Avant de riper vers la BD classique et d'être reconnu comme un maître, Mitton a beaucoup fait des petits formats. C'est dire s'il sait brosser des histoires avec un rien.
Le choix de faire d'Attila le héros de cette série est intéressant. En faire, un barbare pur et dur, alors qu'il était très au fait de la culture latine, est un peu facile. Tout comme faire des banquets des orgies dans lesquels des femmes soumises et lascives font tout pour égayer leurs seigneurs et maîtres n'était pas vraiment indispensable.
Très improbable et très anti-historique que ce personnage de Lupa, la louve. Mais enfin, elle est le personnage central de la série plus qu'Attila lui-même. Or donc cherchant à assouvir sa soif de vengeance, pour des raisons dont on ignore tout, elle guide Attila pour forcer le limes romain.
C'est les des passages les plus réussis du livre que cette attaque des porte de fer.
Du mieux dans la série, c'est certain , mais rien encore de titanesque !
Difficile de parler d'un tel album qui continue la narration de la montée en puissance d'Attila. Nous en sommes rendus à son installation en Pannonie et à l'assassinat de son frère Bléda.
Néanmoins faire d'Attila un barbare seulement satisfait par les fellations que peut lui prodiguer Lupa me paraît des plus débiles et des plus réducteurs.
Désolé pour Mitton que je considère comme un grand mais comme le disait Dumas père :"on peut violer l'Histoire, à condition de lui faire de beau enfants". Ce n'est pas le cas ici.
Quelques planches ont un certains souffle mais pas suffisamment pour ne pas retomber dans un train-train (et même un arrière train-train) assez grotesque.
Par rapport aux précédents albums, le mieux est incontestable. Mais la frustration demeure. Un tel personnage qu'Attila, une pareille époque, un général comme Aétius méritaient tous mieux que le brouet qui est servi ici.