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Les avis de - pierryves

Visualiser les 13 avis postés dans la bedetheque
    pierryves Le 20/01/2017 à 20:27:49
    Spirou et Fantasio (Une aventure de / Le Spirou de...) - Tome 11 - Le Maître des hosties noires

    Ceux qui ont apprécié LA FEMME LEOPARD seront contents, LE MAITRE DES HOSTIES NOIRES est dans la même lignée (et c'est dans le fond bien normal, puisque c'est la conclusion de la même histoire).

    On y retrouve donc le beau dessin d'Olivier Schwartz, toutefois plus convaincant en milieu urbain qu'en brousse africaine, ainsi que - malheureusement - la lourdeur propre à Yann, faite d'expressions locales au quintal (c'est souvent fastidieux à lire), de citations à la tonne et de leçons de morale au kilo.
    Que de renvois en bas de page !
    Il s'est toutefois un peu calmé sur les références au mètre, et on appréciera malgré tout la mise en parallèle du ridicule des rites fétichistes et chrétiens. Le scénario tient cependant la route, mais sans être exceptionnel pour autant ou particulièrement original.

    Il paraît que Yann & Schwartz auraient un projet original en perspective (hors SPIROU et hors GRINGOS LOCOS donc). Si c'est bien le cas et qu'il n'y soit pas encore question de l'obsession n°1 de Yann (les nazis), alors j'aurais bien hâte de voir ça !

    pierryves Le 05/01/2017 à 22:54:49
    Orbital - Tome 7 - Implosion

    Ça y est enfin ! Après plusieurs reports, ORBITAL 7 est enfin disponible.
    Et le résultat est bon, voire très bon par certains côtés, comme toujours (la densité de l'histoire, un sujet très bien maîtrisé, une continuité intéressante), mais décevant par d'autres. Ou plutôt, dans un seul domaine, et c'est là que c'est très surprenant : le dessin. Mais attention, ça reste malgré tout nettement meilleur que ce qu'on nous propose généralement dans la BD actuelle en matière de SF (et pas que, d'ailleurs).

    Car effectivement, après la 20e page Serge Pellé se montre cette fois-ci plus... euh... comment dire... Négligent ? Relâché ?
    C'est triste à dire, mais certaines cases donnent la sensation qu'elles ne sont qu'ébauchées par traits rapides et colorisées immédiatement ensuite (mais quelle colorisation !). On ne trouve pas toujours le niveau de finition auquel l'artiste nous avait habitués dans les 6 albums précédents.
    Peut-être est-ce une nouvelle manière qu'il a décidé d'inaugurer pour ce nouveau cycle ? Mais on ne peut s'empêcher de le remarquer.
    Ce qui ne veut pas dire que quoi que ce soit soit graphiquement raté dans IMPLOSION. Loin de là ! Pellé est toujours aussi bourré de talent, et s'il est vrai que certaines cases peuvent être décevantes, la grande majorité des autres reste toujours aussi impressionnante. Que dire par exemple de cette intrigante et magnifique dernière planche abstraite ?

    Dans ce nouveau volet, on découvre donc le but des névronomes. Kristina s'affirme encore plus comme un personnage de caractère. Quant aux relations entre Swany et Mézoké, ça suit son cours, pourrait-on dire. Et si le passage sur Tetsuam, privilégiant l'action, manque d'une certaine épaisseur, il n'en reste pas moins qu'on a hâte - encore - de découvrir la suite, même si dans l'ensemble ce tome 7 est un peu en deçà de ses prédécesseurs.

    PS : j'aurais bien mis 3,5/5, mais comme depuis quelques années on ne peut plus noter convenablement sur BDgest'...

    pierryves Le 30/11/2016 à 19:55:46
    Blake et Mortimer - Tome 24 - Le Testament de William S.

    Album sympathique.

