Les avis postés par excessif
Par excessif le 19/11/2009 Au milieu du flot de rééditions d'intégrales des classiques de la BD de notre enfance, les responsables de cette nouvelle édition de "Yoko Tsuno", petite héroïne asiatique, électronicienne et féministe de la maison Spirou (que je ne fréquentais d'ailleurs pas à l'époque…) ont eu la fausse bonne idée de ne pas travailler "bêtement" de manière chronologique, mais de regrouper les albums par thème. Fausse bonne idée en effet, car ayant pour effet immédiat de pointer les répétitions et redites de scénarios qui ne nous paraissent, du coup, plus très originaux arrivés à la fin des 160 pages : au lieu du plaisir proustien que les lecteurs ressentaient à l'époque en retrouvant des lieux et personnages occasionnellement récurrents (Ingrid, les Bords du Rhin), on frôle ici le ressassement. Qui plus, la GRANDE faiblesse de la série - que je découvre donc avec des décennies de retard - ce sont ses scénarios emberlificotés, pleins d'incohérences aussi bien dans leur logique que dans le comportement parfaitement invraisemblable des personnages. Du coup, même si je sais bien qu'on est ici dans la fiction enfantine, on n'y croit rapidement plus, et on a le sentiment de glisser au fil des ces intrigues sans impact ni profondeur. Ah ! Par contre, il est indiscutable que la jeune et jolie Yoko, avec sa tendance à prendre tout au sérieux et à philosopher (la culture japonaise telle que se l'imaginait Roger Leloup ?), est une héroïne charismatique. Nous y reviendrons donc !
Par excessif le 09/11/2009 Comme s'ils avaient entendu ma (légère) critique à la lecture de "Bienvenue à Boboland", Dupuy et Berberian ont cette fois magnifiquement élargi leur perspective… du Canal St Martin à la Planète toute entière, "menant leur enquête" sur le principe que le Bobo parisien - semblable en cela à celui de Buenos Aires, Reykjavik et ailleurs, est le produit, mais aussi le vecteur privilégié, en même temps que la face la plus visible du capitalisme financier dont nous voyons les effets "globalement" destructeurs depuis deux décennies au moins. Et là, "Global Boboland" devient bien mieux et bien plus qu'un autre bouquin de vannes malignes sur la bêtise humaine, pour se transmuter en pamphlet politique des plus virulents : il y a en particulier dans l'enchaînement des trois ou quatre derniers récits qui composent ce recueil une montée en puissance remarquable, une force dont on ne pensait pas Dupuy & Berberian capables. Inutile de dire que ce livre, largement hilarant, est aussi le plus glaçant qu'ils aient produit à date, et se révèle un ouvrage important en ces temps sombres où même la catastrophe planétaire produite par la bêtise avide de nos dirigeants n'a pas réussi à renverser un système fou et absurde : Dupuy et Berberian sont visiblement furieux, et, même si on peut leurs être reconnaissants de clore leur brûlot par une case, ou plutôt une bulle ("Ça va, ça va. Je réfléchis.") qui pourrait laisser entendre qu'il reste un peu d'humanité dans le cœur des grands banquiers, on est tous aussi furieux qu'eux.
Par excessif le 08/11/2009 Peut-être plus passionnant encore que les deux premiers tomes des "Gouttes de Dieu", ce troisième volume voit Agi nous éduquer de manière particulièrement pointue sur les alliances - les "mariages" plutôt - entre vins et plats, et sur l'art et la manière de composer l'accompagnement en vins d'un repas complexe, d'une façon qui, je dois l'avouer, dépasse largement ce que j'ai pu lire sur le sujet dans maints ouvrages techniques français : et c'est tout bonnement bluffant… à condition qu'on s'intéresse à ce genre de choses, cela va sans dire, car sinon, on risque fort de s'endormir sur le livre ! Du côté plus classiquement ludique, Agi et Okimoto pimentent ce premier récit de scènes mélodramatiques classiques du plus bel effet, ce qui fait qu'on nage en plein bonheur. Ensuite, les trois derniers chapitres se dispersent un peu, et nous font attendre avec impatience le duel vins français contre vins italiens, tant il me semble que Agi soulève ici une question fondamentale : la capacité des vins français à offrir du plaisir dans des gammes de prix basses… A suivre, donc...
Par excessif le 31/10/2009 De par son principe même (Trondheim tient son carnet de bord, transformant des situations quotidiennes, souvent anodines, parfois excentriques, en sortes de "BD-haïkus" drôles, voire parfois poétiques), "Les Petits Riens" verra son intérêt varier, très logiquement, en fonction des (micro- ou macro-) événements de la vie de son créateur. Dans "Mon Ombre au Loin", on est gâtés : entre voyages au bout de monde - ou juste à quelques centaines de kilomètres - toujours propices aux gags de la découverte décalée d'us et coutumes étrangères (depuis Voltaire, on sait quelle mine de gags, mais aussi de commentaires pertinents sur soi-même cela peut constituer !), et découverte d'inquiétants polypes dans la fosse nasale de cet incorrigible hypocondriaque qu'est Lewis Trondheim, il y a ici matière à rire (jaune, parfois, mais on aime ça)… Mais, qu'il decouvre la nuit Madrilène (oui !), les looks des habitants de San Francisco, l'le déficit de voyelle dans la langue tchèque ou de gros trucs de sang glaireux qui lui sortent du nez, Trondheim reste un dessinateur inspiré et un chroniqueur indispensable de nos propres angoisses et lâchetés.
Par excessif le 23/10/2009 Mais qu'est-il arrivé à Gilbert Hernandez ? Comment a-t-il pu concevoir ces 120 pages d'horreurs, de désespoir, cette peinture nihiliste d'une sous-humanité à jamais perdue : pédophilie dans une décharge, sadomasochisme fatal, sables mouvants engloutissant une mère serrant son enfant dans ses bras, et surtout, surtout une dévorante haine de soi consumant Empress, la pauvre héroïne de cette triste descente aux enfers en 3 étapes. Loin, bien loin de l'humanité chaude et bouleversante de Palomar City, bien plus près oui des cauchemars vaguement obscènes d'une sorte de cinéma déjanté. Alors, oui "L'enfer est pavé de bonnes intentions" est un récit radical qui empoigne son lecteur... c'est un livre marquant, et ce d'autant qu'il a l'intelligence de se refermer sur le silence et le lent engourdissement d'une vie condamnée dès le départ. Mais c'est quand même à mon avis, de par sa démonstrativité un peu racoleuse, une œuvre mineure au sein de l'univers majestueux de "Love and Rockets"...
Par excessif le 21/10/2009 Il a donc fallu 4 volumes de préparation, de mise en forme, de tâtonnements, d'erreurs pour en arriver à ce 5ème tome qui synthétise parfaitement le projet d'Okhubo : un scénario assez classique (l'école, la tradition, l'apprentissage, le complot et la menace extérieure, les tensions entre les élèves,... Euh Harry Potter, quelqu'un ?), un dessin expérimental qui cherche à exprimer d'une manière plus libre et... nouvelle, aussi, mouvements du corps comme ceux de l'âme, des poussées triviales bien venues - le sexe, tendance ado boutonneux, mais aussi toutes les petites vilenies de la vie - qui ramènent le récit vers le concret, et un humour très premier degré, pas très fûté, se permettant parfois quelques belles envolées vers la dérision. On sentait le potentiel dans les 4 premiers tomes, mais la difficulté de lecture (des dessins brillants mais peu lisibles) et le manque de ligne directrice dans l'intrigue faisaient qu'ils nous tombaient des mains... Et là, miracle, tout se met en place pour 192 pages de fantaisie, de plaisir, et de stimulation aussi - la difficulté de compréhension reste là, mais on prend goût à décortiquer ces images pour en extraire le sens... Et si moi, le lecteur réticent, j'avais fini par faire la moitié du chemin vers "Soul Eater" ?
