les amateurs de lewis trondheim risquent fort d'être très déçus par cet ouvrage. C'est plat, insipide, une suite de mini-histoires qui rappel étrangement le blog de frantico mais sans l'humour et surtout sans le talent de ce dernier. On a vraiment l'impression que l'auteur a tenté de surfer sur la vague "frantico" mais sans y arriver le moindre instant.
Bref, très décevant. l'auteur est vraiment en perte d'inspiration et je reste courtois...
Début un peu lent mais lorsqu'on rentre dans le personnage de Lewis Trondheim on prend plaisir.
Les thèmes évoqués sont d'actualités, les aquarelles sont très réussies.
En résumé, très bien à condition de se laisser prendre au jeu.
Ces petits riens portent bien leur nom, comme il le dit Lewis ne peut rien contre les grands problèmes du monde, mais il peut observer ce qui se passe autour de lui. On comprend qu'il soit copain avec Larcenet, entre parano !
Bref ces petites histoires sans intérêt se laissent lire et finissent par amuser quand on se reconnait dans ces situations, surtout que la mise en image est assez réussi.
Je n'avais pas forcément suivi la seconde carrière de Trondheim, après sa rupture radicale et sa dépression (?), et la lecture de ce second tome de ses "Petits Riens" procure d'abord l'immense bonheur de retrouver à la fois un grand artiste - au talent graphique et narratif de plus en plus mûr et affirmé, certaines planches ici étant à mon humble avis formellement magnifiques - et une sorte d'ami, dont les idiosyncracies nous font sourire, mais nous rappellent finalement combien le monde - que nous prenons si souvent "at face value", comme disent les anglo-saxons - peut-être complexe et effrayant. Journal de bord d'un être humain confronté aux mêmes tracas de la vie quotidienne que nous, mais également aux pressions supplémentaires générées par le succès et la notoriété, "le Syndrome du Prisonnier" fait également profondément partie de cette culture ("punk" ou "DIY", au choix) qui encourage chacun d'entre nous à oser prendre en main la création artistique : ouvrir grand les yeux et plus grand encore son coeur, voici le secret, ici encore confirmé, d'un beau livre.
Si "Le Bonheur Inquiet' nous enchante moins que les précédents carnets de Trondheim, est-ce parce que le procédé commence à s'user ? Qu'il y a tout simplement une limite au nombre de fois que l'on peut rire ou même sourire aux mêmes micro-événements racontés avec la même distante légèreté ? Ou bien que, tout simplement, les derniers mois de la vie de Lewis ont été moins riches de ces instants hypocondriaques et paranoïaques qui sont la matière de son journal intime / public ? Toujours formellement impeccable, voici un travail qui, à force de devenir "systématique", à force de se concentrer sur l'anecdotique, frôle l'insignifiance, et mériterait une pause. Allez, Lewis, si tu revenais à des oeuvres plus grand public, au lieu de continuer à te replier sur toi et ta petite vie au bonheur inquiet ?
De par son principe même (Trondheim tient son carnet de bord, transformant des situations quotidiennes, souvent anodines, parfois excentriques, en sortes de "BD-haïkus" drôles, voire parfois poétiques), "Les Petits Riens" verra son intérêt varier, très logiquement, en fonction des (micro- ou macro-) événements de la vie de son créateur. Dans "Mon Ombre au Loin", on est gâtés : entre voyages au bout de monde - ou juste à quelques centaines de kilomètres - toujours propices aux gags de la découverte décalée d'us et coutumes étrangères (depuis Voltaire, on sait quelle mine de gags, mais aussi de commentaires pertinents sur soi-même cela peut constituer !), et découverte d'inquiétants polypes dans la fosse nasale de cet incorrigible hypocondriaque qu'est Lewis Trondheim, il y a ici matière à rire (jaune, parfois, mais on aime ça)… Mais, qu'il decouvre la nuit Madrilène (oui !), les looks des habitants de San Francisco, l'le déficit de voyelle dans la langue tchèque ou de gros trucs de sang glaireux qui lui sortent du nez, Trondheim reste un dessinateur inspiré et un chroniqueur indispensable de nos propres angoisses et lâchetés.