    On apprécie les trouvailles de Yves Sente pour identifier Shakespeare, et les flashbacks sont clairement les meilleurs moments du récit.
    A côté de ça, on ne peut nier un certain ronron. Les deux héros sont assez transparents, et finalement, ça n'aurait pas été un BLAKE & MORTIMER, ça n'aurait pas gêné.
    Olrik reste en retrait (au point qu'on se demande pourquoi l'avoir encore utilisé) et les personnages secondaires sont effectivement... secondaires. Quant aux voyous qui sèment la peur dans les parcs, on ne voit pas trop en quoi ça sert l'histoire. Qui plus est, on a souvent la sensation qu'une case ou deux ou qu'une phrase ou deux auraient pu suffire à la place d'une planche ou deux. Ce qui est tout de même assez dommage.

    Il n'en reste pas moins que malgré ces réels défauts, LE TESTAMENT DE WILLIAM S. est plus réussi que n'importe lequel des albums précédents depuis L'ETRANGE RENDEZ-VOUS (GONDWANA - Et oui ! - et PLUTARQUE exceptés).

    pierryves Le 09/11/2016 à 19:02:22

    J'avoue avoir du mal à comprendre l'intérêt d'un tel album.
    L'exercice de style est sympathique, certes. Séverin s'amuse à dessiner à l'ancienne (avec talent, là n'est pas la question) les personnages dans des situations aussi niaises que naïves. Mais à quoi bon ?
    On retrouve ici ce qu'on avait dans les récits de Rob-Vel et dans les premiers de Jijé, qui n'ont pas laissé une trace indélébile dans les mémoires, sauf dans celles des collectionneurs bien sûr. Mais aujourd'hui, tout le monde s'accorde à les considérer comme des récits "historiques" fondateurs, comme de la BD ancienne, sans plus. Et ce sont leur authentique ancienneté qui leur donnent aujourd'hui encore un peu d'attrait aux yeux de leur rares lecteurs passionnés.

    Mais pourquoi refaire en 2016 des histoires aussi simplettes et simplistes, qui plus est dans un contexte américanisé (les flics, les pompiers) ? Je ne doute pas que l'auteur se soit bien amusé à les réaliser, mais en dehors des complétistes de SPIROU & FANTASIO, ça ne devrait pas intéresser grand monde.
    Mieux vaut relire les intégrales de SPIROU PAR ROB-VEL et SPIROU PAR JIJE, au moins la naïveté est authentique et d'époque. C'est pas de l'ersatz et y en a plus.

    pierryves Le 07/10/2016 à 18:14:52

    Tardi, c'est ADELE BLANC-SEC, NESTOR BURMA, les polars de Manchette et la guerre de '14. C'est généralement de cette manière qu'on résume l’œuvre du bonhomme.
    Et en cette période de centenaire de la Première Guerre Mondiale, l'artiste ne pouvait être absent, vu qu'il s'agit de l'un de ses sujets de prédilection. Le problème, si on connaît déjà le travail de Tardi sur la question (C'ETAIT LA GUERRE DES TRANCHEES et PUTAIN DE GUERRE ! notamment), est que ce DERNIER ASSAUT n'apporte pas grand chose de plus qu'on ne sache déjà. On a même la désagréable sensation d'un auteur qui rabâche, tout en n'offrant graphiquement rien de plus que dans les deux excellents albums cités plus haut. On ne le sent pas inspiré par ce qu'il fait cette fois-ci. Comme s'il s'était senti obligé de participer aux commémorations de ce premier conflit mondial. Alors que, c'est connu, Tardi n'est pas un homme de commémorations.

    Le personnage principal est d'ailleurs peu intéressant ; c'est lui qui nous guide au fil des pages, permettant au commentaire de l'auteur d’égrener sa litanie de faits révoltants (ou comment enfoncer des portes ouvertes - excepté à deux ou trois occasions, notamment concernant l'entrée en guerre du Portugal en 1916). Ce brancardier est donc plus un prétexte qu'un véritable personnage, d'où une impression de fadeur assez prononcée à l'issue de la lecture, malgré pourtant l'énonciation de toutes ces atrocités qui n'ont rien de fade.
    Et tout est là en fait ; LE DERNIER ASSAUT est plus un énoncé qu'un récit. D'où un certain ennui.
    L'album n'est pas mauvais, et quelqu'un qui n'aura pas déjà lu C'ETAIT LA GUERRE DES TRANCHEES et PUTAIN DE GUERRE ! pourra même trouver LE DERNIER ASSAUT très bon. Mais dans le cas contraire, ce nouvel album n'est que redondant.

    pierryves Le 02/10/2016 à 13:05:15
    Tintin - Tome 18 - L'affaire Tournesol

    Album de qualité. Souvent considéré par les esthètes comme le sommet graphique de Hergé. Mais en ce qui me concerne, même si je l'apprécie beaucoup, je ne trouve pas que ce soit un des meilleurs.

