La bonne nouvelle derrière "Exit Wounds", c'est que la "nouvelle bande dessinée", ambitieuse, exigeante, sans tabous, auto-biographique ou romanesque, est en train de fleurir un peu partout, et même em Israël, pays qu'on imagine plus facilement en train de survivre entre terreur et répression. La mauvaise est que, au delà des attentats et de la vie qui ne vaut plus très cher, les pères sont partout les mêmes : mauvais (pères, donc), inconstants, infidèles, menteurs. Disparus. Invisibles. Et que leurs fils, partis à leur recherche, ne valent qu'un tout petit mieux. Mais il y a l'amour, le sexe, qui peut peut-être tout racheter. A condition que l'on ait quelqu'un d'assez solide en dessous de l'arbre pour nous rattraper quand on saute de la branche où l'on était perché. Y a-t-il une morale dans ces dessins encore plus "ligne claire" que la "ligne claire", au point d'en devenir évanescents ? Y a-t-il même un sens autre que celui que notre propre quête lui donnera ? "Exit wounds" est béant comme une blessure, donc, mais d'un vide accueillant, ce vide de corps et de vies qui ne demandent encore qu'à être remplis.
Alors que le dessin se fait un peu naïf, on se laisse tranquillement prendre à savoir ce qui est vraiment arrivé au père de Kobi. Il est disparu, serait-il ce cadavre calciné qu'on ne peut identifier, victime d'un attentat?
J'aime bien pouvoir lire des bd provenant d'autres parties du monde; comparer les manières de vuve, le culturel.
Au-delà de cette histoire lente et correcte, se dessine un petit road movie sympathique.