Résumé de la série : En 1757, dans la jolie ville de Paris, Charles-Henri Masson est effondré : bourreau de son état, il ne se remet pas du cauchemar qu’il a vécu la veille. Alors qu’il devait torturer et mettre à mort Damiens, un présumé régicide, les événements se sont ligués contre lui : son oncle intoxiqué par la fumée lui cède la peu enviable place pour officier aux tenailles et surtout l’écartèlement par les chevaux tourne à la catastrophe, le corps refusant de céder…
Sur la place, le bon peuple, assiste, enthousiaste pour la plupart, à cette exécution pleine de sang et de rebondissements. Les nobles, du haut de leur appartement, marient le plaisir du libertinage à celui de contempler ce spectacle des plus gores…
Une histoire d’autant plus édifiante qu’elle est historique… Et que Damiens deviendra quelques années plus tard le véritable régicide, celui qui guillotinera Louis XVI et Marie-Antoinette.
Un album d'exception qui s'attache à nous décrire, à travers l'exécution de
Robert François Damiens (auteur d'une tentative d'assassinat sur la personne
du roi), la société parisienne du XVIIIe siècle. L'album s'articulera donc ainsi :
le calvaire du suplicié comme fil rouge (et aucun détail morbide ne nous est
épargné), avec autour une ribambelle de rôles secondaires sur qui l'auteur se
fixe de temps en temps : deux lettrés qui discutent, un couple fraîchement
constitué, un père et son fils... et un personnage central que l'on trouve en la
personne de Sanson, bourreau du roi qui exécute ici son premier condamné.
Chacun de ces personnages raconte sa propre version de l'évènement, avec
pour narateur principal Limul Goma, collectioneur chevroné du XXe siècle (du
moins semble-t-il).
On a ainsi une construction intelligente et recherchée du récit qui instaure un
rythme des plus prenant.
Le tout est porté par un trait réjouissant, à la fois clair, libre et fouillis.
L'utilisation de dialogues "modernes" n'hésitant pas à pencher vers
l'anachronisme volontaire sonne quant à elle toujours juste, et la volonté de
semer ici ou là des éléments et des personnages historiques est un atout
supplémentaire.
En somme Hautes Oeuvres est un album brillant, agréable à lire et vraiment
réjouissant. Un seule regret : trop court!