    Pour Fondudaviation :
    "En cinq sec" est une expression qui vient de l'écarté (un jeu de cartes très en vogue au XIXe siècle : l'as est situé entre le 10 et le valet, et le roi est la carte la plus forte. Jouer une partie d'écarté en cinq sec - cinq coups sans en perdre un seul - est la manière la plus rapide de gagner).
    Par extension, "en cinq sec" signifie donc "rapidement". Et sec ne prend pas de S car c'est un adverbe, et donc invariable.

    pierryves Le 04/03/2016 à 18:03:25
    Spirou et Fantasio - Tome 55 - La colère du Marsupilami

    Lorsque j'étais collégien/lycéen, j'étais un mauvais élève. Je ne bossais pas. Mais je détestais rendre copie blanche, alors j'avais pour principe de faire du remplissage avec le peu que je croyais avoir assimilé et les vagues notions que je connaissais superficiellement. Si je raconte ça, c'est parce que Fabien Vehlmann me donne l'impression de faire exactement la même chose avec SPIROU & FANTASIO. Il est médiocre et veut faire croire à tout le monde qu'il est fait pour la série. Et ça n'a jamais été aussi flagrant qu'avec LA COLERE DU MARSUPILAMI.
    J'étais déjà plus que sceptique à l'idée de faire revenir le Marsu dans SPIROU, mais je me disais pourquoi pas, si c'est bien fait, etc... Sauf que Yoann & Vehlmann est un duo de tâcherons qui n'a aucun génie. Alors avec un sujet aussi casse-gueule, on pouvait s'attendre au pire. Et ce n'est pas loin d'être ce qu'il se passe.

    On est tout de suite dans le bain, dès la planche 4, lorsque Spirou comprend immédiatement que c'est la zorglonde qui provoque les colères auxquelles le comte, Fantasio et lui sont sujets lorsqu'on évoque le marsupial. Depuis quand la zorglonde rend colérique ? D'où ça sort, ça ?
    Mais après tout, pourquoi pas ? encore une fois. La zorglonde permet plusieurs applications. Le problème est que celle-là, Spirou n'y a jamais été confronté. Alors pourquoi y pense-t-il immédiatement ?
    Ensuite, depuis que le Marsupilami a quitté la série, Spirou & Fantasio ont eu l'occasion de l'évoquer sans que ça déclenche de réaction particulière pour autant. Alors pourquoi cela arrive tout à coup, après tout ce temps ?
    Parce que le scénariste en a besoin, c'est tout. Et il se fout de la cohérence. De plus, si on se réfère aux précédents albums de Yoann & Vehlmann dans lesquels on a des répliques beaucoup trop appuyées des personnages qui déclarent connaître toute la biblio de SPIROU & FANTASIO, ça en rajoute une couche (cf. le "J'ai plus de 50 albums d'expérience derrière moi" dans le tome 52 ou encore ici, Ninon qui dit "Je connais par cœur les aventures de SPIROU, moi !" par exemples). Puisque les héros connaissent les BD de leurs propres aventures, ils ne peuvent pas avoir oublié le Marsupilami. Et - gag ! - il y a une figurine de l'animal sur le tableau de bord de la camionnette que conduit Spirou au début de ALERTE AUX ZORKONS.
    Autre problème majeur : la confusion entre l'arme du zorglhomme, qui sert à paralyser et à hypnotiser, et la zorglonde qui sert à laver le cerveau. Zantafio n'a certainement pas pu effacer les souvenirs de Spirou, Fantasio, Spip et le comte avec un simple pistolet à zorglonde. Où aurait-il donc trouvé le matériel pour ce faire, toutes les bases (sauf celle de TORA-TORAPA) ayant été détruites à l'issue de Z COMME ZORGLUB et L'OMBRE DU Z ?
    Et que dire, dès le début, de cette réplique de Fantasio : "Des marsupilamis, on en a sans doute croisé des dizaines" Hein ! Quoi !!??
    Bref, Vehlmann ne connaît pas la série comme il le devrait ; il est donc, au mieux fumiste, au pire incompétent.

