Ajjer KOSAK Amazone Drack de feu l'empereur qu'elle a assassiné elle même, voilà pour le personnage principal. Elle est accompagnée de Katiana, jeune veuve un peu sorcière qui la suit car Ajjer l'a débarassée de son tyran de mari. Enfin Iron l'ogre et Frimas le commissaire croisent sa route dans une période trouble où la révolution secoue l'empire... Cette histoire se lit avec beaucoup de plaisir et l'on a envie de connaître la suite, et ça, c'est une bonne surprise !
Au début, on se croit dans un album historique ayant pour cadre la Russie tsariste...mais on est vite détrompé! Le tsar est un dragon et vient d'être assassiné par une des amazones de sa garde. Elle fuit en emportant le dernier oeuf, traqué par un redoutable commissaire de la nouvelle république.
Secondée par une jeune femme un peu sorcière, elle va devoir faire face à de nombreux adversaires dans une atmosphère enneigée.
C'est le grand mélange mais il y a incontestablement là l'étoffe d'une grande épopée. A suivre ...
Le cycle d'Ostruce gagne indéniablement en profondeur et en intensité dans cet épisode. PONA & DUBOIS ont su créer un univers qui allie fantastique et romantisme avec des personnages, des dialogues et des paysages dignes de l'univers de Prévert. Ici, pas de vulgarité mais de la poésie et de l'action. On retrouve avec plaisir Ajjer la DRACK rebelle, prisonnière sur un drôle de navire qui doit la conduire à St ATANOV pour y être jugée. Elle sera rejointe par son amie venue pour la suivre et la sauver au péril de sa vie. Les relations complices entre le Capitaine Lyan et Héria la déesse en bois, son vaisseau-sorcière vont servir de toile de fond à cet épisode où l'amour triomphe finalement de la peur et de la mort. Superbe !
Ce cycle d'Ostruce n'en finit pas de me surprendre. Le lecture de Désillusion, contrairement à son titre, provoque un plaisir subtil devant quelque chose de rare, la classe. Les 2 premiers tomes avaient inscrit cette oeuvre dans la catégorie des perles, le 3ème tome ne déroge pas à la règle. Ajjer prisonnière de ses blessures et de sa folie y affronte un univers onirique mais non loufoque où la poésie confère une grande dimension aux personnages. Elle y reprend son souffle, nous permettant de découvrir une facette de son passé légère comme un vers de Rimbaud. Tous les personnages y dansent une sarabande sauvage orchestrée en planches superbes en forme de partition. Quelle musique et quel rythme, bravo !