Moscou, 1812, évacué par les troupes de Napoléon, un médecin, une princesse russe aveugle, un blessé, des déserteurs... ils sont dix à essayer de rattraper l'armée dans le froid, la neige, à la merci des loups et des cosaques.
Un récit implacable et fort où les caractères se révèlent et aux rebondissements cruellement réalistes très bien servis par le dessin d'Éric Stalner et par les couleurs froides de Delf.
Je regrette toujours que Jean-Marc ne soit plus de la partie car le dessin des frères étaient plus rond, mais Éric est un formidable conteur.
A ne pas manquer, et vivement la suite.
Voilà le genre de récit que j’adore ; un fond historique (la retraite de Russie) révélant de vraies histoires humaines grâce à un scénario digne de ce nom. Si les conflits armés sont source de tant de récit c’est parce qu’au-delà du drame ils révèlent la nature des hommes.
Excellent donc ; oui, mais pourquoi ?
Parce que la maîtrise des techniques de narration est au rendez vous. Stalner ne s’attarde pas pour présenter le contexte historique. « La retraite de Russie » est là, elle s’impose à nous, comme aux personnages. Les personnages justement… le chirurgien bien sûr, les gradés et les simples soldats, l’aristocrate russe totalement perdue dans un conflit qui la dépasse. Une coupe en tranche de la société de l’époque. L’apparition du ‘méchant’ dont on saura peu de chose (plus il est mystérieux, plus il est inquiétant) mais qui sera dès le départ une vraie menace pour la survie du héros. On le dit, un bon récit raconte l’histoire d’un personnage et d’un seul. Et pour cause, il n’y a rien de plus difficile que de raconter l’histoire d’un groupe comme personnage principal. Mais là encore Stalner excelle et pour y parvenir il met l’action au cœur du récit. Dès la première scène et chaque fois que l’hiver russe nous engourdit tous, l’action révèle encore un peu plus les caractères, les ambigüités, les affinités et les oppositions. Elle tue aussi. Sitôt rencontré, à peine apprécié, un personnage meurt. C’est la guerre.
Le travail sur la couleur et le dessin sert autant les personnages (les expressions sont justes, sobres ou explosives, toujours crédibles) que l’atmosphère glacial de cette débâcle.
Ce premier tome se révèle donc comme une très intéressante scène d’exposition pour un récit à venir. Il n’y a aucun moment perdu parce que pour ces 10 il n’y a pas de temps à perdre. Nous par contre, il nous faudra patienter …
Décidément 12 BIS réussit son entrée dans le gratin des éditeurs,
il faut dire qu'ils ont recruté huppé.
Eric STALNER c'est souvent bon, quelquefois gnian gnian certes mais globalement c'est un achat sans stress.
Ici c'est ce qu'il a fait de mieux, tout simplement.
Coté dessin, c'est toujours pareil, donc ça passe mais on aimerait de l'évolution dans le coup de patte, surtout au niveau des personnages que l'on a l'impression de toujours retrouvés.
Une belle recherche à été faite sur les uniformes de l'armée napoléonienne ce qui permet de bien entrée dans la période, car le MOSCOU en ruine, lui, ne convainc pas beaucoup, prenez CAZENAC, mettez de la neige et vous y êtes.
C'est coté scénario que le bond en avant s'est effectué, un story board dynamisé qui flirte bon avec le découpage made in VANCE ( les présentations de personnage, pleine case sur buste de face avec légende, on se croirait dans un BRUCE J, un XIII ou dans les 2 MARSHALL BLUEBERRY). Et une histoire qui tient bien la route, en pleine débâcle de la campagne de Russie, l'armée Napoléonienne se retire en ordre dispersé, laissé à elle même et au feu Russe. Un petit groupe hétéroclite se compose, se déchire. des hommes courageux, d'autres moins, des manigances, des femmes déchues, on a de tout et c'est bien mené.
On attend donc avec envie la suite de cette prometteuse série, lecture recommandée.