Les avis postés par pierryves
Par pierryves le 20/11/2009 Au début on se dit "Ouille ! Forest qui fait dans le social. J’me suis fourvoyé en achetant ce bouquin." Car en effet, l’histoire débute dans une famille où les parents se disputent, la mère étant alcoolique, le père architecte mais un brin loser, etc… Et puis, le gamin en a ras le bol et lors d’un énième clash le jour de son dixième anniversaire. Il claque la porte et quitte le domicile familial, emmenant son père cacochyme avec lui, vu que c’est également son meilleur copain. Au fil de leurs pérégrinations, ils se retrouvent au bord de l’eau et rencontrent d’autres personnes hautes en couleur. L’histoire va alors prendre un tour tout à fait inattendu, oscillant entre sérieux et légèreté. Si cette fois-ci Jean-Claude Forest ne nous emmène pas dans des délires loufoques et burlesques, il nous embarque dans un monde réel où l’imaginaire et le rêve ont toutefois leur place. Les personnages sont attachants et le récit s’étoffe au fur et à mesure par petites touches, ménageant toujours une part de mystère qui se résorbe au fil des pages. Je suis assez d’accord avec Dan Pussey lorsqu’il/elle dit que la couleur aux effets parfois kitsch est en trop car le dessin de Forest n’en a pas besoin pour être efficace. Certains passages n’auraient cependant pas la puissance d’évocation qu’ils ont s’ils avaient été en noir & blanc. Je pense notamment au passage où l’Hydragon (la péniche) rompt ses amarres et que Jules doit conduire pour entrer dans Metz. C’est la période de Noël, il neige et c’est la nuit. Le noir, le bleu, le blanc utilisés sont absolument nécessaires dans ces cases. En noir & blanc, on aurait beaucoup perdu. Ce passage où M. Ferdinand vient aider Jules à barrer me fait penser à la très belle séquence - limite fantastique - de LA NUIT DU CHASSEUR (chef-d’œuvre du cinéma de Charles Laughton – 1955) où, poursuivis par un assassin terrifiant, deux gamins s’échappent de justesse sur une barque en pleine nuit. Et malgré l’horreur de la nuit qu’ils vivent, Pearl - la petite fille - se met à chanter une comptine lancinante alors qu’ils dérivent sur l’eau avec la menace omniprésente du mal autour d’eux. Dans ce passage du livre, on retrouve un peu cette ambiance onirique. Et puis, l’album se termine sans se terminer. C’est ouvert et c’est le meilleur choix que Forest pouvait faire. Je trouve qu’il a toujours eu des soucis avec la fin de ses histoires, mais cette fois-ci, l’issue n’a pas à être définie, elle se doit d'être ainsi. Un bon album, surprenant et mélancolique.
Par pierryves le 20/11/2009 La trilogie BLUEBERRY FUGITIF (albums 18, 19 et 20) renoue avec les aventures indiennes des premiers albums. Charlier & Giraud mettent tout leur talent dans ce récit qui ne cesse de monter en tension, en suspense et en intelligence. Si NEZ CASSE est un album certes réussi mais finalement assez classique, et peut-être même un peu décevant par certains côtés, LA LONGUE MARCHE et LA TRIBU FANTOME sont tout à fait palpitants, surtout le dernier. Intégrer Blueberry à la tribu de Cochise est une grande idée. On plonge dans le monde des Indiens d’Amérique comme on ne l’avait encore jamais fait auparavant dans la série. Le principal intérêt de ce choix est que les Indiens sont présentés sans condescendance mais normalement, avec qualités et défauts. Certains passages sont très réussis dans ce sens (par exemple, lorsqu’ils jouent aux cartes sous la tente de Blueberry / Tsi-Na-Pah – case très drôle). Chini est aussi un personnage très intéressant (ses remarques sur la stupidités des hommes blancs ou rouges qui lui offrent revolver ou charogne pour la séduire sont excellentes). Elle apporte une touche féminine supplémentaire qui permet (contrairement à Chihuahua Pearl, traitée en alter ego) de montrer une facette sentimentale de Blueberry tout à fait bienvenue puisqu’elle permet de développer encore plus son personnage. LA LONGUE MARCHE est encore meilleur que NEZ CASSE. On y retrouve dès l’ouverture Red et McClure en plein hiver qui vont aller retrouver Chihuahua Pearl pour les aider à faire évader Blueberry qu’ils croyaient mort depuis le déraillement d'un train (ANGEL FACE). Parallèlement à cette évasion, c’est aussi de celle des guerriers Navajos qu’il est question. Et ce traitement de plusieurs intrigues liées rajoute une épaisseur au récit. C’est vraiment dans cet album que le rythme s’accélère et que l’histoire prend toute son ampleur pour culminer dans LA TRIBU FANTOME, un pur chef-d’œuvre de la série. C’est simple, c’est à mettre au niveau des MONTS DE LA SUPERSTITION ! La stratégie de Blueberry pour aider les Navajos à fuir, l’armée qui est complètement menée en bateau, Skullegg (personnage odieux mais fascinant) qui devient de plus en plus fou et qui traque son « gibier » seul dans son coin ou encore Red Neck et McClure venant en aide aux fuyards : c’est une véritable poursuite impitoyable qui s’est engagée et la tension augmente de page en page et de case en case. On sent réellement que Blueberry/Tsi-Na-Pah et ses compagnons n’ont d’autre choix que d’aller de l’avant sans être même sûr de réussir à fuir. C’est haletant, c’est palpitant, c’est génial. Encore une fois le scénario de Charlier est en acier trempé et les dessins de Giraud illustrent parfaitement ses récits. En refermant LA TRIBU FANTOME, on a l’impression plus que jamais d’avoir regardé un film. Et un sacrément bon ! Pas une soupe de Kevin Costner ou de Lawrence Kasdan, mais un vrai - comme un genre de croisement entre LA PRISONNIERE DU DESERT de John Ford et LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND de Sergio Leone (les deux plus grands westerns de tous les temps, soit dit en passant). Puisqu’on évoque le cinéma, il y a toutefois ce qu’on appelle un problème de raccord. C’est un détail, mais bon… Les événements qui ont lieu dans ces trois albums se déroulent en 1871 et 1872, soit deux ou trois ans après BALLADE POUR UN CERCUEIL (1869). Et en seulement si peu de temps Red Neck et McClure sont devenus tous les deux des papis à cheveux blancs. Ils ont visuellement pris 10 ans en deux ans. Mais pour ce qui est de l’aspect visuel général, ça correspond au scénario. Au début (NEZ CASSE) c’est classique et à la fin, au moment de l’apothéose (LA TRIBU FANTOME), la mise en couleurs est hallucinante. Certaines cases sont vraiment très belles. A noter également que les trois albums de ce cycle ont la grande chance de bénéficier des trois pus belles couvertures peintes par Jean Giraud pour toute la série (et peut-être même de toute sa carrière).