Par excessif le 17/10/2009 Difficile de ne pas crier "à l'escroquerie" en découvrant ce très mince recueil de 32 planches, réunissant deux épisodes récents de la géniale saga de Beto Hernandez, "Palomar City" : 9 Euros pour un aussi mince volume, quelle que soit l'admiration (éperdue) que l'on porte au monumental grand œuvre "Love and Rockets", c'est de l'exploitation pure et simple de notre passion de fans. Bon, une fois notre mauvaise humeur exprimée, on ne peut que s'incliner devant l'habituelle fantaisie du récit, sa profondeur symbolique et son énergie vitale. Toutes choses que l'on sait depuis que l'on a plongé le nez pour la première fois dans la saga des Frères Hernandez. Mais comme manque ici l'ampleur littéraire du roman fleuve, misérablement saucissonné, il est difficile de faire quoi que ce soit de ces émotions qui naissent en nous ! Coitus Interruptus !
Par excessif le 16/10/2009 On n'avait pas lu une telle BD depuis le mémorable "Amour Propre" de Martin Veyron (datant quand même de 1983 !) : des dessins à la fois vraiment "hard" et totalement fun, qui au final conjuguent charge érotique - l'amour dans tous ses états sort renforcé, voire même magnifié par l'humour, quand il est aussi juste, voire tendre - et ironie joyeuse quant à des pratiques qui nous concernent tous. A la fois satire sociale et glorification du désir - car même le désir le plus terre-à-terre a sa part de gloire, même les fantasmes les plus ridicules célèbrent la vie, non ? - "Happy Sex" est un régal de BD pornographique et hilarante. Oui, après le régal de "l'Enfer des Concerts", Zep confirme qu'il vaut infiniment mieux que son (trop) célébré Titeuf !
Par excessif le 13/10/2009 Dans les 3 aventures, dont deux longues d'une centaine de pages, rassemblées dans le second tome de cette belle anthologie, Astro Boy rencontrera la superbe Cléopâtre, reine d'Egypte, qui n'est bien entendu qu'un robot aux mains de vils manipulateurs qui convoitent le pouvoir. Il retrouvera - sans le reconnaître - son père, le professeur Tenma, dont le comportement pour le moins ambigu (sans parler du fameux chapeau / masque) ne nous est pas très sympathique. Il ira sur la Lune se frotter à un grand robot ridicule (portant un casque à cornes !) parfaitement crétin, mais tellement maternel. Et il se battra, pour finir, contre de dangereux évadés qui veulent s'emparer des réserves d'uranium du Japon, mais dont l'un est surtout obsédé par le rêve de terminer l'œuvre de sa vie : son fils-robot auquel il veut conférer des pouvoirs qui le distingueront de la masse des autres robots. On aura compris que rien ne freine l'imagination délirante d'Osamu Tezuka, mais aussi que, dans le fond, tout cela n'est guère que l'histoire du manque d'amour entre un père et son fils, et de la triste terreur qui saisit tous les enfants abandonnés et obligés de se frotter seuls à toute la méchanceté du monde…
Par excessif le 03/10/2009 Après un premier tome particulièrement séduisant, on était en droit de se demander comment Agi et Okimoto pouvaient tenir leurs lecteurs en haleine, tout en continuant à "les éduquer" sur les mystères du vin : ce second volume dessine plus clairement le projet derrière les "Gouttes de Dieu", en développant un certain nombre d'intrigues secondaires, et en multipliant les rencontres avec de nouveaux personnages - non centraux au récit - mais dont la destinée est influencée par le vin, la connaissance ou plutôt la méconnaissance qu'ils en ont. On appréciera particulièrement les notes très mélodramatiques de certaine aventure amoureuse, qui se conjuguent bien avec l'envol d'un grand Bourgogne, et le débat - qui est une vraie question pour les amateurs de vins - sur la capacité des vins français à se mesurer à leurs rivaux du monde entier (ici, les vins italiens) dès qu'on souhaite rester dans des niveaux de prix abordables. A consommer sans modération, donc…
Par excessif le 27/09/2009 Comme pour le tome 2 de "Palomar City", j'ai trouvé assez "ardu" de se replonger dans l'univers riche et complexe de "Locas", la multiplication de personnages (pas toujours reconnaissables d'ailleurs, le trait élégant de Jaime Hernandez ayant tendance à "uniformiser" quelque peu la beauté de ses héroïnes) et d'intrigues. Mais, même en n'étant pas sûr d'y comprendre grand chose, entre histoires de familles déchirées et de cœur pas en meilleur état, le charme a opéré quand même, peu à peu. Finalement, il s'agit plus ici de pénétrer un univers, d'y trouver peu à peu ses marques, (presque) de construire une relation avec des personnages qui nous deviennent infiniment proches et chers, au fil des trois ent pages et quelques de ce deuxième volume des "aventures" de Maggie (qui devient ici Perla) et de Hopey... qui sont cette fois séparées et galèrent rudement chacun ed leur côté... Jusqu'à ces retrouvailles romantiques et foudroyantes, dans les dernières pages, qui mettront les larmes aux yeux des plus radicalement punks d'entre nous.
Par excessif le 27/09/2009 Il faut avouer que la lecture de "Locas" désoriente d'abord : multiplicité des personnages, succession d'aventures ou de chroniques à la longueur et au rythme disparates, oscillation permanente entre la réalité de la jeunesse latino de Los Angeles, et un univers vaguement futuriste paradoxalement traité avec autant de réalisme... Jaime Hernandez frappe fort, et l'on comprend peu à peu pourquoi ces excitantes "Locas" sont aujourd'hui considérées comme un modèle du genre, voire l'exemple ultime de ce que la BD peut faire lorsqu'elle s'attèle à nous parler de nous, de nos désirs (même bisexuels, comme ici...) et de notre résistance à un monde absurde et pourtant enivrant. Au bout des 350 pages, Hope et Maggie sont devenues nos sœurs, nos amies, nos amantes. Vivement le deuxième tome...
Par excessif le 27/09/2009 2009 : Riad Sattouf est devenu un cinéaste à succès avec ses "Beaux Gosses", et ce n'est que justice. 2009 : les planches du troisième tome de Pascal Brutal sont publiées en avant-première dans les Inrocks, et ça nous gâche un peu le plaisir de la découverte de ce troisième tome (le "cube", en "édition chromium", s'il vous plaît !), pourtant le plus brillant à date, du plus bel héros post-moderne de la France ultra-libérale. Pourquoi le plus brillant ? Eh bien, lisez seulement les 8 pages de "Pascal Brutal d'Arabie", et imaginez ce que Ben Laden en pense, depuis sa grotte afghane, de ce petit salopard de Syrien de Riad Sattouf ! Ou savourez aussi les 4 pages muettes qui illustrent l'absolue "virilité" de Pascal Brutal, plus fort que Schwarzie et Stallone réunis, et avouez-le : ne rêvez-vous pas, monsieur, d'être un tel homme au moins une fois dans votre vie. Et vous madame, ne fantasmez-vous pas sur ce concentré extrême de masculinité ? Je suis sûr d'ailleurs que Sarko et Carla seraient d'accord avec moi… LOL, oui, LOL au cube !
