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Les avis de - Benjie

Visualiser les 58 avis postés dans la bedetheque
    Benjie Le 18/04/2021 à 18:22:38

    Ce n’est pas du Lewis Trondheim mais ça y ressemble furieusement ! Et c’est du très bon. A travers une clique de personnages en apparence loufoques, David de Thuin nous plonge dans le quotidien de deux maisons d’édition et propose une critique plutôt acerbe de leur fonctionnement. On y perçoit une réalité que l’on imagine mais qu’on n’a pas forcément envie de découvrir : la rentabilité des titres, la concurrence acharnée, les coups bas... Loin de la magie de l’éditeur découvrant des manuscrits et révélant des auteurs, le personnage principal, un auteur de BD nommé Zola, va se confronter à l’indifférence, au mépris et aux paroles blessantes. Cette histoire de super héros qui n’en n’est pas une est une pépite aux trouvailles scénaristiques excellentes, aux rebondissements incessants et aux dialogues croustillants. Jusqu’à la dernière page, on est tenus en haleine, prêts à de nouvelles révélations sur le roi de Bourdons. Par pleins de petits détails, de postures, de rapports entre les personnages : ça sent le vécu !!! Le dessin n’est pas en reste et cette clique de personnages zoomorphiques dont on apprend aussi les histoires personnelles sont autant de clins d’œil à des typologies d’acteurs du milieu du 9e art. Une excellente surprise ! Un vrai coup de cœur !

    Benjie Le 18/04/2021 à 18:21:31
    Les boucliers de Mars - Tome 1 - Casus belli

    L’histoire de la Rome antique est une période qui m’intéresse particulièrement. Alors évidemment, ce récit m’a plu et bien plus encore. J’admire cette rigueur qu’a Chaillet dans ses récits sur l’Antiquité romaine. Cette précision des dialogues et des dessins est peut-être un peu lourde mais c’est un régal pour tout passionné : les rues, les boutiques, les maisons et leurs intérieurs avec tous les détails. Les costumes, les armes, bref… tout y est. La chute d’un des boucliers du Dieu Mars est le très bon début d'un scénario qui ne demande qu’à se développer avec intrigues, menaces de guerre, trahison et rebondissements. La dimension géographique du récit enrichit aussi l’histoire de points de vue différents sur la puissance impériale. On découvre les frontières de l’empire et leur fragilité. Le danger n’est jamais loin et les garnisons ont depuis longtemps perdu la rigueur de la discipline romaine. C’est vrai que c’est un peu lent par moments mais les dessins sont là pour nous faire apprécier les temps où il ne se passe pas grand-chose. Seul bémol pour le dessin, les personnages qu’on a parfois du mal à reconnaître.

    Benjie Le 18/04/2021 à 18:20:20

    Le scénario est très bien monté. Les dialogues bien écrits, un déroulement fluide avec les rebondissements nécessaires – ni trop, ni trop peu - qui maintiennent le suspense jusqu’au bout. Entre action et récit introspectif, on découvre un album tout en sensibilité avec une bonne dose de valeurs humaines et une autre de chronique sociale. Ces robins des bois au talent plus qu’incertain ne vont pas réussir à aller très loin dans leur projet, mais là n’est pas l’essentiel. Les personnages sonnent juste, leur vie passée est là pour le rappeler. Le dessin est précis, plein d’énergie, les scènes de rixes sont réussies, et grosse qualité : ce n’est pas une BD bavarde. Pas trop de texte, de l’efficacité, l’album a du rythme ! C’est très bon ! Un coup de cœur !

    Benjie Le 18/04/2021 à 18:19:21

    Dès la première page de cet album, on entre par la porte de service dans la domesticité d’une maison de maîtres. Dans l’Angleterre victorienne, un dandy beau, réputé bien membré et fêtard rentre un soir inconscient et ensanglanté. Il s’est aventuré dans l’East End londonien au péril de sa vie. Alors que le personnel est absent, une jeune domestique consignée pour garder la maison n’a d’autre choix que de s’occuper de son maître et de le déshabiller. S’instaure, à partir de cette soirée, un rapport très ambigu entre les deux personnages : Edouard, un maître de maison dépravé et Lisbeth, une domestique besogneuse et discrète, au physique ingrat, mais à la vertu inébranlable. Entre tendresse, écoute patiente, suffisance et mépris, une relation complice s’installe. C’est très bien fait, bien écrit – même si dans plusieurs bulles il manque des mots ! – Le scénario est bien découpé. La logique voudrait que l’on aime Lisbeth et que l’on déteste Edouard, mais ce n’est pas si simple… La fresque sociale peinte par les auteurs est passionnante et nous plonge dans la société de l’époque victorienne. Les personnages sont complexes, profonds, mais, si on découvre le passé d’Edouard et les raisons de son comportement excessif, on ne sait pas grand-chose de Lisbeth. Dommage… un tome 2 serait le bienvenu. Le dessin est très précis, d’une grande finesse avec des cadrages réussis et des couleurs douces parfaitement bien choisies. Bref ! Une lecture très agréable, un régal pour les yeux.

    Benjie Le 26/03/2021 à 18:55:34
    Le destin des Algo-Berang - Tome 1 - Les infiltrés

    Pour ce qui est du contexte historique dans lequel se situe le récit, ne cherchez pas : c’est une uchronie. Non, il n’y avait pas de président de la République élu pour sept ans en France en 1832 mais peu importe. L’histoire est intéressante, complexe sans trop. On la suit facilement et les personnages se dévoilent petit à petit. Qui sont les mystérieux voisins des Algo-Berang ? Dans quelles affaires troubles a trempé Edmond Algo-Berang ? Toute la famille Delostange fait-elle partie du complot ? De multiples portes sont entrouvertes pour une suite prometteuse… qui, je viens de le voir, n’arrivera pas. A moins que… Le dessin est beau, les vues de Paris et les intérieurs bourgeois sont bien rendus et l’ambiance est là.

    Benjie Le 25/03/2021 à 06:41:00
    Les quatre de Baker Street - Tome 1 - L'Affaire du rideau bleu

    Billy, Charlie et Black Tom, fidèles assistants de Sherlock Holmes sont embarqués dans une série d’aventures toutes plus rocambolesques les unes que les autres. C’est une manière originale de revisiter l’œuvre de Conan Doyle et de le mettre à la portée des jeunes lecteurs. D’assistants à enquêteurs livrés à eux-mêmes, il n’y a qu’un pas qu’ils franchissent à chaque fois que l’occasion se présente… Ce Club des Cinq façon Sherlock Holmes sillonne Londres et ses bas-fonds, côtoyant mendiants et escrocs et mène ses enquêtes tambours battants. C’est sympa, bien écrit, rythmé et le dessin d’Etien est superbe avec une colorisation magnifique. Il apporte énormément à la série dont le scénario reste classique. Au fil des albums, la mécanique bien huilée des enquêtes nous fait vivre différentes aventures tout en faisant évoluer ses jeunes enquêteurs qui grandissent. La neuvième aventure de nos jeunes héros nous plonge une nouvelle fois dans l’ambiance londonienne. Quand on est un inconditionnel de Sherlock Holmes, on attend avec impatience chaque nouvel album. Une de fois de plus, c’est un bon moment de lecture !

    Benjie Le 25/03/2021 à 06:39:49
    Chinaman - Tome 1 - La Montagne d'Or

    J’ai vraiment aimé cette série pour son originalité et la profondeur de ses personnages. Le point de départ est intéressant : le récit d’un immigré chinois qui va parcourir l’ouest américain et à chaque fois qu’il en a l’occasion, faire justice et aider les plus démunis. Dès le début, le scénario ouvre plusieurs pistes de récits que l’on va suivre, perdre de vue et retrouver. C’est bien construit, cohérent, on retombe sur ses pieds. J’ai quand même deux bémols : le premier concerne les dialogues et en particulier la voix off qui tient parfois des propos convenus voire gnangnan. C’est bien d’affirmer les grandes valeurs de l’être humain (l’amitié, la fidélité, l’honneur, le courage…) mais il est inutile d’en rajouter. La seconde critique concerne le scénario qui, au-delà du premier diptyque, se répète un peu. Mais j’arrête là. L’ensemble est très agréable à lire, le dessin est précis, riche en détails et les couleurs très belles. Et les scènes de combat ! … un régal ! Je recommande sans hésiter même si ce n’est pas le western du siècle.

