
Cet album noir et blanc regroupe plusieurs tranches de vie de Japonais d’aujourd’hui, d’âges et d’horizons différents — serait-ce une mode au pays de Dragon Ball ? Un été andalou est une histoire où l’auteur s’est amusé à dessiner le déroulement d’une course cycliste. Celle-ci est suivie et commentée par une famille. Ce thème n’est guère passionnant si l’on n’est pas amateur de deux roues mais il convient de dire que cette séquence est illustrée à merveille avec un brio et une spontanéité qui font plaisir à voir ! D’ailleurs ce passage a été adapté en film d’animation tant la dynamique est présente dans chaque case et entre chaque planche. Les influences de Takahata et d’Otomo sont flagrantes dans cette course et sans doute aurez-vous envie de revoir les Triplettes de Belleville de Chomet après cette lecture.
L’aubergine revient à toutes les sauces et tout au long de la BD : cette omniprésence transforme lentement ce légume en protagoniste. L’auteur en fait un prétexte pour relier entre elles les aventures ordinaires qui arrivent à ses personnages, au demeurant attachants. A la fin du manga un bonus amusant fait un petit topo sur l’aubergine, son utilisation culinaire et son origine.
Iô Koruda est un auteur atypique dont le parcours est à l’image de son œuvre : chaotique et éclectique ! Il commence dans le métier après avoir gagné un concours puis à partir de 1994 il se consacre à Dainihon tengutô ekotoba, saga où les humains affrontent des créatures. Le grand Otomo remarquera même un de ses recueils de courts récits. D’une certaine manière, il représente la nouvelle génération d’auteurs manga dont les influences européennes et américaines sont encore plus palpables.