Cette Bd est un bouleversement pour l'adolescent en quête de lui-même. On tombe dessus par hasard, et c'est tout un univers fait de petites choses du quotidien, de merveilles cachées qui nous tombe dessus, pour notre plus grand plaisir.
Dans ce premier tome, Broussaille découvre ce qui l'entoure, qui se tait et vit en silence - le passé d'un écrivain de son quartier, une baleine sous le musée voisin, un amour qui attend - mais qu'il peut entrevoir grâce à son oeil contemplatif et de part sa nature rêveuse.
Sensible et curieux, il s'ouvre au monde, et nous avec, respirants à plein poumon ces pages superbement dessinées où règne une tendresse et une douceur rassurantes.
L'atmosphère de la ville y est particulièrement bien rendue, au sein de laquelle Broussaille se laisse glisser, et bientôt nous nous sentons dans cet album comme un poisson dans l'eau.
Cette série est un hasard, mais tout n'est que hasard, tout semble couler de source, et Broussaille nous apprend qu'il faut se laisser guider par ses émotions pour pouvoir s'accomplir. Rares sont les oeuvres qui ont un écho aussi fort dans notre existence, qui parlent de nous, de nos envies, de nos élans et de notre humanité.
FRANK et BOM signent là un petit chef d'oeuvre simple et magique, où un jeune homme avec ses cheveux en bataille vient s'immiscer dans un coin de notre tête pour ne plus en sortir. Broussaille est un ami, comme un frère, et c'est l'auteur qui se dévoile, pour nous apprendre à mieux voir.
Un doux air de folie et de rêverie soufle tout au long de ces albums, et surtout Frank retranscrit magnifiquement les etats d'esprits et les sensations de son hero. Ces cinq tomes sont chacun l'histoire d'une recherche.
Le premier est la recherche d'une reponse obsessionelle et surréelle, une envollée dans l'imaginaire, dont on revient en paix et heureux.
Le second est une recherche qui tient de la plus pure curiosité, on part sans savoir ce que l'on cherche (à part "à savoir") et on revient avec un trésor.
Le troisième est une recherche effénée qui va apporter tout autre chose que ce qu'on cherchait. (c'est mon préféré)
Le quatrième (en deux parties) est la recherche mutuelle de deux êtres, chacun marchant dans les pas de l'autres pour tenter de le retrouver, puis une recherche sans but, une flânerie, dont on rapporte ce que l'on aurais jamais été chercher.
Le cinquième est une recherche intérieure, une fouille au fond de soi.
Le cinq m'a quelque peu dérouté, pas tant par l'aspect éclaté que par la surcharge du message, les dessins de Frank seuls suffisent presquent à faire passer son message, la surenchère de considération ou de dénonciations nuit au message, cela l'alourdit. Quelques vers, quelques propos, parfois en phase, parfois décalés, auraient suffit, car tout est déjà la et c'est ça la force de cette série.
Premier album, dessin encore en formation, histoire poétique mais un peu tiré par les cheveux, mais l'humour du quotidien fait passer le tout pour cet essai prometteur.
On retrouve l'univers du premier album mais cette fois ci à la campagne, mais le message ésotérique est un peu difficile à saisir.
Il reste de très belles images et l'ambiance particulière de cette série.
Une chouette Bd...Simple mais efficace...J'ai Bcp de tendresse pour ce Broussaille; mon amour des chats...Une Bd vraiment intelligente...Incontournable!!!
Il est clair qu'encore une fois Frank Pé nous éblouit par la qualité sans faille de son dessin. Voici un des maîtres les plus complets de la BD franco-belge actuelle.
Chacun cherche son chat et en profite pour faire des rencontres et se découvrir soi-même.
Le dessin atteint sa maturité et l'histoire très simple est prenante jusqu'au bout avec cette ambiance poétique qui est la marque de cette série.
Un très bon album.
Deux histoires formidable de simplicité et de poésie, une au Japon où les deux amoureux se sont perdus et se cherchent et l'autre en Afrique à la découverte d'une petite fille.
Les dessin est parfait, un album tout à fait réussi pour tous.
Je dois avouer que la lecture de ce tome 5 de Broussaille m'a beaucoup déçu... pour ne pas dire agacé.
En lisant les commentaires sur le forum (il suffit d'y faire un tour ;o) je crois comprendre un des éléments qui me gênaient : il y a une sorte d'incompatibilité entre le fond et la forme. Car la "perfection" graphique de Frank détourne l'esprit du lecteur du chemin sur lequel l'auteur veut nous emmener : celui de la réflexion. Alors qu'on doit être concentré sur le message, la beauté du dessin nous distrait.
Un commentaire parle d'une "envie" concernant un dessin plus dépouillé et moins précis, ce qui est une très bonne idée.
Sur le fond aussi, j'ai été gêné. C'est même là que j'ai été agacé, car j'ai eu l'impression de lire un texte assez banale, d'une naïveté qui me gêne dans l'époque troublée dans laquelle nous vivons.
Car s'il s'agit d'une condamnation de la société mondiale contemporaine, je la trouve bien légère. Les problèmes de pollution, d'hypocrisie, de violence ou de misère tier-mondiste méritent plus qu'une vague colère bien désuète d'un Brousaille qui mord dans son journal. On n'en sort pas choqué par une image qui ne retranscrit absolument pas la situation calamiteuse de la société en générale et de la terre en particulier.
