Enfants c'est l'Hydragon qui passe - Avis des visiteurs

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Enfants... c'est l'hydragon qui passe
par Dan Pussey le 20/06/2004  
Album très plaisant. On peut quand même regretter la mise en couleur loin d'être indispensable pour les dessins de Forest.


Enfants... c'est l'hydragon qui passe
par pierryves le 20/11/2009  
Au début on se dit "Ouille ! Forest qui fait dans le social. J’me suis fourvoyé en achetant ce bouquin." Car en effet, l’histoire débute dans une famille où les parents se disputent, la mère étant alcoolique, le père architecte mais un brin loser, etc… Et puis, le gamin en a ras le bol et lors d’un énième clash le jour de son dixième anniversaire. Il claque la porte et quitte le domicile familial, emmenant son père cacochyme avec lui, vu que c’est également son meilleur copain.
Au fil de leurs pérégrinations, ils se retrouvent au bord de l’eau et rencontrent d’autres personnes hautes en couleur. L’histoire va alors prendre un tour tout à fait inattendu, oscillant entre sérieux et légèreté. Si cette fois-ci Jean-Claude Forest ne nous emmène pas dans des délires loufoques et burlesques, il nous embarque dans un monde réel où l’imaginaire et le rêve ont toutefois leur place. Les personnages sont attachants et le récit s’étoffe au fur et à mesure par petites touches, ménageant toujours une part de mystère qui se résorbe au fil des pages.

Je suis assez d’accord avec Dan Pussey lorsqu’il/elle dit que la couleur aux effets parfois kitsch est en trop car le dessin de Forest n’en a pas besoin pour être efficace. Certains passages n’auraient cependant pas la puissance d’évocation qu’ils ont s’ils avaient été en noir & blanc. Je pense notamment au passage où l’Hydragon (la péniche) rompt ses amarres et que Jules doit conduire pour entrer dans Metz. C’est la période de Noël, il neige et c’est la nuit. Le noir, le bleu, le blanc utilisés sont absolument nécessaires dans ces cases. En noir & blanc, on aurait beaucoup perdu. Ce passage où M. Ferdinand vient aider Jules à barrer me fait penser à la très belle séquence - limite fantastique - de LA NUIT DU CHASSEUR (chef-d’œuvre du cinéma de Charles Laughton – 1955) où, poursuivis par un assassin terrifiant, deux gamins s’échappent de justesse sur une barque en pleine nuit. Et malgré l’horreur de la nuit qu’ils vivent, Pearl - la petite fille - se met à chanter une comptine lancinante alors qu’ils dérivent sur l’eau avec la menace omniprésente du mal autour d’eux. Dans ce passage du livre, on retrouve un peu cette ambiance onirique.

Et puis, l’album se termine sans se terminer. C’est ouvert et c’est le meilleur choix que Forest pouvait faire. Je trouve qu’il a toujours eu des soucis avec la fin de ses histoires, mais cette fois-ci, l’issue n’a pas à être définie, elle se doit d'être ainsi.
Un bon album, surprenant et mélancolique.


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