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Intégrale 1 par excessif le 12/05/2008 Je ne gardais pas forcément le meilleur souvenir de Chaland, moi, le fan absolu de "Métal Hurlant" : quelque part, j'avais dû louper la marche, entre l'hommage tendre et pourtant narquois aux poncifs de la BD Belge des années 50 (Tillieux - Franquin en ligne de mire), et des ambitions conceptuelles d'autant plus démesurées qu'elles pouvaient facilement passer pour du n'importe quoi au 40ème degré. La relecture, 20 ans après, des 3 premiers tomes des aventures de Freddy Lombard, réunis dans ce 1er tome d'une future intégrale, permet de remettre le talent du regretté Chaland à sa place, la toute première : dans la modernisation ébouriffante des "codes" (ce trio de héros sans un sou, toujours sur la corde raide entre amitié et amour : on est plus chez Rohmer que chez Hergé !), et, surtout, surtout, au fur et à mesure que la maturité vient, au fond de ces abîmes surréalistes et délirants que le scénario ouvre sous les pieds du lecteur, jusqu'au vertige sublime de "la Comète de Carthage" qui voit Flaubert télescopé de plein fouet par le mélodrame le plus torride, Chaland est "grand". Mort trop tôt, beaucoup trop tôt.
1. Le testament de Godefroid de Bouillon par jblanc le 08/05/2007 Album que j'aurais tendance à considérer comme mythique, de même que le cimetière des éléphants (non pas celui de Chaland mais celui de la mémoire commune) est mythique.
A l'usage, cette première aventure éditée de Freddy Lombard se révèle déroutante, même pour un lecteur qui a passé outre la chronologie et a lu tous les autres albums auparavant.
Déroutant car l'histoire est en réalité faite pour dérouter le lecteur, lui enlever ses points de repères habituels qu'il possède des intrigues historiques ou policières dans la bande dessinée. Chaland déconstruit son récit pour mieux nous montrer les limites du récit classique, sans doute aussi pour lui rendre hommage, c'est dans sa manière, toute inscrite dans le dessin.
L'intrigue, donc, est un McGuffin invisible, rêvé, fantasmé, à peine inscrit sur un parchemin (a-t-il une réalité, celui-ci, ou n'est-il qu'une imagination du noble déchu ?) : un fabuleux trésor qu'aurait caché Godefroy de Bouillon avant de partir en croisade, où il mourut.
Freddy Lombard et ses deux acolytes (trio tout à fait hors des normes de la BD classique : Lombard n'est pas spécialement invisible mais il possède certains attributs des faire-valoir habituels ; Sweep, coléreux, est plus classique mais possède certains côtés d'un héros principal ; Dina n'est pas l'ingénue écervelée que l'on pourrait s'attendre à trouver, mais constitue au contraire l'élément modérateur, réellement féminin, du trio, à la différence d'autres bandes où la femme est soit absente car "l'aventure est celle des hommes", soit belle et stupide, belle cruche en somme). Freddy Lombard et ses deux acolytes, donc, se rendent à Sedan dans une vieille aronde qui les lâche avant l'arrivée. Ils font donc un détour par le village qui se dresse tout près : Bouillon. Ils y rencontrent un noble déchu et alcoolique qui rêve de récupérer le trésor de son ancètre, mais qui rêve surtout d'aventure malgré sa poltronerie. Le récit de ce trésor fait rêver Freddy toute la nuit ; ce rêve est l'essentiel de l'album, il est donc complètement irréel. Le lendemain, ils engagent une chasse au trésor qui les mène à une cave à vin.
Voilà donc la réalité de l'intrigue : du vent, des paroles, de l'imagination, du fantasme. Mais Chaland mêle à cela deux éléments qui déroutent plus encore le lecteur : un meurtre et une mystérieuse ombre moyennâgeuse qui les sauve du cachot...
On est donc bien, finalement, dans un album de Chaland, où les apparences ne sont pas de mise, où elles ne sont là que pour tromper le lecteur. Jeu de piste plus intéressant que cette vaine chasse au trésor à laquelle nous convient beaucoup trop de bandes dessinées du premier degré !
2. Le cimetière des éléphants par jblanc le 08/05/2007 Se compose de deux histoires tout à fait réjouissantes tant l’univers et la maitrise de Chaland sont excellents.Le trio est intéressant, chacun ayant un caractère qui paraît nécessaire à l’ensemble.Leur statut est ambigû. Il semble qu’ils soient tous trois cousins ou de la même famille car leurs revenus proviennent d’un individu qu’ils nomment l’oncle Isidore. Pourtant les relations avec Dina sont troublantes. La tête du trio est évidemment Freddy, au caractère affirmé, un peu rêveur et parfois irresponsable : nous dirons qu’il est lunatique ; Sweep dynamise en douceur la bande par son mauvais caractère et son ironie, tandis que Dina apporte une dimension de charme et presque d’érotisme fort bienvenue. Le tout est léger mais sait être grave. Si l’on voyage dans une Afrique d’opérette dans le premier épisode, on ne s’y sent pas moins comme un poisson dans l’eau. Les noirs caricaturés à la Spirou époque Franquin sont délicieux ; on vogue mine de rien en plein délire sans en être incommodé du tout. Chaland sait nous présenter un univers cohérent, une sorte d’années 50 fantasmées, dans un style belge mais dans un décor parisien.