Par excessif le 12/09/2009 Après la (encore légère) déception du 3ème tome des aventures noires et roses de notre "Vierge des Bordels", la descente aux enfers (enfin, pas tout-à-fait) de la belle série "Miss Pas Touche" continue avec ce "Jusqu'à ce que la Mort nous Sépare", qui conclut de manière peu convaincante le second cycle… Cela commence avec le dessin, qui n'a jamais été le point fort de la série, mais qui, en gagnant une clarté mal venue, dépouille le récit de cette ambiance un peu tordue qui y ajoutait un charme indéniable. Cela se poursuit avec le scénario, pour le moins léger, qui fait que toute cette histoire nous laisse finalement indifférents. Reste qu'il faut signaler un vrai - petit - coup de génie ici, puisque l'identification - stupide mais automatique - d'une héroïne présentée comme "moderne" en ce début de XXè siècle à des valeurs qui sont les nôtres, fait que nous n'encaissons que plus violemment le décalage final entre ses préjugés et ce que nous, lecteurs de 2009, ressentons viscéralement. Oui, il y a là une vraie belle idée, et l'on se dit après coup que cette idée a sans doute a été le moteur et la motivation profonde dans la construction de ce second récit. Du coup, on est prêts à pardonner beaucoup…
Par excessif le 07/09/2009 Est-ce le fait que je commence à m'habituer à "Soul Eater" au quatrième tome, après ce qui a peut-être été un "choc culturel" pour moi, qui n'était pas vraiment habitué à la lecture de mangas "pour ados" (je ne sais pas trop ce que ça signifie, malgré tout, ayant toujours considéré la BD comme un genre "trans-générationnel"…) ? Ou ce quatrième tome est-il vraiment supérieur aux trois premiers ? Toujours est-il que j'ai pris beaucoup de plaisir à l'hilarant épisode de "l'examen écrit de la mort" - un épisode sans baston, purement humoristique -, ainsi qu'à la délirante rencontre entre Kid (le dieu de la mort obsédé par la symétrie) et le Hollandais Errant : certaines images y atteignent une sorte de sublime par leur conjugaison d'une imagination plus que délirante (le Hollandais dont la tête a été tranchée dans les deux sens… Si, je vous jure que c'est délirant, et pas stupide !) et d'une technique graphique exceptionnelle. Dommage seulement que l'histoire centrale, celle du combat entre sorcières et Shibusen reste toujours aussi incompréhensible...
Par excessif le 20/08/2009 Quelle drôle d'idée que ce manga didactique, visant à éduquer le Japonais moyen au vaste sujet des vins, non ? Le Français arrogant en nous peut même facilement se sentir vaguement condescendant sur le sujet. Sauf que Agi et Okimoto placent d'emblée la barre très haut en dissertant brillamment sur le Romanée-Conti, éveillant d'emblée l'intérêt de n'importe quel passionné, de quelque nationalité qu'il soit. Force est donc de reconnaître qu'on dévorera (non, fausse image, qu'on dégustera) les 200 et quelques pages de ce premier tome, passionnés par les très pertinentes informations techniques (certaines discutables, mais le vin est aussi une question d'opinion, et un peu de mauvaise foi passionnée est toujours bienvenue) comme par le scénario construit autour de cette découverte organisée de l'univers des grands vins, certes un peu "alambiqué" (hi hi) mais non dénué de résonances émotionnelles. Pour le moment, "Les Gouttes de Dieu" est une belle réussite, avec de vrais moments de grâce quand il s'agit par exemple d'évoquer visuellement les sensations provoquées par un grand vin.
Par excessif le 16/08/2009 "Soul Eater 3", comme les deux tomes précédents, alterne les moments de franc délire, assez sympathiques - on appréciera particulièrement l'épisode "Excalibur" qui désacralise avec un humour potache du meilleur effet l'un de nos mythes -, et les scènes finalement assez conventionnelles : on reste en effet ici fidèle aux codes habituels des récits d'arts martiaux, même dissimulés au cœur d'un univers "gothique" occidental, et "Soul Eater" n'est bien, derrière son explosive audace formelle, qu'un manga pour adolescents comme les autres. Si l'on ajoute la difficulté que semble avoir Ohkubo à conférer de la cohérence à son univers original (n'est donc pas Tim Burton qui veut…), et à construire une vraie narration qui relie les différents épisodes, force est de constater que "Soul Eater", en dépit de son excellente réputation, risque bien de rater l'opportunité de devenir un manga qui marque vraiment son époque.
Par excessif le 30/07/2009 Avec ce superbe "Révolutions", Trondheim et Sfar prouvent que produire moins (le rythme de production des "Donjons" ayant sérieusement baissé ces derniers mois) leur permet de retrouver une inspiration bienvenue : si je n'avais pas peur d'être trop enthousiaste, "Révolutions" va chercher le souffle de l'aventure du côté du classicisme d'un Swift... Car, comme dans "Gulliver", Sfar et Trondheim conjuguent l'émerveillement (ou la terreur) de la découverte d'un monde aux règles fondamentalement différentes (ce morceau de planète dont la rotation accélérée oblige ses habitants à trouver des moyens originaux pour survivre), et la métaphore politique (car ici comme dans notre bonne vieille réalité, les conditions extrêmes sont parfaitement favorables à l'éclosion des tyrannies). On se régale donc ici de situations joliment délirantes, tout en réfléchissant à cette terrible nature humaine qui nous fait nous asservir volontairement aux désirs des politiques et des puissants, manipulateurs nés (y a-t-il quelque chose de Sarkozy chez l'ignoble Takmool ?). A la fin, il faut bien reconnaître que toutes ces révolutions n'ont amené nul progrès ("Meet the new boss, same as the old boss", comme chantait Townshend ?), mais on aura au moins eu en chemin notre content de baston gore et de sensualité paillarde (ah ! ces ourses plantureuses aux gros seins !)...
Par excessif le 18/07/2009 Bilal est l'un des plus grands illustrateurs de notre génération, et son dernier-né, "Animal'z" est un bonheur graphique de tous les instants : une nouvelle technique, de nouvelles textures, de la pure beauté. Mais, même si peu de gens osen le dire, Bilal est un piètre artiste de BD : scénarios incohérents, narration lourde, poncifs pontifiants au service d'une noirceur post-apocalyptique fatiguante... Il fait avouer que les livres de Bilal nous tombent des mains (et je ne parle pas de ses films, simplement atroces !). "Animal'z" ne fonctionne guère que lorsque Bilal abandonne ses épouvantables vélléités philosophiques (oh, les citations des duellistes, une sorte de summum dans la vacuité prétentieuse !) ou ses pénibles obsessions sci-fi (ici, l'osmose humain-animal) : un peu de plagiat de "Massacre à la Tronçonneuse", quelques souffles amoureux entre ses personnages-symboles indifférenciés, un tout petit peu de vie au sein d'une oeuvre imposante mais asphyxiée...
Par excessif le 17/07/2009 Avec ce superbe "Révolutions", Trondheim et Sfar prouvent que produire moins (le rythme de production des "Donjons" ayant sérieusement baissé ces derniers mois) leur permet de retrouver une inspiration bienvenue : si je n'avais pas peur d'être trop enthousiaste, "Révolutions" va chercher le souffle de l'aventure du côté du icisme d'un Swift... Car, comme dans "Gulliver", Sfar et Trondheim conjuguent l'émerveillement (ou la terreur) de la découverte d'un monde aux règles fondamentalement différentes (ce morceau de planète dont la rotation accélérée oblige ses habitants à trouver des moyens originaux pour survivre), et la métaphore politique (car ici comme dans notre bonne vieille réalité, les conditions extrêmes sont parfaitement favorables à l'éclosion des tyrannies). On se régale donc ici de situations joliment délirantes, tout en réfléchissant à cette terrible nature humaine qui nous fait nous asservir volontairement aux désirs des politiques et des puissants, manipulateurs nés (y a-t-il quelque chose de Sarkozy chez l'ignoble Takmool ?). A la fin, il faut bien reconnaître que toutes ces révolutions n'ont amené nul progrès ("Meet the new boss, same as the old boss", comme chantait Townshend ?), mais on aura au moins eu en chemin notre content de baston gore et de sensualité paillarde (ah ! ces ourses plantureuses aux gros seins !)...
