1. La sainte lance 
par
tarek le 18/06/2006

La lance !
L’Eglise, du moins certains de ses membres, veille sur le dogme. Une jeune
femme juive tente vainement de persuader un conservateur autrichien
d’accéder à l’une de ses pièces de musée. La lance de Longin pourrait servir à
une expertise ADN. Jésus aurait-il un frère ? La vierge Marie ne le serait-elle
pas en vérité ? Autant de questions qui poussent des hommes de foi à la
suivre pour la neutraliser. Le père Gabriel ne peut laisser une innocente
mourir : l’enjeu est de taille ! Tout commence en 1945…
Richez signe un sublime second tome, il est ardu de monter en puissance dans
ce type de narration et il vient de le réussir à merveille. Le dessin s’améliore,
ce qui n’est pas pour déplaire aux lecteurs. Une suite de très grande qualité
qui vous tiendra en haleine jusqu’au bout. Bravo messieurs.
Tarek
Tarek : Quelles sont vos influences pour l'écriture du Messager ?
Hervé Richez : Aussi bizarre que cela puisse paraître le Messager est à la base
une histoire humoristique qui a mal tourné. J'écris certes des histoires
réalistes mais mon coeur de métier est la BD de gags et d"humour en général.
J'avais écrit en 1996 une histoire humoristique de six pages que j'avais
envoyée à Spirou. Elle mettait en scène un « curé-agent spécial de la foi » qui
était envoyé par le Vatican partout où la religion catholique était en péril.
Cette histoire n'est à juste titre jamais parue car elle ne faisait rire que moi.
N'empêche, j'aimais ce personnage qui s'appelait alors Agnus Dei et je voulais
absolument continuer à le faire vivre. Je me suis donc dit qu'il fallait que je lui
trouve une trame solide pour bâtir ensuite des gags autour de cette trame. J'ai
trouvé l'histoire. J'ai appelé mon ami Alain Dodier pour la lui raconter et Alain
m'a conseillé d'en faire une histoire réaliste. Voilà comment est né Le
Messager. Donc, pour revenir et répondre à votre question, l'influence pour ce
thriller théologique c'est James Bond revisité façon cléricale...Je sais c'est
n'importe quoi car l'histoire du Messager n'a absolument rien de commun avec
celle de Bond mais ça vient de là et je n'y peux rien changer.
Tarek : Le scénario de cette série est très proche d'une narration
cinématographique. Avez-vous cette démarche dans votre écriture ?
HR : En terme de narration, ça tient surtout à mon ami Mig qui est un
incroyable metteur en scène. Ceci dit, il est vrai que je construis chaque
album en veillant à ce que les règles dramaturgiques soient rigoureusement
respectées. J'ai mes recettes de cuisine pour vérifier que l'album réponde à
cette exigence. Je fais notamment sur une grande feuille un descriptif
technique de l'album en plaçant avec des codes graphiques différents les
séquences, les noeuds dramatiques, les éléments de préparation et le
placement de leurs résolutions, les moments où le personnage change etc. Ce
graphique me permet de voir si l'album est équilibré et les éventuels endroits
à retravailler.
Tarek : La passerelle qui existe entre le profane et le spirituel vous permet-
elle de rendre votre récit plus ambigu ?
HR : Non pour la passerelle qui existe entre le profane et le spirituel. Par
contre, celle qui existe entre le profane et le sacré oui. La nuance est certes
faible mais le spirituel n'est plus forcément connecté aujourd'hui à une
religion, contrairement au sacré.
Et là je suis super content d'avoir inventé cette nuance car honnêtement je ne
savais pas trop quoi répondre...
Tarek : Quels sont vos projets ?
HR : Je bosse sur l'adaptation cinématographique du Messager avec Nicolas
Cuche comme coscénariste. Nicolas est un professionnel du cinéma et me fait
de la formation intensive car l'écriture d'un film tout en étant proche de celle
d'une BD a une plus grande exigence de rythme. On y est depuis quatre mois
et on vient de remettre ce qui devrait être (j'espère) la dernière version du
traitement de l'histoire. Le traitement étant la description romancée de
l'histoire. L'étape suivante étant celle de l'écriture du scénario du film si le
traitement donne satisfaction aux producteurs. Après, je me remets dare-
dare à de l'écriture humoristique en bouclant le tome 4 de l'Effaceur (une
excellente série chez Vents d'Ouest que je me dois de vous conseiller).
J'aimerai aussi travailler avec Stédo tout simplement parce que je suis un de
ces fans. Je lui ai soumis un projet et il faut juste qu'on trouve le temps de s'y
mettre.