
Le Café Panique, c'est entre les "Brèves de comptoirs" et "Un singe en hiver". Mais la où Blondin exaltait l'ivresse, Alfred (et a travers lui Topor) décrit l'univers du comptoir. Alors que Gabin "Tutoie les anges", il y a les autres, ceux qui ne décollent pas vraiment, ceux dont l'ambition est de changer le papier peint du séjour. Le comptoir rythme leur vie et chaque forte gueule y va de son aventure ordinaire, de son rêve sans envergure… Et chacun s'évade, le lecteur aussi. Car c'est cela Café Panique, Topor et son art de la poésie du quotidien. Alfred traduit a merveille cette ambiance. Les couleurs sont chaudes et on entend le brouhaha du soir, on devine les tables mal rincées, d'un revers de torchon humide. Et il y a les odeurs, celle de la Renault 16 en panne en bas de la rue, les pavés humides, les vêtement mouillés qui peinent a sécher, les vapeur d'alcool qui s'entremêlent. Et la sueur, la sueur sèche, celle du sur place. Tout cela transparait dans le trait d'Alfred et chaque intervenant, dans son demi mensonge, a droit à traitement graphique particulier, qui forge son caractère…
Le seul reproche que je ferais a Café Panique, c'est d'être trop court. On en redemande
Alfred, tu nous remets la même chose !