Plus qu’une mise en place, ce premier tome, non seulement nous plonge dans l’ambiance originale de cette série, mais nous livre déjà une histoire bien ficelée à la fin surprenante.
Le décor très original, nous plonge dans un gang de noirs sillonnant le pays à bord de trains équipés comme des navires de guerre. Telle des pirates ils passent à l’abordage d’autres trains afin de piller les blancs !
C’est ce groupe de sauvages que le sergent Pearce, flic métis rejeté par les noirs et méprisé par ses collègues blancs, doit infiltré pour enfin pouvoir démanteler ce réseau de gangs.
Parsemé de trahison et de racisme, Chauvel nous livre un premier tome attrayant d’une série qui parait déjà très prometteuse.
David Chauvel nous offre sa version personnelle de "La compagnie des Glaces", cette saga de près de 100 romans aujourd'hui adaptée en BD et en série TV.
Mais à la différence du cycle d'Arnaud, nous ne sommes pas dans un monde post nucléaire et les glaces ne recouvrent pas le globe. En revanche, les Etats-Unis sont disloqués et profitant de cette situation une centaine de gangs noirs écument le pays.
Un flic est chargé d'infiltrer le gang des Jaguars, l'une des plus fameuses et plus terribles de ces hordes.
La série doit beaucoup au dessin de Simon Fred et aux couleurs de Brigitte Findakly, pour le reste nous sommes dans un schéma classique post-civilationnel.
Les gangs de pirates ferroviaires noirs qui assaillaient les convois de blancs dans le tome précédent, se voient maintenant traqués par les trains entièrement blancs de la Garde Blanche, organisation héritière du K.K.K. qui lance une croisade raciste sous l’impulsion de l’ancien chef de Pearse.
Le traqueur devenant traqué, ce récit à tendance à tomber dans un certain manichéisme. Néanmoins le développement des passés de Pearse et de son sauveur, tout comme l’ascension politique de son ancien chef Davis à l’aide de corruption et chantages, donnent un peu plus de profondeur à ce conflit entre noirs et blancs.
Repéré par Davis, le séjour de Pearse au sein du nouveau gang black des Fils de Judah tourne néanmoins court, donnant une nouvelle tournure à cette histoire en fin d’album.
Dans une Amérique où le Parti Patriotique Chrétien, ultra-réactionnaire, domine et où la guerre raciale sous-tend implicitement le massacre des populations noires, Wolf Pearse -notre héros métis- choisit véritablement son camp.
Cet opus ne m'a ni emballé, ni convaincu, même si le personnage de Soeur-Mère, formidable chef de gang, est tout à fait réussi. Ce retrait de ma part s'explique essentiellement par les explications fugaces donc pas très claires qui sont données à propos de ce monde infernal d'où l'avion a été banni; ce qui explique l'importance qu'ont repris les chemins de fer.
En attendant, dessins et couleurs sont toujours au top.
Dans ce tome on s’éloigne pour ainsi dire des rails pour se concentrer sur la gare, c.à.d. le repère des gangs ferroviaires. Pearse a réussi à rejoindre cette forteresse où les trains sont entretenus et où les hommes, telles des marins revenus sur la terre ferme, se défoulent et règles leurs comptes.
Davis, ayant perdu ses appuis politiques, a lui aussi découvert le repère des gangs et se prépare à donner l’assaut avec l’aide de la Garde Blanche afin de redorer son blason auprès de la population.
Si les batailles des tomes précédents faisaient penser à l’abordage de pirates sur les navires ennemis en pleine mer, ils ressemblent maintenant plus à une guerre de tranchées ou à la prise d’assaut d’une forteresse de cavalerie par les Indiens.
Ce qui reste inchangé, par contre, sont les deux camps qui s’affrontent de manière manichéenne depuis le début de la série, c.à.d. les blancs (Davis) et les noirs (Pearse).
Réfugiés dans la cité des 12 Tribus, ville phare de la république Rasta, Wolf Pearse et ses amis doivent faire face aux assauts des hordes de la garde blanche.
Album très classique quant à son déroulement puisque nous assistons à la classique attaque du chateau-fort ou du fort des tuniques bleues. Sauf que le thème (la haine raciale), les dessins et les couleurs donnent à cet écheveau convenu une dimension supplémentaire. Un très bon album.
Mauvaise suite et fin d’une série attrayante jusque là. Pas de surprise dans cette fin de cycle, où les événements des 3 précédents tomes s’achèvent de manière logique.
Les pirates ferroviaires parviennent à échapper (on va dire de façon miraculeuse) à la Garde Blanche. Pearse s’échappe (de façon tout aussi miraculeuse) du convoi de la Garde Blanche et retrouve (comme par hasard et au beau milieu d’une tempête de neige s.v.pl.) son ex-chef Davis au beau milieu de la nature. Non seulement il réussit à se venger, mais en plus il reçoit une jolie compagne en guise d’adieu à cette série.
Bref, une excellente série qui connaît une fin plutôt ridicule !
Dieu que cette fin est irritante mais Dieu quelle est originale !
Elle m'a assez surpris alors que le reste de l'album était d'un conventionnel achevé. A vrai dire le scénariste a été assez bon prince avec ses héros car leur survie est assez miraculeuse ... mais cela sert aussi à cela un scénariste.
Reste au bilan une saga originale, pas toujours très bien menée, mais qui bénéficie d'une mise en couleurs et de dessins somptueux.
Globalement à lire donc.