Les avis postés par yvantilleuil
Par yvantilleuil le 26/01/2007 Avec ce dernier épisode en format souple, on a vraiment l’impression d’avancer à grands pas dans l’histoire et dans le Monde de Lucie. Après deux épisodes d’introduction, mettant en place les décors et développant la psychologie et les liens entre les différents personnages, les auteurs lèvent lentement le voile sur certaines parties de l’histoire de Lucie, comme cette mystérieuse chambre verte ou ce monstre noir qui hante les visions de la petite Margareth. Ce troisième tome donne donc l’impression de réellement lancer l'histoire et diminue le sentiment d’incompréhension, tout en maintenant cette envie d’en apprendre plus. L’enquête des deux policiers, Karakis et Roberval, et surtout du duo de scientifiques en parapsychologie, Emma et Sacha Iablokov, fait de sérieux bonds en avant avec la découverte des travaux du Dr. Vladimir Szymanski, ancien chef d’un service secret de recherches en Union Soviétique, et de sa fille Carole. Une découverte qui va introduire, de façon plutôt compréhensible, des théories assez poussées sur la parapsychologie. Naviguant habilement entre crédibilité et explications pointues, les auteurs rythment merveilleusement ce thriller parapsychologique à coups de séquences de quelques planches. De plus, ils entretiennent un suspens prenant en ne dévoilant qu’une partie des pistes développées et en gardant quelques personnages clés, comme cet homme en fauteuil roulant et le père Berg, dans l’ombre de cette histoire. Le dessin de Martinez continue de contribuer pleinement, et de manière fort lisible, à la création de cet univers paranormal envoûtant. Notons également le merveilleux travail de Kness, venu suppléer Nadine Thomas à la colorisation sur les 3/4 de l’épisode. Une colorisation qui crée une atmosphère très particulière et qui accentue de manière admirable chaque partie du puzzle à l’aide de tons différents. "Le Monde de Lucie" continuera désormais en version cartonnée de six volumes de 100 pages, avec un premier album intitulé "Et pourquoi pas l'enfer", regroupant les trois premiers épisodes de ce format souple.
Par yvantilleuil le 03/01/2007 Afin de conclure ce diptyque en beauté, Christophe Dabitch et Jean-Denis Pendanx continuent de romancer la biographie de René Caillé, alias Abdallahi, et les carnets de son laborieux voyage vers la ville mythique de Tombouctou en 1827. Alors que le tome précédent consacrait encore une partie de l’histoire aux préparatifs, ce deuxième album se concentre maintenant sur le pèlerinage éprouvant de 4500 kilomètres à pied, de cet aventurier français qui se converti initialement à l’Islam pour servir sa gloire personnelle, mais qui finira par trouver refuge dans la prière et la lecture du Coran pour survivre mentalement à la dureté de son périple. Une odyssée au sein d’un continent africain encore vierge de toute colonisation qui fera vaciller ce Charentais fils de bagnard physiquement, en flirtant avec la mort, mais également mentalement, en l’entraînant au bord de la folie. Une aventure qui va étaler les beautés non souillées de l’Afrique au lecteur, tout en lui ouvrant les yeux sur les négriers, et en imbibant ce premier Européen à revenir vivant de Tombouctou, ville interdite aux Blancs, de désespoir et de détresse au fil des pages. Une traversée du désert du Sahara qui parsèmera de doutes notre pèlerin concernant l’utilité de son exploit et qui laissera les auteurs dans l’incertitude quant aux réelles motivations de cet explorateur, pionnier de la colonisation française en Afrique ou humaniste anti-esclavagiste ? Le dessin en couleurs directes brûlantes et brillantes de Jean-Denis Pendanx, fait transpirer cette Afrique poussiéreuse à la chaleur palpable. La désolation de Tombouctou et la noirceur des pensées d’Abdallahi lors du retour contrastent magnifiquement avec la luminosité du désert et avec le décor final plein de quiétude, imaginé par les auteurs. Finalement, alors que cette fin d’année permet de retrouver côte à côte le cinquième tome du «Chat du Rabbin», qui offre une réflexion subtile sur le voyage d’étrangers allant d’Alger jusqu’en Éthiopie, et le deuxième tome de cette traversée du désert qui pousse un être humain au-delà de ses limites, on finit par se dire que c’est très beau de philosopher, mais qu’il n’y a quand même rien de tel qu’un témoignage poignant tel qu’Abdallahi.
Par yvantilleuil le 02/01/2007 Gipi, la grande révélation de 2005 avec "Baci dalla provincia", "Le local", "Extérieur Nuit" et "Notes pour une histoire de guerre", qui rafla le prix du meilleur album à Angoulême en janvier 2006, ainsi que le prix René Gosciny, reviens en force avec ce nouveau roman graphique à caractère autobiographique qui inaugure la nouvelle collection "Moby Duck" de Coconino-Vertige. Dans ce superbe album consacré à son père, Gipi va essayer de reconstruire le passé de cet homme disparu. Fouillant les méandres de la mémoire il adoptera une structure non-chronologique, pour recoller petit à petit des souvenirs enfouis qui finiront finalement par former un tout cohérent et réfléchi. De façon plutôt saccadée et usant de flash-backs, Gipi va puiser dans la mémoire collective familiale des petits morceaux d’histoires romanisées au fil des années, pour nous livrer un merveilleux puzzle narratif, dont il finira par remettre en cause la véracité. C’est donc de manière non-linéaire que, pendant 120 pages, Gipi va rendre hommage à son père, passant en revue de manière plutôt aléatoire plusieurs évènements se situant quelque part entre la jeunesse de son père lors de la deuxième guerre mondiale et l’enterrement de ce dernier dans un passé beaucoup plus proche. C’est usant de son style graphique tout à fait singulier, mélange d’aquarelles et de personnages typiques ‘Gipi’, qu’il enchaîne des souvenirs précis agrémentés à la sauce familiale et des flash-backs plus brumeux, pour nous livrer un nouvel album incontournable.
Par yvantilleuil le 02/01/2007 Après "Les petits ruisseaux", Pascal Rabaté nous livre son deuxième petit chef-d’œuvre de l’année chez Futuropolis. Alors que pour "Les petits ruisseaux", Rabaté prenait encore le dessin à son compte, il confie ici cette tâche à un autre amateur de chroniques sociales : David Prudhomme. Dans "La marie en plastique", Rabaté nous met en présence de trois générations d’une famille, vivant sous le même toit et dresse le portrait jubilatoire des interactions quotidiennes des membres de cette famille plutôt traditionnelle. En avant-plan de cette caricature familiale subtile, il place Mamie Emilie, grenouille de bénitier, et Papi Edouard, communiste militant. Les deux grands-parents ne savent plus se pifer et viennent perturber l’équilibre fragile de cette famille type. La tension entre les deux vieux va monter au fil des pages pour atteindre son point d’orgue lorsque Mamie Emilie décidera d’imposer une vierge en plastique achetée à Lourdes sur la télévision du salon. Le cadre est celui d’un petit village rural, le ton est léger et les situations assez comiques mais tellement vraies. A première vue le dessin de David Prudhomme m’a plutôt repoussé, mais après lecture je dois avouer qu’en plus d’une bonne lisibilité, son trait donne une touche d’authenticité supplémentaire à chacun des protagonistes de ce récit. Et finalement on finit par se dire que ces tronches de travers et ces corps aux proportions pas toujours esthétiques donnent un sérieux plus au côté caricatural et amusant à cette première partie de diptyque. Et si avant lecture on pouvait reprocher à Futuropolis d’aborder cette histoire en deux tomes, la fin surprenante de ce premier tome nous fait vite changer d’avis. Vivement la suite !
