Résumé de la série : Dans ce monde dont on ne sait trop s’il est l’émanation d’une histoire parallèle ou simplement le récit de notre futur, le dérèglement climatique s’est brutalement généralisé. La catastrophe porte un nom : le Coup de Sang. Sur la planète dévastée, martyrisée, l’eau potable est soudain devenue un trésor, et la survie individuelle l’obsession de chacun. Désormais, les transports sont rares et dangereux, les communications aléatoires. Seuls quelques Eldorados très isolés, refuges protégés par leur situation géographique particulière, ont réussi à préserver un semblant d’ordre social. On ne peut les rejoindre que par la mer, immense; l’unique milieu naturel, peut-être, qui conserve quelque chance de perdurer en ces temps d’incertitude absolue…
Enki BILAL ne laisse jamais indifférent, ce nouvel opus en est la preuve. Je craignais sincèrement un univers complexe, sombre, voir abscons, pas du tout. Les planches se lisent avec une grande facilité, elle nous ouvre un univers de fin du monde à la beauté magique. Chacun y joue un rôle essentiel et l'on s'attache aux personnages car ils ont leur propre raison d'être. Les hommes et les animaux vivent dans une sorte d'équilibre précaire qui commande la fuite en avant jusqu'à un lieu de passage, le détroit D 17. Encore une fois l'amour triomphe de façon inévitable et... presque naturelle. Les planches sont autant de tableaux sublimes illuminées par la présence de Kim, véritable catalyseur d'énergie et servies par des dialogues parsemées de citations aussi percutantes que drôles. Merci M. BILAL, ANIMAL'Z est une superbe histoire !!!
Une grosse déception que ce nouveau Bilal. Evidemment on ne parlera pas de la promotion un peu agressive de l'album (proposé en évidence dans les magasins de BD ou à la FNAC)...
J'ai tout de suite, en tant qu'amateur de Bilal, été agréablement surpris par le dessin et le style graphique même si tout celà reste assez dans le style du Sommeil Du Monstre. Malheureusement j'ai déchanté bien vite. En effet le scénario ne brille pas particulièrement par son originalité (à part le concept plutôt réussi de l'hybridation.) et justement tout le problème est là. Le scénario est vraiment loin d'être à la hauteur du dessin. Les 4 symboliques de l'homme et de l'animal sont bien décrites et développés mais ce pretexte ne nous fait pas oublier qu'il manque cruellement de rythme et d'action à cet univers. Certains éléments restent flous (y a t'il rapport entre Le Coup De Sang et les hybridations ?) et l'aspect parfois politique de la chose peut rebuter nottament avec cette symbolique des balles pour les deux qui s'affrontent, ces constantes références aux nihilistes (ici représentés par des animaux sanguinaires -cf les cannibales-). L'impression que la nature est proche avec ces humains contraints de négocier avec la nature est plutôt agréable, mais le coup du No Man's Land avec peu de ressources est déjà fait 100 fois.
On retiendra la dimension symbolique surtout de cette bande-dessinée avec l'Homme qui reprend sa place dans la mer, dans la symbiose avec ses origines -Nos cellules sont bien parties de l'eau, non ?- et le fait que finalement l'Eldorado c'est peut-être ça : le retour en symbiose.
Mais à mon humble avis le scénario aurait vraiment pu être plus travaillé, avec plus de rythme et d'action. Je ne m'attacherais pas à faire une comparaison avec les oeuvres antérieures de ce monsieur puisque ce serait donner lieu à des débats sans fin, mais je dois dire tout de même que je reste sérieusement sur ma faim. Oui c'est du Bilal, mais loin d'être un grand album, même si celà reste bien au-dessus de la plupart des bds qui sortent actuellement.
Bilal gagnerait je pense à faire de la bande-dessinée sans paroles ni bulles et à se servir uniquement des images pour monter son histoire.
Bilal est l'un des plus grands illustrateurs de notre génération, et son dernier-né, "Animal'z" est un bonheur graphique de tous les instants : une nouvelle technique, de nouvelles textures, de la pure beauté. Mais, même si peu de gens osen le dire, Bilal est un piètre artiste de BD : scénarios incohérents, narration lourde, poncifs pontifiants au service d'une noirceur post-apocalyptique fatiguante... Il fait avouer que les livres de Bilal nous tombent des mains (et je ne parle pas de ses films, simplement atroces !). "Animal'z" ne fonctionne guère que lorsque Bilal abandonne ses épouvantables vélléités philosophiques (oh, les citations des duellistes, une sorte de summum dans la vacuité prétentieuse !) ou ses pénibles obsessions sci-fi (ici, l'osmose humain-animal) : un peu de plagiat de "Massacre à la Tronçonneuse", quelques souffles amoureux entre ses personnages-symboles indifférenciés, un tout petit peu de vie au sein d'une oeuvre imposante mais asphyxiée...
Des dessins superbes, une technique de couleurs très appropriée à l'histoire.
Histoire d'après apocalypse où on croise le chemin de plusieurs personnages intéressants, mais trop brièvement. Dommage que ça ne soit qu'un one shot, j'aurais aimé continuer l'aventure, en savoir plus sur ce "coup de sang", sur les personnages et sur ce monde cahotique.
Info édition : Catalogue de l'exposition des 350 dessins originaux de l'album exposés à l'hôtel Marcel Dassault du 8 juillet au 10 septembre 2009.
3000 ex., dont 476 ex. n° et signés par Enki Bilal.
Pas d'indication du mois de DL.