Par excessif le 17/07/2009 Il suffit d'être clair : Tezuka est l'un des vrais génies de la BD et du dessin animé à la fois, au niveau des Disney, Miyazaki ou Hergé, et Astro Boy est son grand oeuvre. Il est aussi l'un des inventeurs du manga moderne, soit quand même l'une des formes de littérature dominantes en ce début de XXIè siècle. Tout cela est bien connu désormais, presque "institutionalisé", mais ne garantit pas pour autant notre plaisir à la découverte d'une oeuvre datant du début des années 50. Or, Astro Boy est tout simplement soufflant, entre le graphisme au dynamisme enthousiasmant - on remarque même ça et là un désir de transcender la rigidité de la case - et scénarios délirants, mêlant violence réaliste (oui, on meurt dans Astro Boy !) et surréalisme poétique. Ces 200 pages nous emmènent jusqu'au Cap - déchiré par les préjugés "raciaux" - et au Pôle Sud, nous font découvrir les beautés d'une promenade poétique dans les sous-bois tokyoïtes, nous expliquent que les robots souffrent aussi, nous rappellent que le meilleur endroit du monde, c'est les genoux d'une mère, sont tout simplement parfaites, et confirment ce qui n'avait pas besoin de l'être, que le génie transcende les époques.
Par excessif le 12/07/2009 "Megan" est une excellente surprise : après 4 tomes qui m'avaient laissé dubitatif, avec une créativité graphique qui jouait contre la lisibilité de l'histoire, et des scènarios hyper-ambitieux et confus, le cinquième volume de W.E.S.T. est tout simplement fascinant de bout en bout. En délaissant la fresque historique (même s'il reste - et c'est très bien comme ça - un contexte judicieux, celui du capitalisme (déjà) inhumain et barbare d'il y a un siècle) pour se recentrer sur le fantastique pur (une histoire de possession vraiment origianle, et il n'y a en plus tant que cela...), en travaillant les personnages qui semblent - enfin ! - transcender les stéréotypes - originaux certes, mais assez inhumains - qui les définissaient pour souffrir et aimer, en portant à une indéniable perfection formelle le graphisme, toujours aussi original, sans que celui-ci ne nuise à la tension du récit (il reste bien encore quelques enchaînements manquant de logique et de fluidité...), "W.E.S.T." atteint enfin à l'excellence. On attend la suite avec impatience.
Par excessif le 11/07/2009 Sans doute faut-il accepter que nous avons déjà lu le meilleur de Taniguchi, et que chaque nouveau livre du maître du manga "adulte" sera une légère déception par rapport à l'enchantement du "Journal de mon Père" ou de "Quartier Lointain". "Un Zoo en Hiver", auto-biographie des années de formation de Taniguchi comme mangakan commence de manière un tantinet plan plan, le icisme parfait du dessin de Taniguchi ne contrastant pas assez avec la relative banalité de son sujet. Et puis, et puis, dans les 70 dernières pages, Taniguchi nous sort un somptueux mélodrame en mode mineur, nous révélant que son Art n'a pu éclore que dans la chaleur d'un premier amour, pour s'épanouir dans la tristesse de la perspective de la perte définitive de l'être aimé. A la dernière page, on touche du doigt la tragédie intime d'un artiste qui peut sauver ses personnages dans son monde imaginaire mais sait qu'il ne pourra rien faire pour la femme qu'il aime, dans la "vraie vie". Un livre simple, donc, mais profond... Du Taniguchi, quoi !
Par excessif le 02/07/2009 Après la (très très) légère déception du second tome de "Gus", on attendait avec impatience la suite des très conceptuelles aventures de notre cow boy favori : eh oui ! Gus est passé dans notre cœur devant Lucky Luke et Blueberry, et ceux qui ne nous comprendrons pas n'ont tout simplement pas lu "Ernest"… Car "Ernest" n'est ni plus ni moins que ce que Blain a fait de mieux à date - mieux encore que certains tomes transcendants de "Issac le Pirate", c'est dire ! Car la merveilleuse surprise de ce troisième tome, c'est que Blain réintroduit le "vrai" western - à mi-chemin entre Eastwood (l'improbable massacre au saloon final qui renvoie directement à la conclusion de "Impitoyable") et Walsh - sans pour autant délaisser la complexité des états d'âme de ses outlaws perdus face à leurs propres pulsions, comme face à ces femmes mystérieuses et fortes qu'ils n'arrivent jamais à vraiment comprendre. Le premier récit, "Ernest" est proprement vertigineux, adressant de manière aussi subtile que hilarante le décalage entre l'image "publique" d'un homme - ici, des outlaws, mais qu'importe… - et son propre sentiment d'imposture. Quant au troisième, "Angie, Anita, Anton", sans doute le western le plus "classique" de Blain (éleveurs de bétail contre paysans du coin, on est en territoire connu), il y souffle un mélange d'humour et de profonde dépression régulièrement balayé par le souffle de l'aventure : une GRANDE BD !
Par excessif le 28/06/2009 Je ne loupe jamais un nouveau Vuillemin, et à chaque fois, après avoir bien ricané, rigolé, déliré (c'est selon les pages), j'en arrive à la même conclusion et aux mêmes questions existentielles : d'abord, d'où viennent ces histoires drôles qui semblent apparaître par génération spontanée en même temps partout sur la planète ? S'agit-il de la preuve ultime de l'existence de Dieu, qui assis sur son trône céleste (les gogues, d'après Vuillemin) nous défèque allègrement sur la tête ? Ensuite, qu'est-ce qui peut faire qu'un artiste doué comme Vuillemin ait choisi un jour de tout abandonner pour se consacrer à cette humble tâche de répertorier, d'illustrer et d'immortaliser ces pets et ces étrons divins ? Finalement, Vuillemin, c'est un peu l'austère moine copiste dédiant son existence aux déchets divins ! C'est beau, non ?
Par excessif le 28/06/2009 "Soul Eater 2" se révèle - malheureusement - sans surprise par rapport au premier volume : dessins remarquables d'inventivité - surtout dans l'alternance de styles, du plus sophistiqué ou plus "punk" - au risque quand même de l'illisibilité ; scénario on ne peut plus basique, réduit pour le moment à une succession de combats dont les enjeux sont d'autant plus troubles qu'il est peu clair comment les héros peuvent "perdre", les blessures les plus extrêmes semblant sans impact sur eux. Entre le manque de tension des affrontements qui sont plus des chorégraphies que de véritables duels, et l'abstraction totale du monde où ils se situent, "Soul Eater" est pour le moment un manga aussi formellement abouti que littéralement assommant.
