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Les derniers avis postés sur les albums de la série

    Pour poster un avis sur un album de cette série, rendez vous sur la page de l'album correspondand.

    Saigneurdeguerre Le 14/02/2022 à 22:11:47

    USA. Dimanche, 30 octobre 1938.

    « Nous interrompons notre programme pour diffuser un communiqué spécial. L’observatoire de Mount Jenning, Chicago, a signalé plusieurs explosions de gaz incandescent se produisant sur la planète Mars… »

    Critique :

    Laurent Galandon nous fait revivre au travers des foyers américains écoutant la chaîne CBS à la radio cette soirée mémorable au cours de laquelle nombre d’Américains crurent à une invasion extraterrestre ! Au secours ! Les Martiens débarquent ! Aux commandes de la radio, le génial Orson Welles qui adapte en pièce de théâtre radiophonique une œuvre d’un autre Wells, H.G. Wells, « La guerre des mondes ».

    Au lendemain de cette émission, CBS et Orson Welles sont dans leurs petits souliers. On leur reproche d’avoir causé la mort d’innocents, convaincus de l’invasion martienne, au nombre desquels la famille Oates. Les journaux ont largement exagéré les faits dans le but évident de vendre leurs papiers, mais aussi de s’en prendre à la radio, nouvelle venue qui leur pique des parts de marché.

    Le patron de CBS charge le grand journaliste Douglas Burroughs de mener l’enquête. Douglas est très réticent. Cela fait un bout de temps qu’il a quitté le monde du journalisme. Il veut devenir romancier, dépité par une affaire qui lui mine le moral et le dégoute de son métier. Coincé par le syndrome de la page blanche, il finit par accepter la proposition.

    Et nous voilà embarqués dans une affaire bien plus compliquée qu’un suicide. Une affaire sur fond de haine raciale, où, pour certains, un « colored » ne peut qu’être coupable. Mais pour autant est-il innocent ?

    L’atmosphère de ces années trente est superbement rendue par les dessins de Jean-Denis Pendanx. Une des plus belles sorties de l’année 2021.
    L’ouvrage doit beaucoup au journaliste américain Douglas Burroughs qui a écrit « A fake story » au terme de ses investigations sur le sort de la famille Oates… Du moins, c’est ce que l’auteur Laurent Galandon essaie de nous faire croire… Je ne vous en dirai pas plus, mais au terme de la lecture de la BD, faites quelques recherches sur Douglas Burroughs. Au diable si vous n’êtes pas surpris par ce que vous découvrirez. Faux et usage de faux !

    bulle.noire Le 12/06/2021 à 23:12:59

    La petite histoire dans la grande, la fiction dans le réel….Voilà des thèmes qui m’attirent. Je me suis donc tourné vers cet album, fraîchement sorti dans les bacs sur les conseils toujours avisés de @francinevanhee

    Le dessin nous immerge parfaitement dans cette Amérique profonde, fin des années 30, entre racisme latent et apparition d’un nouveau média, la radio, qui vient concurrencer la presse écrite.

    Et c’est une réussite. C’est un vrai polar, une vraie enquête, un climat bien dépeint, des personnages complexes et intéressants et puis surtout un sujet qui résonne tellement avec notre présent. Il est ici bien question de notre rapport aux médias, à la vérité, à l’autre en tant que coupable désigné.

    Chacun y trouvera de quoi alimenter sa réflexion….

    Erik67 Le 27/05/2021 à 08:09:09

    Les fakes sont entrain d’inonder la toile et beaucoup de gens y croient. On peut dire que l'inventeur du fake a été Orson Welles car il a mis en ondes sur CBS « la guerre des mondes » de l'auteur H.G. Wells. Visiblement, certains auditeurs y ont cru fermement et cela a été la panique.

    Ce récit va prendre pour base ce fait pour adapter une histoire où un homme tue sa femme et tire sur son fils avant de se suicider pour échapper au massacre des martiens. Visiblement, la chaîne de radio CBS va subir des plaintes et des procès. Elle dépêche sur place un journaliste afin d'enquêter sur ce qui s'est réellement passé.

    Le thème de cet ouvrage est de démêler le vrai du faux. Il faut parfois beaucoup de perspicacité afin d'y arriver. Il y aura d'ailleurs de multiples rebondissement pour arriver à un résultat que j'ai jugé pas vraiment crédible. Mais bon, passons !

