Album tout en décalage, en humour à froid, pince-sans-rire. Il est à la fois très sérieux et désopilant, il se lit à plusieurs niveaux. Il se présente comme la critique très inspirée et admirative d’une certaine bande dessinée belge cultivant un certain pompiérisme naïf. Chaland démonte ce monde en présentant le sien, à première vue similaire, au moins graphiquement et dans les bases premières, pour le pervertir. Alors que la bande dessinée belge classique repose sur une lutte sans cesse magnifiée entre le bien et le mal, celle-ci, qui a priori en est la fille, s’en décale absolument. En définitive, monde réel et monde fantasmé décrit dans la littérature se confondent (le héros de comics existe réellement), et, de même, bien et mal s’entremèlent. Un père tue son fils ; le héros dont les comics encensent le courage et l’honnêteté sans faille se laisse soudoyer sans remords et presque par habitude ; un enfant fait le mal en voulant faire le bien, etc. La mort est crue et directe, et non pas sous-entendue et cachée comme dans les classiques belges. Et au fond, Chaland, en voulant renouveler par l’absurde le genre, lui rend un savant et subtil hommage.
Bon, Bob Fish, déctective privé, enquête sur de mystérieux chinois qui ont débarqués depuis peu a Bruxelles, pourquoi ? Scénario bof bof.
Ensuite le style graphique de Chaland, j'aime un peu, des fois j'aime beaucoup, mais en fait, ce sont les couleurs du jeune Albert et de Bob Fish, qui me gênent : gris, blanc, rouge, et les autres couleurs, ça existe hein ? D'accord le N&B me diriez vous, mis le N&B est quand même très apprécié, même si je n'apprécie pas trop, dans Sin City, c'est excellent ! Mais là ? Je ne comprends pas !