Par excessif le 14/06/2009 Il y a donc, de toute évidence, derrière "Le groom Vert-de-Gris", l'idée (une fausse bonne idée, à mon avis) de capitaliser sur le coup de génie d'Emile Bravo, et de prolonger les aventures de Spirou et Fantasio "dans le monde réel", en tout cas dans un monde synchrone avec celui de leurs créateurs originels. Sauf qu'ici, Yann et Schwartz ont tout faux, et que le résultat, loin d'être stimulant et enchanteur comme "Le Journal d'un Ingénu" n'est pas loin d'être répugnant. C'est que nos "amis" sont visiblement passés à côté de l'approche conceptuelle, abstraite, nécessaire à la coexistence de personnages certes imaginaires mais au passé chargé et à la charge symbolique forte, et d'une réalité étouffante comme le nazisme et la seconde guerre mondiale. Il y a ici une erreur grave, qui est d'introduire dans la fantaisie, qui est l'essence du monde de Spirou, la cruauté et la laideur du monde de manière frontale, irréfléchie : ici on torture les résistants, on déporte les juifs, on mitraille les soldats, on baise avec les allemandes, on tond les femmes qui ont couché avec les boches, en même temps qu'on fait des blagues (vaseuses) et qu'on décline des gags (éculés). Il y a forcément un malaise dans un tel amalgame, qui manque terriblement, soit d'un vrai recul "théorique" - qui faisait la force étonnante du beau livre de Bravo -, soit au contraire d'un second degré brutal et potache (je pense au travail audacieux que fit un humoriste radical comme Vuillemin avec son "Hitler = SS"). Du coup, peu importent au final le dessin réussi de Schwartz, les références malignes à Hergé ou aux premiers albums de Spirou, toutes ces bonnes idées sombrent au milieu d'un océan de mauvais goût et d'irresponsabilité.
Par excessif le 02/06/2009 Première tentative pour ma part de me confronter au manga "ado", qui n'est pas forcément ma tasse de thé, évidemment, et j'ai choisi "Soul Eater", du fait de sa forte réputation en ce moment. Première impression : le style graphique incroyablement créatif et dynamique rend chaque page à la fois magnifique et difficilement lisible, jusqu'à ce que, naturellement, on s'habitue à sacrifier la compréhension "fine" pour n'en garder que l'impression de mouvement et d'imagination incessante. Seconde analyse : voici un univers curieux, à la fois hyper-violent (les "héros" ont pour but de tuer le maximum de gens pour "manger leur âme", et il n'y a nulle préoccupation éthique ou morale à l'œuvre ici), hyper-sexué (un petit côté érotisme ultra soft, pas désagréable, il faut l'avouer, même dans un contexte assez "ado boutonneux", quand même), et totalement puéril : l'histoire est - comme c'est la règle du genre, apparemment - réduite à une succession d'affrontements, et baignée d'un humour assez récessif pas désagréable. Bref, on a l'impression de faire le grand écart entre "art noble" (le dessin) et "sous-culture crétine" (le sujet), ce qui est assez perturbant. A suivre, quand même...
Par excessif le 11/05/2009 Lorsqu'une BD vous est présentée comme une sorte de "nec plus ultra" artistique, qu'elle a été classée par la presse anglo-saxone (pas la plus fûtée en matière de BD, mais bon…) comme l'une des œuvres en langue anglaise les plus importantes du XXe siècle, qu'elle est régulièrement traitée de "culte", le niveau d'attente est on ne plus élevé. Et ce d'autant que j'avais été très impressionné par le "From Hell" du même Alan Moore, scénariste dit "de génie". Et il faut bien dire que ce livre m'est régulièrement tombé des mains, au point qu'il m'a fallu près de 2 mois pour lire ses 416 pages, ce qui n'est pas bon signe. Oh oui, j'ai bien vu la modernité (même si le fait de faire passer le super héros au filtre du réalisme social et politique a depuis été largement copié), l'audace dans la double mise en abyme (l'histoire des pirates lues par un personnage secondaire, les intervalles en forme de collage de coupures de journaux et autres extraits de livres construisant un univers cohérent autour de l'histoire principale) ! Par contre, je n'ai pas été impressionné par les dessins et les couleurs, le tout d'une laideur insigne, qui m'ont, il faut l'avouer, découragé à de nombreuses reprises de poursuivre ma lecture. Au final, j'ai lu une œuvre à la fois très intelligente et un tantinet prétentieuse, et surtout inutilement complexe et baroque. Loin en tout cas de ce qui se fait de mieux dans la BD sur la planète, n'en déplaise à nos amis anglo-saxons !
Par excessif le 04/05/2009 S'il y a un univers "Schtroumpfs" indiscutable, et si, pour cela, la série ne peut pas être considérée comme négligeable, il faut bien dire que le "spin-off" que constituent ces Schtroumpferies, soit un simple catalogue de "gags" conventionnels, basés principalement sur la déclinaison pure et simple des étiquettes (paresseux, farceur, grognon, etc. comme chez les nains de Disney), nous laisse sceptiques ! On admettra que la douce rondeur des dessins, l'aspect gentiment bucolique de ce mini-univers encore aux prises avec la nature, l'expression rassurant d'une société communautaire affairée aux tâches essentielles de la vie, raviront les tous petits, mais il est quand même difficile de générer un véritable intérêt en étant aussi prévisible !
Par excessif le 01/05/2009 Je n'avais jamais été particulièrement attiré par "Boule & Bill", série grand public qui connaît une grande popularité, et ce depuis plusieurs décennies… A la découverte - bien tardive - de ces gags poussifs, jamais vraiment drôles, et de plus totalement dénués du moindre charme (je pense par exemple à "Modeste & Pompon", série équivalente du génial Franquin, un peu anodine, qui faisait la dernière page du Journal de Tintin à l'époque…) qu'on penserait trouver à voir ainsi évoquée la vie familiale et pavillonnaire du Français moyen (pardon, le Belge moyen !) d'une époque bien révolue, on ne peut que se dire que, finalement, "Titeuf", ce n'est pas si mal que ça ! Pas sûr donc que je persévère à explorer ce pan de l'histoire la BD, s'il recèle de tels pensums ! (A noter que ma fille de 10 ans n'a pas souri une seule fois non plus au long de ces longues 48 pages !)
Par excessif le 06/04/2009 Pour cette deuxième "saison" passée à Palomar, il me semble que Gilbert Hernandez a encore augmenté son niveau d'attente envers son lecteur : une bonne vingtaine de personnages centraux à une multitude de récits enchevêtrés, dont nous ne comprenons les tenants et aboutissants (ou pas) que a postériori, sans parler de l'implacable écoulement du temps, figuré par des ellipses saisissantes, qui nous obligent à régulièrement reconsidérer ce que nous savons de nos ami(e)s de Palomar et de leurs rapports. Le résultat est que, si on a souvent l'impression (qui peut être frustrante) d'être un témoin un peu dépassé de cette odyssée immobile mais baroque, articulant des micro-drames de la vie amoureuse, sexuelle et sociale des habitants (habitantes surtout) autour d'évènements littéralement extraordinaires (l'invasion des singes, l'apparition d'un serial killer, le tremblement de terre, etc.), on est aussi soufflé par la richesse thématique d'une telle œuvre : essentiel, "Palomar" est tout simplement essentiel !
Par excessif le 06/04/2009 A Palomar City, toutes les femmes sont superbes, et aussi complètement folles, mais de cette folie qui confine à une infinie sagesse. A Palomar City, tous les hommes ne sont guère que de misérables créatures condamnées à ramper aux pieds de ces femmes magnifiques. C'est dire combien Palomar City est la métaphore absolue d'une humanité aussi ballotée par ses désirs sexuels torrides que dévastée par son incapacité essentielle à aimer. Palomar City, au cœur d'un Mexique aussi primitif et miséreux qu'éternel, ressemble beaucoup à la Colombie magique et brûlante des "100 Ans de solitude" de Garcia Marquez (une référence explicitement citée, qui, assez incroyablement, n'écrase jamais l'inspiration de Hernandez, c'est dire à quelles hauteurs on se trouve ici). "Palomar City" a été écrit, dessiné en 1985, au sein de l'équipe "Love and Rockets", et la seule chose qui vienne à l'esprit en ressortant de cette épopée chorale aussi dérisoire que magnifique, aussi drôle que déchirante, c'est : "Comment a-t-on pu ignorer aussi longtemps un tel chef d'œuvre ?".
