse, il sera muté sur le front de l’Est… comme fantassin !

    Critique :

    Patrice Buendia propose un scénario des plus originaux. Deux pilotes, l’un de bombardier B-17, l’autre de chasseur Focke Wulf 190 se croisent dans le ciel en plein orage. Par un mystère inexplicable, l’esprit des deux pilotes se retrouve dans le corps de l’autre. Comment réagir quand on devient ce que l’on déteste le plus sans se trahir ? Comment accepter d’être un salaud nazi de la pire espèce ? Le nouveau Raeder n’a pas d’autre choix que d’endosser son rôle en essayant de corriger les méfaits du vrai Raeder, en commençant par sa mère et la femme juive qu’il aime et qui vit recluse et cachée pour ne pas subir le sort de tout juif dans une Allemagne peuplée de nazis.

    Dans le premier tome, j’avais été déçu par les dessins de Damien Andrieu. Les personnages avaient tendance à se ressembler tous. J’avoue avoir été séduit par les progrès du dessinateur très visibles dans ce deuxième tome. Quant aux scènes aériennes, elles sont de toute beauté.

    Il convient de lire en parallèle ce tome 2 d’Adler avec le tome 2 d’Eagle.

    Saigneurdeguerre Le 16/05/2021 à 15:41:47

    [...] on laisse de soi-même dans tout ce que l'on fait, que ce soit raté ou réussi [...]

    Georges-Edmond, fils du très réputé et mondialement demandé architecte Jules-Fabien d’Eyquerre est un grand rêveur. Il s’imagine voyageant partout à travers le monde et vivant mille et une aventures. Aussi est-il très contrarié quand il expose ses projets à ses parents. « Non, mon fils ! Tu es fils d’architecte, et architecte tu seras ! »
    Décidé malgré tout à s’en aller sachant que l’aventure l’attenda au coin de la rue, il part. Sans un bagage. Sans un sou. Bon, ben, après cinq jours, retour à la case départ… Avec pour obligation d’étudier l’architecture auprès des meilleurs professeurs. Georges-Edmond ne dessinera qu’un immeuble, « La Maison qui rêvait »…

    Critique :

    Me promenant dans ma librairie BD favorite, mon regard fut attiré par ce curieux album d’un petit format, aux couleurs lumineuses et aux dessins ô combien sympathiques ! A acheter impérativement !

    Je n’avais jamais entendu parler de Max Braslavsky, artiste complet, à la fois auteur, dessinateur et coloriste, ayant travaillé pour les studios Disney. C’est aussi un grand poète et un rêveur qui nous transporte dans des univers riches et variés au travers d’une singulière maison puisqu’ « aucune fenêtre ne s’alignait sur les autres et on eût été bien en peine d’en compter les étages. » Et ce ne sont là que quelques-unes de ses caractéristiques surprenantes. Cette maison a sa propre existence et est capable de se transporter partout sur Terre, et au-delà, par la puissance de ses rêves. Seules deux occupantes de cette maison ressentent les effets des rêves de leur demeure. Deux vieilles vivant seules chacune dans son appartement. Deux vieilles qui ressentent l’humidité quand, la nuit venue la maison s’en va briser la glace, la chaleur, lorsqu’elle se transplante dans le désert, le bruit de moteur lorsqu’elle s’envole dans les cieux, …

    Chaque case est un tableau finement ciselé aux couleurs douces et variées. Offrez-vous (ou à vos enfants) un moment de douce poésie au travers d’un conte magnifique.

    Saigneurdeguerre Le 16/05/2021 à 10:54:18
    Les artilleuses - Tome 2 - Le Portrait de l'antiquaire

    Paris des Merveilles. 1911.
    Faubourg Saint-Germain. « La Rapière d’Ivoire », une des plus élégantes salle d’armes de Paris.

    Lieu parfait pour permettre à des gentlemen, officiers et diplomates de croiser le fer, mais aussi de discuter en toute tranquillité d’affaires confidentielles de la plus haute importance pour le sort de l’OutreMonde.
    Le colonel Laethian, Elfe et chef de la diplomatie secrète du Royaume d’Ambremer se livre à une passe d’armes sans concession avec le capitaine Jules Bormange du 2e Bureau, les services secrets français. Le sujet de leurs échanges ? La disparition de la sigillaire. Pas n’importe quelle bague, non ! Le roi du Royaume elfe d’Irthil remit sa chevalière à la reine Méliane en signe d’allégeance. Sa disparition, surtout si elle tombe entre de mauvaises mains, pourrait avoir des conséquences catastrophiques. Les Allemands sont prêts à tout pour la posséder. Vraiment à tout !

    Mais où donc est passée la sigillaire ? Ah, ben tiens, par une heureuse coïncidence, Louison, Mam’zelle Gatling, la sort de sa poche…


    Critique :

    J’ai toujours dit qu’une femme ça pouvait être drôlement dangereux ! Alors trois… Suite des aventures de trois drôles de dames qui se trouvaient dans une situation extrêmement embarrassante au terme du premier album où elles étaient aux prises avec presque un régiment de gendarmerie qui, tout en finesse, mitraillait à tout-va. Par miracle, elles ont réussi à s’échapper (en recourant tout de même un peu à la magie). Rappelons que Lady Remington est une magicienne…
    Les voilà en quête d’un havre de paix où se remettre de leurs blessures. Rien de tel que de trouver refuge dans la Zone, sorte de bidonville, jouxtant Paris.

    Le scénario de Pierre Pevel, une uchronie dans un Paris de la Belle Epoque, fortement coloré de magie et où se mélangent gnomes, elfes, trolls, humains, etc. est plein de rebondissements. Etienne Willem au dessin prouve qu’il est l’un des meilleurs pour animer un récit plein d’action. La finesse des détails est d’un niveau rarement atteint et ses planches mériteraient d’être imprimées à un format plus grand encore pour que le lecteur puisse pleinement profiter de la minutie de son travail. Tanje Wenish aux couleurs complète divinement bien ce trio.

    Faites péter… Le champagne ? Heu… Non ! Faites tout péter ! Les Artilleuses ne sont pas d’humeur à se laisser marcher sur les pieds par des danseurs allemands mal intentionnés qu’elles n’ont pas invités au bal de la sigillaire convoitée par des appétits d’ogres.

    La suite des aventures des Attilleuses est promise pour fin 2021… A suivre !

    Saigneurdeguerre Le 16/05/2021 à 00:06:51
    Julie Doohan - Tome 2 - Wild mustang saloon

    1926. Stamwood. Virginie. USA.

    Quatre ans que Julie Doohan a pris la succession de son père assassiné par des sbires mangeurs de Mozzarella di Bufala. Quatre ans qu’elle produit le meilleur Bourbon du coin. Mais cela ne lui suffit plus. Elle veut redonner vie au Wild Mustang Saloon ! Vingt ans que le célèbre établissement était fermé. Il y a du boulot. Il faut tout remettre en état et acheter du nouveau mobilier. Il y a des danseuses à engager. Les plus célèbres de préférence. Il faut aussi un pianiste. Pas n’importe lequel ! Un qui sache continuer à jouer, même en pleine fusillade.

    Pour fêter l’événement, Julie dispose sur chaque table une bouteille de sa dernière création, l’Old Scarecrow Premium, qu’elle compte bien ne vendre que dans son établissement. Voilà qui ne va pas faire plaisir à la concurrence, y compris à l’Irlandais à qui elle vend l’essentiel de sa production…

    Critique :

    Thierry Gailleteau fait exécuter un bond de quatre ans à ses personnages. Julie se montre une femme d’affaires accomplie. L’idée d’ouvrir un saloon va déranger jusque dans les rangs de ses propres alliés qui perdent ainsi leurs meilleurs clients, ceux qui ont une automobile (comprenez ceux qui ont du fric). L’ambiance m’a moins enthousiasmé. Julie et ses amis ont le flingue facile et tirent plus vite que Lucky Luke, mais pas pour déchirer une ceinture et faire tomber le pantalon de leurs adversaires. Ici, c’est plutôt pour faire gicler le sang des Italiens comme s’il n’y avait pas déjà assez de purée de tomate dans la pizza. Beaucoup de clichés et peu de nouveautés. Le rythme est soutenu puisque la petite Julie est du style à faire un gros caca nerveux quand on la contrarie. (Et on la contrarie souvent !) Elle se débat aussi dans un drame sentimental. Elle est amoureuse de son ami d’enfance qui l’aime, mais elle refuse de devenir son épouse car elle ne veut pas devenir femme au foyer… Mouais…
    J’espérais une amélioration au niveau du dessin… Je ne la trouve pas.

    Cela reste distrayant et agréable à lire.

    Saigneurdeguerre Le 15/05/2021 à 23:11:23
    Julie Doohan - Tome 1 - Spirit of Bourbon

    1922. Virginie (USA).

    Doyle Doohan est bootlegger. En clair, il distille de l’alcool en pleine période de prohibition aux Etats-Unis.
    Tiens ! On dirait qu’il a de la visite… Un certain Enzo Scaletti se présente avec une vingtaine d’appointés auprès de la Mafia. Il a un marché à proposer à Doyle : désormais, il doit travailler pour son patron, Monsieur Jake Mozza. Doyle, Irlandais et ancien champion de boxe, a horreur des intimidations, surtout lorsque le macaroni en face de lui a besoin de se faire refaire le nez. Malheureusement, seul contre tous et sans arme, il ne fait pas longtemps le poids. Mécontent des changements esthétiques gracieusement offerts par Doyle, le petit Scaletti, profitant que le boxeur soit à terre et tenu par ses comparses lui offre trois pruneaux du genre qu’on digère plutôt mal. Après quoi, pour fêter ça, il fait péter la grange…

    Université de Blackbay (Virginie).
    C’est le dernier cours du professeur Finnegan, un spécialiste de la distillation qui vient d’expliquer les différentes parties de l’alambic aux étudiants. Parmi eux, Julie Doohan. Brillantissime élève, elle se prépare pour un doctorat. Elle est navrée d’apprendre que le professeur Finnehan prend sa retraite.
    A peine sortie du bâtiment universitaire, elle est apostrophée par un homme qui se présente comme étant Ethan Rourke, un grand ami de son père avec qui il a combattu dans les tranchées. Il a une très mauvaise nouvelle a annoncer à Julie…

    Critique :

    Sans la trouver grandiose, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette BD pleine d’action. De l’action violente, explosive, expéditive. Cela fait du bien de temps en temps.
    D’un côté, nous avons la mafia sauce bolognaise et de l’autre des Irlandais qui préfèrent picoler au bourbon plutôt qu’au vin rouge. J’ai tout vu, m’sieur l’agent : ce sont les ritals qui ont commencé ! Ils ont été très méchants et même pas gentils ! Alors, il y a une rousse (ben quoi ? elle est Irlandaise pure souche, non ?) il y a une rousse, faut pas m’interrompre tout le temps, cela brise le rythme du récit, il y a une rousse, elle a la haine ! Faut la comprendre, m’sieur l’agent : les pizzaïolos, ils ont fait avaler des pruneaux à son père. Il en a fait une indigestion au point d’aller vérifier si saint Pierre a bien les clés du Paradis pour lui ouvrir vu que là il vient de quitter la Terre de ceux qui ne sont pas encore morts. Elle a la haine, j’vous dis ! Et elle est pas la seule. Faut qu’j’vous expliqu’, m’sieur l’agent. Son paternel, il distillait et il était du genre généreux pas avare puisqu’il faisait des dons à toute la communauté, école, église, police, tout le monde profitait de ses liquidités, et pas que les ivrognes. Tout ça pour vous dire que la Julie, elle est pas toute seule à vouloir faire avaler de travers leur gorgonzola aux buveurs de Chianti, histoire qu’ils s’étouffent avec ! Elle est p’têt’ pas encore docteur en chimie, mais elle a des idées…
    C’est un scénario non dénué d’humour de Thierry Gailleteau mis en images par Luc Brahy et l’on trouve Simon Champelovier aux couleurs (forts jolies). Le dessin des personnages me paraît parfois un petit peu faiblard. Si l’histoire n’a rien de révolutionnaire, elle contient de jolies trouvailles et pas mal d’humour malgré la violence qui pète à la figure. Donc pas de prise de tête, surtout que la gnole qu’ils distillent est du genre à neutraliser les neurones !

    Saigneurdeguerre Le 15/05/2021 à 20:25:11
    Facteur pour femmes - Tome 2 - Livre 2

    26 août 1918. Cimetière de l’île.

    Elles sont huit rassemblées devant la tombe de Maël, le facteur. Leur facteur. Le jeune homme au pied-bot qui a si bien su leur tenir compagnie durant les années de guerre alors que tous les hommes valides ont été appelés sous les drapeaux.

    A sa manière, Maël avait su se montrer vaillant. Lui aussi.
    La guerre va bientôt s’achever. Les hommes vont revenir. Enfin… Ceux qui auront survécu. Et encore ! Peut-on parler de survie quand on revient défiguré, la tête ravagée par les horreurs indicibles vécues à Verdun ou au Chemin des Dames ?

    La nouvelle de ce prochain retour est loin de faire plaisir à toutes ces dames. Cinq ans, c’est long. Cinq années durant lesquelles elles ont fait tourner la « boutique » sans homme. Et maintenant que les mâles sont de retour, elles vont devoir rentrer dans le rang ?

    Et puis, il y a LE secret ! Le secret ? Non ! Plutôt les secrets. C’est qu’elles en ont des choses à cacher ces mères, ces épouses, ces veuves, ces fiancées…

    Critique :

    Didier Quellat-Guillot avait rédigé un scénario extraordinaire dans « Facteur pour femmes ». Le tome 1. Il devait constituer une histoire complète, mais ne voilà-t-il pas que, subissant les pressions de son épouse, on ne plaindra jamais assez les hommes, il ajoute six ans plus tard un deuxième tome. Pourtant, tout était dit, non ? Pas vraiment… Comme son épouse le lui a signalé, c’est bien une idée de mec, une fois le héros disparu, point final ! « Ah ? Et que sont devenues toutes ces femmes ? »

    Voilà le pauvre scénariste obligé de se replonger dans l’histoire de l’île pour suivre, pour l’essentiel, ces femmes qui, toutes, ont aimé Maël durant ces années de conflit. Elles ont plus d’un lourd secret à cacher. L’ennui, c’est qu’avec le temps, les langues se délient. Certaines sont prises de remords. Les enfants grandissent et se souviennent de certaines choses. Des photos, la passion du maire, témoignent… Le curé lui-même a laissé des guillemets autour du mot « accident », celui qui a conduit à la mort tragique de Maël…

    Je suis encore tout secoué par ce scénario, magnifiquement mené avec des révélations en cascade, des péripéties qui se tiennent et une finale qui…

    N’ayant pas trouvé la patte de Sébastien Morice, ni ses couleurs, j’ai, en feuilletant l’album, été envahi par la déception. C’est quoi ces couleurs sombres et majoritairement froides ? Et ces dessins qui n’ont pas la même légèreté de trait ? Mon Dieu ! Mon Dieu ! Mon Dieu ! … Heu… Eh bien, pas du tout ! Une fois les premières récriminations passées, je me suis fait au trait et aux couleurs de Manu Cassier. Je trouve qu’il a su trouver l’accent juste pour illustrer cette histoire de femmes, bien plus sombre que celle du tome 1.