Par pierryves le 19/11/2009 Le déclin. Après les fabuleuses années 1970 de Valérian & Laureline qui voyagaient dans des mondes imaginaires et merveilleux, Christin et Mézières vont engluer leurs personnages sur Terre où ils vont vivre des aventures peu passionnantes à partir des années 1980. Les deux premiers albums de ce volume 4 de l'intégrale sont les préférés des auteurs, mais pour moi ils marquent le début des errances de leurs personnages. Ces deux histoires en quatre albums sont beaucoup trop longues et faire évoluer les personnage dans le monde réel semble imposer aux auteurs de se sentir obligés d'être excessivement explicatifs. Résultat : beaucoup de parlote. Et le personnage de M. Albert devient le symbole de cette nouvelle période qui s'ouvre. La seconde histoire aurait pu être bonne, mais malheureusement c'est encore une fois beaucoup top long. LES SPECTRES D'INVERLOCH ne raconte rien. C'est juste une exposition de la situation. L'intro des FOUDRES D'HYPSIS. Celui-là aurait pu être meilleur si la fin n'était pas aussi grotesque (je ne parle pas de l'idée de la Trinité qui est assez amusante même s'il y en a un peu ras le bol de la sempiternelle vision judéo-chrétienne du monde) mais des raisons invoquées par cette Trinité pour agir comme elle le fait. Il faudra attendre le début de la décennie suivante pour retrouver le plaisir de lire un album de Valérian (LES ARMES VIVANTES et LES CERCLES DU POUVOIR qui seront dans le volume 5 à la suite du mauvais SUR LES FRONTIERES qui prolonge les déambulations terriennes présentées dans ce volume 4).
Par pierryves le 18/11/2009 La fin de l'âge d'or de TIF & TONDU. Maurice Tillieux disparaît dans un accident de voiture et Stephen Desberg prendra le relai. Mais avant cela, Tillieux a pondu les meilleures histoires de ce duo fort judicieusement augmenté de l'indispensable comtesse Amélie (qui malheureusement n'est plus là depuis LE GOUFFRE INTERDIT - autre grand album sur le casse d'une banque de province) et Will en profite pour dessiner des planches fabuleuses de précisions au point de véritablement imprégner le lecteur de l'ambiance du récit. De la très bonne BD belge ! A lire absolument !
Par pierryves le 18/11/2009 J'avoue être déçu. je m'attendais à beaucoup mieux de Tillieux. Will, lui est toujours aussi précis dans son dessin, et les détails son si vrai qu'on sent presque les odeurs des lieux traversés par les personnages. Après LE ROC MAUDIT, SORTI DES ABIMES et LES RESSUSCITES, cet épisode est quand même un cran en-dessous. Heureusement le niveau va remonter avec UN PLAN DEMONIAQUE et LE RETOUR DE LA BETE.
Par pierryves le 18/11/2009 LA RENTREE GAULOISE est certes un brin inégal, mais il y a dans cette compil' d'histoires courtes prélevées au cours des années (de 1962 à 2003) quelques très bons passages (par exemple le Romain qui fait la bise à Obélix sous le gui). A noter que cette édition est meilleure que l'originale de 1993, car elle contient cinq histoires de plus, en revanche il en manque une - qui d'ailleurs n'était pas terrible du tout). Les couleurs ont été restaurées et sont beaucoup plus belles. Cet album mérite beaucoup plus d'intérêt que le dernier machin qui vient de paraître.
Par pierryves le 18/11/2009 Je m'attendais à un truc ultra-rétro et méga-kitschissime imbuvable et c'est vrai que le kitsch et le rétro sont présents, mais c'est tellement léger que ça passe. En fait, c'est un bouquin sympa. Bien sûr Barbarella exhibe sa plastique avantageuse à la moindre occasion, mais sans toutefois tomber dans le lourdingue (c'est plus du comique de répétition - A l'époque, en 1962, ça devait surtout être perçu comme choquant de la voir se dépoitrailler pour un oui ou pour un non). Les trouvailles de Forest sont sans doute inégales et l'histoire un peu chaotique, mais certaines idées valent le coup d'oeil et les petites touches d'humour agrémentent le récit comme il se doit. Et puis, il y a surtout le dessin si personnel que j'apprécie toujours autant. Au final, BARBARELLA est daté dans son genre mais conserve pleinement le charme désuet de la BD SF balbutiante des années 1960 (en France). En bref, ce premier album de l'aventurière cosmique a perdu de sa provocation mais conserve son charme et aujourd'hui c'est une oeuvre classique. C'est mignon sans être indispensable. Privilégier toutefois la version album en bichromie dont la couleur varie de chapitre en chapitre tandis que dans la version J'ai Lu c'est la même couleur de bout en bout (supervisée par Forest quand même).
Par pierryves le 18/11/2009 J'avoue avoir du mal avec les personnages à têtes d'obus de Comès. Autant ses animaux sont excellents de détails et de précision, autant les êtres humains ressemblent à des aliens. J'avoue ne pas être trop client de ce trait particulier. Sinon, évidemment, ça évoque toujours Pratt, mais aussi Tardi (le curé ou le voisin). Pour ce qui est de l'histoire, je ne la connaissais absolument pas avant d'acheter le livre, ce fut donc une découverte totale. Comès sait installer l'ambiance progressivement et l'intrigue n'est pas jouée d'avance. C'est une lecture agréable, l'ambiance austère de la campagne est volontairement pesante et tout cela fonctionne bien. Un bon livre.
Par pierryves le 11/11/2009 Ben moi c'est simple, j'ai revendu le mien. Il n'y avait guère que la première histoire avec le jeune crétin qui se prend pour un superhéros pour être un brin marrante. Autrement, il s'agit plus de critiquer les superhéros US que de critiquer la tv, même si Casimir fait une apparition. Je ne suis pas client de cet humour lourdingue, grossier et vulgaire donc je passe mon chemin (encore une fois parodie rime avec "humour" scato-cul de base). Mon conseil : lisez-le avant de l'acheter pour ne pas risquer d'être déçu comme moi.
Par pierryves le 10/11/2009 En fait, contrairement à ce que j'avais écrit au sujet d'HYPOCRITE ET LE MONSTRE DU LOCH NESS le 21 octobre, et avec un peu de recul, cet album est quand même meilleur que N'IMPORTE QUOI DE CHEVAL qui part un peu trop dans tous les sens. Celui-ci est certes loufoque, mais il a la fraîcheur de tout premier épisode, même si la fin est un peu moins bonne que le reste. Je trouve d'ailleurs que Forest a souvent un problème avec la fin de ses histoires. Que ce soit dans HYPOCRITE ou LA JONQUE FANTOME VUE DE L'ORCHESTRE ou ICI-MEME.