    Benjie Le 16/03/2021 à 07:51:44

    Dans une cabane au sud du Texas, Edmund va passer la nuit à fabriquer ses propres cartouches. Il se prépare car il sait, que dès l’aube la petite maison où il s’est retranché pour la nuit va être attaquée par ceux qui, la veille, ont tué une famille de migrants se rendant en Californie. Seule rescapée de ce carnage, Mary, une jeune fille traumatisée. Edmund sait qu’il ne doit pas s’endormir de peur d’être surpris par l’attaque ennemie. La nuit est longue et pour passer le temps, il commence à raconter son histoire. La jeune fille, d’abord peu attentive, finit par écouter le récit de ce Buffalo Runner qui a eu mille vies et surmonté plusieurs drames personnels. C’est très beau, très émouvant. J’ai lu il y a peu de temps « Après la nuit » et voilà une nouvelle histoire d’attente, de tension qui monte et de drame qui se prépare. Un vrai beau western magnifiquement dessiné. C’est bien construit, les personnages sont profonds et le récit pose de nombreuses questions sur la conquête des terres de l’ouest, le sort réservé aux Indiens, la violence de la guerre et les raisons de la faire. Un coup de cœur !

    Benjie Le 11/03/2021 à 13:56:27

    Henri de Valois ou plus exactement Henri III n’a pas laissé un grand souvenir dans l’Histoire. Alors que les guerres de religion se déchainent et que les passions s’exacerbent, notre bon roi se sent dépassé par les événements. Entre sa mère, toujours intrigante, et son frère cadet qui n’a de cesse d’organiser un soulèvement contre le roi, Henriquet a fort à faire et ses parties fines avec ses mignons n’arrangent rien. Je viens de relire cet album après avoir relu Charly 9. C’est un régal. Subtile, drôle, intelligente, truculente… que dire encore… cette nouvelle adaptation du roman de Jean Teulé est une franche réussite pour un très bon moment de lecture… plein de surprises, d’anachronismes et de petits arrangements avec la vérité historique. Comme dans Charly 9, les textes sont un régal et les injures… aux petits oignons. A recommander sans hésitations !

    Benjie Le 07/03/2021 à 17:58:55

    1904-1905, alors que la Russie est en proie à de graves troubles sociaux, plusieurs attentats terroristes sont commis contre des représentants du régime tsariste. Moscou Année Zéro, n’est ni une intégrale, ni une addition des deux albums Mort au Tsar, mais un album entièrement repensé par l’excellent scénariste, Fabien Nury. En ce début du XXe siècle, on sent que la Russie est sur le point de basculer vers autre chose. C’est la fin d’une époque que chaque acteur de cette histoire ressent sans pour autant aborder ouvertement le sujet. Le peuple a faim. Les tensions montent. Dans l’ombre, les couteaux s’aiguisent. On assemble des bombes. On sait QUI va tuer et on sait QUI va mourir. C’est inéluctable et c’est ce qui fait toute l’intelligence de ce récit, déjà raconté par plusieurs auteurs dont Albert Camus avec Les Justes. Alternant entre le point de vue de la future victime, le gouverneur général de Moscou Sergueï Alexandrovitch qui attend, résigné, et celui de l’assassin qui guette le bon moment pour passer à l’acte, l’album est construit avec rigueur. On sent la tension qui monte. On sympathiserait presque avec la victime qui a pourtant des centaines de morts sur la conscience. Cet album est aussi un joli défi éditorial par la reprise deux albums préexistants qui racontaient la même histoire, par les mêmes auteurs, mais avec une construction scénaristique séparant le parcours de la victime dans un tome de celui de ses assassins dans un autre. Très fan des scénarios de Fabien Nury, je n’en dirai une fois de plus que du bien, et les dessins de Thierry Robin ainsi que la mise en page sont parfaits. C’est bien écrit, bien documenté, bien monté et cohérent. Les personnages ont une vraie profondeur, une vraie réflexion sur leur vie et leur destin. Un indispensable…

    Benjie Le 06/03/2021 à 07:20:14

    Un incontournable ! Un court récit à l’humour puissant et ravageur qui nous plonge dans une situation quotidienne qui devient vite ubuesque puis effrayante. Sur fond de mise en scène et de dessins volontairement ultra sobres (ne pas s’y fier…), qui reflètent un quotidien banal et tranquille, le road movie démarre, s’emballe et dérape avant de devenir incontrôlable pour le personnage principal. C’est drôle, intelligent, absurde et décalé… à la Monty Python. La société décrite est-elle la nôtre ? Un peu quand même, c’est ce qui fait peur. Humour noir et grinçant, pour un album qu’il est sympa de relire de temps en temps… C’est une des BD les plus drôles que j’ai lues depuis très longtemps. Un coup de cœur qui ne se dément pas !

    Benjie Le 04/03/2021 à 16:37:33

    Certes, il avait un bon fond… mais quand même ! Charly 9, ce jeune roi qui a sombré dans la folie après avoir ordonné le massacre de la Saint-Barthélemy, n’aurait pas dû régner. Il n’était pas du tout fait pour ça ! Drôle, grave et truculent, cet album offre un super bon moment de lecture. Les premières pages avec tous les efforts faits par son entourage pour convaincre Charles IX de signer l’ordre de massacrer les Huguenots sont dramatiquement drôles et le désespoir croissant du roi le rend attachant. Le drame qui se joue ensuite transpire le sang qui semble s’écouler des images sans pouvoir s’arrêter. Juste sur les enjeux historiques des guerres de religions et de succession au pouvoir, Guérineau nous livre la clef de tous ces drames avec une Catherine de Médicis déterminée et odieuse. Les textes sont très bons, les injures… un régal et les dessins en plans larges ou serrés sont parfaits pour porter le récit. A recommander sans l’ombre d’un doute !

    Benjie Le 04/03/2021 à 07:22:52
    Apostat - Tome 1 - La malédiction pourpre

    Julien est un personnage décalé. Intellectuel, philosophe, il va découvrir les réalités de la guerre en Gaule après avoir été nommé César d’Occident par l’empereur Constance II. La période historique (355 après JC) est mal connue mais est très intéressante, en particulier parce que c’est une période de transition où les croyances païennes qui persistent n’ont pas encore laissé la place au Christianisme. Julien l’Apostat n’est pas un militaire. N’ayant jamais appris à manier les armes, il va se révéler courageux et fin stratège. Il se révélera aussi visionnaire quant à l’évolution des religions dans un empire romain en pleine déliquescence.
    Dans le premier tome, j’ai vraiment eu du mal avec le dessin, en particulier avec certains personnages mal dessinés, mal proportionnés. Heureusement, le dessin s’améliore d’album en album. A l’inverse, les ambiances de nuit et d’aube sont très réussies. Autre agacement, le vocabulaire parfois anachronique (« On croit rêver » ou « ça craint ») J’ai failli abandonner après le tome 1 mais les bonnes critiques sur cette série m’ont donné envie de continuer. Sans regret ! mais sans enthousiasme débordant, non plus.

    Benjie Le 04/03/2021 à 07:21:46
    Private Liberty - Tome 1 - L'échelle de Kent

    Intéressant, le point de vue de départ… Un super héros sur fond d’histoire de débarquement de Normandie. Côté scénario, c’est original, c’est décalé. On est tenus en haleine mais le tout est un peu laborieux et la naïveté du personnage principal sur sa vraie nature est navrante. Dès les premières pages, on est pris dans l’enquête. Au fil des planches, les multiples histoires annexes complexifient le récit – on se demande où on va - même si, au final, on retombe sur ses pieds assez proprement. Une histoire de super héros dans le débarquement, c’est pour le moins original. Trois tomes étaient prévus. Le 3e sortira-t-il ? Les dialogues sont pas mal mais l’humour du héros peu devenir franchement lourd quand la situation ne s’y prête pas. C’est « too much ». Dernière petite critique : les fautes d’orthographe sont super gênantes. Côté dessins, c’est assez réussi pour les ambiances, un peu moins pour les personnages qui sont raides et parfois maladroits. Bref, c’est quand même pas mal. On aimerait bien connaître la fin de l’histoire !

    Benjie Le 26/02/2021 à 18:42:05

    Quand le crime devient un art ! Cette jolie intégrale (format un peu petit quand même, mais à la couverture très chic !) nous livre 18 courts récits qui ont tous pour cadre un élégant club anglais dont l’activité principale semble être de résoudre des énigmes criminelles. L’ensemble est « so Britsih » ! Les dessins raffinés mettent en scène des Anglais de la haute société qui débattent avec humour et cynisme de crimes qui ont bel et bien lieu ou qui ne devraient pas tarder à se produire. Le contraste entre la bienséance de ce club et la noirceur des âmes de certains de ses membres fait réfléchir sur l’être humain et son immoralité. Les énigmes sont créatives et croustillantes, et leur résolution simple et intelligente. Un vrai coup de cœur pour ma part ! On en redemande !