Par yvantilleuil le 02/01/2007 En fait, le plus facile serait de juste mettre la note maximale, sans mettre de commentaires, tellement il est difficile de trouver les mots justes pour décrire les sentiments que libère ce petit chef œuvre. Mais ce n’est pas le but de ce site, et si Olivier Ka a réussi à trouver les mots justes pour exprimer ses sentiments dans ce récit 100% autobiographique, la moindre des choses, c’est d’essayer de le faire également. Le récit débute à l’âge de 7 ans : l’ambiance est baba-cool, le ton est joyeux, Pierre est notre ami et Olivier baigne dans ce qu’il interprète comme le meilleur des mondes. On va dès lors suivre les pensées de cet enfant et vivre avec lui ce traumatisme qui vient cueillir son innocence dans un monde qui va lentement se noircir dans le regard d’Olivier. Cette trahison de la part d’un ami sera d’abord enfuie, pour ensuite être exorcisée au-delà de ce qui devait être la fin d’un récit honnête et plein de pudeur, mais qui s’avèrera finalement être l’arme d’un crime salvateur : Pierre est mort ! Le sujet est sensible, le traumatisme est celui d’un enfant de douze ans qui est victime d’abus sexuel lors d’une colonie de vacances, le récit est une forme de psychothérapie, et si le crime est fictif, le lecteur est complice consentant de ce meurtre. La narration à la première personne est prenante. La pureté d’un enfant a été marquée au fer rouge par un acte de pédophilie, et même si le rouge n’était pas vif, la marque est bien présente dans l’esprit de l’adulte qu’il est devenu. La narration sort des tripes de l’auteur et règles les comptes avec un passé difficile à effacer, avec une éducation partagée entre des valeurs libertines et religieuses et avec un curé à l’esprit ouvert qui incarnait parfaitement ces valeurs inculquées. Le graphisme est celui d’un ami intime et talentueux du narrateur et cela se ressent. Une complicité et une harmonie entre le dessin et le scénario des plus abouties. De nombreuses trouvailles graphiques qui contribuent à exprimer les sentiments enfuis d’Olivier de façon adéquate et sensible. Un petit chef d’œuvre où les deux auteurs ne font plus qu’un, le temps d’un album magistral. On sait maintenant pourquoi et comment Pierre devait mourir, peut-être même que Pierre mourra plus d’une fois ou que plusieurs Pierres mourront. Quoi qu’il en soit, je n’ai qu’un seul conseil : achetez l’arme du crime et tuez Pierre !
Par yvantilleuil le 02/01/2007 Voilà un one-shot qui figure dans mon top-10 de l’année ! Pourtant, à la base, la sexologie des vieux n’est pas le sujet qui m’interpelle le plus. Mais comme il s’agissait de Pascal Rabaté et que j’avais adoré son adaptation du roman de l’homonyme du célèbre Tolstoï ("Ibicus"), c’est d’un pas décidé que je me suis dirigé vers cet album en rentrant chez mon libraire. Par contre, au premier feuilletage j’ai carrément du demander confirmation à mon libraire qu’il s’agissait bien du même auteur, car le style est totalement différent. Alors que le dessin d’Ibicus est allongé, malsain, sombre et grisâtre, celui-ci est léger et la colorisation douce. Cette capacité à adapter son style au ton du récit est incroyable. Un dessin sensible parvenant à illustrer des scènes amoureuses entre vieux avec pudeur et justesse, tout en plongeant le lecteur dans un cadre campagnard plein de quiétude. Car Rabaté ne va pas seulement se contenter d’aborder le sujet original, délicat et tabou qu’est la sexualité du troisième âge, il va également nous livrer une chronique villageoise pleine d’humour. D’abord Rabaté va nous emmener dans le monde du troisième âge que l’on connaît, celui de la solitude et de l’enchaînement de petites tâches quotidiennes qui rythment la vie paisible et monotone des sexagénaires. Puis Rabaté va lentement nous ouvrir le jardin secret des vieux en abordant leurs désirs sexuels de façon intelligente et sensible et en alternant sérieux et humour. Plus que l’histoire touchante et le sujet original, c’est également l’authenticité du cadre et des personnages qui font la réussite de cet album. Il y a surtout Emile, qui à la mort de son ami Edmond va prendre conscience que sa vie n’est pas totalement derrière lui. On s’identifie totalement à Emile, Emile c’est nos parents, Emile c’est nous dans plusieurs années et Emile c’est surtout un type vachement attachant qui finit par nous enlever un peu de cette peur de vieillir, car si vieillir c’est devenir comme Emile, alors il y a de quoi être optimiste car la vie nous réservera encore assez de surprises juste avant de quitter cette planète. Mais il y a aussi cette ambiance de terroir légère et drôle, ce cadre campagnard avec ses personnages de comptoir qui respirent l’authenticité, l’harmonie et les rituels d’une petite communauté villageoise. Et finalement il y a Rabaté qui mélange le cadre, les personnages et son sujet pour nous produire un petit chef-d’œuvre. Il construit un pont entre cette période où le viagra était encore tabou et l’éventualité d’un monde où l’on trouvera normal de voir un septuagénaire feuilleter un magazine de cul un pétard à la main. Il nous livre un message d’espoir sur une vieillesse que l’on craignait sans avenir à la porte de la mort. Il nous livre une belle leçon de vie de 94 pages et un autre regard sur les vieux, un regard plein d’optimisme, de justesse, d’humour et de tendresse. Vive le troisième âge !
Par yvantilleuil le 02/01/2007 Encore un pari réussi de la part de cette maison d’édition qui avec des albums du calibre de "Abdallahi", "Les petits ruisseaux", "La mémoire dans les poches", "La marie en plastique", "Un homme est mort", et une excellente collection 32 mériterait amplement d’être désignée comme «Meilleur éditeur de l’année 2006». Dans ce roman graphique intimiste Ludovic Debeurme nous invite dans le quotidien de deux adolescents en pleine dérive psychologique. Lucille, étouffée par une mère trop protectrice, et Arthur, repoussé par un père alcoolique et violent, vont respectivement chercher ‘refuge’ dans l’anorexie et le satanisme. Grâce à leur rencontre, renaîtra cette flamme qui avait fui leurs vies depuis déjà trop longtemps. Au lieu de prendre la direction de la mort, leur fuite prendra maintenant celle de la vie et leur refuge sera celui de l’amour. Ludovic Debeurme parvient à aborder avec justesse des sujets difficiles tels que l’anorexie, le suicide et les relations parentales en évitant de tomber dans le piège du pathos. En refusant de prendre position et en installant le lecteur dans un rôle d’observateur, il laisse se dernier s’attacher aux personnages et se faire sa propre opinion. En s’autorisant plus de 500 pages, Ludovic Debeurme se donne la place et le temps nécessaire pour poser ses personnages et leur histoire en douceur. Une liberté d’expression que l’on retrouve également dans l’absence de cases et qui permet aux personnages de circuler et de s’exprimer sur l’entièreté des pages. Un dessin minimaliste et une économie de moyens qui permet d’aller à l’essentiel, tout en offrant une grande lisibilité et une lecture plus rapide que prévue. Un album poignant qui respire le «one-shot», mais dont on devra pourtant impatiemment attendre la suite.
Par yvantilleuil le 02/01/2007 Après "Incognito" et "Corps à corps", Grégory Mardon nous livre ici une chronique d’enfance au parfum autobiographique. Trois récits indépendants dans trois collections différentes de Dupuis (Aire Libre, Expresso et Double Expresso), qui tournent tous autour de son personnage fétiche Jean-Pierre Martin. Jean-Pierre a huit ans et va nous raconter ses aventures avec son copain Cyril, mais il va également partager avec nous son regard innocent sur les événements que lui sert la vie. Traduisant d’abord ses angoisses et ses problèmes dans ce monde imaginaire nourri de rêves qui protège les enfants du monde des adultes, il finira par se faire rattraper par la réalité et par comprendre cette leçon bien amère. Au niveau graphisme, Grégory Mardon nous sert un dessin qui contribue fortement à exprimer les sentiments du petit Jean-Pierre. De sa balade solitaire dans la forêt au statut de super-héros qu’il attribue à son père, grâce au graphisme, Grégory Mardon parvient à traduire de manière efficace et originale la réalité d’après la vision innocente de Jean-Pierre. Un récit intimiste, intelligent et sensible, auquel je reproche juste un scénario un peu trop simpliste et un léger manque de rythme.
