Un bel album. Le scénario d'espionnage n'est pas vraiment super compliqué, mais la Bd s'avère envoutante surtout grâce à la magnifique mise en image de Boucq. Résultat, on ne décroche pas du début à la fin.
Beaucoup de thèmes forts abordés au cours de ces 120 pages qui retracent le parcours d'un homme depuis sa naissance jusqu'à l'âge adulte: solitude, amitié, spiritualité...
Le contexte est celui de la guerre froide, mais ce n'est qu'un prétexte (l'intrigue d'espionnage importe finalement assez peu, et se trouve même être le petit point faible de Bouche du Diable) pour mieux faire exister un personnage pas franchement gâté par le destin; celui-ci lui ayant réservé tares physiques, et manipulations en tous genres...
Au final, il s'agit d'une belle histoire triste, pleine de vie, où le récit prend son temps pour dresser une belle galerie de personnages élaborés et touchants. Le tout dans une atmosphère d'Amérique déjà rattrapée par la misère sociale, somptueusement mise en scène par Boucq (à ce titre la séquence dans les égouts est tout simplement géniale)...
Une réussite indéniable.
Dans le contexte de la guerre froide, Charyn nous livre la conception du paternalisme à la soviétique. Un orphelin, éduqué par l'Etat, est envoyé comme espion au USA
Un scénario banal mais très bien amené, sans temps mort, ni longueur. Un déssin digne de Boucq, d'un réalisme surprenant, pour des paysages et émotions soignés.
On pourrait peut être, si on veut pinailler, lui reprocher un manque d'originalité.