
Ce qui marque tout d'abord dans cet album ce sont les dessin de José Omar
Ladrönn, un parfait inconnu (pour moi du moins) qui nous offre ici des
planches tout simplement époustouflantes, des illustrations grandioses, des
cases extrêmement travaillées. Jodorowsky de son côté foisonne d'idées et les
exploite à merveille. On retrouve le souffle épique qu'il sait si bien insuffler à
ses scenarii, sans oublier la touche bizaroïde qui lui est propre.
MAIS (parce qu'il y a toujours un "mais" avec les BD de Jodo depuis 15 ans)
force est de constater qu'au fil de la lecture l'album s'essouffle. Les dessins
eux-mêmes semblent un peu moins travaillés, moins précis, légèrement
grossiers (mais peut-être n'est-ce qu'une impression). Mais c'est surtout
Jodorowsky qui pèche en partant dans des délires assez difficiles à suivre,
sabordant ainsi lui-même les bases pourtant géniales de son propre album.
Espérons donc que la suite sera du même niveau de qualité que les 30-35
premières pages de cet album et ne devienne pas un gros bordel répétitif et
indigeste comme ce cher Jodorowsky nous en a déjà servit à la pelle.