Par yvantilleuil le 02/01/2007 Un an après et dans la lignée de "Safari Monseigneur", Florent Ruppert & Jérôme Mulot récidivent au sein de la collection Ciboulette aux éditions de l'Association, avec ce nouveau récit d'histoires courtes sans aucune retenue et au graphisme audacieux. Les histoires dans "Panier de singe" tournent autour de deux portraitistes/reporters aux occupations bizarres, allant d’un reportage sur des ébats zoophiles à une partouze pour gens mutilés, en passant par l’agression de prostitués. L’humour est très noir et souvent à la limite du douteux, mais parvient d’une manière ou d’une autre à ne jamais tomber dans l’excès. La construction narrative est excellente, les scènes proposées malsaines ou absurdes, mais grâce à des dialogues indifférents à la monstruosité des scènes et à un graphisme sobre qui contraste avec la violence du sujet, les auteurs parviennent à créer un décalage délibéré et terriblement efficace entre le contenu et le contenant. Les nombreuses inventions graphiques donnent à cet album un caractère OuBaPien (l'OuBaPo, acronyme d'Ouvroir de Bande-dessinée Potentielle, a été fondé en novembre 1992 au sein de l'Ou-X-Po et à travers la maison d'édition L'Association). Au milieu d’un découpage original et de planches incorporant par exemple le langage des signes dans les bulles on retrouve effectivement diverses stéréoscopies et autres phénakistiscopes dont on peut également retrouver les versions dynamiques sur http://www.succursale.org. Bref, une bande dessinée qui est tout de même assez difficile d’accès à la base mais qui livre finalement une banalisation assez burlesque du macabre et qui, grâce à la narration décalée et au détachement créé par un graphisme audacieux, parvient à rester aux frontières du mauvais goût. Un ouvrage dont la richesse impose une deuxième lecture.
Par yvantilleuil le 02/01/2007 Deux ans après "De mal en pis", Alex Robinson nous livre à nouveau de la BD indépendante américaine de haute qualité avec ce récit récompensé d’un Eisner Awards en 2006 dans la catégorie meilleur roman graphique de l’année. Le récit est construit autour de six personnages dont la psychologie est développée séparément à la manière de Short Cuts et dont les destins se rejoignent lentement sous forme d’un compte à rebours de 50 chapitres. Alex Robinson construit à merveille ses six personnages et parvient à les rendre crédibles et sympathiques, malgré des traits de caractère pas toujours louables. De chapitre en chapitre on va ainsi suivre le quotidien de Ray, rock star en pleine crise créative vivant dans l’excès; Nick, menteur invétéré et faussaire d'images de collection; Phoebe, jeune fille à la recherche d'un père qu'elle n'a jamais connu; Steve, fan névrosé de Ray; Caprice, serveuse au cœur brisé; et de Lily, stagiaire dans une maison de disques, qui va devenir la muse de Ray. Leurs histoires se développent en parallèle pour finalement se rejoindre dans le drame et la violence après trois cent pages. Un acte final tragique qui donnera une nouvelle direction aux destins des différents protagonistes auxquels on s’attache au fil des pages et dont on a du mal à se séparer malgré la fin du récit.
Par yvantilleuil le 30/09/2006 «Satisfait ou remboursé», «coup de cœur», «indispensable» ... il y a des libraires passionnés par le neuvième art qui ont le courage de tenter de diriger les achats de leurs clients vers certains albums et cela malgré des goûts et des couleurs qui varient souvent énormément d’un lecteur à un autre. Pour ma part, le libraire peut garder mon pognon car cet album « coup de cœur » est bel et bien déjà un indispensable parmi mes achats de 2006. Déjà, il y a cette couverture bien sombre, qui attire immédiatement l’attention quand on balaye du regard les (trop) nombreuses nouveautés étalées dans les librairies. Une couverture bien sombre tout comme le contenu de ce polar judicieusement noir. Une narration qui vous cueille dès la première page, vous prend aux tripes et ne vous lâche plus avant la fin. Une voix off qui, tout comme dans d’autres chef-d’oeuvres du genre, tels que "Sin City" ou "Berceuse assassine", vous emmène au cœur du résonnement des personnages. Une narration qui va nous permettre de suivre la descente aux enfers des deux protagonistes de cette trilogie : Scott, le joueur de poker et Cody, le garagiste. Une histoire pourtant assez simple, basée sur deux histoires parallèles, où l’on va accompagner tour à tour ces deux individus, en passant habilement d’une histoire à l’autre. Un rythme excellent, un suspens que l’on devine encore plus grand sur la page suivante et qui nous emmène crescendo vers la dernière page. Comme décor, un petit bled perdu au fond du Kansas répondant au nom de «Hope», car la plupart des habitants y vivent dans l’espoir de pouvoir un jour quitter ce patelin paumé. Une seule route où personne ne passe, motels crasseux, petits bars mal éclairés et enfumés, une ambiance du fin fond des States, décor propice au développant de ce thriller sombre qui emmène lentement ses lecteurs vers l’abomination et l’horreur qui se cache derrière ce décor typiquement américain. Le graphisme précis et très clair pourrait être un peu plus sombre afin de contribuer un petit peu plus visuellement à l’ambiance glauque et malsaine installée principalement par la narration et l’histoire. Mais, même si le dessin n’installe pas cette ambiance glauque dans chaque case comme il le fait brillamment sur la couverture, il la suit très bien et contribue à la lisibilité excellente de cet album. Bref, le meilleur début de triptyque depuis "Berceuse assassine" dans le genre polar noir !
Par yvantilleuil le 19/05/2006 En jetant l’ancre du navire «La Marie-Caroline» à Fort Grégory, Bourgeon entre dans le vif du sujet en abordant l’esclavagisme et les négriers à la fin du 18ème siècle. Bourgeon parvient à décrire la dureté de cet abominable commerce d’êtres humains, enchaînés et marqués comme du bétail, dans un contexte historique. Graphiquement on retrouve ce dessin détaillé, le respect des coutumes, des vêtements, des mœurs et des décors, avec les plans annotés du «Marie-Caroline» et du Fort Grégory en début d’album. Même les dernières phrases de ce tome, sans manquer d’humour, vont contribuer à l’authenticité de ce merveilleux voyage. Isa, Mary, Hoel et John se retrouvent dans des situations délicates et pleines de rebondissements, au milieu d’une aventure africaine mêlant amour, barbarie, sensualité, trahison et exotisme. Les nouveaux personnages sont à nouveau d’une authenticité surprenante, avec une mention spéciale pour l’abbé qui a su me séduire en même temps qu’Isa. Et si dans ce troisième tome, les trois principaux dirigeants du Fort ne se préoccupent que de leur richesse personnelle et de la séduction acharnée d’Isa et de Mary, la vraie richesse se trouve dans les planches et c’est surtout le lecteur qui s’en retrouve séduit. Même si le fond est révoltant, la narration est d’une justesse et d’une finesse incroyable et le dessin d’une beauté étonnante. Quand la barbarie est décrite par un poète et grand artiste d’une manière aussi grandiose et authentique, le lecteur se retrouve au milieu d’un série culte à grande valeur didactique.
Par yvantilleuil le 29/03/2006 En se basant sur les carnets de voyage de René Caillié, alias Abdallahi, Christophe Dabitch et Jean-Denis Pendanx nous livrent une adaptation romancée du périple de cet homme qui a risqué sa vie afin de réaliser son rêve. Nous sommes au début du XIXème siècle, l'Europe a pris pied sur les côtes africaines et les différents pays européens se lancent à la conquête de l'intérieur des terres du continent noir. Au milieu de ces assauts militaires peu fructueux, un français débute un pèlerinage esseulé de 4500 kilomètres à pied en 2 ans, des côtes du Sénégal à Tanger, sans aucun soutien de la nation et en se faisant passer pour un Egyptien musulman. Cet album commence avec la naissance d'Abdallahi, le serviteur de Dieu. Fraîchement converti à l'Islam, René Caillié, Charentais fils de bagnard, va initialement surtout vouloir servir sa gloire personnelle en devenant le premier Européen à revenir vivant de Tombouctou, ville interdite aux Blancs. C'est une aventure périlleuse que l'on suit au sein d'un continent africain encore vierge de colonisation. Une aventure qui va confronter Abdallahi et le lecteur aux beautés non souillées de l'Afrique, une quête qui ouvre les yeux sur l'Islam, les coutumes de tribus locales et la colonisation meurtrière. Un choc de cultures dans un passé qui paraît bien lointain, mais qui résonne encore aujourd’hui tout en incitant le lecteur à la réflexion tout au long de ce voyage passionnant. Une première partie de ce diptyque biographique qui est de toute beauté, avec 88 pages peintes avec des couleurs directes. Des vignettes qui respirent l'atmosphère d’une Afrique poussiéreuse à la chaleur palpable. Une colorisation magnifique, brûlante et brillante. Des peintures dignes de peintres impressionnistes et que l’on aimerait bien accrocher à ses murs. Tout comme le «Photographe», on vit un magnifique voyage au milieu d’un continent, dont on prend plaisir à découvrir la culture et la religion sous un angle différent, sous l’angle de personnes qui ont repoussé leurs propres limites et nous ramènent la pureté, la richesse culturelle et la chaleur humaine des pays qu’ils ont croisés, mais qui nous ramènent également une réflexion qu'il est bon de tenir. Une compréhension de l’autre qu'il est toujours bon d’avoir et qui incite au respect, qu'il s'agisse d'une autre culture, d’une autre période, d’une autre religion ou d’une autre personne.