Par pierryves le 10/11/2009 Les aventures d'Hypocrites ont toujours été complètement loufoques. Ca on le sait, donc on ne peut être surpris par cet aspect à la lecture de N'IMPORTE QUOI DE CHEVAL, surtout si on a lu les deux premiers albums auparavant. Cette fois-ci, on est obligé de constater que Forest est sans doute allé un peu trop loin dans son délire. Il part d'un point sans savoir où il va, se laissant aller au fil de son inspiration débridée, sans objectif. C'est parfois amusant, mais au final il n'y a guère que lui pour comprendre de quoi il parle. L'accumulation de délires, de burlesque, de nonsense fait qu'on reste sur sa faim et plutôt déçu du résultat. Le dessin est toujours aussi psychédélique et attrayant et d'ailleurs L'Association a encore fait un très beau travail de restauration des planches, mais ce n'est pas suffisant pour considérer cette "histoire" comme essentielle dans la carrière de Jean-Claude Forest. COMMENT DECODER L'ETIRCOPYH est nettement meilleur.
Par pierryves le 09/11/2009 56 très belles cases. Un dessin véritablement beau pour une histoire qui n'est en fait qu'une mise en bouche, mais qui démarre très bien. On lit en effet dans ce Volume 01 le premier acte d'une histoire qu'on attend et qu'on devine beaucoup plus riche. Le style de l'illustrateur est exceptionnel d'autant plus qu'il joue sur les contrastes couleur / noir & blanc pour nous surprendre et y parvient tout à fait. Le seul problème à mon avis est que ces 56 dessins tiendraient dans un album classique sur 18 pages. Et vendre ça à 15 euros, ça revient presque à 1 euro la planche, ce que je trouve un peu cher. Donc j'hésite grandement car ça sent le calcul et la volonté de créer artificiellement une éventuelle future pièce de collection. Genre dans 5 ans, ce sera indisponible et ça coûtera 50 Euros. J'hésite, j'hésite.... De plus il n'y a pas beaucoup d'infos qui circulent sur SPACEGIRL. A quand la suite ? Combien de volumes sont prévus ? Si quelqu'un à des infos, merci de les transmettre.
Par pierryves le 09/11/2009 Je ne connaissais de Jacques Martin que son fameux ALIX, que je n'ai jamais apprécié, le trouvant trop sérieux et ennuyeux. J'avais donc un gros à priori sur LEFRANC, sosie "XXe siècle" d'Alix. Au vu des bonnes critiques de cet album, je me suis lancé pour me faire un avis objectif sur la question et je dois dire que j'ai passé un bon moment. L'OURAGAN DE FEU, datant de 1959, a le charme désuet des films de cette époque ou des vieilles séries tv des années 1960. C'est très plaisant. C'est vrai que les dialogues sonnent un brin datés ainsi que certaines situations, mais ça participe à l'ambiance générale. On pourra aujourd'hui, avec le regard de quelqu'un du XXIe siècle trouver la relation Lefranc / Jeanjean (quel nom débile !! Pourquoi pas Crétino ou Dugland ?) un brin particulière et certains ne manqueront pas de trouver ça malsain (comme d'autres idiots qui voudraient faire interdire TINTIN AU CONGO) alors qu'il s'agit simplement d'une relation naïve à la Batman & Robin. L'histoire est certes un tantinet loufoque (changer l'eau de mer en pétrole... Hum!), mais selon la théorie du McGuffin d'Alfred Hitchcock, ce n'est pas le déclencheur qui compte, mais ce que l'événement provoque et permet de créer une histoire intéressante. J'ai donc apprécié cet album qui se déroule en grande partie en Bretagne (Je suppose d'ailleurs que le Karhais du livre n'a rien à voir avec le Carhaix qui existe, sinon le personnage de Fiuselli est drôlement doué pour faire le trajet depuis le Mont-St-Michel en seulement une heure), mais je ne pense pas que j'irai jusqu'à en acheter un deuxième. Belle réédition.
Par pierryves le 08/11/2009 Après le chef-d'oeuvre des MONTS DE LA SUPERSTITION (albums 11 et 12) puis le très réussi L'OR DES CONFEDERES (albums 13, 14 et 15) mais quand même un cran en-dessous, LE COMPLOT CONTRE GRANT (albums 16 et 17) continue sur un rythme de croisière à nous présenter les péripéties de Blueberry qui s'enlise de plus en plus malgré lui dans l'illégalité. Le dessin de Giraud reste au top et le scénario de Charlier est toujours aussi solide avec en plus quelques touches d'humour (dont on peut dire qu'il a toujours été assez avare jusqu'à présent). Cependant, si l'histoire se tient toujours aussi bien elle est un peu plus classque. C'est certes très bien structuré mais on est peu surpris bien que le déroulement des faits ne nous laisse pas beaucoup de répit. Preuve de la qualité de ces deux tomes, il est impératif de lire ANGEL FACE immédiatement après LE HORS-LA-LOI sous peine de se sentir frustré, comme si on vous interrompait en plein milieu d'un bon film (un western, bien sûr !). Ce cycle n'est pas aussi bien que le précédent, qui n'est pas aussi bien que le précédent, mais ça reste de la grande aventure (LE HORS-LA-LOI est un poil meilleur que ANGEL FACE).
Par pierryves le 06/11/2009 MYSTERIEUSE MATIN, MIDI ET SOIR est en fait une adaptation libre de L'ILE MYSTERIEUSE de Jules Verne, dont Jean-Claude Forest était un grand fan. Il a transposé l'histoire en 4880 sur la planète Maurice (sacré Forest, hihi) et rebaptisé les personnages. Ainsi on fait la connaissance de Brise-Bise et du Dr Alizarine qu'on retrouvera aux côtés d'Hypocrite dans COMMENT DECODER L'ETIRCOPYH et dans N'IMPORTE QUOI DE CHEVAL... sur la planète Yolande (re-hihi). Pour en revenir à MYSTERIEUSE... on peut également noter la présence en guest-star de la légendaire Barbarella ! L'histoire est bonne et inventive comme toujours chez Forest. Son dessin est toujours aussi poétique et ses dialogues teintés de burlesque ne sombrent pas pour autant dans le délire nonsense. Ca reste cadré contrairement à HYPOCRITE, série pour laquelle il se lâche beaucoup plus. A noter que cette édition est en noir et blanc, ce qui ne gâche rien même si parfois on se demande ce que ça aurait donné en couleurs, surtout si elles avaient été aussi joliment restituées que dans les rééditions des albums d'HYPOCRITE. Je conseille d'ailleurs à ceux que ça intéresse de lire MYSTERIEUSE MATIN, MIDI ET SOIR avant de lire COMMENT DECODER L'ETIRCOPYH et N'IMPORTE QUOI DE CHEVAL, car cet album fait la jonction entre BARARELLA et HYPOCRITE. Mais ce n'est pas essentiel pour la compréhension.