Par excessif le 06/04/2009 Il faut sans doute aimer autant le rock et les concerts de rock que Zep pour se prendre vraiment au jeu proposé par cette compilation gaguesque de situations visiblement vécues (ou alors à peine exagérées, si si, on vous jure...), soit se moquer autant des artistes que nous aimons (Dylan, les Stones, Neil Young, etc. beaucoup de beau monde ici...) que de nous-mêmes, fans pas toujours très fûtés ! J'ai d'ailleurs lu à droite et à gauche que Zep se perdait dans des stéréotypes ! Mais non, c'est bien comme ça que ça se passe... malheureusement ! Personnellement, j'ai été ravi de sentir que la super-star de la BD (dont je n'apprécie pas trop le Titeuf !) Zep était un rocker aussi passionné que moi - de longues minutes de bonheur à parcourir sa collection de billets d'entrée collés sur les pages de garde, pour voir les "expériences" que nous avons eues en commun... -, et je me suis délecté de l'élégance de ces petites vignettes, qui ont souvent une vraie beauté, au delà du gag. A quand la suite ? Cet album date de 1999, et il manque donc une bonne décennie de "live shows", sur laquelle il y aurait encore beaucoup à dire, non ?
Par excessif le 06/04/2009 Il faut sans doute aimer autant le rock et les concerts de rock que Zep pour se prendre vraiment au jeu proposé par cette compilation gaguesque de situations visiblement vécues (ou alors à peine exagérées, si si, on vous jure...), soit se moquer autant des artistes que nous aimons (Dylan, les Stones, Neil Young, etc. beaucoup de beau monde ici...) que de nous-mêmes, fans pas toujours très fûtés ! J'ai d'ailleurs lu à droite et à gauche que Zep se perdait dans des stéréotypes ! Mais non, c'est bien comme ça que ça se passe... malheureusement ! Personnellement, j'ai été ravi de sentir que la super-star de la BD (dont je n'apprécie pas trop le Titeuf !) Zep était un rocker aussi passionné que moi - de longues minutes de bonheur à parcourir sa collection de billets d'entrée collés sur les pages de garde, pour voir les "expériences" que nous avons eues en commun... -, et je me suis délecté de l'élégance de ces petites vignettes, qui ont souvent une vraie beauté, au delà du gag. A quand la suite ? Cet album date de 1999, et il manque donc une bonne décennie de "live shows", sur laquelle il y aurait encore beaucoup à dire, non ?
Par excessif le 11/02/2009 Il faut avouer que la lecture de "Locas" désoriente d'abord : multiplicité des personnages, succession d'aventures ou de chroniques à la longueur et au rythme disparates, oscillation permanente entre la réalité de la jeunesse latino de Los Angeles, et un univers vaguement futuriste paradoxalement traité avec autant de réalisme... Jaime Hernandez frappe fort, et l'on comprend peu à peu pourquoi ces excitantes "Locas" sont aujourd'hui considérées comme un modèle du genre, voire l'exemple ultime de ce que la BD peut faire lorsqu'elle s'attèle à nous parler de nous, de nos désirs (même bisexuels, comme ici...) et de notre résistance à un monde absurde et pourtant enivrant. Au bout des 350 pages, Hope et Maggie sont devenues nos sœurs, nos amies, nos amantes. Vivement le deuxième tome...
Par excessif le 03/01/2009 "Michel Vaillant" a été l'un de mes plus fidèles compagnons dans ma tendre enfance, l'un de mes héros préférés du journal TINTIN auquel j'étais abonné depuis mon plus jeune âge (ce fut "le Fantôme des 24 heures" qui m'initia !), même si je ne développai jamais la même passion pour la course automobile que mon cousin, par exemple. Relire 50 ans plus tard les premiers "Michel Vaillant" a donc tout de la "madeleine de Proust", mais il faut reconnaître qu'on a un peu de mal à dépasser le stade de la nostalgie : description minutieuse, mais ultra-conformiste dans ses valeurs comme dans sa prudence moraliste, d'une époque post-seconde guerre mondiale aujourd'hui disparue corps et bien, cette chronique un tantinet fastidieuse d'un sport qui en était encore à ses balbutiements n'a finalement rien d'un "classique". Du dessin figé et peu inspiré aux scénarios aussi insignifiants que fondamentalement déséquilibrés entre la passion pure de Graton pour le sport automobile et la nécessité d'intégrer des éléments "policiers" - largement ridicules - pour appâter le lecteur, il faut reconnaître tout cela ne "tient pas bien la route" !
Par excessif le 30/12/2008 Il y a une idée amusante dans ce 5ème tome du "Retour à la Terre" de Manu, c'est l'introduction d'une mise en abyme du récit, Manu (Larcenet) et son scénariste (Ferri) y apparaissant clairement comme travaillant ensemble sur cette BD, tout en se posant la question de la confusion créée dans l'esprit du lecteur : est-ce que le Manu du "Retour à la Terre" est le vrai Larcenet, ou non ? De la même manière, l'apparition régulière des Atalantes (style créatures du lagon noire) dans les mares et rivières de la région introduit un élément de fantastique décalé bien vu, soulignant la liberté de l'artiste par rapport à ce qui apparaît finalement trop, à la longue, comme une chronique un tantinet facile (j'ai lu quelque part le mot "poujadiste", c'est injuste pour Larcenet, mais je peux comprendre d'où vient cette impression) des idiosyncratie de la France profonde. En tout cas, même si l'on sourit encore largement à la lecture des "Révolutions", il faut admettre qu'on arrive un peu aux limites de l'idée sur laquelle la série a été construite. Attention au tome suivant !
Par excessif le 30/12/2008 Avec sa structure feuilletonesque et ses personnages semblant tous droit sortis de "Alias", "le Chant des Stryges" est une série tout à fait de son époque, pour le meilleur (la fascination pour les manipulations génétiques) et pour le pire (une certaine banalisation de la violence derrière le dénuement des décors crépusculaires). Comme dans tout feuilleton qui se respecte, les rebondissements inutiles et les nouveaux mcguffins aussitôt oubliés se succèdent, ce qui peut séduire ou irriter, en fonction de l'humeur du jour : comme il est bien peu probable que l'on se souvienne de ce qui s'est passé dans les 10 tomes précédents, édités sur plus de 10 ans, on se laisse balader avec une certaine indolence entre vraies trahisons et fausses révélations. On sera moins bienveillant envers un graphisme qui tend à la simplification, mais pas dans le bon sens.
Par excessif le 30/12/2008 "Le Chant des Stryges", série jadis un peu culte et aujourd'hui décriée par ses fans de la première heure, boucle donc avec ce 12ème tome sa seconde saison (la fascination pour les séries TV a encore frappé). Comme depuis 3 ou 4 ans, "Chutes" souffre toujours de sa nouvelle esthétique "allégée" (dessin simplifié, couleurs beaucoup plus "primaires"), mais, au moins, les scénaristes tentent-ils de redresser la barre par rapport à l'interminable dérive de leur histoire au cours de cette pauvre seconde saison. Ce tome est donc véritablement celui des "révélations", puisque tout le "mythe" des Stryges et le rôle des différents protagonistes y est expliqué d'un coup, et que tous les fils de l'histoire se voient - de gré ou de force - reliés. On ne peut évidemment pas s'empêcher de trouver artificiel (par trop commode) le "coup de théâtre" résolvant le face à face Crandl / Weltman, et expéditive la manière dont les comptes sont définitivement réglés entre "bons et méchants"... mais après tout, il n'est pas à la portée de tout le monde de créer un "mythe" comme s'y est courageusement employé Corbeyran ! S'il y a une déception particulière ici, c'est sans doute plus particulièrement la manière dont Corbeyan et Guerineau esquive le potentiel de fascination (érotique et dramatique) de la situation dans laquelle ils ont placé Debrah, leur fascinante héroïne. Au final, on hésite : seront-nous beaux joueurs, et renouvellerons-nous notre confiance pour la 3ème (et dernière) saison ?