Par yvantilleuil le 01/03/2006 Un huitième tome qui ne fait pas vraiment avancer l'histoire et notre envie de découvrir ce qui a provoqué cette apocalypse. Après avoir atterri sur un centre commercial à l'abandon, nos quatre survivants vont apercevoir une immense colonne de feu qui jaillit de la terre (voir couverture). D'après leur orientation, l'endroit d'où émerge cette colonne de feu … serait Tokyo. Mochizuki nous sert un peu du réchauffé avec de nouvelles ruines abandonnées, un nouveau déluge, une nouvelle marche vers Tokyo et un nouveau survivant bizarre. C’est bien dommage car j’ai l'impression que Téru (qui se retrouve ici à nouveau isolé) et Ako auraient du être à Tokyo depuis longtemps, mais que Mochizuki fait traîner les choses pour rallonger cette série, pourtant excellente jusqu'à présent.
Par yvantilleuil le 17/02/2006 Ah, qu'il est fort ce duo Sfar-Trondheim. D'une voix-off aux mots simples et aux raisonnements primitifs, il nous livre un récit profond et sombre. L'histoire tragique de deux frères, Görk et Krag, soldats de la Géhenne et aveuglément dévoués au Grand Khan. Une obéissance absolue aux ordres d'un supérieur qui par le passé à poussé des gens à ouvrir des robinets de chambres à gaz et qui dans ce tome surréaliste va pousser Görk à tuer son frère sans vraiment se poser trop de questions car son honneur et sa fierté de soldat sont en jeux. Une soumission absolue, un raisonnement absurde qui fait abstraction des liens fraternels qui les unis. Des actes dictés par des lois stupides qui conduisent à des démarches barbares et un Gork qui finira bourreau, mais également victime de ses actes. La noirceur du récit se retrouve dans une colorisation sobre et triste. Je trouve le dessin de Bézian ("Ne touchez à rien"), sorti du contexte de cette histoire, plutôt mauvais. Un trait hachuré, une accumulation d'égratignures bâclées, c'est d'ailleurs le seul dessinateur dont j'ai gommé la dédicace tellement je trouvais le dessin mauvais. Mais, bizarrement, ici ça passe. Peut-être parce que le dessin n'est qu'en arrière-plan de cette voix-off qui nous tient du début à la fin et que les éraflures de Bézian renforcent la noirceur du récit et la tristesse qui emplit le lecteur face à l'incompréhension, le gâchis et la bêtise de ces deux frères. Bref, un excellent tome très sombre qui traite habilement de sujets profond (comme la mort et la religion) et dont graphiquement j'ai surtout apprécié le décalage entre le texte et l'image.
Par yvantilleuil le 10/02/2006 Après avoir vu mourir son fils adoptif dans ses bras, Wayne Shelton revient dans un cinquième tome au titre peu original, mais de circonstance : «La vengeance». Et, vous l’aurez compris, Hooker et sa bande de pirates vont devoir payer pour le meurtre de Tran, car même si Wayne prend le l’âge, il connaît tout le monde, se bat comme un petit jeune et est surtout aussi rancunier que rusé. Bref, un nouveau tome bien divertissant et bien dessiné du James Bond pré-pensionné.
Par yvantilleuil le 09/02/2006 Ako et le capitaine des secouristes Nimura se retrouvent enfin au village où ils vont pouvoir trouver le carburant nécessaire à leur hélicoptère et les médicaments pour soigner Teru. Minetaro Mochizuki continue de développer la psychologie des personnages en situation de peur extrême et ce concentre dans ce tome sur le capitaine Nimura et Ako. Ako, sur qui repose le sort de Teru, va prendre ses responsabilités dans ce tome et également reculer la frontière de son humanité face aux événements, en s'abaissant au meurtre d'un villageois. Le capitaine Nimura, jusque là présenté comme l'égoïste suprême en situation de survie, va aider et montrer une certaine reconnaissance vis-à-vis d'Ako. Un tome qui donne des indices concernant l'origine du cataclysme tout en continuant de développer les réactions des êtres humains dans de telles situations.
Par yvantilleuil le 08/02/2006 Voici le cinquième tome de cette série en 10 volumes de Minetaro Mochizuki. Ce manga avait commencé à paraître en France en 1998 (et oui déjà) sous la jaquette Manga Player mais, à partir du sixième tome, il est passé chez Pika Edition, qui publie maintenant l'intégralité de cette série. On se retrouve donc au milieu de cette excellente série où Minetaro Mochizuki continue de développer brillamment les réactions de l’être humain dans un monde post apocalyptique et sans repères. Ako et le capitaine des secouristes Nimura partent à la recherche d'un village afin d'y trouver des médicaments et du carburant, mais ils vont faire des rencontres terrifiantes et bizarres, dont un garçon au crâne recouvert de cicatrices qui n'a qu'un mot en bouche : Dragon ... Malgré un dessin parfois défaillant pendant les scènes de combats rapprochés, cette série continue de lever le voile sur l'âme humaine au milieu d'une ambiance angoissante et sombre.
Par yvantilleuil le 08/02/2006 Ako et Teru avancent péniblement sous ce ciel toujours aussi noir à la recherche de survivants, mais surtout à la recherche d'une explication à l'apocalypse qui règne sur le monde depuis leur accident de train. Tout comme dans «Gen d'Hiroshima», un autre manga post apocalyptique, on retrouve les personnages errants au beau milieu de la désolation et le désarroi. Mais, à l'instar de «Gen d'Hiroshima» qui avait tendance à exagérer la bonté ou la méchanceté des personnages, Minetaro Mochizuki excelle dans le réalisme avec lequel il développe la psychologie humaine en situation de stress et face à l'inconnu. «Dragon Head» va au cœur de la peur et au plus profond des instincts primitifs de l'homme. Teru et Ako vont ainsi rencontrer une équipe de secouristes déserteurs, dont le capitaine illustre parfaitement cet égoïsme et cet instinct de survie qui refont surface dans des situations extrêmes. D'autre part, Teru, qui incarne le semblant d'humanité qui peut subsister chez l'être humain dans de telles situations va également s'abaisser à commettre un meurtre sauvage, montrant bien qu’en situation de stress extrême toute la bonne volonté du monde ne suffit plus à canaliser nos instinct de prédateurs.
Par yvantilleuil le 05/02/2006 Après les titres des deux premiers tomes, je me demandais bien quel titre ils pourraient trouver pour le dernier tome de cette trilogie et je dois m'incliner devant l'originalité du titre de ce troisième tome qui m'a bien fait sourire. Des deux tandems des tomes précédents, les truands Jimmy et Louis et les flics Perry et Carlisle, il ne reste plus que Jimmy et Carlisle. Ayant perdu leurs partenaires respectifs ils vont s'associer afin de trouver les gros poissons et ont un plan d'enfer : secouer l'arbre et voir ce qui tombe, ou en termes de pisciculteurs : foutre le bordel dans l'aquarium et buter tous ceux qui mettent la tête à l'air. On retrouve bien entendu les dialogues aussi superficiels que savoureux (à la Pulp Fiction) des deux tomes précédents. Seule différence : l'histoire n'est plus narrée chronologiquement comme dans les albums préalables, sûrement afin d'essayer de faire réfléchir le lecteur et d'augmenter le suspens. Personnellement je n'ai pas trouvé ces flash-backs trop réussis car ils manquent de fluidité et ont tendance à interrompre le récit. Et même si la fin humoristique de ce triptyque ne m'a pas envoûté, je recommande cet excellent polar noir à tous les amateurs du genre. Très bon !