Par pierryves le 06/11/2009 Honnête mais pas transcendant. C'est même du réchauffé quand on a connu LES BLEUS DE LA MARINE qui était quand même plus marrant parce que faisant circuler Blutch et Chesterfield d'une arme à une autre pour terminer dans la marine. Ici, pour une raison plus artificielle qu'autre chose, on les retrouve embarqués sur un bâtiment dans la Manche. Blutch et Chesterfield se tapent dessus comme d'hab', il y a un combat naval et tout le monde rentre au bercail pour revenir au point de départ. Comme le dernier album, à peine commencé c'est déjà fini. Aucune véritable intrigue ne s'installe, c'est plié en deux coups de cuiller à pot. Pourtant, avec un même nombre de pages, Cauvin était capable de raconter des histoires à rebondissements et à intrigues sinon complexes, au moins élaborées. Ce n'est pas le cas ici.
Par pierryves le 05/11/2009 Le paysage actuel de la bande-dessinée est plus vaste et foisonnant que jamais. C’est à priori une bonne nouvelle, mais si on regarde de plus près on s’apercevra que ce qui est proposé par les éditeurs n’est pas aussi varié qu’on aurait pu l’espérer. En se promenant dans les rayons de nos librairies et supermarchés culturels préférés, on remarquera que dans ce foisonnement de propositions, les genres et les styles ne sont pas très variés. Ils sont même franchement réduits. D’un point de vue graphique (à mon avis le principal en BD) une bonne moitié de ce qui sort est dans la veine de XIII, LARGO WINCH, I.R.$ etc… tandis qu’une grande partie de ce qui reste est dans la veine (toujours graphiquement) de LANFEUST ou de SILLAGE. Quant au reste, ça se partage entre BDs de mode sans grand intérêt (Le P’tit Sarko illustré, Les Blondes, Les Geeks, etc…) et albums indépendants aux formats parfois loufoques privilégiant « l’univers » d’un auteur plutôt que son éventuelle capacité à savoir dessiner (comme quoi le cinéma n’a pas le monopole de l’auteurisme). A moins de se rabattre sur des séries classiques qui ont fait leurs preuves depuis longtemps, il faut donc quasiment se livrer à un travail de spéléologie dans cette jungle peu excitante pour trouver quelque chose de nouveau qui éveille un intérêt vif et sincère. Et si parfois on pense avoir enfin trouvé la perle rare, le scénario est tellement banal et lu mille fois qu’on en revient au point de départ. C’est pourquoi, lorsque j’ai découvert NOMADES ce fut le choc. Enfin quelque chose de bien qui ne date pas de 1959 ou de 1972, mais bien de 2009 !! L’unanimité qui entoure cette série pourrait paraître louche à certains, mais en fait non. Elle parle d’elle-même. Le dessin de Serge Pellé est magnifique rappelant Gimenez. Le duo de héros – tout le monde l’a dit – nous renvoie à Valérian & Laureline (avec les cheveux plus longs, Caleb Swany serait d’ailleurs le sosie de Valérian). De ce point de vue, ORBITAL tombe à point nommé puisque la série de Mézières et Christin s’achèvera en janvier prochain (sauf report) avec la parution de L’OUVRETEMPS, ultime album de la série qu’ils ont créée en 1967. Le passage de témoin est donc pour bientôt. Seule différence entre les deux, ORBITAL est beaucoup plus sérieux que VALERIAN AGENT SPATIO-TEMPOREL. En tout cas, les premiers albums sont excellents, organisés par paires tout en conservant une ligne directrice générale qui nous est révélée par bribes. Tous les éléments sont suffisamment bien dosés pour susciter l’engouement du lecteur et le porter à en vouloir plus. ORBITAL a tout ce qu’il faut pour être aux années 2000 ce que fut VALERIAN aux années 1970. C’est tout le mal qu’on peut souhaiter à Pellé et Runberg, leurs heureux créateurs.
Par pierryves le 04/11/2009
Par pierryves le 04/11/2009 BALLADE POUR UN CERCUEIL est le dénouement de l'histoire débutée avec CHIHUAHUA PEARL et poursuivie avec L'HOMME QUI VALAIT 500.000 DOLLARS. L'intrigue est toujours aussi bien bâtie par Charlier autour d'un jeu de dupes immense avec des protagonistes obsédés par l'appât du gain. Les éléments se mettent en place petit à petit pour que finalement l'intrigue se résolve à un rythme haletant dans ce troisième volet. Mensonge, trahison, sournoiserie, perfidie, fausseté ; tout y passe et on en vient à penser finalement que la soif de l'or rend les gens très intelligent dès qu'il s'agit de truander ses contemporains. La fin laisse certes un goût amer mais tellement réaliste (à l'image de la case 4 de la dernière planche). Encore une bonne histoire à mettre sur le compte du duo Charlier / Giraud, même si on n'atteint pas le sommet de l'histoire précédente (LA MINE DE L'ALLEMAND PERDU / LE SPECTRE AUX BALLES D'OR). A noter qu'en ouverture de l'édition actuelle de cet album on trouve une biographie des débuts de Blueberry (résumé de sa vie depuis sa naissance à CHIHUAHUA PEARL - ce qui est très pratique pour ceux qui n'ont pas les albums de LA JEUNESSE DE BLUEBERRY et les premiers albums de la série principale) illustrée d'authentiques images d'époque (certaines sont de Matthew Brady) aux commentaires adaptés dans l'idée d'ancrer le personnage principal dans le monde réel.
Par pierryves le 02/11/2009 A peine l'histoire commence qu'elle se termine. Mais y a-t-il seulement une histoire ? Blutch déserte, les soldats s'ennuient, un soldat énonce l'historique des français engagés volontairement pour la cuse Nordiste ou Sudiste, puis il y a une bataille et voilà. C'est fini. Tout ça pour nous dire que des Français issus de la noblesse sont allés s'engager dans les deux camps au nom de leurs idéaux. C'est certes un fait histoirique avéré, mais cela méritait-il vraiment un album ? Ou en tout cas, cet album ? Je ne pense pas. Relisez BLACK FACE.
Par pierryves le 02/11/2009 Il arrive bien souvent qu'on lise à droite et à gauche que tel album est le chef-d'oeuvre de la collection pour être ensuite déçu lorsqu'on le découvre enfin. Et bien cette fois-ci, ce n'est pas le cas. Le diptyque LA MINE DE L'ALLEMAND PERDU / LE SPECTRE AUX BALLES D'OR est impressionnant et ne vole absolument pas sa réputation. J'ai toutefois une certaine préférence pour le second tome, mais c'est anecdotique. Le scénario de Charlier est en béton armé (il laisse d'ailleurs de côté les ruses de Sioux de Blueberry ou les interjections très marquées et datées, ce qui fluidifie le récit et le rend beaucoup plus réaliste) et le dessin de Giraud rehaussé par la coloridation d'Evelyne Tranlé (Soeur de Jean-Claude Mézières, qui colorise également tous les albums de VALERIAN - autre série phare de Pilote à la même époque), a atteint son style classique. Je n'étais pas franchement un grand amateur de western en BD, mais je dois bien avouer que les 12 premiers albums de BLUEBERRY (ainsi que les trois premiers de LA JEUNESSE DE BLUEBERRY) m'ont réconcilié avec le genre.
