
Une ville aux limites incertaines (beaucoup la pensent infinie), une
administration farfelue comme seul M-A Mathieu sait en inventer, une société
surveillée, des politiciens attentistes... Et un beau jour, un mur qui vient se
dresser en plein milieu d'une rue et dérégler cette belle mécanique. Puis un
autre, en plein milieu d'une autre rue. Et ainsi de suite, des murs sont érigés
sans logique au moindre conflit.
On ne peut pas dire que cet album soit le meilleur de Mathieu, mais on ne peut
pas non plus dire qu'il soit mauvais... Une fois de plus l'auteur a réussit à
mettre en place un univers tout à fait atypique, soutenu par un dessin qui nous
"engloutit" totalement grâce à de grands applats de noir en opposition parfaite
à un blanc immaculé, allié à une ligne claire dont l'exactitude peut ici
s'exprimer toute entière grâce cette ville à la symétrie parfaite.
Reste que tout le potentiel de l'histoire ne semble pas avoir été exploité, et
que la réflexion sur la société, le langage, la perception, semble assez vaine.
Au final on reste sur sa faim, on n'a pas l'impression d'avoir lu une bonne BD
mais une BD potentiellement bonne... C'est assez dommage car il y avait-là
des possibilités énorme et des planches vraiment grandioses (la scène de la
rueuse en est un exemple flagrant).