    Que vous soyez amateur de bande dessinée ou tout simplement amoureux de belles histoires, plongez-vous vite dans ces deux albums. Et s’il vous est encore possible de dénicher le coffret, sautez sur l’occasion !

    Saigneurdeguerre Le 14/05/2021 à 18:46:52

    28 juin 1914.
    Une île au large des côtes de Bretagne.

    Un archiduc autrichien assassiné par un jeune étudiant serbe. En Bretagne, et sur une île de surcroît, personne n’en a rien à « kicker » ! Sarajevo ? Connais pas !

    Les marins ont du thon à pêcher et les paysans voient que la moisson ne va pas tarder. Seul Félicien, l’instituteur, en lisant le journal, trouve qu’il y a là une sérieuse raison de se préoccuper. Plus vite qu’il ne s’y attendait, les gendarmes débarquent : mobilisation générale ! On sonne le tocsin. Tout le monde est rassemblé. Ordre à tous les hommes de 20 à 50 ans de rejoindre les dépôts pour être équipés et envoyés au front. Pour une fois, la France n’a pas oublié ses « finis terrae », ses terres du bout du monde. Certains hommes y voient une belle occasion de quitter l’île. Personne ne semble envier ce pauvre Maël. Il ne partira pas, lui ! A cause de son pied-bot, il est réformé. Encore un plaisir que le jeune homme ne connaîtra pas ! Il va continuer à vivre avec son veuf de père, brutal et alcoolique.

    Très vite, un problème se pose : le facteur aussi a été appelé sous les drapeaux ! Impensable de vivre sans facteur, surtout que les nouvelles des soldats seront attendues avec impatience et qu’ils espéreront recevoir des lettres et des cartes de leurs proches. Le vieux maire a bien une idée : pourquoi ne pas confier la tâche au fils Gréhat ? Maël a un vélo et il sait lire et écrire ! A l’annonce de la nouvelle, le vieux malmène son fils car il prétend qu’il a besoin de lui pour les moissons. Il n’a pas le choix.

    Maël est ravi de se voir confier cette tâche et attend tous les jours avec impatience le bateau venu du continent avec son courrier.

    Les femmes se sentent bien seules depuis que tous les hommes sont partis. Beaucoup ne savent pas lire. Heureusement, le facteur est là pour leur faire la lecture et, au besoin, pour rédiger une lettre ou une carte. Peu à peu, il entre dans l’intimité de toutes ces femmes… D’autant plus qu’il n’hésite pas à ouvrir le courrier et à prendre connaissance des nouvelles… Il découvre comment se rendre indispensable…

    Critique :

    Sans les recommandations de mon libraire, je ne me serais pas attardé sur ce magnifique album. Un facteur pour femmes… Sur une île bretonne, en plus ! Non, mais…

    Séduit par les dessins de Sébastien Morice et la finesse de son trait plein de douceur, j’ai craqué ! A défaut d’un bon scénario, je pourrais toujours me consoler avec les (très) jolies images de Morice. Et là… Grosse baffe ! Le scénario est admirablement construit… Il vire même au polar ! On s’attache à ce Maël qui, pour arriver à ses fins, coucher avec la plupart des femmes esseulées de l’île, ne va pas hésiter à se comporter comme une fripouille !

    Une histoire très humaine… Où les personnages ne manqueront donc pas de défauts… Mais pas que !

    Si vous avez la possibilité d’acheter le coffret comprenant les deux intégrales (4 tomes), n’hésitez pas : il est splendide et l’histoire en vaut la peine.

    Saigneurdeguerre Le 05/05/2021 à 22:31:49
    Nero - Tome 1 - La cinquième victime

    Arkangelsk (Russie).
    Le « Fossoyeur » est de retour. Un homme gît sur le sol, vidé de son sang, les mains sur le ventre. Il porte des traces de coutures au visage…

    Un an plus tôt. Brescia (Italie).
    Giuliano Nero, ancien flic devenu détective privé, s’apprête à sortir alors qu’un homme se préparait à sonner chez lui. Sa fille, Silvia, qui venait d’avoir 26 ans a été égorgée. Au commissariat où il se trouvait avec son épouse, il a croisé le regard de celui que les autorités présentent comme l’assassin, Massimo Scalia. Il est persuadé que ce n’est pas lui l’assassin car il a vu dans les yeux de cet homme une peur terrible. Pourtant, Massimo est le coupable idéal : il s’est présenté au commissariat et a avoué le crime au lendemain du meurtre de la jeune fille, Silvia Zacchini. Il aurait commis son crime dans une scierie. Massimo Scalia n’est pas inconnu de la justice. Il avait violé une femme. Il avait été condamné à une peine de deux ans de prison. On l’avait envoyé en hôpital psychiatrique et en avait été libéré un an plus tard. Affaire résolue ! La police est contente et il ne reste plus qu’à condamner Massimo Scalia… Monsieur Zacchini n’y croit pas. Nero non plus ! Il n’apprécie guère les solutions trop simples. Il accepte d’enquêter…

    Critique :

    Voilà un polar italien qui se déroule dans une Italie d’où le soleil s’est taillé pour laisser la place à une pluie qui crée une atmosphère glauque et dépressive. J’ignore ce que vaut le scénario d’Alex Crippa vu que l’histoire est loin d’être terminée à la fin du premier tome. L’ancien flic dépressif mène l’enquête avec intelligence sans pour autant découvrir l’assassin, le vrai, pas celui qui accepte d’endosser le crime. Paru en 2006, je risque d’éprouver quelques difficultés à mettre la main sur les albums suivants. Il y a peu de chances que je connaisse un jour le fin mot de l’histoire et notamment pourquoi le récit débute à Arkangelsk…
    Les dessins d’Andrea Mutti rendent bien l’atmosphère désespérante du scénario. Froid, pluie et brume sont au rendez-vous et les scènes d’intérieur ne jouissent pas d’un éclairage fabuleux. L’ambiance est plutôt réussie. Il va de soi que je ne serais pas fâché de connaître la suite…
    Trois albums de Nero ont été publiés chez Casterman.

    Saigneurdeguerre Le 01/05/2021 à 22:35:05
    Chroniques de Roncevaux - Tome 1 - La légende de Roland

    Alors comme ça, les Saxons ne veulent pas se convertir au christianisme ? Charlemagne est là pour les convaincre qu’ils ont tort… Et le tort tue… Convertissez-vous mes frères ou mourrez… Le bon roi Charles est convaincu d’avoir été choisi par la main de Dieu ! (Bien avant Diego Maradona.) Il est le phare d’une chrétienté, malgré les très grandes turpitudes de sa vie privée. Une chrétienté qui souffre de la présence des païens au nord et à l’est, et de ces hérétiques de musulmans au sud qui dominent toute l’Afrique, une bonne partie de l’Orient, et le Mare Nostrum des Romains, la Méditerranée.
    Bien plus encore que Charlemagne, les soldats apprécient son neveu, Roland, un guerrier intrépide, d’un courage indomptable, prenant toujours plus de risques insensés.
    C’est alors qu’il est en pleine séance de conversions de païens à Paderborn que se présentent à lui des musulmans en la personne de Suleyman Ben Yaqzan Ibn Al-Arabi, gouverneur d’importantes cités du nord d’Al-Andalus. Il prétend venir en paix et lui offre les clés de la ville de Saragosse s’il soutient sa rébellion contre l’émir de Cordoue…

    Critique :

    Pour cet album-ci, l’Espagnol Juan Luis Landa joue les hommes-orchestres puisqu’il assure tout : scénario, dessin et mises en couleur. Un très grand soin est apporté au graphisme et à la mise en page. L’auteur a dû se dire qu’il valait mieux faire ce grand voyage tout seul plutôt que d’être mal accompagné… Et le résultat lui donne raison.
    Bien plus que Charlemagne, c’est Roland qui est mis en vedette en preux chevalier. Historique tout ça ? Ben, il y a du vrai dans le récit, quelques simplifications et puis une importance accordée au personnage de Roland que les textes de l’époque et du siècle suivant ne distinguent pas particulièrement des autres comtes. Ce sont les Croisades qui, bien plus tard, vont avoir besoin d’un personnage héroïque sans peur et sans reproche, tout dévoué à l’église catholique, et qui vont faire de Roland ce paladin défenseur de la chrétienté, le plus grand héros de l’ère de Charlemagne. Et comme les Français semblent préférer les glorieux perdants aux vainqueurs, Roland tué à Roncevaux en commandant l’arrière-garde de l’armée de Charlemagne qui rentre d’Espagne, va devenir une figure mythique du panthéon national aux côtés de Jeanne d’Arc et de Napoléon. (Rappelons que cela ne s’est pas trop bien fini pour chacune de ces figures encore aujourd’hui adulées par bien des citoyens de la république « Bleu-Blanc-Rouge ». Si ça fait mal quand j’appuie là-dessus, dites-le-moi ! Ah, encore une petite chose pour ceux qui l’ignoreraient, si ! si ! il y en a : Waterloo ne fut pas une victoire française, mais bien la défaite définitive de Napoléon et la fin de son empire. Mais je m’écarte du sujet…).

    Le récit de ce premier album s’achève sur un moment très fort, engendrant un suspense insoutenable et il nous faudra sans doute patienter un an avant de connaître la suite. Les Francs vont-ils réussir à prendre Saragosse ??? Que ceux qui connaissent l’histoire ne caftent pas pour ne pas briser ce suspense insoutenable !

    Encore une petite observation historique : si le Pape approuva la campagne contre les Sarrasins, il aurait préféré que Charlemagne vienne s’occuper des païens qui en Italie menaçaient le trône de Saint-Pierre. Donc, contrairement à ce que rapporte la BD, ce n’est pas un enthousiasme délirant dans la papauté quand Charlemagne se rend dans la péninsule ibérique car il était le seul en mesure de lever les menaces sur Rome. Eh puis, les raisons religieuses invoquées par Charlemagne ont bon dos…

    Une très intéressante et agréable bande dessinée qui vaut la peine d’être lue tout en se renseignant quelque peu sur les aspects historiques. Tout n’est pas à prendre au premier degré. Ce n’est pas un livre d’histoire. D’ailleurs, ces « jentils » sortis de sous terre, cela a un côté plus heroic-fantasy qu’historique.

    Saigneurdeguerre Le 30/04/2021 à 23:10:36
    Jour J - Tome 44 - Le Grand Secret 3/3

    New York City. 1943.

    Le zeppelin Hindenburg a amené avec lui les négociateurs du IIIe Reich qui doivent signer la paix définitive avec l’Angleterre. Les opposants à cette paix, dont Roosevelt, cherchent désespérément des preuves qui feraient entrer les USA dans la guerre. Les services secrets allemands sont omniprésents dans la ville, aidés en cela par de nombreux Américains, dont Hoover, le big boss du FBI. Les nazis font tout pour que rien ne retarde la signature du traité. Ils ont hâte d’estourbir les soviétiques et les forces qu’ils laissent face à l’Angleterre seraient bien plus utiles à l’Est. Les Soviétiques le savent et apportent leur aide à Roosevelt pour réunir les preuves nécessaires à convaincre le Congrès du danger que représente le sieur Hitler.
    Kissinger attend désespérément des nouvelles de Mary partie en Chine à la recherche de preuves accablantes sur les projets des nazis « Nacht und Nebel » (Nuit et Brouillard) visant à éliminer les juifs, mais aussi les tziganes, les homosexuels, les handicapés… Il estime que Mary est plus que probablement morte…

    Critique :

    Une fois de plus, l’histoire contée par Fred Duval et Jean-Pierre Pécaud nous entraîne dans un mélange de faits et de possibles. Notons au passage la trop grande confiance accordée par les auteurs au roman d’un certain André Malraux (qu’ils ne citent pas) en faisant raconter par un communiste chinois que les Japonais balancent dans les chaudières de leurs locomotives leurs prisonniers communistes. Cet emprunt fait à l’œuvre de Malraux tiré de la « La Condition humaine » est historiquement faux. Dans l’œuvre de Malraux, c’étaient les troupes de Tchang Kaï-chek qui traitaient ainsi les communistes. Rappelons que Malraux n’a jamais mis les pieds en Chine et qu’il n’a jamais été à un mensonge près. On peut être un grand écrivain, et avoir une moralité douteuse quand on prétend rapporter des faits historiques.

