400x537 - Là où vont nos pères
© Dargaud 2007 Tan

Là où vont nos pères Là où vont nos pères

Identifiant :61040
Style :Roman graphique
Origine :Europe/Français
Scénario :Tan, Shaun
Dessin :Tan, Shaun
Couleurs :Tan, Shaun
Dépot légal :03/2007
Estimation :non coté
Editeur :Dargaud
Collection : Long Courrier
Taille :Grand format
ISBN :978-2205-05970-0
Autres info : Edition originale Couverture présente
Planches :116
Planche de Là où vont nos pères
400 x 530 px - Verso de Là où vont nos pères
Info édition : mention "première édition" en dernière page
Résumé : Pourquoi tant d’hommes et de femmes sont-ils conduits à tout laisser derrière eux pour partir, seuls, vers un pays mystérieux, un endroit sans famille ni amis, où tout est inconnu et l’avenir incertain ? Dessiné dans des teintes sépias, comme si l'histoire oscillait entre rêve et réalité mais aussi entre passé et présent.Cette bande dessinée silencieuse est l’histoire de tous les immigrés, tous les réfugiés, tous les exilés, et un hommage à ceux qui ont fait le voyage ...Album d'une profonde originalité, consacré à un thème plus que jamais d'actualité.
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Avis des lecteurs

Chef d'oeuvre ! chocobogirl : Récit muet d’un émigrant qui quitte sa famille pour partir en terre inconnue. Il doit réapprendre à vivre
dans cette nouvelle société. Croquée sous une forme allégorique, celle-ci se révèle universelle. Un chefd’œuvre de tolérance qui rend hommage à tous les exilés.
Le prix obtenu à Angoulême est amplement mérité !


Indispensable ckicmoi : Les raisons, les errances, les espoirs, les difficultés d'adaptation mais aussi les réussites de ceux qui ont un jour osé partir à l'étranger en quête d'un travail et de jours meilleurs.
Un album muet mais qui parle avec beaucoup de finesse et beaucoup de sensibilité.
Subtil et Superbe !!!


Pas mal Cynic_kike : Achete et "lu" hier. Lu entre guillemets, car vous ne trouverez aucun texte dans cette BD. C'est un one shot tres original. Toutes les planches sont a l'image de celle presentee dans la bedetheque.

Un petit bijou, tant dans la qualite des dessins et l'originalite de l'approche du theme aborde.
L'histoire est de plus tres simple, tres belle, et bien que faisant reference au passe, elle donne quelques cles pour comprendre certaines situations humaines toujours d'actualite.

A mon sens, un ouvrage obligatoire dans toute bedetheque qui se respecte.


Chef d'oeuvre ! mallory : Pour commencer, il y a un parti pris graphique et littéraire : raconter une histoire sans texte et pourtant pleine de bruits et de mots, avec des images qui oscillent entre réalisme et fantastique. Le ton employé, souligné par la teinte ocre et brune du dessin, place le récit sur un pont reliant deux mondes : les mondes réels et imaginaires, l'ancien monde et le nouveau monde, la fin agonisante du XIX° siècle et le XX° siècle naissant. C'est un travail de longue haleine qu'a accompli Shaun Tan : plus de quatre années pour accoucher de cette bande dessinée. Ce récit est en partie autobiographique puisqu'il est basé sur le témoignage de son père, Malaisien d'origine, migrant en Australie. Mais c'est aussi un travail d'enquête auprès de nombreux migrants de nombreux pays et de différentes époques. Les portraits, si poignants qui sont sur les pages intérieures de couvertures sont inspirés de photos de passeports et de migrants prises à Ellis Island entre 1892 et 1954.

