Résumé de l'album : Obsédé sexuel, dur au mal, âpre au gain, pingre et jaloux... voici Joe Matt ! Dans Le Pauvre Type, Joe a une copine, Trish, mais il fantasme sur une copine à elle et poursuit sans vergogne ses pratiques masturbatoires. Comme d'habitude, Joe fait part à ses amis Seth et Chester Brown de ses délires égocentriques lors de longues discussions au café, devenues l'une de ses marques de fabrique.
Tout simplement excellent. Joe Matt met sa pitoyable vie en image sans aucun
tabou, et on prend un malin plaisir à suivre les tribulations maniaco-sexuelles
d'un loser assumé, pingre, grincheux, pleurnichard, insuportable, obsédé
sexuel, voyeur, obsessionel... c'est très bien fait, à peine a-t-on fini une page
qu'on veut absolument connaître la suite, on est très facilement pris par ce
personnage assez hors du commun. On sent qu'il y a eu au sein de chaque
chapitre une volonté de "travailler" ces souvenirs, d'y mettre de l'ordre, de ne
pas simplement aligner des évènements les uns à la suite des autres.
Les graphismes quant à eux, bien que simples, sont un régal de lisibilité et de
noir et blanc maîtrisé, avec des expressions faciales savammant exacerbées.
L'auteur a beau donner l'impression de se reposer sur ses aquis, on ne lui en
demande pas plus. Le découpage systématique en planches 6 cases et la
tendance à garder toujours le même type de cadrage et les mêmes angles de
vue tout au long de l'album donnent à l'ensemble un côté feuilletonesque et
une apparente cohérence, en plus d'accentuer l'aspect dessin animé (ou view-
master pour reprendre un objet cher à l'auteur). En bonus on a également le
droit à l'apparition régulière de auteurs Chester Brown et Seth, les deux
meilleurs amis de Joe.
En somme Le Pauvre Type est un exercice d'autobiographie cru et sans tabou
très réussit, une lecture hautement jouissive à ne pas manquer.