    Benjie Le 26/02/2021 à 18:40:50

    Qu'est-il arrivé aux deux frégates de la Marine Royale placées sous le commandement du Capitaine de la Pérouse ? La Boussole et l'Astrolabe ont levé l’ancre en 1785 pour un tour du monde aux objectifs scientifique, naturaliste et commercial. Trois années plus tard, on perd leur trace. Dans ce one shot, Patrick Prugne va exploiter ce mystère nous donner une interprétation basée sur une documentation solide. L’album est superbe ! Aquarelles, nuances, transparences… une fois encore la nature est au cœur du travail de Prugne. Les cases s’enchainent avec fluidité et cohérence, et nous plonge dans une végétation luxuriante, une lumière unique, une humidité omniprésente, des couleurs de la mer qui varient au gré de la météo.
    Au début de l’album, un texte précis au lecteur qu’il ne doit pas s’attendre à un récit complet de l’expédition Lapérouse, que l’album s’attachera au naufrage et à la survie des naufragés confrontés à une population autochtone hostile. Et tant mieux, que ce ne soit pas un album purement documentaire. Les quelques pages, en fin d’album sont passionnantes et nous éclairent sur la dimension archéologique de cette histoire. On y découvre un pistolet récupéré dans l'épave de La Boussole, ainsi qu'un compas azimutal, un sextant, des clochettes, sifflets et grelots, un encrier. On peut ainsi revenir au périple de La Pérouse grâce à une carte traçant sa route maritime. Apport vraiment intéressant. Très bel album…

    Benjie Le 25/02/2021 à 07:28:18
    Nestor Burma - Tome 2 - 120, rue de la gare

    Le polar selon Tardi ! Adaptation très réussie du roman de Léo Malet. Une atmosphère sombre et mystérieuse à souhait, des personnages avec des vraies gueules et un passé souvent douteux. Une enquête de Nestor Burma rondement menée avec un scénario qui progresse en suivant méthodiquement les pistes qui finiront par mener au coupable.120 rue de la gare est pour moi le meilleur polar de Tardi. Commençant dans un Stalag en 1940, l’histoire se déroule ensuite dans la France occupée entre Lyon et Paris, entre zone sud et zone occupée. L’ambiance est pesante, les personnages aux démarches lourdes arpentent les rues avant de se retrouver dans les bars. Ici, le fil rouge est une banale adresse : 120, rue de la Gare. Chaque indice a de l’importance, si le lecteur ne les voit pas, Nestor Burma, lui, n’en rate aucun et nous devance dans la résolution de l’énigme. Les dessins de Tardi sont puissants, les personnages ont une vraie présence et les décors restituent une ambiance, une époque difficile, celle de la France occupée (couvre-feu, presse contrôlée, ligne de démarcation...).

    Benjie Le 25/02/2021 à 07:24:40

    Chabouté, c’est l’art du noir et blanc, des cadrages et des ambiances. Ici, l’atmosphère mystérieuse et inquiétante donne à l’histoire l’ambiance qui convient. Zoé que j’avais envie de relire n’est définitivement pas son meilleur album. Pleine Lune est très supérieur mais si on prend le temps, si on lit lentement, on mesure toute la dimension du travail graphique de l’auteur et c’est l’essentiel. L’encrage est superbe et les clairs-obscurs profonds. Le jeu de lumière subtil. Peu de parole, de longs silences laissant monter l’angoisse et dévoilant le côté inquiétant des personnages. Le scénario se tient globalement mais souffre sans doute du découpage qui donne la part belle au dessin. Les personnages ont des côtés peu cohérents et Zoé, l’héroïne, est plutôt fade. Dommage. Un album très loin d’être le meilleur mais on le lit comme une très belle introduction au reste de l’œuvre de Chabouté. C’est d’abord du très beau !

    Benjie Le 21/02/2021 à 08:03:22

    L’expédition a viré au désastre ! A la fin du XVIe siècle, une expédition pour la Floride se prépare. Un jeune cartographe, Jacques Le Moyne de Morgues, va être du voyage. Ce n’est pas qu’il ait très envie de partir et de quitter sa promise, mais il se fait violence et embarque pour le Nouveau Monde. Rentré à Londres deux ans plus tard, Jacques Le Moyne s’enferme dans un mutisme inquiétant. Qu’a-t-il bien pu se passer lors de ce voyage ? J’ai été immédiatement happée par le récit. Avec une maîtrise parfaite, Jean Dytar nous fait revivre cet épisode historique avec brio. On y retrouve des personnages historiques bien connus, mais aussi et surtout les héros de cette histoire, Jacques Le Moyne et surtout de sa femme qui rêve d’aventure. C’est très bien écrit. Les cases s’enchaînent naturellement, les allers et retours dans le temps sont faciles à suivre et on apprend plein de choses. Personnellement, j’ai un peu moins d’enthousiasme pour le dessin mais j’avoue que le quadrillage des pages, à la manière d’un cartographe est une super idée… il ne m’a pas empêché de m’immerger dans ce récit épique avec plaisir. Sur le fond, évidemment se posent les questions de la colonisation, du rapport des Européens aux populations natives, de la violence sans limite qui peut s’exercer quand la survie du groupe est menacée, des raisons religieuses qui peuvent motiver des atrocités. Vraiment passionnant et quelques pages documentaires en fin d’album qui achèvent de nous imprégner de cette histoire assez peu connue.

    Benjie Le 21/02/2021 à 08:01:43

    Tout commence par un procès, celui de Paul Grappe… A l’époque, ce fait divers avait fait grand bruit. Mais reprenons les faits : un jeune couple est brusquement séparé par la Première Guerre mondiale qui vient d’éclater. Traumatisé par l’enfer des tranchés, Paul Grappe finit par se mutiler puis déserte. Vivre dans la clandestinité a ses limites. Pour pouvoir sortir, il devient Suzanne et s’habille en femme. Inspiré de La Garçonne et l’Assassin des historiens Fabrice Virgili et Danièle Voldman, le très bel album de Chloé Cruchaudet déroule tout en sensibilité cette histoire à la fois belle et tragique. La transformation de Paul en Suzanne est poignante, le désarroi de sa jeune épouse est émouvant, le plaisir grandissant de Paul est bouleversant. On sent que la transformation de Paul risque d’aller au-delà de la simple tenue vestimentaire… Quelle est la part du choc post traumatique dû à la violence de la guerre ? Quelle est la part de féminité profondément ancrée en Paul ? Le sujet est sérieux, le traitement, intelligent. On passe par toutes la gamme des émotions : amour, complicité, effroi, violence, trahison... Le découpage est réussi et porte l’histoire avec subtilité. Le dessin, tout en lavis, réinterprète les images du début du XXe siècle en en conservant l’esprit. Un vrai coup de cœur.

    Benjie Le 21/02/2021 à 08:00:40

    Chaque chapitre nous fait découvrir un restaurant, un plat et des saveurs authentiques du Japon. Le scénario est simple et étonnamment suggestif. On a l’impression d’accompagner le héros dans sa quête du lieu adéquat pour son déjeuner, d’hésiter devant la carte, de faire notre choix, et de goûter les différents plats. Les saveurs font remonter de vieux souvenirs, lui rappellent des rencontres. Ce récit est moins anodin qu’il y paraît, on a tous des madeleines de Proust. On se laisse porter et on découvre une gastronomie, une culture. Au-delà d’une déambulation gastronomique, on se ballade dans une ville, ses quartiers, l’intérieur des petits restaurants aux ambiances différentes. Du très bon Tanigushi !

    Benjie Le 19/02/2021 à 08:39:02
    Psycho-Investigateur / Simon Radius, Psycho-Investigateur - Tome 4 - L'Héritage de l'Homme-Siècle

    Simon Radius est un psycho-investigateur. Il a le pouvoir de voyager physiquement dans la mémoire des gens. On a là un ovni dans la littérature BD. Une expérience pour le lecteur ! L’histoire est une enquête bien ficelée, elle donne surtout prétexte au dessinateur pour s’éclater avec une créativité bluffante. C’est plus qu’un album, c’est un objet aux multiples surprises. Jeux de transparences et renversements tant dans l’histoire que dans la manipulation du livre. La mise en page est superbe, riche en petits détails qu’il faut bien prendre le temps d’observer. La performance créative n’empêche pas une certaine émotion et beaucoup d’informations d’ordre anatomique sur le fonctionnement de notre mémoire. A lire, c’est une pépite…

    Benjie Le 19/02/2021 à 08:38:04
    Stern - Tome 1 - Le Croque-mort, le clochard et l'assassin

    Tout commence au Kansas, en 1880. Elijah Stern, croque-mort de son état, mène une vie tranquille et plutôt solitaire. Un jour, on vient le chercher pour qu’il pratique une autopsie sur le cadavre d’un homme retrouvé mort dans un bordel. Ce n’était pas prévu comme ça mais notre homme accepte. Pendant l’examen, il découvre que l’homme n’est pas mort de mort naturelle. L’enquête commence mais Stern ne va pas tarder à comprendre que son passé, à lui, est étroitement mêlé à cette histoire. Introverti, humble et sobre, Elijah Stern est un croque-mort hors du commun. On pourrait dire : décalé comme s’il se tenait volontairement à distance d’une histoire qui le concerne directement. S’il a bien une silhouette longiligne reconnaissable de loin, il est cultivé et aime les livres. Le scénario est prenant, bien construit, surtout dans le tome 1 qui installe le cadre et les personnages. Tous les codes du western sont là à quelque chose près. On a envie de savoir qui est vraiment cet undertaker, personnage principal d’une histoire – ce qui est plutôt inhabituel.
    L’ambiance de l’Ouest américain est vraiment bien restituée par les dessins précis et détaillés même si la mise en couleurs est un peu irrégulière en qualité. Quoi qu’il en soit, Stern est une très bonne série. Je mets juste un petit bémol sur les autres tomes, moins créatifs, et sur certaines accélérations du scénario qui nous privent du développement de certaines scènes. A lire sans hésitation.