Par pierryves le 01/11/2009 Le dessin de Jen-Claude Forest est excellent. L'ambiance est incroyable. Seul le scénario est peut-être un peu décevant, on s'attend notamment à une fin plus solide que cette simple échappatoire. En tout cas c'est un album à lire et relire plusieurs fois pour mieux cerner cet univers foisonnant et si personnel.
Par pierryves le 28/10/2009 Les personnages sont attachants, le dessin et la mise en couleurs attirent l'oeil immédiatemment et les personnages sont très bien croqués. De par son flegme, le personnage de Ida paraît plus britannique que suisse, mais c'est un détail. Les attitudes, les mimiques comiques sont d'une expressivité tout à fait remarquables. L'histoire est originale. Bref, beaucoup de qualités pour ce premier album d'IDA, en espérant qu'il ne s'agisse pas d'une série qui dure trop longtemps et finisse par décevoir car, pour l'instant en tout cas, le sujet ne semble pas s'y prêter. Espérons donc que l'histoire se passe en deux ou trois tomes seulement. Vivement la suite, ça c'est sûr !
Par pierryves le 28/10/2009 Dans la lignée de la première aventure (les 5 premiers albums), cette nouvelle saga en quatre albums (du CHEVAL DE FER au GENERAL TETE JAUNE) reprend la thématique de Blueberry et ses amis seuls contre tous pour réinstaurer la paix entre Indiens et blancs. Cette fois-ci ce sont la construction du chemin de fer et l'opposition entre deux grandes firmes qui servent de déclencheurs au conflit, amenant avec lui son lot de truands et de magouilleurs pour se terminer dans ce tome-ci avec le borné et stupide Général Allister dit "Tête Jaune" par les Indiens et presque aussi Con (C majuscule) que l'illustre général custer (c minuscule). Blueberry continue à pratiquer ses fameuses ruses, McClure et son copain Red Neck (en Français, ça veut dire plouc) sont toujours aussi pittoresques. le scénario de Charlier est toujours aussi solide et le dessin de Giraud est à mon goût dans sa meilleure phase (tant par le trait que par la colorisation). Je préfère quand même l'histoire de la première saga à celle-ci, sans doute parce qu'arrivant en deuxième. Certains passages paraissent un peu répétitifs (par exemple les compagnons de Blueberry s'exclamant, à chaque fois qu'il tire des plans ultra-risqués, que "c'est du suicide" ou "qu'ils n'en sortiront jamais" etc...) et Blueberry en héros à la science infuse est un peu exagéré, mais au final ça reste de bon niveau pour les amateurs de BD d'aventures.
Par pierryves le 27/10/2009 Le niveau était remonté avec LE MYSTERE DES PROFONDEURS mais là, ça rebaisse. Il y a toujours des petites choses typiques de la série qui lui donnent son cachet, mais il y a aussi une sensation d'embrouillement assez prononcée. Même si on garde présents à l'esprit les albums précédents, on se perd un peu dans la reconvocation des anciens personnages - qui reviennent un peu comme des cheveux sur la soupe (Dieuleveut). Il faut bien admettre que cette histoire ne s'imposait pas (d'autant plus qu'elle n'est pas finie et s'achèvera dans le tome suivant annoncé à la fin de l'album) et que la série, si elle doit désormais ressembler à cela, devrait plutôt s'arrêter une fois pour toute (ce qui aurait déjà du être le cas après MOMIES EN FOLIE à mon avis).
Par pierryves le 27/10/2009 Au début ça attire forcément l'oeil. Mais au final, l'histoire est un tantinet trop embrouillée au point de sentir presque la prétention. De plus la technique de Claeys consiste à redessiner par-dessus des photos ou en tout cas des images préexistantes. Donc dans MAGNUM SONG on est plus dans le roman photo (qui n'en est pas tout à fait - de la photo) que dans la bande-dessinée (qui ne l'est pas tout à fait non plus - dessinée). Pour amateur uniquement et fans de jean-Claude Claeys.
Par pierryves le 23/10/2009 Ce qui fait peur au départ, c'est que c'est une parodie car la parodie est un genre qui ne manque jamais de tomber dans le gros lourdingue vulgaire scato-cul, sauf (très rares) exceptions. Or MENACES SUR L'EMPIRE est une de ces exceptions, ce qui augmente le plaisir de lire l'album. Les clins d'oeils, et pas seulement à la série de référence, sont bien vus et les gags s'enchaînent vraiment sur un très bon rythme (le Capitaine Crochet, le régime de Philip, la taille du cerveau français, les hommes d'Olrik qui parlent broderie, etc...) De plus le dessin est excellent car il est dans la veine des originaux, le flegme en moins. Très bon !
Par pierryves le 23/10/2009 La coutume veut qu'on assassine par principe les albums d'Asterix signés par Albert Uderzo seul. Or, depuis la mort de son comparse Goscinny, il a quand même publié des albums valables (LE GRAND FOSSE, L'ODYSSEE D'ASTERIX et surtout l'excellent LA ROSE & LE GLAIVE). D'un autre côté, certaines histoires d'Asterix période Goscinny n'étaient pas terribles. Par exemple LE CADEAU DE CESAR, OBELIX ET COMPAGNIE, ASTERIX EN HISPANIE ou encore LE DOMAINE DES DIEUX, qui est certes bien sympathique, mais qui n'atteint jamais l'excellence d'ASTERIX ET LES NORMANDS, du DEVIN, de LA ZIZANIE ou d'ASTERIX CHEZ LES BRETONS. Comme d'habitude dès que quelqu'un décède, on le porte aux nues dans la seconde qui suit sans la moindre objectivité et tout ce qu'il a fait dasn sa vie est systématiquement considéré comme indispensables, génialissime et incontournable (comme par exemple François Truffaut qui a fait quand même fait pas mal de navets ou plus récemment Michael Jackson qui n'a pourtant pondu que deux bons disques dans sa vie). Enfin bref. Même si LE DOMAINE DES DIEUX est fort sympathique, il ne compte pas parmi les indispensables de la série, bien que ce soit dans cet album qu'il y ait la meilleure réplique de la série ("Il ne faut jamais parler sèchement à un Numide !").
