Les avis postés par KasP
Par Kasp le 29/05/2009 L'intérêt de ce premier volume tient dans son sujet : en 1940 un aviateur suisse aide des enfants juifs allemands à franchir la frontière avec son avion personnel. Avec un pré requis pareil je m'attends à une histoire humaine forte. Hélas, je reste un peu frustré, parce qu'elle n'est pas au rendez vous. Tous les ingrédients sont pourtant là dans le scénario ; mais la "mise en dessin", le découpage des scènes et donc le rythme ne sont pas à la hauteur. Un vol de nuit qui tourne mal aurait peut être demandé plus de cases, un "les enfants ont eu très peur" aurait demandé des gros plans plutôt qu'un texte... Côté dessin, je ne suis pas super fan. Les expressions de visage sont très souvent inspirées des sériesTV animées japonnaises. Les gamins ressemblent à des gnomes diformes et les allemands aux méchants dans Yu Gi Yo. Trop caricaturaux pour être crédibles. Comment avoir peur pour le héros ou pour les enfants ? Que penser du jeune pilote allemand qui se sacrifie, si ce n'est que ses dialogues sont très cliché... Tout ça fait qu'on survole (c'est le cas de le dire) ce premier volume sans jamais vraiment s'identifier aux personnages, alors que je le répète l'histoire est bien là. Espérons un 2ème opus plus travaillé.
Par KasP le 19/05/2009 Un scénario excellent qui nous fait revoir notre quotidien avec un peu plus de lucidité. C'est vrai qu'on y est pas encore à 100% dans ce monde Orwellien mais on y file doucement et surement. Griffo n'est pas à son top, loin de là, mais le récit est si captivant qu'on lit cette BD sans s'en apercevoir. Une référence, un must, du très bon VanHamme
Par Kasp le 06/05/2009 A lire d'une traite, comme ce que vit le héros. Ce récit retrace une succession d'opérations militaires menées par l'armée allemande dans le région de Kursk en 1943 lors de l'opération Barbarossa visant à conquérir la russie. Le point de vue est celui d'un simple soldat. La rage idéologique, la grandeur du Reich, l'opération éclair ... ce n'est pas sa préoccupation immédiate. Lui est envoyé en première ligne, quelque part sur le front. L'éclair c'est celui des tirs ennemi, sa grandeur ne doit pas dépasser 20 cm quand il rampe et la rage qu'il déploit devient vite la seule condition de sa survie. Assez rare en BD, ce récit est un instantané sur quelques jours. Pas d'avant, pas d'après, seulement le présent. On est là, il faut aller là bas et en face il y a la mort. Dimitri réussi sans jugement à nous immerger dans la folie des hommes. Le côté désincarné du personnage pourra en déranger certains, pourtant il renforce encore réalisme de la situation : pas le temps de réfléchir, l'action écrase tout comme les obus qui déchirent les corps le sol et le ciel. Une idée de ce que les soldats vivent en première ligne.
Par Kasp le 30/04/2009 Exit exit. Une idée très originale ne fait pas une bonne histoire. Que l'histoire soit totalement invraissemblable, ne me dérange pas, bien au contraire. Mais jamais les scénaristes ne sont parvenus à m'enmmener dans ce monde là. Comme si ils avaient mélangé au shaker pleins d'ingrédients pour bon récit en se disant que le gateau sera forcément réussi. Malheureusement non ! Ca suffit pas. Il faut bosser un peu plus. Comme par exemple, les personnages. Dès le départ, l'héorine n'est pas crédible. Si tous les gens qui se faisiaent virer ou largué se suicidaient, on seraient beaucoup moins nombreux sur cette terre. Le personnage est caricatural, simpliste et très cliché 'Bouh ils sont tous méchants avec moi alors je vais me tuer'. Non, le processus qui pousse quelqu'un vers une TS est beaucoup plus complexe que ça et mérite d'être raconté (et non listé) pour qu'on y croit. Du coup je m'accroche grave dès les premières pages, en espérant une amélioration. Eh bé .. rien ou même pire. Le dessin est plus que passable, l'héroïne se retrouve dessinée très sexy (tellement que c'est hors de propos, surement le résultat du shaker ici encore (du cul du foot et de l'audiance)) D'une case à l'autre son 3/4 face n'est plus le même... Je décroche.
Par Kasp le 30/04/2009 Voilà le genre de récit que j’adore ; un fond historique (la retraite de Russie) révélant de vraies histoires humaines grâce à un scénario digne de ce nom. Si les conflits armés sont source de tant de récit c’est parce qu’au-delà du drame ils révèlent la nature des hommes.
Excellent donc ; oui, mais pourquoi ? Parce que la maîtrise des techniques de narration est au rendez vous. Stalner ne s’attarde pas pour présenter le contexte historique. « La retraite de Russie » est là, elle s’impose à nous, comme aux personnages. Les personnages justement… le chirurgien bien sûr, les gradés et les simples soldats, l’aristocrate russe totalement perdue dans un conflit qui la dépasse. Une coupe en tranche de la société de l’époque. L’apparition du ‘méchant’ dont on saura peu de chose (plus il est mystérieux, plus il est inquiétant) mais qui sera dès le départ une vraie menace pour la survie du héros. On le dit, un bon récit raconte l’histoire d’un personnage et d’un seul. Et pour cause, il n’y a rien de plus difficile que de raconter l’histoire d’un groupe comme personnage principal. Mais là encore Stalner excelle et pour y parvenir il met l’action au cœur du récit. Dès la première scène et chaque fois que l’hiver russe nous engourdit tous, l’action révèle encore un peu plus les caractères, les ambigüités, les affinités et les oppositions. Elle tue aussi. Sitôt rencontré, à peine apprécié, un personnage meurt. C’est la guerre. Le travail sur la couleur et le dessin sert autant les personnages (les expressions sont justes, sobres ou explosives, toujours crédibles) que l’atmosphère glacial de cette débâcle. Ce premier tome se révèle donc comme une très intéressante scène d’exposition pour un récit à venir. Il n’y a aucun moment perdu parce que pour ces 10 il n’y a pas de temps à perdre. Nous par contre, il nous faudra patienter … |
|
|||||||||||||