    Ainsi, le postulat de départ de cette histoire est terriblement bancal, mais ce qui est fait est fait. On poursuit la lecture et on se laisse malgré tout porter par la succession des péripéties. Le rythme est bon, le découpage des séquences est bien et l'ensemble est plutôt dynamique, comme il convient pour un récit d'aventures. Et c'est d'ailleurs ce qui sauve l'album du ratage complet. Car malheureusement, encore une fois, Vehlmann accumule les approximations et les maladresses (notamment Spirou qui vouvoie Zantafio). Ses dialogues sont mauvais et ses idées sont artificielles, dignes d'un amateur (impossible de tout citer). Par exemple, les commentaires qui tombent à plat, adressés directement au lecteur et le prenant un peu trop pour un idiot qu'il faut tenir par la main afin de lui expliquer ce qu'il lit ("Holàlà ! Rien que de le voir se réaliser sous nos yeux le bonheur est presque trop fort !" ou "Quel suspense !" ou encore "Pourvu qu'ils n'aillent pas voir derrière la souche de droite !" avec Spip qui répond au commentaire). Et puis, comme dans les albums précédents, il faut toujours qu'il nous fasse la leçon sur ce même ton compassé, démagogique et complaisant ("C'est un moyen de préserver notre biodiversité de l'avidité des firmes agricoles ou pharmaceutiques : elles n'hésitent pas à breveter les gènes de nos plantes rares ou de nos remèdes traditionnels" - J'ignorais que les remèdes avaient des gènes). Y en a ras le bol de la morale paternaliste de Fabien Vehlmann ! Et on passera sur la nouvelle justification imbécile du costume de groom (comme si le Marsu se fiait à l'odeur d'un vêtement, et pas à celle de la personne qui le porte).

    Quant à Yoann, il n'y a rien de plus à dire que ce que l'on disait déjà de l'album précédent. Malgré la jolie couverture (et la course nord-ouest de Spirou), son travail est toujours aussi aléatoire. Certaines cases sont bonnes, d'autres non et font plus penser à des storyboards colorisés qu'à des cases définitives (les cases de la pirogue qui s'éclate dans la forêt). Son Spirou est certes plus régulier, mais le style est toujours aussi patachon (il faisait sans doute partie des gamins qui coloriaient en dépassant des traits quand il était petit), parfois bâclé (on lui doit deux des plus laides planches de la série - planche 23 (p.25) et planche 34 (p.36) avec la participation de Laurence Croix aux couleurs). Bref, aucun des deux auteurs n'est satisfaisant.
    On finit la lecture et on trouve encore une fois le résultat mitigé. Mais tirant plus vers le négatif que vers le positif parce que maintenant, ça fait un peu trop longtemps que dure l'insatisfaction. Ce n'est certes pas aussi mauvais que les tomes 52 et 53, parce que c'est plus dynamique et qu'il y a une certaine atmosphère (le nombre de planches étant plus grand, cela donne plus de temps pour la développer), mais les aspects vraiment positifs sont difficiles à identifier en tant que tels.

    Les questions qui se posent maintenant sont les suivantes : A quel moment Yoann & Vehlmann vont réellement se mettre au boulot et développer de nouvelles idées et de nouveaux personnages qui aient de l'épaisseur (contrairement au transparent V, son avocate et Poppy Bronco) ? Quand vont-ils apporter leurs propres pierres à l'édifice au lieu de recycler de l'ancien (Zorglub, Seccotine, Vito Cortizone, Zantafio, le Masrupilami, la rédaction de Spirou) et des monstres à chaque album ? Ne sont-ils que deux cachetonneurs seulement bien contents d'avoir renouvelé leur contrat pour cinq ans avec Dupuis, s'assurant ainsi un salaire fixe pour quelque temps durant lequel ils n'auront qu'à donner le change ?
    En ce cas, qui sait, par accident, ils feront peut-être un jour quelque chose de vraiment valable.

