Promenade de la mémoire
Une BD de
Alexis Sentenac
- Des ronds dans l'O
- 2020
Sentenac, Alexis
(Scénario)
Baudoin, Edmond
(Scénario)
Robin, Alexis
(Scénario)
Puchol, Jeanne
(Scénario)
Wagner, Céline
(Scénario)
Alessandra, Joël
(Scénario)
Puchol, Jeanne
(Dessin)
Alessandra, Joël
(Dessin)
Wagner, Céline
(Dessin)
Robin, Alexis
(Dessin)
Sentenac, Alexis
(Dessin)
Baudoin, Edmond
(Dessin)
<N&B>
(Couleurs)
Robin, Alexis
(Couleurs)
Puchol, Jeanne
(Couleurs)
Wagner, Céline
(Couleurs)
Alessandra, Joël
(Couleurs)
Cyrulnik, Boris
(Préface)








Le 14 juillet 2016, un camion blanc fonce dans la foule présente sur la promenade des anglais à Nice. Il s'agit d'un sordide attentat qui a utilisé une arme par destination à savoir un camion pour écraser des victimes innocentes au nom d'une religion d'amour et de paix.
Comme nous l’expliquera la préface signée par Boris Cyrulnik, c'est l'acte d'un radical qui voit la moindre divergence comme un blasphème qui mérite la mort. C'est assez cyclique comme phénomène dans l'histoire de l'humanité. Cela concerne diverses cultures et diverses religions. Il y a toujours eu des extrêmes.
Cette BD se compose de plusieurs récits émanant des personnes victimes, endeuillés ou témoins de l'attentat. Elle est réalisée par un collectif d'auteurs différents qui vont apporter leur pierre à cet édifice mémoriel pour ne jamais oublier ce qui s'est passé sur notre territoire nationale un quatorze juillet.
J'ai beaucoup aimé le récit de Séloua par Jeanne Puchol. Cette française d'origine maghrébine a perdu sa sœur Aldjia qui était également de confession musulmane. Elle a perdu la vie à cause de ces extrémistes qui bafoue cette religion.
On voit qu'elle a non seulement perdu sa sœur mais a du affronter le regard plutôt malsain de ceux qui lui ont fait porter la charge de cet attentat par des paroles très blessantes (c'est à cause de vous ! On ne veut pas vous voir ! C'est à cause de gens comme vous qu'on est dans cet état là!). Comme dit, il faut comprendre qu'il ne faut pas céder à la haine et aux amalgames malgré la douleur et la souffrance. Le terrorisme tue tout le monde, de toute confession sans faire de distinction.
Je pense que c'est une double douleur que d'être en qualité de victime apparenté à ces terroristes. D'ailleurs, le traitement de ce dossier que cela soit administratif ou à la morgue a été des plus déplorables pour la famille d'origine maghrébine. C'est ce qui m'a particulièrement marqué.
Ce que je retiens de ces différents témoignages, c'est la volonté d'aller de l'avant malgré les blessures et continuer à faire vivre ces défunts pour que ces morts puisse garder un sens dans un combat contre l'obscurantisme. Il y a certes encore beaucoup de chemin à parcourir mais cela va dans le bon sens. On ne peut qu'encourager ce type d'initiative via le support de la bande dessinée.