    Benjie Le 19/02/2021 à 08:36:53

    J’ai acheté cet album surtout pour le dessin d’Antonio Lapone et un peu pour Mondrian. J’avais gardé un tellement bon souvenir de Greenwich Village. Le dessin est élégant, subtil, vif, plein de vie, en adéquation parfaite avec l’époque dans laquelle se déroule l’histoire (Les années 30). Et les couleurs ? Celles utilisées par Mondrian dans ses tableaux les plus célèbres ! Passé cette envie de me replonger dans un album dessiné par Lapone, j’ai eu un moindre plaisir à découvrir le scénario. L’intérêt c’est qu’on y découvre une vie intime de Mondrian, ses questions sur l’amour et l’attachement, la peur de s’engager auprès d’une femme… Si on cherche une biographie détaillée de cette figure majeure de l’art abstrait, on sera sans doute déçu. Si on se laisse porter par l’album, ça fonctionne… L’ensemble est léger, la lecture est agréable, mais il m’a manqué quelque chose… Plus d’art sans doute. Dommage, le grand format de l’album donne de l’ampleur au récit. On se sent comme dans un atelier d’artiste à haut plafond.

    Benjie Le 17/02/2021 à 18:16:43
    Australes - Deux récits du monde au bout du monde - Tome 1 - Voyage aux îles de la Désolation

    Emmanuel Lepage embarque sur le Marion Dufresne pour un long voyage vers les terres australes françaises : Crozet, Kerguelen, Saint-Paul, Amsterdam… Un voyage expérimental tant pour l’équipage de scientifiques que pour le dessinateur qui aborde cette mission avec autant d’envie que d’appréhension. J’ai vraiment aimé la narration qui se fait au rythme lent de la navigation. On a le temps de s’immerger dans ces paysages austères et dans la vie du bateau. Emmanuel Lepage dessine la mer avec toutes ses nuances de transparences, de bleu, de gris et noir, fait un portrait très sensible de ses compagnons de voyage en s’attachant à leurs parcours personnels, croque avec discrétion les moments de travail et de détente, les sourires, les conversations. De ces moments pris sur le vif se dégagent une ambiance très particulière, l’intimité du bord, les petits détails du quotidien. On se sent appartenir à l’équipage.
    Les planches en noir et blanc racontant le quotidien sont entrecoupées de somptueuses aquarelles en couleur sur la mer, le ciel et les îles. S’y ajoutent quelques flashbacks historiques qui rappellent les aventuriers et les drames de ces terres lointaines. C’est beau, dépaysant et intéressant. On apprend plein de choses ! M’a beaucoup plu la place prépondérante que prennent les scientifiques dès que l’équipage est à terre. Ils veillent ! Ne pas déranger la faune, ne rien abîmer, laisser le moins de traces humaines possibles, telles sont les règles à terre. Carnet de voyage, témoignage, hymne à la nature, documentaire passionnant sur les TAAF, cet album est une pépite à lire et à relire pour s’évader et découvrir.

    Benjie Le 16/02/2021 à 18:08:06
    Julia von Kleist - Tome 1 - Livre 1. Allemagne 1932

    Dommage que cette série se soit arrêtée après les trois premiers tomes. L’angle choisi pour le scénario est vraiment intéressant. Non pas de suivre le parcours du chef de famille, mais celui de sa femme, Julia, qui a hérité de l’entreprise de son père au grand damne de son mari. Sur fond de montée du nazisme dans l’Allemagne des années 30, on suit le destin des différents personnages de la famille : Julia le personnage fil rouge perd pied peu à peu dans une famille et une société qui pactise un peu trop facilement avec les nazis. L’histoire est juste, nuancée. Pour une fois, on n’a pas les bons d’un côté et les méchants de l’autre. Au contraire, elle nous montre toute la complexité d’une société en proie à des intérêts divers, à des peurs et à des choix… qui se révèleront, parfois, ne pas être les bons. La famille von Kleist est partagée entre ses intérêts et ses valeurs. Le point de vue du scénariste est vraiment pertinent, l’histoire se complexifie peu à peu et on ressent bien la montée du drame. Beaucoup de thèmes sont abordés – trop peut-être – le couple, l’adultère, les choix politiques, la déportation, les persécutions, l’homosexualité, la société allemande des années 30. Trois albums, un par année 1932, 1933, 1934. La fin du troisième album ouvre sur une suite dans laquelle Julia va devoir faire des choix décisifs et se confronter à une réalité encore plus dure mais pour le moment, pas de suite. Je suis carrément moins fan du dessin trop statique. Un très gros bémol sur les visages, en particulier ceux des femmes, pas assez expressifs à mon goût. A lire même si la saga est interrompue. Les trois premiers tomes forment un premier cycle cohérent.

    Benjie Le 15/02/2021 à 19:33:57

    Un récit très bien écrit, au scénario plein d’inventions et aux dialogues percutants. Ce one shot qui se déroule à la fin du XIXe siècle, dans un Paris en plein progrès technique, met en scène un médium Sélène Fouquart en proie à l’esprit frappeur de son ex-compagnon mort guillotiné. Entre enquête policière et chasse aux fantômes, l’histoire se passe dans une atmosphère inquiétante parfaitement bien rendue par les très belles planches monochromes travaillant en détail les aplats de couleurs marrons, beiges, rouilles et kaki. Les vues du Paris sont particulièrement réussies. Cette histoire questionne aussi sur le passé et ses cicatrices inguérissables, et sur la science qui excite l’imagination des uns et effraie les autres. On y verra un clin d’œil appuyé à Adèle Blanc Sec, aux personnages fantastiques et aux machines expérimentales qui peuplent son univers. Un album qui se lit d’une traite, c’est fluide et agréable.

    Benjie Le 13/02/2021 à 18:42:29
    Quartier lointain - Tome 1 - Tome 1

    Hiroshi, 48 ans, père de famille récupère péniblement d’une soirée bien arrosée. Alors qu’il se trompe de train en rentrant chez lui, il réalise qu’il roule vers Kurayoshi, la ville de son enfance. Ce bond en arrière dans le temps le ramène à son adolescence. Il a 14 ans mais continue d’analyser les situations avec sa maturité de 48 ans et tous ses souvenirs. Il retrouve ses parents, ses copains, sa petite amie, son collège… Ce voyage intérieur pourrait-il être pour lui l’occasion de réparer les erreurs du passé, d'empêcher la disparition inexpliquée de son père. Que s’est-il passé ce jour-là ? Qu’est-ce qui a mené à la déchirure de sa famille ?
    Quarter lointain nous invite à la réflexion sur l’enfance, la famille, les choix de nos parents, les questions sans réponses, la mort. Jiro Taniguchi livre à notre réflexion les thèmes qui lui sont chers : le passé, les traditions, le temps qui passe, les villes qui se modernisent. Hiroshi est à la croisée des chemins et réfléchit aux choix qu’il a fait. Un très beau récit qui monte lentement en tension.

    Benjie Le 13/02/2021 à 18:41:37

    Trois récits s’entremêlent : celui de l’Allemagne de l’après-guerre, celui de la guerre froide et celui de deux frères, Konrad et Andreas Werner. Le monde est séparé en deux blocs, le bloc de l’Est à l’idéologie communiste et le bloc de l’Ouest, libéral et impérialiste. En 1974, l’Allemagne de l’Ouest organise un match historique, le RFA-RDA de la Coupe du monde de foot. Konrad et Andreas Werner disputent ce match en coulisses. L’un comme logisticien de l’équipe de l’Ouest, l’autre comme kiné de l’équipe de l’Est. Mais tous les deux appartiennent à la Stasi, les services secrets de RDA.
    Trente ans avant, Konrad et Andreas alors enfants, ont vu l'Armée rouge entrer dans Berlin. Fuyant la ville en ruine, les deux orphelins de guerre, sont arrivés à Leipzig où ils ont appris à vivre de la débrouille. Capturés par des agents de la Stasi, ils ont dû s’engager pour survivre et ont fini par faire partie des meilleurs agents de la police secrète de RDA. Après une bavure lors d’une opération secrète, les deux frères se trouvent séparés…
    Ils se retrouvent douze ans plus tard, à l'occasion de la Coupe du monde de foot en RFA. Konrad, manager de l'équipe de RFA, Andreas, du côté est-allemand. Cet album est intéressant sur le plan historique, le scénario est bien rythmé. Personnellement, je n’ai trop aimé le dessin.