Vous l'aurez compris, nous voici plongé, dès les premières pages dans une aventure hors du commun et intemporelle, celle d'un homme prêt à quitter sa famille (femme et enfant) pour tenter de trouver une vie meilleure ailleurs. Avec cette question qui taraude tant d'hommes : "Existe-t-il une chance pour moi là-bas ?" et cette autre qui en inquiète tant d'autres : "Pourquoi ne restent-ils pas chez eux ?". Mais Shaun Tan nous montre aussi qu'il existe non seulement une solidarité active entre migrants, et que leur accueil pourrait être différent. Si sa vision est utopique (et là Shaun Tan nous entraine dans un univers fantastique pour bien montrer la césure qui s'opère avec la réalité) elle n'en est pas moins plausible. Les trouvailles graphiques nous offrent cette liberté d'imaginer, une nouvelle fois, ces ponts entre notre monde et sa vision. Lorsque le paquebot, chargé de migrants entre dans le port du nouveau monde, on reconnait la mégapole de New-York grâce sa statue monumentale. Mais à la place où doit se trouver la fameuse statue de la Liberté, nous découvrons deux statues gigantesques qui se saluent en se serrant la main et en se prosternant un peu. L'arrogance de la statue de la Liberté, symbolique à souhait (l'Amérique moderne n'est-elle pas arrogante ?), et qui a dû offrir à tant de migrants un espoir de liberté enfin acquise et revendiquée, laisse place à une statuaire qui donne l'image rassurante d'un pays qui sera à vos côtés et ne vous laissera pas tomber. A partir de là, tout s'enchaine : l'enregistrement administratif, la recherche d'un toit, de nouriture, de travail, les rencontres, l'apprentissage de la langue... et enfin l'amitié, le partage et le regroupement familial, happy-end synonyme de réussite et d'un nouveau commencement.

Voilà une bande dessinée essentielle pour nous amener à réfléchir sur cette épineuse question des migrations internationales, sur les notions d'accueil et d'intégration des migrants. Shaun Tan donne le point de vue des migrants et n'hésite pas à nous questionner sur ces sujets de société. C'est une oeuvre magistrale, d'une immense qualité !


A lire poang : Un concept original pour une histoire banal

Une bd sans texte c'est finalement proche d'un livre d'enfants. Rien n'est expliqué, le "ton" n'est pas donné, on laisse libre court à l'imagination du lecteur, à lui de construire son monde autour des images qu'on lui propose...
Et de ce point de vue, cela fonctionne plutot pas mal pour un coup d'essai.
Dérouté les premieres pages, on se surprend vite à s'inventer le texte, on devient vite son propre narrateur et cela aurait pu être captivant et très stimulant ...
Mais en ce qui me concerne ... non
Autant la réalisation est un chef d'oeuvre graphique et de mise en page, autant le propos est chiant ... je ne vois pas d'autre mot.
Des scenes banales, un sujet éculé repris avec de fausses envolées poétiques que l'on sent monté de toutes pieces. Un genre de roman photo flouté avec des gouttes d'eau d'un bout à l'autre, pour démontrer son indéniable coté artistique.
Interessant mais je n'ai pas accroché ...


A lire Touni002 : La bd ayant remporté un prix à Angoulème, je me suis penché dessus.
Niveau graphisme, le dessin est superbe, rien à dire.
Au niveau de l'histoire, c'est autre chose, la bd est dépourvue de textes,comme vous le savez. Ce qui m'a gêné.
C'est la première fois que j'ai eu à faire à ce genre de bd, je me suis senti perdu et je n'ai pas vraiment accroché.
Je ne vais pas dire que c'est un mauvais album mais au vu du prix, j'attendais peut être trop de cette bd.

Vous devriez quand même vous penchez sur le dessin, car cela vaut le détour et peut-être que la magie opèra sur vous. ;-)


Moyen voltaire : La BD est, comme le cinéma, un art populaire. Or dans populaire, il y a "peuple" et ce mot fait un peu "classe prout" pour certains. C'est pourquoi la plupart du temps les palmes d'or cannoises nous gratifient de films pseudo intello et généralement assez chiants.
Il arrive la même chose à la BD désormais.
Cet album fait rêver St-Germain des Prés ? Tant mieux mais c'est dommage !
"Tu te rends compte, coco, une BD sans parole, de beaux dessins et une belle histoire, c'est y pas original ça ?"