Par pierryves le 23/10/2009 Un complément indispensable à la série. C'est le catalogue des personnages, des lieux, des petites phrases (en latin), des caricatures, des noms... Et puis il y a de petites anecdotes sympathiques. Un des seuls (le seul ?) hors-série dans lequel il vaille la peine d'investir. Tout amateur du petit village armoricain se doit de posséder ce bouquin.
Par pierryves le 23/10/2009 Il y aura forcément des aficionados pour apprécier cet album qui n'en est pas un. C'est un patchwork regroupant des choses diverses et variées et qui s'apparente plus à des hors-séries comme LA RENTREE GAULOISE ou COMMENT OBELIX EST TOMBE DANS LA MARMITE QUAND IL ETAIT PETIT plutôt qu'à un véritable album. Il n'y a pas d'histoire à proprement parler. Seulement des personnages anciens qui viennent souhaiter bon anniversaire à Astérix & Obélix. Ou Uderzo imaginant ses peronnages ayant vieilli de 50 ans. Mouif. Mouais. Pas vital quoi. En tout cas, vendre ça comme le 34ème album de la série classique, c'est se payer la tête des gens.
Par pierryves le 23/10/2009 LA BETE FABULEUSE est dans la lignée des deux, trois albums précédents. Ca n'est ni bon, ni mauvais. LANFEUST DE TROY reste une série sympathique de divertissement pur. C'est sans doute un brin trop long et l'équivalent de trois albums est en trop. Cinq tomes au total auraient été largement suffisants. Les décors sont excellents, tant par le dessin que par la mise en couleur. En revanche, je n'aime pas du tout le graphisme des personnages aux machoires proéminentes et aux traits carrés qui rappelle décidemment trop le Disney de la dernière période (de ALADDIN à ATLANTIS) déjà très influencée par le manga.
Par pierryves le 23/10/2009 Après deux albums médiocres, Tardi avait remonté le niveau avec TOUS DES MONSTRES. Avec LE MYSTERE DES PROFONDEUR il revient enfin à ce qu'on avait apprécié dans les quatre premiers albums. C'est loufoque, ça ne manque ni d'humour, ni de clins d'oeils. Donc c'est bon (mais quand même pas autant que MOMIES EN FOLIE qui, pour moi, reste le top de la série).
Par pierryves le 21/10/2009 Le format initial des planches étant celui du livre de poche (Super Pocket Pilote), celles-ci ont été agrandies pour la publication en album classique. Et ce qui est frappant, c'est que ça joue considérablement sur le style du dessin de Giraud. Agrandir les cases donne l'impression qu'elles ont été faites par un autre. Et je dirais même plus (comme dirait un certain D.), on dirait du Mézières ! - Cf les quelques planches western qu'il a eu l'occasion de dessiner au cours de sa carrière. Les histoires de ces trois premiers albums (le reste ne m'intéresse pas du tout) sont bonnes. Et si elles ont été faites à l'origine pour être publiées indépendemment les unes des autres, elles constituent au final des chapitres à une seule grande histoire. Seule la toute dernière qui se déroule à Fort Navajo est indépendante. Si on veut d'ailleurs effectuer une chronologie des aventures de Blueberry, elles n'a même rien à voir avec "la jeunesse". Elle se situe soit avant, soit après L'HOMME A L'ETOILE D'ARGENT (on y voit McClure jouer au poker avec lui). A signaler tout de même un défaut assez gênant : Les aventures de LA JEUNESSE DE BLUEBERRY se déroulent pendant la Guerre de Sécession. Et le problème des trois albums est que les uniformes des Confédérés sont aussi bleus que ceux des Fédérés. Donc, c'est plutôt ennyuyeux pour la compréhension immédiate. Visuellement, on ne distingue pas un Sudiste d'un Nordiste. Et ça c'est un peu dommage.
Par pierryves le 21/10/2009 Pas aussi bon que les deux suivants, mais ce premier album qui reprend les strips parus en 1971 dans France-Soir est tout aussi loufoque. Cette fois-ci les planches sont en noir et blanc (ce qui enlève beaucoup au charme qu'on trouve à COMMENT DECODER L'ETIRCOPYH et à N'IMPORTE QUOI DE CHEVAL) mais le style de Forest est toujours aussi égal. L'aventure se déroule en Ecosse (vu le titre ce n'est pas très surprenant) et convient tout à fait à l'esprit du non-sense constant qu'il y a dans l'album. Le seul vrai défaut vient du fait que certaines cases qui se suivent sont redondantes les unes par rapport aux autre (avec parfois exactement le même dialogue). C'est dû au fait que d'un jour à l'autre il fallait rappeler la situation au lecteur avant qu'il ne lise les trois ou quatre nouvelles cases du jour. sans doute pour que celui-ci ne soit pas trop largué, tellement l'histoire est sans queue ni tête. Je conseille plutôt les deux albums suivants, celui-ci n'étant pas essentiel à la compréhension de la suite (même si on rencontre pour la première fois le Destin d'Hypocrite et le fantôme de Lord Grumble).
Par pierryves le 19/10/2009 Un épisode en un album pour patienter avant une autre saga. C'est très classique, le dessin de Giraud s'affirme de plus en plus en s'affranchissant encore de l'influence de son mentor Jijé tandis que le scénario n'est qu'une variation sur le thème de Rio Bravo d'Howard Hawkes. On retrouve, comme dans le film, le sheriff et ses adjoints (un alcoolique et un jeunot dingue de la gachette) qui gardent en prison une fripouille qui doit être jugée, tout en résistant à une clique de gangsters qui veulent faire évader le vilain. Et puis le coup de la montre qui arrête la balle opportunément, c'est aussi du réchauffé. Donc, pas mal, mais déjà vu.
Par pierryves le 18/10/2009 Les cinq premiers BLUEBERRY constituent un ensemble d'une solidité impressionnante. Le scénario de Charlier est sans faille même si parfois on pourra peut-être trouver que les petites astuces de Blueberry pour échapper ou pour mystifier les Indiens (le clairon pour faire croire que l'armée arrive à la rescousse) sont un peu trop grosses. Cependant, on suit cette histoire fleuve avec grand plaisir et les personnages sont tous soigneusement étudiés. Il n'y a pas de caricatures (même McClure qui fait son apparition dans LE CAVALIER PERDU). Les auteurs sont des amoureux du Western et cette série est un constant hommage au genre fétiche d'Hollywood. Pour ce qui est du dessin, comme il s'agit du début des aventures de Blueberry, il faut - comme pour tout autre personnage - que Giraud se familiarise avec l'univers qu'il crée. Il ne se "lache" donc pas encore et son trait est très statique dans FORT NAVAJO puis dans TONNERRE A L'OUEST. Son style commence à s'affirmer dans L'AIGLE SOLITAIRE. Dans LE CAVALIER PERDU, de nombreuses planches sont exécutées par Jijé (avec qui Giraud a fait ses classes sur JERRY SPRING et ça se voit dans les deux premiers albums), ce qui parfois peut s'avérer troublant (Blueberry a parfois la même tête que Jerry Spring), mais au final, ça passe. Ce qui est plus surprenant dans LA PISTE DES NAVAJOS, c'est le manque de continuité dans la mise en couleurs. Dès la première planche on est surpris pas des couleurs flashy, limites fluos, qu'on n'avait pas auparavant. Au final de ce premier cycle, le style graphique de Giraud n'est pas encore à son apogée, mais les récits concoctés par Charlier sont très prenants (malgré des dialogues toutefois datés). Moi qui ne suis pas un adepte du western en BD, je dois dire que j'ai été convaincu par les débuts de BLUEBERRY.