    pierryves Le 08/02/2016 à 02:33:13
    Clifton - Tome 22 - Clifton et les gauchers contrariés

    S'il y a bien une série dont on n'attendait vraiment pas qu'il en paraisse un nouvel album, c'est bien CLIFTON. Série secondaire (pas par sa qualité, mais par sa célébrité), excepté pour les lecteurs de feu "Le Journal Tintin" dans les années 1970 et '80, on ne peut pas dire que le personnage soit connu du grand public.

    Le colonel Harold Wilberforce Clifton a été créé à l'aube des années 1960 par Raymond Macherot, qui lui a fait vivre trois aventures, qui aujourd'hui on bien mal vieilli. Greg l'a ressuscité une première fois en 1969 en confiant le dessin à Jo-El Azara, puis a décidé de passer la main au tandem Turk et DeGroot (ROBIN DUBOIS et LEONARD) qui lui a enfin concocté des aventures dignes de lui. Des albums comme LE VOLEUR QUI RIT (toujours avec Greg), SIR JASON, CE CHER WILKINSON, 7 JOURS POUR MOURIR ou WEEK-END A TUER sont à compter parmi les meilleurs crus de la série. Les indispensables de son "âge d'or".
    Les choses se sont gâtées par la suite avec le départ de Turk en 1985, confiant sa place à Bédu. Malgré un excellent LA MEMOIRE BRISEE renouant avec l'esprit de 7 JOURS POUR MOURIR, les albums suivants ont perdu le charme de la série, qui est devenue plus sérieuse et moins humoristiquement britannique (LE BAISER DU COBRA). C'était devenu juste une énième série de détective ; sans âme et banale. Un peu comme TIF & TONDU à la même époque sous l'égide de Sikorski et Lapière. Bédu s'est retrouvé finalement seul à la tête de CLIFTON, puis à cédé sa place à son tour à Rodrigue qui a achevé de le couler (avec le concours de DeGroot (!) revenu aux affaires, on ne sait pourquoi). Les choses en étaient donc là en 2008. Seule la parution d'une intégrale de moyenne qualité (car pas intégrale du tout - il manque toutes les histoires courtes et inédites en albums) a rappelé au monde que CLIFTON avait existé un jour. Mais que c'était visiblement une série de "patrimoine", avant tout destinée aux quadras nostalgiques.

    Huit ans plus tard arrive donc cette surprise. Un nouveau CLIFTON. Et c'est doublement étonnant car le dessin en a été confié à Turk, celui de "l'âge d'or" dont il était question plus haut. Ce qui est déjà un gage de plaisir. C'est un peu comme si Janry revenait dessiner SPIROU & FANTASIO. Maintenant, il faut que l'histoire tienne. Et la mission a été confiée à Zidrou, dont on parle beaucoup, mais dont je n'ai personnellement jamais rien lu. Tout ce que je peux dire est que le résultat est très satisfaisant. On retrouve pleinement ce qu'on appréciait à l'époque. Comme si on venait de tomber sur un inédit de 1982-83. L'auteur a pleinement saisi l'esprit de la série qu'on aimait et l'humour caractéristique des aventures des années '70 est bel et bien là, même s'il est parfois trop appuyé il est vrai.
    A noter également que, contrairement à toutes les aventures passées qui se déroulaient à l'époque contemporaine de leur création, celle-ci se déroule en 1960, c'est-à-dire avant LES LUTINS DIABOLIQUES et LE VOLEUR QUI RIT.