Par excessif le 12/12/2008 "Le monde ne finira pas dans un bang, mais dans un soupir".. Qui disait ça, déjà ? En tout cas, Urasawa a retenu le conseil, et termine la redoutable "intrigue" de son chef d'oeuvre sur un dernier retour en arrière, lui permettant de résoudre bien entendu l'ultime défi d'Ami (pas le plus passionnant, nous l'avons déjà dit), mais surtout de donner à chacun cette chance de rachat qu'il mérite. Le mot-clé de cette conclusion, c'est donc la générosité, voire le pardon, ce qui n'est pas si évident que celà. C'est aussi le croyance en une deuxième chance, que ce soit dans le monde virtuel (Manjûme) ou dans le futur réel (jolie parabole sur les prochains défis de l'humanité que nos "héros" peuvent affronter). Nous ne finirons pas quant à nous ce 24ème commentaire sur l'oeuvre la plus marquante de notre année, toutes catégories confondues, sans nous étonner une fois encore du culot incroyable de Urasawa, qui ose ramener la résolution de l'énigme qui tient le plus à coeur à ses milliers de lecteurs de par le monde, à un simple dialogue anodin, comme en passant, sur le toit d'un immeuble baigné de soleil (on imagine) ! Ou plutôt à une simple question, naturellement sans réponse. Mais, bon dieu, qui est ce foutu Katsumata... !!?? Strike !
Par excessif le 12/12/2008 Après le désastre complet qu'avait constitué la reprise de la délicate franchise de Spirou par Morvan et Munuera, il y a eu une pause, que l'on imagine agitée et dédiée à des sessions de "brainstorm". "Aux sources du Z" est le résultat d'un travail de fond, dont on perçoit avec clarté les principes : allègement (salutaire) du mode de narration de Munuera, avec des cases plus grandes et plus de respiration dans l'action, et donc plus de lisibilité, scénario confié à un "pro", Yann, pour pallier aux incohérences ridicules des tomes précédents. Jusque là, tout va bien, sauf que Yann et Morvan ont visiblement décidé de s'inspirer du travail très second degré entrepris dans la série parallèle, "Une aventure de Spirou et Fantasio" et de travailler sur une re-visite conceptuelle des oeuvres-clé des premiers âges de Spirou, tout en la parsemant de transgressions actuelles : le baiser à Seccotine, l'ambiguité du triangle amoureux entre Zorglub, Pacôme et leur amour de jeunesse, d'ailleurs portée à un degré de perversion inédit puisque c'est Spirou lui-même qui consommera "l'inceste". Là où le bas blesse, c'est que l'hyper-intellectualisation de la série, loin de donner naissance à un chef d'oeuvre, comme "Machine qui Rêve" dont ce livre se rapproche par sa conclusion (Deux Spirou, l'un enchaîné à son destin "enfantin" de héros de BD, l'autre choisissant l'émancipation d'une vie "ordinaire", donc d'une vie amoureuse et sexuelle...), est vite fastidieuse, faute de rythme, d'humour, et surtout, d'enjeu. Allez. Messieurs, encore un effort !
Par excessif le 06/12/2008 "21st Century Boys" - Vol 1,... ou "20th Century Boys" - Vol 23 ?... La question se pose, car la nouvelle (et courte) saga s'ouvre quelques minutes seulement après (voire avant) le triomphe de Kenji sur la scène de l'Exposition Universelle permanente, et on réalise immédiatement que Urasawa n'avait clairement pas terminé son chef d'oeuvre avant son interruption forcée. Ce qui irrite ici, c'est le fait que le(s) scénariste(s) - Urasawa se fait aider, cette fois -, au lieu de se concentrer sur la résolution de la large part d'inconnu restant au coeur de l'histoire d'Ami, se sentent obligés de rajouter un suspense additionnel, pour le moins artificiel. Ceci dit, Urasawa a eu une illumination, celle d'introduire le concept de "la copie de la copie", version à chaque fois dégradée de l'original : si l'on imagine Fukube - et son second cahier de prédictions - comme une copie perverse et délirante de Kenji, nous voilà avec une fiction-spirale qui fait un tour de plus sur elle-même, et réussit non seulement le tour de force de dédoubler un personnage invisible (le très beau personnage de Sadakiyo), mais de faire de ce nouveau spectre une copie de Fukube, mais une pâle et débile copie, justifiant finalement les délires destructeurs de plus en plus ridicules du scénario d'Ami, tout en creusant cet univers de faux-semblants qui fascine irrémédiablement dans "20th Century Boys". A partir de là, on peut retourner errer à jamais entre souvenirs trompeurs (qui a été bon, qui a été mauvais ? qu'a-t-on vraiment fait que notre inconscient a effacé ? etc.) et réalité virtuellement reconstituée : ces séjours dans le simulateur d'Ami, entrecroisés avec les flashes de la mémoire des personnages restent la partie la plus magique peut-être du "concept" mis en place par Urasawa.
Par excessif le 05/12/2008 "Si on le veut vraiment, il y a toujours un truc qui lâche...". Et ce qui lâche, dès les premières pages du 22ème (et dernier) tome de "20th Century Boys", ce sont les barrières qui retenaient encore nos larmes. Comment lire un manga alors que nos yeux n'arrêtent pas de couler ? Heureusement, l'action et le suspense prennent ensuite le pas sur l'émotion (et le rock'n'roll, jusqu'à la scène finale, qui montre - si l'on avait un doute - que Urasawa est un frère pour nous, dans sa passion pour la musique et l'émotion qu'elle peut provoquer..) : les 200 dernières pages de la saga sont une décharge continuelle d'adrénaline, alors que se déploie la dernière machination du maître des marionnettes... Jusqu'au face à face (triangulaire, puisque le roi des masques a toujours été là, dans les coulisses, toujours ignoré, toujours invisible) entre Ami et Kenji, attendu depuis 4400 pages, forcément avorté puisqu'il ne peut exister une fin à une telle aventure. "20th Century Boys" peut se clore, en toute logique, et de manière finalement satisfaisante : nous avons été témoin de la "faute originelle" de Kenji, de ce micro-événement ridicule qui a donc mis en branle la machine destructrice, et nous avons compris encore une fois que l'enfant (et ses jeux) en nous ne meurt jamais. Bien sûr, la principale question, au centre de l'histoire, reste irrésolue. Bien sûr, il y a désormais chez Kenji l'indestructible, au delà de sa mélancolie noire, un élément insaisissable, qui nous échappe ("Je ne suis pas comme vous", crie-t-il sur la scène du néo-Woodstock... Frustration ? Non, il est seulement temps d'entamer "21st Century Boys"...
