Le Dr Monge, rien à voir avec son homonyme, est un médecin de marine qui a bourlingué sur les 7 mers avant de revenir s’installer en France. Veuf depuis quelques années, il a quelques « bontés » pour sa servante Ninette qui nous joue le coup des amours ancillaires. Nous sommes dans la France louis-philipparde, rurale, mais dans laquelle la famine, sinon la misère ont été vaincues.
Daniel Bardet nous propose un petit drame campagnard du style de ceux qu’aurait pu trousser (avec davantage de génie quand même !) Maupassant.
Les coups de théâtre, un peu trop nombreux à mon goût, abondent mais l’ensemble se lit sans déplaisir aucun.
Nous sommes 2 ans plus tard et le Dr Monge, toujours accompagné de Ninette, a préféré quitter sa demeure précédente pour s’installer en Normandie. Si le dessin d’Eric Chabbert a gagné en maturité, l’histoire qui nous est dépeinte ne ressemble guère à un roman policier. Nous sommes davantage dans le roman feuilleton de ces mêmes années qui avait Sue, Féval et tant d’autres pour Grands-Prêtres.
Le gros inconvénient reste le thème central basé sur la pédophilie incestueuse. Je ne jouerai pas les Père-la- Morale mais admettons tout de même que le sujet est des plus délicats. L’aborder nécessitait pudeur, maîtrise et virtuosité. On n’y est pas !
Retour à un scénario plus classique une suite de meurtres dans un petit village et plus particulièrement dans un monastère. Non, il ne s’agit pas d’un « remake » du « Nom de la Rose » –on aurait pourtant aimé- mais d’une histoire de vengeance assez glauque. En nous brossant le Dr Monge, Bardet est à son affaire.
Reste quand même une abondance de facilités, de « twists » improbables et de morts opportunes qui font de ce volume, comme des précédents d’ailleurs, davantage une BD d’aventures que véritablement policière.
Le Cygne d'Argent est une maison où les hommes bien nés et surtout argentés aiment à se reposer dans les bras de jolies femmes.
Mais voilà qu'on interrompt ce bon Dr Monge, quasiment en plein travail, pour lui montrer le corps d'une jeune et belle prostitué qui vient de passer assez violemment de vie à trépas.
Commence alors une aventure dans le mystérieux Paris de l'époque, aventure digne de de celle des romans feuilletons d'alors mais aussi avec les mêmes limites.
Qu'importe j'ai aimé !
Les chiens rouges sont cette confrérie secrète à laquelle s'est heurté Monge dans l'album précédent. Si l'histoire jusque dans ces boursouflures est assez classique, il faut surtout rendre grâce au dessin d'Eric Chabert qui dans ce livre (mais aussi le précédent) explose véritablement.
La mise en page est somptueuse, les angles de vue souvent surprenants, pour son dernier travail sur la série, Chabert se surpasse. Bravo !
Michel Janvier reprend efficacement le dessin de Chabbert, et le scénario emmène le Dr Monge à Paris à la rencontre de son passé et le lance dans des aventures improbables.
Cela se laisse lire sans tout à fait le charme des premiers opus. Mais il faut attendre d'avoir la fin de l'histoire pour se faire une opinion définitive.
Monge a quitté à Paris. Il est à Rouen pour prendre possession d'un médiocre héritage et voilà qu'un malandrin est prêt à le tuer pour le ravir.
Qu'est-ce que cela peut-il cacher ?
A quelles forces puissantes mais malfaisantes vient-il encore de se frotter ?
La suite se fera dans l'album suivant.
Michel Janvier succède à Eric Chabert et s'en tire très bien avec de superbes et classiques dessins et une belle mise en page. Vivement la suite de cette aventure normande !