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Les avis de - Bibione

Visualiser les 5 avis postés dans la bedetheque
    Bibione Le 29/03/2020 à 18:29:09

    Un récit splendide sur fond historique, inspiré des chroniques rédigées en Bohême au tournant du XVI e siècle par Simon Hüttel. Les dessins sont somptueux et très expressifs.
    Les aquarelles parfaitement maîtrisées sont une magnifique valeur ajoutée à cet ouvrage initialement publié en 2015 par la ville de Trutnov, en République Tchèque, un album que je recommande vivement.


    L'histoire débute au printemps de l'an 1006, Pavel et Mikulas ont été envoyé par leur seigneur, le chevalier Albrecht, en mission de reconnaissance afin de trouver un endroit propice à l'extraction de pierre. Après une longue marche de deux jours en forêt, ils n'ont rien trouvé et le doute s'installe. La nuit est sur le point de tomber et ils commence à se demander s'ils ne devraient pas monter le camp afin de se reposer et reprendre la route au petit matin, frais et dispos.
    Mikulas n'est pas de cet avis, ce gueux un peu couard ne l'entend pas ainsi. Il a peur de la nuit, de cette forêt et des loups qui pourraient les surprendre pendant leur sommeil. Pavel quant à lui se met en quête de quelques victuailles. Une bonne truite fraîchement péchée à la main lui met l'eau à la bouche. Il demande à son acolyte de préparer le feu, mais ce dernier n'a de cesse de lui rappeler son envie de rentrer.
    Pavel finit par céder "On mange, puis on se remet en route." Leur repas terminé, ils se remettent en chemin, quand soudain une entité mystérieuse, sorte de nymphe des bois fait son apparition et envoûte Pavel qui se lance à sa poursuite. Lui seul la voit et Mikulas le sauve in extremis d'une chute vertigineuse.
    Un ravin diablement profond s'ouvre devant eux, ressemblant exactement à l'endroit que messire Albrecht les a envoyé chercher : l'endroit rêvé pour extraire de la pierre. Mais au fond de ce gouffre se terre une créature monstrueuse, un dragon.
    Ils prennent immédiatement la fuite sans oublier de marquer leur chemin de signes sur les troncs d'arbres à l'aide de leur couteau. De retour au campement d'Albrecht, ils racontent leur mésaventure. Mais leur seigneur ainsi que la populace se moquent d'eux, considérant leur récit comme une affabulation. Mikulas et Pavel n'en démordent pas et jurent que ce qu'ils disent est la stricte vérité. Le chevalier décide alors d'aller y jeter un coup d'oeil dès le lendemain matin. S'il s'avère qu'ils ont menti, ils seront fouettés.
    Dzian Baban et Vojtech Masek nous livrent un texte magnifiquement adapté des chroniques rédigées en Bohème au tournant du XVI e siècle par Simon Huttel. D'après Martin
    Stejskal, grands connaisseurs des légendes tchèques, ce texte serait une sorte de récit allégorique. Le dragon symboliserait une matière qu'il est possible de transmuter, par étapes successives, en une "pierre philosophale" capable de changer les vulgaires métaux en or. Pour ma part, ce dragon a l'air mué par les esprits des vaincus, leurs peines, haine et colère se déchaînent sur leurs ennemis passés. Capable de changer un simple gueux en chevalier, révélant notre véritable nature bonne ou mauvaise. Les dessins de
    Jiri Grues sont tout simplement somptueux dans un style réaliste et très expressif, agrémentés de magnifiques aquarelles parfaitement maîtrisées, qui nous plongent totalement au coeur de cette époque sombre et tourmentée qu'est le moyen Âge.
    Le découpage quant à lui convient particulièrement à ce format à l'italienne permettant la réalisation de superbes panoramiques.
    Une histoire que je recommande à tous les amateurs de dragon ou non.
    Un très bel hommage aux récits médiévaux, à lire sans hésitation.