    Alors ce n'est certes pas un chef-d’œuvre, mais il n'y a jamais eu de chef-d’œuvre dans CLIFTON. Ce n'est pas une série faite pour ça et ça n'en a jamais été le but. Amateurs d'auteurisme, passez votre chemin ! Mais c'est très agréable à lire, on passe un bon moment. On rit parfois, on sourit souvent. Que demander de plus ? Une prochaine aventure est annoncée en fin d'album. Ça, c'est un plus. A l'heure où tout ce qui est anglais est à la mode, surtout en matière de séries TV, peut-être que les éditions du Lombard ont pensé qu'il était temps de ressusciter une seconde fois le colonel irascible. Espérons que ça marche. Surtout si ça continue dans la même veine.

    pierryves Le 31/01/2016 à 14:32:11

    J'avais beaucoup apprécié SOUVENIRS DE L'EMPIRE DE L'ATOME. Je guettais donc la parution éventuelle d'un nouvel album du duo Clérisse/Smolderen. Ça a donc été avec un certain enthousiasme que j'ai appris la sortie de L'ETE DIABOLIK. d'autant plus que les planches proposées en avant-première étaient tout à fait alléchantes.

    A la lecture de l'album, on n'est effectivement pas déçu par le dessin de Clérisse qui fait encore un travail remarquable. Le style graphique adopté correspond tout à fait aux années 1960 comme celui qu'il avait choisi pour L'EMPIRE DE L'ATOME était idéal pour dépeindre le contexte des années 1950. De ce point de vue là, on est pleinement satisfait.

    Ce qui est moins convaincant, c'est le scénario de Smolderen qui est beaucoup moins original que celui de l'album précédent. La présentation des personnages et du contexte sont bons, mais le problème vient plus du fait qu'à chaque événement qui se déroule dans le cadre de ce dernier on devine immédiatement ce qu'il va se passer ensuite. Tout est donc assez téléphoné dans ce récit (la nature de la face cachée du père, l'identité de Diabolik, le destin de Joan...) et évident. La coupure de l'histoire au milieu de l'album m'a paru très artificielle également. J'aurais plus apprécié, je pense, quelque chose de moins brutal pour passer d'une époque à l'autre (un changement de style de dessin par exemple).
    Les révélations finales tombent donc à plat puisqu'on avait quasiment tout deviné au fur et à mesure de la lecture. Et puis, on réalise que le personnage d'Erik, trop superficiel, ne sert pas à grand chose finalement.

    Une légère déception, donc.
    J'espère lire un nouvel album de Clérisse/Smolderen. Je ne sais pas quels sont leurs projets (s'ils en ont). Peut-être envisagent-ils de faire un album par décennie ? Ce serait sympa. Si tel était le cas, j'aurais hâte de voir le prochain tome consacré à la décennie 1970.

    pierryves Le 26/03/2015 à 20:02:24

    Huitième SPIROU VU PAR... et je me demande toujours à quoi sert cette série.
    On nous dit que "c'est l'occasion pour un ou deux auteurs de donner leur vision de SPIROU & FANTASIO le temps d'un album."
    C'est bien joli tout ça, mais une série comme celle-ci, qui s'est construite et étoffée sur des décennies, se définit par ses personnages qui ont leur caractère propre et par le milieu fictif dans lequel ils évoluent (cadre, amis, ennemis) et qui ressemble énormément au notre (sans jamais être celui-ci pour que certaines extravagances puissent avoir lieu - cf. le Marsupilami et les inventions du comte). Mais elle se définit aussi par le dessin lui-même (c'est celui de Franquin qui sert de mètre-étalon depuis les années 1950) et par sa mise en couleur.
    Sans un ou plusieurs de ces éléments, ce n'est plus vraiment (ou du tout) SPIROU & FANTASIO. Or, le postulat des VU PAR... est justement de supprimer un ou plusieurs de ces éléments essentiels de définition (excepté dans LE TOMBEAU DES CHAMPIGNAC qui était raté pour d'autres raisons - la flemme du dessinateur et la lourdeur du scénariste). En quoi est-ce donc encore du SPIROU ?
    Et c'est là que ça devient ambigu. Les personnages pourraient s'appeler autrement, ça ne gênerait pas. Au contraire, ce serait profitable puisqu'on ne ferait pas de rapprochement entre SPIROU et ces albums qu'on lirait pour ce qu'ils sont, et non pour leur filiation à cette série emblématique.
    Maintenant, il est évident que la marque SPIROU attire, notamment des gens comme moi qui, par exemple, n'ouvriraient jamais en temps normal des albums dessinés comme LES GEANTS PETRIFIES, PANIQUE EN ATLANTIQUE et LA GROSSE TETE ou mis en couleur comme LES MARAIS DU TEMPS et LE JOURNAL D'UN INGENU.

