
Le lecteur se retrouve plongé dans un New-York dévasté dont seuls les gratte-ciels subsistent. Et pour cause, ceux-ci sont habités par des clans, isolés les uns des autres. Mais un danger se rapproche, chaque soir les villages haut-perchés subissent les attaques dévastatrices et meurtrières de pillards. Qui sont-ils, comment apparaissent-ils ? Le village de Jana, Jeltro & leurs deux enfants sera-t-il la cible de ces redoutables meurtriers sanguinaires ?
Outre la présentation des personnages et la mise en place du scénario, ce premier Tôme révèle un rythme haletant, pour ne pas dire frénétique, et une intrigue parsemée de catastrophes, de morts et de suspicions plus machiavéliques les une que les autres.
Figée sur un même gratte-ciel, l'action n'en est que plus haletante car l'auteur utilise savament les notions d'espace (promiscuité, ompossibilité de fuir) et de temps. Mais qu'arrive-t-il à Jalna dans ses rêves, dans sa vie?
Mon Dieu! Mais que se passe-t-il ?
La démesure des lieux, l'incompréhension des populations et la relative faiblesse de celles-ci retranscrivent à merveille la tension palpable dans les communautés claniques. L'atmosphère oppressante est d'ailleurs agrémentée par un savant mélange de mysticisme pseudo religieux justifiant les comportements étranges et le sort injuste ... je n'en dis pas plus.
La fin du premier album renvoie donc au début, qui à son tour permet d'en comprendre ... la fin (du premier tôme) ... qui n'est en fait qu'un début (de l'histoire)...
M'avez-vous suivi ? Non?
Ok, je recommence.
Soyez attentifs à la mise en situation, aux quelques premières cases, elles éclairent sur la suite des événements, mais ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Eclairer ne veut pas dire expliquer.
Le mystère demeure entier. Des cendres renaît le phoenix...
Les graphismes sont quant à eux fins, détaillés mais parfois pas du meilleur goût, surtout en ce qui concerne les visages des sujets. Certaines cases seront très réussies, et les suivantes à contrario totalement loupées à mon sens.
Dans le même ordre d'idée, la gestuelle des personnages laisse présumer à la BD un aspect assez statique. Toutefois, et l'auteur y parvient à merveille, l'utilisation de couleur (à dominante rouge pour l'action réelle et verdâtre-noirâtre pour l'action imaginée) renvoie l'image d'un feu omniprésent et ... omnipotent. A ces personnages relativement figés donc s'oppose une action rythmée et le mouvement incessant du feu, des flammes et de la fumée.
De cette réelle contradiction, l'on peut affirmer, sans aucun doute, que Bajram a fait naître une BD angoissante à l'univers oppressant ... et au mystère tout entier.
Une série à mon sens incontournable ou, à tout le moins, à découvrir en librairie pour se faire un avis propre...