
Les albums de Stassen, faut prendre le temps, parce qu'il ne braque pas ses projecteurs sur le spectaculaire: son regard interroge les oubliés, le "pas évident".
Je suis extrêmement sensible à l'épaisseur, voire la lourdeur, la lenteur, des dessins de Stassen et aux couleurs toujours parfaitement en phase avec le propos...
Il exprime avec un talent et une délicatesse extraordinaires la folie générée par une guerre (incompréhensible pour moi... et merci à lui pour tenter de faire comprendre...ne serait-ce qu'un peu), folie d'autant plus douloureuse qu'elle habite des enfants et chacun d'entre eux a sa manière différente de l'exprimer.
S'y mêlent les vieilles rancoeurs issues du colonialisme qui compliquent les relations humaines entre les acteurs de l'humanitaire et les "assistés"...
Un petit bijou cet album!
C'est en même temps d'une grande finesse et d'une violence d'autant plus terrible qu'elle n'est pas exprimée frontalement... On la ressent tout au long de l'album et il y a peu de scènes d'action: c'est comme un crescendo de blessures, de frustrations, de doutes, d'incompréhension, de fantasmes détruits... de tout ce qui génère les explosions de violence.
Excellent! Mais c'est dur: moi je l'ai lu en plusieurs fois...