    Cette fois-ci cependant on touche le fond. Pour ce qui est du dessin, on savait déjà à quelle sauce on serait mangé vus les extraits prépubliés à droite et à gauche. Avec LA GROSSE TETE, on évolue dans le style vulgaire habituel de la BD (Zep, Tebo, Féroumont,...) que le premier dessinateur voulant se faire publier utilise systématiquement pour caresser dans le sens du poil un jeune lectorat formaté, et souvent peu exigeant, à qui on a dit que c'était ça qui "marchait" désormais. Alors c'est certes bien animé et dynamique. De ce point de vue, rien à dire, ça fonctionne. Mais pour ce qui est du dessin en soi, c'est d'une laideur consternante. Les personnages sont méconnaissables, Fantasio a une tronche de tube cathodique et Spip ressemble à un rat. Et on a l'impression qu'ils se promènent tous en pyjama. On est bien loin de l'élégance que pouvaient avoir des dessinateurs qui n'auraient jamais osé présenter quelque chose d'aussi bâclé (par respect du lecteur - jeune ou pas). Le trait est nonchalant, ça fait torché à la va-vite, brouillon. Et, bien évidemment (détail qui ne trompe pas), les bords de cases sont faits à main levée (genre "Ben ouais ! On est entre nous quoi, on n'est pas là pour se la péter, t'vois. On est sur du SPIROU là, par chez LEFRANC ou RIC HOCHET. On n'a pas les contraintes de la série officielle, c'est pas pour nous en imposer nous-mêmes. On est là pour s'amuser nous, pas pour se prendre la tête !" L'éternel argument des médiocres - si on peut appeler ça un argument).

    On se dit alors que l'histoire va peut-être sauver un peu l'esthétique. D'autant plus que Makyo n'est pas le premier venu (BALADE AU BOUT DU MONDE). Et bien non, le scénario est à l'avenant. C'est inepte. Limite insultant pour le lecteur de plus de huit ans. Non mais franchement, c'est quoi cette histoire de dictature par le chtoumpfell (le plat national bretzelburgeois, genre de parodie de choucroute) ! C'est ridicule. Et puis comme d'habitude, on va nous rechercher des références à l'âge d'or (faut bien justifier que ça s'appelle SPIROU & FANTASIO) et bien sûr à l'éternel graaaaand Franquin, dont encore une fois on lèche les bottes et on se prétend héritier ou fervent admirateur, mais à qui on ferait souvent honte s'il était encore vivant (mais il serait trop gentil pour le dire).
    Chers auteurs, s'il vous plaît, occupez-vous plutôt d'élaborer des aventures de SPIROU qui soient dignes de ce nom et qui valent quelque chose par elles-mêmes et pas parce qu'on aura quinze-mille références en tête pour comprendre le nouvel album.

    Comble du lamentable dans LA GROSSE TETE, le personnage de Spirou est un connard fini (comme Fantasio dans LE JOURNAL D'UN INGENU) et donc totalement contradictoire avec ce qu'il est normalement. On n'a aucune sympathie pour lui, et ça c'est une première depuis 1938. Tout de même : Spirou se caractérise par la traditionnelle "modestie du héros" chère à bon nombre de personnages de BD (entre autres). Or, là, les auteurs en ont fait un sale petit prétentieux détestable et snob. En quoi est-ce Spirou ?
    Que le succès tourne la tête aux gens, pourquoi pas, mais qu'il change leur caractère profond et leur personnalité, non. Ça s'appelle dénaturer un personnage.
    On aura donc compris que je déteste cet album qui n'a rien à voir de près ou de loin avec SPIROU & FANTASIO. Je pense même qu'il est à des distances abyssales en-dessous de SPIROU A TOKYO et des tomes 52 et 53 de Yoann & Vehlmann. C'est dire.
    Economisez vos sous.

    pierryves Le 26/01/2015 à 14:15:37

    Goscinny et Uderzo au meilleur de leur forme !