    Benjie Le 12/02/2021 à 16:43:18

    Après 20 ans de tournage de films, Benoît Cohen ressent le besoin de faire une pause, de se resourcer, de retrouver un sens à son travail et peut-être aussi à sa vie. Il s’installe à New York et décide de devenir chauffeur de taxi... Cette toute nouvelle expérience, au plus près des réalités et des habitants de la ville, devrait lui apporter l’inspiration pour l’écriture d’un nouveau scénario. Commence alors un voyage initiatique au cœur de la micro-société des chauffeurs de taxi. Il prend des cours pour apprendre les bases du métier, obtient sa licence après un parcours du combattant au sein de l’administration américaine, fait ses premières courses, se prend ses premiers PV en rafale, dur ! dur ! Mais il tient bon et au fil des jours et des nuits, maitrise de mieux en mieux son nouveau métier. S’immergeant au cœur de la société new yorkaise, il observe ses passagers, guette leurs réactions et prend des notes. Il ne va pas manquer de documentation quand viendra l’heure d’écrire le scénario de son prochain film.
    Mais l’histoire se trouble. Que cherche-t-il vraiment en essayant de dessiner les contours et le caractère de celle qui sera sa prochaine héroïne ? Au volant de son taxi jaune, Benoît plonge en lui-même autant qu’il s’interroge sur son futur film. Au fil des rues et des adresses, il sillonne la Grosse Pomme dans tous les sens, croise des centaines de visages, entend des bribes de conversations, devine des souffrances, imagine des vies et compatit en silence.
    Cet album est vraiment un très beau moment de lecture, une sorte de pause propice à la réflexion. J’apprécie vraiment beaucoup le travail de Chabouté même si ses personnages principaux ont souvent un petit air de ressemblance. Et puis, on ne peut pas ne pas penser à l’œuvre de Will Eisner et à tous ses personnages du quotidien. On pense évidemment à Woody Allen, Scorsese, Jarmusch… Une belle atmosphère, une mise en lumière d’acteurs new yorkais habituellement invisibles, des noirs et blancs superbes…

    Benjie Le 11/02/2021 à 18:03:26

    Depuis des mois, un tueur en série met la police parisienne en échec et défie les plus fins limiers du 36 Quai des Orfèvres. Il faut dire, qu’à chaque nouveau meurtre, les enquêteurs découvrent une mise en scène particulièrement macabre et désopilante. Le divisionnaire, au langage fleuri à la Audiard, et sa brigade de bras cassés - il faut bien le reconnaître - deviennent la risée de la presse. Et pour couronner le tout, on lui envoie un bleu qui n’est autre que le fils du ministre de la justice, le jeune Pierre Caillaux. La situation est déjà assez compliquée comme ça pour ne pas, en plus, s’encombrer du rejeton du ministre. A peine arrivé, le jeune diplômé est aussitôt redirigé vers L'Ecluse, un policier relégué au sous-sol dans ce qui lui sert de bureau. Mis à l’écart de l’affaire qui occupe tout le commissariat, les deux compères vont enquêter tranquillement sur un autre meurtre, commis du côté de la cour Saint Émilion, haut lieu du négoce de vin pour la ville de Paris. L’Ecluse qui porte bien son nom a le physique et le caractère de Gérard Depardieu, ce qui en fait un personnage fort sympathique.
    On dirait du Maigret avec des angles intéressants sur les débuts de la police scientifique et sur les éternelles querelles entre anciens et modernes. L’histoire est bonne mais le scénario trop haché. L’action a du mal à se développer graphiquement du fait d’un manque de liant entre les cases. Un peu longues aussi les planches qui mettent en scène uniquement les bureaux du 36. Heureusement, que les dialogues sont argotiques et drôles à souhait ! Le dessin aux lignes fuyantes est vraiment beau avec des perspectives superbes sur les rues de Paname. On s’immerge avec plaisir dans ce Paris du début du siècle aux couleurs fanées. Ce n’est pas l’enquête du siècle mais on passe un super bon moment de lecture.

    Benjie Le 09/02/2021 à 17:57:14
    Lucky Luke (vu par...) - Tome 1 - L'Homme qui tua Lucky Luke

    J’ai beaucoup retardé le moment de lire cet album de peur d’être déçue mais comme j’aime vraiment le dessin de Matthieu Bonhomme, j’ai fini par l’acheter et le lire. C’est fou ce qu’il pleut dans cet album ! Trempé jusqu’à l’os, Lucky Luke arrive dans la petite ville de Froggy Town. Après avoir confié Jolly Jumper au propriétaire de la grange du village, il rejoint le saloon pour y passer la nuit. Alors que la soirée s’annonce des plus calmes, un type mi provocateur mi simplet défie au revolver l’homme qui tire plus vite que son ombre. L’incident est rapidement clos mais tout se complique quand le frère de l’homme en question s’en mêle. Lucky Luke découvre alors que la sécurité de la ville est assurée par trois frères, sheriffs à tour de rôle.
    C’est alors que Lucky Luke fait la connaissance de celui, Doc Wednesday, qui sera son compagnon d’aventure pour cet album. L’histoire démarre vraiment quand la population de la ville confie à Lucky Luke l’enquête sur l’attaque de la diligence qui transportait la récolte d’or des mineurs.
    Il est très intéressant de voir comment Matthieu Bonhomme, un fan de Lucky Luke, interprète le héros et met en valeur les éléments qui lui semblent essentiels dans sa personnalité. C’est bien vu ! Il remet en jeu la légende du cowboy qui tire plus vite que son ombre, confirme son rôle de justicier, lui rappelle qu’il est temps d’arrêter du fumer – ça c’est drôle ! J’ai beaucoup aimé aussi la distance graphique que le dessinateur prend avec la série. Décor de western mais légèrement décalé. Le début est très réussi, la fin un peu convenue.

    Benjie Le 07/02/2021 à 18:48:26

    Centre religieux et culturel d’une importance majeure dans l’Europe chrétienne, l’abbaye de Cluny est en proie à actes malveillants… De là à penser qu’ils sont peut-être l’œuvre du surnaturel, il n’y a qu’un pas. Surtout quand ils se déroulent lors du retour d’un ancien novice, condamné à partir en croisade pour purifier son âme après avoir ressenti des désirs coupables envers une jeune fille du village. L’abbé Guillaume qui avait pris la défense du jeune novice 10 ans auparavant, lui confie l’enquête. Alternant entre deux époques – Cluny aujourd’hui et l’abbaye au début du XIIIe siècle - le récit se déroule de manière linéaire. Ca se tient, c’est intéressant historiquement, pas désagréable à lire, mais l’ensemble reste assez plat et parfois lourd, surtout quand les dialogues insistent sur ce que les auteurs veulent à tout prix nous faire comprendre. L’enquête ira jusque dans l’entourage du pape et dévoilera un complot politico-religieux qui sera à l’origine de la quatrième croisade. L’idée était intéressante, le résultat est décevant. Trop fade. Trop de clichés. Le seul point très positif ce sont les reconstitutions de l’abbaye de Cluny. J’avais cet album ; je l’ai lu mais il ne me laissera pas un grand souvenir.

    Benjie Le 07/02/2021 à 16:57:06
    Le lion de Judah - Tome 1 - Livre 1

    John Wallace, un colon anglais suspecté du meurtre de deux hommes noirs, est arrêté. L’histoire commence au Kenya dans les années 1920. Alors qu’il est incarcéré dans un camp de détention dont l’encadrement pratique la torture et le travail forcé, il réussit à s’enfuir. C’est alors qu’apparaît une femme noire mystérieuse qui part à sa poursuite. Qui est-elle ? On ne sait pas mais elle semble en savoir long sur Wallace, sur son passé et sur la force mentale qui l’habite. Sur fond de colonialisme, de traditions africaines et de chamanisme, on suit les pérégrinations du héros. Le héros n’a plus rien à perdre, il a été déclaré mort, est dépossédé de ses propriétés et sa fiancée est en passe de rentrer en Angleterre. Très beaux dessins, visages anguleux marqués par la dure vie en Afrique, une maîtrise du scénario indubitable mais des dialogues (en particulier les hors textes) qui m’ont paru un peu convenus voire lourds.

