Dans la nuit, une jeune fille court pour attraper son train. Elle désire partir au plus vite. Mettre des kilomètres entre elle et cette secte où elle vient de passer plusieurs mois, éprouvants, éreintants. Dans la tranquillité du train qui file vers Paris, Marion se souvient de l’itinéraire qui l’a amenée jusqu’ici : publicitaire aux soirées aussi remplies que les jours, en rupture amoureuse et familiale, elle suit les conseils d’un ami qui lui propose de venir se ressourcer, s’épanouir grâce à des techniques scientifiques parfaitement éprouvées. Marion met, avec espoir, le doigt dans un engrenage dont il lui faudra des années pour s’extirper entièrement.
Marion est un moment-charnière de son existence. Sa vie sentimentale n’est pas un modèle du genre, ses collègues sont des abrutis, sa carrière bat de l’aile. Doute, manque de confiance en soi, légère déprime, envie de tourner la page si l’occasion se présente. Le profil-type de la recrue de choix pour ceux qui lui proposent « d’améliorer (son) rapport aux autres, d’avoir une vie plus intéressante, d’œuvrer pour un monde meilleur ».