Nous sommes en 1942 à New York. La guerre n'est pas encore (totalement) présente dans l'esprit de la population laquelle vaque à son quotidien.
Lou Cale, photographe de presse, prend des clichés à sensation de meurtres et autres catastrophes; tandis que Juan Lopez Ruiz, cubain de la seconde génération, essaie de résoudre des enquêtes.
Disons le tout net, cette série est une superbe réussite. Scénario et dessin sont au rendez-vous. L'apect nostalgique aussi, la reconstitution historique soignée, tout concourt à en faire une BD d'exception.
Par ailleurs les héros de l'histoire sont atypiques dans cette Amérique blanche et sûre d'elle même. Juan est donc cubain d'origine marié à une noire. Quant à Lou Cale, Irlandais d'origine il est comme il se doit un zest alcolo, donc pas très glamour vu les standards américains d'alors.
Nouvelle aventure et nouveau bijou.
Cette fois-ci Juan et Lou sont sur la piste d'un assassin qui tel un indien a scalpé sa victime, une jeune femme.
Du coup, Lou rôde dans le monde de la construction car cette industrie employait beaucoup d'Amérindiens pour la construction des gratte-ciels. Les Indiens sont, en effet, réputés pour ne pas subir le vertige (en tout cas les tribus du Nord-Est américain).
La solution, on l'imagine, sera quand même plus complexe que cela.
Après la malheureuse déconfiture des Editions Miroir, Lou émigra vers les Humanoïdes Associés. Je trouve néanmoins que les albums précédents étaient plus soignés et mieux édités.
Cette fois-ci tout commence par un incendie qui permet à lou de retrouver un ancien ami français rencontré à Paris en 1919. Cet ami s'est marié avec une jeune Indochinoise, Woon-Ha, laquelle va se retrouver bientôt veuve.
Cet étrange fruit est bien sûr une allusion directe à la grandissime chanson de Billie Holiday "Strange fruit" :
Southern trees bear strange fruit,
Blood on the leaves and blood on the root
Black bodies swingin' in the southern breeze
Stange fruit hanging' from the poplar trees
Bref, on l'a compris, il va s'agir de racisme, de Deep South et de petits blancs miséreux, loin de la grande cité new-yorkaise.
La nuit d'Halloween un veilleur de nuit poursuivant un plaisantin habillé en squelette glisse du quai et se retrouve à la baille. L'occasion de voir que deux cadavres, un homme et une femme, sont attachés par les pieds à un bloc de béton.
Petit détail croustillant les deux corps ont été décapités, leur reconnaissance est donc compromise. Sauf que le cadavre de l'homme porte sur le haut du bras le tatouage d'un centaure. L'enquête peut donc commencer.
Le chant du cygne d'une superbe série. A quand son retour ?