Par pierryves le 18/10/2009 C'est complètement barré ! J'avais découvert cette aventure d'Hypocrite dans Pilote, mais je ne l'avais que par bribes, ce qui rendait le tout absolument incompréhensible, car l'histoire est loufoque (sur le conseil de son Destin, Hypocrite se fait passer pour une espionne afin d'être engagée par le Duc d'Arles pour de faire sauter le pont d'Avignon). Le dessin de Forest est vraiment original, très stylé. Cette réédition est de très bonne qualité, les gens de L'Association ont vraiment fait un très beau travail. Les couleurs sont très belles et le format (l'album est broché et pas cartonné comme le Dargaud d'origine et le papaier est plutôt luxueux) est très agréable.
Par pierryves le 05/10/2009 PHILEMON, c'est... hum... Fa-bu-leux ! A côté, ALICE AU PAYS DES MERVEILLES c'est de la gnognotte. C'est inventif, créatif, poétique. Une trouvaille à chaque page. Que dis-je ! A chaque case, oui. Ou presque (restons objectifs !). Dans LE PIANO SAUVAGE, plus que dans tout autre album, les inventions se succèdent avec plaisir (le campeur, le zèbre...) et si au départ le dessin de Fred paraît brouillon et patachon, on se détache très vite de ce genre de considérations tant le surréalisme de cette histoire qui baigne dans l'onirisme et dans l'humour subtil prend le dessus et nous fait lire cette histoire à toute vitesse. On en redemande. Les histoires courtes rajoutées en fin d'album sont également excellentes.
Par pierryves le 05/10/2009 Des histoires fantastiques n'ayant rien d'original, aux scénarios ultra-classiques (et même conventionnels) mais le dessin est de toute beauté et donne son seul intérêt à ces deux albums dont le second est quand-même beaucoup plus réussi. Classique mais solide.
Par pierryves le 04/10/2009 Pfiou !! C'est ce qu'on dit lorsqu'on vient de terminer la lecture (d'affilée) de SALAMMBO, CARTHAGE et MATHO. Quasiment à chaque fois qu'on tourne la page pour découvrir une de ces fameuses planches en deux pages truffées de détails avec l'habituelle grandiloquence de Druillet, premièrement je me prends une claque, et deuxièmement je me dis : "Ce type est fou". Mais au final de ce "péplum spatial" fleuve, on reste véritablement impressionné. Ce n'est pas ce que je préfère de Druillet (personnellement, LES 6 VOYAGES DE LONE SLOANE et DELIRIUS m'avaient plus plus - hihi, c'est marrant cette tournure !), notamment à cause de la technique des photos intégréees au dessin ou des images informatisées à la fin. Je conseille aussi toutefois de lire auparavant les albums que j'ai cités plus haut ainsi que GAIL pour resituer Lone Sloane et Yearl. Druillet indique aussi les musiques qu'il écoutait en dessinant l'album (la TETRALOGIE de Wagner - ce qui n'est pas surprenant - en tête de file). Personnellement avec LE SACRE DU PRINTEMPS en fond sonore, ça marche plutôt pas mal comme B.O. de cette BD.
Par pierryves le 03/10/2009 Depuis LEVE-TOI ET MEURS je trouve personnellement que le niveau ne cesse de baisser d'album en album. Les deux derniers ne m'ont vraiment pas laissé un souvenir impérissable. C'est simple, je les ai lus il y a trois jours et je ne me souviens même plus des histoires. Seuls les n°6 et 7 sont vraiment bons et éventuellement le n°3. Le reste est finalement trop banal et pas aussi inventif qu'on aurait pu croire. C'est de la série policière classique à laquelle il ne manque pas grand chose pour être vraiment bonne.
Par pierryves le 03/10/2009 Le genre de BD sur laquelle on flashe tout de suite. L'histoire burlesque au possible ne se prend jamais au sérieux. C'est rigolo, c'est fin, c'est subtil. Et le tout très bien dosé (le flegme britannique de la Victoria dans une situation plus que périlleuse, mais aussi loufoque, est très drôle. Le conflit de générations entre momies n'est pas mal non plus). Le dessin est fabuleux jouant aussi bien sur le clair obscur que sur le trait particulièrement fin des personnages. Chacun d'eux a d'ailleurs une réelle personnalité, même les plus secondaires. Bref, un véritable bijou à posséder absolument. Une bédé à la fois artistique et divertissante. Et c'est suffisamment rare pour être signalé.
Par pierryves le 28/09/2009 Toujours aussi fastidieux, mais cette fois-ci je mets 3/10 au lieu de 2/10 pour les quelques couleurs vives qui permettent de "respirer" ainsi que pour la petite touche d'humour insufflée aux dialogues de S.O.6.
Par pierryves le 28/09/2009 Toujours aussi fastidieux, mais cette fois-ci je mets 3/10 au lieu de 2/10 pour les quelques couleurs vives qui permettent de "respirer" ainsi que pour la petite touche d'humour insufflée aux dialogues de S.O.6.
Par pierryves le 27/09/2009 Une jolie bédé écolo non dénuée de poésie. Ca manque peut-être un peu d'épaisseur, mais le noir et blanc du dessin de Comès palie en partie ce manque et lui donne une petite touche de gravité bienvenue.