    Pour en revenir au scénario qui nous occupe, les auteurs n’hésitent pas à faire intervenir et s’entremêler des personnalités bien réelles issues de la pègre et du monde de l’espionnage, mais je n’ai pas envie de spoiler davantage cette histoire en vous révélant quel rôle ils jouent dans ce grand drame.
    Je déplore toujours autant la qualité médiocre des dessins de Brada. Je trouve cela regrettable parce qu’une bande dessinée, ce n’est pas qu’un scénario illustré à la va-que-je-te-pousse ! Et une fois encore, l’incroyable couverture est le fruit s’une collaboration entre Nicolas Siner & Fred Blanchard. Une couverture qui « en jette » et aide beaucoup à faire vendre en laissant imaginer que New York est entre les mains des nazis… Non, rien à voir avec « Le Maître du Haut-Château »…

    Saigneurdeguerre Le 30/04/2021 à 15:53:41
    Jour J - Tome 43 - Le Grand Secret 2/3

    New York City 1943.
    Mary Kate Danaher sort de ses cauchemars dans une chambre d’hôpital. Par la fenêtre, elle découvre un énorme Zeppelin arborant fièrement la svastika. Que fait-elle là ? L’attentat ! Elle a échappé de peu à l’attentat préparé par les nazis pour se débarrasser d’elle et de son garde du corps, Sterling. Les nazis auraient-ils pris possession de New York ? Pas tout-à-fait… C’est la fameuse délégation qui se présente pour signer les accords de paix avec le Royaume-Uni vaincu par le IIIe Reich.
    Kissinger vient trouver Mary pour lui proposer une petite balade à Shanghai dans la concession internationale. Voyage d’agrément pour se remettre de ses blessures ? Que nenni ! Une nouvelle tentative pour faire capoter les négociations de paix en prouvant que les nazis veulent que les Japonais mettent en œuvre la même politique qu’eux : « Nacht und Nebel » (Nuit et Brouillard), faire disparaître les juifs que les Japs ont déjà enfermés dans un ghetto de la ville.
    Elle a beau protester qu’elle ne parle ni chinois, ni japonais et qu’elle ne connaît rien à la ville, Kissinger lui montre une photo qui change sa vision des choses…

    Critique :

    Magnifique couverture, n’est-ce pas ? Elle n’est pas l’œuvre du dessinateur de la bande dessinée, Brada, mais bien l’enfant de Nicolas Siner et de Fred Blanchard. Elle n’a qu’un tout petit rapport avec la bande dessinée elle-même. Il n’y a pas à dire, les éditions Delcourt s’y connaissent pour appâter les lecteurs en confiant à des artistes talentueux le soin de peindre les couvertures. Les dessins de Breda sont toujours aussi sommaires et peu intéressants.
    Le scénario est un vrai thriller avec une héroïne que rien, pas même de vilains SS, ne saurait arrêter. Là voilà condamnée à se rendre dans une Chine où les concessions internationales sont encore respectées par un Japon qui n’est pas en guerre avec les Etats-Unis. Les Nippons espèrent que les Américains les laisseront tranquilles pour faire leurs sales besognes en Chine. Ils n’ont rien contre les juifs mais leurs alliés nazis veulent les convaincre de la nécessité de s’en débarrasser. Dans le récit, les auteurs font plusieurs fois référence à un livre de science-fiction réellement publié en 1937, Swastika Night. Ce récit-là n’a donc rien d’une uchronie puisqu’il a été écrit par une Britannique, Katharine Burdekin, quatre ans après l’accession au pouvoir d’Adolph Hitler et deux ans avant l’invasion de la Pologne. Méconnue des Français jusqu’il y a peu, elle dénonçait dans ses romans la société phallocratique britannique… Mais pas que ! Ce roman se situe peu après "Le meilleur des mondes" d’Aldous Huxley, mais bien avant "1984" de George Orwell. Il semblerait qu’elle y parle déjà des chambres à gaz pour éliminer les opposants du régime nazi, idée irrecevable en 1937, quand l’Allemagne était encore considérée comme une nation comme les autres…

    Saigneurdeguerre Le 29/04/2021 à 23:39:13
    Jour J - Tome 42 - Le Grand Secret 1/3

    New York City 1943.

    Bataille d’Angleterre perdue. Churchill ayant démissionné car ne voulant pas d’un armistice. De Gaulle à Moscou. Une conférence de paix doit se tenir à New York pour mettre définitivement un terme à la guerre.
    Le très discret bureau 103 est chargé par D.F. Roosevelt de vérifier ce que font les nazis. Roosevelt voudrait convaincre le Congrès de faire entrer les USA dans la guerre. Trois personnes à peine veillent sur ce travail de vérification des documents qui semblent attester des crimes de guerre commis par les Allemands. Roosevelt attend des preuves incontestables, sinon il risque d’obtenir le résultat inverse d’autant qu’un très puissant lobby pro nazi fait tout ce qu’il peut pour contrer le Président.

    Critique :

    Il y a un excellent rythme dans la bande dessinée qui rend cette uchronie d’autant plus réaliste et crédible que les auteurs Fred Duval & Jean-Pierre Pécaud se sont bien documentés. Je n’ai pas été convaincu par les dessins de Brada. La couverture de ce premier album, très réussie graphiquement est l’œuvre de Nicolas Siner et de Fred Blanchard… Mais sans aucun rapport avec le contenu de ce premier album.

    Si le récit est aussi convaincant, c’est parce que beaucoup d’Américains, notamment parmi les plus grands chefs d’entreprise, admiraient les nazis, et que certains auraient bien vu l’installation d’un état fasciste aux Etats-Unis. Vous trouverez ainsi des noms d’entreprises comme IBM, Ford, Thyssen, soutenir financièrement les mouvements favorables aux nazis. On y découvrira qu’au moins un des Bush était dans le coup. L’avantage avec le recul, c’est qu’il est permis d’évoquer certaines choses que l’on préférait taire au sortir de la Seconde Guerre mondiale.

    Saigneurdeguerre Le 29/04/2021 à 21:11:18
    Sirènes & Vikings - Tome 4 - La Vague invisible

    - J’ai du poisson ! Du beau poisson ! Qui c’est que c’est qui veut de mon beau poisson ?
    Cette poissonnière n’est autre que Lydveig, fille d’Aasbjorn. Soudain, une tête est jetée au milieu de son étal de poissons… La tête de son paternel ! Qui va encore vouloir acheter ses poissons ? En fait, c’est un faux problème car elle est là pour signaler à la belle poissonnière qu’elle va être emmenée de force, et pour la convaincre d’être coopérante, les nouveaux-menus blessent grièvement son mari qui s’était porté à son secours, et, surtout, menacent de trucider sa gamine si elle ne se plie pas fissa fissa à la loi du plus fort, celle de mâles crapuleux et violents, sans une once de pitié. Mais que lui veut-on ? Son père était ce que les Vikings appelaient un pisteur. Aujourd’hui, nous dirions un enquêteur ou un détective. Un homme brillant reconnu pour son sens de la justice et son efficacité. Il se fait que le roi Hardeknud l’avait chargé de trouver qui avait osé occire son aîné, et fils préféré, héritier du trône. Le pisteur ayant échoué dans sa mission puisqu’il avait eu la tête tranchée, probablement par une de ces damnées foutues sirènes (Beurk ! Beurk ! Beurk !) c’est à sa fille de reprendre malgré elle la quête où son paternel avait échoué. Elle n’avait plus de contacts avec son paternel qu’elle détestait depuis deux décennies. Elle a six jours si elle ne tient pas à voir mourir sa fille (et on lui promet que ce ne sera pas sans…).

    Critique :

    Si vous êtes fan des Vikings et que vous trouvez que c’étaient de chouettes gars, courageux, fiers, nobles… Passez votre chemin car ce scénario ne va pas vous plaire. Vous y découvrirez des brutes sanguinaires, des tyrans qui mangent leur parole plus sûrement que leurs harengs, des lâches… Comment ? Il n’y avait pas de lâches parmi les Vikings ? Je vous aurai prévenus… Passez votre chemin, l’histoire ne va pas vous plaire ! Si cela peut vous consoler, il y en a tout de même un ou deux qui s’en tirent noblement. Mais est-ce que les femmes comptent aussi ? Les féministes se réjouiront de constater que les héros sont en fait des héroïnes laissant aux hommes le soin d’assumer tous les vilains rôles…
    Plus que jamais les relations entre humains et sirènes sont détestables. Je ne vous dirai pas qui sont les méchants… Ainsi en a décidé le scénariste, Nicolas Mitric, qui nous offre une enquête quasi policière, une leçon de diplomatie qui aurait pu trouver sa place dans « Le Trône de Fer », et des combats avec des éléments déchaînés. Les dessins de Francesco Trifogli et de Maria Francesca Perifano me laissent quelque peu sur ma faim, certains personnages ayant des visages très peu expressifs et des corps très statiques et à peine esquissés. Il y a une jolie mise en couleur d’Aretha Battistutta.

    Bref ! Si ce n’est pas un album incontournable, il est tout de même intéressant, surtout par la qualité du scénario sponsorisé par les ligues féministes pour l’extinction totale des individus mâles. C’est l’époque qui veut ça, que les hommes doivent se sentir responsables (coupables diront certaines) de tout ! Si demain un volcan entre en éruption, soyez certain.e.s que la faute rejaillira sur un mec.

    Ah, encore un détail : ne vous imaginez pas que les dessins à l’intérieur de la BD sont de la même facture que la fabuleuse couverture due au talent de Josep Homs !

    Saigneurdeguerre Le 28/04/2021 à 23:57:14
    Sirènes & Vikings - Tome 3 - La Sorcière des mers du Sud

    Les tritons doivent rester cantonnés dans leur grotte. Ils ne sont là que pour ensemencer les sirènes. En échange, celles-ci leur procurent de la nourriture. Rien de tel qu’un Norrois pour les sustenter. Mais pourquoi les tritons ont-ils chassé l’un des leurs. Serait-ce parce qu’il porte une rune gravée sur sa poitrine ? Parole de sirène, jamais on n’a vu cela… Et visiblement, cela ne plaît pas aux autres tritons qui n’hésiteront pas à le tailler en pièces s’il y retourne. Aegir, le puissant maître de ce monde sous-marin et époux de Ran n’est pas homme à tolérer une transgression de la loi. C’est donc en cachette que Ran va confier ce jeune triton à sa fille la plus douée, Blodughadda, une vraie peste qui joue des tours à ses sœurs et qui dispose de pouvoirs magiques très puissants. Mais la jeune sirène arrivera-t-elle à cacher à son très puissant père la présence de cet hôte hors de la grotte des tritons ?

    Critique :

    Bienvenue dans ce conte de fées imaginé par Marie Bardiaux-Vaïente et scénarisé par Gihef. Les fabuleux dessins sont l’œuvre de Livia Pastore et les couleurs sont dues au talent de Bruno Pradelle. Les Vikings dans cet album ne sont que des faire-valoir juste bons à être donnés en pitance aux tritons. Dans ces mers du nord, une sirène d’un type redoutable est introduite par des Norrois qui ont pillé Séville et s’en revienne avec leur butin, dont cette étrange créature dont ils sont loin de se douter de ses pouvoirs maléfiques.

    Saigneurdeguerre Le 28/04/2021 à 15:20:42
    Sirènes & Vikings - Tome 2 - Écume de nacre

    Arnvald s’en revient d’expédition. Une expédition particulièrement fructueuse. Avant la fin de la journée, il devrait apercevoir les côtes. La mer est calme. Le vent souffle dans la bonne direction… Soudain, la brume. Un cri horrible. Une femme qui se noie. Aussitôt, un homme plonge pour aller la repêcher… Des éclairs et… et… une vague géante…

    Pendant ce temps à Kättegland, des guerriers s’affrontent dans des joutes amicales qui doivent décider lequel d’entre eux est le meilleur. Soudain, une femme saute dans l’arène, écarte d’un coup de botte le plus costaud des hommes avant d’affronter celui qui, il y a quelques secondes à peine était encore son adversaire et qu’elle vainc sans mal. Le fils du jarl Lothar, le seigneur local. Svein doit absolument vaincre cette incroyable guerrière, sinon, il ne méritera pas de succéder à son père. Freydis le désarme en lui arrachant sa hache avec son épée. Svein est à sa merci, mais Freydis…

    Critique :
    Deuxième album dans la série Sirènes & Vikings, « L’écume de nacre » est nettement plus réussi que l’album précédent à tout point de vue. Marco Dominici au dessin et à la couleur offre un travail de grande qualité sur un scénario solide où les sirènes et les humains ne font pas bon ménage. Et pourtant…
    Pourquoi Freydis, bien meilleure combattante que n’importe quel homme, a-t-elle été abandonnée à la naissance ? Qu’est-ce qui a pu motiver sa génitrice à accomplir un acte indigne d’une mère ? Heureusement pour elle, un couple de pécheurs l’a recueillie et élevée, faisant d’elle leur enfant unique.
    Gihef au scénario soulève la question des fidélités. A qui devez-vous appui et assistance ? A ceux qui vous ont mis au monde et abandonné ? Ou à ceux qui vous ont tout donné en vous entourant de leur amour ?

    Saigneurdeguerre Le 28/04/2021 à 12:43:45
    Sirènes & Vikings - Tome 1 - Le Fléau des abysses

    Qu’arrive-t-il lorsque des Norrois pêchant et chassant le phoque capturent une sirène ? Rien de bon surtout lorsque, suite à un malentendu, un Norrois tue l’une d’elles. La reine des sirènes n’est pas franchement contente vu que c’était sa petite dernière, certes, mais sa fille Arnhild est bien décidée à venger la mort de sa sœur. Aussi va-t-elle se rendre chez sa tante, Dufa, afin qu’elle réveille le Jörmungand, un immense monstre marin qui obéit à celui qui dispose de la conque magique, un gros coquillage en forme de trompe, qui en sonnant donne les ordres à exécuter.

    Critique :

    Premier titre d’une série parue chez « Les Humanoïdes associés » qui laisse à désirer tant par la qualité du scénario, très faiblard, que par des dessins très en dessous des critères actuels. Il se rapproche davantage par son style des Comics américains des années 1930. L’impressionnante couverture, due au talent de Josep Homs, est trompeuse quant à la qualité du graphisme des planches de Phil Briones.

    Pour ce qui est du scénario de Françoise Ruscak (qui a l’air de provenir de la collection Harlequin), nous avons un prince viking, Ingvald, intelligent, mais pas assez bagarreur selon les normes des Vikings, qui couche avec une demi-troll. Cette jeune « femme », laide selon les critères norrois, plaît beaucoup à Ingvald qui, finalement, tombera éperdument amoureux d’une sirène, au grand dam de Borglinde, notre semi-troll qui se sentira trahie par celui à qui elle était prête à tout donner.

    Sans en arriver à dire que ce bouquin n’arrache pas trois pattes à un canard, pas même une écaille à une sardine, il reste à espérer que la suite de cette série sera plus réussie. Nous sommes ici confrontés à une copie de ce qui fait le succès des éditions Soleil avec un thème commun, Sirènes & Vikings, et un duo auteur & dessinateur différent pour chaque album. Mais nous sommes très loin de la qualité de la série Orcs & Gobelins ou Nains… Du moins pour ce premier album…

    Saigneurdeguerre Le 25/04/2021 à 19:40:38
    Nains - Tome 5 - Tiss du Bouclier

    Une pisseuse ou un boiteux peuvent-ils devenir des Gardes du Bouclier ?
    Non, évidemment ! … Quoique… Rappelez-vous Tiss… Tiss la petite pisseuse dont le père, le capitaine Brahm, était un fameux combattant. Le pauvre homme perdit sa femme lorsque celle-ci accoucha le jour-même où la forteresse-état d’Araker-Um faillit tomber entre les mains des ogres. Heureusement, il ne perdit pas tout ce jour-là. En mourant, sa femme donna naissance à un fils, Dohan. Dohan prendrait un jour sa succession, c’était certain ! Quant à cette pisseuse de Tiss, elle devait veiller sur son jeune frère qui portait tous les espoirs de son père….

    Critique :

    Nicolas Jarry nous sort, une fois encore, un excellent scénario dans cette excellente série Nains dont il est le scénariste. Il nous entraîne cette fois dans un combat pour l’égalité hommes-femmes, ou plutôt, puisque nous sommes chez les Nains, poilus-pisseuses.
    Bienvenue chez les Gardes du Bouclier ! Pas de femelles chez les poilus ! Ce n’est pas leur place. Pourtant Tiss, une pisseuse, demande à y prendre part, et pour cela, elle est prête à tout endurer. Saura-t-elle y prendre sa place allant à l’encontre de toutes les convenances et traditions ?

    Appréciez le trait de Nicolas Demare en compagnie du designer, Pierre-Denis Goux, servis par les couleurs de Digikare Studios.