Par excessif le 01/12/2008 On peut trouver artificiel, exagéré, la manière dont Urasawa fait apparaître le personnage de Konji en 1970, au sein de la bande à Kenji, et d'ailleurs, le reste de la bande partage nos doutes (preuve de l'excellent second degré dont Urasawa est capable à l'occasion) : "Il en reste un à trouver", hurle Kenji dans une symbolique partie de cache-cache... "Qui c'est ?", répondent, interloqués, les autres... On ne peut nier par contre que le personnage de Konji en l'an 3 après Ami, DJ solitaire et déchaîné, ne manque pas de panache et offre une ouverture grandiose, cinématographique en diable, à ce 21ème tome de "20th Century Boys". Les 200 pages qui suivent nous offrent le lot désormais habituel de péripéties impressionnantes (la répétition de l'attaque des soucoupes volantes), de scènes hautement émotionnelles (Kanna et Yukiji pleurant leur amour de Kenji) ou hilarantes (tout ce qui tourne autour du bowling, de Dieu et de Koizumi), et surtout de personnages hauts en couleurs ou glaçants (Numéro 13 qui réapparaît ou la terrifiante Takamatsu dont l'heure est arrivée...). Comme souvent, on préfèrera peut-être le superbe flashback qui nous ramène à l'âge idyllique de l'enfance, avec la scène attendue de la destruction de la "base secrète", qui offre à Urasawa l'occasion de réfléchir sur les pièges de la mémoire (chacun se souvient de l'évènement en fonction de la manière dont il se juge lui-même, adulte)... Et nous voilà prêts, non sans angoisse, à entamer le dernier tome !
Par excessif le 30/11/2008 Plus on s'approche de la conclusion de "20th Century Boys", plus une certaine angoisse nous envahit : comment Urasawa bouclera-t-il son chef d'oeuvre (d'autant que l'on sait les problèmes de santé qui l'ont obligé à interrompre la saga, avant de la conclure quelques années plus tard) ? Comment éviter l'inévitable, la déception, le manque ? Urasawa dénoue peu à peu les fils de son écheveau de fictions et de personnages, démontrant son contrôle absolu sur sa construction, puisque chaque pièce, une fois révélée, tombe parfaitement à sa place : ici, on découvre le rôle de Croa Croa (très beau personnage, soit dit en passant, complexe et émouvant), et ce qui s'est passé à l'usine en feu, mais on retrouve aussi les diaboliques et hilarants jumeaux tortionnaires Y et M, et surtout on découvre la vie de jeune couple de Kiriko et Fukube. La partie la plus faible de ce tome est d'ailleurs tout ce qui a trait à Kiriko, dans la mesure où Urasawa n'est pas encore parvenu à (n'a pas encore voulu ?) rendre vraiment compréhensible, du point de vue humain, son rôle au sein des plans d'Ami... Ce qui fait que l'on peut se demander si les personnages féminins sont ce que Urasawa maîtrise le mieux. Par contre, le face à face entre Kanna et Ami (le même ? un autre ?), et surtout le flashback glaçant qui clôt le livre, avec l'abîme d'interrogation qu'ouvre le "double garçon masqué", montre qu'Urasawa, le scénariste comme le "metteur en scène", est toujours à des hauteurs inouïes.
Par excessif le 27/11/2008 Le 19ème tome de 20th Century Boys innove en déplaçant la résurrection de son héros vers un mode burlesque : une rupture de ton déstabilisante, mais pour le moins astucieuse. En désamorçant à la fois l'émotion du lecteur (suffisamment stimulée dans les 18 tomes précédents) et le spectaculaire de cette réapparition qu'il aurait été si facile de rendre mythique, Urasawa montre qu'il est un auteur ambitieux. Contre toute attente, voici donc une tragédie planétaire qui se mue en farce dérisoire, la révolte des gueux conduite par un cowboy japonais et un ex-amnésique sans illusions. Dommage que Urasawa nous impose un retour inutile sur un personnage secondaire qui n'a jamais présenté d'intérêt, mais il se rattrape superbement dans le genre ironie en concluant la scène par une phrase d'anthologie : "c'est super dur d'être le mal, c'est nettement plus cool d'être un justicier !". Lol, comme on dit !
Par excessif le 24/11/2008 D'où vient notre lassitude à la lecture de ce seizième tome des aventures de Largo Winch ? De la désinvolture avec laquelle est traitée une question fondamentale actuelle telle que celle de nos rapports avec la Chine (rapports économiques, culturels, sexuels...) ? On n'attend pas d'une BD aussi grand public une vraie profondeur, et après tout, Van Hamme a le mérite de poser les bonnes questions ! Alors, n'est-ce pas plutôt une certaine usure des mécaniques à l'oeuvre depuis les premiers tomes de la saga, et qui ne se renouvellent guère ? Aucune surprise en effet dans cette succession routinière de complots, faux semblants et chausse-trappes dans lesquelles tombe notre héros moderne, avant de s'en extirper par miracle, non sans y laisser quelques plumes (ces conséquences, physiques, morales ou financières, sont d'ailleurs ce qu'il y a de plus "original" dans la saga LW). Non, le vrai problème ici, c'est que, épuisement de l'imagination de Van Hamme ou pas, c'est la violence qui permet de résoudre l'inextricable, plutôt que l'intelligence et le calcul. Une indéniable régression pour la série...
Par excessif le 21/11/2008 Tome-charnière dans la saga "20th Century Boys", ce dix-huitième volume, nous replonge franchement, après les digressions du précédent, au coeur du sujet de la saga : le combat de la bande à Kenji, ou plutôt, de ce qu'il en reste en l'An 3 après Ami, contre ce dernier, et l'origine même de ce conflit aussi dérisoire - de par son point de départ, des frustrations enfantines - que titanesqque - de par son impact sur la planète toute entière. Mais derrière les habituelles péripéties sorties de l'imagination fertile de Naoki Urasawa, se dessine une question ô combien passionnante, celle de la croyance (plutôt que de la Foi, car les thèmes religieux, messianiques, sont finalement assez superficiels ici). Urasawa oppose frontalement ici une croyance "militante", dispensatrice de liberté et d'esprit critique, qu'il symbolise par la force universelle de la musique, ici d'une simple chanson rock, dont les "la la cha la la" de clôture déclenchent une révolution, à une croyance "aveugle", celle des foules en leurs leaders, leurs politiciens, qui ne sont d'après Urasawa que de sinistres manipulateurs usant de tours de magie ringards. On notera ainsi les deux scènes-clé du livre, celle qui oppose Joe Yabuki, guitare à la main, aux fusils de la milice, une scène aussi "ique" que sournoisement minée de l'intérieur (car comment Joe survit-il à la balle qui l'atteint ?), et celle, brillante, qui montre Ami, prestidigitateur ordinaire, rendant littéralement "aveugles" ses spectateurs, voire ses acolytes. Deux usages diamétralement opposés (... ou alors, pas tant que ça ?) de la croyance... qui provoquent en toute logique une furieuse mélancolie chez ceux, comme Manjûme, qui n'y succombent pas.
Par excessif le 21/11/2008 Si "Le Bonheur Inquiet' nous enchante moins que les précédents carnets de Trondheim, est-ce parce que le procédé commence à s'user ? Qu'il y a tout simplement une limite au nombre de fois que l'on peut rire ou même sourire aux mêmes micro-événements racontés avec la même distante légèreté ? Ou bien que, tout simplement, les derniers mois de la vie de Lewis ont été moins riches de ces instants hypocondriaques et paranoïaques qui sont la matière de son journal intime / public ? Toujours formellement impeccable, voici un travail qui, à force de devenir "systématique", à force de se concentrer sur l'anecdotique, frôle l'insignifiance, et mériterait une pause. Allez, Lewis, si tu revenais à des oeuvres plus grand public, au lieu de continuer à te replier sur toi et ta petite vie au bonheur inquiet ?
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