    Bibione Le 29/03/2020 à 18:27:23

    Un album graphique saisissant qui nous emplit de tristesse et d'espoir. Des illustrations d’une beauté et d’une richesse folle. Un témoignage magnifique, un hommage à tous ces mineurs exilés qui fuient la guerre et qui se retrouvent seuls en Europe. « Ce projet est né d’une révolte et d’un désir, celui de porter l’espoir des enfants de l’exil, de dénoncer la situation actuelle tout en donnant son entière place à la poésie. » cf Nadia Naklhé.


    Tout commence par la rencontre d'Amel (signifiant "espoir " en Arabe) qui joue au cerf-volant au coeur d'une ville dévastée par la guerre. Cette guerre qui l'a dépossédé de tout ce qu'elle avait de plus chère.
    Elle est désormais orpheline et va bientôt devoir fuir son pays. Ses grands-parents ont réussi à persuader des amis (la famille Hudhad) de l’emmener avec eux dans leur fuite vers la France. Amel doit mentir sur son identité pour passer les contrôles aux frontières. Elle devient “Nina”. Mais tout ne se passe pas comme prévu et elle est très vite séparée de sa famille d’adoption. Abandonnée à elle-même dans un camp de réfugiés, elle va devoir se débrouiller seule. Elle va vite comprendre que pour survivre, elle n’a qu’une alternative : mettre de la distance et suivre les recommandations de ses grands-parents, à savoir : Avancer quoi qu'il arrive, ne pas montrer ses peurs car elles attirent les mauvaises personnes, éviter les passeurs et les militaires, ne donner sa confiance à personne et ne jamais révéler sa véritable identité. Dans sa fuite, elle va néanmoins accorder sa confiance à l'un de ses sauveurs, Bacem, un jeune militaire qui a quitté les rangs de l’armée, incapable de continuer à tirer sur des civils, d’être l'assassin qu'on lui ordonne d'être. Un déserteur qui d'insomnie en insomnie, lutte contre ses démons, n'ayant pour seule compagnie que sa musique et son oud de bois.
    Tout au long de ce voyage poétique et dur, on flotte aux côtés d'Amel. Dans une sorte de rêverie silencieuse où la majeure partie des échanges sont une voix-off, on avance doucement dans cette lecture qui invite à la réflexion.
    Auteure réalisatrice et dessinatrice, Nadia Nakhlé écrit, dessine et met en scène des projets poétiques et engagés, associant différents langages artistiques. En parallèle, elle expose son travail en France et à l’étranger et collabore en tant qu’artiste associée à différentes actions culturelles (Musée Rodin, La Fémis, CDA d’Enghien Les bains, Le Cube). Elle prépare actuellement son premier long-métrage d’animation.
    Pour "Les oiseaux ne se retournent pas", elle évoque avec pudeur les dangers de l’exil pour les enfants livrés à eux-mêmes. Elle fait le choix de s’intéresser à l’exil intérieur, c’est-à-dire aux pensées intimes d’Amel et de son compagnon de route. La peur et l’espoir s’entremêlent en permanence, avec la musique comme unique réconfort. La métaphore des oiseaux donnant un côté presque magique au récit. Elle s’inspire d’un poème persan, "La Conférence des Oiseaux", dont quelques extraits parsèment le périple d’Amel.
    Symboles d’espoir, les oiseaux guident la jeune fille dans sa quête de sécurité, vers un endroit où reconstruire sa vie. En alliant un noir profond à des couleurs vives comme le bleu, le rouge et le jaune, Nadia Nakhlé nous offre des illustrations raffinées et lumineuses, d’une douceur incroyable, presque féeriques. Le texte, quant à lui très courts, laisse une place centrale au dessin qui nous réconforte et nous permet de mesurer tout ce que nous ne voyons pas. Ce roman graphique restera pour moi une expérience esthétique et émotionnelle très intense une lecture que je recommande vivement.

    Bibione Le 29/03/2020 à 18:24:58

    Et si la malédiction mise en exergue sur la tombe du plus grand des dramaturges s'abattait sur l'Angleterre du 21ème siècle. Une fable politique et écologique au trait semi-réaliste sur un fond de dialogue shakespearien pioché dans divers oeuvres du maître.


