Beaucoup d'éléments autobiographique dans cette histoire d'un jeune assistant dans un atelier de mangas qui va trouver la force d'écrire sa propre histoire grâce à l'amour que lui inspire une jeune fille fragile.
Toute la petite musique de Taniguchi se retrouve dans cette histoire de gens ordinaires mais attachants qui se construisent pas à pas au cours de promenades ou de rencontres, tout en menant leur vie.
Les dessins sont très expressifs et précis, les décors très travaillés, et les plus de 200 pages de ce roman graphique se lisent d'une traite.
Un hymne à la vie à lire absolument.
Sans doute faut-il accepter que nous avons déjà lu le meilleur de Taniguchi, et que chaque nouveau livre du maître du manga "adulte" sera une légère déception par rapport à l'enchantement du "Journal de mon Père" ou de "Quartier Lointain". "Un Zoo en Hiver", auto-biographie des années de formation de Taniguchi comme mangakan commence de manière un tantinet plan plan, le icisme parfait du dessin de Taniguchi ne contrastant pas assez avec la relative banalité de son sujet. Et puis, et puis, dans les 70 dernières pages, Taniguchi nous sort un somptueux mélodrame en mode mineur, nous révélant que son Art n'a pu éclore que dans la chaleur d'un premier amour, pour s'épanouir dans la tristesse de la perspective de la perte définitive de l'être aimé. A la dernière page, on touche du doigt la tragédie intime d'un artiste qui peut sauver ses personnages dans son monde imaginaire mais sait qu'il ne pourra rien faire pour la femme qu'il aime, dans la "vraie vie". Un livre simple, donc, mais profond... Du Taniguchi, quoi !