Pour qui aime les romans historiques (c'est mon cas) c'est un régal. Le dessin est arrivé à maturité (même si on a quelquefois du mal à s'y retrouver entre les personnages qui ont tous des trognes pas possibles !), et on se ballade avec plaisir dans les arcanes de la petite et grande histoire où personne n'est tout beau.
Brice Goepfert a tellement bien réussi à nous faire oublier François Dermaut qu'on a du mal à relire les anciens albums qui nous semblent ne pas être l'original. Mais si j'aime bien l'atmosphère des histoires de Daniel Bardet, les aventures de ses héros deviennent de moins en moins vraisemblables, car ils se tirent des pires embuches grâce à des circonstances pas très réalistes. Cependant on a toujours envie de savoir ce qui va leur arriver et on attend donc la suite. Mais il faudrait qu'ils s'arrêtent avant que le filon ne s'épuise.
L'histoire est de plus en plus invraisemblable et difficile à suivre mais grace aux desins de Goepfert, on reste pris.
Pour ceux qui ne connaissent pas la série, impossible de prendre en route, mais si vous avez le temps de vous y mettre, vous vous préparez des heures de lecture passionnante !
On se dit en achetant la dernière parution de ces séries à rallonge qu'on va être déçu, et je dois dire que les histoires de Bardet sont quand même diablement bien foutu, avec des cheminements parallèles qui se croisent et se décroisent et oblige à se concentrer sur sa lecture mais on s'y retrouve même si on n'a pas pris le temps de relire les 15 opus précédent. Bardet est un sacrément bon scénariste et si je regrette un peu Dermaut, on se fait au dessin de Goepfert une fois qu'on y est plongé.
Cette série réussit à maintenir le niveau, un très bon moment de lecture dans cette ambiance "guerre de religions" si propice aux passions.
On arrive à la fin de la course où Gunter et Pitz vont résoudre les énigmes leur permettant d'atteindre l'huile sainte permettant le sacre du roi Henri.
Le scénario reste complexe mais le décor historique est très bien rendu et la langue d'époque toujours crue et savoureuse. Le dessin de Goepfert sert bien l'histoire. Bref cela reste de la bonne bd mais 17 tomes, cela commence à faire long, et cela pourrait faire une bonne conclusion.
Si cette série constitue une référence en matière de bande dessinée historique tant par la maîtrise du dessin et du détail historique que par la qualité du scénario, il convient cependant de constater qu’il devient de plus en plus difficile de suivre (au propre comme au figuré) les pérégrinations de Gunther et Pritz.
Et même si le réalisme du dessin de Brice Goepfert et l’ancrage historique du scénario de Daniel Bardet traduisent parfaitement les turpitudes d’une époque où même Dieu avait du mal à reconnaître les siens, il faut savoir parfois terminer une histoire … et laisser l’Histoire poursuivre seule son cours !