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Les avis de - Missbook85

Visualiser les 4 avis postés dans la bedetheque
    Missbook85 Le 06/03/2019 à 15:40:34

    Finis les pavés, sans illustrations, écrits en tout petits caractères sur la Vème République ! Avec de tels formats, difficile d’attirer les ados et les jeunes adultes à se pencher sur la construction de la Vème République. Thomas Legrand et François Warzala l’ont bien compris et proposent la bande dessinée » L’Histoire de la Vème République « publiée aux éditions Les Arènes BD en 2018.
    Thomas Legrand est journaliste et éditorialiste à France Inter et François Warzala, graphiste et illustrateur. À l’occasion des soixante ans de la Vème République, ils ont eu l’idée de rendre accessible son histoire au plus grand nombre, à travers cette bande dessinée.
    Préface : » […] avec François Warzala nous ne sommes pas tout à fait des journalistes ni des historiens, mais des vulgarisateurs qui n’ont qu’une ambition : mieux faire comprendre nos institutions et leurs conséquences sur nos débats quotidiens. «
    Mais pour bien comprendre la vie politique d’aujourd’hui, et ses mécanismes, il est essentiel de savoir comment la Vème République s’est construite. Ainsi, trois grandes parties composent cet ouvrage :

    Naissance d’une République 1958-1962
    Le Président, clé de voûte de la République
    Le Premier ministre et les ministres
    Chacune de ces parties est composée de chapitres sciemment ciblés et en parfaite adéquation avec l’évolution du contexte historique de la France à cette époque. Le cheminement qui induit à l’adoption de la Vème République est explicite et clair, et son contexte est primordial.
    p. 26 : » Pour ma part, dans les prochains mois, le temps de faire adopter la Vème République, je dois faire en sorte de maintenir l’espoir dans chaque camp de ce conflit algérien. « (Général De Gaulle)
    La Vème République a contribué à de grandes avancées sur le plan démocratique et juridique.
    p. 121 : » C’est bien le droit de grâce qui est emblématique. Cette prérogative concernant la vie ou la mort s’est éteinte après l’abolition de la peine capitale après l’élection de François Mitterrand en 1981. «
    Mais elle n’aura pas réussi à changer le fond de la nature humaine…
    p. 133 : » Voilà comment marche la politique de l’ombre. des fidèles font des coups bas à la place des responsables politiques. Ils ne s’en parlent même pas (ou alors sous le sceau d’un secret absolu)… Les présidents de la Vème République feront faire ou laisseront faire par leurs fidèles des choses répréhensibles… Jamais en leur nom, mais toujours à leur profit ! «
    C’est une œuvre dense certes mais très originale, qui a su mettre en avant son aspect didactique, sans en sacrifier son contenu. Si l’auteur s’est parfois laissé aller à quelques libertés avec la vérité, elles permettent d’alléger le poids des informations, ce qui le rend agréable en lecture.
    Thomas Legrand se met en scène dans les vignettes, où il intègre certaines scènes, jouant parfois à discourir avec les grands personnages de l’histoire de la politique française. Pour matérialiser ces échanges fictifs, ou mentionner une information, la bulle apparaît en couleur. Ainsi, le lecteur l’identifie visuellement. Le graphisme est particulièrement réussi, notamment dans les portraits des présidents en fin d’ouvrage ! Un bel ouvrage, très adapté aux adolescents et jeunes adultes.