Par pierryves le 27/09/2009 Après 7 tomes, j'en reviens à mon avis initial concernant LES NAUFRAGES DU TEMPS. Les neuf premières planches sont donc parues en 1964 dans un journal aujourd'hui oublié (Chouchou) et effectivement dans le paysage français de l'époque c'était nouveau. La SF n'étant en France que très confidentielle, même underground. Puis, en 1967 il y eut VALERIAN de Mézières et Christin, en 1969 il y eut la nouvelle mouture de LONE SLOANE de Druillet, puis il y eut Moebius, puis il y eut Bilal, etc... Et en 1974 Forest et Gillon ont enfin pu reprendre la publication des NAUFRAGES dans France Soir, soit l'équivalent des deux premiers albums. Entre la création de la série et sa reprise, il s'est donc écoulé 10 ans pendant lesquels la SF a connu un boum grâce notamment aux auteurs / dessinateurs cités plus haut. Et lorsque Forest et Gillon ont repris leur série, ils ont conservé le même style passéiste très fifties des débuts sans jamais tenir compte de l'évolution du genre. Ils ne pouvaient certes pas changer du tout au tout d'un seul coup pour conserver une continuité nécessaire par rapport aux neuf planches originelles. Mais faire évoluer le style au fur et à mesure aurait été bienvenu. Au lieu de ça on en reste au niveau de la SF à papa avec des extraterrestres à tête de chèvre ou de tapir et des vilains envahisseurs n'étant rien d'autre que des rats. Possible en 1964, totalement ridicule en 1974 et après. Lorsqu'on voit qu'au moment où paraissaient pour la première fois les albums des NAUFRAGES DU TEMPS, sortaient également des albums fabuleux, d'une richesse incroyable, foisonnant d'invention et de créativité (VALERIAN) ou tout simplement révolutionnaires (Druillet), on a du mal à comprende aujourd'hui pourquoi on nous présente cette série comme étant révolutionnaire. Le style est ampoulé, les dialogues pénibles et interminables (s'agit-il seulement de dialogues ? On a un peu trop souvent l'impression de suivre des cours de biologie ou d'astronomie ou des exposés de technologie pour nous expliquer le fonctionnement de tel organisme, de tel mécanique ou de tel système planétaire). Ca se prend très au sérieux. C'est froid, glacé, figé, sans âme. Et on n'est d'autant moins aidé que le héros, Christopher Cavallieri, n'est absolument pas sympathique. Ses histoires avec ses 3 femmes (dont les dialogues sont à pleurer de niaiserie) tournent au ridicule à force de se prolonger plus que de raison. D'ailleurs tout est prolongé artificiellement. On se demande où se trouve l'intérêt de cette histoire et arrivé au SCEAU DE BESELEK on ne se souvient plus du tout quel est le but des personnages. Ils ont l'air de s'ennuyer autant que nous. Les décors sont plats et sans personnalité et les vaisseaux spatiaux tiennent plus du fer à repasser où du frigo qu'avec des vaisseaux dignes de ce nom. Et que dire des couleurs ! Apparemment ça a toujours été un problème dans cette série. Mais là c'est catastrophique. Derrière les couvertures luxueuses de cette nouvelle série de rééditions se cachent des planches d'une fadeur à faire peur. Il n'y a jamais de couleurs franches. Toujours des verts, des gris, des violets ou des marrons et beaucoup de noir. Jamais de rouge ou de jaune, jamais rien de lumineux. Jamais rien qui fasse rêver. C'est sinistre à vous rendre presque neurasthénique. Bref, LES NAUFRAGES DU TEMPS est pour moi la série SF la plus ringarde et inintéressante que je connaisse. La plus surestimée et la plus prétentieuse.
Par pierryves le 27/09/2009 On trouve dans cet album quelques magnifiques planches de Druillet. Certaines sont de toute beauté (si toutefois, on est réceptif à son style). Le gros défaut d'YRAGAËL est son scénario et ses dialogues. Le texte est certes difficile à lire à cause de son graphisme (et non de sa police ;-) On est en 1973 et tout se fait à la main et non par ordinateur, si je peux me permettre) mais reste tout à fait lisible. Cependant on ne comprend pas grand chose, c'est très brouillon et le style de Demuth est franchement trop ampoulé et pompeux, ce qui le rend immanquablement très prétentieux. C'est bien simple, c'est tellement amphatique qu'on pourrait croire à une mise en images des chansons de Magma (groupe jazz-rock progressif pompeux français des années 1970 récemment ressuscité). Enfin bref, YRAGAËL n'est à réserver qu'aux inconditionnels de Druillet. A noter que les couvertures des rééditions actuelles des albums de Druillet sont vraiment laides et que, encore une fois, les nouveaux éditeurs auraient du conserver les originales.
Par pierryves le 24/09/2009 Pas un chef d'oeuvre indispensable de la BD, mais certainement un très beau livre, plein de finesse et de poésie. Très original et particulièrement bien mis en valeur grâce au dessin et a la colorisation parfaite. Un vrai petit bijou d'histoire onirique.
Par pierryves le 24/09/2009 Une oeuvre qui se mérite. Le style de Druillet est fascinant. C'est bien le mot, car je ne peux pas dire que j'aime ou que je n'aime pas. En fait, j'adore autant que je déteste, et c'est cela qui crée cette fascination chez moi. DELIRIUS est à mon goût le meilleur Lone Sloane que j'ai lu car il bénéficie d'un très bon scénario de Lob. On pourrait présenter cette histoire comme étant une sorte de péplum spatial baroque avec toutefois une trame plus proche du western ou du film de gangsters. On lit constamment à droite et à gauche que tel ou tel dessinateur est génial, juste parce qu'on aime son travail, et les gens sont ourageusement dityrambiques mettant du génie là où il n'y en a pas en galvaudant ce terme. Pour ce qui est de Druillet, il est évident qu'il y a un avant et un après Druillet. Ce gars-là a créé quelque chose de fondamentalement nouveau (contrairement à un Gillon par exemple qui à la même époque était incapable de se dépétrer d'un style passéiste en s'engluant dans des NAUFRAGES DU TEMPS fifties et dépassés) même si le style du dessin est très daté, très ancré dans son époque - le début des années 1970. C'est le genre d'album qu'on lit en écoutant Frank Zappa ou Pink Floyd. DELIRIUS ainsi que LES 6 VOYAGES DE LONE SLOANE (avec sa magnifique couverture originale) sont les deux indispensables Sloane. A ne pas manquer non plus les deux excellentissimes parodies de Gotlib (avec ou sans Druillet himself - car il a de l'humour) dans la RUBRIQUE-A-BRAC Tome 5 ("L'Allée aux cent collines" et "Terra me voilà"). GAIL est en revanche bien moins inspiré.
Par pierryves le 23/09/2009 Un très bon album à mon avis, mais je ne suis pas du tout un expert en Lucky Luke. Je dois bien admettre que je n'ai jamais été fan du dessin super moche de Morris. Mais ses personnages sont intéressants. Et bien que Goscinny soit le scénariste (pour la période classique), ça ne me passionne pas plus pour autant (comme Iznogoud). Je trouve le regretté René bien meilleur et plus inspiré pour Astérix, Oumpah-Pah ou Les Dingodossiers.
CANYON APACHE est un album qui - je trouve - se rapproche plus d'Astérix par son humour absurde (la cavalerie qui chante des chants irlandais est fameuse) et c'est bien évidemment ce qui le rend meilleur à mes yeux. Et rien que la couverture est excellente. Avec LE PIED TENDRE et MA DALTON, qui sont beaucoup plus "dans le moule", on a là trois des meilleurs albums de Lucky Luke période Dargaud. Il me reste maintenant à lire ceux de la période Dupuis. |
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||