    Tout commence à Stratford-upon-Avon, le 23 avril 2016 lors des travaux de réfection de l'église Holy Trinity Church où est enterré Shakespeare. Kathleen Larch, conservatrice au globe Museum et membre de l'association pour la protection du patrimoine shakespearien, donne ses dernières recommandations aux ouvriers du chantier. Quand soudain, son chien Roméo s'introduit dans le caveau du dramaturge et y dérobe un os. La malédiction s'abat alors sur toute l'Angleterre pendant que Kathleen et Giles Tooret (artisan du bâtiment) se mettent à la poursuite du petit voleur. Bientôt l’Angleterre est sous les eaux, la guerre civile menace, et les citoyens britanniques possédés par la langue de Shakespeare essaient de s’organiser et de survivre dans le chaos. L’album suit alors le parcours de plusieurs personnages qui rejouent dans une version apocalyptique contemporaine les célèbres pièces du dramaturge et leur sombre vision du monde et de ses semblables.
    Astrid Defrance signe ici son premier scénario de bande dessinée.
    Un pari osé en compagnie de Jules Stromboni qui a fait ses classes à la célèbre école des Gobelins à Paris.
    Ici, son dessin semi-réaliste est précis tout comme son découpage. La colorisation est somptueuse, mais on peine toutefois à rentrer dans l’histoire. Il faut s’habituer au langage shakespearien et extraits de ses textes en guise de dialogues, tandis que le côté onirique du scénario semble un peu confus parfois. Une fable politique et écologique perturbante traitant du capitalisme et des problèmes écologiques liés au consumérisme. Une bande dessinée audacieuse mais au final par forcément facile à suivre.

    Bibione Le 29/02/2020 à 15:56:44

    C'est l'heure du rapport : "code rouge" pour Karmen. À Palma de Majorque, la jeune femme avec ses cheveux roses et ses taches de rousseur, habillée d'une combinaison noire de squelette pénètre dans l'appartement d'une coloc étudiante. Elle se rend tout droit à la salle de bain .
    Toc toc toc , la porte s'ouvre et notre diva pénètre dans la salle d'eau. On y découvre alors assise sur les toilettes une jeune fille pulpeuse, les cheveux rose pâle, le regard hagard, les yeux cernés et rempli de larmes. La scène est morbide accentuée par un cadrage en contre-plongé qui nous donne littéralement l'impression de baigner dans une mare de sang au pied de Catalina.
    Karmen chasse très vite cette noirceur, la balayant de quelques pas de danse et d'une petite chansonnette sarcastique pouvant expliquer l'état d'esprit du moment de sa cliente. (Catalina est une jeune fille très introverti et réservé, ami d'enfance de Xisco dont elle est amoureuse depuis toujours. Sans jamais parvenir à lui révéler.)
    La tristesse et l'amertume l'ont poussé a franchir la ligne, elle s'est tranché les veines.

    Une fois les plaies pansées et la vue du sang dissimulé à notre regard; le voyage peut commencer.


    Un voyage qui malgré le sujet dur et glacé, tabou dans beaucoup de société, est traité avec bienveillance et douceur. L'auteur parvient à rendre la nudité de Catalina pure et chaste; nous ne sommes à aucun moment des voyeurs, juste des spectateurs dans ce voyage astral auréolé de teintes froides et aux traits d'une grande justesse. Le découpage lui aussi très intelligent aide à l'immersion et rajoute en fluidité à la narration jusqu'a donner le vertige dans certains plans.
    C'est au cours de ce voyage astral, forme d'introspection, que notre héroïne va comprendre qui elle est vraiment et les raisons qui l'ont poussé à commettre l'irréparable.
    Guillem March, né en 1979 à Palma de Majorque, est un dessinateur de bandes dessinées et de comics espagnol. Après avoir travaillé pour les Éditions Paquet et Dupuis, il est engagé par l'éditeur américain DC Comics. Là il dessine surtout des histoires qui se situent dans l'univers du Batman: Batman, Birds of Prey, Catwoman. (d'ailleurs la combi noire de Karmen n'est pas sans rappeler le costume de Catwoman). Il continue dans le même temps à dessiner des séries pour Dupuis. Il reconnaît comme influence, Neal Adams pour le dynamisme qu'il transcrit dans ses planches, Jean-Pierre Gibrat et Milo Manara.