    Missbook85 Le 21/02/2019 à 16:24:46

    Après " Beverly " , récompensé du Fauve Révélation à Angoulême en 2018, Nick Drnaso confirme dans cette oeuvre vertigineuse son talent d'auteur. La bande dessinée  "Sabrina " est publiée aux éditions Presque Lune.
    Sabrina et sa sœur Sandra se retrouvent dans la maison familiale en l'absence de leurs parents. Elles projettent de partir quelques jours ensemble au printemps, faire du vélo autour des grands lacs. Mais en attendant, Sabrina doit trouver un emploi, et retrouver son petit ami Teddy.
    Séparé de sa femme et sa fille, Calvin est technicien en informatique au sein d’une unité stratégique de l’US Air Force, sur la base aérienne de Peterson, dans le Colorado. Ne sachant pas si cette séparation est provisoire ou définitive, il ne sait que penser de la proposition de son supérieur à rejoindre le bureau des enquêtes spéciales.
    Mais en attendant, il décide d'accueillir son meilleur ami d'enfance Teddy, dépressif depuis la disparition de sa fiancée. Sabrina a disparu... mystérieusement.
    Calvin travaille de nuit, et peine à laisser son ami seul, chez lui. Il le rassure, lui expliquant qu'il ne craint rien, puisqu'il a une arme chez lui. Il le soutient au mieux, mais Teddy n'est que peu réceptif aux attentions de son hôte.
    Spécialisé dans le décryptage de messages de hackers , il accède aux forums d'échanges  qui prolifèrent sur les réseaux sociaux au sujet de cette disparition.
    Un jour, le journal local reçoit une cassette vidéo sur laquelle Sabrina est tuée en direct par un homme cagoulé. Malgré ces images très vite présentes sur internet, cette tragédie est déformée par des théoriciens du complot dont les récits dégénèrent peu à peu. Calvin tente de dissimuler ces informations pour protéger la santé mentale de son ami. En vain...
    Ce roman graphique, particulièrement noir, est le reflet d'une Amérique paranoïaque, prise au piège du flux d'informations qui circulent sur les réseaux sociaux.  " Sabrina " montre les ravages d'une génération hyperconnectée, où déferlent "fakes news" et messages de haine, gangrenant nos sociétés dites développées, ou la liberté d'expression n'a pas de limites.
    Bien que d'actualité, je n'ai pas été embarquée par l'histoire. Les dialogues m'ont paru brouillons et je n'adhère pas aux illustrations de cette bande dessinée. Les visages sont indéfinissables et sans expression. Bref, une déception pour ma part.

    Missbook85 Le 14/02/2019 à 11:04:56

    Voilà le pouvoir des livres : mettre des mots sur des maux ! » Journal d’un enfant de lune « est une bande dessinée qui explore la maladie génétique appelée Xeroderma Pigmentosum. Les enfants de la lune – comme on les appelle plus communément – souffrent d’une hypersensibilité aux rayonnements ultraviolets, qui leur interdit toute exposition au soleil. En l’absence de protection totale, ils subissent des cancers cutanés et des dommages oculaires. Et c’est de cette maladie dont l’auteur Joris Chamblain s’est inspiré pour écrire cette bouleversante histoire. Avec la collaboration d’Anne-Lise Nalin pour les illustrations, ils ont publié cette bande dessinée en 2017 aux éditions Kennes.
    Ce n’est pas de gaieté de cœur que Morgane, seize ans, vient d’emménager dans une nouvelle région avec ses parents et son petit frère. Après tout, comment pourrait-elle se réjouir alors qu’elle a quitté ses amies ? Elle compte bien le faire savoir à ses parents en y mettant toute la mauvaise volonté du monde !
    p. 7 : » – Qu’est-ce qu’elle a, Morgane, papa ?
    -L’adolescence, mon fils, l’adolescence.
    -C’est grave ?
    -Ça peut, oui. «
    Mais en déballant ses cartons dans sa nouvelle chambre, la jeune adolescente va faire une découverte qui va bouleverser sa vie : un journal intime…
    p. 11 : » Je m’appelle Maxime, j’ai 17 ans, et je dois être le seul garçon de cet âge à tenir un journal intime ! Je suis atteint d’une maladie génétique orpheline appelée Xeroderma Pigmentosum. Comme tous mes semblables et par la force des choses, je suis devenu un être de la nuit. On nous appelle » les enfants de la lune « .
    Il n’en fallait pas plus pour fissurer la carapace de Morgane. D’abord intriguée, elle s’attache à Maxime, au fur et à mesure de la lecture de son journal, à ses intimes confidences. En plus, il est plutôt mignon sur ses photos… malgré sa maladie.
    p. 15 : » C’est fou ce qu’un regard peut faire mal, quand votre corps est différent. «
    Pas facile pour un adolescent de vivre calfeutré toute la journée et de fuir le moindre rayon de soleil. Tombant petit à petit dans un état dépressif, Maxime se livre dans une noirceur profonde. Morgane prend alors finalement conscience de sa chance d’être en bonne santé et de vivre entourée d’une famille aimante. Une famille qui lui fait même la surprise d’inviter sa meilleure amie Lucie à passer quelques jours dans leur nouvelle maison. Morgane en profite pour se confier à cette dernière sur sa découverte. Lucie lui propose donc de mener l’enquête dans le quartier pour tenter de retrouver Maxime et lui rendre son journal.
    Leurs recherches vont les amener à s’investir dans un projet, à la plus grande surprise de ses parents, qui vont être mis à contribution.
    p. 45 : » Ils m’ont émue. Au fond de mon cœur, ça a fait l’effet… d’un feu d’artifice. «
    Morgane réussira-t-elle à retrouver la trace de cet énigmatique Maxime… ? Comment cette épreuve va-t-elle transformer cette adolescente difficile ?
    Joris Chamblain m’a émue dans cette histoire, particulièrement parce qu’elle implique des jeunes. Je me suis procurée cet ouvrage au CDI du lycée dans lequel je travaille. Au moment de le rapporter, une adolescente m’a accostée pour me demander de quoi parlait cette BD. Enthousiaste, je lui explique les grandes lignes. Et là, elle me répond que plus jeune, elle a vécu les mêmes contraintes puisqu’atteinte d’une maladie de peau similaire. Je lui ai tendu le livre, et lui ai conseillé de le lire. Elle a accepté et m’a promis de me livrer ses impressions. Et là, pour moi, c’est mission accomplie ! Alors merci Joris Chamblain et Anne-Lise Nalin de permettre à des jeunes de se retrouver dans vos histoires et de les aider, par ce biais, à s’exprimer. C’est une victoire pour chacun de nous, aussi minime soit-elle.
    p. 49 : » – Tu es déjà tombée amoureuse d’un personnage de roman, maman ?
    -Bien sûr. Plus d’une fois. Très souvent, les héros ont des valeurs. Ils représentent un idéal. Alors, on s’attache… «

