
Le kokor est une espèce volatile à la plume élégante, aux traits fins et précis, discret au point de se parer d’un nom à consonance exotique.
L’individu a néanmoins choisi de nicher au Havre. Et c’est de son antre qu’il construit, par petites touches, un univers peuplé de personnages qui nous ressemblent tant, à nous les humains, singeant nos petits travers : la lâcheté des uns et la cupidité des autres…
Avidité qui, dans le pays imaginaire et absurde du Kokor, poussent les bipèdes à liquider pour une poignée de dollars, leur planète à un extra-terrestre.
Notre acheteur, escorté d’un Rouletabille chargé d’affaire, entreprend avant la signature définitive de l’acte, une longue balade, histoire de vérifier s’il n’a pas été trompé sur la marchandise. Ils arpentent la terre, le nez rivé sur un acte de vente pour lequel on a du abattre un pan entier de la forêt amazonienne tant il y a de feuillets. L’acte notarié décrit par le menu chaque parcelle de terre, authentifie l’origine du monument le plus insignifiant, et coetera… Il est si fouillé qu’il va même jusqu’à dresser l’inventaire de nos us et coutumes les plus bizarroïdes…
Un bruit persistant annonce sur la région de Libourne, à l’approche de l’automne, un vol de Kokor. Attention, pour ne pas louper l’atterrissage du spécimen, ouvrez grandes vos écoutilles et restez aux aguets…