    Un album qui fait vraiment honneur à la collection.

    Saigneurdeguerre Le 25/04/2021 à 17:53:05
    Nains - Tome 4 - Oösram des Errants

    Moi, Oösram, j’étais autrefois un grand général. Pour mon roi, Doran, seigneur de la forteresse-état de Gol-Gärsem, je vainquis les troupes de la reine Alyess des puissants clans sylvains des Céliandes. Je mis la main sur leur trésor fabuleux que je crus plus malin de garder pour moi, pour mon complice, Joron et pour ses trois cognards qui l’avaient découvert. Ce sale traître de Joron me dénonça à ce roi à qui j’avais donné la victoire sur les Sylvains.
    Au lieu de m’exécuter, il gardait un espoir de mettre un jour la main sur cet or, il me chassa de ma caste de l’Ordre du Bouclier et m’apposa le sceau de l’infâmie sur la poitrine faisant de ma famille et de moi des errants. Il saisit tous nos biens. Ma famille faisait désormais partie des sans-ordre. Interdiction nous était faite de forger, de porter des armes, de commercer en or, ni même d’en posséder. Interdiction m’a été prescrite de bâtir un édifice en pierre taillée. Mon nom et celui de mes ancêtres ont été effacés des registres… Me voilà soumis à la loi pour les Errants… Des sans-ordres et sans-droits…

    Critique :

    Alors là, Monsieur Nicolas Jarry, chapeau ! Mais que voilà un magnifique scénario qui montre comment un nain riche, puissant, glorieux, perd tout à cause de son avidité, son goût démesuré pour l’or et les pierres précieuses. Mais ce nain qui n’est plus rien, va découvrir la chose la plus précieuse : sa famille ! Il va découvrir ce que cela fait de faire partie des Errants, ces nains mal vus de tous ceux qui appartiennent à un Ordre, taillables et corvéables à merci. Mais quand on a été l’extraordinaire général Oösram et que l’on subi injustice sur injustice, on ne peut que décider de résister pour faire ravaler leur morve à tous ces précieux des Ordres. Et s’il en créait un ? Un ordre pour les Errants ? Pour les sans-ordre ?

    Nous sommes maintenant habitués à des dessins de qualité supérieure et Jean-Paul Bordier au dessin ne fera pas mentir la réputation de cette série. Accompagné par Pierre-Denis Goux comme designer et appuyé par Digikore Studios à la mise en couleurs, voici un album très touchant qui sera loin de nous présenter les Nains comme des personnages sympathiques, du moins le roi et sa soldatesque, mais aussi les médecins et les commerçants. C’est qu’on finirait par préférer les culs-verts, ma bonne dame, mon bon monsieur !

    Pour rappel, chaque album est une aventure en soi et ne nécessite pas la lecture des précédents tomes… Mais ce serait dommage de s’en priver !

    Saigneurdeguerre Le 24/04/2021 à 18:55:47
    Nains - Tome 2 - Ordo du Talion

    Pas de bol pour Ordo. Il vient d’avoir six ans… Oui, et ? … Il est le sixième fils de la fratrie ? … Bon, d’accord ! Et ? … Il est né le sixième jour de la sixième lune… Ok ! Cela fait beaucoup de six. Mais encore ? …
    Ce funeste présage le destinait, dès sa venue au monde, à être offert à la Loge noire de l’Ordre du Talion auquel appartient sa famille.
    L’Ordre du Talion ? Késako ? … Quel pisse-lait peut ignorer ce qu’est l’Ordre du Talion ? Bien entendu, la plupart de ses membres sont des commerçants et des négociants, à la fois riches et enviés, mais aussi méprisés par les autres ordres de Nains. Et au sein de l’Ordre du Talion, il y a la Loge noire…


    Critique :

    Encore un petit passage par la Cité des Sang-Mêlés : « L’initiation consiste à lâcher un gosse de six ans dans les rues pleines de torche-misère de la Cité des Sang-Mêlés, un endroit assez terrifiant pour filer la courante à un seigneur de bataille constipé. »
    Vous l’aurez vite compris : se voir destiné à la Loge noire quand on est un môme de six ans n’est pas vraiment un cadeau car il va vous falloir apprendre à survivre et à (beaucoup) souffrir, autrement vous allez crever… Ce qui est grosso modo le cas de 90 à 95% des malheureux gosses confiés à cet ordre d’assassins… Avant qu’ils ne soient aptes à… Heu… Je pense que j’en ai déjà trop dit… Je crois qu’on m’écoute…

    Juste un détail : Ordo n’a pas apprécié le sort qu’on lui a réservé. Il en veut à beaucoup de monde… A son paternel en particulier… Il irait bien dire bonjour à sa parentèle…

    Encore un magnifique scénario, très sombre. On est dans le monde du meurtre, de l’immonde… De celui qui transforme un gamin en un meurtrier contre son gré. Suivez Ordo, et vous verrez comment le talent de Nicolas Jarry transforme un gamin nain en psychopathe. En psychopathe ? Peut-être pas tout-à-fait… Voire, pas du tout ! Il tue généralement contre son gré. Sur ordre ! Et certains ordres qu’il reçoit, il ne les aime pas !

    Cette fois, le dessin a été confié à Stéphane Créty qui a un trait très efficace rendant parfaitement le mouvement et les traits des personnages, qui ne connaissent en général qu’un sentiment dans cette aventure : la colère noire !

    Une fois encore, les couleurs ont été confiées à Digikore Studios pour un magnifique résultat qui ne dépareille pas les dessins de Créty.

    Saigneurdeguerre Le 13/04/2021 à 23:16:21
    Nains - Tome 1 - Redwin de la Forge

    Moi, Redwin, fils d'Ulrog, je me demandais pourquoi mon père refusait-il toujours de m’enseigner la forge de bataille ? Pourquoi gâchait-il son talent à fabriquer des outils ou des bijoux, aussi magnifiques soient-ils ? Pourtant, autrefois, il était admiré de tous pour son incroyable talent à fabriquer des armes runiques.
    J’étais la risée des autres nains. J’étais le fils du lâche ! Rom, qui avait mon âge me rossait régulièrement. J’avais soif de vengeance. Je voulais devenir un Seigneur des Runes.
    A l’insu de mon père (et non à l’insu de mon plein gré), j’ai bâti ma propre forge et entrepris de fabriquer des armes, mais celles-ci étaient de bien médiocre qualité… Jusqu’au jour où mon oncle est venu me chercher. Forgeron talentueux, il m’apprit la forge de bataille et comment concevoir les meilleures armes. Mais pas que ! Il m’apprit à me battre car un Seigneur des Runes se doit de combattre. Me voilà prêt à affronter mes premiers adversaires, pour cela mon oncle m’a conduit dans une ville libre et indépendante, la Cité des Sang-Mêlé. Je vais devoir vaincre ou mourir…

    Critique :

    Voici le premier album de la série nains. Nicolas Jarry développe un scénario basé sur un conflit père-fils, mais je devrais plutôt dire fils-père. Un père qui aime son fils plus que tout et qui ne tient pas à ce qu’il gâche sa vie à courir derrière la gloire, les honneurs et l’argent. Un père qui veut avant tout que son fils soit heureux et ne se noie pas dans son orgueil. Mais comment son fils pourrait-il accepter d’être humilié par les gens de son âge qui ne voient pas en lui un vrai nain, encore moins un membre de l’Ordre de la Forge, le plus prestigieux des cinq ordres ? Sa décision de rompre avec son père et de lui garder une rancune tenace ne va-t-elle pas le mener à sa perte ? Enormément d’émotion dans cette bande dessinée. Il y a clairement du Freud dans cette histoire. J.L. Istin, l’homme qui scénarise plus vite que son ombre, a refilé cette idée originale à Nicolas Jarry qui l’a superbement développée.

    Les dessins de Pierre-Denis Goux sont d’un grand dynamisme et donnent une impression de mouvement très réussie. J’aime tout spécialement ses décors, comme c’est le cas dans la plupart des livres des aventures en Terres d’Arran. Mon bémol, ce sont les monstres. Je n’aime pas les monstruosités qui, avec la magie, inondent la fantasy. C’est que j’ai un petit cœur sensible, moi !

    Les couleurs ont été confiées à Digikore Studios, où ses équipes ont fait de l’excellent travail.

    Saigneurdeguerre Le 11/04/2021 à 17:30:04
    Orcs & Gobelins - Tome 5 - La Poisse

    La Poisse, tel est mon surnom. Je suis un semi-orc, un mélange de gobelin et d’orc. Pourquoi « La Poisse » ? C’est une longue tradition familiale. Une cochonnerie de sorcier arriéré a jeté un sort à un de mes ancêtres il y a des centaines d’années. Depuis, le premier-né de chaque fratrie de la famille se tape ce fardeau.
    La poisse, ça tue pas, ça abîme, ça endurcit son gobelin… Mais là, avec deux couteaux plantés dans le dos, c’est peut-être très joli comme décoration, mais cela vous affaiblit un Orkelin. Je n’ose pas me les arracher de peur de me vider de tout mon sang. Il faut que je retrouve les survivants de ma compagnie. Et pour ça, il faut que je pénètre dans cette maudite ville où ma compagnie a été piégée… Mais… Mais j’hallucine ! Je vois et j’entends Pépère, mon grand-père mort il y a vingt ans. Qu’il a l’air con avec cette flèche plantée dans le ciboulot ! Mais qu’est-ce qu’il me veut ?

    Critique :

    Après avoir dévoré les 4 premiers tomes d’Orcs et Gobelins, mon enthousiasme retombe quelque peu avec ce cinquième album qui fait la part belle à la sorcellerie. Olivier Peru nous assène un scénario bien construit de Dark Fantasy où les fantômes vivent parmi des vivants qui ont souffert quelques ratés à la conception. Ces monstruosités plairont sans nul doute aux adeptes des films d’horreur dont je ne suis pas. Je n’ai jamais apprécié un seul massacre à la tronçonneuse ni la moindre « carie » même si mon dentiste est un ami. Du coup, même si Benoît Delac a conçu un excellent story-board et que Stefano Martino a montré un sacré coup de patte pour le dessin, J. Nanjan soignant les couleurs, ce n’est pas l’album que je glisserai dans mon panthéon de la BD d’heroic-fantasy.

    Saigneurdeguerre Le 11/04/2021 à 12:25:31
    Orcs & Gobelins - Tome 4 - Sa'ar

    La Cité des Sang-Mêlé est le lieu où se côtoient toutes les races, tous les croisements improbables, la plupart étant des êtres sans foi ni loi. Au départ, ce n’était qu’un trou puant où s’agglomérait la fange de tout ce qui parlait et marchait sur deux pattes dans ce coin du monde. Un lieu bien trop malodorant et inquiétant pour la noblesse aux narines si délicates qu’aucun de ses membres n’osait venir s’en emparer.

    C’est de cet enfer que va surgir une nouvelle noblesse qui s’est extirpée de la bassesse du lieu pour bâtir la cité, imposer un code, un garde-fou contre le chaos. Le pire des traîne-savates connaît les règles qui nous empêchent de nous entre-dévorer.

    Je m’appelle Sa’ar et je suis parvenu au sommet de la tour qui domine la cité. Je suis le Maître, celui qui veille au code. C’est la Cité qui m’a choisi. Personne ne m’a désigné. Je n’ai pas été élu. Je ne suis pas roi. Je resterai le Maître tant que la Cité voudra de moi. Aujourd’hui, un jeune gobelin ambitieux et virevoltant, Gnar la Gargouille, issu des mangroves comme moi, rêve de prendre ma place. La Cité a peut-être décidé de me remplacer…


    Critique :

    Nicolas Jarry est un extraordinaire scénariste et il le prouve une fois encore avec ce quatrième album de la série « Orcs & Gobelins ». Un album très « bavard » pour la bonne cause. Il permet de retracer en un livre de 56 pages la vie d’un gobelin qui a souffert tant et plus pour s’élever tout en haut de la Tour qui domine la Cité des Sang-Mêlé. Sa’ar en a bavé depuis qu’un immonde gobelin issu de son village de pêcheurs a été épargné après un crime. L’infâme est revenu avec des esclavagistes qui ont trucidé tous les villageois qui ont tenté de résister. Sa’ar a été vendu comme esclave à des marchands de poisson. Il croupissait dans les sinistres caves d’une fortification bâtie sur un récif perdu au milieu de l’océan. Des centaines de ses congénères s’y activaient, dans des conditions épouvantables, à trier les poissons, à les vider, les saler et les mettre en caisse. Là, il va apprendre que ce sont les plus forts qui décident et les plus faibles qui subissent. Il y perdra toute innocence et retiendra la leçon.

    Deux dessinateurs, au talent fou, l’Italien Paolo Deplano et le Serbe Bojan Vukic, donnent vie à cette improbable cité et à des personnages d’un dynamisme fulgurant. Les moindres détails de la Cité ont été peaufinés.

    Digikore Studios démontre une fois de plus le savoir-faire de son personnel dans cette brillante mise en couleurs.

    Même si le vert a tendance à vous faire gerber, même si vous n’éprouvez aucune sympathie pour les peux-vertes, ne passez pas à côté de ce magnifique thriller rebondissant.

    Saigneurdeguerre Le 09/04/2021 à 21:29:26
    Orcs & Gobelins - Tome 1 - Turuk

    Mais quel mal de crâne ! Bon sang ! Et c’est quoi cet œil qui m’empêche de voir correctement ? Où suis-je ? Comment suis-je arrivé ici ? Qu’est-ce qui cloche dans cette ville ? … Les habitants ? Où sont passés les habitants ? … Quelques souvenirs me reviennent… Je m’appelle… Merde ! Qui me tire dessus ? Encore un peu et cette flèche me transperçait de part en part… Je ne suis donc pas seul. Qui que tu sois, espèce d’archer, je vais te trouver, foi de Turuk ! Turuk ? Ainsi donc, je m’appelle Turuk !?

    Critique :

    Pour le premier numéro de la série Orcs & Gobelins, Istin nous sort un magnifique scénario qui nous permet de faire la connaissance avec un semi-orc intelligent (ça doit être le côté « semi » plus que le côté « orc »). Notre héros, Turuk, n’est pas le plus costaud, mais très vite on s’aperçoit que d’autres orcs, même plus solidement bâtis, lui obéissent. Notre nouvel ami Turuk n’est pas exempt de défauts, surtout que le côté « orc » fait que la parole donnée… Peu importe, Turuk va retrouver deux amis orcs, pour autant qu’on puisse être amis chez ces gens-là, et pour les besoins de sa survie, il va faire un pacte avec une horrible ennemie puisque c’est une elfe des bois. Nécessité fait loi. Elle est plutôt bien roulée et en d’autres circonstances, le charme imparable de Turuk le pousserait à lui conter fleurette, même si, il y a quelques temps encore, elle était leur gardienne dans la terrible prison d’Armuhr. Ils auront bien besoin d’allier leurs forces car la ville où ils se trouvent, si elle fut autrefois accueillante et prospère, n’est aujourd’hui plus un lieu où poser ses pieds, fussent-ils des panards d’orc ! Et pour tout arranger, cette ville se trouve sur une île et pas un bateau à l’horizon…

    Les dessins et la mise en couleur du Brésilien Saito sont splendides, et en plus de talents en dessin d’architecture, ses personnages sont très convaincants et magnifiquement mis en valeur.