C'est vrai que les dessins sont beaux, tout autant que la mise en page est assez plate. C'est vrai que l'histoire est belle mais elle est surtout bateau. Un homme quitte sa famille pour émigrer aux USA d'où il enverra l'argent nécessaire. Enfin non, pas tout à fait car tout ceci se passe dans un pays fantasmé, onirique (donc poétique !) qui n'est pas les Etats-Unis mais qui y fait penser (dans sa période 1880-1920).
De quoi émouvoir Margot, non ?

Si Margot marche, tant mieux ou tant pis pour elle ! Il existe tant de livres beaucoup plus forts sur le déracinement et l'abandon que cette oeuvre somme toute assez moyenne pour ne pas dire tout à fait médiocre.
Les ficelles pour apporter la note "pouettique" sont un peu grosses et surtout loupées
Faire ses choux gras du quelconque est une preuve de déperdition, surtout quant celle-ci se fait au profit de la prétention.


A lire absolument zaaor : Comment peut-on se débrouiller dans un monde où tout est différent, nouveau?
Le fait qu'il n'y ait pas de texte ne m'a pas du tout déstabilisée, au contraire, je
trouvais que l'originalité de l'album cadrait bien avec le propos.

Comment réagirions-nous dans un tel monde? Je me suis laissée prendre au jeu.
les dessins et les planches sont tout simplement magnifiques. J'ai adoré la
subtilités de tous objets inventés, les villes oniriques, les animaux de compagnie
venant d'une autre monde. Tout exprime la confrontation d'un monde nouveau où
l'immigrant n'a plus aucun repère. Les rencontres du personnage principal le
laissent de moins en mois seul. On y retrouve le phénome social de la
ghettoïsation, où chacun recherche à recréer son milieu d'appartenance.

Les dessins sont parfaits. Du grand art!


A lire absolument zemartinus : Un très beau livre, malgré la fait que les choix scénaristique (notamment
l'absence de texte) peuvent le rendre hermétique pour certains. Mais si l'on
arrive à passer ce cap on entre dans un univers magique.

Le thème du livre est l'émigration (vers les USA semble-t-il, mais pourtant
l'auteur dit s'être surtout inspiré du vécu de son père qui, lui, a débarqué à
Melbourne... de toute façon Shaun Tan veut surtout tendre vers l'aspect
universel de la chose). On a l'impression de connaître toutes ses images par
coeur (l'arrivée des imigrants, leur inspection, la recherche d'un emploi, le
taudis miséreux...) et pourtant tous les traits de la ville sont inventés : il ya
d'étranges bestioles partout, les bateaux volent, la nourriture est inhabituelle,
les systèmes d'achats ou de courrier sont tout droit sortis de l'imagination de
l'auteur, les immeubles sont atypiques... On nous présente donc un univers
très riche pour lequel Shaun Tan a fait preuve d'une créativité étonnante... et
pourtant on est à peine dépaysé tant la présence d'éléments familliers est
forte.

Le dessin au teint tantôt sepia tantôt grisatre est quant à lui un vrai régal, et
assure parfaitement le rôle tenu normalement par les textes. Les visages sont
bien expressifs, la manière de dessiner les mouvements et les positions
extrêmement parlante.

Un très bon album donc, un ovni qui m'a séduit plus par son côté inventif,
créatif, extrêmement riche et plein de trouvailles plutôt que par le témoignage
onirique à visée universelle de ce que peut être l'émigration loin des siens. À
relire à coup sûr (lu à la fnac).

Néanmoins à ne pas mettre entre toutes les mains car c'est vraiment
particulier et assez difficile d'accès, rentrer dans le bouquin n'est pas
forcément très facile (ouf j'en suis).






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