
Dès la première page, nous sommes mis au parfum. Albert veux se suicider, il compte à rebours avant d'appuyer sur la détente et... il n'arrive pas. Avec des flash back, nous allons découvrir ce qui l'a amené à tuer sa femme, ses enfants et à vouloir mettre fin à sa vie d'incapable. Le lecteur va être invité à prendre connaissances des mémoires d'un incapable et à partager avec lui le regard des autres face à son acte violent. Nous verrons la montée de son mépris face à une société aberrante qui semble ne pas l'écouter pour atteindre le paroxysme.
Lors de sa parution en 1998, j'ai tout de suite été emballé par la couverture. Une image qui heurte et un titre évocateur qui titille ma curiosité. Pourtant, lors de la lecture j'ai vécu la même déception que j'ai connue avec "Un gosse à abattre" (Nouvelle série Valhardi). J'attendais trop de cette histoire qui semblait être un chef d'œuvre et qui allait s'avérer être un belle essai, mais décevant sur de nombreux points.
Tout d'abord le dessin : alors que des dessins en dégradés de gris semblaient être judicieux pour une histoire noire, ils se sont avéré être des "brouillons" chargeant trop la page. L'expression exagérée des personnages met mal à l'aide et freine la lecture. Il m'a fallut le lire en plusieurs fois pour m'introduire dans la peau du personnage qui allait partager la vie misérable d'Albert.
Le scénario est plus nuancé. Il semble être un brûlot face à une société amère, intransigeante, aberrante, paradoxale. Une société se perdant dans des méandre du conformisme et de l'hypocrisie. Il offre de nombreuses pistes, mais ne les exploite pas suffisamment. Je retrouvais un peu l'idée du film "Chute libre".
Je reste tout de même surpris par l'approche des auteurs et leur histoire m'a intéressée, toutefois je m'attendais à une aventure qui allait plus me surprendre. Elle mérite d'être lue et de ne pas tomber dans l'oubli.