    Un formidable début pour cette nouvelle série.

    Saigneurdeguerre Le 06/04/2021 à 20:42:05

    La couverture donne le ton ! Il est fort probable que nombre de personnes seront scandalisées par le contenu de ce petit livre. Yanick Grossetête ne fait pas dans la dentelle. Son humour est corrosif pour ne pas dire carrément vulgaire, mais c’est là une question d’appréciation personnelle.
    Le sociologue y verra une étude sur les mœurs de notre temps, le psy toutes les perturbations mentales qu’entraîne notre mode de vie, le religieux un livre satanique qu’il faudrait faire flamber sur un bon bûcher en compagnie de son auteur, le philosophe la décadence d’une société après l’apogée d’une civilisation qui a tout de même donné lieu à au moins deux guerres mondiales reconnues, le sexologue les bienfaits de diverses techniques visant à se procurer du plaisir, le pédagogue ce qu’il pourrait bien y avoir d’instructif , le juge un nombre incalculable de délits…

    Je laisse à chacun la liberté de se situer dans ce vaste champ des sentiments humains en fonction de son passé, de ses expériences, de son éducation…

    Saigneurdeguerre Le 05/04/2021 à 23:54:37
    Gagner la guerre - Tome 3 - La Mère patrie

    Ah, Don Benvenuto ! Comme tu portes mal ton nom puisque tu ne sembles guère être le bienvenu à ton retour à Ciudalia !
    Tu as vraiment une sale gueule. Des cicatrices partout. L’empoisonnement et le passage à tabac que tu as subis ont laissé des traces. Tu n’es pas sorti indemne de ton séjour chez les Ressiniens
    Oui, bien sûr, tu t’attendais à pire vu que tu as tout de même assassiné Bucefale Mastiggia. Mais shuuut ! N’est-ce pas là le rôle d’un membre de la Guilde des Chuchoteurs que d’assassiner ?
    Tu as été très surpris d’être reçu en héros. Même le père Mastiggia t’a embrassé puisque son fils est mort dans tes bras… Enfin, ce qui importe c’est ce que les gens croient et non ce qui s’est passé.
    Et puis, quel magnifique accueil de la part de ton employeur, Leonide Ducatore, celui pour qui tu as rempli cette mission très secrète… Et sa fille ? Que te veut-elle ? Pourquoi te tourne-t-elle autour ? Encore des emmerdes en perspective…

    Critique :

    Voici déjà, ou « enfin », c’est selon, le troisième tome de « Gagner la Guerre ». On retrouve un Benvenuto en piètre état, amaigri, affaibli, pratiquement sans dents, ayant perdu de sa souplesse, et les réflexes amoindris. Un homme qui ne souhaite qu’une chose : qu’on lui foute la paix ! Pas de bol ! Il va avoir droit aux honneurs et aux emmerdes, mais à aucun moment à la tranquillité à laquelle il aspire tant.

    Les protagonistes sont nombreux et ne rendent pas cette histoire compliquée facile à suivre surtout que leurs noms se ressemblent tous. Et vas-y que je te donne du « don » par-ci et du « donna » par-là…
    Pas de combats dignes d’un soldat, mais quelques rixes. L’essentiel du scénario repose sur la diplomatie (façon élégante de parler des coups-tordus et des assassinats).

    Une histoire qui se termine par… la nécessité de patienter jusqu’à ce que l’album 4 soit disponible.

    Genêt tire profit de l’histoire écrite par Jaworski. C’est lui aussi qui dessine. J’ai le sentiment que ses dessins sont moins fignolés que dans les albums précédents. J’ai parfois l’impression de contempler des esquisses dans certaines cases plutôt qu’un dessin achevé. Pas facile pour Genêt de tenir le rythme vu qu’il porte tout sur ses épaules, même s’il bénéficie de l’aide d’Annelise Sauvêtre pour la mise en couleurs.

    Un conseil : relisez le tome 2 si vous voulez comprendre le tome 3…

    Saigneurdeguerre Le 05/04/2021 à 21:37:59
    Gagner la guerre - Tome 2 - Le Royaume de Ressine

    Ceux qui croient me connaître, moi, Benvenuto Gesufal, savent que je suis un mercenaire, un assassin, à présent au service du machiavélique podestat Ducatore. Je suis monté en grade… Je suis devenu son bras-droit. Officiellement ! Parce qu’officieusement, je suis bien plus que ça : je suis son espion, son homme des basses oeuvres…

    Je suis prêt à tout pour m’enrichir. Vous me trouvez ignoble ? Pourquoi, moi, mercenaire, devrais-je être différent de ces nobles qui ne poursuivent d’autres buts que l’accroissement de leur puissance et de leurs richesses ? En quoi sont-ils plus « nobles » que moi ? Je travaille pour celui qui est probablement le plus retors, le plus fourbe (le plus doué) d’entre eux, le podestat Ducatore …

    Assez parlé de Benvenuto. La République de Ciudalia est en guerre. Etonnant, non ? Le Royaume de Ressine (des espèces d’enturbannés) est sur le point de tomber. La ville portuaire de Cyparissa s’est déjà écroulée sous les coups de boutoir du régiment Burlamuerte. Ces magnifiques soudards ont bien profité de leur prise, si vous voyez ce que je veux dire… Cassio Cladestini est sur le point d’emporter une victoire décisive à la tête de la flotte…


    Critique :

    Avant d’aborder la lecture de cet album, il est souhaitable de lire le 1er tome de « Gagner la Guerre », histoire de faire connaissance avec Benvenuto qui est le fil conducteur au sein de cette histoire pleine d’intrigues, de trahisons, de coups fourrés, de batailles et de meurtres en tout genre…
    Il y a tellement de complexité dans les relations entre protagonistes qu’on est obligé de lire et de relire certains passages pour s’y retrouver entre faux-alliés et vrais ennemis… Avec qui il est parfois intéressant de s’entendre pour se débarrasser de rivaux encombrants…

    L’auteur belge Frédéric Genêt, en adaptant une histoire du célèbre Jean-Philippe Jaworski, nous entraine dans une histoire qui, dans le genre sans foi ni loi, n’est pas sans rappeler « Le Prince » de Machiavel et les luttes pour le pouvoir et la richesse dans l’Italie de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance, d’autant que les adversaires ressemblent furieusement aux Arabes, à moins que ce ne soient des Turcs ou des Perses… On s’en fout ! Ce sont des ennemis qu’il faut dégommer car la République de Ciudalia ne fait pas dans la dentelle et l’humanisme. Si vous avez un côté sentimentaliste, que vous êtes allergique aux anti-héros traîtres, aux paroles non tenues, passez votre chemin ! Même si vous éprouverez de la sympathie pour Benvenuto, ne vous y trompez pas ! Ce type n’est qu’une crapule amorale, il n’agit que pour ses intérêts personnels… Et comme il n’est pas le seul…
    N’ayant pas lu l’œuvre originale de Jaworski il m’est impossible d’établir une comparaison. Ma critique ne tient donc compte que de la BD. Celle-ci est impressionnante par la qualité du dessin de Frédéric Genêt qui alterne de nombreuses scènes d’une violence incroyable avec quelques décors tranquilles de toute beauté. Son dessin est à l’image de son propos : sanglant, rapide, percutant. Un petit mot pour signaler que la superbe mise en couleurs est le fruit d’une collaboration entre Annelise Sauvêtre et Frédéric Genêt. Hé, oui, encore lui !

    Saigneurdeguerre Le 05/04/2021 à 16:35:26
    Garage Isidore - Tome 9 - Panne d'allumage

    Imaginons que vous vous appeliez Isidore… Pourquoi pas ? Cela ne fait pas de vous un assassin, n’est-ce pas ? Imaginons maintenant que vous ayez un apprenti et qu’il s’appelle Chris… Vous viendrait-il à l’idée de prendre deux poutres quelques clous et de le crucifier ? Non ? Nooon ? … Alors c’est que cet infâme individu paresseux, fainéant, mou, nonchalant, inerte, oisif, flâneur, engourdi, apathique, endormi, flemmard, inactif, lambin, désoeuvré, oiseux, négligent, atone, tire-au-cul, tire-au-flanc, molasse, faignasse… Et j’en oublie ! ne travaille pas pour vous… Enfin, « travailler » sonne comme un gros mot lorsqu’on évoque pareil individu… Juste bon à s’endormir en laissant une lampe à souder allumée… qui va faire partir en fumée votre gagne-pain !
    Il vous reste des clous ?

    Critique :

    Après avoir lu un thriller passionnant mais où les personnages ne respirent pas tous une santé des meilleures, les uns parce que leur cerveau mal oxygéné ne véhicule que des idées noires, d’autres parce qu’ils ne sont plus oxygénés du tout, plus très mobiles, pas beaux à regarder, et en définitive plus morts que morts, c’est un bonheur de se plonger dans les gaffes à répétition d’Isidore et de ses petits camarades garagistes ou non.
    Gaston Lagaffe a fait des émules, tant au niveau du dessin, merci Stédo (Stéphane Dauvin) qui dessine également les aventures de Boulard, qu’au niveau du scénario, merci François Gilson !
    A lire sans modération.

    PS : Si vous êtes propriétaire d’une voiture, ne lisez pas cette BD ! Vous allez vous faire beaucoup de tort !

    Saigneurdeguerre Le 04/04/2021 à 00:54:22
    Millénium Saga - Tome 3 - La fille qui ne lâchait jamais prise

    Les Nouveaux Spartiates font chanter le gouvernement suédois. Celui-ci dispose de 72 heures pour verser, en bitcoins, une rançon de 30 milliards de couronnes suédoises. Faute de quoi, le groupuscule suprémaciste blanc et libertarien rendra public les données du Data Center des services secrets et l’intégralité du projet de surveillance Hugin visant à connaître le moindre détail de la vie, non seulement des Suédois, mais de tous les Européens.

    Le ministre de l’Intérieur l’a en travers de la gorge car il n’était au courant de rien ! La première ministre estimant qu’il s’y opposerait avait décidé qu’il ne devrait pas en être informé. C’est donc à un tout petit niveau que l’affaire a été décidée entre la cheffe du gouvernement et le chef des services secrets…

    Pendant ce temps, Salander est toujours enfermée avec son otage libertarien et « masculiniste » dans un hôtel. C’est l’homme qui donne des conférences à des prix très élevés pour que de futurs machos sachent comment séduire les femmes. Mais ce calme relatif pourrait bien ne pas durer… Alpha, le maître des Nouveaux Spartiates à donné l’ordre à ses troupes d’attaquer…


    Critique :

    Et c’est une fois de plus à du cent à l’heure que Runsberg entraîne le lecteur dans cette folle équipée avec une Lisbeth Salander qui ne lâche jamais prise, des complotistes suprémacistes, racistes, libertariens menés pas un chef tout-puissant, un gouvernement suédois pris à la gorge et des journalistes inquiets pour l’un des leurs qui a disparu depuis quelques jours et qui est accusé par l’extrême-droite d’avoir tabassé lourdement quatre des siens avec des islamo-gauchistes…

    Bref ! C’est tambour battant que l’auteur a ajouté un chapitre de plus à l’œuvre du regretté Stieg Larsson. Mon plaisir devrait donc être complet. Il ne l’est pas car je n’ai toujours pas digéré la qualité du dessin. L’œuvre méritait mieux. Bien sûr, le trait est dynamique, mais ce n’est pas suffisant quand je pense aux standards actuels. Le fait qu’Alpha ait des airs de Trump ne suffit pas.
    Ne vous fiez pas à la qualité des illustrations des couvertures pour vous figurer que vous allez trouver la même dans les planches ! Les couvertures sont très réussies, la dernière tout particulièrement… Mais un album se limite-t-il à une splendide couverture ?

    Saigneurdeguerre Le 03/04/2021 à 23:45:59
    Millénium Saga - Tome 2 - Les Nouveaux Spartiates

    Retour dans le temps…
    Plague, un super hacker, un élément clé de Hacker Republic, annonce à Lisbeth Salander qu’il quitte le groupe. Il doute de la sincérité de la motivation de nouveaux-venus au sein de cette famille de hackers. Un certain Télècle l’inquiète plus particulièrement car il milite pour des actions violentes. Lisbeth lui crie à la face que personne n’est irremplaçable. Pourtant, elle aurait bien besoin de Pleague !

    Plusieurs mois plus tard…
    En compagnie de Blomkvist, le célèbre journaliste de Millenium, après avoir réussi à échapper à des agresseurs très mal intentionnés à leur égard, elle s’introduit chez Plague. Visiblement, celui-ci a disparu depuis un temps certain. Serait-il parti en voyage ? Impensable ! Il déteste s’éloigner de chez lui. Il serait parti sans ses figurines, ses mangas et ses DVD auxquels il tient plus que tout ? Inimaginable ! Et le ménage a été fait sur son ordinateur…
    Ce que Lisbeth ignore, c’est que la caméra de Plague est restée allumée et qu’à plusieurs kilomètres de là, les ravisseurs qui ont enlevé ses trois amis la voient et lancent l’alerte pour que leurs complices s’en emparent… Il la leur faut vivante…

    Critique :

    Bon ! Ok ! Le scénario, c’est du déjà vu ! Cependant, Runberg sait se montrer très efficace pour mener ce thriller à du cent à l’heure et pour donner envie de poursuivre la lecture sans s’arrêter une seconde. Nous revoilà partis sur les traces d’un groupuscule qui rêve de créer un nouveau monde de type libertarien avec un petit plus qui ressemble à une méchante dictature. Ses membres se la jouent nouveaux Spartiates. La faiblesse n’est pas tolérée chez ces musclors violents et obsédés par leur vision de la liberté. (Ils ne conçoivent pas ce mot de la même manière que les auteurs de dictionnaires.)
    Les dessins sont toujours aussi dynamiques mais les visages, particulièrement, me déçoivent. Ces illustrations m’empêchent d’apprécier pleinement le récit… Mais je vais aborder tout de suite le troisième et dernier tome de cette aventure.

    Saigneurdeguerre Le 03/04/2021 à 21:10:21
    Millénium Saga - Tome 1 - Les Âmes froides

    Göteborg (Suède). 13 août.

