Avis des lecteurs jblanc : Oeuvre forte, on est happé par le récit dès les premières pages, aussi difficile que puisse paraître le dessin lorsqu’on est encore à l’extérieur. Une fois entré dans les premières cases, on n’en sort plus. Il s’agit d’un récit tout à fait autobiographique. Art Spiegelman se raconte, renouant avec son père un dialogue et un amour tiraillé après des années de vide, à propos du passé de son père. On découvre, plus peut-être que l’horreur de la mort lors de l’holocauste, celle de la survie, qui a transformé, meurtri, bouleversé à jamais les survivants, et ce jusqu’à leurs enfants. Le père d’Artie, que les petites manies, les habitudes d’épargne, de propreté ont largement contribué à sauver lors des épreuves inhumaines qu’il a traversé, est devenu un vieil acariâtre et maniaque, dont la personnalité écrase Artie depuis sa naissance. La mère du narrateur, plus faible, n’a survécu que grâce à l’appui sans faille de son mari ; elle se suicidera en 1968. Artie, second fils du couple, né après la guerre et après la mort de son grand frère, souffrira toute sa vie du traumatisme parental. Ecrasé par son père, rejeté comme celui qui est imparfait, à la différence du premier fils, idéalisé. Artie sombrera dans la drogue, devra être soutenu par un psy... MAUS, oeuvre extrêmement puissante, est donc double : elle conte l’horreur de l’holocauste avec une justesse, une vérité et une pudeur extraordinaire ; mais elle conte aussi l’horreur de la survie, l’horreur de l’après. Sur le plan artistique, cette oeuvre est fabuleuse.Si vous souhaitez utiliser cette fiche sur les pages de votre site ou de votre blog, vous pouvez copier/coller le code ci-dessous |