L'exemple de la publicité tel que pris dans l'album est bien trop caricatural pour porter. Du coup, "on" (en tout cas, ça a été mon cas) passe à côté de la fureur du personnage et par là-même de la paix qui va l'envahir ensuite.
C'est là où le bas blesse selon moi dans cet album : le message manque cruellement de crédibilité, et la part prise par le dessin sur le discours n'aide certainement pas à faire adhérer le lecteur aux idées sous-jacentes.
Bref, une déception... et Dieu sait que j'adore Brousaille et que j'admire Frank.
Pour moi, Broussaille (en général) est une bouffée d'air pur dans un monde étouffant.
Cet album ne fait pas exception.
Tout d’abord, le dessin est extrêmement bien fait. A lui seul, il fait oublier les tracas quotidiens. Mais ce n’est pas le dessin qui est le plus important dans ce cas.
Ce qui est important, c’est l’histoire. Cette fois, ce n’est pas tant une histoire poétique (comme dans "Les baleines publiques") qu’un conte, une initiation.
Fervent admirateur de Coelho, je retrouve sa marque dans "Un faune sur l’épaule". Une lecture de cet album et mes peines et mes frustrations sont oubliées pour un temps.
La principale qualité du scénario, à mon sens, c’est d’avoir su simplifier la réalité quotidienne et la réaction que l’on peut avoir par rapport à cette réalité.
Il est vrai que la simplification tient parfois de la caricature. Mais c’est ce qui fait la force de l’histoire. Ne garder que l’essentiel pour ne pas distraire le lecteur du message que l’on veut lui faire passer. Faire réfléchir, mais ne pas donner de solution toute faite. En un mot, éduquer.
Le message ici est plus : "Suivez votre rêve ! Ne vous laissez pas abattre" que "Voici mon rêve, voici comment je l’ai suivi et comment vous devriez le suivre".
Ce que j’aime le plus, c’est que le même message peut être compris en lisant le texte sans regarder les dessins, en regardant les dessins sans lire le texte, ou en associant les deux.
Les premières planches me mettent d'emblée dans une atmosphère familière qui me charme et me renvoie à des rêves quant au devenir de cette série que je croyais oubliée de tous. Brou se retrouve seul, le soir, et commence à écrire. Je m'attends à une histoire avec Catherine, à Bruxelles, et je m'imagine déjà une suite à mon idée, mais il n'en est rien. Après cette introduction, Brou nous plonge dans ses souvenirs, au gré de papiers auxquels il nous a habitué. [...]
Il y a suffisamment de niveaux de lecture différents pour déceler un intérêt à chaque partie, et les idées émanent de manière très personnelle, mais très cohérente au fur et à mesure. Le propos est légèremment symbolique et métaphorique, mais il fait retentir en nous des échos bien distincts et intimes pour ceux qui partagent la même sensibilité que son auteur. Par moments le récit est volontairement onirique et fantaisiste, et à d'autres il se dégage principalement une vision de la vie et un mode de pensée qui nous touchent par leur clairvoyance et leur humanité.
Certes, j'étais un peu décontenacé par l'aspect trop éclaté, par l'omniprésence d'un thème que j'aurai bien aimé voir développé au sein d'une histoire plus concrète et actuelle. Mais là n'est pas le but de FRANK, qui délivre son avis et ses questionnements sans concessions, sincère et entier. Chaque papier participe à l'unicité de l'album, suivant fidèlement le cheminement de Brou face au faune qui est en lui et autour de lui. La nature lui parle, et il est en son coeur, car il sait l'écouter et la contempler. L'évocation de ses souvenirs, puis de cette rencontre fabuleuse et ce qu'elle fait naître chez lui est aussi une histoire, une parenthèse dans sa vie, qu'il veut coucher par écrit, comme le fait FRANK avec cette oeuvre.
Un tournant se dessine dans cette série, un nouvel élan, et tout ici nous donne à ressentir ce changement qui s'opère "Tu vas devoir mourir pour pouvoir renaître!" lui dit le vieux chamane. Et nous renaissons avec lui. La vie s'ouvre en grand, comme elle l'a toujours fait, et chaque petit instant est une merveille. A nous de savoir le voir...
C'est le rôle du faune. Nous avons tous un être qui nous épaule et qui nous guide.
Ce dernier tome de la série est tout simplement magnifique.
Je l'ai abordé avec un peu d'appréhension, ayant entendu des critiques plutôt négatives, et ayant moyennement aimé le tome 4 par rapport aux excellents tomes 1, 2 et 3.
Et bien "Un faune sur l'épaule" est vraiment réussi.
On retrouve la poésie propre à cette série, et l'auteur a réussi la prouesse de nous arrêter un instant sur ... des instants magiques, pour ré-apprécier ce qui nous entoure.
Vous l'aurez compris, ça a un air de "La première gorgée de bière" and co, mais en mieux. Avec de très beaux dessins, avec un scénario qui tient bien le coup, avec le petit nuage qui accompagne partout Broussaille.
Broussaille se laisse aller à la rêverie et raconte ses contacts avec les arbres et la nature par l'intermédiaire d'un faune.
Un discours écolo un peu trop new-age à mon gout mais les images sont belles. Pas si mal.