    Benjie Le 07/02/2021 à 15:20:16
    Les vieux fourneaux - Tome 1 - Ceux qui restent

    Fan des scénarios de Lupano, j’y suis allée en confiance… Son regard sur notre société, des histoires attachantes, des personnages au caractère ciselé, bref : je pars avec un a priori plus que favorable. Dès le premier tome, j’ai aimé. La série commence par une crémation. Mise en ambiance. Antoine vient de perdre sa femme et ces deux amis Mimile et Pierre ne vont pas le laisser tomber. Mais voilà qu’Antoine décide d’aller rendre visite à un ancien amant de sa femme en Sicile. N’arrivant pas à lui faire entendre raison, ses deux amis accompagnés de Sophie, la petite fille de la défunte, et enceinte de sept mois, se lancent à sa poursuite. Il faut dire qu’Antoine est parti avec son fusil… Commence alors un road trip au cours duquel la cohabitation entre Mimile, Pierrot et Sophie ne va pas être de tout repos. Sophie, jeune femme à la conscience citoyenne affirmée balance à ses ainés tout ce qu’elle a sur le cœur en matière de responsabilité de leur génération : "Vous êtes inconséquents, rétrogrades, bigots, vous avez sacrifié la planète, affamé le Tiers-Monde ! En 80 ans, vous avez fait disparaître la quasi-totalité des espèces vivantes, vous avez épuisé les ressources, bouffé tous les poissons ! ... » Et c’est très drôle !
    Ces personnages touchants, aux caractères bien affirmés – Pierrot est un militant anar, Mimile ancien joueur de rugby ne veut pas admettre que les années ont passé et que physiquement, il en a pris un coup et Antoine, empêtré dans des histoires familiales compliquées et pour lesquelles qui ne veut pas admettre sa part de responsabilités – à la mauvaise fois évidente et aux répliques croustillantes, sont le sujet des albums. Le dessin de Cauet met super bien les personnages en valeur en accentuant à l’envi leurs expressions et leur humeur. Mon enthousiasme a un peu faibli en milieu de série, le tome 6 m’a redonné l’envie de continuer.

    Benjie Le 06/02/2021 à 18:55:08

    L’album est présenté dans une très jolie boite. A peine ouvert, on se retrouve dans un jardin anglais, dans les années 1920, dans une ambiance aux couleurs chaudes et douces, un rien suranné. Emma G. Wilford est mélancolique, elle attend. Elle espère. Elle espère avoir bientôt des nouvelles de son fiancé parti en exploration dans le grand nord, en quête d’une déesse nordique. Malheureusement, il n’a donné aucune nouvelle depuis plus d’un an. Est-il seulement en vie ? Emma G. Wilford est une poétesse. Tout au long de l’album elle écrit des vers. Emma est aussi une femme libre, pleine d’énergie, aux répliques directes et bien envoyées. N’y tenant plus, elle décide de partir à la recherche de son amour perdu en Laponie. La clef de l’énigme se trouve-t-elle dans l’enveloppe qu’il a laissée à son attention avant de partir ? Cette lettre est glissée à l’intérieur de l’album, tout comme une carte d’embarquement et une photo du disparu. Cet album est une pépite. Du jardin anglais écrasé par la chaleur étouffante de l’été aux paysages glacés du grand Nord, Emma part à la recherche de l’homme qu’elle aime, en apprend plus sur les êtres humains, sur la vie et sur elle-même . Du très beau dessin se dégage un romantisme extraordinaire.

    Benjie Le 06/02/2021 à 18:17:33
    L'arabe du futur - Tome 1 - Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984)

    L’Arabe du futur, 5 tomes parus qui nous ont menés de la Libye du colonel Kadhafi à la Syrie d’Hafez Al-Assad en passant par la Bretagne. Fils d’un couple franco-syrien, Riad Sattouf raconte son histoire à hauteur d’enfant puis d’adolescent. C’est pertinent, drôle, tendre, émouvant… L’œuvre est pensée dans sa globalité ce qui donne à chaque album sa place dans la série. Au fil des tomes de cette autobiographie, Riad Sattouf se souvient et raconte avec précision les scènes du quotidien, ses sentiments, ses angoisses d’enfant et d’adolescent dans une famille partagée entre deux religions, deux cultures et deux pays aux sociétés si différentes. L’auteur revient sur le rapport entre le monde des enfants et celui des adultes, dont il se rapproche au fil des albums, sur le poids du père et son insistance à faire de Riad un musulman accompli fidèle aux traditions, sur ses questionnements sur la religion et la spiritualité en général, et sur une vie familiale qui finit par se déchirer, tiraillée entre l’Orient et l’Occident. Cette magnifique série est à la fois un témoignage et une analyse de deux sociétés qui ont du mal à dialoguer entre elles. Le dessin – on dirait du dessin de presse - est d’une sobriété très efficace. Pas besoin de décors, seuls les personnages captent l’attention et c’est le but de l’autobiographie. Un grand coup de cœur pour cette série !

    Benjie Le 03/02/2021 à 20:34:23

    Une histoire moins simple qu’il y paraît… Un paysan qui essaie d’empêcher les étourneaux de manger ses cerises sert de prétexte à Rabaté pour nous confronter à la dureté du monde rural, à la vieillesse, aux rapports familiaux pleins de rancœur. Je retrouve bien l’esprit des albums de Rabaté et ce petit format permet de concentrer le récit. C’est court, un peu trop peut-être !

    Benjie Le 03/02/2021 à 18:24:39
    Les 7 Vies de l'Épervier - Tome 1 - La blanche morte

    Deux histoires racontées en parallèle se croisent et finissent par se rencontrer : celle d’une jeune Auvergnate, Ariane de Troïl et de sa famille, et celle d’Henri IV, roi de France.
    L’histoire se déroule au XVIIe siècle, à la fin du règne d’Henri IV, présenté ici en bon vivant, paillard, aimant les femmes et la bonne chair. C’est drôle ! Le Paris du Grand siècle dans lequel se déroule une partie de l’histoire est superbement dessiné. On s’immerge dans l’ambiance de l’époque et dans les intrigues du pouvoir aux multiples rebondissements.
    Fille d’un seigneur local, Ariane vit en Auvergne. Drôle de coïncidence, elle est née le même jour que le fils d’Henri IV, le futur Louis XIII. N’ayant pas froid aux yeux, la jeune fille parcourt la campagne à cheval. Un jour, elle rencontre un chevalier masqué et va se lier d’amitié avec ce mystérieux justicier. Un hasard ? Pas certain. Entre ces deux mondes, une vieille femme accompagnée de ses éperviers joue le rôle de sorcière et de voyante, et donne un côté ésotérique qui s’intègre très bien dans le récit. J’avais lu cette série, il y a longtemps. Je viens de la relire. Elle a un peu vieilli mais les dialogues sont toujours d’une grande finesse et les dessins qui perdent de leur raideur au fil des albums restent très bons. La reconstitution de Paris est particulièrement réussie. Cette série est vraiment une très bonne histoire de capes et d’épées qui au-delà du récit romanesque nous laisse entrevoir la vie des villes et des campagnes au XVIIe siècle.

    Benjie Le 01/02/2021 à 19:56:07

    Chris Birden et son frère Burt viennent de dévaliser un train mais Chris, qui a quand même un peu trop arrosé le succès de leur braquage, ne se souvient plus où il a enterré le butin. Non mais c’est pas possible ! Un braquage préparé dans ses moindres détails ! Burt est furieux et Chris promet de retrouver le magot en trois jours. On est au Far-West, au pays des cowboys, des Indiens et des attaques de diligences. Dans cette histoire où s’enchaînent les situations burlesques, le mythe du hors-la-loi en prend un coup. Non seulement, Chris est incapable de se rappeler où il a enterré l’argent mais, en allant le chercher, il se fait voler son cheval par une jeune squaw. Pendant trois jours, Chris va de rencontre en rencontre et de galère en galère. C’est drôle et subtil. Le dessin alterne entre des pleines pages aux aplats de couleurs superbes et des planches façon « gaufrier » qui découpent l’image en une multitude petites cases comme autant de fenêtres à l’intérieur desquelles se déplacent les personnages. La lecture peut se faire alors dans tous les sens et c’est très dynamique. Très minimalistes, les personnages ne sont vus que de loin – pas de gros plan.
    L’histoire n’a rien d’extraordinaire mais le côté décalé et absurde du récit vaut le détour. Le traitement de l’image et les chevauchées dans les plaines du Far-West, sont sans doute le point fort de ces albums. Dans le tome 2, la recherche du magot reprend. Cette fois, c’est Chris qui s’y colle. Péripéties, rebondissements continuent de plus belle, petit clin d’œil à Gus au passage et à Lucky Luke ! On ne sait pas très bien où va l’histoire, mais on se laisse porter !

    Benjie Le 01/02/2021 à 19:46:46

    New York, ses blocs, ses immeubles, ses rues, ses odeurs et surtout, la vie de ses habitants et leurs histoires de tous les jours. Will Eisner nous peint, une fois encore et avec un immense talent, ces petits riens du quotidiens, ces malheurs invisibles et ces scènes prises sur le vif. A travers une galerie de portraits attachants, il nous raconte New York. Une grille d’aération dans la rue, une porte d’immeuble, des escaliers menant au perron d’une maison, un lampadaire qui sert de refuge, une poubelle… servent de point d’ancrage au parcours de vie de ses personnages. Les thèmes des histoires s’enchaînent avec naturel et on ressent le temps qui passe. On est dans la vie ordinaire de gens ordinaires pour lesquels, bien souvent, le quotidien est difficile. Le dessin est d’une grande finesse et les expressions des personnages traduisent toutes les émotions de la vie. Will Eisner brosse sans concession le portrait de la ville qu’il aime et qu’il nous fait aimer aussi. Ce récit au fil de l’eau est plein de poésie et nous fait forcément penser au New York de Woody Allen.