    Lisbeth Salander et sa copine Trinity veulent assister au festival « Way out West ». Elles n’y sont pas encore car Trinity tient à se procurer de la MDMA. Elle a besoin d’un peu de détente vu qu’elles passent des journées enfermées, des journées de vingt heures dans l’appartement de Lisbeth, sur leurs ordis. Elle mérite bien un peu d’évasion non ?
    Eh, bien, ce ne sera pas pour aujourd’hui ! Une camionnette surgit dans la nuit. Des hommes qui prétendent appartenir aux services de sécurité suédois s’emparent de Trinity et ratent de peu Lisbeth…

    Critique :

    Rien de neuf sous le soleil ! Salander est une fois de plus confrontée à un (des ?) complot(s). Dans sa ligne de mire une sorte de jeune premier, genre beau gosse propre sur lui : Sten Windoff. Ce faux gentleman est le président d’un parti d’extrême-droite raciste, homophobe et antiféministe, les Républicains suédois. Les idées sont simples : la Suède aux « vrais » Suédois ! Les femmes à la maison pour s’occuper du foyer, aux hommes seuls de prendre les décisions, dehors les étrangers, les gauchistes, les homos, et j’en passe et des meilleures. Ce parti risque fort de sortir vainqueur des prochaines élections qui sont toutes proches et de se retrouver au gouvernement. Les sondages les créditent de 34 % d’intentions de vote…
    Mikael Blomkvist, du journal Millenium enquête sur lui et voudrait mettre en avant son passé de néo-nazi… Il risque de voir son nombre d’os se démultiplier pendant que, dans le même temps, ses gencives perdraient quelques dents qui encombreraient sa bouche si les partisans de Windoff ne veillaient pas à lui rectifier le portrait.
    Lisbeth a d’autres préoccupations : l’enlèvement de sa copine hackeuse et une banque de données monstrueuse, créée pour les services secrets suédois, qui récolte la moindre miette d’information, non seulement sur les Suédois mais aussi sur tous ceux qui habitent en Europe, Russes compris… La NSA peut aller se rhabiller. Si Salander arrive à prouver cela, nul doute qu’une grave crise éclatera. Le pire, c’est ce qu’un Sten Windoff au pouvoir pourrait faire d’un monstre pareil…
    Pour ceux qui douteraient que pareille chose soit possible, sachez qu’en Belgique, le plus grand parti du pays est le Vlaams Belang, un parti d’extrême-droite, raciste et xénophobe, qui a à sa tête un jeune homme propre sur lui…

    Le scénario est tout ce qu’il y a de plus convenu. Il y a un côté déjà vu, comme dans « 24 heures chrono ». Mais reconnaissons que Runsberg s’en tire magnifiquement bien puisqu’il donne un rythme d’enfer à l’histoire. Là où le bas me blesse, c’est au niveau du dessin de la dessinatrice Ortega. Si l’action est très bien rendue, les visages sont assez sommaires, pas toujours très convaincants.

    Vous m’excuserez de vous abandonner là, mais le deuxième album m’attend…

    Saigneurdeguerre Le 02/04/2021 à 22:39:57
    Misty Mission - Tome 3 - Des ténèbres au purgatoire

    Louisiane, à proximité de la base England de l’USAF.

    Pourquoi Nicholas Beaulieu, de retour aux USA ne se rend-t-il pas chez lui, voir sa femme et sa fille, son vieux père ? Pourquoi passe-t-il son temps à évoquer des souvenirs du Vietnam avec d’autres pilotes ?

    C’est là qu’Heather, l’ex-petite amie de son meilleur ami, Josh Larue, qui s’est fait passer pour sa cousine auprès des collègues de Beaulieu, débarque pour l’interpeler. L’engueuler serait plus exact.
    Elle aimerait aussi avoir des nouvelles de Josh. Beaulieu lui avoue que Larue est toujours vivant mais qu’il lui a fait promettre de dire à Heater qu’il était mort.
    Finalement, Beaulieu s’engage à demander une permission pour aller retrouver sa famille. Mais va-t-il tenir parole ?

    Critique :

    Cette bande dessinée, dont l’histoire se compose de trois albums, a le grand mérite d’évoquer les changements que la guerre a opérés sur ces combattants. Après les horreurs qu’ils ont connues et commises, y a-t-il une réinsertion possible dans un monde tel que les USA ? Un univers où les gens ne comprennent pas ce qu’ils ont vécu et où on ne leur pardonne pas de ne pas revenir en vainqueurs. Il fallait être sur place pour se rendre compte que c’était un combat que les Américains ne pouvaient pas remporter. La drogue fait des ravages, beaucoup de combattants ayant l’impression qu’ils n’ont plus rien à perdre.

    Les dessins d’avions, hélicoptères, véhicules et paysages sont toujours aussi beaux. Les couleurs sont magnifiques et le scénario est solide. Alors pourquoi cette bande dessinée n’est-elle pas plus connue ?

    Saigneurdeguerre Le 02/04/2021 à 20:12:44
    La bête (Frank Pé/Zidrou) - Tome 1 - La Bête

    Port d’Anvers (Belgique).
    Fin novembre 1955.

    Le bateau qui vient d’accoster a connu une avarie en pleine mer. Une partie de son chargement a connu bien des misères. Les très nombreux animaux qu’il transportait dans sa calle sont morts. La puanteur est phénoménale à cause de tous ces cadavres en décomposition. Tous les animaux sont morts ? Tous ? Non ! Un animal d’une férocité redoutable a survécu… Une bête indescriptible. Singe ? Léopard ? Ours ? Un croisement improbablement entre espèces ? A coup sûr, un MONSTRE…

    Critique :

    Le Marsupilami tel que vous ne l’avez jamais vu ! Fini, le gentil et comique marsupial destiné à faire rire les enfants ! Tremblez jeunes gens ! Evanouissez-vous jeunes filles ! Une bête dangereuse, incontrôlable, s’est échappée.

    Et qui va la recueillir ? Un marmot qui ne cesse de ramener chez lui toutes les bestioles à plumes ou à poils qu’il rencontre et qui sont souffrantes, blessées, ou trop vieilles et condamnées à l’abattoir. François. Il s’appelle François. François Van Den Bosche, un nom tout ce qu’il y a de plus belge. Belge ? Vraiment ? Vous êtes sûrs ? Alors, pourquoi ses charmants compagnons, dont le premier de classe, l’appellent-ils Van le Boche ? pourquoi est-il le souffre-douleur de trois de ses très estimés compagnons de classe ?

    Il faut que je vous avoue que sa mère a commis, vers la fin de la guerre, l’irréparable. Elle a aimé un soldat allemand ! Un sale Boche ! Depuis, elle est considérée par les bonnes âmes comme un être impur. N’est-elle pas mère-célibataire ? Et qui c’est que c’est qui a semé la petite graine, hmm ? Une moins que rien ! Tout le monde le sait ! Cette petite dévergondée et son mioche ne méritent pas de…

    Pour gagner modestement sa vie et nourrir son fils, elle vend des moules au Marché au Poisson.

    Vous en raconter davantage serait criminel, alors affrontons courageusement, les femmes et les enfants d’abord, tous ceux qui vont vomir cette bande dessinée. Leurs arguments ne manqueront pas : « Quelle trahison ! Comment est-ce possible ? Que fait l’ONU ? Pourquoi l’OTAN ne bouge pas ? Virez le gouvernement ! Et le Pape ? Pourquoi il ne dit rien, le Pape ? Encore un coup des islamo-gauchistes d’extrême-droite ! Comment a-t-on pu transformer le gentil Houba ! Houba ! Marsupilami, en être démoniaque qui fait peur aux enfants (et à beaucoup de grands) ? Qu’est-ce que donc que ce langage peuplé d’astérisques qui renvoient à des sous-titres parce que l’auteur recourt à une langue barbare ? Pourquoi autant de cases sans le moindre dialogue ? Qu’est-ce que ce format débile si éloigné du véritable format BD franco-belge ? Et ces couleurs ! Non, mais ! Vous avez vu ça ? Des bruns… Des gris… Des marrons ! Beurk ! Beurk ! Beurk ! »

    Je ne suis pas payé pour défendre les auteurs, mais, ne tirez pas ! Moi, j’ai adoré ! D’abord, ce langage barbare, c’est du bruxellois ! Quand j’étais enfant (c’était il y a quelques décennies) tous les enfants et une majorité d’adultes s’exprimaient ainsi « en français » à Bruxelles. (Répétez après moi : Brusssselles et pas BruXXXXelles !) Zidrou a rendu crédible une histoire qui se déroule essentiellement en Belgique, et plus particulièrement à Bruxelles au milieu des années cinquante.

    Le format, peu pratique, il est vrai, pour le glisser dans sa bibliothèque aux côtés d’autres BD est celui qui a semblé graphiquement le mieux adapté à l’œuvre originale que Zidrou et Frank Pé ont réalisée. De temps à autres, il y a de très grandes cases avec des dialogues minimalistes… Mais à quoi bon causer quand l’image est tellement forte qu’elle se suffit à elle-même ? Les premières planches sont dignes des films les plus noirs avec cette pluie, la nuit, qui, rien qu’à la vue des images, vous donne froid dans le dos et vous transperce comme le fait la pluie glaciale d’automne qui annonce l’arrivée de l’hiver. C’est glauque… Parce que l’histoire est glauque ! Tant le sort de ces animaux que celui du marsupilami dont on continue de tout ignorer, que celui de ce garçon et de sa maman, abandonnés à leur triste sort. Pourtant, en dehors de François et de sa mouma, il y a d’autres personnages lumineux dans ce récit… Heu… Aurais-je vraiment mis « personnages » au pluriel ? Ah ! Veuillez m’excuser… Le « s » est en trop ! Il y a un personnage d’une rare gentillesse dans ce monde de brutes : monsieur Boniface, l’instituteur de François. Il est … Heu… C’est sa vie privée, si vous voulez en savoir plus, lisez « LA BÊTE » !

    Frank Pé a un rare talent pour la caricature, les expressions du visage. C’est tout simplement exceptionnel et les couleurs me semblent très bien adaptées au contexte historique et sombre du récit.

    Beaucoup ne partageront pas mon avis, je m’en fous, j’ai adoré et j’attends une suite car l’histoire se termine sans se terminer et il semble clair qu’il y aura un « à-suivre » puisque les auteurs ont jugé bon de préciser « Fin de l’épisode » !

    Saigneurdeguerre Le 01/04/2021 à 22:26:44
    Misty Mission - Tome 2 - En enfer comme au paradis

    Sans le savoir, les deux vieux amis se retrouvent en Alabama en permission. Larue pour rendre un dernier hommage à son père mort dans un « accident » dans sa caravane qui a complètement flambé et Baulieu pour revoir sa femme et sa fille… pour lesquelles il ne manifeste aucun intérêt…
    Le père Baulieu se prépare à se lancer en politique. Ce serait bien de montrer à ses côtés un fils médaillé. L’ennui, c’est que les médailles pour ceux qui se battent au Vietnam ne semblent être distribuées qu’au goutte-à-goutte.

    Pourtant, le lieutenant Beaulieu, à bord de son coucou prend des risques énormes pour dénicher les Viêts. Son ami Larue est rentré très secoué de sa permission. La femme qu’il aime a un autre boy-friend. Elle ne l’a pas attendu. Larue a le sentiment d’avoir tout perdu aux USA, son père, sa petite amie… Il lui reste les tracas du sergent Garcia… Pardon, du shérif local qui continue à tout faire pour l’em… . Son séjour au Vietnam n’est guère plus réjouissant. Chaque sortie se solde par des pertes. Le voilà promu sergent, le sien ayant été abattu. Une nouvelle qui ne lui fait guère plaisir…

    Critique :

    Michel Koeniger, seul maître à bord, réalise une fois de plus tout dans cet album. Les scènes où interviennent avions et hélicoptères sont splendides. Si faiblesse il y a dans le dessin, c’est du côté des personnages.
    Quant au scénario, il donne un petit aperçu de ce qu’a pu être cette guerre du Vietnam dans l’horreur. On la voit bien du côté des soldats américains puisque nous suivons nos deux héros venus de l’Alabama, mais on la devine du côté vietnamien à cause de ces bombardements où le napalm est roi. L’auteur ne montre ce qui se passe du côté vietminh que lorsque les soldats sont engagés pratiquement au corps-à-corps au sol. Vu du ciel, juste des explosions, des boulles de feu, des fumées.

    Le moral de tous les hommes est vite altéré par les pertes, mais pas que… On sent qu’il n’y a pas ce sentiment d’être des libérateurs comme pouvaient le ressentir les GI’s durant la Seconde Guerre mondiale. En plus de ce poids moral, il y a les conditions climatiques qui sont épouvantables : pluies, brumes, chaleur, humidité persistante…

    Les Vietnamiens s’arrangent pour que jamais les soldats américains n’éprouvent un sentiment de sécurité, ne connaisse de vrai répit.
    On devine que le retour au pays ne va pas se faire sans casse avec ces hommes brisés moralement et totalement incompris par leur propre population.

    Vivement le troisième et dernier album de la saga !

    Saigneurdeguerre Le 01/04/2021 à 16:54:47
    Faucheurs de vent - Tome 1 - Le Carrousel des cabochards

    Mai 1917. Terrain d’aviation d’Avemont, occupé par la célèbre escadrille des Faucheurs.

    Le sergent Lafitte se présente aux ordres du commandant d’escadrille. Il précise qu’il est très fier de servir dans l’escadrille du célèbre lieutenant Marais. Le capitaine lui annonce que malgré ses excellents états de service en qualité de pilote dans l’aviation d’observation, il va devoir s’entraîner sur un Nieuport désarmé avant de partir au combat. Ce n’est pas du goût de l’impétueux qui demande à partir au casse-pipe tout de suite. Pour s’entraîner, il se voit confier un avion maudit, surnommé « le Fer-à-cheval », un de ces porte-poisse à la légende desquels les pilotes croient… Pas lui ! Il demande aux mécanos de remettre en place la mitrailleuse qu’ils sont occupés à retirer car il a hâte d’aller se battre… Sans même l’accord de son supérieur !

    Critique :

    Je n’ai trouvé nulle trace ni d’un endroit appelé Avemont, ni d’une escadrille « Faucheurs de Vent ». Nous sommes donc en présence d’une pure fiction.
    Mais que voilà de la belle et bonne bande dessinée ! Comment ne pas être attiré par ces images de vieux coucous et de combats aériens aussi « réalistes » ? Les dessins de Cédric Fernandez font merveille, aidés en cela par la mise en couleurs très réussie de Franck Perrot.