Par yvantilleuil le 05/02/2006 Ce tome démarre dans les cartiers malfamés de Brooklyn en compagnie de Louis et Jimmy avec des dialogues dignes de ceux entre John Travolta et Samuel L. Jackson dans Pulp fiction. Tout en continuant leur discussion à propos de godasses italiennes à 2000 dollars la paire, ces deux tueurs professionnels vont remplir leur contrat en assassinant froidement un personnage politique important en compagnie d'une prostitué. Le FBI va essayer d'étouffer l’affaire, mais deux flics zélés ne pourront s'empêcher de remuer la merde. Un nouveau polar à la Quentin Tarantino est mis en place par le scénariste du «Tueur». Et même si Matz reprend les ingrédients classique du genre, il parvient à nous servir d’entrée une intrigue passionnante avec des personnages crédibles et bien développés et des dialogues succulents. Très prometteur.
Par yvantilleuil le 04/02/2006 En 1986 Didier Lefèvre décide d'associer sa passion pour la photographie à la noble cause de Médecins Sans Frontières pour une aventure humaine incroyable en Afghanistan. Plus qu'une invitation au voyage, c'est une leçon de générosité et un témoignage d'humanité que nous fait partager Didier Lefèvre tout au long de cette équipée. La mission humanitaire touchant à sa fin, dans ce troisième tome il nous décrit son retour périlleux et en solitaire, de l'Afghanistan vers la France en passant par le Pakistan. Abandonné par ses guides, c'est sans parler la langue du pays qu'il devra faire face à la maladie, la fatigue et l'incertitude de s'en sortir vivant. Racketté et pris en otage, le calvaire de Didier Lefèvre est poignant et parfaitement exposé par Emmanuel Guibert. Les photos en noir et blanc, mélangées de façon habile au dessin, imbibent l'histoire et le lecteur de cette réalité Afghane. Un lecteur qui va partager les émotions de Didier tout au long de ce récit. Certaines photos, comme celle qu'il prend de son cheval au moment où il croit ne plus jamais revoir le jour ou celle assis avec un âne sur un rocher (tome 1), font partager des moments qu'il serait impossible de dessiner ou de narrer. Cet album compte non seulement 20 pages de plus que les précédents, mais contient même un DVD bonus avec un reportage prenant de 40 minutes, tourné par Juliette Fournot au cours de la mission MSF. En annexe on retrouve également un aperçu des héros de ce récit et des informations concernant ce qu'ils sont devenus. Au milieu des paparazzis et des photographes de mariages il y a LE photographe, celui qui partage des paysages incroyable, qui nous rapporte des images lointaines, des impressions, des histoires et qui nous montre l'envers du décor, parfois au péril de sa vie. Des aventuriers qui n'ont qu'un but : vivre leur passion et partager leur aventure. Des aventuriers dont Niépce et Daguerre seraient fier. Merci Didier, Juliette, Régis, Robert, John, Mahmad et les autres pour ce témoignage. Merci d'avoir montré aux Afghans une autre image de l'Europe et de nous montrer une autre image de l'Afghanistan. Merci pour cette leçon de vie et bravo !
Par yvantilleuil le 01/02/2006 Voici un one-shot graphiquement exceptionnel qui sort de l'ordinaire. J'avais déjà eu l'occasion de lire "Le roi cassé" du même auteur, mais cet ouvrage est bien meilleur au niveau scénario et du dessin. Même si je ne deviendrai probablement jamais fan de l'absurdité des scénarios de Dumontheuil et surtout de son humour, je dois cependant reconnaître les qualités scéniques et graphiques de cet oeuvre. Le dessin, qui fait penser à des aquarelles, fait très bien ressortir l'aspect glauque et absurde de ce petit patelin du fin fond de la campagne française au début du vingtième siècle. Les personnages sont bien choisis et ont des tronches bien typées. L'histoire d'un acteur raté qui se retrouve au centre d'un petit village aux étranges coutumes et où un tueur (qui attire ces victimes en imitant le bruit d'une fuite d'eau) sévit depuis 6 ans, est on ne peut plus burlesque. Le scénario est donc aussi absurde que celui du "Le roi cassé", mais connaît par contre moins de temps morts et est donc plus prenant. Bref, un auteur dont je ne suis pas fan a réussi à m'envoûter avec ce très bel objet au scénario aussi absurde qu'agréable et à la narration excellente.
Par yvantilleuil le 01/02/2006 Après deux tomes angoissants au fond d'un tunnel, nos jeunes rescapés de l'accident de train parviennent enfin à trouver une sortie, mais sans pour autant être délivrés complètement de cette obscurité qui a nourri leurs peurs pendant deux tomes, car dehors, une catastrophe gigantesque a obscurci le ciel d'une fumée opaque qui cache le soleil. Dehors c’est l'apocalypse, les gens sont devenus fous en reviennent aux comportements les plus barbares et les plus irrationnels. En trouvant la sortie du tunnel, le scénario de «Dragon Head» est entré dans une nouvelle phase. On va maintenant suivre les aventures de Teru et Ako qui vont essayer de découvrir ce qui s'est réellement passé dehors et peut-être trouver les nombreuses questions que le lecteur se pose, dont la plus importante : qu'est-ce qui a provoqué ce cataclysme? Dehors, les repères sociaux, moraux et affectifs ont disparus. La civilisation n'est plus et Minetaro Mochizuki va pouvoir ôter le masque que porte l'humanité en dévoilant la vraie nature de l'être humain. Sans repères, la barbarie et la folie refont surface, surtout quand l'instinct de survie de l'homme est titillé. Le huis clos des deux premiers tomes était tellement prenant, que l'on en vient presque à regretter l'évasion de Teru et Ako. Mais, même si elle est moins stressante, la rencontre avec d'autres survivants est également intéressante. Et puis côté dessin, elle permet à Minetaro Mochizuki de dessiner autre chose que l'intérieur sombre d'un tunnel.
Par yvantilleuil le 01/02/2006 Dans ce deuxième tome Mochizuki ne va toujours pas s'éclater graphiquement en dessinant des paysages extraordinaires, car il nous garde enfermés dans ce tunnel obscur. Par contre il va continuer à exploiter nos peurs et celle des trois collégiens rescapés de l'accident de train, Teru, Aoki et Nobuo. Dans la lignée du premier tome Mochizuki continue de développer cette ambiance oppressante dans un environnement angoissant, alors qu'à l'extérieur du tunnel l'état d’urgence a été décrété par les autorités. Cet environnement restreint permet à Mochizuki de se focaliser sur les personnages, leur psychologie et leurs angoisses. Même s'il n’est pas basé sur des faits historiques comme l'autre manga post-apocalyptique «Gen d'Hiroshima», je trouve le scénario de «Dragon Head» plus prenant et surtout le dessin et les expressions des personnages moins irritants, même si graphiquement cette série n'atteindra probablement jamais des sommets. Bref, un thriller d'anticipation à l'ambiance prenante et graphiquement efficace. Excellent !
Par yvantilleuil le 01/02/2006 Un excellent premier tome, où l'on se retrouve directement dans un huis clos passionnant en compagnie de trois collégiens, Téru, Nobuo et Ako, seuls rescapés du terrible accident de train. L'ambiance et tendue et pesante et une fois le premier choc de l'accident passé, c’est l'instinct animal de survie qui va prendre le dessus. Enfermés dans un tunnel, Téru, Nobuo et Ako plongent le lecteur dans un récit plutôt claustrophobe. C'est dans cet environnement restreint que Mochizuki parvient à développer de façon brillante la psychologie des personnages et les différents comportements de l'être humain en situation de danger extrême. Si tout comme «Gen d'Hiroshima», «Dragon Head» est une histoire post-apocalyptique, ça force réside surtout dans l'ambiance oppressante qu'elle dégage, dans cette analyse poussée de la peur, une peur que Mochizuki exploite à merveille dans cet environnement sombre et terrifiant. Le dessin de Mochizuki ne fait pas dans l'esthétisme mais dans l'efficacité et se concentre sur les yeux des personnages à l'aide de gros plans. Des yeux qui scrutent l'obscurité à la recherche du danger, des yeux qui transpirent la peur ou trahissent la folie. Claustrophobe, peur du noir, pétrifié par l'apocalypse ou effrayé par la mort en général ..., «Dragon Head» est là pour vous servir.