    Benjie Le 31/01/2021 à 17:23:25
    Jack Palmer - Tome 14 - Enquête au paradis

    Jack Palmer le célèbre détective privé est en mauvaise posture ! Envoyé au Bürgenzell, une principauté située au cœur des Alpes, pour une simple enquête de divorce et de pension alimentaire, il se retrouve aux prises avec la mafia colombienne et la police locale après avoir pris une photo compromettante. Il faut dire que la principauté en question est un paradis fiscal fréquenté par les mafieux de tous poils. Il a eu juste le temps d’envoyer la photo au cabinet d’avocats pour lequel il travaille avant disparaître dans la nature. Alors qu’il essaie de se faire aussi discret que possible pour échapper à ses poursuivants, il tombe sur deux touristes bien sous tous rapports qui se trouvent être les parents de la jeune fille qui doit, quelques jours plus tard, épouser le prince du Bürgenzell. A partir de là l’histoire s’emballe et c’est très drôle. Clins d’œil à l’actualité de l’époque, personnages plus vrais que nature et burlesque des situations. Album à l’humour satirique dans lequel Jack Palmer n’a finalement pas le premier rôle d’un vaudeville qui se déroule un peu sans lui.

    Benjie Le 31/01/2021 à 17:19:37

    Perplexe. Ce qui n’est pas pour me déplaire. Le western revisité ? En tout cas : une vraie ambiance. L’histoire se déroule après la guerre de Sécession alors que la conquête de l’Ouest reprend. Stingley, ingénieur de son état, sûr de lui et autoritaire, a une vision de l’exploitation de ces contrées bien à lui et qui ne laisse aucune place aux nations premières. Il chevauche en compagnie d’Oscar Forest, un dandy-photographe, au passé sulfureux et de Milton, un garçon de ferme, qui joue le rôle du serviteur. Sur fond de paysages splendides servis par un très beau dessin qui nous fait ressentir la chaleur du Texas, s’affrontent les conceptions de la vie de chacun des personnages. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que leurs points de vue divergent. Au fil des pages, des liens se créent entre les acteurs de cette histoire, les passés se dévoilent. C’est alors que le fantastique fait son entrée dans le récit à travers des photos sur lesquelles apparaissent des ombres de Comanches dont l’esprit possède les lieux. De cet album, se dégage une intéressante réflexion sur la conquête de l’Ouest mais aussi une grande sensualité entre certains personnages. J’ai vraiment aimé jusqu’à… quelques pages avant la fin, quand le fantastique commence à prendre trop de place à mon goût.

    Benjie Le 30/01/2021 à 17:59:44
    Inner City Blues - Tome 1 - Arnold et Willie

    Super sympa cette petite série ! Un dessin au top, j’aime vraiment ce que fait Brüno. Trois albums pour trois histoires ou plutôt pour trois fois la même histoire racontée par des personnages de points de vue différents. Tout s’imbrique parfaitement. Et pour ne rien gâcher, on y retrouve plein de clins d’œil musicaux et cinématographiques : « Tu te demandes combien de balles il me reste. Est-ce que j’ai tiré cinq ou six balles ? » Clint Eastwood. Les truands aux physiques pour le moins contrastés et aux fringues aux couleurs seventies nous rejouent les luttes intestines de la mafia. Les dialogues sur fond de feuilletons des années 70 rendent les scènes cacophoniques à souhait et c’est super drôle. Tout s’imbrique parfaitement, franchement réussi !

    Benjie Le 30/01/2021 à 17:31:47

    Tom Thomson est un peintre canadien du début du XXe siècle dont le travail prend ses racines dans l’art nouveau et le post-impressionnisme. Alternant des bribes de vie de l’artiste et l’enquête qu’un homme mène, 40 ans plus tard, sur les circonstances mystérieuses de sa mort, ce biopic original est aussi une ode à la nature. Remontant le temps de 1917, année de sa disparition, jusqu’à l’enfance de l’artiste, on découvre comment Tom Thomson s’est construit au fil des rencontres et des envies, comment sa passion a grandi jusqu’à occuper toute sa vie. Sa carrière aussi brillante que courte – 5 ans seulement - nous plonge au cœur du parc de l’Algonquin. Au fil de ses déplacements en canot, on s’enfonce dans une nature profonde et sauvage. Très beaux dessins, douceur des paysages et des couleurs, superbe atmosphère inspirée des tableaux de l’artiste mais au final, il manque quelque chose… Pas adhéré complètement mais belle découverte.

    Benjie Le 28/01/2021 à 19:35:06

    Deux frères qui ne se sont pas donné de nouvelles depuis des années s’embarquent dans un road movie intimiste pour ramener l’urne funéraire de leur père dans leur village natal. A l’étroit dans une Fiat 500, ils roulent vers l’Italie. Sans échanger un mot. Ils n’ont pas fait les mêmes choix de vie, les mêmes choix politiques dans cette Italie des années 1930 quand les fascistes ont pris le pouvoir. Fabio, orgueilleux et sanguin, y a vu l’opportunité de vivre autre chose, de trouver la liberté. Giovanni, resté au village, a dû supporter les violences fascistes. Ponctué de flashbacks superbement traités graphiquement, le dialogue, d’abord impossible, finit par s’engager. Giovanni reproche à son frère ses mauvaises fréquentations et son choix politique. Fabio, qui refuse de se remettre en question, méprise la vie sans intérêt de son frère. Au fil des pages et des paysages qui défilent, le récit s’enrichit des confidences des deux frères, dévoilant des secrets profondément enfouis. Un album envoutant, aux personnages attachants. Les dessins dont les ambiances rappellent un peu le travail de Pedrosa, nous font particulièrement bien ressentir la chaleur écrasante de l’Italie. Un très bon moment de lecture…

    Benjie Le 25/01/2021 à 18:30:30

    Une histoire de road movie rocambolesque, espiègle et drôle. Thomas Stolz, médecin chargé des autopsies à l’hôpital de Princeton, en Californie, est appelé en urgence pour autopsier le corps d’Albert Einstein qui vient de mourir. Et ça tombe mal : Stolz est en pleine séance de séduction auprès de Marianne Ruby, une jeune neurologue. Une idée folle lui passe par la tête ! Voler le cerveau du génie pour que Marianne l’étudie et reçoive le prix Nobel. Stolz rentre chez lui, le cerveau sous le bras. Alors qu’il va le cacher à la cave, le professeur Einstein se matérialise devant lui, la boite crânienne ouverte et fumant la pipe. Loin de s’offusquer du vol de son cerveau, le savant approuve la démarche car il avait justement un travail à terminer… A partir d’un fait réel, Pierre-Henry Gomont nous entraîne dans une course folle au cours de laquelle Einstein et son voleur de cerveau échappent à leurs poursuivants. Répliques savoureuses, crayonné vif et expressif, récit plein d’énergie… Encore un très bon album du super Pierre-Henry Gomont.

    Benjie Le 24/01/2021 à 17:35:03

    Ca sent la fin d’une époque… la fin des vrais cow boys. Ils sont maintenant relégués à la surveillance des clôtures des grands ranchs. Ambrosius Morgan est un vieux cowboy désabusé. Un jour d’hiver, il reçoit une lettre d’une femme avec laquelle qu’il a connue, il y a plus de 20 ans. Ce courrier l’informe que, de cette brève aventure, est née une fille, Liza Jane, et qu’elle a disparu à la frontière mexicaine. Quittant tout, il part à sa recherche, traversant les Etats-Unis en direction du Mexique. Sur sa route, il rencontre un enfant apache qui, sans un mot d’explication, se met à le suivre partout. Mais d’où sort ce gamin ? Certain d’être victime d’une hallucination, il le baptise Ghost Kid. Si l’histoire ne surprend pas par son originalité, elle tient carrément la route avec son lot de rencontres, de mauvaises surprises et de bagarres. Découpage très réussi, dessin magnifique avec ses grandes planches qui sont autant de pauses esthétiques que d’articulations de l’histoire.