    Mais que vaut l’histoire sans un excellent scénario ? Heureusement, Thierry Lamy sait y faire en multipliant les intrigues. D’abord l’accueil de ce jeune fanfaron au sein d’un groupe de pilotes aguerris dont certains ne viennent pas de milieux bien bourgeois. Ensuite, il y a dans le camp des aviateurs allemands ce pilote chevaleresque qui refuse d’abattre un pilote désarmé et qui semble chercher avant tout à se battre en duel aérien avec Marais. Et d’ailleurs, comment Marais s’est-il retrouvé avec le visage tellement amoché qu’il porte un masque de cuir pour ne pas effrayer les gens qui le voient ? Et quel lien unit le commandant de l’escadrille au lieutenant ? Et finalement, pourquoi cette marraine de guerre tellement jolie cherche-t-elle à rencontrer à tout prix le lieutenant Marais, un homme défiguré qui ne vit plus que pour abattre des Boches ?

    Ce livre dormait chez moi depuis des mois… Je l’ai ouvert et n’ai pu m’en décrocher jusqu’à la dernière image. Je viens de commander les deux autres tomes car j’ai hâte de me replonger dans la suite des aventures des « Faucheurs de Vent ».

    Saigneurdeguerre Le 31/03/2021 à 14:46:28

    Malcolm s’est converti à l’islam en prison. Ne l’appelez plus Malcolm… C’est Malek, maintenant !

    Il est tout ce qu’il convient de ne pas être en Amérique : ancien taulard, black… et musulman ! Ajoutons qu’aucun de ses amis n’est vraiment très fréquentable… Et pourtant, c’est lui que le corps des Marines cherche à recruter pour une opération spéciale de propagande, mais pas que…

    Critique :

    Ce scénario du très regretté « Tome », Philippe Vandevelde pour l’état-civil belge, en perdra plus d’un en cours de route. Rien n’est évident dans la compréhension de ce récit qui commence par la fin de l’histoire. Il faudra relire attentivement la BD pour avoir une idée du coup monté, car coup monté il y a… Mais vous en dire davantage me vaudrait le peloton d’exécution pour avoir spoilé cette aventure à clés.

    Les deux personnages principaux de cette histoire sont Malcolm-Malek et un vieux rescapé de la Shoa bien décidé à lui venir en aide sans qu’on ne sache pourquoi, même si l’individu est très ouvert d’esprit puisqu’il fréquente une chapelle pour écouter du gospel et prétend avoir des amis athées et musulmans. On devine qu’il est juif même si à aucun moment cela ne figure dans le texte.

    Les dessins de Goffaux font preuve de beaucoup de talent et d’originalité grâce aussi au coloriste, Redj (Régis). Pour les couleurs, parlons-en, il y a tout une déclinaison de tons sépia rehaussés régulièrement par du rouge qui confère à ce récit un côté sombre.

    Si vous vous donnez la peine de relire attentivement cette bande dessinée, vous découvrirez à quel point, le scénariste s’est torturé les méninges pour éviter au lecteur une histoire trop facile à comprendre…

    Saigneurdeguerre Le 29/03/2021 à 23:33:52
    Le château des millions d'années - Tome 1 - L'Héritage des Ancêtres

    Munich, Odeonplatz. Novembre 1937.
    Friedrich Saxenhäuser, un agent secret nazi du service extérieur, rencontre une jeune et belle demoiselle, Andrea von der Goltz, fervente nazie. Malgré leur différence d’âge, Friedrich a environ le double d’années de la belle Andrea, une liaison se noue entre les deux. Et voilà qu’Andrea est expédiée en Irak sitôt ses études universitaires terminées en qualité de correspondante du journal du parti. Un gros piston n’est pas exclu vu les dons que son poupa octroie au parti… Un bienfait n’est jamais perdu, n’est-ce pas ? Mais peut-être y a-t-il une autre raison. La famille von der Goltz espère probablement ainsi éloigner un roturier trop proche de la jeune demoiselle de la haute noblesse prussienne…

    Berlin. Mai 1939.
    Friedrich est convoqué par Himmler. Une mission l’attend en Irak. Le grand manitou de la police secrète veut savoir s’il peut compter sur les bédouins pour causer des troubles au Moyen Orient. Ils en ont plus qu’assez de la présence française et anglaise. De plus, ils voient d’un très mauvais œil l’arrivée de tous ces juifs…

    Critique :

    Je passe tout de suite aux aveux. Je me suis ennuyé à la lecture de cette bande dessinée qui propose un scénario de quête nazie, une de plus, sauf que cette fois, cela ne se passe ni au Pôle Nord ni au Pôle Sud mais en pays kurde en Irak, à deux pas de la Perse. E.T. welcome !
    La couverture, digne d’une affiche de cinéma, due au talent d’Yvan Villeneuve, a suscité mon envie. J’espérais davantage de politique et d’espionnage, mais je me suis rapidement retrouvé au milieu de phénomènes extraordinaires faisant passer la mission de soulèvement des peuples arabes au second plan pour pratiquement l’oublier au profit des petits frères de E.T. Des petits frères détestant toute intrusion dans leur retraite sacrée. Et puis, malgré qu’on ne soit pas à Lourdes, il y a des apparitions sous la forme, non d’une vierge remplie d’eau bénite, mais d’un gamin qui sait tout de Friedrich Saxenhäuser.
    Le scénario fait référence à beaucoup de choses sans vraiment les développer.
    Le dessin, bien que correct, n’est pas du même niveau que certaines parutions actuelles telles que Wild West.
    Pas sûr que je dépenserai mes sous pour acheter la suite.

    Saigneurdeguerre Le 27/03/2021 à 20:48:45
    L'oiseau rare - Tome 1 - Eugénie

    Eugénie est chanteuse de rue. Son talent attire les badauds. C’est une excellente occasion pour ses complices de faire les poches des bourgeois. Leur numéro est bien rôdé. Les victimes n’y voient que du feu.
    Faut dire que les conditions de vie sont bien pénibles pour ces saltimbanques qui rêvent de ressusciter leur paradis perdu « L’oiseau rare » qu’un incendie a dévoré avalant jusqu’aux parents d’Eugénie. C’est miracle si celle-ci s’en est tirée. Pour recréer L’oiseau rare, presque tous les moyens sont bons.
    Mais est-ce là la préoccupation principale d’Eugénie ? La gamine est une admiratrice inconditionnelle de l’immense Sarah Bernhardt. Elle rêve de jouer la comédie sur les planches comme son idole. Elle connaît des tas de textes par cœur et a un réel talent. Son rêve est-il accessible quand on voit où elle vit ?

    Critique :

    Magnifique travail de reconstitution de ce que pouvait être le Paris de la fin du XIXe siècle, ce Paris qui a vu tant de grands travaux en faire une des plus belles villes du monde… Aux dépens des plus pauvres qui voyaient leurs quartiers rasés et qui se retrouvaient repoussés en périphérie, le long des fortifications voulues par Thiers pour empêcher les Allemands de prendre un jour la capitale. Pas sûr que ces coûteuses fortifications aient servi à quelque chose…
    Bref, c’est là que s’établissent ouvriers, artisans, paysans venus chercher du travail en ville. Ils construisent sans autorisation des cabanes avec les matériaux qu’ils trouvent. Les chiffonniers font les poubelles en ville pour récupérer tout ce qu’ils peuvent et le vendre, notamment à des usines qui en ont besoin comme matières premières. Soit il y a des objets récupérables qui parfois finissent dans les taudis où loge cette population parmi laquelle vivent des « apaches ». Qui sont-ils ? Aucune crainte à avoir pour les scalps de la population. Ces apaches-là sont souvent des jeunes gens en bandes organisées qui volent, pillent, menacent, rackettent. Cependant, tous les habitants sont d’accord sur un point : flics et gendarmes ne sont pas les bienvenus. Il faut dire qu’ils ne sont pas spécialement au service de tous les citoyens, mais seulement des nantis.
    Cédric Simon et Eric Stalner ont donné corps à un scénario très vivant, fort bien documenté et crédible. Les dessins d’Eric Stalner, bien servis par la mise en couleurs de Florence Fantini, sont superbes. Les changements d’angles de prises de vues, les expressions des personnages, la minutie dans les moindres détails répondent aux critères les plus exigeants de notre époque. Il va falloir que je me procure la suite… A moi, Sarah Bernhardt !

    Saigneurdeguerre Le 24/03/2021 à 22:53:48

    Quand vous êtes né orphelin, il y a peu de chances pour vous de côtoyer le monde de l’art. C’est pourtant ce qui est arrivé à… Appelons-le Stéphane. Stéphane K.
    Au milieu des années 80, il est proche de la jet-set qui passe par Paris. Il y guide même des gens tels que David Bowie. Il fréquente quelques-unes des mannequins les plus célèbres, sans toutefois avoir nécessairement un lieu où se poser, où dormir. C’est au cours d’une de ses « incrustes », qu’en se réveillant sur un canapé, il découvre une sérigraphie d’Andy Warhol… Et c’est le coup de foudre. Le virus de l’art ne le quittera plus jamais.
    Il commence par travailler pour un antiquaire. Il veut étudier l’art ! De temps en temps, il réalise une jolie opération en servant d’intermédiaire.
    Aux puces, il tombe un jour sur un tableau qu’une femme s’apprête à acheter. Mais ce tableau, il le veut ! Quelque chose lui parle, alors il ment effrontément à cette dame en prétendant qu’il est étudiant à l’école du Louvre et que ce tableau est mal dessiné…

    Critique :

    Jamais, je n’aurais cru être à ce point intéressé par un livre que j’aurais cru d’une banalité consternante : un mec qui aime l’art et un tableau en particulier. Bof !
    Ah, mais non ! Pas bof du tout ! Le scénario d’Hervé Richez est admirablement construit. Il est digne d’une des meilleures intrigues policières ! Et en plus, il fait découvrir au lecteur les arcanes du monde de l’art, celui des œuvres qui se comptent en centaines de milliers d’euros, et bien plus, celui des pseudo-experts qui croient tout savoir d’un (ou de plusieurs) artiste(s), celui de ces gens qui peuvent faire chuter, ou au contraire, faire grimper la cote d’un artiste, et surtout d’un tableau. Mais ne voilà-t-il pas qu’avec le temps et les progrès de la science, ces experts tombent de leur piédestal car les techniques scientifiques viennent prouver ou démentir leurs dires de façon bien plus convaincante : faites entrer le microscope stéréoscopique, la lumière ultra-violette, les rayons infrarouges et la radiographie, pour n’en citer que quelques-unes de ces techniques.

    Je ne suis pas certain que le style de dessin très épuré et les couleurs de Winoc séduiront tout le monde. Avant de me plonger dans l’histoire, juste en feuilletant le livre, je ne me sentais guère attiré par l’ouvrage. Mais, bon, voilà, on me l’offre ! Alors que faire d’autre que de le lire par pure courtoisie, histoire de ne pas décevoir la personne qui me l’a offert ? Et là, toutes mes idées préconçues s’effondrent ! Impossible de m’arrêter de le dévorer malgré la fatigue due à l’heure très tardive où j’ai entrepris la lecture. Et impossible de faire l’impasse sur le dossier « L’expertise des œuvres d’art au XXie siècle, par-delà le regard… » ! Et de revenir en arrière pour relire certains passages ! Finalement, le dessin qui ressemble à un amalgame d’esquisses me plaît infiniment. Voilà exactement le genre d’ouvrage que j’ai feuilleté sans éprouver le moindre intérêt, peut-être même en émettant en mon for-intérieur des « Beurk ! Beurk ! Beurk ! » et qu’il me plaît de rouvrir et de lire et relire... Et d’en apprécier les dessins et la mise en couleurs !

    Petite précision : si les noms ont été changés, l’histoire, elle, est vraie !

    Saigneurdeguerre Le 21/03/2021 à 18:46:30
    La guerre des Lulus - Tome 1 - 1914 - La maison des enfants trouvés

    Valencourt. Nord de la France. Eté 1914.
    Pourquoi les nomme-t-on les Lulus ? Simple ! Ils s’appellent Ludwig, Lucas, Luigi et Lucien. Quatre enfants sans famille recueillis dans l’orphelinat de l’Abbaye de Valencourt et confiés aux bons soins de monsieur l’Abbé, de frère Guillaume et d’un instituteur, monsieur André. Enfin, monsieur André, il ne faut plus trop compter dessus… C’est que monsieur André a été rappelé à l’armée. C’est la guerre ! Les Allemands ont envahi la Belgique pour attaquer la France sans avoir à en découdre avec la zone fortifiée de Verdun où les Français les attendent de pied ferme. (Fichus Boches, on ne peut jamais compter sur eux ! Vous préparez tout pour les accueillir à un endroit et ils débarquent à un autre, saletés de doryphores.)
    L’abbaye étant proche de la ligne de front, des soldats français viennent pour faire évacuer l’abbé, frère Guillaume et tous leurs orphelins. Tous ? Non ! Car quatre irréductibles manquent à l’appel : les quatre Lulus ! Une fois de plus, ils ont fait le mur.
    Quand ils reviennent à l’abbaye…

    Critique :

    Splendide scénario de Régis Houtière, fabuleux dessins de Hardoc qui se charge avec David François de la mise en couleurs.
    Le scénario nous entraîne en un lieu qui n’existe pas, Valencourt. Cependant, en Haute-Marne, il y a bien un village du nom de Valcourt. Bref, vous l’avez compris, le scénariste rend son histoire crédible en la plaçant dans un contexte plausible mais non rigoureusement historique. Ces quatre orphelins (plus une, mais ça, ça vous demandera de lire l’histoire) ont des âges différents, des personnalités différentes, des aptitudes différentes… Ils se bagarrent souvent, mais quand vient la nuit, ils sont tous unis dans le même dortoir car les lits sont attribués en fonction de l’ordre alphabétique des prénoms. Et la nuit, souvent la tristesse les envahit. Sans parents, la vie n’est pas géniale. Heureusement, les amis, vous savez, les types avec qui ils se sont chamaillés durant la journée, les amis sont là. La Guerre des Lulus va nous faire traverser la Grande Guerre, celle de 14-18, en nous réservant bien des surprises, tout en émotions diverses et variées.