Par yvantilleuil le 26/01/2006 La transformation de Jun-Ichi et cette excellente série touchent à leur fin. Les deux personnalités du jeune schizophrène (Jun-Ichi et Kôyogoku) vont tirer les conclusions tragiques d’une cohabitation utopique entre deux tempéraments trop différents. Le dessin de Motorou Mase suit et clôt cette mutation finale de Jun-Ichi avec maestria. Les expressions des visages sont excellentes sans pour autant tomber dans l'exagération manga des expressions. La seule déception de ce quatrième tome est que la fin de l'histoire ne recouvre que la moitié de cet album, alors que le reste du tome est dédié à 3 nouvelles de Motorou Mase. Ces trois nouvelles ne sont pas mauvaises (à part peut-être la troisième), mais n'atteignent certainement pas le niveau de Heads. Bref, une excellent thriller psychologique au scénario sans trop de surprises, mais bien rythmé et haletant et au graphisme excellent.
Par yvantilleuil le 25/01/2006 Après un tome 17 un peu plus calme au niveau des rebondissements, Urusawa reprend du poil de la bête pour finalement nous clouer sur place (une fois de plus) en fin de tome. Otcho et Kana (la reine des glaces) se retrouvent juste à temps, une rencontre qui va lever le voile sur les événements qu’a vécu Kana depuis la propagation du virus pour finalement devenir la reine des glaces. Ils finiront par faire une rencontre qui fera de nouveau rebondir cette série de plus en plus haletante. En arrière plan une chanson se propage et un mystérieux personnage fait son apparition. Un personnage qui voyage sur une mobylette avec une guitare sur le dos et qui se fait appeler Joe Yabuki. Une chanson qui fait revivre la mémoire de Kenji et planer le doute sur ... Passionnant !
Par yvantilleuil le 25/01/2006 Alors que dans le tome précédent on balançait encore entre l'ancienne vie de Jun-Ichi et le réveil de son nouveau 'moi' suite à une greffe partielle du cerveau, ce tome ci va définitivement effacer l'ancien Jun-Ichi pour sombrer dans les crises de violence de cet être qui prend possession de lui. Jun-Ichi perd le contrôle, le scénario s'accélère et le lecteur s'accroche à ce thriller psychologique de plus en plus captivant malgré son côté déjà-vu à la base. Sans aucun doute le meilleur tome de cette série jusqu'à présent. Une série qui devrait connaître son dénouement dans le tome suivant.
Par yvantilleuil le 11/01/2006 Ce 17ième tome se concentre uniquement sur la période après la propagation du virus à échelle mondiale en 2015. Il nous donne des informations sur la réaction des gens après le désastre et sur la campagne de vaccination. Plusieurs membres de la bande à Kanna finissent également par se rejoindre 3 ans après AMI, dans ce tome qui paraît bien calme après les nombreux rebondissements des tomes précédents. Un tome de respiration qui sert principalement à combler le vide entre le moment de la propagation du virus et la période «3 ans après AMI».
Par yvantilleuil le 29/12/2005 Téhy et Béatrice Tillier (« Mon voisin le père Noël ») nous plongent dans un monde complexe pour une histoire d'amour simple et belle. Un monde futuriste avec des automates, un décor baroque, une fée au regard enchanteur et un arrière-plan apocalyptique aux couleurs rougeâtres. Un contraste entre la joie de vivre des automates et la barbarie des humains. Des couleurs rouges, vives et chaudes symbolisant la guerre, la rage et le feu. Et en surplomb de ce fantastique décor, une histoire d'amour, le coup de foudre de l'automate Jam pour une fée. L'amour d'une créature qui n'a pas encore été souillé par les êtres humains, un premier amour d'une pureté extrême au sein d'un univers violent. Un très beau conte pour adultes aux décors magnifiques, amplifiés par un découpage grandiose et au scénario attachant mélangeant tragédie et action, romantisme et barbarie.
Par yvantilleuil le 27/12/2005 Ce onzième tome commence par une déprime de Kanna et un petit passage moralisateur concernant le recours à la drogue dans les moments difficiles. Urasawa a-t-il tenté de faire passer un message à ses nombreux lecteurs pendant ce moment de recueillement où Kanna vient d'apprendre une nouvelle foudroyante concernant ses origines ? A peine remise de ses émotions, elle prend le lecteur par la main et fonce à nouveau tête baissée dans sa quête de sauvetage de l'humanité. Les langues de plusieurs personnages (dont Sadakiyo) vont se délier, alors que les mémoires d'autres personnages vont s'éclaircir. Le tout donnera un onzième tome riche en révélations au grand bonheur du lecteur. Un excellent tome qui pourrait s'intituler 'les origines de Kanna', car elle découvrira non seulement des choses sur son père, mais également sur les activités de sa mère.
Par yvantilleuil le 23/12/2005 Après avoir passé presque deux tomes en 2014, Urasawa s’amuse de nouveau à sauter d’une période à l’autre dans ce septième tome, ce qui le rend un peu plus confus que les précédents. D’un autre côté, tout en introduisant un nouveau personnage à la curiosité fortement développé, Urasawa nous livre également énormément d’informations sur ce qui s’est passé cette fameuse nuit du 31 décembre 2000. Et c’est bien entendu, juste au moment où cela devient vraiment intéressant que le tome s’achève. Tel un vrai virtuose, Urasawa nous ramène vers cette nuit du 31 décembre en convergeant deux histoires parallèles vers cet instant fatidique à l’aube de l’an 2001. Du grand art !
Par yvantilleuil le 20/12/2005 Après un cinquième tome de transition, Urasawa renouvelle son intrigue en situant ce sixième tome dans le futur, 14 ans après les évènements. En sautant d’une période à l'autre (1967, 1997/2000, 2014) Urasawa joue avec le lecteur et en situant ce sixième tome en 2014, il bascule l'intrigue vers Kanna (la nièce de Kenji) sans pour autant dévoiler ce qu'il s'est produit à l'aube de l'an 2001 et tout en gardant le même ennemi (l'AMI) afin de garantir la continuité de l'histoire. Si ce sixième tome est toujours d'une qualité narrative et graphique exemplaire, il est en plus doté de quelques excellentes touches d'humour et de références amusantes (cinématographiques et aux mangakas). En plus on retrouve un des personnages les plus charismatiques de cette série au milieu d'un univers carcéral lugubre et violent. Un des meilleurs tomes jusqu'à présent !
Par yvantilleuil le 19/12/2005 « Je suis légion » est une histoire prévue en trois tomes et qui a l'audace de mélanger un thriller d'espionnage à du fantastique sur fond de seconde guerre mondiale. En regardant de plus près, on retrouve Fabien Nury au scénario, qui déjà (en tant que co-scénariste) dans la série «W.E.S.T.» avait mélangé du western à du fantastique. Ensuite, au dessin on retrouve John Cassaday, qui lui aussi a mélangé de l’action typique western à de l’horreur surnaturelle dans «Desperados». On pouvait donc s'attendre à un mélange de genres incluant du fantastique et il faut bien avouer que le mélange est assez réussi dans ce premier tome, en espérant que le dosage restera minutieux dans les tomes suivants. L'histoire est assez complexe et contraint à souvent revenir en arrière de quelques pages afin de pouvoir suivre. Mais l'intrigue est fort bien construite, se base sur les expérimentations nazies pendant la deuxième guerre mondiale, tout en incorporant espionnage, résistants et pouvoirs angoissants. Le suspens monte crescendo et ce tome donne envie de lire le suivant, en espérant que celui-ci sera à la hauteur du premier. Le dessin très réaliste peut paraître un peu statique ou figé, mais m’a semblé coller parfaitement au côté historique de l'histoire. La mise en couleur ajoute un petit côté glacial à l'ambiance de cette série. Le casting est très bon, avec des personnages assez charismatiques, mais souvent difficiles à reconnaître. Bref, ce bon premier tome laisse beaucoup de perspectives d'évolution pour une suite qu’on espère prometteuse.
