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  • ©Gallimard 2008 Baudoin

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    Note: 3.8/5 (18 votes)

    • 74804
    • Baudoin, Edmond
    • Baudoin, Edmond
    • 05/2008
    • non coté
    • Gallimard
    • Bayou
    • Autre format
    • 978-2-07-061452-3
    • 100
    • 28/05/2008 (modifié le 02/06/2008 19:08)

    Info édition : Noté ''Première édition''.

Note : 6.67/10
07/08/2008 | Par F. Mayaud

Paul, un vieux peintre en pleine création, converse avec son modèle, sa muse, la Femme. Il est lancé dans un long discours sur ce qui constitue la Beauté de cette dernière, en opposition à une certaine laideur qui serait propre à l’Homme. Ses réflexions ne se cantonnent pas au domaine de l’apparence et des corps, même si cela n’est pas exempt de sens à ses yeux. Tranquillement, la discussion se laisse dériver entre vision universelle et personnelle, […]

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L'avis des visiteurs

    mallory Le 18/05/2010 à 09:59:47

    Un vieil homme peint une très jolie jeune fille qui pose nue devant lui. Un dialogue s’instaure entre le peintre et son modèle :

    - Elle : Vous êtes vieux.
    - Elle : Quel âge avez-vous ?
    - Elle : A quoi vous pensez ?
    - Lui : Tu me fais penser à ma mère.
    - Elle : Votre… ?

    Leur conversation les conduit inéluctablement vers les souvenirs du vieil homme, ses premiers amours, sa façon de voir la vie, d’envisager les relations avec les femmes. Le vieil homme dit qu’il a passé sa vie à tenter de « mesurer la distance qui sépare l’homme de la femme ». Tout deux vont cheminer par un habile jeu de questions / réponses vers une approche de ce qui parfois ressemble à un fossé ou peu paraître tout aussi imprécis.

    Edmond Baudoin joue avec ses personnages et entraîne ses lecteurs dans une valse colorée et chatoyante. Il dévoile l'intimité de chacun d'entre eux, comme il aime aussi se dévoiler lui-même, mais toujours avec pudeur, sensibilité, tendresse et intelligence, nous invitant ainsi à sonder notre propre intimité, à sonder nos secrets, à chercher nos propres réponses.
    Son dessin accompagne merveilleusement les tâtonnements du peintre et de l’auteur, leurs découvertes communes de la sensualité, révélant la beauté des femmes, leur complexité et leur ambivalence. Une maîtrise parfaite de la couleur, des richesses chromatiques, font de ce maître du Noir et Blanc, un artiste joyeux, heureux de ses dessins, de sa peinture. L’arleri devient une nouvelle œuvre intimiste, qui donne à Edmond Baudoin l’occasion de continuer à questionner ses racines, fussent-elles familiales, intellectuelles, culturelles ou artistiques. L’homme, l'artiste, aime à se confondre avec ses personnages de fiction, jusqu’à devenir lui même jeune, vieux, homme, femme, peintre, modèle. La diversité des points de vue offre une illustration complète de l’humain dans toute sa complexité. L’amour, l’amitié, la rencontre entre deux êtres est le carburant de son œuvre créatrice… et de sa vie toute entière.

    Merci monsieur Baudoin, pour le plaisir que vous partagez si chaleureusement.

    jblanc Le 30/08/2008 à 09:33:30

    Un livre de Baudoin en couleur, mêlant encre de chine et aquarelle. Le résultat est particulièrement beau et expressif.
    Obsessions baudoinesques, d'emblée : le peintre et son modèle ; la quête amoureuse ; et, bientôt, l'histoire personnelle. Le peintre et le modèle engagent un dialogue, autour de réflexions du peintre, contant son histoire sentimentale au modèle. Vers le milieu du récit, l'auteur reprend la main, si l'on peut dire : p. 47 : "Pourquoi dois-je rester nue ?" demande le modèle ; "parce que celui qui nous dessine cherche à comprendre quelque chose de la femme, avec ta nudité". Dès lors l'auteur, toujours masqué derrière le vieux peintre, est néanmoins dévoilé et le récit devient proprement le sien. Le peintre / l'auteur devient le modèle, et le modèle le peint. Puis ils se peignent eux-mêmes...
    L'ensemble est réjouissant. Il conte l'aventure sentimentale et sexuelle de la génération de 1968.

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