    Saigneurdeguerre Le 20/03/2021 à 10:23:58

    Paris. 14 décembre 1943.
    A la sortie du lycée, la police française intercepte les étudiants et les oblige à montrer le contenu de leurs cartables. Tout est bon pour humilier ces jeunes gens pour les collabos qui servent avec zèle les nazis. Se contentant juste de ramasser dans la neige le livre d’un petit camarade jeté par le flic pourri, Jacques se voit contraint de décliner son identité. Petit souci, une des grands-mères de Jacques était juive… Cela ne sent pas bon pour lui.
    Son compagnon François, invite alors ses deux grands amis, Jean et Jacques, à passer les vacances de Noël en Corrèze, dans le château familial. Loin de tout, l’endroit semble parfait pour se placer loin des projecteurs de la police collaborationniste, d’autant que le père de François est, non seulement un noble très respecté dans son coin, mais aussi une huile du gouvernement de Vichy. Voilà qui devrait leur assurer une certaine tranquillité. Petit souci, un de plus, Jean et Jacques n’ont pas d’ausweis pour quitter Paris ! Eh puis, Jacques ne voudrait pas abandonner sa mère, veuve de guerre. Quant à Jean, il sait que pour son père, ancien poilu, Noël en famille, c’est sacré. Jamais il ne consentira à ce que son fils s’absente à un tel moment de l’année. D’autant que le paternel trouve les soldats allemands éminemment respectables.
    Pour se changer les idées, les trois garçons, accompagnés de la mignonne Colette, cousine de François, se rendent au Bois de Boulogne. Ils envisagent une petite balade en barque, mais lorsqu’ils s’apprêtent à monter dans la barque, un soldat allemand veut obliger Colette à monter en barque avec lui. Jean, qui est très amoureux de la jeune fille, repousse l’Allemand… qui tombe dans l’eau…

    Critique :

    Ils sont quatre. Comme les mousquetaires ! Sauf qu’ici, d’Artagnan serait une demoiselle. « Coco » pour les intimes, ou plutôt Colette pour l’état civil. Mais ne brûlons pas les étapes comme dirait Jeanne d’Arc (ce rappel historique vous est offert par les briquets ZIPPO). Suite à un incident malheureux, les quatre amis n’ont plus d’autre solution que d’aller respirer l’air pur de la Corrèze. La vie de château les y attend… Sauf qu’à la dernière minute, ils apprennent que le château du père de François est devenu un nid de « doryphores », d’Allemands quoi ! Il n’a même pas dû être réquisitionné, le père de François, en excellent partisan du régime vichyste, l’a lui-même mis à la disposition des boches.
    Pour autant, les jeunes gens ne renoncent pas à la Corrèze. Ils n’ont pas tellement d’autre choix, sauf s’ils désirent goûter aux geôles de la Gestapo (française ou pas).

    Ce qui pourrait n’être qu’un récit d’aventures de pure imagination repose sur des bribes de récits entendues par Patrice Ordas, malheureusement décédé le 9 décembre 2019. Ses personnages sont des ombres du passé douloureux de son père à qui il a voulu rendre vie et hommage. Et quel fabuleux hommage ! Il s’appuie sur les dessins et les couleurs d’Alain Mounier qui traite en peinture chacune des cases du récit la transformant en un vrai tableau.

    Loin des héros mythiques, sans peur et sans reproche, nos personnages sont criants de vérité. Ni leurs qualités ni leurs défauts ne sont ignorés.

    C’est un pur chef-d’œuvre qui devrait concerner un public bien plus large que les amateurs d’histoire.

    Saigneurdeguerre Le 19/03/2021 à 22:01:49
    Wild West (Gloris/Lamontagne) - Tome 2 - Wild Bill

    Quand Wild Bill Hickok fait une promesse, même le Diable ne saurait l’empêcher de la tenir.
    Il cherche les individus qui ont massacré la famille d’une gamine. Aucune somme d’argent ne saurait le détourner de la mission qu’il s’est donnée. Se pourrait-il qu’un tel homme existât dans une Amérique où quasi tous les Européens ont débarqué pour faire fortune, même si beaucoup se devaient de fuir leurs pays d’origine pour sauver leur peau ?
    En tout cas, il espère en trouver un en un lieu où l’on construit un pont pour une voie de chemin de fer…
    Pendant ce temps, une jeune fille s’est fait passer pour un garçon afin de s’engager dans l’armée. Elle tient à découvrir cette fameuse frontière qui semble attirer tellement de monde au grand dam des indiens…

    Critique :

    D’abord un grand coup de chapeau à Lamontagne pour la qualité de ses dessins et de la mise en couleurs. Mais Gloris n’est pas en reste avec un scénario bien conçu qui met l’accent sur la spoliation des terres indiennes par des nouveaux venus… Tout en nous offrant une chasse à l’homme et des retrouvailles avec.. Ah, zut ! Le trou de mémoire !

    Saigneurdeguerre Le 16/03/2021 à 22:37:29
    Les enfants de la Résistance - Tome 7 - Tombés du ciel

    Une nuit de 1943. Un bombardier américain B-17 avec un moteur en feu n’arrive pas à suivre le restant de la formation. La chasse nocturne allemande n’a même pas besoin de son radar pour le repérer… Et l’abattre.
    Trois des survivants, dont un grièvement blessé, se posent dans la région où notre célèbre réseau Lynx opère. Le Lynx veut mettre la main sur les survivants avant les Allemands. Tâche bien difficile car ils n’ont aucune idée de l’endroit où se trouvent les membres d’équipage…

    Critique :

    Encore un magnifique ouvrage qui traite essentiellement des différents aspects de la résistance : abriter er nourrir des aviateurs alliés abattus avant d’essayer de leur faire quitter le pays ; cacher et évacuer des enfants juifs ; s’entraîner au maniement d’armes et d’explosifs ; récupérer des armes parachutées, saboter…
    Mais le sujet le plus didactique semble être la création du CNR (Conseil National de la Résistance) et la lutte entre De Gaulle et le général Giraud. Le dossier en fin de livre, très bien fait, explique clairement cette situation (entre autres choses).

    De l’excellente BD, à la fois didactique et très prenante car nos personnages du Lynx ne manquent pas d’imagination, grâce au scénario de Dugomier et aux splendides dessins de Ers.

    Saigneurdeguerre Le 14/03/2021 à 23:33:05
    Dent d'ours - Tome 6 - Silbervogel

    A quelques encablures du château de Fürstenstein, deux corps décharnés s’extraient péniblement de la fosse où les nazis les avaient abattus pour qu’aucun témoin ne survive.

    Le colonel Donovan, commandant de l’OSS se pose non loin de là pour rencontrer la résistance polonaise. Il souhaite s’entretenir avec Wolinski du ZZW, la résistance polonaise communiste. Celui-ci a un contact dans le château en la personne d’un scientifique allemand. Cet homme tente de ralentir autant que possible la mise au point et l’utilisation du Silbervogel, un avion incroyable capable de bombarder New York. Le temps presse car les troupes spéciales russes hantent déjà la région.

    Saboter le Silbervogel, c’est aussi le but que s’est fixé Werner. Pas facile pour lui quand on sait que c’est sa copine d’enfance, dont il est amoureux, fervente nazie, qui est supposée le piloter pour une mission sans retour.

    Les services secrets britanniques, à l’affut des communications des nazis, interceptent un message très inquiétant venu d’un sous-marin nazi au large de la côte canadienne. Les nazis préparent un sale coup alors qu’ils sont foutus. Mais quoi ?

    Critique :

    Yann termine en beauté ce deuxième cycle de « Dent d’Ours » avec des rebondissements en cascade servis par les talents conjugués de Henriet au dessin et de Usagi aux couleurs. Un petit clin d’œil à Blake & Mortimer puisqu’on les retrouve au cœur de l’interception des messages et de leur déchiffrage par les services secrets britanniques. De l’excellente BD.

    Une fois encore, je vous recommande l’intégrale qui se voit agrémentée d’une vingtaine de pages de « making of » très intéressantes quant aux révélations concernant la conception de la série.

    Saigneurdeguerre Le 10/03/2021 à 22:41:35
    Dent d'ours - Tome 5 - Eva

    Sur la côte canadienne, une partie de l’équipage d’un U-Boat s’active à placer un curieux dispositif au péril de leurs vies. Les SS qui détiennent le vrai pouvoir dans le sous-marin sont prêts à zigouiller jusqu’au dernier homme pour que ce dispositif fonctionne…

    Au château de Fürstenstein, Hanna, qui a miraculeusement survécu après avoir échappé de justesse à deux Lightning alors qu’elle se trouvait à bord d’un minuscule avion de liaison, passe un sale quart d’heure entre les pattes d’une espèce de SS qui l’accuse d’être une espionne à la solde de l’ennemi…
    Werner est face à un dilemme : il a pour mission de liquider Hanna pour l’empêcher de bombarder New York avec une bombe sale pleine de cochonneries atomiques… Oui, mais Hanna n’est pas que son amie d’enfance ! Elle est aussi celle dont il est éperdument amoureux.

    Critique :

    Nous voilà plongés dans une suite où se bousculent au portillon de l’action, de l’action et encore de l’action, où l’on saute allègrement de mai 1945 dans le passé pour en savoir un petit plus sur cette histoire de dents d’ours. Yann en profite pour donner vie à des projets qui traînaient dans les cartons des savants nazis.

    C’est aussi une petite leçon de jusqu’au-boutisme d’individus qui n’acceptent pas leur défaite et sont prêts aux pires exactions car, ils en sont persuadés, ils font partie de la race des seigneurs (encore que « saigneurs » me paraît plus indiqué).

    Inutile de vanter la qualité graphique des dessins de Henriet même si on peut regretter qu’il n’y ait plus autant d’avions dans ces épisodes du deuxième cycle.

    Les observateurs attentifs constateront que les auteurs n’ont pas oublié de montrer que les derniers défenseurs de Berlin étaient les Français de la Division Charlemagne, versée dans la 33e Division SS.

    La Belge, Patricia Tilkin, dite Usagi, manie toujours aussi bien les couleurs et effectue une nouvelle fois un travail d’orfèvre au service des dessins de son compatriote.

    Saigneurdeguerre Le 07/03/2021 à 23:17:18
    Dent d'ours - Tome 3 - Werner

    25 avril 1945. Berlin.
    Un Fieseler Storch, avion léger de reconnaissance, survole les ruines de Berlin à très basse altitude. Soudain, il est pris sous le feu d’une importante troupe de soldats soviétiques… Mais le pilote est exceptionnel ! Le pilote ?

    Quelques jours plus tard…
    Max se réveille dans un lit d’hôpital. Il est resté plusieurs jours dans le coma. Sa préoccupation ? Sa dent d’ours a disparu… Son porte-bonheur ! Et où est passée Hanna ?

    Critique :

    Sacré Yann ! Dans cet album, ce petit salopiot réalise un coup de théâtre fabuleux ! Ah, le gredin ! Le chenapan ! Je ne dois pas être le seul à avoir été pris de court… Mais je n’en dirai pas plus sur ce coup de théâtre.
    Nous assistons à la chute du IIIe Reich et à la dernière tentative des nazis pour stopper l’avancée des alliés en négociant une paix séparée avec les Américains grâce à une de leurs armes secrètes. Bienvenue au pays des ailes volantes !
    En plus du scénario plein de rebondissements, les dessins de Henriet sont toujours aussi ligne claire et précis. Les couleurs valent leur pesant d’or. Ce premier cycle se clôture, mais l’histoire se poursuit avec un deuxième cycle de trois albums.

    Vous ai-je déjà recommandé d’acheter les intégrales ? Vous n’en voyez pas l’intérêt ? Et si je vous dis que vous y trouverez Une vingtaine de pages du « making of » de Dent d’Ours avec des croquis et des explications quant à la genèse de cette histoire ? Oh, pas des verbiages inutiles, non ! Vraiment la conception de l’histoire dans les neurones de Yann et l’approche graphique de Henriet avec des souvenirs très personnels.

    N’oubliez pas ! Achetez les intégrales ! Elles valent de coup !

    Saigneurdeguerre Le 07/03/2021 à 22:10:18
    Dent d'ours - Tome 2 - Hanna

    1944. Tuchola (Poméranie).
    Alors que des bombardiers britanniques Halifax lâchent leurs chapelets de bombes sur un lieu où les nazis testent leurs armes volantes les plus secrètes, un DC-3 a pour mission de larguer un agent spécial attendu par la résistance polonaise, l’Armia Krajowa. Il a pour mission de supprimer une femme… Et quelle femme ! Probablement la meilleure pilote nazie, capable de voler sur n’importe quel engin fut-il à réaction !

    Critique :

    Yann poursuit son scénario avec, cette fois, au centre de l’aventure, Hanna. Hanna qui a su s‘imposer dans le milieu très machiste de l’aviation grâce à ses incroyables talents de pilote. Elle représente un danger considérable pour les bombardiers alliés qui cherchent à anéantir la base nazie où l’on règle les armes volantes qui doivent assurer aux fidèles d’Adolf, le petit moustachu végétarien buveur d’eau claire, la victoire finale. Très bien documenté, l’auteur a su créer une fiction qui, à défaut d’être vraie, est rendue plausible par son talent… Magnifiquement épaulé, une fois de plus, par Henriet qui redonne à la ligne claire toutes ses lettres de noblesse. Quant aux couleurs, elles contribuent largement à mettre en valeur paysages, personnages et machines.

    Saigneurdeguerre Le 07/03/2021 à 21:45:24
    Dent d'ours - Tome 1 - Max

    Octobre 1944. Quelque part au milieu du Pacifique. Porte-avion « Fighting Lady ».
    Las Américains accumulent les pertes suite aux attaques des kamikazes. A bord du porte-avion, un pilote juif, citoyen américain de fraîche date, accomplit des exploits et accumule les victoires.

    1930. Silésie (Pologne).
    Trois enfants inséparables, Max, Werner et Hanna, se livrent à leur passion favorite : faire voler des petits planeurs en se promettant un jour d’en piloter des vrais.

    1932.
    En testant sa fusée, Max perd deux doigts.

    1944. San Diego.
    A peine le porte-avion de Max a-t-il accosté pour panser ses plaies que la police militaire vient arrêter Max Kurtzman. Tout porte à croire qu’il est un espion nazi infiltré aux USA…

    Critique :

    Ce scénario, qui oscille entre plusieurs époques, dû à l’incroyable imagination et documentation de Yann, traite de l’amitié entre deux gamins et une gamine habitant en Silésie polonaise. Max, le juif, Hanna et Werner, les petits aryens semblent liés par une amitié indissoluble d’autant qu’ils partagent tous les trois le même rêve : voler ! Les nazis installent un club de vol-à-voile dans le coin. Adolf Galland en personne dirige les sélections et les formations. Condition sine qua non pour s’inscrire, faire partie des jeunesse hitlériennes. Max qui a lu « Mein Kampf » ne se fait guère d’illusions quant à ce qui attend ceux qui voient en Hitler un leader. Max, étant juif, n’a aucune chance d’accéder à l’instruction au pilotage, d’autant qu’il vomit les nazis. Hanna et Werner ne se formalisent pas et ne voient qu’une chose : la possibilité d’apprendre à voler. Bon, pour Hanna, ce n’est pas gagné… Ce n’est qu’une fille après tout…

    Ce scénario qui oscille sans cesse entre différentes époques, mais toujours avec les mêmes protagonistes, qui devient récit de guerre, de combats aériens, d’espionnage, thriller est une pure merveille très bien servie par les dessins ligne claire de Henriet et la mise en couleurs d’Usagi.
    Voilà deux trilogies que je vous recommande d’acheter en intégrales et d’enchaîner ainsi les récits.