Par yvantilleuil le 19/12/2005 Ce cinquième tome est un tome de transition entre deux périodes. La première partie du tome qui se situe en décembre 2000, juste avant la fin du monde, est assez lente et sert à regrouper les neuf, comme l’on pouvait s’y attendre suite au message d’AMI à la fin du tome précédent. Urasawa nous amène lentement vers cette date fatidique du 31 décembre 2000, on va enfin savoir comment ils ont sauver l’humanité … et c’est là qu’en repassant par le début du tome un, il nous propulse en 2014 pour concentrer la deuxième partie de son récit sur Kanna. Un rebondissement surprenant et une fin de tome prodigieuse pour un tome de transition un peu plus lent que les précédents (surtout la première partie).
Par yvantilleuil le 18/12/2005 On avait quitté un personnage mystérieux et charismatique nommé Shogun en fin de troisième tome et c’est dès la couverture de se quatrième tome que l’on va continuer à suivre Shogun dans ce nouveau tome. On se retrouve en l’an 2000, l’année où le monde devrait disparaître. Urasawa va développer avec maestro le personnage et la psychologie de Shogun, justicier sans peur qui va croiser la route de l’AMI. Un AMI de plus en plus puissant qui détient déjà une grande partie du pouvoir au Japon. Le compte à rebours a commencé !
Par yvantilleuil le 17/12/2005 Urasawa continue a nous mener par le bout du nez en développant de nouveaux personnages secondaires comme Dieu et Shogun. Le mystère s'étoffe et les rebondissements s'enchaînent. L'énigme devient plus complexe qu’elle ne laissait présager, nos certitudes fondent comme neige au soleil et comme dans série haletante d'Urasawa "Monster" on devient prisonnier du talent de narrateur d'Urasawa. On est assurément pas encore au bout de nos surprises.
Par yvantilleuil le 17/12/2005 Le deuxième tome de cette série primée à Angoulême développe les bases posées dans le premier tome. Le récit est moins confus et les passages entre les différentes périodes sont plus fluides. Le passé resurgit sporadiquement, levant lentement le voile sur les origines de cette histoire qui va changer la face du monde. Le rythme s'accélère, le dessin se dynamise, les suspects se multiplient et le lecteur se régale, dévorant chaque pièce du puzzle dévoilée habilement par le maître Urasawa. Excellent !
Par yvantilleuil le 17/12/2005 La famille entière d'un des clients de Kenji a disparu, Donkey, un de ses camarades d'enfance c’est bizarrement suicidé et chaque fois cet étrange symbole qui revient. Un symbole qu’ils ont inventé quand ils étaient petits, eux, … les sauveurs de la planète. Sacré Naoki Urasawa, après la sublime série « Monster », il revient jouer avec ses millions de lecteurs avec « 20th century boys », qui vient également se classer dans le top 5 des meilleures ventes au Japon. Dès le début il nous présente ses personnages comme les sauveurs du monde, ensuite il va habilement mêler trois périodes différentes (le passé, le présent et le futur des personnages). Le jeu peux commencer : de quoi et de qui nous ont-ils sauvé ? Et c’est là que le talent de Naoki Urasawa va nous scotcher à cette nouvelle série, en distillant les indices et les surprises, en jouant avec le temps et la curiosité du lecteur. Naoki Urasawa nous présente un premier tome déjà fort chargé, voir légèrement confus, mais lui seul sait où l’histoire va et personne ne décrochera avant de connaître la fin !
Par yvantilleuil le 17/12/2005 Il est maître-nageur et nage dans le bonheur avec Maya, une sage-femme qu’il aime. Leur couple rayonne, ils se complètent, se croisent le matin car elle travaille la nuit et lui le jour. Puis arrive la pluie, d’abord quelques gouttes, puis un vrai déluge. Au milieu de se déluge, leur couple part à la dérive car lentement cette pluie va les mettre à nu, lavant petit à petit toute trace d’amour. Cette histoire est loin d’être passionnante ou captivante, c’est très contemplatif, très intime comme récit. On le referme avec une sensation étrange, comme si on venait de remonter à la surface après avoir passé un moment intime sous l’eau, un moment flou sans trop de paroles. Les couleurs renforcent cette sensation d’intimité, les cadrages sont très rapprochés, parfois trop et l’on a alors du mal à déchiffrer ces gros-plans. D’un autre côté ces gros-plans légèrement vagues s’accordent parfaitement au récit lent et rêveur.
Par yvantilleuil le 14/12/2005 Derrière cette couverture assez sobre et intrigante se cache une véritable bombe au niveau scénario et graphisme. Si la couverture est orange, le contenu est bien noir: noir, dérangeant, glauque, malsain, envoûtant et parfois morbide. Après « Lola Cordova », « Le roi des Mouches » est mon deuxième trip sur papier de l’année 2005 : sexe, drogues et rock’n’roll. Mais à l’instar de « Lola Cordova », dont le trip interplanétaire se situe en pleine fiction, ce trip se situe dans la réalité de notre monde et cela, même si on a du mal à localiser l’endroit. Les maisons, les vêtements, le style de la BD et le culte du déguisement font penser aux Etats-Unis, alors que les voitures et la monnaie utilisée font penser à l’Europe. Sélectionné pour le prix du scénario à Angoulême 2006, cet album est composé de petites histoires qui peuvent se lire séparément. Les différents personnages se croisent au fil des histoires afin de former un tout très cohérent et abouti. On suit les délires quotidiens de jeunes paumés, bordés par l’ennui, les plaisirs artificiels, le sexe et l’alcool. Coincés dans la banalité de leurs existences, ils cherchent à s’enfuir via l’alcool, la drogue, les anti-dépresseurs et le sexe. La narration à l’humour très noir tranche comme une lame de rasoir. Le cadrage (face caméra) ajoute un côté malsain et dérangeant à l’histoire. Le dessin fait fort penser à la série « Black Hole », les traits sombres et beaucoup de couleurs, mais sans tomber dans le criard. Le tout crée une osmose envoûtante qui se dégage de ce microcosme de personnages désoeuvrés et dépourvus de toute morale. Très fort !
Par yvantilleuil le 13/12/2005 Etant donné que «Qui a tué l’idiot» figure toujours sur la liste de mes BDs à lire absolument, cet album est la première œuvre de Nicolas Dumontheuil que j’ai lu. A la lecture des premières planches c’est surtout l’absurdité et l’originalité du scénario qui m’a attiré. On se retrouve en compagnie de Simon Virjusse, dernier mort de la Première Guerre Mondiale avant l’armistice du 11 novembre. Seulement, la Mort en personne est écœurée par le carnage de cette guerre et décide de remonter le temps de 9 mois, tout en présentant un Simon Virjusse (ignorant tout de son futur) comme le dernier mort de cette guerre. La mort signe un pacte avec les autorités afin d’éviter tout meurtre jusqu’à l’armistice, propulsant Simon en véritable héros national et symbole de l’armistice qui arrivera dans 9 mois. Un scénario complètement déjanté, une narration excellente et surtout un personnage de la Mort qui m’a totalement séduit. Cela m’a donc navré de voir ce personnage cocasse disparaître après quelques planches et abandonner Simon face à la société. C’est à ce moment que Dumontheuil prend plaisir à mettre en évidence la stupidité de la guerre, de ses dirigeants, l’absurdité de la société face à ses idoles et les péripéties de ce héros malgré lui. C’est avec brio que Dumontheuil met à nu ces héros qui naissent malgré eux, qui ne parviennent pas à vivre avec leur nouveau statut qui s’avère souvent éphémère. Malgré un scénario absurde à la base Dumontheuil parvient donc à mettre à jour un phénomène de héros soudains, qui est de plus en plus fréquent de nos jours depuis le boum de la télé réalité. Personnellement j’ai fort apprécié les passages qui incluent le personnage de la mort, le dialogue avec Jésus et les scènes au Paradis. Le reste, même si c’est très bien narré et abordé, m’a moins accroché pour une raison que j’ignore. J’ai trouvé le dessin très agréable et je trouve qu’il sied parfaitement à ce récit très copieux (plus de 90 pages) et original.