    Benjie Le 24/01/2021 à 15:06:04
    Dans la tête de Sherlock Holmes - Tome 1 - L'Affaire du Ticket Scandaleux 1/2

    Tout commence par la couverture ! Son façonnage particulier est une porte ouverte qui nous permet d’entrer directement dans le cerveau de Sherlock Holmes. Et là ! On découvre une organisation impressionnante, une immense bibliothèque dans laquelle sont méthodiquement classées les affaires élucidées, les poisons, les armes, les grands criminels de l’histoire…
    Un cerveau exceptionnel… mais Sherlock Holmes s’ennuie. Fort heureusement, une nouvelle affaire ne tarde pas à se présenter.
    Il fait nuit, dans une rue de Londres, un homme en sous-vêtements semble dans un état second. Quand un policeman l’interpelle, il ne se rappelle rien sauf qu’il est une connaissance du docteur Watson. Il n’en faut pas plus à Sherlock Holmes pour mettre son cerveau en marche. Récoltant indice après indice, le super détective classe tous ces éléments dans sa tête. On le voit raisonner, classer, analyser. L’histoire est prétexte à une mise en scène excellente, intelligente et précise, fourmillant de détails, mais aucun n’est inutile. Ce premier album d’un diptyque avec ses décors soignés, ses couleurs douces et un Sherlock plus vif que jamais est une vraie belle interprétation du détective légendaire. Une réussite !

    Benjie Le 22/01/2021 à 17:57:54

    Assis dans un train qui l’emmène dans un camp d’entraînement de l’armée américaine, Willy se souvient… Nous sommes en 1942 et les Etats-Unis viennent de s’engager dans la Seconde Guerre mondiale. Par une succession de flashbacks, Willy se remémore l’histoire de sa famille après son déménagement dans le Bronx. A peine arrivé, le jeune garçon se heurte à l’antisémitisme ambiant. On retrouve alors les thèmes chers à Will Eisner qui croque avec tellement de talent la vie quotidienne du quartier de sa jeunesse. A travers son histoire, c’est le portrait de l’Amérique des années 1930 qui se dessine : une société où les vagues d’immigration se sont succédé et où les derniers arrivés ont des difficultés à s’intégrer. Le dessin d’une grande sensibilité fourmille, comme toujours, de petits détails du quotidien. Will Eisner use avec habilité des cadres et des dessins sans cadres, des fenêtres et des portes pour entrer ou sortir d’une scène. Lecture fluide. Quête identitaire du jeune héros, réflexion sur une société en construction, sur l’intégration, sur la difficulté d’émigrer, Will Eisner ne donne jamais dans les clichés. Un très beau moment de lecture…

    Benjie Le 21/01/2021 à 17:51:39
    Scott & Hasting (Les Aventures de) - Tome 1 - Le tombeau de Raskhenotep

    Aïe ! Ca fait mal ! C’est vraiment pas terrible avec une très grosse impression de déjà vu ! C’est une très pale copie de Blake et Mortimer avec quelques clins d’œil à Hergé. Et que les personnages sont mal dessinés ! On navigue entre une maigre aventure assez convenue et un prospectus touristique. Comme s’il avait fallu citer tous les lieux de la région à ne pas rater ! Je ne l’avais pas encore lue, c’est fait.

    Benjie Le 21/01/2021 à 17:39:25
    Open Bar - Tome 1 - 1re tournée

    Le snobisme serait-il sans limites, de même que la vanité, les postures convenues, l’absurdité, la bêtise, le mépris, le respect aveugle des règlements ? C’est probable. En tout cas, ces situations du quotidien n’échappent pas, une nouvelle fois, à Fabcaro et à son regard sans concession. Et c’est tant mieux pour nous… tellement c’est drôle… et horriblement conforme à la réalité. Très bon moment de lecture !

    Benjie Le 20/01/2021 à 18:40:56
    Gus - Tome 1 - Nathalie

    Western décalé, en dehors des codes du genre, Gus est une série drôle, dynamique au dessin d’une vivacité incroyable. J'ai raiment beaucoup aimé. Gus n’a rien du « lonesome cowboy », il n’est jamais très loin de ses meilleurs potes, Clem et Gratt, avec les lesquels il monte des coups plus ou moins foireux. Mais les trois hors-la-loi ont d’autres soucis que d’attaquer des banques et des diligences : ils sont très occupés par leurs conquêtes amoureuses. Loosers attachants, leurs aventures sont découpées en chapitres ce qui peut donner l’impression d’une histoire décousue. Passée la mise en place des personnages dans le premier tome, les trois autres albums sont plus cohérents. Et puis franchement, comment rater de telles couvertures !

    Benjie Le 19/01/2021 à 15:40:44
    Commissaire Kouamé - Tome 1 - Un si joli jardin

    Après Aya de Yopougon, on retrouve Abidjan où le commissaire Kouamé réveillé aux aurores est appelé de toute urgence dans un hôtel de passe. Un magistrat vient d’être assassiné ! Débordant d’énergie, Kouamé prend l’affaire en main et se lance à fond dans l’enquête. Mais c’est compliqué… très compliqué…
    Bon d’accord, ses méthodes sont quelque peu… discutables ? Des voyous attachés à des radiateurs pendant les interrogatoires, une méthode infaillible pour faire avouer tout et n’importe quoi aux suspects. C’est drôle, vif, plein, d’énergie. En creux, on retrouve des thèmes chers à Marguerite Abouet : les rapports parents-enfants, le poids des coutumes et des interdits... Le dessin est top ! Rapidité de l’action. Couleurs, éclatantes ! Une fin un peu courte. Je recommande pour une bonne dose d’énergie !

    Benjie Le 18/01/2021 à 19:32:13

    Ancien snipper chez les Navy Seals, Chris Kyle est un héros américain au sommet de sa gloire. Un héros qui a, à son actif, 160 morts… minimum. Sa légende grandit encore quand de retour aux States, il aide les vétérans victimes de stress post-traumatique. Le 2 février 2013, l’un d’eux, Eddie Ray Rough, l’abat froidement. Sa mort secoue l’Amérique qui prend en pleine figure l’assassinat de son héros par un ancien d’Irak qui souffre de grave dépression. Au-delà du fait divers, c’est tout un questionnement que met en place Fabien Nurry pour déconstruire pièce par pièce la figure du héros et pour faire remonter à la lumière ce qu’on voudrait ne pas voir : le mal qui ronge ses soldats et qui les rend difficilement réadaptables à une vie en société. Sacré challenge de passer après Clint Eastwood et « American snipper » ! Mais Fabien Nurry qui s’appuie sur une solide documentation réussit le pari et nous livre un récit « clinique », glaçant à souhait. C’est magnifiquement dessiné par Brüno qui restitue, lui-aussi, la froideur et le malaise qui se dégagent du récit. Y’a pas à dire, ça refroidit et ça fait réfléchir…

    Benjie Le 16/01/2021 à 20:31:57

    Le Bronx, dans les années 1930… Will Eisner nous dépeint avec beaucoup de détails la vie du quartier de son enfance. Tous ces instants du quotidien, les joies, les peines, les engueulades et les rêves d’un avenir meilleur. Le maître du roman graphique croque avec humanité ses personnages cabossés par les accidents de la vie qui les font basculer dans le désespoir… avant de rebondir. Un témoignage historique sur le New York des années 30. C’est super bien écrit et super super bien dessiné. Je dirais : énorme coup de cœur !!

    Benjie Le 16/01/2021 à 16:56:49
    Blueberry (Intégrale) - Tome 1 - L'intégrale 1

    Cette série d’intégrales commence bien ! C’est une bonne occasion de relire les aventures de Blueberry. Dans ce volume, on retrouve les trois premiers tomes : Fort Navajo, Tonnerre à l'Ouest et L'Aigle solitaire. On découvre qui est Blueberry, un personnage complexe avec de vrais faux-airs de Belmondo ainsi que les seconds rôles aux caractères bien trempés. Tout est là pour développer une histoire qui se fond admirablement dans l’histoire des Etats-Unis et de ses acteurs historiques. Le tout dans de splendides décors qui, pour moi, n’ont pas encore atteint le niveau qu’ils auront dans les futurs albums.
    Cette intégrale est aussi un bel objet, beau papier, avec un dossier introductif passionnant sur la genèse de la série, les premières planches publiées et quelques pages de scénarios tapés à la machine, avec les corrections manuscrites de l’auteur…

    Benjie Le 15/01/2021 à 18:37:55
    Aya de Yopougon - Tome 1 - Volume 1

    Côte d'Ivoire, 1978. Aya vit à Yopougon, un quartier populaire d'Abidjan. Elle a dix-neuf ans. Partageant son temps entre son travail scolaire (c’est une élève très sérieuse !), ses deux amies Adjoua et Bintou, et sa famille, Aya a de grandes ambitions : elle veut devenir médecin ! Aya de Yopougon nous montre l’Afrique comme on en parle rarement. Qu’est-ce que ça fait du bien ! Au-delà des « histoires de filles », cette belle série aborde des questions de société très intéressantes : le poids de la famille et de l’autorité, l’éducation, la place des jeunes filles dans la société. Gaie, savoureuse, cette histoire au vocabulaire si dépaysant et presque poétique est illustrée par Clément Oubrerie dont les dessins - faussement naïfs, comme semble l’être l’histoire - et la palette de couleurs restituent bien l’ambiance et les différents moments de la journée. Beaucoup aimé, même si au fil des albums, l’histoire s’étire en longueur… un peu trop sans doute. Loin des clichés sur l’Afrique, série à découvrir, dêh !!