    C'est assez bien exploité mais je ne crierai pas au chef d’œuvre. Et, ce n'est pas une fake news!

    Yovo Le 04/03/2021 à 21:45:06

    « A fake story » nous entrainent au cœur d’une mystérieuse tuerie, provoquée – selon les apparences – par la fameuse émission d’Orson Welles, diffusée sur CBS le 30 octobre 1938. L’acteur sema la psychose dans le pays en annonçant en direct une fausse invasion extraterrestre. Mais comment une fiction a-t-elle pu ainsi être interprétée comme la réalité ? C’est cette troublante question qui sert de point de départ.

    Sur la forme, il manque ici ou là quelques développements, mais le fond de l’intrigue reste passionnant : le shérif d’une bourgade rurale, secondé par un journaliste de la chaîne, n’a que 72 h pour boucler son enquête avant de transmettre le dossier au FBI. Trois jours pendant lesquels la vérité peut sortir… ou bien être définitivement enterrée !

    Laurent Galandon tisse un scénario malin et rythmé qui met en abime les faux et usages de faux. Une rapide recherche sur internet vous dévoilera d’ailleurs l’astuce qui s'y cache... Son récit dénonce habilement toutes les manipulations, illusions ou dissimulations qui nous font tordre la réalité des faits dès que notre intérêt rentre en jeu. Et ces dévoiements résonnent particulièrement fort à l’ère des fake news et des jugements rendus par le tribunal des réseaux sociaux.

    La partie graphique est comme toujours impeccable avec Jean-Denis Pendanx. L’homme a du talent et le résultat est simplement superbe ! Son travail parfaitement documenté, son souci du détail et ses personnages bien croqués créent de suite une ambiance immersive dans l’Amérique profonde d’avant-guerre. Les couleurs automnales sont un gros plus et rajoutent un grain vintage très plaisant à l’ensemble.
    En revanche, un bémol pour la typo peu lisible. Hormis ce détail, c’est un solide polar qui soulèvent de bonnes questions ; et au-delà, une très bonne BD.

    bd.otaku Le 27/01/2021 à 21:18:24

    aurent Galandon – qui ne s’intéresse pas pour la première fois aux médias comme en témoigne "Interférences" son album sur le mouvement des radios libres - avait depuis quatre ans le projet d’essayer de mettre en images le moment où Orson Welles adapte « le meilleur des mondes » de son homonyme H.G Wells sous la forme d’un faux bulletin d’information en octobre 1938 et provoque la panique en annonçant l’attaque de la terre par les Martiens. Il s’allie pour cela avec Jean-Denis Pendanx et nous propose "A fake story" aux éditions Futuropolis.

    Si l’expression « fake news » a été malheureusement très popularisée ces quatre dernières années par un président américain qui l’a mise à toute les sauces, on (re) découvre grâce à cet album qu’elle date en fait de près d’un siècle. Mais le scénariste ne voulait pas se contenter de l’anecdote de la pièce radiophonique de Welles, l’un des premiers « hoaxes » (canular) de l’histoire des médias, et lui ajoute une dimension sociale et policière.

    En effet, on apprend que ce fameux soir, non loin du soi-disant lieu d’atterrissage des Martiens Grover Mills, a eu lieu un crime familial : un homme paniqué à l’idée de l’invasion extraterrestre aurait décidé de tuer sa femme et son fils avant de se donner la mort. Le jeune garçon a été recueilli par un automobiliste alors qu’il errait blessé et est actuellement entre la vie et la mort. La toute jeune radio CBS qui a diffusé l’émission a une épée de Damoclès au-dessus de sa tête : si le CSA de l’époque - « la commission fédérale de communication » - a vent de cette affaire et si sa responsabilité est prouvée, il lui faudra cesser d’émettre… le vice-président de la station contacte alors leur ancien journaliste vedette, Douglas Burroughs, devenu romancier. Il le dépêche sur place pour tirer les choses au clair. Burroughs devra faire équipe avec le shérif du coin qui n’a guère envie de fouiller la vie de ses administrés et essayer de freiner au contraire Aretha Miller, jeune journaliste ambitieuse de la feuille de chou locale, et la convaincre de ne pas divulguer trop vite ses scoops…