3. La comète de Carthage par jblanc le 08/05/2007 Véritable chef d’oeuvre, tout en ambiance, magnifiée par les couleurs. Difficile d’en parler, ou de résumer. Mais cet album se savoure comme un grand vin. Chaque instant est magique, et peut se voir de plusieurs façons. Cet album est habité de folie.
3. La comète de Carthage par jolan le 24/07/2003 "La plage de Cassis. Alors que la tempête se déchaîne, des enfants découvrent le cadavre d'Ava, une jeune tunisienne. C'est alors le début d'une étrange histoire d'amour entre Freddy et Alaïa, la jeune modèle du tyrannique sculpteur Carrier-Deleuze, alias Phidias. Une histoire d'amour marquée par l'atmosphère de fin du monde qui règne sur un Cassis traumatisé par le passage de la comète, et par la légende de Salammbô de Carthage..."
Cette petite BD est une énigme. On est en fait bien loin du Freddy Lombard, mais plus proche d'un FELLINI revu par HERGE. Des fulgurances, des images, une enquête policière, une passion aveugle, un port coupé du monde, une parabole d'après FLAUBERT, et un héros absent, une narration assez déroutante.
J'en garde un très bon souvenir, et chaque relecture m'est agréable.
Je ne voudrais pas qu'on oublie cet auteur qui avait beaucoup de talent.
4. Vacances à Budapest par jblanc le 08/05/2007 C’est je crois le premier album de Freddy Lombard qui entre de directement dans l’histoire ; les années cinquante sont précisées : on est cette fois en 1956 et l’insurrection de Budapest approche. Le trio, en vadrouille en Italie, est au contact d’un jeune hongrois de 14 (?) ans momentanément expatrié et qui ne souhaite que revenir au pays pour lutter pour la liberté. Dina lui donne des cours de latin, mais un jour, après un accroc avec sa tante qui le garde ici, il s’enfuit en Hongrie... en compagnie de Sweep et Freddy qui plantent là sans rien dire Dina. L’idéaliste jeune homme va se trouver confronté aux couardises de Sweep, à l’inconscience de Freddy et l’incompréhension de son oncle, à Budapest, qui refuse de le garder en Hongrie. Eclate l’insurrection et ce fils de riche s’opposera à nouveau à son oncle qui restera favorable à la cause pro-soviétique. Album différent des autres par ce fort contenu historique. Il permet à Chaland de s’exprimer à nouveau sur des tons de cynisme, d’humour à froid, de décalage. Le drame est relaté sans que cela soit pesant et les relations entre les trois héros sont un peu plus approfondies (bien que toujours déconcertantes). A noter que Freddy s’est coupé sa houppe à la Tintin, et que la couverture annonce en préparation la parabole de la soucoupe, qui paraîtra sous le titre F52.
5. F-52 par jblanc le 08/05/2007 Retour de Freddy Lombard dans les années cinquante fantasmées de l’avant - vacances à Budapest. Un nouvel avion, révolutionnaire (on le subodore) et rapide, va effectuer son premier vol public du Bourget à Melbourne : il s’agit du F-52. Parmi le personnel d’accompagnement figurent Freddy, Sweep et Dina. A peine décollé, on s’aperçoit de la présence d’un espion Russe ; mais à cette première intrigue, à vrai dire plus un détournement du sujet qu’autre chose, se noue une seconde, plus profonde et plus émouvante : une petite fille est - comment dire ? - accaparée par un couple aigri par le handicap de leur propre fille (elle est mongolienne). Cette petite aventure donne lieu à quelques épisodes au sein du F-52 en plein vol ; nos trois héros en prennent chacun beaucoup dans la cafetière. Le ton de l’album est simple, rectiligne, presque trop car on croit y deviner un peu de vide. De fait, il se lit plus vite que Budapest et est dépourvu de la véritable “possession” qui caractérisait Carthage. Néanmoins, même si la chute est trop rapide après une histoire lentement démarrée, les dernières pages sont assez haletantes et le résultat relativement réussi. C’est le dernier album de Chaland qui mourra peu après (1990). Il ne comporte pas de mention d’album en préparation.
5. F-52 par voltaire le 08/02/2008 Une jolie aventure de Freddy Lombard dans des années 50 fantasmées et réinventées. Ce F.52 est un super avion capable de faire Paris-Melbourne en vol non-stop. Et c'est bien sûr du Bourget que part le vol inaugural. On le voit, Chaland mise comme toujours sur le charme désuet.
Cette vraie-fausse parodie d'aventure d'espionnage est délicieuse à souhaits; c'est aussi le chant du cygne de Chaland. Malheureusement !
5. F-52 par Yog-volo le 31/05/2003 Qu'est-ce qu'on l'aimait Freddy Lombard!
Chevalier naïf se débattant dans la noirceur d'un monde moderne et impitoyable...
Yves Chaland savait nous parler des horreurs de ce monde en surfant sur le 11ème degré. Cet ultime opus de la série est un pur chef-d'oeuvre de désespérance et de justesse décalée. Freddy, tu nous manques...