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"Filles Perdus" a pour moi un problème de rythme qui le rend lourd à parcourir, un pavé de 300 pages qui présente les péripéties de 3 femmes Wendy, Dorothy et Alice qui sont connues grâce à leurs contes respectifs de notre enfance, mais cette fois-ci avec des propos bien plus adulte. Dans le genre érotique doit naitre une forme de fluidité qui découle naturellement de page en page, la dynamique est selon moi très importante pour le genre, l'équilibre dessin/texte en fait aussi intégralement partie. Ici, le texte "mange" une grande partie du dessin qui ne sert que de support explicite.
"Filles Perdus" raconte les événements fantasmatiques d'un trio féminin (et leurs pièces rapportées masculines) qui se rencontrent dans un hôtel particulier. L’érotisme est omniprésent, les scènes s'enchainent, toujours de plus en plus folles et saugrenues, on devine facilement la finalité de tout ce remue-ménage. Mais mon ressenti général n'est pas bon, j'ai hésité de trop nombreuse fois à stopper ma lecture par simple intuition d'enlisement du récit et des personnages dans une sexualité extravagante, il manque vraiment quelque chose de plus profond à la proposition, car celle-ci n'entre jamais dans un processus de réflexion interne ou personnel, et selon moi le désir nait d'un cheminement interne en premier lieu, nous suivons uniquement les envies des protagonistes.
Le dessin n'arrange pas les choses car trop figée là ou encore il aurait besoin de mouvement et de fluidité. Le dessin est changeant de chapitre en chapitre, la perceptive est douteuse, les couleurs intéressantes.
Vous l'aurez compris, je n'ai pas aimé "Filles Perdus" dans son ensemble, dans son récit qui n'apporte pas grand chose, ni n'alimente vraiment de fantasmes, mais aussi ces illustrations qui n'évoquent pas grand chose chez moi. J'ai lu "Anais Nin" récemment qui bien que moins explicite que "Filles Perdus" à beaucoup plus de force et m'a bien plus touché dans la forme et l'expressivité.
Bien sûr, il faut avoir l'esprit assez ouvert pour aborder ce pavé érotico-pornographique qui revisite les grands classiques des contes enfantins anglophones.
Trois héroïnes de contes nous narrent leur aventures de jeunesse et la construction de leur sexualité sur fond de la guerre qui se fait plus pressante. Leur rencontre impromptue dans un hôtel se mue rapidement en recherche de plaisirs divers, avec ou sans leurs conjoints. C'est aussi l'occasion pour elles de parler de leurs premiers émois sexuels. Puis la guerre se déclare, les hommes partent, laissant d'abord les filles avec le personnel de l'hôtel. Dans un 3ème temps, l'hôtel est déserté et les héroïnes, laissées seules, se livrent aux joies du plaisir saphique en poussant de plus en plus loin les confidences intimes.
Rien ne nous est épargné : la zoophilie, l'inceste à tous les âges de la famille, le sexe à plusieurs,...
Mais le thème est traité avec subtilité et révèle les fantasmes les plus secrets de chacun, avec tact et sans jugement. La relation interpersonnelle est au centre de tout le bouquin, même si tout est vu à travers le prisme du sexe.
Les dessins sont magnifiques, pas excessivement réalistes (les sexes des hommes ont de drôles de formes...), avec des couleurs somptueuses. Le tout est servi par une édition très agréable, même si le livre est assez lourd pour être lu couché.
Pour tout érotomane plus ou moins avoué, ce livre est donc un petit bijou qui ne vous laissera pas indifférent et qui mérite largement d'être lu et relu.
Avant tout, on ne peut que saluer les éditions Delcourt d'avoir, premièrement eu le courage, enfin, de sortir ce bouquin, et deuxièmement, d'avoir réalisé là un très bel objet éditorial (certes différent de la version originale, je regrette juste la traduction du titre qui certes est littéralement exacte, mais perd de son charme en français- et puis on ne traduit pas les titres d'Alan Moore, que diable!)).
J'ai eu un peu de mal à débuter ce nouveau pavé signé Alan Moore et à véritablement entrer dans l'histoire.
Jusqu'à la rencontre entre les trois principales protagonistes, j'avoue ne pas avoir saisi l'intérêt d'un tel livre.
Mais dès cette rencontre, tout se met en place.
Conçu comme un échiquier -chaque chapitre est d'ailleurs constitué de 8 pages- où chacune avance ses pièces (en racontant sa propre histoire), ce conte pour adultes (ah, j'oubliais, ce livre -pour ceux qui ne l'ont pas encore ouvert- est franchement pornographique : pédophilie, zoophilie, inceste etc. s'y côtoient) est superbement illustré (et ceci, malgré ces critiques vues ici ou là sur la qualité graphique de cette bande dessinée).
En revisitant, de façon osée et personnelle, trois contes pour enfants, Alan Moore et Melinda Gebbie nous offrent là une oeuvre de qualité, que je relirai, quant à moi, certainement.
Alan Moore a toujours réussi à nous surprendre en optant à chaque fois pour des thèmes forts et percutants, avec From Hell (mon préféré), V pour Vendetta ou encore Watchmen, et là il y réussit grandement.
Attention ceci est une oeuvre à ne pas mettre entre toutes les mains. Alan Moore signe là un ouvrage dense et complexe qui sans aucun doute possible ne fera pas l'unanimité tant il touche notre intimité, nos fantasmes, nos tabous, notre part d'ombre.
" Filles Perdues" est avant tout pornographique et le contraste entre le trait naïf
de Melinda Gebbie et l'obscenité des scènes le font d'autant plus ressortir.
Cependant là où nombreux sont ceux qui aurait échoué sur les écueils de la vulgarité et de la vacuité, Alan Moore, lui, nous emmène sur les chemins tortueux de la concupiscence et du désir, de cette part cachée dont ce nourrit notre imaginaire qu'est le fantasme.
Parfait équilibriste il flirt sans cesse entre la réalité et l'imaginaire, sur l'apparent et le sous jacent. En effet chaque chapitre est découpé en deux niveaux de lecture. Parfois de façon évidente tel un récit dans le récit, ou bien encore de façon plus subtil comme l'ombre des personnages ou bien encore à travers un miroir.
Tel une véritable psychanalyse des contes de 3 fées, il nous offre un autre regard sur 3 héroïnes populaires. Un regard sans concession, sans tabous, où certaines perversités présentées vous seront sans aucun doute gênante, voire choquante.
Et c'est exactement ce que cherche à provoquer en vous Alan Moore.
Incroyable génie, il réussi, alors, le tour de force de réaliser une mise en abyme du lecteur en le rappelant à différencier la réalité de l'imaginaire.
Chef d'oeuvre pornographique, brillant, intelligent. Il rappelle à tous que l'essence même du libertinage est avant tout la libre pensée.
Chapeau bas Monsieur Alan Moore