Info édition : pas d'AI (mention D/2008/0086/263)
noté ''Première édition''
Création des personnages :
Marini + Reculé
Dialogues :
Desberg + Yann
Couleurs :
Burgazzoli + Bautista
Supervision des couleurs :
Denoulet
Couverture :
Ravon + Griffo
Résumé de la série : Dans quelques heures, une attaque chimique sur le sol américain plongera le pays dans un cycle infernal. Annulation des élections présidentielles, révision de la constitution, restriction des libertés. Un seul homme est capable de déjouer cet attentat et d'enrayer ce cauchemar : Jared Gail.
Petit problème : Jared tient un pistolet pointé sur sa tempe et est sur le point de mettre fin à ses jours !
Contrairement aux différents avis laissés sur le forum, je trouve que cette série est vraiment géniale.
D'une part le dessin de Griffo reste toujours bien, quant au scénario, il est tout bonnement réussi.
Il est vraie que les 2 ou 3 premières planches peuvent donner l'envie d'abandonner l'histoire, mais ensuite cela part en appotéose.
Les séries TV déclinées pour la BD et vous avez Empire USA avec un rythme de parution mensuel à tenir. Au delà du côté purement commercial qui est indéniable tant pour l'éditeur que pour les auteurs, l'exercice nous permet de découvrir un récit sur une courte période au lieu de plusieurs années. Mais cette démarche est périlleuse car les dessinateurs sont différents et la magie de l'attente disparait pour faire place à de la consommation pure et dure. Pour en revenir à l'histoire, le premier volume est de bonne facture compte tenu des auteurs et place le récit sur de bons rails. les différents personnages prennent de la consistance et l'on se surprend à vouloir lire la suite ce qui représente déjà une réussite !
J'attendais beaucoup de cette série, trop sans doute. A l'arrivée je reste sur ma faim. Plusieurs raisons à cela. La première cela sent un peu trop à mon goût l'opération marketing. Ainsi les personnages ont été définis par Marini et Reculé, mais comme sur cet album c'est Griffo qui s'y colle, il est obligé "d'émasculer" son style. Le dessin est toujours bon mais sans la folie qu'on lui connaît habituellement.
Passons à la deuxième raison, le scénario lui même qui devait s'avérer décoiffant et qui fait surtout penser à un pétard mouillé
Ce n'est pas tant que les USA virent facho (on a déjà vu ça dans moult films, séries TV et BD) qui gêne, ce sont les facilités, les "heureuses coïncidences" scénaristiques. Bref, tout un tas de choses auxquels Desberg ne nous avait pas habitué dans son autre série autrement plus convaincante qu'est Black Op.
Le tout forme un ensemble bien calibré, prêt à plaire au plus grand nombre car bien fait. Mais c'est un produit de consommation courante. Il est donc pour le moins difficile de dire qu'on reste "scotché" à la fin de notre lecture.
Je ne suis pas fan des série à parution massive et au graphisme plus que
variable. Pour une fois c'était une série politique, ce qui m'intéresse plus que
les fictions à répétitions sur la religion.
Ce qui m'a aussi attiré pour lire cette série, c'est de savoir Desberg au
scénario. J'aime beaucoup ses scénarios mélangeant économie et politique, il a
toujours un point de vue original et détaillé.
La volonté de reprendre les points fort de 24h chrono, pour en tirer un thriller
de politique-fiction, pourquoi pas, Desberg est capable de s'en sortir.
Mais le rythme volontairement rapide de parution de la série est une
aberration. Cela génère tout un tas de défauts tant dans le scénario que dans
le dessin.
Donner un peu plus de temps à cette série, six mois, un an, aurait permis
d'avoir des albums plus travaillés.
Cela traduit, a mon goût, une volonté de Dargaud, qui vise à s'imposer dans le
rayon nouveauté. Ça tient plus du remplissage que du travail éditorial.
Le déroulement du scénario se veut rapide, mais ça manque cruellement de
rythme. Si le premier numéro est une bonne ouverture, le second est lourd car
surchargé d'informations, avec parfois des ellipses un peu trop abrupt.
Les numéros 3 & 4, eux sont un peu plus mous, certaines scènes sont trop
longues par rapport au rythme de l'ensemble. Je trouve qu'il y a aussi un abus
des flash-back dans tous les sens.
Malgré ces quelques réserves, sur le fond rien à redire, car Desberg a toujours
de bonnes idées.
En fait ce qui me gêne le plus, c'est l'utilisation de plusieurs dessinateurs, je
trouve toujours ça nuisible pour une série, surtout avec un calendrier de sortie
aussi rapide. Si Griffo est celui qui s'en tire le mieux, il est quand même bien
en dessous de son style habituel. Quant au autres, c'est catastrophique, il est
évident qu'ils n'ont pas eu le temps de travailler suffisamment. La mise en
couleur ne masque pas la faiblesse de certaines pages.
J'espère au moins que l'on pourra voir les recherches de Marini pour cette
série.
Au final une série intéressante mais sacrifiée par la fausse bonne idée d'un
rythme de parution rapide.