Par yvantilleuil le 13/12/2005 Voici un dernier tome plein d’action qui clôture de façon originale et bien tournée cette série bien passionnante. Une fin assez réussie, mais une fin qui n'en est finalement pas une puisqu'une suite est annoncée avec «I.N.R.I.», afin d’élucider les questions laissées en suspend. Une série qui avait démarrée avec des tomes historiquement chargés pour s’orienter vers l’enquête policière à partir du troisième tome. Un scénario assez solide (même si l’on peut se poser des questions sur la naïveté de la loge première et sur les écoutes téléphoniques), partant d’une idée très originale et dont le suspens monte crescendo vers ce dernier tome. C’est vrai qu’on peut se dire qu’il y avait peut-être moyen de terminer la série en quatre tomes, mais étant donné la vitesse de parution des tomes (notamment grâce aux nombreux dessinateurs) et la qualité du suspens il ne faut pas trop se plaindre. Ce qui dénote vis-à-vis du scénario, c’est la qualité graphique fort moyenne de cette série, surtout si on la compare au «Troisième testament». Mais personnellement, ce ne m’a pas trop dérangé et puis le dessin a quand même progressé (surtout Falque) de tome en tome.
Par yvantilleuil le 13/12/2005 Les révélations et les intrigues s’enchaînent à vive allure dans ce sixième et avant-dernier tome de cette série fort passionnante. Le tombeau du Christ est découvert, la loge première sort de l’ombre et le cardinal Montespa continue son ascension vers le pouvoir pontifical. Le dessin des différents dessinateurs (Falque, Gine, Wachs, Juillard), qui se voient confier à tour de rôle une période de l’histoire du christianisme, reste dans la ligné des autres tomes : c'est-à-dire peu inspiré, mais personnellement pas trop dérangeant. Il reste donc à deviner qui est le mystérieux "homme au chapeau" et de voir si le dénouement de cette série sera à la hauteur de cet excellent scénario lors du prochain tome. Palpitant.
Par yvantilleuil le 13/12/2005 Le scénario de ce cinquième tome reste parfait, l’étau se resserre et le dénouement semble proche. Difficile donc de s’arrêter de lire à la fin de se tome tant le suspens monte. Au dessin, également une bonne surprise (enfin), car au lieu d’inviter un dessinateur guest-star comme dans les tomes précédents afin de venir compléter le trio de base (Wachs, Gine et Falque), c’est André Juillard (réalisateur des belles couvertures de cette série) qui vient dessiner les flash-back historiques de cet épisode. Et il faut bien avoué que, même si le maillon faible du trio de dessinateurs (Falque) a réalisé des progrès depuis le premier tome, l’apport de Juillard fait du bien au niveau du dessin. Un des meilleurs albums de cette série.
Par yvantilleuil le 13/12/2005 Ce quatrième album permet de faire le point sur ce qu’on a déjà lu et d’en apprendre plus sur les origines des Gardiens du Sang et de la fameuse loge première aux membres énigmatiques. Les proches de Didier Mosèle disparaissent mystérieusement et l’enquête policière reste prenante. Seul petit hic au niveau du scénario est le manque d’initiative de Hertz et Mosèle afin de sauver le Testament du Fou lors de l’incendie (mais c’est peut-être au niveau du découpage que le bât blesse lors de cette scène). Au niveau dessin, c’est un Patrick Jusseaume peu inspiré qui vient s’ajouter au trio de base (Wachs, Gine et Falque). André Juillard est le seul à vraiment fournir un dessin de qualité et nous livre la couverture comme à son habitude. A la colorisation on retrouve toujours le fils du scénariste. Bref, le scénario reste excellent alors que le dessin a tendance à tirer la note de cet album vers le bas.
Par yvantilleuil le 09/12/2005 Par rapport aux deux tomes précédents, on a l’impression que ce troisième tome est un peu moins utile au récit et que l’histoire stagne un peu, mais ce moment de répit fait tout de même du bien suite au scénario (historiquement) fort chargé de cette série. Au dessin on retrouve toujours Gine (période Christique) et Wachs (période Vatican), qui n’ont dessiné que quelques planches dans ce tome, Falque (période contemporaine) qui c’est un peu plus appliqué et Juillard (couverture), avec cette fois-ci Jean-Charles Kraehn en dessinateur guest-star. On remarque également que le dessin de Falque (qui comportait le plus de lacunes) a légèrement progressé. Les rouleaux de la Mer Morte, le Testament du Fou et les notes de Francis commencent à délivrer leurs secrets. Tout semble converger vers la loge première, une loge qui fût jadis présidée par Hugues de Payns. Le côté polar prend le dessus dans ce troisième tome toujours aussi passionnant.
Par yvantilleuil le 08/12/2005 Suite à la mise en place des différentes périodes, des personnages et de l’intrigue dans le premier tome, ce deuxième tome semble plus vif et plus incisif que le précédent. Didier se rapproche dangereusement du tombeau du Christ, sous l’œil attentif du Vatican et du mystérieux Hertz. Des organisations secrètes le suivent de près afin de préserver ce terrible secret vieux de 2000 ans. Tout semble converger vers la Champagne où se trouve une statue d'un chevalier Cathare. La solution se rapproche, l’étau se ressert et la tension monte. Le Vatican guette, les Gardiens du Sang agissent, Hertz cache son jeu et le lecteur s’enfonce de plus en plus dans cette fiction qui s’amuse à bousculer sa réalité. Côté dessin on retrouve Gine pour la période christique, Wachs pour la période Vatican, Falque pour la période contemporaine, André Juillard pour la couverture, Paul pour la colorisation et cette fois Eric Stalner en dessinateur ‘guest-star’ à la place de Gilles Chaillet.
Par yvantilleuil le 08/12/2005 Dès le premier tome de cette série qui devrait en compter sept, Convard nous plonge dans l’univers (peu connu) de la Franc-Maçonnerie. Didier et Francis, initiés le même jour à la franc-maçonnerie, travaillent depuis plusieurs années à l’élucidation des mystères des manuscrits de la Mer Morte, à travers la restauration de parchemins anciens découverts à Qumran et traitant des origines du christianisme.
L’idée de base du scénario (osé) consiste à faire croire que l'église trompe depuis 2000 ans toute la communauté sur la véritable identité du Christ et que cette supercherie est gardée secrète depuis la nuit des temps. C’est donc au fondement même de l’église que s’attaquent Didier et Francis à travers leurs recherches, propulsant le lecteur dans une aventure historique qui s’annonce extrêmement périlleuse. L’histoire se déroule parallèlement sur plusieurs périodes (christique, médiévale, contemporaine, etc.), sous forme de flash-back. Ce qui constitue l’originalité de cette série est que Convard a fait dessiner chaque époque clef de l'ère chrétienne par un dessinateur différent. On retrouve ainsi Christian Gine pour la période christique, Pierre Wachs pour la période Vatican, Denis Falque pour la période contemporaine et Gilles Chaillet en dessinateur ‘guest-star’ pour la période moyenâgeuse. De plus on retrouve André Juillard pour la couverture dans cette méga production. Le fait d’attribuer les différentes périodes à des dessinateurs différents à le mérite de pouvoir repérer plus facilement les changements de périodes et offre au lecteur une certaine clarté graphique qui fait plaisir au milieu d’une histoire assez compliqué. De plus, cette alternance de styles ne se fait pas au détriment de la cohérence de l’histoire puisqu’un seul scénariste et un seul coloriste assurent l'harmonie de l’ensemble. Il faut cependant avouer que graphiquement cette série n’arrive pas à la cheville du «Troisième Testament» avec surtout le dessin contemporain de Falque assez raide, approximatif et parfois mal proportionné. Le développement de l’aspect historique et en particulier de la Franc-Maçonnerie pourrait, au premier abord, effrayer les néophytes en la matière, mais le côté polar de l’histoire est extrêmement bien développé et devrait vite faire passer la pilule. Le lecteur se retrouvera alors au milieu de secrets bien gardés, de mystérieuses organisations comme les Templiers et les Franc-Maçons, de luttes de pouvoir au sein même de l’Eglise et du Vatican afin de lever le voile sur un mensonge vieux de 2000 ans. |
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