    Le lecteur est très rapidement mis dans la position de l’enquêteur et constamment invité à revenir sur ses impressions, à relier des épisodes apparemment disparates, et à effectuer finalement une relecture pour assembler les pièces du puzzle. La séquence inaugurale est très représentative du reste de la narration. On a une espèce de prologue de six pages qui montre des personnages et des lieux sans lien apparent entre eux si ce n’est la présence de postes de radios qui diffusent l’émission d’Orson Welles dont le texte est restitué dans son intégralité. Or, a posteriori, le lecteur comprend que ces longues cases « strips » qui font penser à un générique de film présentent ce qui s’est réellement passé cette nuit là de façon fragmentaire.

    Le scénario est captivant ; Galandon fait monter la tension à travers le compte à rebours (l’enquêteur ne dispose que de 72 h avant que l’affaire ne soit donnée au FBI) et le huis-clos de Grover Mills. Il suscite également l’empathie du lecteur en faisant de Burroughs un être profondément humain idéaliste désabusé qui a cessé son activité de journaliste à la suite d’un événement traumatisant - que je vous laisserai découvrir- qui transforme l’album en critique sociale et sociétale. Les personnages sont tous très bien campés par le trait réaliste de Pendanx et les ambiances fort bien rendues dans les variations de sa palette chromatique. Certaines scènes sont insoutenables de cruauté par leur sens de l’ellipse et les monstres ne sont pas ceux qu’on croit… La couverture prend ainsi tout son sens : doté d’un masque à gaz, le jeune Ted ressemble à un extra-terrestre aux yeux luminescents et exorbités : ce qui devrait protéger -le masque- devient menaçant tout comme les personnes censées être piliers de l’ordre (mère, pasteur et police) peuvent se révéler complices ou prédateurs. Il y a quelque chose de pourri au royaume de Grover Mills… Dans cette vision au scalpel, loin de "l’American dream", les auteurs révèlent petit à petit les faux semblants de la société américaine. Cela nous interpelle car les thèmes évoqués (le racisme et la manipulation médiatique) sont hélas plus que jamais d’actualité. Les deux auteurs malgré une reconstitution sans faille de l’époque (ah la précision des différents postes de radio et combinés téléphoniques !), une colorisation qui rappelle souvent les premières photos couleurs, et des cadrages qui rendent hommage aux grands du photoreportage américain (Dorothea Lange, Walter Evans ou Esther Bubley entre autres) s’amusent donc à dresser des parallèles avec notre époque.

    Ainsi, au premier abord, il me semblait que le protagoniste avait une ressemblance avec Laurent Galandon (sans lunettes et avec quelques années de plus) mais J-D Pendanx révèle en interview qu’il s’est inspiré pour son personnage du bédéiste Christian Cailleaux. Le héros est de toute façon apparenté au monde de la fiction : il est romancier et raconteur d’histoires. Alter ego des deux auteurs, il nous transporte dans un monde où le mensonge permet, comme le disait Welles dans F for fake, d’atteindre la vérité. Le titre complet de l’album est "A fake story d’après le roman de Douglas Burroughs". Alors qu’est-ce que désigne le « fake story » (histoire bidon) en question : l’émission de Welles ? Le battage médiatique qui a suivi et qui rendait l’émission responsable de tous les maux ? Les alibis des personnages ? l’Histoire américaine et sa pseudo égalité au temps où règnent encore ségrégation et justice à deux vitesses ? l’histoire que nous lisons adaptation supposée du roman que Burroughs aurait tiré de son enquête ? Tout cela sans doute…

    Cette vertigineuse mise en abyme et également l’ajout d’une « galerie de mystifications » à la fin de l’album où Nixon, Pinochet, Brejnev côtoient la guerre du Vietnam, une élection de Miss, un film de gangsters et un concert de rock créent un parallélisme osé en soulignant que la frontière entre réel et fiction est très mince, que le politique est autant mis en scène que le divertissement, et en reprenant l’aphorisme shakespearien du théâtre du monde. Pendanx et Galandon invitent ainsi le lecteur à la vigilance et à l’esprit critique… et nous rappellent une règle de base du journalisme : toujours vérifier ses sources et les croiser !

    Un album intelligent, incisif, engagé, passionnant par son habile mélange de documentaire et d’enquête policière et mis en scène de main de maître : à lire et à relire !