    Missbook85 Le 09/02/2019 à 19:36:57

    Silencieuses, ces jeunes femmes l'étaient jusqu'alors. Cette bande dessinée destinée à un public d'adultes et d'adolescents, sensibilise et dénonce le harcèlement de rue. Incontestablement d'actualité, " Silencieuse(s) " est parue en 2017 aux éditions Perspectivesart9. Sous la plume de Salomé Joly et les illustrations de Sibylline Meynet, le lecteur suit les histoires croisées de plusieurs jeunes femmes, victimes de ses comportements et paroles déplacées de la part des hommes.
    p. 17 : " - Soulève ta jupe ! Hé !! Soulève ta jupe j'ai dit ! "
    Elles sont étudiantes, elles sont jeunes, elles sont belles, mais elles sont surtout des femmes. Et en tant que telles, elles sont les inlassables cibles du harcèlement de rue. Anaïs, Zoé, Julie, Lana, Agathe, etc... sont âgées de 16 à 35 ans et vivent en France, en Belgique et en Suisse. Ces témoignages sont inspirés de faits réels, et chacune des lectrices se reconnaîtra dans ces situations, malheureusement banales, mais non moins graves. A la terrasse d'un café, dans le bus, dans le métro, ou tout simplement dans la rue, au vue et au su de tous, le harcèlement est là.
    p. 42 : " Je me suis fait harceler, tout le monde a vu la scène dans le métro, mais personne n'a rien fait, aucune réaction... "
    Phénomène de société intemporel et universel, le harcèlement de rue a longtemps été tu. C'est ainsi que la grand-mère de l'une des protagonistes raconte qu'à son époque déjà, les femmes devaient non seulement y faire face, mais également faire profil bas. Aujourd'hui, les femmes n'ont plus la même influence dans les espaces publics. Si dans cette bande dessinée certaines femmes adaptent leur comportement ou leur tenue vestimentaire en fonction des lieux qu'elles vont traverser, d'autres au contraire se rebiffent et s'imposent.
    Cet ouvrage est avant tout la dénonciation de la banalisation de ces comportements inacceptables et intolérables, que la société peine à endiguer. Non seulement les auteures de cette bande dessinée nous montrent l'inaction des témoins de ce genre de scènes, mais bien pire encore, certains le cautionne, prétextant la volonté de la femme de toujours vouloir se positionner en tant que victime !
    p. 74 : " Mais les filles qui se font suivre, c'est pas non plus pour rien. Il y a bien quelque chose derrière... leur tenue par exemple. Les femmes sont de plus en plus paranos. Elles croient que le monde entier, surtout les hommes, leur en veulent... "
    Preuve en est que le chemin sera encore long avant une prise de conscience et un réel changement des mentalités... masculines ! En tout cas, ce livre a pour vocation d'amener à la prise de parole et d'inciter à la discussion. Les femmes ainsi victimes de ces comportements doivent avant déculpabiliser devant une société léthargique et non efficace face à ce problème. Ce sont des actes qui ne sont pas anodins, et ici, dans ce livre, il en explique les conséquences psychologiques sur les victimes.
    p. 101 : " Nous ne sommes pas coupables. Nous sommes victimes. "
    Le thème abordé est très fort et engagé. Les illustrations colorées dans des tons mauves-orangés contrastent habilement avec la gravité du sujet. Le harcèlement de rue est rarement présent dans la littérature et d'autant plus dans les albums illustrés. Le pari était risqué de rendre crédible le témoignage de ces femmes dans un ouvrage aussi court et où les paroles sont réduites par la force du format. C'est un ouvrage qui mériterait de se retrouver notamment dans toutes les bibliothèques et CDI des établissements scolaires, en accompagnement d'un débat encadré.