    Son propos dans cette oeuvre magistrale me fait penser à une citation de Nicolas Bouvier dans " L'usage du monde" : "Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait". Le pari est réussi, un véritable bijou livré par Dupuis agrémenté d'une couverture somptueuse.
    On ne sort pas indemne de ce conte à mi-chemin entre onirisme, ésotérisme et Métaphysique. Nous sommes touchés au plus profond de notre être, comme si notre âme entrait en résonance avec le récit, ne nous laissant pas d'autres choix que de suivre Catalina dans ses pérégrinations. Forme de parcours initiatique qui nous mènera jusqu'à l'illumination.

    J'ai été totalement conquis par la tournure des événements, le traitement sous toutes ses formes de la narration. Un récit atypique, transcendant et séduisant .Un album a posséder obligatoirement ; un pur coup de coeur.

    Bibione Le 29/02/2020 à 15:54:16

    Violanzo, un homme dont la tête est emprisonnée dans une cage se souvient, un homme empli de doute. Ses souvenirs vont le conduire dans un monde désolé, un monde nommé korolhia vareylius voué à l'effondrement. Ici les derniers humains sont traqués par des envahisseurs : les hommes-cages, sorte de spectres insipides et déshumanisés tel des coquilles vides.
    Une fois leurs proies attrapées, ils les conduisent à leur sanctuaire pour les précipiter dans un gigantesque cratère béant. Forme de sacrifice rituel qui assure la prospérité et la longévité des spectres.
    Mais avant cela un choix s'impose à eux: le gouffre ou la cage !
    Si leur choix se porte sur la cage, ils rejoindront la horde de spectres et resteront en vit perdant tout ce qui les caractérisait. Autrement, ils périront plongés au fond du gouffre.
    Dans les deux cas, le sacrifié perdra son oiseau lumineux, son âme qui sera happée par Violanzo pour la transformer en carburant assurant la survie de son sanctuaire.
    C'est l'histoire d'un monde où la pensée est formatée. Un monde dénué de beauté et de sincérité, contrôlé par le désespoir et la haine.
    Jusqu'à l'arrivée d'un être singulier, un spectre sans visage, sans cage. Une sorte de marginal à la libre-pensée, préférant tracer sa propre voie plutôt que de se plier aux règles. Les spectres voient en lui une menace à leur existence et n'auront de cesse que de le traquer afin de l'exterminer.
    Seul contre tous, parviendra-t-il à suivre sa propre route, a libérer la cité ?
    Né le 18 décembre 1990 à Lipova en Roumanie, Andrei Puica dessine depuis toujours. Diplômé d'architecture à l'Université Politehnica de Timisoara, il collabore, avec la coloriste Evelyne Kral, au premier tome d'une série de bande dessinée intitulé "Terapie de Basm". Fort de cette expérience, il fonde immédiatement dans la foulée le studio "Kape Illustration" spécialisé dans les illustrations de manifestations culturelles, affiches de concerts, jaquettes de CD et vinyles, T-shirts, scénographie, etc. Projet de longue haleine, « Les oiseaux lumineux » est son premier album de bandes dessinées en solo.
    Un univers graphique très personnel où il est question de renouvellement, d'âme et de résurrection. Un questionnement sur nous-mêmes: d'où venons-nous, qui sommes-nous et où allons -nous ...
    Un monde fragile où il n'est peut-être pas question de bien ou de mal mais plutôt d'expérience. Un monde où il faut sans cesse se remémorer que chaque fin est le début d'un nouveau lendemain.
    Un trait maîtrisé et agréable bien que parfois un peu statique, baigné dans des couleurs froides a dominante bleu et mauve. Une oeuvre sur le cycle de la vie où tout n'est qu'un éternel recommencement. Une bd aux multiples sens de lecture où chacun pourra avoir sa propre interprétation.