    Les trois premières histoires sont nettement meilleures que les toutes premières aventures d'Astérix. Et de loin.
    On retrouve l'humour de Goscinny et son sens de l'observation à chaque page. Et certaines de ses répliques sont fabuleuses. Une mention spéciale à l'officier du fort ultra-maniéré et en total décalage par rapport à l'endroit où il se trouve ("Fi l'ami ! Votre fumet partout d'un quart d'heure doit vous précéder !") et le passage avec son cheval est un autre grand moment de Goscinny ("les Shavashavah seront la plus forte des tribus quand ils disposeront d'autant de frères chevaux que de frères frères !" - "Et de toutes façons, s'ils ne servent pas on peut toujours les manger !"). Et Uderzo n'est pas en reste. Il faut voir la tronche du cheval dans les cases qui accompagnent ces dialogues. C'est du bonbon.

    Seule la dernière aventure, "Oumpah-Pah contre Foie malade", est moins bonne mais l'ensemble mérite largement d'être redécouvert. D'autant plus que certaines bases d'ASTERIX, qui n'existait pas encore, sont posées ici (quelques situations sont reprises telles quelles dans ASTERIX).
    C'est OUMPAH-PAH qui a servi de modèle pour créer ASTERIX, et on ne peut qu'aimer cette série si on aime le petit Gaulois. Je suis donc assez consterné par l'avis précédent (les noms des tribus n'est pas plus idiot que ceux des camps retranchés romains, les jeux de mots sont du même tonneau que ceux que l'on retrouve dans ASTERIX et le duo principal est tout aussi efficace que celui des deux Gaulois. Quant aux situations, comme je l'écrivais plus haut, elles ont parfois été réutilisées telles quelles dans ASTERIX).
    Enfin bon, "chacun ses goûts" comme on dit.

    pierryves Le 23/04/2013 à 00:04:21
    Urban - Tome 2 - Ceux qui vont mourir

    Commentaire déplacé ? La faute n'existe pas, sans doute ?
    Confondre "perdant" et "dépravé" n'est pas une petite faute. C'est un gros contresens !
    Ce n'est pas comme oublier un trait d'union.
    (et c'est même au-delà du contresens puisque "looser" est un mot qui n'existe pas en anglais)

    Et il n'y a absolument rien de hautain à le faire remarquer !
    Oui, il existe une certaine médiocrité dans le fait que des auteurs publiés par des éditeurs de renom confondent deux mots - ou ne sachent pas correctement en orthographier un, quelle que soit la langue dans laquelle ils s'expriment - et dans le fait que ces éditeurs (Futuropolis n'est malheureusement pas le seul) ne fassent pas relire leurs albums avant de les faire paraître. Ce manque de sérieux est de plus en plus fréquent, et au prix des BD (et autres livres d'ailleurs), on est légitimement en droit d'exprimer son agacement devant ce genre laisser-aller croissant depuis quelques années.

    La médiocrité et la paresse intellectuelle sont plus criantes chez les cuistres et les fumistes qui considèrent comme minime la confusion entre les mots que chez ceux qui, de moins en moins nombreux apparemment, ont encore un minimum d'exigence envers les auteurs et leurs éditeurs.

    pierryves Le 15/02/2013 à 04:14:06
    Urban - Tome 2 - Ceux qui vont mourir

    Bon album. Dans la lignée du précédent. Malheureusement les choses mettent trop de temps à se mettre en place. Ca manque de rythme. La lecture est toutefois très plaisante, notamment grâce au dessin de Roberto Ricci. Il faut cependant espérer que le tome suivant passe à la vitesse supérieure.
    A suivre.

    PS (A l'attention de Luc Brunschwig (et de l'éditeur) et d'une grande quantité de personnes qui croient connaître l'anglais) : To lose/lost/lost - verbe irrégulier - veut dire Perdre en français.
    Loose (qui se prononce lousse - contrairement à lose qui se prononce louze) veut dire relâché, desserré, détendu... et au sens figuré, dépravé.
    Rien à voir, donc.
    Un perdant s'écrit donc LOser avec un seul O et pas LOOser. C'est vérifiable dans n'importe quel dico d'anglais. Donc merci de nous éviter des bourdes pareilles.